‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 21 sur 51 · GEISSOSPERMUM (Action physiologique · texte numérisé non relu

GEISSOSPERMUM (Action physiologique

Donc action locale nulle, abolition des mouvements voloutaii^es d*abord, des mouvements réflexes ensuite, avec conservation de la contractilil^ musculaire.

Cet te expérience prouve en même temps que Faction paralysante ne porte jias sur les nerfs moteurs, puisque l'excitation du nerf sciatique provoque encore des mouvements du membre correspondant alors que les mouvements spontanés ont cessé aussi bien que les mouvements réflexes provoqués par les excitations mécaniques, chimiques et physiques.

2® « Grenouille verte (Rana esculenta) de petite taille.

« On lie, par la région lombaire, Tartère iliaque primitive droite. Immédiatement après, à qnatre heures douze minutes, on injecte sous la peau du bras droit une solution contenant 2 milligrammes de geissine.

< Quatre heures seize minutes. Faiblesse très-grande des mouvements ; la grenouille ne peut pas revenir à son attitude primitive quand en la place sur le dos. L*excitation de chacune des pattes postérieures produit des mouvemtnt> réflexes normaux dans ces membres.

< Quatre heures vingt-trois minutes. Inertie complète. Les mouvemcnt> réflexes sont alTaiblis; que Ton excite Tune ou Tautre des extrémités postérieures, le résultat est le même. Les mouvements respiratoires hyoïdiens sont moiis fréquents qu'avant Texpérience.

« Quatre heures vingt-sept minutes. Arrêt des mouvements respiratoires. Les mouvements réflexes sont encore plus faibles qu'à quatre heures vingt-trois minutes.

« Quatre heures trente-cinq minutes. Le nerf sciatique gauche est mis à nu. Son excitation avec la pince galvanique de Pulvermacher produit des roouvement> dans la partie correspondante et les yeux s'enfoncent dans l'orbite. Les muscles se contractent très-bien sous Tintluence de Télectricité. L'excitation mécanique ou électrique des diverses parties du corps ne produit dos mouvements réflexes que dans les globes oculaires.

« Quatre heures quarante-huit minutes. Les mouvements réflexes sont abolis. On peut exciter mécaniquement, avec l'acide acétique ou avec la piuce de Pulvermacher, les différentes parties du corps, et l'on n'obtient rien ; les yeux de la grenouille sont enfoncés dans les orbites et recouverts par les paupièi^ inférieures.

« Cinq heures. L'excitation galvanique du nerf sciatique gauche ne pitxluil plus de mouvements des orteils de la patte correspondante. On met le sciatique droit à nu, et on l'examine avec le même excitant : pas de mouvements de> orteils ; il y a des contractions du muscle crural. Les muscles des difîérente> parties du corps réagissent sous l'influence de l'électrisation.

« Le lendemain matin, la grenouille est trouvée morte. »

Même série de phénomènes que dans rexpérience précédente ; mouvemeiils volontaires abolis en premier lieu, mouvements réflexes (mouvements d'enfoncement du globe oculaire dans l'orbite) abolis ensuite, c'est-à-dire abolition successive des fonctions du cerveau et de la moelle. Action sur le système nerveux périphérique nulle. Les nerfs sensibles restent intacts, car leur excitation du côté intoxiqué et du côté non intoxiqué provoque des phénomènes réflexes abs>lument identiques.

5^ «• On a enlevé du z une grenouille les deux hémisphères cérébraux, el sur une autre ou a extirpé complètement l'encéphale, en avant du bulbe racliidien.

V Lorsque la stupeur produite par l'opération a été dissipée, ces grenouille»

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ont repris leur attitude habituelle. L'excitation des orteils produisait des mouvements réflexes exagérés ; placées sur le dos, elles revenaient brusquement à leur attitude normale. Mises dans un vase plein d*eau, elles nageaient tout d'abord, puis s'arrêtaient au bout de peu de temps, et restaient immobiles jusqu'à ce qu'une nouvelle excitation vint les faire sortir de leur immobilité. Si, lorsque la «•renouille est sur le ventre, dans la station normale, on met dans l'extension l'un ou l'autre membre postérieur, la grenouille ramène aussitôt ce membre près du tronc dans la flexion.

t Après avoir constaté ces faits, on a injecté sous la peau de la jambe de chaque grenouille une solution contenant 2 milligrammes de geissospermine (deux divisions de la seringue de Pravaz divisée eu quarante parties).

€ Les mêmes phénomènes qui sont mentionnés dans les deux premières expériences se sont manifestés dans le même ordre : d'abord l'impossibilité de conserver l'attitude normale, puis inertie absolue, avec arrêt des mouvements l'espiratoires hyoïdiens et affaiblissement considérable des mouvements réflexes, qui ont fini par être abolis au bout d'un certain temps.

«i L'excito-motricité du nerf sciatique et la contractilitc musculaire, examinées avec la pince de Pulvcrmacher, alors que la paralysie était complète, étaient conservées. »

Il résulte de cette double expérience que la geissospermine agit diicctement sur la substance grise de la moelle épinière et du bulbe pour en diminuer ou en abolir les propriétés physiologiques. L'action sur l'encéphale est suffisamment démontrée par la disparition des mouvements volontaires au début de l'intoxication.

Les expériences sur les mammifères ont donné des résultats analogues.

Pour présenter les faits dans leur ensemble, nous ne pouvons mieux faire que de donner un aperçu des conclusions de la note publiée par ces liabiles expérimentateurs dans les Comptes rendus de V Académie des sciences, t. LXXXV, p. 412, 1877 (Note sur Vaction physiologique du pao-parsira, geissospermum laeve Bâillon).

l. La geissospermine ne parait pas posséder d'action locale irritante, ou tout au moins cette action est très-fuible, circonstance importante qui permet d'espérer que l'usage de cet alcaloïde par la méthode hypodermique pourra être introduit dans la thérapeutique, surtout quand on l'aura obtenu à l'éLitde pureté.

U. La geissospermine est une substance toxique douée d'une grande activité. 14 centigrammes de cet alcaloïde, en injection hypodermique, suffisent pour paralyser les mouvements volontaires d'un chien de petite taille ; à la dose de 1 centigramme il a tué un cobaye adulte du poids do 668 grammes ; enfin 2 milligrammes de cette substance ont déterminé la mort chez les grenouilles, et il a suffi de i/2 milligramme pour paralyser ces animaux.

lil. Dans plusieurs expériences la geissospermine a déterminé un ralentisse^ ment des battements du cœur^ fait qui a été observé cliniquem3nt par José Silva et GoDçalvez Ramos. La pression artérielle intra-carotidienne a éti notablein3at diminuée.

lY. La fréquence des mouvements respiratoires est diminuée.

Y. Les mouvements volontaires cessent les premiers, mais les mouvements réflexes persistent. La geissospermine parait donc d'abord agir sur le cerveau.

VL Les mouvements réflexes sont ensuite abolis progressivement. La geissospermine agit donc certainement sur la moelle épinière et le bulb^ racliidien.

2U GÉLÀSIME.

YII. Les nerfs sensibles paraissent conserver leurs fonctions aussi longtemps que les nerfs moteurs, comme il résulte de la deuxième expérience.

YllI. L*excito-motricitë s'éteint alors seulement que Tanimal est depuis un certain temps déjà engourdi, inerte.

IX. La contractilité musculaire n'est pas atteinte par la geissospermine, car elle persiste après la mort de Tanimal empoisonné par cette substance.

En résumé, d'après les expériences de MM. Bochefontaine et de Freitas, Talcaloïde retiré du geissospernum lœve est un poison paralysant, qui paraît agir spécialement sur la surface grise de Tcncéphale et surtout sur Taxe gris bulbo-médullaire, dont il abolit progressivement les propriétés physiologiques, tandis qu'il n'influence en rien les muscles et le système nerveux périphérique.

Ajoutons pour terminer que Tinfluence de la geissospermine sur la circulation et la calorification n'a pas encore été suffisamment étudiée, et que toute déduc^ tion relative aux propriétés fébrifuges ou autres de ce corps serait prématurée.

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