L. Hh
GAZOST (Eaux minérales de), athermales ^ sulfurées sadiques^ ht-ùmoioduréeSy azotées^ dans le département des Hautes-Pyrénées, dans rarrondissèment d'Argelès, à 16 kilomètres de Lourdes, d'où l'on s'y rend en voiture. Gazost est un village de 460 habitants à l'entrée de la vallée d'Argelès, dite de Devantaigne, et dans les petites vallées latérales de Bièsetde Fontède, au pied du pic de Itigala qui les domine à leur extrémité supérieure. Un hôtel et des maisons convenables sont à la disposition des hôtes accidentels de Gazost. Une chapelle catholique est une des dépendances de l'établissement, et permet aux baigneurs de suivre lès exercices religieux sans être exposés aux transitions de la température extérieure. Des excursions intéressantes et variées occupent agréablement les heures laissées libres par le traitement minéral. De magnifiques forêts entourent la station de Gazost et les promenades qu'on y fait sont irès-appréciées pendant les heures les plus chaudes de la journée. La saison commence le
15 mai et finit le 1" octobre. Trois sources émergent à Gazost; deux sont sulfurées dans la vallée de la Biès, celle de la vallée de Fontède est ferrugineuse ; elles se nomment : source Burgade, source du Pré, et enfin squrce ferrugineuse. Les caractères physiques, chimiques, la température et la densilil des premières sources, ou sources sulfurées sodiques, diffèrent à peine. Leur chaleur varie en effet d'un degré et demi, del2°5 à 14*^ centigrade. Ces eaux sont claires, limpides et transparentes, leur odeur et leur saveur sont franchement sulfurées, elles sont traversées par des bulles très-fines de gaz éteignant les corps en combustion, et que l'analyse a trouvé être de l'azote à peu près pur. H. Ossiau Henry a fait l'analyse chimique des sources de Gazost et a constaté qu'un litre des deux sources sulfurées renferme les principes suivants :
SOUIICE BDBOADK.
Sulfure de sodium 0,03)0
^ calcium 0,0006
— magnésium traces sensiblea.
Chlorure de acdinm 0,4000
A reporter 0,4326
6AZ0ST (Eadx HiRiRALEs db). i89
neport 0,4326
lodnre et bromure alcalins 0,0101
Carbonates de soude et de potasse i r, nion
Silicates de soude et de potasse j "'"^^
Carbonates de cbaux et de magoteie i ^ ^ .^^
Sall^te de soude } "•"*""
Alumine avec silice ,
Phospbate terreux
Sel ammoniacal sensible
Oxyde de fer } 0,0540
Matière organique aiotée
— sulfurée
Glairine nidimentaire
Total des vatièhes vnti 0,5247
Gaz azote quantité indéterminée.
Emploi thérapeutique. L*eau sulfurée ferrugineuse de Gazost était naguère encore utilisée par les habitants des pays voisins ; mais maintenant qu'on y (roaye un établissement avec baignoires et ajutages de douches, quelques malades étrangers viennent y suivre une cure plus complète et moins primitive. Dans le principe, en effet, on se contentait de boire les eaux sulfurées sodiques de Gazost dans les affections cutanées et de laver les plaies avec ces mêmes eaux, qui avaient une grande réputation, et une réputation méritée, comme détersîves et cicatrisantes dans les ulcères invétérés dont la suppuration était intarissable. C'étaient les vraies eaux d*arquebusade deBordeuTancien. Aujourd'hui que les malades ont à leur disposition une buvette, des cabinets de bains et de douches alimentés par Teau des deux sources sulfurées, ils viennent s*y soigner de dyspepsies stomacales et intestinales accompagnant une diathèse herpétique ou coïncidant avec elle, de troubles des voies aériennes et uro-poiétiques dont la manifestation extérieure est une sécrétion plus ou moins abondante de mucus ou de pus mêlés aux crachats ou aux urines. La présence de riode et du brome dans les eaux sulfurées de Gazost explique pourquoi ces eaux sont toniques et fondantes plus que les eaux de la même classe, et pourquoi elles sont employées avec succès dans les états pathologiques des sujets lymphatiques et scrofuleux. Les eaux sulfurées de Gazost ont une action curatîve analogue à celle des eaux de Challes [voy, ce mot), et nous pourrions répéter ce que nous avons dit en traitant de cette station de la Savoie. Nous préférons renvoyer à cet article en signalant seulement que les eaux de Gazost sont sulfurées et que celles de Challes sont sulfureuses {voy. Eaux minérales en général). Les eaux sulfurées de Gazost conviennent donc, en boisson surtout, pour le traitement des laryngites et des bronchitejs chroniques simples occasionoant une toux opiniâtre et une cxpuit ion abondante et quelquefois dilïicile. Sous leur influence, Tinflammation de la muqueuse qui tapisse Tarbre aérien devient souvent assez aiguë pour qu'on soit forcé d*en interrompre Tusage pendant quelques jours après lesquels la médication minérale peut être reprise en très-petite quantité d*abord, quelques cuillerées à soupe, par exemple, et être progressivement augmentée jusqu'à deux verres que Ton fait boire en quatre ou cinq fois à un quart ou à une demi-heure d'intervalle. La toux diminue alors et les crai^ats se suppriment progressivement et deviennent clairs, aérés et purement muqoeux, après avoir été consistants, jaunes, opaques et très-difûciles à expectorer. C'est en boisson aussi, mais surtout en gargarisme, qu'il convient d'employer l'eau sulfurée de Gazost dans les amygdalites et les pharyngites chroniqoes avec production de muco-pus adhérent aux parois de l 'arrière-bouche, ce
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qui est si désagréable aux malades. Une division de rétablissement de Gazost doit être consacrée à Tinhalation et à la pulvérisation de ces eaux minérales qui pourront donner tous les résultats heureux qu*on a le droit d'en attendre dans les affections herpétiques ou scrofuleuses de la membrane muqueuse du commencement des tubes digestif ou aérien. L*eau sulfurée de Gazost n*a aucune prétention curative contre les tubercules laryngiens ou pulmonaires ; certains essais même ont semblé prouver qu'il y a contre-indication à l'emploi de ces eaux chez les poitrinaires qui ne sont pas en même temps lymphatiques ou scrofuleux. C'est l'eau en boisson d'une manière à peu près exclusive et à doses peu considérables et fractionnées qui doit être employée, tandis que ce sont les bains et les douches que Ton applique dans toutes tes manifestations cutanées dont on combat cependant la diathèse par les eaux sulfurées de Gazost prises à l'intérieur et en quantité relativement considérable.
Les bains généraux et locaux, les douches partielles et les lotions simples constituent la médication des plaies anciennes et des ulcères indolents et invétérés. Les bergers qui ont appris dès leur enfance les vertus cicatrisantes des eaux sulfurées de Gazost les mettent souvent à profit sur leurs troupeaux dont ils viennent laver à la source Burgade les plaies récentes et surtout les vieux ulcères.
Les eaux de la source ferrugineuse de Gazost s'administrent en boisson seulement ; elles ne sont employées que par les habitants de la contrée, qui les ingèrent dans les maladies ayant pour cause un état du sang où les globules rouges sont moins nombreux et oh les globules blancs prédominent, comme dans l'anémie et la chlorose. La dose est de trois à quatre verres le matin à jeun, et il est nécessaire quelquefois de conseiller aussi cette eau coup^ de vin aux repas. L'expérience a démontré que les bains frais et peu prolongés ou les douches avec l'eau des sources sulfurées sont un très-utile adjuvant de la cure interne par l'eau ferrugineuse naturelle de Gazost. Les chloro-anémiques bénéficient d'une sorte de médication hydrothérapique sulfurée, d'ailleurs indiquée dans les affections dont une faiblesse générale est la conséquence habituelle.
La durée de la cure varie de vingt-cinq joui*s à un moi s.
La composition chimique des eaux sulfurées de Gazost faisait prévoir qu'elles supporteraient bien le transport. La pratique a confirmé les prévisions de ia théorie, et cette eau est conservée pendant plusieurs années sans que ses qualités physiques et chimiques aient été sensiblement altérées. On ne peut donc manquer, dans un avenir prochain, de voir l'exportation de l'eau de Gazost prendre un grand développement et combler une lacune dont les médecins reconnaissent l'existence toutes les fois qu'ils ont à faire suivre un traitement sulfuré à distance. Les eaux sulfurées, en effet, sont presque toujoui*s thermales à leur point d'origine : elles sont, par conséquent, beaucoup pi us aisément altérées par le transport que l'eau des deux premières sources de Gazost, qui est froide au moment de son émergence. Espérons que les chemins qui conduisent de Lourdes à Gazost seront rendus plus praticables et que les propriétaires, abandonnant l'idée peu pratique, selon nous, qu'ils ont d'amener à Lourdes l'eau de la source Burgade, créeront au village un établissement en rapport avec la valeur théra* peutique des sources, et une installation qui permettra la mise en bouteilles et l'exportation sur une grande échelle des eaux fixes sulfurées sodiques, bromo-iodurées, de Gazo^*^
A. ROTUREAD