‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 5 sur 51 · L. IIx · texte numérisé non relu

L. IIx

GATTILLIEB. Vitex L. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Verbénacées. Les espèces de ce groupe naturel sont des arbrisseaux, qui croissent dans les régions chaudes; les feuilles sont opposées, composées, trifoliolées, digitées ou pinnées; les fleurs sont disposées en cymes axillaires ou terminales simulant souvent une panicule. Elles ont un calice court, à 5 dents; une corolle hypogyne, bilabiée, portant 4 élamines didynames. Le fruit est une petite drupe, à noyau quadriloculaire, contenant dans chaque loge une seule graine sans albumen.

L'espèce la plus anciennement connue est le Gattillier, Castine^ Agnus CastuSf Vitex Agnm Castus L. C'est un arbrisseau de la région méditéranéenne, que l'on cultive dans les jardins. 11 pousse de longues branches, droites et flexibles, qui portent des feuilles élégantes à 5 folioles digitées, lancéolées, dentées. Les fleurs en belles grappes sont d'un bleu violet ; les fruits sont ronds et gros comme le poivre, d'un brun noirâtre à la partie supérieure, revêtus inférieurement par le calice d'un gris cendré. Leur saveur est chaude, piquante : aussi les a-t-on employés en guise de poivre, d'où les noms de poivre sauvage, petit poivre^ poivre de moine.

Le GattiUier est désigné chez les auteurs grecs, Hippocrateet Dioscoride, sous

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le nom de Ayv^, qui signifie chaste, et on y a ajouté plutôt le nom latiu Castus, pour faire le mot composé Agniis Castus. La plante passait en efiet pour calmer les désirs, et on rapporte que, aux fêtes de Gérés, les femmes grecques couchaient sur des sacs remplis de feuilles d'Agnos pour cliasser les idées impures. Plus tard, on a cultivé la plante dans les monastères, comme un antiaphrodisiaque ; on la trouve en effet sous le nom de Vitex dans la Phy- «tca de Uildegarde, abbesse de Bingen, morte en 1180. Cependant la saveur chaude et piquante des fruits du Vitex doivent le faire considérer bien plutôt comme une plante stimulante que comme un réfrigérant. La plante est de nos jours tombée en désuétude.

Quelques espèces des Indes orientales ou de Textrême Orient méritent aussi d*étre signalées. Telles sont :

2« Le Vitex irifolia L., qui vient aux ludes, à Sumatra, aux Philippines, où il porte le nom de Lagondi, On Tappelle aussi Cara-nosi sur les cotes du Malabar; Fleming Tappelle iVûmcta laqondium. C'est une espèce dont les feuilles sont à 5 folioles, d*une odeur forte et aromatique, et dont les fruits rappellent œux du poivre. On remploie dans les Indes à de nombreux usages : comme fébrifuge, dans les fièvres rémittentes; comme emménagogue et stimulante dans les maladies de la peau. On applique les pousses fraîches comme résolu* tives sur les foulures, les contusions et enfin dans les cas de douleurs rhumatismales. Rheede rapporte que la décoction de la plante est employée contre la goutte ;

d"" Le Vitex Negundo L. croît également dans Tlnde ; c'est le vrai lagondium des Malais. Son fruit, noir, d'une saveur piquante, d'une amertume agréable, sert à assaisonner les viandes ; on le prescrit dans les fièvres intermittentes ; les feuilles sont vuluéraires et les racines vermifuges et fondantes. Pl.

BiBLioGBAPBiE. — HiPPOCRiTE. PaMtffi. — DiosGORins. Mot, medico, I, 155. — Spreicgel. Hisioria Itei herbariœ, I, ï26. — Kiiisâ. Gênera, 790. — Runphius. Herbarium amboinetue, IV, C 2^. — Rhekoe. Bortus malabaricus. 11, t. XI. — Fleming. Catalogué des plante» médici' nalet de Vlnde. — Aixsue. Maleria indica, II, 238 et 257. — Ekolicheh. Gênera, n* 5700. — De CA!nM>LLE. Flore française, III, 502. Pl.

CATTI^ABA OU C&ATTIIVABIA (Marco). Médecin italien de VerceUi, florissait dans la seconde moitié du quinzième siècle. Il professait la médecine à r Université de Pavie, où il mourut non en 1506, comme l'écrit Malacarne, mais bien le 14 février 1496, selon l'historien Ranza et Bonino. Ce dernier reproche vivemi-nt à ÉJoy et aux auteurs de la Biographie médicale, qui trop souvent ODt copié Éloy sans le rectifier, d'avoir présenté Gattinara comme un partisan aveugle de la médecine arabe et comme un grossier empirique. Ou serait fort en peine, disait Dezeimeris, de trouver au quinzième siècle un médecin qui n'eût point mérité plus ou moins un semblable reproche. Mais voici quelques fragments de Gattinara qui prouvent qu'il ne fut pas plus empirique qu'un autre, qu'il raisonnait après avoir observé, et même qu'il raisonnait assez bien. Dans le traitement de l'épilepsie, il veut qu'on tàclie de remonter à la connaissance de la cause du mal, et de s'assurer si son action ne serait point encore persistante. Qu'on voie, dit-il, si la maladie ne dépendrait point « ab cliqua maleria retenta in aliquo membro saniosa^ et virtdenta, puta in membris exterioribus^ ut coxis^ brachio, pede vel digito; cas dans lequel, ajoutait-il, débet fieri talis excoriaiiOf et apertio, ut materia exeat, ut mihi contigit de quodam cuisœpe adventabat parozitmum epUeptiœ, quem interrogavi an aliquod aibi accidissetf

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ui puta ca$u8^ vel percussio. Qui respondii quod non. Feci ewn exuere, et invent coxam unam tumidam^ sed ntdlumperceperat dolorem. Inierrogavi quod iliorum prius evenit an tumor^ an epilepiia. lUe nescivit respondere. Vnde, videns nuUum regimen praecessisse in sex rébus non naturalibus quod essetmelancoliae gènerativuniy arbitratus sum et meritocausamepHeptiae esse tumorem illum : feci aperire iocum cum cauterioj et inventa est in loco humidilas muUa putrefacte in tanlum quod usque ad os erat putrefactum : et ita dimisso loco aperto processi exsiccando humiditalem illam nuilarn^ et continuo paroxismi tardaverunt et in tantum processi donec extractum est de osse putrefacto^ et ex cerlo non rediit paroxismus epUepsiae i, fol. 20, 21.

Ailleurs, Galtinara, en parlant des opérations employées dans le traitement des varices, rapporte l'histoire d*un jeune Allemand très-robuste, qui succomba à la suite d'une opération de ce genre, pratiquée par un empirique, qui, dit-il : « extraxit sanguinem et clausit venaSy et quia corpus non erat mundificatum, passas est illinc ad paucos dies febrem quartanam pestilentialem et mortutts est. Et hoc fuit quod natura erat consueta per illos locos transmitlere super fluitates^ quibus retentis et pntrefactis sequutus est effectus supradictus n, fol. 102.

Sylvius et Heumius disent beaucoup de bien du Traite' de médecine pratique de Gattinara ; Cornarius en fait Téloge dans Tépître dédicatoire de sa traduction latine de Paul d*Égine. Cet ouvrage a pour titre : De curis aegritudinum particîdarivnty sive expositio in nonum Almansoris, Lugduni, 1504, 1506, in-4*; Papiae, 1509; Bononiae, 1517, in-8'; Venetiis, 1521, in-12; Lugduni, 1525, in-S*»; Bononiae, 1527, in-8»; Yenetiis, 1532, in-8^; Lugduni, 1532, in-i2; Basileae, 1537, in-8«; Lugduni, 1538, in-8<»; Parisiis, 1540, in-8»; Trîdini, 1542, in-8o; Parisiis, 1549, in-8"; Venetiis, 1556, in-8»; 1559, in.l2; Francof., 1575, in-12; 1604, in-S*»; Lugduni, 1639, in-8% etc.

Ou cite encore de Gattinara : Annotatio una et altéra de taraxaco^ cichoreo, jua, esula et soldanella. In t. H de ÏHerbarium Ottonis Bruns felsii, in-fol. De Gregori a retrouvé ce mémoire à la bibliothèque du Collège Romain, imprimé avec un autre ouvrage intitulé De vera herbarum cognitione.

Enûn, Sylvius a mis le principal ouvrage de Gattinara à contribution pour la rédaction de son R€Uio medendi morbis internis prope omnibus, medicinae candidatis non exiguae commoditali futura, e Galeni scriptis et Mabci Gatti* nktdkE pratica, per Joh. Sylvium accurate selecta, etc. Genovae, 1620, in-16.

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