G. BASSON
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p. ASSELIN
UBBAIBB BB LA PACULTÉ BB BÉBEGUIB
PlBco do l'Éoolo-da-lUdocmo.
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CSASTÉBOSTOlliB (GASTER<î?n>irTf^ de Siebold). Genre de vers appartenant à la famille des DistonUdeSt qui a pour principaux caractères une ventouse antérieure imperforée, la bouche en forme de ventouse placée au milieu de la face ventrale. Pore excréteur à l'extrémité postérieure (Nourrice iBucephalus ?).
Ces vers se trouvent chez les poissons; une espèce, le fî. fimbriatum (de Siebold), vit dans la perche et le brochet. Une autre espèce, le fî. crucibulum, dans l'intestin du congre.
Le Gasterostonium gracilescem et le fî. minimum (Wagener) ont été placés par Diesing daus un genre distinct, le genre Rhipidocotyle. G. Davaine.
GJkSTiEB (Andué-François). Médecin français, né à Thoisey (Âiu), en 1787, mort en i868, étudia la médecine à Paris et y prit son grade de docteur en 1816. Il a, paraît-ii, exercé la médecine à Lyon. Nous connaissons de lui :
I. Quelques réflexion» sur la doctrine des tempéraments. Thèse de Paris, 1816, in-i*. — II. Essai sur la nature ou le caractère essentiel des maladies en général et sur le mode d'action des médicaments ; précédé d'une analyse raisonnée des propriétés vitales^ servant de base à ces recherches. Paris, 1816, in-8* (Ouvrage profond, dit Guérard, bien écrit, rempli de vérités utiles, et où respire partout un amour sincère de la vérité.) — III. Précis de la méthode prophylactique^ appliquée aux maladies chroniques et héréditaires. Lyon, 1843, in-8*; 2* édit. sous ce titre : De la prophylaxie en général, de son application aux maladies épidémiques et aux affections chroniques héréditaires. Paris, 1852, in-12. L. Hx.
6ASTO (Flamikios). Né à Schwibus, en Silésie, fit ses études médicales à Wittemberg, puis à Leipzig, voyagea en Italie et se rendit en Suisse, à Bâie, oh il prit le grade de doctetir. Il revint dans son pays natal et mourut le 5 février 1618, médecin du duc de Liegnitz. On connaît de lui :
Discours vôm rechten Nulz eUicher gebrâuchlicfier Artxneyen bey ipâhrenden Sterbens- LàugUn, UegniU, 1617, ixi-8*;trad. en laUn : GôrliU, 1600, iii-12. A. D.
Dicr. uc. 4' s. Yll. 1
â GASTRALGIE.
GASTRALGIE. Grisolle définit la gastralgie une névralgie de Testomac ; elle est surtout caractérisée, dit-il, par une douleur vive* exacerbante, siégeant à répigastre, mais s'irradiant le plus souvent aux parties voisines et s'accompagnant d*un sentiment de malaise et d*aiixiété des plus pénibles, ainsi qae de divers troubles fonctionnels du côté des organes digestifs.
Les symptômes principaux de cette maladie sont donc, d'après lui, la douleur et des troubles fonctionnels des organes digestifs. Quelle est leur valeur réciproque ? Quel lien rattache ces deux espèces de symptômes?
Sa définition ne nous Tapprend pas.
Si nous consultons le livre d'Axenfeld sur les névroses, nous trouvons à peu près la même définition.
La gastralgie est, selon Axenfeld, une névrose douloureuse de Testomac, indépendante de toute modification de structure de l'organe, et il se hâte d'ajouter que rétat névrosique est rarement isolé et constitue un phénomène saillant au milieu d*autres phénomènes non douloureux, liés aux mêmes conditions pathologiques de Torgane. Ces phénomènes non douloureux sont les troubles fonctionnels des organes digestifs.
Ce qui n*a pas échappé à Tattention de ces deux auteurs, c'est que la névralgie de l'estomac, la douleur et la dyspepsie, se développent dans cette maladie concomitamment. Leur esprit était surtout préoccupé de ces douleurs atroces d'estomac qui se produisent souvent, alors que la dyspepsie est à peine appréciable, douleurs qui font pousser des cris au malade, le gênent dans sa respiration, déterminent quelquefois des syncopes ou des crises d'hystérie chez les femmes affectées de cette névrose.
On peut comprendre qu'après Barras et tous les auteurs qui l'ont suivi ils aient été aussi amenés h décrire une maladie consistant principalement en crises douloureuses, en une névrose.
La gastralgie est donc classée parmi les névroses ; les mêmes auteurs ont considéré la dyspepsie comme une névrose, les vomissements nerveux comme une névrose.
Comment peut-on comprendre la névrose « gastralgie » associée à une autre névrose, la dyspepsie ? Ce qui est certain, c'est que, dans toute gastralgie, la dyspepsie ne fait jamais défaut : c'est que l'estomac n'est pas dans un état de santé réelle, toutes les fois qu'il se manifeste de la douleur dans la région épigastrique. La dyspepsie est quelquefois peu dessinée, et il faut bien observer pour la découvrir. La gastralgie est consécutive à la dyspepsie considérée comme congestion de la muqueuse stomacale, produite par elle.
La douleur est le signe le plus commun de cette maladie, pathognomonique, si on peut employer cette expression.
Toutes les fois que l'estomac est irrité, on n'a qu'à presser le long de la ligne médiane, à partir de l'appendice xiphoïde jusqu'au nombril, on provoquera de la douleur. Si elle n'existe pas sur la ligne médiane, on la rencontrera vers la grande tubcrosité de l'estomac ou dans la partie droite de l'organe. La douleur ne disparaît que quand l'estomac est dilaté ; elle n'existe plus d'une façon constante, se révélant par la pression. Elle ne se développe alors que sous l'influence des repas, de la digestion, et n'existe pas en'dehors du temps de la digestion.
La sjnonymie du mot gastralgie est intéressante parce qu'elle révèle l'incertitude dans laquelle se trouvaient les médecms qui l'ont étudiée. Elle a été dénommée gastrodynie, crampe d'estomac, cardialgie, pyrosis, pica, malacia,
boulimie, vomissemeot nerveux, dyspepsie. On trouve dans cette sponjmie le$i principaux symptômes de la dyspepsie, le pyrosis, le pica, le vomissement et les crampes qui sont si fréquentes.
Celte synonymie résume les faits caractéristiques de la dyspepsie; la gastralgiq n*est que l'expression la plus élevée de la douleur que celle-ci peut provoquer. Pour qu*elle se manifeste, il faut un terrain favorable. On Tobserve surtout chez les gens doués d*un tempérament nerveux.
Ce qui a fait le succès de la gastralgie, c*est Touvrage de Barras qui a paru à une époque où on était fatigué des doctrines de Broussais. Que Ton relise les observations de Barras qui lui ont servi à établir la nouvelle entité morbide, et on se convaincra facilement que les faits qu'il rapporte ne sont que des faits de dyspepsie avec phénomènes douloureux.
StHPTOMATOLOGiE. Les traités classiques donnent la description des douleurs qui paraissent dans la gastralgie, puis signalent les symptômes de dyspepsie qui accompagnent les phénomènes douloureux. Je suivrai leur exemple, bien que je ne considère pas la gastralgie comme une névrose, pas plus que je ne considère la dyspepsie comme une névrose ; bien que la gastralgie dépende de la dyspepsie, je n'aurai pas à insister sur les phénomènes dyspeptiques, qui seront décrits dans le chapitre Gastrite.
J'arrêterai Tattention du lecteur sur la gastralgie, qui jusqu'à présent a été incomplètement décrite. Un grand nombre de symptômes ont été omis, des plus importants. Ont a accordé à la maladie un sens qui ne peut se comprendre ; c est probablement pour ce motif qu elle a été imparfaitement observée.
11 faut distinguer deux espèces de douleurs, les douleurs in ipso loco^ les douleurs dans la région de l'estomac, et les douleurs irradiées, celles qui parais* sent loin de l'organe qui les cause. Les premières seules ont été exactement décrites. Si vous examinez la région de l'estomac d'un individu en proie à de^ crises de gastralgie, dans l'intervalle des crises, et si vous exercez une pression sur la région, soit sur la ligne médiane, soit à droite, soit à gauche, vous aggravez la douleur qui existe d'une façon permanente. Aussitôt que la crise parait, elle débute par des douleurs peu intenses d'abord, par des crampes qui deviennent de plus en plus intolérables. Le malade ne peut rester en repos, s'agite continuellement, change de place à chaque instant, se couche sur l'abdomen, sur le dos, se frictionne instinctivement le ventre pour se soulager.
Si on l'iulerroge sur le siège du mal, il accuse un point très-limité au niveau de l'appendice xipho!de, dans la profondeur du ventre. 11 semble que les douleurs se produisent dans le plexus solaire, ou bien encore elles existent dans les parties latérales du plexus, dans le gangUon semi-lunaire, en arrière de la grosse tubérosité. Il les ressent tantôt superficielles, sous forme de crampes, à droite ou à gauche de l'estomac, oà. elles sont plus profondes, et alors on peut incriminer les ganglions nerveux. D'autres fois tout l'estomac est douloureux à la pression ; la sensibilité est exaltée dans toutes ses parties. J'ai observé des malades chez qui la marche, i'équitation, la promenade en voilure, étaient intolérables à cause de l'hyperestbésie de l'organe. Lorsque la douleur augmente, la respiration c^t de plus en plus gênée ; le thorax semble se resserrer ; le malade ressent une constriction à la gorge.
Les -sensations subjectives varient selon les individus; les uns éprouvent de fortes brûlures dans l'estomac ; les autres souffrent comme si on leur enfonçait un fer rouge dans l'organe, conune si on leur déchirait l'estomac.
A Texamen de Torgane, on constate que le plus ordinairement il est aplati ; quelquefois il est distendu, fait saillie.
Au plus fort de la crise, le pouls s'accëlère ; les battements du cœur sont rapides, la face devient pâle, les extrémités se refraidissent et le patient croit que sa fin est proche et qu'il va mourir. Ces crises paraissent chez les dyspeptiques, chez ceux qui ont une dilatation de Testomac, ou chez les gens qui ont un cancer stomacal. Elles se terminent par une émission de gaz, par des vomissements d'aliments, de liquides ; et le genre de vomissements dépend de la maladie sur laquelle est entée la gastralgie. Arrivent*elles après le repas, celui-ci est rendu tout entier. S'agit-il d'un cas de dilatation stomacale, la quantité d*eau rendue peut s'élever jusqu'à 1 ou 2 litres, ou plus.
On peut observer une ou quelques crises chez des femmes, à l'époque des règles ou durant la grossesse, dont le tube digestif a toujours été en bon état et la fonction digestive intacte.
11 semble que dans ces cas il s'agit d'une gastralgie simple sans dyspepsie ; mais d'ordinaire la crise se termine par l'expulsion d'une certaine quantité de liquide. Ce liquide est produit par la congestion de la muqueuse, qui se développe d'ordinaire à la période menstruelle ou sous l'influence de la grossesse, congestion passagère, il est vrai, qui tendra à disparaître, si la malade se soumet à une saine thérapeutique, mais qui sera le point de départ d'une dyspepsie chronique, si elle n'y prend garde. J'ai vu un grand nombre de faits de ce genre.
La description que je viens de donner des symptômes de la gastralgie se rapporte aux phénomènes de douleurs locales qu'éveille l'organe irrité. Ces symptômes sont indiqués depuis longtemps. Ce qui n'a pas été observé jusqu'à présent, ce sont les irradiations douloureuses si communes citez les malades ; on a bien parlé de névralgies intercostales (Beau), de douleurs vagues dans le dos, mais rien de précis n'a été dit sur ces irradiations.
Le plexus solaire a des communications nerveuses avec la moelle, avec le cerveau ; ses impressions sont transmissibles au système nerveux tout entier ; on connaît bien Tinfluence du cerveau sur l'estomac ; il y a longtemps iju'Andral, Rokitansky, Gharcot, Schiff, Vulpian, ont démontré l'influence des lésions des parties centrales du cerveau sur la structure de l'estomac.
Les physiologistes ont reconnu expérimentalement qu'en piquant les couches optiques, par exemple, on détermine une lésion stomacale ; Schiff a vu qu'en coupant la cinquième paire dans le crâne, sans atteindre le cerveau, la lésion se manifeste au bout d'un certain temps, et il admet que la transmission se fait de haut en bas par le grand sympathique.
La clinique m'a permis de suivre les phénomènes morbides qui évoluent, de bas en haut, de l'estomac vers Je cerveau, quand l'organe est malade.
Le plexus solaire a été dénommé par les anciens anatomistes le centre nerveux de la vie nutritive, le cerveau abdominal ; la synonymie montre que les anciens se élisaient une juste idée du rôle du plexus solaire ; ils rattachaient avec raison l'hypochondrie à la maladie de l'abdomen et, observateurs judicieux, ils n'ont pas considéré l'hypochondrie comme une névrose distincte. 11 convient d'établir cliniquement le chaînon qui unit le centre nerveux de l'estomac aux autres nerfs de l'organisme. Cette étude nous prouvera qu'il n'est point de place dans l'économie qui ne puisse être ébranlée toutes les fois que le plexus solaire est excité.
Les irradiations douloureuses dues à l'alTection stomacale, celles ressenties en dehors de la région stomacale, n'atteignent dans le système nerveux que
les nerfs sensitifs et le système vaso-moteur. Elles débutent au côté gauche de l'estomac, en arrière de la grosse tubérosité, et semblent avoir leur point de départ dans le ganglion semi-lunaire ; douleurs souvent sourdes, qui, à chaque crise, deviennent de plus en plus violentes, augmentent par la pression et sont quelquefois si intenses qu'elles font pousser des cris au malade. Celui-ci a la sensation de serrement de la poitrine, est en proie à une dyspnée vive. Si, à ce moment, on tâte le pouls du malade, on constate qu'il est normal, que le cœur n'est pas touché ; aucune convulsion ne paraît ; il faut avoir soin de distinguer chex les femmes qui présentent ces phénomènes celles qui sont hystériques et celles qui ne le sont pas. Ce genre de crise est tout à fait distinct des crises hystériques.
Suivons les phases de développement de ces névralgies : c'est toujours du côté gauche que commencent les douleurs ; tous les nerfs rachidiens antérieurs du côté gandie peuvent être envahis et devenir le siège des sensations morbides.
D'ordinaire c'est dans les deux derniers espaces intervertébraux dorsaux et les premiers lombaires que la pression fait découvrir d'abord le point douloureux à gauche ; c'est là qu'il peut être constaté le plus souvent.
Tous les espaces intervertébraux depuis les derniers dorsaux peuvent être envahis, quand les névralgies se sont multipliées.
Hais habituellement elles n'existent que vers les vertèbres cervicales, entre les deux premières ou tout le long de la région cervicale. D'autres fois il n'y a qu'un seul loyer interscapulaire qui s'étend jusqu'aux articulations de l'épaule, ou bien encore les espaces intervertébraux dorsaux ou les espaces lombaires et sacrés sont seuls occupés par la douleur. Celle-ci peut rester localisée à gauche ; ce n'est que consécutivement qu'elle arrivera au côté droit dans les mêmes espaces intervertébraux, et alors elle est généralisée au cou, au dos, aux lombes, à la région sacrée. Elle ne reste pas bornée aux espaces intervertébraux ; tous les nerfs du côte gauche, cervicaux, intercostaux, lombaires et sacrés, peuvent présenter en des points variables des névralgies. Vous n'avez qu'à les chercher sur le trajet des différents nerfs pour être sûr d'en découvrir, plus ou moins pénibles, plus ou moins nombreuses. Quelquefois il n'y a pas de douleur dans la région de l'estomac même ; ces névralgies la remplacent et s'aggravent lorsque l'organe devient plus souffrant. Les névi*a1gies se répandent aux membres supérieurs et inférieurs, au crâne dans sa partie postérieure par les nerfs cervicaux, dans sa partie antérieure par les branches émanant de la cinquième paire. Les nerfs de la peau, des muscles, des articulations, sont également touchés.
C'est à gauche que débute i'hyperesthésie, au cou, au dos, aux lombes, sur l'abdomen, sur le crâne, aux membres supérieurs et inférieurs ; elle se développe de gauche à droite et elle peut devenir générale, de telle façon qu'on ne peut toucher le malade sans lui faire pousser des cris.
U n'est point de maladie dans laquelle on observe le même phénomène; l'hystérie s'accompagne d'anesthésie, et Thyperesthésie, qui est très-rare, est tout à lait localisée. Pressez chez ces mêmes malades les muscles du cou, du thorax en avant, du dos, du membre supérieur, vous éveillerez des sensations douloureufes ; souvent elles ne peuvent être provoquées qu'à gauche, et, quand elles paraissent à droite, elles sont toujours moins intenses. Ces phénomènes sont plus rares aux membres inférieurs , et n'y arrivent que quand la réaction se généralise.
La peau et les muscles du crâne sont aussi souvent envahis que ceux du cou
ou du dos. Enfin je pourrais répéter pour les articulations ce que j*ai dit pour la peau et les muscles : toutes les articulations deviennent quelquefois douloureuses, mais plus souvent la douleur reste bornée à celles des membres supérieurs et surtout du côté gauche. Jusqu'à présent j*ai maintes fois rencontré ce genre de malades qui se disent rhumatisants; on leur a dit à tort qu'ils ont une diathèse arthritique.
L'hyperesthésie articulaire n'a rien de commun avec le rhumatisme.
Ces symptômes d'excitation des nerfs sensitifs atteignent la cinquième paire ; il en résulte les douleurs de tête dans la région temporale, plus fréquentes à gauche, le bourdonnement dans l'oreitle gauche, la sensation de compression dans l'œil gauche. Postérieurement les douleurs se généralisent; les deux oreilles sont occupées par le bourdonnement et gênées dans leur fonction ; il en est de même pour les yeux.
Comment se rendre compte de ces faits ctiniques? Quelle interprétation physiologique leur donner?
Elle me parait bien simple : les branches qui font communiquer le ganglion semi-lunaire avec les nerfs dorsaux antérieurs du côté gauche irritent la moelle du côté gauche ; l'irritation peut occuper toute la moelle, ou une de ses régions cervicale, doi*sale, lombaire, isolément ; cette irritation se traduit par des sensations tantôt localisées, tantôt générales, qui peuvent se propager le long des nerfs, dans la peau, les muscles, les articulations. L'irritation envahit également la cinquième paire du côté gauche ; si elle dure, elle peut occuper toute la moelle et les symptômes passent également du côté droit. Ce qui est intéressant, c'est que les éléments sensitifs des centres nerveux sont seuls touchés. Pas de phénomènes convulsifs ; pas de troubles du mouvement. Je n'ai observé qu'une seule fois des contractions fibrillaires de quelques muscles de la cuisse. Cette donnée clinique sépare entièrement les malades qui otTrent ces symptômes des hystériques ; ils ne mènent pas à l'hystérie, et vous observerez des femmes réunissant au plus haut degré les accidents de gastralgie que je viens de décrire, qui ne seront jamais affectées de la boule hystérique ni des convulsions propres à cette névrose.
On peut suivre facilement la marche ascendante des troubles nerveux dus à l'estomac.
Lu moelle seule peut être irritée, et alors vous ne découvrirez que les faits que je viens de retracer, dépendant de l'excitation médullaire. Mais bien souvent l'excitation va jusqu'au cerveau et le trouble au point de vue des sensations personnelles seulement. Ces troubles n'ont rien de sérieux, sont fugaces, passagers, très-superficiels, Thypochondrie naît : le malade s'inquiète de sa situation, il est en proie à une pesanteur de tête tenace, à une sensation de vide ; il se croit menacé d'une maladie grave. Il travaille avec peine, réfléchit péniblement, il se fatigue à grouper ses idées, à soutenir une longue conversation ; la volonté s'affaiblit, la mémoire baisse; il est devenu craintif. Il se désole de l'amoindrissement de son individualité. Il a peur de devenir fou. L'hypochondriaque ne devient jamais fou; il ne cherchera jamais à se suicider; il se lamente, mais ses idées sont toujours justes , ses perceptions sont vraies. Ici tout se passe encore dans e champ de la sensibilité; que la fonction de l'estomac se rétablisse durant quelques jours, et vous verrez l'hypochondrie disparaître comme par enchantement. Le malade lui-même en a conscience et est convaincu que tous ses malaises, ses souffrances, viennent de l'estomac. L'influence de l'estomac se borne à exciter
tantôt le cerveau et la cinquième paire isolement, tantôt la moelle, ou bien les deux centres à la fois, le centre encéphalique et rachidien.
Chez un grand nombre on ne découvrira que les symptômes de l*hypochondrie et ceux dus à la cinquième paire, les phénomènes médullaires faisant défaut, ou bien les phénomènes dus à la moelle, les névralgies, Thyperesthésie de la peau, des muscles, des articulations, pourront seuls être constatés. Si le plexus solaire excite la moelle, on comprend facilement que les nerfs vaso-motenrs qui y prennent leur origine soient également excités. Appliquez un thermomètre sur la peau du dos à gauche, sur la peau du thorax, du bras, sur le crâne du côté gauche, et comparez la température à celle du côté droit dans les points correspondants , TOUS trouverez que le côté gauche est plus froid que le droit, qu*il y a souvent plus de un demi-degré de moins à gauche, quelquefois même un degré. Cette différence ne peut être rapportée qu*à la contraction des vaso-moteurs du côté gauche.
En résumé, les traités classiques n'ont retracé jusqu'à présent dans la gastralgie que les douleurs dont Testomac lui-même est le siège ; mais, comme on le voit, ce sont les phénomènes éloignés de Testomac, ceux produits par sa maladie, qui avaient été complètement omis. Du reste, tant qu'on ne voyait dans la dpp^sie qu'une névrose, dans la gastralgie une autre névrose, et qu'on avait dépossédé l'estomac des attributs qui appartiennent à tout viscère, quel fil conducteur restait-il pour suivre les caractères de la maladie? L'hypochondrie était détachée, en qualité de névrose d'un autre ordre, de l'affection à laquelle elle est indissolublement liée. Cette étude que je viens de faire prouve que c'est généralement par le grand sympathique que sont conduites aux centres nerveux les impressions douloureuses de l'estomac. Celui-ci est innervé par le pneumogastrique et le grand sympathique. Romberg avait cherché à reconnaître d'après quels signes on pouvait s'assurer si l'un ou l'autre était atteint. Il a dit que, si les sensations sont vagues et intenses, si les syncopes sont fréquentes, c'est probablement le plexus qui est en jeu, tandis que la dyspnée, les palpitations, la toux hystérique, les crises nerveuses convulsives, sont provoquées par le pneumogastrique. Ces derniers phénomènes sont certes dus au pneumogastrique, mais ils ont beaucoup moins d'intérêt que ceux dus au grand sympathique, et ceux-ci avaient échappé à l'attention de Romberg.
La clinique nous aide à renouer la chaîne qui rattache l'estomac à la moelle, au cerveau. Lorsqu'on trouve de ces malades qui accusent de nombreux troubles nerveux, on les appelle des névropathes, on les appelle des hypochondriaques, des malades imaginaires, et les thérapeutistes s'évertuent à découvrir des agents antinerveux destinés à les calmer; mais ils n'arrivent pas à les calmer. Qu'il s'agisse de femmes présentant des névralgies multiples, des crises douloureuses, le médecin est porté à les dénommer des hystériques.
On avait senti le besoin de créer des termes nouveaux pour exprimer l'ensemble de ces phénomènes nerveux, névropathie protéiforme (Cerise), névrosisme (Bouchut); on avait méconnu leur cause, leur nature. Galien, Oribase, Paul d'Égine, etc., avaient décrit l'hypochondrie comme intimement liée à la maladie des bypochondres, comme le reflet de l'estomac malade sur le cerveau.
Les anciens ne s'étaient inspirés que de l'observation clinique et avaient papbitement reconnu l'influence stomacale. Les modernes se sont laissé entraîner par la théorie (Honneret, Walleix, Grisolle) et ont méconnu le rôle de l'organe viscéral, ne saisissant pas sa valeur fonctionnelle.
Sous leur plume, rhypochondrie cesse d'ôtre ce qu*indiquele nom ; elle devient une aiTection puremenl cérébrale, une névrose ; c'est ainsi que la comprennent tous ceux qui ont écrit de nos jours des traités sur les maladies nerveuses. Il faut dire qu'ils ont été entnùnés dans cette voie par Sydenham, Slahl, Junker, Stoll, Pomme, Viridet, etc.
Ceux-ci avaient réuni les deux maladies, hystérie et hypocbondrie, en une seule, et l'appelaient affection hystérique, mal liypochondriaco-hystérique, vapeurs dans les deux sexes. Ils faisaient une confusion qui a eu pour résultat de jeter le trouble dans la pathologie du système nerveux.
Hypocbondrie et hystérie sont distinctes. La première dépend toujours d'une maladie abdominale, elle ne consiste qu'en un groupe de phénomènes nerveux qui tendent à s'atténuer, à disparaître aussitôt que, par le régime alimentaire, la médication, on traitera l'estomac. Ces phénomènes se manifestent tous dans les nerfs sensitifs et vaso-moteurs. L'hystérie au contraire est une entité morbide, une névrose, qui est indépendante de toute autre maladie; ses crises peuvent se produire spontanément ou à l'occasion d'affections de certains organes. Ses principaux symptômes éclatent dans le système nerveux moteur.
Beau avait fait cette distinction de l'hypochondrie et de l'hystérie, mais, observant que l'aura partait souvent de l'estomac, il avait dit que l'aura était due à la dyspepsie et qu'une hystérique était nécessairement dyspeptique.
C'était là une autre confusion.
D'abord l'aura a souvent son point de départ ailleurs que dans l'estomac; de plus, si l'hystérique est souvent dyspeptique, il arrive de rencontrer des hystériques qui ne le sont pas; cependant c'est dans l'estomac que l'aura peut naître souvent. Les faits nerveux stomacaux de l'hystérie doivent être distingués de ceux de la dyspepsie.
Il ne faudra pas confondre les crises douloureuses de la gastralgie avec le début d'une crise hystérique. Pour que cette dernière espèce de crise se manifeste, il faut que la femme ou l'homme soient affectés de cette névrose.
Autrement il ne faut pas penser que la gastralgie aboutira à l'hystérie.
Je pense avoir suffisamment insisté sur les différences profondes qui séparent l'hystérie et l'hypoehondrie.
Si dans l'esprit de beaucoup de médecins, aujourd'hui encore comme du temps de Sydenham, il y a des analogies entre les deux, j'espère que ces développements serviront à rétablir la vérité clinique, à faire comprendre des faits qui actuellement sont très-embrouillés, et à jeter un véritable jour sur une des questions les plus intéressantes de la pathologie. Cette étude a encore un autre intérêt, c'est de mettre en évidence l'action directe d'un viscère sur le système nerveux. Toutes les fois que Testomac est malade, tout le système nerveux sensitif peut être troublé, sans que le sang puisse être incriminé, et cela se voit chez les individus les plus vigoureux, qui n'ont aucune des apparences de l'anémie. Cependant, quand on découvre ces névralgies multiples, on s'empresse de déclarer les individus anémiques et de leur donner du fer et du quinquina.
Généralement l'irritation stomacale croît par l'emploi de ces agents, et les névralgies, loin de diminuer, se développent ; c'est qu'on est encore imbu de cet aphorisme d'Hippocrate : sanguis moderator nervorum ; la névralgie n'est pas due à une altération du sang. L'aphorisme est ici mal appliqué ; ce n'est pas le sang qu'il faut traiter, mais l'estomac, si on veut soulager.
En rësumé, si les douleurs de la gastralgie sont souvent localisées dans Tes- (omac, bien souvent elles se propagent au loin; tout le système nerveux, sensitif peut être influencé par lorgane malade.
La gastralgie n*est qu'un symptôme de la dyspepsie comprise comme congestion de la muqueuse ; elle est la conséquence d'une lésion de Testomac, congestion passagère pouvant ne durer que quelques heures, ou congestion chronique, avec altération des éléments anatomiqucs ; mais on ne peut la comprendre névrose de Testomac. Ce symptôme peut entraîner le développement d*un ensemble de phénomènes pathologiques que j'ai cherché à décrire. Quelques faits cliniques serviront à mieux faire comprendre la question.
OssuTATioer I. L..., âgée de dix-sept ans, bien réglée depuis Tftge de treize ans, dyspeptique depuis trois mois, éprouve en arriére de la grosse tubérosilé de l'estomac des douleurs qui augmentent par la pression, s'étendent à gauche. Points névralgiques dans les espaces intervertébraux des deux dernières vertèbres dorsales, des vertèbres cervicales à gauche. Lors(|u'on presse ces points, la malade exprime de violentes souffrances, hyperesthésie des membrps supérieurs et inférieurs, toute la région occipitale est byperesthésiée, la peau de Tabdomen Test également.
Le traitement de la dyspepsie diminue Thyperesthésie, les douleurs s'atténuent peu à peu, et il ne reste que les points névralgiques au niveau des dernières vertèbres dorsales. Après trois semaines (diète lactée, viande, bains de son, bromure à la dose de 25 centigrammes, au repas) la dyspepsie est guérie et les douleurs ont disparu.
Jamais cette malade n'a eu de crises d'hystérie.
OasEiTATioir. II. L..., trente-trois ans, employé de commerce, entra à l'hôpital, en février 1880.
Bonne santé jusqu'à l'Age de vingt-huit ans; il eut, en 1870, varioloïde; en 1878, une bronchite dont il fut guéri à l'hôpital. Dyspeptique depuis cinq mois, il vomit le matin un demi- litre de hquide; les digestions apr^le deuxième repas sont pénibles, îl éprouve de la dyspnée, est tourmenté par des gaz, il régurgite du liquide.
L'examen local nous fait constater la douleur i la pression sur la ligne médiane de l'estomac; celui-ci est dilaté et s'étend à un centimètre au-dessus de Tombilic. Une demi-heure après le repas, douleur constrictive dans la région gauche de l'estomac, augmentant par la pression .
La douleur se propage le long des nerfs intercostaux, septième et huitième paire du c6të gauche; on la retrouve dans les derniers espaces intervertébraux dorsaux et le long des vertèbres cervicales.
La peao du bras gauche, celle du thorax en avant à gauche, celle du dos, est douloureuse au toocfaer ; les muscles, les articulations de l'épaule et du coude du côté gauche sont le siège d'hyperesthésie, il en est ainsi pour les muscles du cou, pour le crftne.
Le sondage de l'estomac, le lavage avec l'eau de Vichy tiède répété six fois, eurent pour effet d'arrêter les vomissements. Le régime alimentaire fut prescrit en même temps que la médication qui consistait en 6 granuncs de phosphate de chaux par jour.
Après deux mois de traitement, les phénomènes nerveux avaient disparu avec la tristesse, l'faypochondrie ; ils se réveillaient chaque fois que la dyspepsie s'aggravait. 11 était facile d'observer la diminution progressive des troubles de sensibilité à mesure que l'estomac se rétablissait.
J'ai maintes fois répété les mômes observations dans ma clientèle privée, chez des négodanis, des hommes d'affaires, dyspeptiques, souffrant comme le précédent malade ; il m'est arrivé de remarquer chez certains une sensibilité du côté gauche le long du thorax, dans les muscles le long du bras gauche dont ils avaient à peine conscience.
Ce qu'il importe de dire, c'est que le sexe masculin est aussi sujet que le sexe féminin à ces désordres de la sensibilité, toutes les fois qu'il y a dyspepsie simple ou compliquée de dilatatioo stomacale.
ie citerai un dernier fait typique, parce qu'il résume tous les phénomènes que peut entraîner l'afifection de l'estomac.
OasEBVATiosi ni. n s'agit d'une femme de trente-sept ans, marchande ambulante, dyspeptique depuis de longues années.
Elle a longtemps souffert de misère, de privations de tous genres. Elle ne s'est nourrie pendant quinze ans que de soupe, de fromage et de pain de seigle. Exceptionnellement elle mangeait de la viande.
Elle n'éprouYait au début que des céphalalgies, vertiges, douleurs stomachales, régurgitations de liquide.
Depuis trois ans elle Tomit ses repas.
Arrivée au dernier degré d'amaigrissement, elle quitte Trêves, où elle était traitée depuis un an, pour venir se faire soigner à l'hôpital Rothschild.
Quand nous la vîmes pour la première fois, elle vomissait liquides et solides quelques secondes après les avoir pris, Tœsophage étant tellement irrité qu'il ne permettait pas le passage des substances alimentaires.
L'ocsophagisme est assez fréquent dans les dyspepsies de vieille date ; elle a des nauaées continuelles.
Elle a de l'appétit, mais hoquets continuels, soif intense, brûlure à Testomac : celui-ci est légèrement dilaté.
Cette malade n*a jamais eu de crises nerveuses.
J'arrive à la description des phénomènes nerveux.
Tout le crftne est sensible à la pression, bourdonnements dans les oreilles.
Les membres supérieurs et inférieurs douloureux au toucher, la pression de leurs muscles est douloureuse, toute la colonne cervicale, dorsale, lombaire, sacrée, est hyperesthésiée, mais manifestement plus à gauche qu'à droite.
Le cou en avant, le thorax en avant, est très-sensible, plus à gauche qu'à droite.
On ne peut toucher la peau du ventre sans faire crier la malade.
Elle ne peut quitter son lit, tant les articulations sont sensibles ; elle ne peut faire de mouvements dans son lit.
Elle vomissait en vingt-quatre heures de 12 h 1500 grammes par jour de liquide mélè à une certaine quantité de lait qui pouvait arriver à Testomac.
La situation de la maUde était grave.
Au début, je prescris soupes, deux litres de lait, vésicatoire sur la région de Testomac et deux bvements avec trois grammes de bromure.
Les vomissements diminuent quelque peu et baissent de 1500 à 1000 grammes.
Je commence après quatre jours le sondage et le lavage de l'estomac avec de Teau ne contenant que du bicarbonate de soude.
Apràs quatre ou cinq séances, les vomissements ne sont plus que de 5U0 grammes et le spasme de l'œsophage a cédé.
Les hoquets, les régurgitations ont diminué.
L'hyperesthésie diminuait à mesure que les vomissements se calmaient, que les aliments étaient mieux tolérés.
Au bout de trois semaines les vomissements n'étaient plus que de 400 grammes ; la dermalgie du ventre, du dos, du cou, de la tète, avait presque disparu.
Il restait les points douloureux dans les derniers espaces intervertébraux dorsaux à gauche.
Pour calmer la malade on avait fait des injections sous-cutanées d'élher, l'enveloppement dans un drap mouillé.
L*état s'était tellement amélioré que les injections et l'enveloppement avaient été suspendus.
Les sondages seulement furent continués et la femme mangeait viande, poisson, œufs et lait.
Les vomissements n'étaient plus que de 200 grammes et la malade avait engraissé de quinxe livres en deux mois.
Je n*ai pas à rappeler ici les symptômes de la dyspepsie qui accompagnent toijgours et provoquent la gastralgie. Us sont décrits au chapitre Gastrite.
Étiologie. Elle se confond avec celle de la dyspepsie.
Tous les dyspeptiques ont une douleur stomacale, soit sur la ligne médiane, soit sur les côtés de Torgane.
La douleur peut prendre la forme de véritables crises, si le traitement et l'hygiène sont mauvais.
11 faut dire cependant qu'il y a une prédisposition à la gastralgie proprement dite. On voit quelquefois survenir les crises chez de jeunes filles, chez des femmes qui n'ont qu'une dyspepsie très-légère.
C'est rimpressionnabilité nerveuse, le tempérament nerveux, qui facilitent la genèse des accidents gastralgiques.
Ces accidents paraissent, en général, dans la jeunesse, à la période de formation des règles; ils diminuent avec Tâge, à mesure que le système nerveux se
calme, et la dyspepsie survit, à moins que la maladie n*ait été convenablement traitée. Oaa dit que les crises de l'estomac se transforment maintes fois en crises convulsives, en attaques d'hystérie.
J*ai déjà indiqué ce qu'il fallait penser de cela; \A douleur stomacale ne se complique d'un accès convulsif que si l'individu est un hystéiîque; l'hystérie ne naît jamais de la dyspepsie.
Du650snc. Une crise douloureuse de l'abdomen, durant quelques minutes ou quelques heures, s'est produite.
D s'agit de déterminer d'abord si elle est due à l'estomac ou à un autre organe. C'est avec une colique du foie que l'on confond le plus facilement un accès de gastralgie. Les symptômes dans les deux cas peuvent être identiques. Douleurs dans la moitié droite de l'estomac ou sur le milieu de l'organe ; nausées, vomissements, dyspnée ; le malade s'agite continuellement et ne trouve pas un moment de repos.
S'agit-il d'une crise stomacale ou d'un calcul hépatique? C'est ce qu'il est impossible de discerner durant la crise quand elle ne se manifeste qu'avec ces signes. Dans un grand nombre de cas, la gastralgie se prononce par des douleurs du côté gauche et s'iiTadie en arrière, à gauche. La colique du foie, au contraire, est localisée à droite et la douleur monte vers le sein droit, vers l'épaule droite. Ces signes sont encore insuffisants pour assurer si c'est l'estomac qui est en jeu ou le foie. Dans la gastralgie, l'estomac seul est douloureux à la pression. Quand il y a colique du foie, celui-ci est souvent volumineux, déborde les fausses côtes et est douloureux à la pression. Mais la dyspepsie se complique très-fréquenmient de congestion du foie, lequel éveille de la sensibilité quand on le presse. C'est alors que le diagnoslic se complique. Il faut interroger les antécédents du malade, pour savoir s'il y a eu antérieurement des troubles stomacaux. La dyspepsie n'a-trclle pas précédé la crise? Si elle ne l'a pas précédée, il convient de porter son attention uniquement sur le foie. La crise douloureuse est-elle sunenue tout d'un coup, d'une façon inattendue, et s'est-ellc fait sentir à droite, il est probable que l'on a affaire à une colique hépatique. On ne peut être certain que si l'on a rencontré dans les fèces de la gravelle biliaire ou un calcul. L'ictère ne se produit que si le calcul entrave le cours de la bile; dans un grand nombre de cas, il fera défaut : il peut toujours manquer, même si le calcul est assez volumineux ; l'absence d'ictère ne sufBra pas pour déclarer qu'il ne s'agit pas d'une colique du foie.
Il faudra avoir soin d'examiner les urines, les fèces. Les urines contiennentelles de la bile, les fèces sont-ils décolorés ? il est à présumer qu'un calcul est engagé dans les voies biliaires.
Ces derniers signes ne suffisent pas encore. Un accès de gastralgie peut produire de l'ictère, charger les urines de bile, décolorer les fèces. 11 faudra voir Tétat antérieur de l'estomac, rechercher si le malade n'a pas pris un aliment indigeste. Les coliques du foie sont souvent consécutives à la dyspepsie. Il sera donc nécessaire de rechercher si la crise n'est pas à la fois une crise d'estomac et de foie. Quand ces points sont éclaircis et qu^on s'est assuré que l'on a affaire à un gastralgique, on étudiera la maladie de l'estomac qui a donné naissance à la crise. S'agit-il d'une dyspepsie simple, d'une dilatation, d'un cancer ou d'une dyspepsie avec ulcère?
Je n'ai pas à reparler des signes de la dyspepsie, de la dilatation. Hais il importe de s'arrêter quelques instants sur les symptômes du cancer. 11 n'y a pas
à proprement parler de signes de cancer, surtout au début de la maladie. La perte d'appétit, la douleur, le vomissement, riiëmorrhagie, existent dans toutes les affections stomacales, dyspepsie, dilatation, ulcération. L*état cachectique peut se produire dans ces maladies; j'ai vu deux individus aflectés d'œdème des membres inférieurs, qui n'avaient qu'une dilatation simple. Ce n'est que la présence de la tumeur qui fournit un signe positif de diagnostic.
C'est surtout en observant comment les aliments sont tolérés par l'estomac qu'on arrive à le faire. Quand les membranes stomacales sont imprégnées de tissu cancéreux, l'organe a perdu sacontractilité.
Le contact du moindre aliment l'irrite, et il tetid à s'en débarrasser par le vomissement, que le cancer siège au pylore ou dans les parois.
Ce vomissement se prépare peu à peu, s'accompagne de douleurs intenses et soulage le malade, aussitôt qu'il est effectué.
La crainte de ces douleurs, qui se reproduisent toujours, lui fait prendre tout aliment en avei*sion.
Ce qui est aliment solide le dégoûte ; il ne consent à prendre que des aliments liquides, œufs, potage, lait, pour ne pas trop souffrir ; et c'est avec cette nourriture qu'il prolonge son existence. Le diagnostic du cancer, dans beaucoup de cas, n'est possible que si on surveille le malade un certain nombre de jours et si on se rend compte de la façon dont l'estomac garde les aliments. La tolérance pour les aliments, viande, poisson, est presque absolue, s'il n'y a que dyspepsie ou dilatation de l'estomac.
Il convient encore de voir, quand la gastralgie est diagnostiquée, si elle est simple ou sympathique d'une afiection abdominale. Ëst-elle due à quelque lésion du rein, à des coliques néphrétiques, à une maladie de l'utérus ou à quelque autre maladie ou diathèse? Le diagnostic ne sera complet que si ces divers points sont élucidés.
Les traités classiques ont cherché à établir un diagnostic diflerentiel de la gastralgie et de l'ulcère, et l'ont fondé sur les signes que donne la douleur. Us prétendent que, quand il y a ulcère, la pression de l'estomac aggrave la douleur, et qu'au contraire celle-ci diminue, s'il ne s'agit que de gastralgie. Ils ont encore ajouté que l'ingestion des aliments calme la douleur du gastralgique et la rend plus vive, dans le cas d'ulcère. Ce que démontre la clinique, c'est qu'on ne peut rien induire du caractère de la douleur.
Du reste, l'ulcère n'étant qu'un accident de la dyspepsie, et celle-ci n'étant que le substratum de la gastralgie, on comprendra facilement que ce diagnostic différentiel est sans intérêt.
Traitement. La gastralgie présente deux indications thérapeutiques : il faut d'abord calmer la crise, puis traiter la maladie stomacale qui a déterminé la crise.
Pour calmer la crise, il convient de ne recourir tout d'abord à aucune médican tion interne. Le médicament, quel qu'il soit, pourrait être rendu immédiatement par le vomissement.
Il faut diminuer l'irritation de l'estomac par des révulsifs de tout genre appliqués sur la région stomacale, sinapismes, linges chauds, frictions; puis on fera prendre au malade un bain chaud prolongé.
On n'aura recours aux lavements laudanisés, aux injections sous-cutanées de morphine, que si la crise se prolonge trop longtemps.
Aussîtdl que Testooiac sera devenu plus tolérant, on donnera des tisanes tièdes, nne potion opiacée.
La crise suspend Tappétit, et le patient craint de prendre un aliment quelconque.
11 ne faut pas se hâter de prescrire la nourriture; mais il ne faudra pas non plus attendjfe trop longtemps pour commencer à donner de la nourriture.
La diète prolongée ne convient pas à lestomac et ne ramène pas Tappétit.
On alimentera, quelques heures après que la crise aura cessé, avec du lait, potages, œufs.
L*organe revient peu à peu au repos, se rétablit et alors, après vingt-quatre heures au moins, le médecin pourra prescrire un aliment solide (viande).
Toutes les fois que le gastralgique prendra un mets indigeste, la crise a chance de se reproduire.
La tâche du médecin n'est pas terminée après la fin de l'accès.
Quelle est la maladie stomacale qui a donné prise à la crise? C'est ce qu'il aura à déterminer, et il traitera la maladie elle-même.
La dyspepsie, la dilatation d'estomac, peuvent avoir été provoquées par une alTection d'un autre viscère, utérus, reins, par une diathèse goutteuse, rfaumastismale, tuberculeuse.
L'attention du thérapeutiste se portera sur ces divers points ; mais je n'ai à parler ici ni du traitement qu'exigent la dyspepsie, la dilatation d'estomac, ni des médiaitions qu'exige la curation des maladies viscérales ou des dialhèses qui sont cause de dyspepsie. IjEVeh.
CAfimiQUE SUPÉRIEURE (Artère) . C'est la coronaire stomachique {voy . Cœliaque [Tronc]), D.
«ASTBlQtJE INFÉRIEURE (Artèrb). L'artère gastrique inférieure droite et l'artère gastrique inférieure gauche sont les gastro-épiploïques droite et gauche {voy. Cœliaqub [Tronc]). D.
CASTRIQUE (Suc). Liquide sécrété par les follicules de l'estomac et qui joue un rôle capital dans la digestion voy. Ësrouvc et Digestion). D.
GASTRIQUES (Nerfs). Voy. Pmeuuogastrique [Nerf). D.
CSJLSTRITE. § I. Historique. 11 n'est point de maladie qui ait passé, au point de vue de l'historique, par des phases plus singulières que la gastrite. Tour à tour niée ou admise par les médecins, on a eu le plus grand mal à fixer son véritable sens.
On la trouve mentionnée dans les écrivains du dix- septième et du dixhuitième siècle ; puis elle disparait, niée par un des plus illustres médecins de la iîn du dix-huitième siècle, par Cullen.
Celui-ci avait saisi avec une grande nelteté l'enchaînement des divers symptômes qui caractérisent la dyspepsie, mais il n'en avait pas compris la véritable portée. Les erreurs qu'il avait commises sur la question de la pathoénie de la dyspepsie le portèrent à effacer de la nosologie le terme gastiûte
iA GASTRITE.
admis par un bon nombre de cliniciens. Il se laissa entraîner à de vâritables exagérations, et la réaction contre les erreui's du médecin anglais ne tardera pas î paraître avec des exagérations en sens opposé.
Broussais étudie de nouveau la gastrite que CuUen avait cherché à faire oublier. C*e5t pour lui la maladie essentielle; c'est elle qui est le point de départ du plus grand nombre de maladies qui affectent l'organisme. Il se fait illusion sur la portée de cette affection, et il est entraîné à lui appliquer une thérapeutique funeste qui eut une déplorable influence sur la question nosologique.
La gastrite disparaîtra de nouveau, pour repiaraître sous une forme nouvelle. On parlera de gastralgie, de dyspepsie, d'embarras gastrique. On n'eut plus le courage de nier absolument la gastrite; on sentait qu'il était nécessaire de conserver le mot et qu'on ne pouvait reffacer complètement du cadre nosologique. Âctuellcmeiit, la gastrite est décrite dans les auteurs classiques avec une synonymie variable, catarrhe aigu de l'estomac, lièvre gastrique. On distingue la gastrite superficielle et la gastrite profonde, groupant des espèces morbides qui n'ont aucun rapport avec la gastrite. La gastrite superficielle est encore dénommée catarrhale ou érysipélateuse ; elle est caractérisée par l'inflammation de la muqueuse, sa rougeur, ou bien par les sécrétions des glandes, le catarrhe de la muqueuse. De là, les noms d'érysipélateuse et catarrhale. Il est facile de comprendre que cette double dénomination doit être rapportée à un même fait anatomique. Il ne faut pas disjoindre l'inflammation et les produits de sécrétion.
Si l'inflammation s'étend à la profondeur des membranes qui constituent Testomac, il ne s'agit plus de la gastrite superficielle, mais de la gastrite profonde dans laquelle ou a décrit une forme aiguë et une forme chronique. La forme aiguë est le phlegmon de l'estomac, le phlegmon diffus.
Existe-t-il une inflammation de l'estomac dans laquelle du pus s'épancherait entre les membranes de Testomac? On a cité bon nombre d'observations de maladies infectieuses, variole, scarlatine, pyohémie, compliquées de suppuration interstitielle des membranes de l'estomac. Mais il ne s'agissait que d'infection purulente généralisée et non de gastrite. De même que du pus se rencontre dans les articulations, dans les divers viscères, il n'est pas surprenant qu'il en paraisse entre les membranes de l'estomac. Ce n'est pas là une suppuration de cause locale, consécutive à une phlegmasiedeTestomac. Il ne serait pas possible de citer un seul fait de gastrite se terminant par un phlegmon. Il convient donc d'éliminer de la gastrite profonde la phlcgmoneuse. 11 ne reste que la gastrite chronique profonde, ce que Brinton a dénommé cirrhose gastrique, et dont j'ai cité deux cas vérifiés par l'autopsie dans mon Traité des mcdadies de l'estomac.
Bapprochons de ces premières divisions la gastrite dite toxique, due à l'ingestion d'un poison, elle se distingue par l'étiologie et la symptomatologie, la nature des lésions d'ordinaire bien plus grave. On a essayé de faire des divisions en se fondant sur la durée de la muladie : dure-t-elle depuis quelques jours seulement ou quelques semaines, il s'agit d'une gastrite aiguë. La maladie dure-t-elle depuis plusieurs mois ou années, on a affaire à la gastrite chronique. Mais il faut se demander à quoi correspondent ces divisions, quelle est leur valeur au point de vue clinique? Se rapportent-elles à un fait pathologique précis? On serait bien embarrassé pour répondre à la question, ce sont des divisions empruntées à la pathologie générale et sans aucune portée.
La nature des lésions ne peut pas plus servir que la durée de la maladie pour établir des divisions positives. La gastrite catarrhale, la gastrite diphthéritique, la gastrite ulcÀ^use, ce sont là fjuelques types d'espèces de gastrite que les auteurs ont décrites.
Si» sous l'influence de la diphthérie, des fausses membranes se sont produites jusque sur la muqueuse de l'estomac; si, par l'ancienneté de l'inflammation, la muqueuse stomacale s'est ulcérée, on s'est cru autorisé à créer des espèces particulières. La clinique ne nous montre rien de spécial du côté de l'estomac, que la diphthérie eût envabi l'organe ou que des hémorrhagies stomacales aient compliqué la situation; la fausse membrane ou l'hématémèse, ce ne sont là que des épipbénomènes.
Enfin, l'étiologie ne peut pas servir non plus à la fixation d'espèces diverses. Que la maladie soit due à des excès d'alcool , qu'elle soit consécutive à une pjrexie, à la scarlatine, à la variole, à la fièvre typhoïde, ou qu'elle soit née par une cause diatbésique, les caractères cliniques généraux ne changent pas, elle peut être de durée plus ou moins longue, mais l'unité morbide n'est pas modifiée; on ne peut la subdiviser.
La gastrite est une dans son essence ; il n'y en a pas plusieurs espèces.
§ II. DÏFI51TI01I. 11 importe d'abord d'expliquer ce qu'on doit entendre par le terme gastrite, de la définir. La gastrite est une maladie caractérisa par la congestion de la muqueuse stomacale, par son inflammation qui peut s'étendre de la muqueuse aux membranes sous-jacentes. La congestion, qui n'est que le premier degré de l'inflammation, peut durer quelques heures, quelques jours, et disparaître, mais elle peut s'établir définitivement. A ce fait anatomique correspondent les fermes aiguë et chronique. Elle reste superficielle, limitée à la muqueuse, ou elle s'étend aux parties profondes. Si la maladie est chronique, les glandes de la muqueuse deviennent graisseuses; les vaisseaux se sclérosent, le tissu cellulaire sous-muqueux s'hypergénèse, souvent la muqueuse s'ulcère, les membranes s'épaississent ou s'amincissent. Jamais du pus ne se produit dans les membranes de l'estomac. Les lésions caractérisant la gastrite sont uniformes, quelle que soit la cause qui l'ait engendrée, celle-ci n'agit que sur le degré de la lésion.
'^ m. Étiologie. Les causes doivent être divisées en deux groupes, causes externes ou internes.
Externes. Les principales sont : les aliments, boissons, médicaments, poisons. Parmi les aliments, il faut distinguer ceux qui ne sont pas nuisibles et ceux qui irritent l'estomac.
Dans ce dernier groupe rentrent tous ceux qui contiennent une grande quantité de graisse, d'huile.
L'abus des aliments gras, des aliments huileux, engendi*e la gastrite; on pourrait citer le porc, le foie gras. On en peut dire autant des poissons; ceux qui oonlicnuent une grande quantité d'huile, le saumon, le maquereau, le thon, doivent être classés à côté du porc, du foie gras. Le mode de préparation de la viande, du poisson, peut produire une congestion de l'organe, alors que la viande, le poisson, ne sont pas nuisibles par eux-mêmes.
Cest ainsi qu'il faut comprendre que les iragoûts, les sauces épicées avec lesquelles on relève le goût du poisson, peuvent être cause de gastrite.
11 en est des légumes, des fruits, comme des viandes et du poisson. 11 faut distinguer ceux qui sont irritants, les choux, les truffes, les champignons, les
fruits à tissu dur, les fruits verts qui n'ont pas atteint un degré de maturité suffisante, etc.
Les mêmes divisions peuvent être établies pour les boissons que pour les aliments. G*est en général Talcool qui entre dans leur composition qui détermine leur degré de nocuité pour Testomac. On pourrait les classer suivant la quantité d*alcool dont elles sont chargées. La plus saine est Teau pure; une boisson véritablement toxique pour Testomac est l'alcool pur. H n'est pas capable de résister longtemps au contact de l'alcool même étendu d'eau; il s'enflamme très-rapidement et ses éléments anatomiques entrent en dégénérescence.
Du reste, la qtudité des aliments ou des boissons n'est pas la seule cause de gastrite; la trop grande quantité d'aliments, le trop grand nombre de repas« peuvent déterminer la maladie. Il n'est pas nécessaire d'insister davantage sur les causes externes, et de passer en revue les détails qui se rapportent à ce
sujet.
Les poisons peuvent être divisés en deux groupes : ceux qui intoxiquent tout l'organisme sans avoir d*action sur Testomac, et ceux qui désorganisent les membranes de Teslomac (phosphore) et empoisonnent Téconomie consécutivement. Nous n'avons pas à nous occuper spécialement des poisons.
L'abus des médicaments (arsenic, fer, digitale, mercure) est une cause très-fréquente de gastrite. On en peut dire autant des substances purgatives. Les purgatifs salins sont les moins dangereux, l'abus des purgatifs drastiques est surtout à craindre.
J*ai vu bon nombre de gastrites dues à l'emploi exagéré de purgatifs.
Causes internes. Les fièvres, variole, scarlatine, érysipèle, fièvre typhoïde, choléra, laissent souvent à leur suite la gastrite. Il en est de même des affections du poumon : bronchite, pneumonie, pleurésie, etc. Chez la femme, les troubles de la fonction menstruelle, la grossesse, toutes les affections de l'utérus, sont causes de gastrite. Les diathèses, l'arthritis, l'herpétisme, la diathèse tuberculeuse, sont causes prédisposantes, le moindre écart de régime suffira pour la développer. Si l'homme affecté de goutte est souvent atteint de la maladie, c'est qu'il y était prédisposé, et il en a facilité la production par un mauvais régime alimentaire.
J*ai présenté à la Société de biologie l'observation d'un goutteux dont les pieds et les mains sont complètement déformés par des tophus et qui n a jamais présenté aucun trouble stomacal.
C'est que ce malade, qui a vécu dans la misère, a toujours été tenu à une grande frugalité. On ne peut dire la même chose de toutes les diathèses. La tuberculeuse peut à elle seule, sans écart de régime, créer la maladie.
La gastrite est fréquente chez les phthisiques. Louis a décrit la maladie et a rapporté un certain nombre de cas avec autopsie dans son Traité de la phthisie. L'urémie, la fièvre urineuse, ont été citées à tort au nombre des causes de gastrite.
L'intoxication urémique et l'intoxication urineuse ont été classées par certains médecins dans le groupe étiologique. Quand le sang est empoisonné par les principes constituants de Turinc, Festomac et l'intestin tendent à le débarrasser des éléments qui l'intoxiquent; de l'urée s'excrète par la muqueuse stomacale, des vomissements se produisent ou bien la diarrhée se manifeste, entraînant l'urée, la créatine, etc.
Ou*y a-t-il de commun entre ces phénomènes cliniques et la gastrite ou Ja dysenterie ? C'est en se fondant sur de simples apparences qu on pourrait dire qu*il s'agit de gastrite ou de dysenterie. Il en est de même quand vous voyez dans la fièvre urineuse paraître la sécheresse de la langue, les vomissements. Il ne s'agit que d'une infection de l'économie et d'un effort de la nature pour se débarrasser d'éléments toxiques.
Âges. Tous les âges sont disposés à la gastrite. Commune chez les tout jeunes enfants qui tettent encore, elle ne l'est pas moins que l'entérite. Elle précède Tentérite et échappe d'ordinaire à l'attention du médecin. C'est surtout chez l'adulte qu'on la rencontre, et souvent elle continue d'évoluer jusque dans Tàge le plus avancé. L'hérédité a la plus grande influence sur la production de la maladie. Si on la constate chez des enfants de trois ou quatre ans, on peut être à peu près sûr qu'ils en ont hérité. Le père ou la mère l'ont léguée à leur enfant.
g lY. ÀNATOMiE PATHOLOGIQUE. Les caractèrcs anatomiques de la gastrite sont les suivants : la muqueuse stomacale est hyperémiée; l'hyperémie occupe le plus souvent la partie médiane de la muqueuse; elle peut être localisée vers la grosse tubérosité ou dans la portion droite; on voit de distance en distance des plaques rouges d*une étendue variable, accompagnées d'ecchymoses ou de petits foyers sanguins ; quand la maladie est ancienne, les plaques rouges ont fait place à des plaques grises; les plaques ecchymotiques sont devenues noirâtres. L'épithélium de la muqueuse s'est détaché par place; la muqueuse est épaissie ou amincie. Lorsque i'exfoliation de la muqueuse a atteint un certain degi^é, on trouve souvent de véritables pertes de substance, des ulcérations. Ces ulcérations se dessinent nettement à l'œil, ou bien elles sont masquées par un mucus plus ou moins épais, par de véritables plaques fibrineuses diphthéritiques. Cette diphthérie a été observée par Niemeyer chez les nouveaun^ ; on l'a vue chez les adultes, et ce fait anatomique a suffi pour créer une espèce nouvelle, la gastrite diphthéritique. Peu importe qu'il s'agisse d'un mucus plus ou moins filant, concret, ou qu'il y ait de vraies membranes étalées à la surface de la muqueuse, la gastrite n'est -elle pas toujours la même? change-t-elle de caractère?
Ce n'est pas seulement la muqueuse qui est modifiée : les divers éléments qui la constituent sont altérés, ses vaisseaux sont dilatés; leurs parois sont épaissies, sclérosées. Les glandes sont altérées, atrophiées par place, ou bien leur stroma esl-épaissi, les cellules qui entrent dans la composition des gls^ndes n'ont plus une structure normale. Le noyau a disparu et a fait place à des globules graisseux. Le tissu cellulaire sous-muqueux est enflammé.
Au milieu du stroma primitif se produisent des éléments de nouvelle formation; ces éléments nouveaux, ces cellules nouvelles envahissent le champ des glandes gastriques, des vaisseaux capillaires, les compriment, les atrophient. Il en résulte que la muqueuse est insuffisamment nourrie ; ce sont ces désordres anatomiques qui provoquent les ulcérations de la muqueuse plus ou moins étendues, plus ou moins profondes.
Les ulcérations appellent les hémorrhagies, dont la gravité dépend du calibre des vaisseaux ulcérés. Il se peut que sans ulcération il se fasse, sous l'influence de la gêne circulatoire, un suintement sanguin, une exosmose de pigment sanguin. J'ai présenté un fait de ce genre à la Société de biologie en 1877.
mer. Bie» 4* s* YII. S
Dilatation de Vestomac, Quand la gastrite est de vieille date, on rencontre souvent Testoniac dilaté, c*est-à*dirc que son volume est accru. Il occupe un plus grand espace dans Tabdomen, le volume double, triple. Il peut dépasser Fombilic de plusieurs ceutimèti*es. Dans des cas exceptionnels, il peut arriver à s*étendre jusqu'au pubis, Ândral en a cité une observation ; j'en ai rapporté un fait observé à l'hôpital Rothschild. Lorsque l'estomac est dilaté, les diverses membranes présentent toutes les lésions que j'ai décrites comme se rapportant à la gastrite. A la dilatation correspondent une symptomatologie, un pronostic et un traitement qui diffèrent entièrement de la gastrite sans complication. La gastrite se complique souvent de cancer; celui-ci peut s'établir d'emblée, quand il est héréditaire; il est aussi une lésion terminale de la gastrite; il se passe dans les tissus de l'estomac ce qu'on a observé dans beaucoup d'autres tissus de l'économie; une inflammation qui dure peut déterminer la production de l'élément cancéreux.
g Y. Stmptomatologie. Les auteurs classiques décrivent la symptomatologie des diverses espèces de gastrite, la gastrite proprement dite, la gastrite alcoolique, urémique, de la gastrite des goutteux, des herpétiques, des tuberculeux, comme si les causes multiples et diverses qui l'engendrent lui imprimaient des caractères spéciaux.
La gastinte est une, bien que les causes soient nombreuses. Ses symptômes se rapportent à une seule espèce.
Il arrive rarement que la langue conserve sa coloration normale; plus ou moins rouge, elle se couvre d'un enduit saburral occupant tout l'organe, ou sa base seulement ou les bords; enduit blanchâtre d'ordinaire, rarement jaune, dont l'épaisseur varie; ses glandes sont souvent saillantes, hypertrophiées. Le sens du goût peut êlre intact, mais d'ordinaire il est perverti, le malade a un goût amer, sucré, salé, les aliments répugnent. L'appétit est dérangé, amoindri ou aboli. Il se manifeste de diverses manières; il est exagéré, caractérisé par des fringales qui paraissent avant, pendant ou après le repas. Il est plus vif à la fin des repas qu'au commencement, se réveille à chaque heure de la journée ou de la nuit. Le patient se croit obligé de le satisfaire et alors il ne fait qu'exagérer la maladie. L'appétit reste aussi aboli durant des mois ou le plus souvent il est notablement diminué. D*ordinaiie, la soif est augmentée, et Taugmentation est proportionnée à l'intensité du mal. La boisson la calme à peine.
La région de l'estomac est douloureuse uu toucher et à la pression. La douleur est ressentie sur la ligne médiane, sous la fourchette du sternum ou à quelques centimètres de Tappendicc xyphoïdc. La douleur occupe la région gauche ou droite de Torgane. Elle manque rarement dans un de ces points, alors que l'estomac n'est pas dilaté. Elle disparaît, si Torgane est dilaté. 11 est quelquefois tellement sensible qu'il ne supporte pas le contact des vêtements.
Elle peut se calmer immédiatement pendant le repas, pour reparaître un certain temps après, an moment du maximum du travail digestif, quelques instants après le repas ou trois ou quatre heures après. La picscnce des aliments dans lorgane en détermine maintes fois le gonflement avec sensation de malaise, de dyspnée.
La douleur ne reste pas bornée à l'estomac, peut s'étendre à tout l'abdomen, et les coliques sont ressenties dans l'estomac et les intestins. Ces désordres sont accompagnés de régurgitation de gaz, de liquide brûlant, acide ou neutre, de régurgitation de parcelles d^aiiments, de vomissements de liquide eu
d'aliments. Le liquide vomi est grisâtre, plus ou moins opaque, devient transparent, si on le filtre. Il rougit souvent le papier bleu de tournesol. 11 peut être noirci par le pigment sanguin ou être mèlè avec une certaine quantité de sang.
Ces différents faits cliniques qui sont liés à la gastrite ont été décrits comme indiquant des espèces morbides différentes, le pyrosis, la gastrorrhée, Thématémèse.
Ce ne sont que les accidents vulgaires de la gastrite.
La maladie inflanmiatoire reste limitée à lestomac ou bien elle retentit sur rintestin grêle ou le gros intestin.
L*abondante production de gaz caractérise Textension du mal à l'intestin grêle. Lorsque le gros intestin est atteint, ce qui est [fréquent, les matières fécales sont sèches, déterminent une irritation locale, sont expulsées avec des glaires, des fausses membranes plus ou moins épaisses. Il y a alors une constipation intense qui est un symptôme de la gastrite.
La constipation, en durant, appelle la diarrhée qui alterne fréquemment avec elle; les malades finissent par avoir 10, 12 selles par jour, qui les jettent dans ime véritable prostration. La santé s*altère alors rapidement parce qu'ils ont peur de s'alimenter.
Si la gastrite a duré, elle se complique souvent de dilatation de Testomac, et Itô symptômes prennent, ainsi que je lai dit plus haut, une physionomie spéciale. Ce qui caractérise la dilatation cliniquement, c'est une excrétion d'eau qui se produit chaque jour à la suite de chacun des repas, s'accumule dans Torgane et provoque des malaises, des douleurs se renouvelant continuellement. Au début, le liquide ne se rencontre qu'après le troisième repas, pris l'aprèsmidi, et enfin l'estomac en est chargé dès le matin à jeun.
La surcharge de liquide ne se fait pas sentir au commencement chaque jour, mais tous les huit jours ou tous les quinze jours.
La présence du liquide en excès s'accompagne de nausées, de régurgitations, puis de vomissements de 1 ou plusieurs litres de liquide, qui finissent par se reproduire journellement. Les aliments ne sont pas rendus. Ces vomissements soulagent le malade et laissent à leur suite une soif intense, le brisement des forces, puis l'appétit reparaît; le malade recommence à manger jusqu'à ce que le liquide se soit reproduit; et alors les mêmes phénomènes que je viens de décrire reparaissent.
La production de liquide dans l'estomac entraîne d'ordinaire une diminution dans la sécrétion urinaire qui se refait s'il a tendance à disparaître sous l'influence du traitement. La dilatation cause souvent une inappétence complète.
g VI. Les symptômes de la gastrite ne restent pas limités au tube digestif. La maladie réagit sur la fonction cardiaque, l'espiratoire. Des palpitations plus ou moins vives, des irrégularités cardiaques (bruits de souffle cardiaques), de la toux dite toux gastrique, sont provoquées par elle, de l'aphonie parait même de temps à autre. Tout le système nerveux peut être irrité, des névralgies disséminées , des Ibunnillements, des crampes dans les membres, des douleurs articulaires, musculaires, une fatigue générale des contractures des muscles de la main ou du mollet, s'observent dans cette affection. Quelques malades ont des tremblements, une véritable parésie. Les organes des sens, la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût, sont troublés. Des nuages, des mouches volantes, des feux, gênent la vision, ou bien la lumière vive empêche de voir clair; les désordres visuels
sont précédés de vertige d'une intensité variable, quelquefois si fort, que le malade tombe à terre, même avec perte de connaissance.
îi'ouïe est obscurcie par des bourdonnements occupant une oreille ou les deux. Le malade s*attriste, ne peut vaquer à ses travaux habituels qu'avec la plus gronde difficulté; il a du mal à fixer son attention, la mémoire s'affaiblit; les facultés intellectuelles ne s'altèrent pas, mais il est toujours inquiet de l'avenir. L'état nerveux s'irrite de plus en plus; ce que les auteurs ont décrit sous le nom d'hypochondrie, de névropathie cérébro-cardiaque, n'est que l'ensemble des phénomènes nerveux éveillés par la maladie de l'estomac.
Il n'est pas rare que la fièvre vienne compliquer la situation, fièvre qui est intermittente, se renouvelant chaque jour, tous les deux ou trois jours à la même heure.
Elle peut en imposer pour une fièvre paludéenne ; elle présente les trois stades de la fièvre, ou bien le premier seulement, ou celui de chaleur et de transpiration, le premier manquant.
Quand elle parait la nuit et est compliquée de toux gastrique, on peut croire qu'il s'agit d'une fièvre liée au début de la tuberculisation.
Le foie est congestionné fréquemment, augmenté de volume, douloureux à la pression.
§ VII. Diagnostic Le diagnostic se fait par les symptômes locaux et sympathiques. Les symptômes locaux sont la douleur sur la ligne médiane de l'estomac, s'augmentant par la pression, douleur de la partie droite ou gauche de l'organe, plus vive après le repas, durant le travail de la digestion; sensation de brûlure dans la cavité stomacale. Rejet de liquide ou de gaz, vomissements alimentaires et constipation.
Ces symptômes coïncident avec les désordres du côté du système nerveux, musculaire, etc., que j'ai décrits plus haut. Un état nerveux prononcé, Thypochondrie, l'hystéricisme, se rattachent d'ordinaire à l'affection stomacale, et doivent dans le plus grand nombre des cas faire penser à la gastrite. I..e nervosisme héréditaire détermine souvent la maladie stomacale, et, quand celle-ci est installée, elle ne sert qu'à l'entretenir et à l'aggraver.
Quand le vomissement amène une certaine quantité de sang, on peut être certain que la gastrite se complique d'une ulcération, de l'ulcère stomacal.
La dilatation doit être diagnostiquée par la percussion, qui indiquera las dimensions de l'organe, la présence d'une plus ou moins grande quantité de liquide dans Testomac; cette complication de la gastrite caractérisant sa forme chronique doit être étudiée avec la plus grande attention, elle modifie le pronostic et le traitement. Si la dilatation est ancienne, si l'organe s'étend au delà de l'ombilic de 2 ou 5 centimètres, en général Texcrétion de liquide est considérable; il est rendu tous les jours ou tous les deux jours; l'appétit se perd; le malade a le dégoût des aliments, les forces s'épuisent.
La maladie n'étant point traitée, elle prend la physionomie du véritable cancer et elle peut prêter à la confusion. Le médecin se fondera sur la marche croissante des symptômes. Quand le cancer existe, l'alimentation étant bien réglée, l'appétit ne revient pas. Dans le cas de dilatation, si vous nouirissez le malade selon les exigences de sa situation, il a rapidement de l'appétence pour la nourriture. Le cancer occupe-t-il la région pylorique, tous les aliments solides sont d'ordinaire vomis après cinq ou six ou même vingt -quatre heures. La dilatation entraîne surtout le rejet de liquide et non d'aliments. Que le
cancer siëge dans une des parois de l'organe, celui-ci peut ne pas tolérer le contact de la moindre substance solide et la rejette absolument comme si le pylore était bouché. En outre, on peut quelquefois] sentir la tumeur par la palpation dans la région stomacale, souvent aussi elle échappe à Texamen direct.
On ne peut établir le diagnostic qu'en observant la marche des faits, en étudiant comment le viscère stomacal se conduit par rapport aux aliments ; il faut recourir à la palpation, à la percussion, tenir compte des vomissements, de leur nature, de leur composition, de l'état général du malade, qui s'affaisse brusquement, s'il y a cancer, et avec une bien plus grande lenteur quand on n'a afiaire qu'à une dilatation simple.
La déchéance organique est alors proportionnée à Tancienneté de l'affection, à l'insu/âsance d'alimentation, dont a souffert l'individu qui cesse de se nourrir pour éviter les souffrances.
En l'absence de tumeur, il n'y a pas un seul signe positif de cancer; ni les hémorrhagies, ni la nature des vomissements, etc., ne peuvent donner une indication positive. Bien souvent, si l'expérience clinique fait défaut, le cancer de l'estomac sera confondu avec la dilatation.
§ VllI. Traitement. La gastrite, qui peut naître sous l'influence de causes si nombreuses et si diverses, par le mauvais régime alimentaire, par l'excès de boissons et par le fait d'un grand nombre de maladies aiguës, de diathèses, etc., est une et ne doit pas être subdivisée en espèces.
Toutefois, il faudrait séparer celle qui est produite par intoxication, par l'ingestion d'un poison, d'ordre traumatique, s'il est permis d'employer cette expression. Si l'empoisonnement est produit par un acide énergique, l'organe peut être atteint plus ou moins profondément, il ne tolère la présence d'aucun aliment ni d'aucune boisson, il se décharge de tout ce qui est ingéré.
Il convient de laisser l'organe au repos, calmer les douleurs par des applications locales de sangsues, des vésicatoires, combattre les vomissements en donnant de la glace pilée.
La fièvre produite par la gastrite toxique diminuera peu à] peu, à moins que tes lésions stomacales ne soient trop profondes, alors elle augmente sans cesse, se compliquant de délire, et l'empoisonnement entraîne rapidement la mort.
Aussitôt que la tolérance des boissons existe, il ne faut donner au début que des aliments liquides, lait, potages, œufs, etc.
Lorsqu'il s'agit de la gastrite ordinaire, indépendante de toute cause toxique, les indications thérapeutiques sont de deux ordres. Il convient d'abord de fixer le r^me alimentaire, c'est lui qui doit préoccuper avant tout le médecin. Ce régime variera selon l'intensité de la maladie, il serait trop long de rappeler les règles de la diététique, les principes qui guideront dans la fixation du régime. J'ai longuement insisté ailleui*s sur cette qtiestion, dans mon Traite des maladies de V estomac que le médecin consultera.
Le nombre des moyens à employer dans la gastrite n'est pas considérable. Diminuer la congestion stomacale par des dérivatifs, des applications répétées de vésicatoires, de glace, sur la région de l'estomac, par des badigeonnages de celte même région avec la teinture d'iode. On a mis en usage des médicaments nombreux pour modifier directement l'état de la muqueuse stomacale. Il est certain que le bismuth à faible dose, 25, 50 centigrammes pris avant le
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repas, a le meilleur efiet sur Torgane; il en est de même de la craie, du phosphate de chaux. J'emploie à la dose de 25, 50 centigrammes, les sels suivants : phosphate de chaux, sulfate de soude, bromure de potassium, chlorure de sodium , iodure de potassium , et ces diverses substances ont le plus heureux effet sur la gastrite. Elles me paraissent diminuer Texcrétion d*eau que déversent les vaisseaux dilatés de la muqueuse et la modifient promptement, pourvu que le régime alimentaire soit bien fixé avant tout, elles paraissent diminuer l'inflammation. La plupart des eaux alcalines, Vichy, Ëvian, Vais, etc., ont une action bienfaisante sur l'organe quand on les prescrit immédiatement avant le repas.
Toutes les eaux minérales alcalines prises durant le repas nuisent à l'estomac plus qu'elles ne servent.
Niemeyer, Trousseau, ont employé le nitrate d'argent comme modificateur de la muqueuse. Je l'ai employé chez un certain nombre de malades et je n'ai pas obtenu un heureux effet avec cette substance.
Lorsque l'estomac est dilaté et qu'il se remplit facilement d'eau, Kussmaul a conseillé de le vider avec la pompe, de le laver avec une eau alcaline. II rapporte un grand nombre d'observations et il prétend, dans tous les cas, que l'usage de la pompe a été favorable. J'ai répété cette médication chez un assez grand nombre de malades, et voici ce que j'ai observé :
Les gens très-nerveux supportent péniblement ce lavage de l'estomac. S'il n'est pas rapidement suivi d'une sensible amélioration et s'il fatigue à l'excès, il faut se hâter de l'abandonner.
L'excrétion d'eau est souvent accompagnée de violentes douleurs, de véritables crampes; la présence de l'eau dans l'estomac produit des nausées telles que le patient enfonce continuellement le doigt dans l'arrière-gorge pour se débarrasser du liquide qui^ le fait tant souffrir ; il vomit avec la plus grande peine.
Quand le vomissement est si lent à se faire, il y a alors avantage à débarrasser le malade avec la pompe pour diminuer la durée des crises.
Il ne faut pas abuser de l'emploi de la pompe, car en sondant trop fréquemment l'estomac on peut être exposé à faciliter l'excrétion du liquide.
11 convient d'user de ce moyen avec ménagement, s'en servir rationnellement et ne pas l'abandonner à la discrétion du malnde, qui ne peut en faire qu'un mauvais emploi.
L'évacuation du liquide faite, on lavera la muqueuse avec de l'eau de Vichy légèrement tiédie, qu'on laissera séjourner trois ou quatre minutes dans l'estomac avant de l'extraire.
11 faut qu'après deux ou trois séances de lavage de l'estomac le malade ressente une diminution de ses malaises, une amélioration dans son état général, que l'appétit revienne ; s'il n'éprouve aucun bien-être sous l'influence de l'opération, il est fort probable que l'emploi de la pompe ne sera d'aucune utilité; il faudra le suspendre.
J'ai constaté plusieurs fois que l'usage de la sonde, trop longtemps et trop souvent répété, peut déterminer des accidents graves, des convulsions et la mort en quarante-huit heures. Leven.
CtASTROCËLE. Ilcrnie de l'estomac à travers la ligne blanche. Voy, Estomac
GASTRO-COLIQUE (vbixe). 33
CASTROCHiC^iBES. Famille de Mollusques-Lamellibranches, do groupe des Siphoniens, dont les représentants ont le corps très-incomplétement entouré par une petite coquille mince, dépourvue de dents à la charnière et généralement enchâssée dans la paroi épaisse d*Un tube calcaire de forme et de longueur variables, produit par une sécrétion du manteau. Celui-ci, soudé sur les bords, présente antérieurement une petite ouverture pour le passage du pied qui est nidimentaire ; il se prolonge en arrière en deux siphons contractiles, réunis dans toute leur longueur et pourvus chacun d'un orifice terminal.
Cette famille renferme les trois genres : Gastrochœna Spengl., Clavagella Lamk et Aspergillum Lamk.
Les Gaslrochènes ont le tube calcaire fermé en avant, ouvert en arrière, et divisé intérieurement par une cloison longitudinale ; ils comprennent un certain nombre d'espèces, les unes vivantes, les autres fossiles des terrains jurassiques, crétacés et tertiaires. Les premières se trouvent dans presque toutes les mers, mais particulièrement à Tiie Maurice, aux Antilles et sur les cotes de France; elles perforent les pierres, les rochers, les masses madréporiques, et se logent dans les trous qu'elles creusent, en laissant saillir au dehors l'extrémité postérieure de leurs tubes. Comme espèces principales nous citerons : G. modiolina Lamk, G. dubia Penn., qu'on rencontre sur tout notre littoral, et G. Po/ii Phil., qui paraît spécial à la Méditerranée.
Les ClavagelleSf dont on ne connaît guère que deux espèces des mers actuelles, existaient aux époques crétacée et tertiaire. Elles établissent en quelque sorte le passage entre les Gaslrochènes et les Aspergilles. LacoquilIC; inéquivaive, a sa valve de droite libre, tandis que celle de gauche est ùxée k la paroi du tube calcaire. Ce dernier, qui présente en arrière une large ouverture pour le passage des deux siphons de l'animal, s'élargit, à sa partie antérieure fermée, en une sorte de disque irrégulier entouré de petits appendices cylindriques spiniformes et offrant à son centre une fissure plus ou moins large, bifurquée postérieurement.
Dans les Aspergilles^^u contraire, la coquille, très-petite, équivalve et toujours béante, est complètement enchâssée dans la paroi du tube calcaire plus ou moins allongé, lequel est rétréci à sa partie postérieure ouverte et siphonale. Il s'élargit antérieurement en un large disque percé d'un grand nombre de petits trous comme la pomme d'un arrosoir et garni sur ses bords d'une série de tubes plus longs, spiniformes, formant collerette ; c'est par là que l'animal s'enfonce dans le sable. Des deux espèces principales de ce genre, l'une (A. Javanum Lamk) habite le grand Océan indien, lautre (A. vaginiferum Lamk) se rencontre sur les bords de la mer Rouge. Cette dernière est connue sous le nom vulgaire d'Arrosoir de mer. Son tube calcaire, long de 20 à 30 centimètres, d'un blanc jaunâtre, souvent couvert de grains de sable et de petits fragments de coquilles agglutinés, a son extrémité postérieure terminée par deux ou trois rangs d'appendices foliacés auxquels on donne le nom de manchettes, Ed. Lefèvre.
CASTROC.\É.illCN8 (McscLEs). Foy. Jumeaux.
«ASTBO-COLIQDE (Veine). Les veines gastro-épiploïques et la veine droite du côlon se réunissent en un tronc commun qui porte le nom de veine gastrocolique et qui se jette dans la mésentérique supérieure. D.
Si gâstrorruée.
«ASTRO-ÉPIPLoiQVES (ARTÈRES et Vbines). Les ortèves gastro-ëpi^ ploïques ont été décrites avec le tronc cœliaque (voy, Cœliaqdb [Artère]). Les veines gastro-épiploïques se jettent dans la mésentérique supérieure parle canal de la gastro-colique» ou Tune d'elles dans la mésentérique et l'autre dans la splénique. D.
fiASTRO-ÉPlPLOlQDES (Nerfs). Nerfs appartenant aux plexus hépatique et splénique (voy. Sympathique [grand]). D.
«ASTRO-HÉPATIQLE, OU CoRONAIRE STHOMACHIQUE Yoy. CœliAQDE {Artère).
fiASTROIHAKCIE (de yafrriipy ventre, et/xavreia, divination). Divination qui se pratiquait à l'aide d*un vase plein d'eau, dont la partie centrale portait le nom de ventre. On donne quelquefois au mot Gastromancie cette défmition : Divination par le ventre. Nous inclinons à penser que c'est une erreur provenant d'une analogie de mots. D.
«ASTROnÉLiENS (de yaTziipy ventre, et iWkoçj membre). Monstres appartenant au groupe général des polyméliens ou hyperméliens (voy. ce mot), et caractérisés par la présence d'un ou de deux membres surnuméraires, insérés sur l'abdomen, entre les membres supérieurs et les membres inférieurs. 0. L.
«ASTROPLAX. Nom donné par de Blainville à un genre remarquable de Hollusques-Gastéropodes-Opisihobranches que, bien avant lui, Lamarck avait décrit ious le nom d'Ombrelle {voy. ce mot). Ed. Lefèvre.
«ASTROPTÈRE (Gostropteron Meck.). Genre de Mollusques-Gastéropodes, du groupe des Opisthobranches et de la famille des Acères. L'unique espèce qu'il renferme (G. Meckelii de Blainv.) atteint à peine 2 ou 3 centimètres de longueur. Son corps glanduleux, nu, pourvu intérieurement d'une très-petite coquille plate et cornée, porte extérieurement deux grandes expaiisions membraneuses latérales qui sont des dépendances du pied et à l'aide desquelles l'animal nage en se tenant constamment sur le dos. Ce mollusque se rencontre dans la Méditerranée, principalement sur les côtes de la Sicile. Ed. Lefèvrb.
«ASTRORRHAME. Voy. Hémàtëhèse, Meli;na.
CASTRORRHÉE. La gastrorrhée consiste dans l'expulsion par la bouche d'un liquide qui provient de l'estomac malade. Ce liquide peut être vomi, souvent il est rendu par régurgitation.
Les caractères physiques de ce liquide sont les suivants : il est grisâtre, aqueux ; quand on le filtre, il devient clair, transparent comme de l'eau ; une certaine quantité de mucus est parfois mélangée avec lui, et alors il devient visqueux. Enfin il est soit insipide, soit acide, ou bien il a un goût salé.
La gastrorrhée est décrite dans les traités classiques comme maladie qui serait tantôt idiopathique, se manifestant sans aucune lésion de l'estomac, tantôt symptomatique et liée à une lésion, à une altération de cet organe.
La clinique démontre qu'elle n'est jamais idiopathique, qu'elle ne se produit
GASTRORAHËE. S5
pas sans une lésion de restomac, lésion de peu de gravité, passagère, congestion de la muqueuse ou bien lésion grave incurable (cancer).
Elle ne doit donc pas être considérée comme une maladie, mais comme un sym ptôme des diverses maladies qui peuvent afTecter Testomac ; elle parait avec les maladies et disparait avec elles ; elle ne constitue pas une entité morbide.
Phisiologib pathologique. Quelle est Torigine de ces liquides acides, acres, qui, s*excrétant dans Testomac, remontent dans la bouclie le long de Tœsophage, produisent sur leur trajet cette sensation de brûlure si pénible au malade, quand elle se renouvelle souvent et dure un certain temps?
k ce liquide clair, aqueux, s*ajoute souvent une matière visqueuse, filante, un véritable liquide muqueux.
D'où vient ce liquide muqueux?
La solution de ces questions a été donnée depuis longtemps, mais elle n a été empruntée qu'à de pures hypothèses.
Rapprochant la gastrorrhée de la sialorrhée, certains médecins ont cru que le suc gastrique se sécrétait en excès, et était rendu par la bouche comme la salive se sécrète en excès sous l'influence d'une stomatite, par exemple.
L'aciditédu suc gastrique expliquait l'acidité du liquide qui remplit la bouche; et c'est ainsi qu'on a voulu se rendre compte du symptôme gastrorrhée.
Seulement il n'y a aucune analogie à établir entre la sécrétion de la salive et celle du suc gastrique.
Si une irritation peut déterminer la première, il n'en est pas de même pour la deuxième.
L'expérimentation physiologique démontre que l'irritation de la muqueuse stomacale ne peut que contribuer à enrayer la sécrétion du suc gastrique et non à l'augmenter. Du reste, le liquide acide parait chez les gens dyspeptiques, qui digèrent mal ; on ne pouvait comprendre à pr/ori que ce liquide fût du suc gastrique.
Celui-ci ne se produit que sous l'influence des aliments, et il n'est pas rare d'observer une gastrorrhée abondante chez des gens à la diète depuis plusieurs jours.
L'expérimentation directe des digestions artificielles, faite avec ce liquide, démontre péremptoirement qu'il ne peut servir à faire une digestion.
L'assimilation du liquide acide au suc gastrique ne put résister à de pareils arguments.
Les médecins, ne trouvant pas une explication satisfaisante dans cette première hypothèse de la sécrétion glandulaire peptique exagérée, admirent que les glandes muqueuses donnaient en excès leur produit normal.
Hais il est bien rare de rencontrer des corpuscules muqueux, et la substance protéique» la mucine, qui donne la viscosité, dans ce liquide rendu par les malades.
Ce n'est pas dans les éléments histologiques glandulaires de la muqueuse qu'on peut découvrir l'origine de la gastrorrhée.
Le liquide contient souvent de l'acide lactique, de l'acide butyrique, des composés de sulfo-cyanures et un champignon spécial, le sarcina ventriculif cellule qui a un diamètre variant de 0,008 à 0,010 millimètre.
La présence des acides a été observée chez les individus qui ont fait un repas avec des aliments féculents, ou chez ceux qui ont fait usage de boissons qui
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fermentent, bière et vin; on les trouve plus rarement lorsque les repas ont éié composes avec des aliments empruntes au règne animal, avec de la viande.
Beaumont avait constaté la fermentation des aliments amylacés et sucrés dans Testomac.
La fermentation des aliments fut donc considérée comme la source réelle des acides; même on avait placé à côté de chaque aliment Tacide qui en provient.
La matière visqueuse et filante présentant des analogies avec la gomme venait, selon Frerichs, des mutations des hydrates de carbone.
Si les liquides vomis renferment des composés de sulfo-cyanures, comme cela s*observe dans la pituite rejetée par les ivrognes, c'est qu'ils contiennent de la salive, a dit le même auteur.
Il n*est point douteux que les aliments donnent naissance à de Tacide lactique, à de lacide butyrique.
Ces acides se retrouveront naturellement dans les matières vomies.
Mais on ne peut en induire que les acides rendus en grande quantité, dissous dans un ou plusieurs litres de liquides, viennent des aliments, alors qu'ils sont rendus par des malades à jeun depuis plusieurs jours.
L'estomac ne recevant pas d\iliment, ce n'est pas l'aliment qui donne l'acide.
En résumé, la gastrorrhée ne peut s'expliquer ni par l'excitation des glandes de la muqueuse, ni par la fermentation alimentaire.
Quelle est donc l'origine réelle de l'acide et du liquide?
L'expérimentation physiologique ne nous avait fourni jusqu'à présent aucune donnée pouvant nous éclairer sur ce sujet. Elle avait laissé aux médecins leurs anciens errements, à savoir que l'estomac n'est pas susceptible de lésion.
Mes recherches {Traité des maladies de V estomac) ont démontré que la muqueuse stomacale a les plus grandes analogies avec la muqueuse de l'œil, des bronches, et des muqueuses en général.
L'œil ne supporte pas le contact de corps irritants sans s'enflammer; la muqueuse des bronches ne peut être en rapport avec certains gaz sans se phlogoser.
L'inflammation de chacune des muqueuses se traduit par des produits spéciaux.
L'estomac, qui reçoit toute espèce d'aliments, toute espèce de boissons, ne les tolère pas tous de la même manière. Certains aliments, certaines boissons, conviennent à la nature de sa muqueuse ; il en est qui la congestionnent outre mesure.
L'irritation de la muqueuse stomacale ne donne pas lieu à de la suppuration comme celle de l'œil ou des bronches.
A quelque degré qu'elle arrive, elle a toujours les mêmes caractères. Elle détermine une dilatation excessive de ses vaisseaux capillaires, dilatation passagère ou durable, si la cause persiste.
Quand cette dilatation est excessive, la sécrétion des glandes peptiques diminue parallèlement.
Le calibre des vaisseaux étant pathologiquement accru, ceux-ci laissent transsuder certains éléments du sang, l'eau, du chlorure de sodium et un acide.
L'acide peut faire défaut. Il serait difficile actuellement d'indiquer Torigine de cet acide. Serait-il dû à une décomposition de quelque sel charrié par le sang des capillaires? Cela est possible, on ne peut rien afûrmer sur ce point.
Le liquide de la gastrorrhée est absolument distinct du suc gastrique ; il ne peut jamais servir à faire une digestion vraie, il ne peut servir qu'à dissoudre
GASTRORRHËE. S7
les matières albuminoïdes comme ie peut faire l'eau acidulée ; ses propriétés physiologiques ne vont pas au delà.
Il ne contient jamais d'albumine ni de globules blancs comme celui que laisse excréter l'intestin; il n'entraîne que des éléments peu importants du sang, et point d'éléments figurés.
L'expérimentation m'a clairement fait reconnaître que, toutes les fois qu'il apparaît dans l'estomac chez les animaux, les capillaires sont dilatés.
Il n'est pas douteux, tenant compte de la composition chimique du liquide et de l'état des vaisseaux, qu'il ne peut venir que du système circulatoire de lestomac troublé ; la quantité excrétée chez certains malades sufQrait à le démontrer.
La muqueuse de l'estomac exprime d'une manière spéciale son état irritatif. La dilatation vasculaire peut être passagère, ne durer que quelques heures ; elle peut aussi se prolonger et ne plus disparaître; c'est ce que j'ai vu dans maintes autopsies que j'ai eu l'occasion de faire.
Toutes les fois que du liquide est rendu par la bouche, liquide brûlant ou insipide, on peut être assuré que la structure de l'organe n'est pas normale, que la circulation est dérangée : quelque passagère que soit la dilatation des vaisseaux, elle n'en constitue pas moins une lésion.
Il est difficile de comprendre pourquoi on a voulu élever la gastrorrhée à la hauteur d'une maladie, et pour quelle raison on a pu penser qu'elle pouvait paraître saas lésion.
U suftira même d'un examen superficiel pour s'apercevoir que la gastroiTh ée uZapparait p.) s isolément, mais que les individus qui en sont affectés sont toujours atteints de dyspepsie, qui peut être trèâ^légère, mais qui n'en existe pas moins.
L'expulsion de liquide par la bouche est causée tantôt par la dyspepsie simple, par la dyspepsie avec dilatation, tantôt par le cancer.
Quand l'estomac est dilaté, que ses fibres musculaires sont distendues, d'ordinaire les vaisseaux de la muqueuse restent également distendus ; je n'ai pas à parler des autres lésions de l'estomac développées simultanément.
 cette dilatation des vaisseaux correspond une excrétion plus ou moins considérable de liquide qui peut atteindre le chiffre de plusieurs litres ; l'estomac eu est baigné à toute heure de la journée, et s'en débarrasse tous les jours, quelquefois plusieurs fois par jour ou à des intervalles plus ou moins longs ; j'aurai à revenir sur cette question à propos de la symptomatologie.
Le cancer stomacal détermine fréquemment la gastrorrhée. La présence du tissu cancéreux dans les membranes stomacales, cause permanente d'irritation, entraine une dilatation des vaisseaux, dilatation qui résiste aux agents thérapeutiques et ne disparaît pas comme dans la dilatation rationnellement traitée; la gastrorrhée est un symptôme de cancer aussi bien qu'elle peut être un symptôme de dilatation.
Sthptomatologib. La gastrorrhée se modifie selou la maladie de l'estomac; elle est un symptôme fréquent, qui s'adapte à la maladie originelle, et est d'un très-grand intérêt à connaître.
11 faut l'étudier dans la dyspepsie simple, dans la dilatation, et dans le cancer stomacal.
An début, dans la dyspepsie, le malade lui prête peu d'attention, le liquide s'excrète trois ou quatre heures après le repas, détermine la sensation de bnllure,
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sensation qui ne dure pas; peu à peu le symptôme s'aggrave, le liquide se produit en plus grande abondance, excite Testomac, qui se contracte douloureu* sèment et le chasse le long de Tœsophage jusque dans la bouche.
La crampe et la brûlure agacent le malade, et alors pour la première fois il se décide à consulter le médecin.
Il se peut qu*il ne se soit pas manifesté d*autre symptôme que la régurgitation ; quelques gaz se sont échappés en même temps ; dans ces cas on a été porté à dire que la gastrorrhée est idiopathique. Que le médecin palpe la région de Testomac, et le plus ordinairement il découvrira que Torgane, sur la ligne médiane, vers Tappendice xiphoïde ou plus bas, ou sur les côtés, à droite ou a gauche, est douloureux à la pression.
11 n*est pas besoin d'autre signe ; il s*est fait une congestion pathologique de la muqueuse, la dyspepsie existe.
Le liquide n'est régurgité que vers quatre heures de l'après-midi et le soir vers dix heures, après le travail physiologique de la digestion.
Aussitôt que le liquide s'excrète en plus grande abondance, à ces régurgitations après le repas s'ajoute celle du matin qui commence à être plus abondante ; ce sont d'abord quelques crachats acides rejetés le matin au réveil avec ou sans quelques quintes de toux, puis la régurgitation est remplacée par le vomissement. Le malade en se réveillant le matin est peu reposé du sommeil de la nuit, qui a été traversé par des cauchemars ; il est courbaturé, il a eu souvent un mouvement de fièvre et des transpirations qui sont fréquentes dans la dyspepsie, et il vomit un bol de liquide acide ou non acide.
Ce vomissement atteint déjà 100 ou 150 grammes; dès qu'il est terminé il se sent débarrassé, soulagé, mais il n'a point d'appétit; si la maladie n'est pas enrayée par un traitement approprié et si elle est livrée à son cours naturel, elle ira en s'aggravant rapidement. Les douleurs stomacales, les crampes reviendront plus souvent et la quantité de liquide augmentera.
Souvent aussi quelques précautions sufliront pour faire disparaître les phénomènes de la dyspepsie et les régurgitations de liquide. Quelques jours ou quelques semaines se passent dans le repos le plus complet, puis la maladie reparaîtra.
C'est ainsi que la dyspepsie peut durer des mois, des années, sans se compliquer de dilatation ; celle-ci ne parait souvent jamais ; aux régurgitations s'ajoute, quand elles durent, une abondante émission de gaz ; la dyspepsie devient flatulente, pour employer la vieille expression.
En général la dilatation se fait au bout d'un certain nombre de mois de maladie ; je l'ai observée une fois six semaines après le commencement de la dyspepsie.
Dans la dilatation de l'estomac, la gastrorrhée a des caractères tout différents de ceux que je viens de décrire.
L'estomac est dilaté, rempli de liquide ; il peut ne se faire encore que de simples régurgitations , mais ce sont les cas les plus rares. D'ordinaire le vomissement ne se compose plus d'une centaine de grammes, il est rendu un demilitre, un litre à la fois, le vomissement reparaît tous les mois, tous les quinze jours, tous les huit jours, se composant de un ou deux litres de liquide à la fois. Dès qu'il est d'un demi-litre ou un litre, on peut être assuré que le volume de l'organe est accru ; du reste, l'examen de la région stomacale vous confirmera dans la prévision.
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La gasirorrhëe augmente progressivement ; Texpulsion du liquide deviendra de plus en plus fréquente, aura lieu tous les deux ou trois jours, puis chaque jour.
La quantité de matières vomies est proportionnée au degré d*expansion de restomac.
La percussion permettra de déterminer les dimensions exactes; il s*étend jusqu'à Tombilic, puis il arrivera à dépasser lombilic de 2 ou 5 centimètres.
Alors Testomac contient à la fois plusieurs litres de liquide et il en est rendu autant.
Ce liquide ne s'excrète pas sans malaise, sans crampes ; la malade est en proie à des nausées continuelles ; il ressent souvent dans la région gauche de Testomac, dans le dos, du côté gauche, des crises de douleui*s qui rempéchent de prendre du repos ; la figure est grippée, le faciès est altéré et Tappétit complètement supprime ; cet état de souffrance correspond à la période d'excrétion du liquide dans Testomac, puis le dyspeptique se débarrasse tout d'un coup, sans effort, et il rend trois ou quatre litres à la fois.
Cette grande déperdition de liquide est suivie d'un état de dépression trèsmarquée, d'un état de fatigue qui l'oblige au sommeil durant quelques heures, et il se réveille soulagé, annonçant même qu'il a de l'appétit.
Il recommence à manger; chaque repas fait du liquide, et la scène que je viens de décrire se reproduira aussitôt que l'organe sera de nouveau surchargé.
Si le vomissement se fait chaque jour, le dyspeptique n'a plus de repos, il est occupé, tourmente continuellement par les douleurs que détermine l'excrétion du liquide ; l'appétit ne peut plus revenir, il prend la physionomie grisâtre, terreuse, cachectique, qui en impose si souvent au médecin et le porte à diagnostiquer un cancer de l'estomac.
Le rejet quotidien de plusieurs litres de liquide, quelquefois de 10 à 12 litres par jour, détermine un amaigrissement, un affaiblissement tel que le malade ne peut plus quitter le lit ni m2me s'asseoir sur son séant.
Le liquide stomacal peut filtrer dans l'estomac spontanément à travers les vaisseaux, sans l'intervention de l'aliment, ou bien il s'y déverse sous l'influence de l'excitation des aliments .
Que le malade soit à la diète, au régime lacté, ou nourri d'aliments azotés, la gaslrorrhée n'en continue pas moins son évolution.
11 vomit l'eau sans les aliments, ou il vomit l'eau mêlé aux aliments, mais le plus ordinairement les aliments ont déjà passé dans l'intestin alors que le vomissement aqueux se fait.
Ce n'est pas seulement par le vomissement que l'estomac peut se débarrasser.
Le liquide peut se résorber; la résorption se produit lorsque la dilatation n'est pas considérable, et j'ai constaté que l'épanchement consécutif au repas peut disparaître de lui-même après quelques heures.
Enfin, ce qui est bien plus rare, l'intestin débarrasse l'estomac; des selles liquides qui ne fatiguent pas emportent l'eau contenue dans le viscère stomacal, et on pourra facilement reconnaître le liquide stomacal dans les garderobes.
La gastrorrbée atteignant cette intensité réagit souvent sur la fonction urinaire, diminue la quantité d'urine sécrétée et altère la composition de l'urine. J'ai rapporté un cas où Turine n'était plus rendue en vhigt-quatre heures qu'à la dose de 350 grammes, alors qu'il était vomi trois litres d'eau en vingt-quatre
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heures. Un autre malade qui vomissait un litre ne donnait que 600 grammes d*urine en vingt-quatre heures.
Chez le premier, on ne trouvait que 4«%7 d'urée par litre d'urine, la quantité de chlorure de sodium ëtait abaissée à 1,35 gramme par litre.
Le cancer peut déterminer une gastrorrhée aussi abondante que celle que produit la dilatation simple; dans le cancer de Testomac, du liquide peut être expulsé seul sans aliments, mais généralement le liquide est accompagné d'aliments plus ou moins élaborés.
Diagnostic. La gastrorrliée est-elle un symptôme de dyspepsie, de dilatation sans cancer ou de dilatation avec cancer? C'est dans ces termes que se pose la question du diagnostic toutes les fois que du liquide est rendu.
La principale indication pour arriver au diagnostic est fournie par la quantité de liquide.
Sil ne s'agit que de quelques régurgitations paraissant immédiatement après le repas ou quelques heures après ; s'il ne s'agit que d'une petite quantité de liquide vomie le matin, au réveil, 50 ou 60 grammes, il est certain que l'on a affaire à une dyspepsie simple.
Le vomissement donne-t-il cent ou plusieurs centaines de grammes, il faut rechercher si l'organe n'a pas déjà subi un commencement de dilatation.
Par la percussion on pourra reconnaître les dimensions exactes de l'organe ; si en palpant fortement l'estomac, à une heure éloignée du repas, on arrive à trouver déjà une certaine quantité d'eau épanchée dans sa cavité, il ne restera pas de doute sur l'existence d'une dilatation. Celle-ci se développe rapidement ; la quantité vomie augmente, elle sera bientôt de un litre et plus ; les vomissements deviennent de moins en moins rares; ils ne se produisaient d'abord que tous les quinze jours ou à un intervalle encore plus éloigné; ils recommencent tous les huit jours, p uis ils se rapprochent encore pour revenir tous les deux ou trois jours : c'est alors que l'appétit baisse, le malade s'affaiblit, son teint devient terreux.
Dans la dilatation simple et dans la dilatation avec cancer vous observerez les mêmes faits. Le clinicien est fort embarrassé pour savoir à quelle maladie il a affaire.
Il se rappellera tous les signes décrits par les traités classiques; mais, en l'absence d'une tumeur qui échappe le plus souvent au toucher, aucun d'eux ne pourra l'éclairer, car ils sont communs aux deux maladies; ils n'appartiennent pas plus à l'une des deux maladies qu'à l'autre.
L'embarras ne fera que croître, si, outre le liquide, les aliments sont expulsés en même temps, le malade dépérira bien plus vite encore que si l'eau seule est rendue. Vous rencontrerez des cas de dilatation simple oîi les aliments sont rejetés avec l'eau absolument comme dans la dilatation avec cancer.
La dilatation simple est essentiellement curable, la dilatation avec cancer se termine toujours par la mort.
On comprend combien il importe d'être fixé sur le diagnostic. Celui-ci sera facile, si le médecin découvre une tumeur; mais le plus souvent il ne peut arriver à en constater la présence.
Gomment alors s'y prendra-t-il pour résoudre le problème? Il ne pourra avoir la solution par voie directe, il ne pourra s'assurer que l'estomac n'est pas entaché de cancer qu'en appliquant ce principe de thérapeutique stomacale, à savoir les vomissements ne peuvent être combattus, ne peuvent être arrêtés qu'en
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donnant an malade une fois en vingt-quatre heures des aliments solides; c'est à cette seule condition que Testomac arrive à tolérer les aliments, à les garder ; aucun médicament^ aucun agent thérapeutique de quelque nature qu'il soit ne peut produire le même elTet que Tliygiène alimenlaire ainsi comprise-
En permettant au malade de se nourrir comme il Tentend, en Tabandonnant à son instinct, à sa propre inspiration, le médecin Taidera à aggraver sa situation, à hâter son dépérissement.
J*ai observé depuis plusieurs années dans un très-grand nombre de cas que les vomissements dus à la dilatation simple peuvent être enrajés par Tapplication de ce principe de thérapeutique stomacale, et qu'ils ne le sont pas quand il y a cancer. Le plus ordinairement, chez la grande majorité des malades, la tolérauce des aliments s'établit.
Cependant il faut ajouter que quelquefois on n'arrive à l'obtenir que par le sondage de l'estomac, en modifiant la muqueuse avec des liquides alcalins, et que le régime alimentaire est alors insuflisant pour calmer la trop grande irritabilité de l'organe.
Une observation clinique que j'ai recueillie à l'hôpital Rothschild fera bien comprendre au lecteur comment on peut arriver à poser le diagnostic différentiel de la dilatation simple et de la dilatation avec cancer, lorsqu'on ne peut trouver une tumeur de l'estomac.
Une femme de soixante-deux ans entre à l'hôpital en avril 1880. Depuis six mois, elle vomit de l'eau et les aliments à plusieurs reprises dans la journée, à quatre heures de l'après-midi, à huit heures et dix heures du soir.
Le médecin lui avait fait prendre, pour conjurer la gastrorrhée et arrêter les vomissements, en trois mois une quinzaine de purgatifs, tous les médicaments que I on est habitué à prescrire dans les vomissements incoercibles.
Les vomissements ne firent qu'augmenter.
En entrant dans mon service, cette femme avait le teint cachectique, grisâtre ; elle était profondément amaigrie et présentait l'ensemble des phénomènes apparents qui se rattachent au cancer.
J'ai constaté une dilatation considérable de l'estomac qui dépassait de deux travers de doigt l'ombilic, et l'organe était chargé d'eau.
S'agissait-il d'une dilatation simple ou d'une dilatation avec cancer? dans Tune et l'autre maladie vous trouvez la perte d'appétit, la douleur stomacale, les difficultés de la digestion, la gastrorrhée, l'amaigrissement, et le teint cachectique ; dans les deux maladies, il peut y avoir absence de vomissements noirs, de tumeur au moins appréciable au palper. Dans ce cas ces deux derniers symptômes faisaient défaut, il ne nous restait qu'une ressource pour établir le diagnostic différentiel, qu'un moyen pour nous éclairer : c'était d'appliquer le principe de thérapeutique stomacale que j'ai cité plus haut.
Le régime médicamenteux et alimentaire prescrit fut le suivant : phosphate de chaux, 2 grammes le matin à jeun, viande hachée 50 grammes au repas de midi, quatre œufs et un demi-litre de lait en vingt-quatre heures. Les vomissements continuèrent nuilgré le régime nouveau durant sept jours, à quatre heures de l'après-midi, à huit heures et à dix heures du soir.
Observant que les phénomènes de gastrorrhée et de vomissements alimentaires persistaient sans subir aucune modification, je commençai à craindre une complication de cancer; il ne restait qu'une objection, c'est qu'un estomac
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habitué à se débarrasser depuis six mois des aliments ne pouvait perdre son irritabilité excessive en moins de quelques jours et revenir à l'état de calme.
Les prévisions se réalisèrent ; le huitième jour les vomissements étaient arrêtés, les aliments furent gardés et la malade se rétablit en moins de quelques semaines, récupéra ses forces et quitta Thôpilal guérie.
11 est clair que, si on eût voulu tenter de traiter cette femme selon les habitudes thérapeutiques actuelles, les vomissements eussent persisté; j'avais omis de dire que durant six semaines elle avait été mise au régime lacté sans qu'elle eu ressentît aucune amélioration. Avec la persistance des vomissements, l'atTaiblissement eût été croissant et la ressemblance de la dilatation avec le cancer eût été bien plus marquée.
Dorée. Terminaison. La durée de la gastrorrhée, dans la dyspepsie simple, est très-courte, si le régime et les médicaments sont prescrits convenablement. Il n'en est pas ainsi de la gastrorrliée dans la dilatation ; elle tend à durer et à croître sans cesse, si le médecin n'intervient pas ; si on ne cherche pas à l'enrayer, je l'ai vue déterminer les accidents les plus graves, un dépérissement progressif, la mort par inanition. Lorsque le liquide rendu atteignait de trèsgrandes proportions (six à huit litres en un jour), j'ai observé des crises de mouvements convulsifs généralisés ; ces crises cessaient pour revenir à diverses reprises, quelquefois elles déterminaient un état comateux qui durait quarantehuit heures et se terminait par la mort.
La gastrorrhée, même dans les cas de dilatation, peut être enrayée assez promptement par le régime alimentaire, par la médication ou par le sondage et le lavage de l'estomac. Ce qui se prolonge durant des semaines et des mois, après que le vomissement de liquide a cessé, c'est l'excrétion d'eau dans l'estomac ; on la retrouvera aux diverses heures de la journée et elle manifeste sa présence assez souvent par des régurgitations soit à la suite du repas, soit le
malin à jeun.
La gastrorrhée due au cancer ne guérit pas en général ; on peut arriver à la diminuer quelque peu, mais elle résiste à la thérapeutique parce qu'elle esl produite par uYie cause permanente d'irritation.
Traitement. Le traitement de la gastrorrhée, dans la dilatation de restomac, en viendra facilement à bout, si la quantité de liquide rendue n'atteint pas ou ne dépasse pas un litre en vingt-quatre heures. Les mêmes médicaments, le phosphate de chaux, donnés le matin à jeun à la dose croissante de i à 6 grammes, le régime alimentaire, qui ne devra être composé que d'un seul repas avec des aliments solides (viande, poisson) et d'aliments liquides aux autres repas (lait, œufs, potages), suffiront pour l'arrêter.
Si la quantité de liquide rendue s'élève à plusieurs litres en vingt-quatre heures, les moyens que je viens d'indiquer seront en général impuissants.
Il faudra recourir au sondage et au lavage de l'estomac. Ce moyen thérapeutique a une grande efficacité qui se fait sentir très-rapidement ; il arrive à modifier l'état d'irritabilité de la muqueuse stomacale, à diminuer sa tendance à TexosHiose aqueuse; dès les deux premières séances on pourra constater la diminution de liquide vomi.
Les séances de sondage seront renouvelées chaque jour le matin à jeun ; après huit ou dix jours, aussitôt qu'une amélioration notable s'est produite, on mettra un intervalle de un ou deux jours entre les séances, puis on ne fera plus qu'une séance par semaine.