‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 4 sur 51 · GÂTEUX · texte numérisé non relu

GÂTEUX

contre le gâtisme ; mais il reste cependant à expliquer les quelques succès obtenus. On connaît l'action des préparations de la noix vomique et de ses alcaloïdes sur le système nerveux et en particulier sur la moelle épinière. C'est sans aucun doute à la propriété excitatrice du pouvoir réflexe, que possède la strychnine, que doit être attribuée la cessation de Tincontinence, et encore celle-ci devaitelle, dans ces cas, tenir à une affection de la moelle.

Ce que nous venons de dire de la strychnine se rapporte naturellement à la noix vomique, que M. Dagonet administre aux gâteux sous forme d'extrait alcoolique dans une solution gommeuse simplement édulcorée. U porte succèssivemeut la dose de 25 milligrammes à 10 centigrammes, qu'il ne dépasse

jamais.

Le même aliéniste prescrit aussi quelquefois la belladone en poudre ou en extrait, à la dose de 25 milligrammes à 10 centigrammes. Ce médicament produirait des résultats favorables dans certains cas, d'ailleurs assez rares, qu'il spécifie ainsi qu'il suit : « Chez quelques malades atteints de délire maniaque aigu, de mélancolie, d'hypochondrie, l'incontinence est souvent due à une sorte d'hyperesthésie. Les sphincters se dilatent sous l'influence de l'excitation organique la plus légère; l'incontinence est alors plutôt nocturne; pendant le jour, les malades peuvent satisfaire le besoin d'excrétion dès qu'il se fait sentir ».

De l'influence de la belladone dans ces cas, M. Dagonet cite l'exemple suivant : « Un de nos malades, dit-il, atteint de la variété de lypémanie qu'on a désignée sous le nom de panophobie, est obligé, le jour, d'uriner à chaque instant; ce besoin fréquent le tient éveillé la nuit; s'il s'endort, il manque rarement de mouiller son lit, ce qui le contrarie vivement. La belladone a pu remédier chez lui aux accidents que nous venons de signaler » {Nouveau traité élémentaire et pratique des maladies mentales. Paris, 1876, p. 618).

Hais un procédé de traitement préférable â tous les agents médicamenteux, c'est le traitement hydrothérapique : lotions froides, doudies d'eau froide sur la colonne vertébrale et le bassin, bains de siège froids, parfois transpiration dans des couvertures mouillées. Morel préconise beaucoup l'emploi des affusions d'eau Iroide dirigées le long de la colonne vertébrale et sur la région abdominale. Pour arriver à soumettre dans l'espace d'une heure 50 à 60 malades à ce traitement, voici la manière dont il procédait : « Je fais placer 6 malades de front, raconte-t-il; on les prépare aux allusions que l'on va diriger sur eux en les frictionnant fortement avec une éponge à demi mouillée ; im baquet rempli d'eau est placé devant eux, et ils se lavent eux-mêmes, et se frictionnent la partie antérieure du corps. Les irrigations se font au moyen d'une pompe à incendie moyennes dont le tuyau est surmonté d'un tube présentant une ouverture de 2 à 3 millimètres de largeur et pouvant lancer, à 8 ou 10 mètres de distance, un jet d'eau divergent avec une intensité assez forte pour enlevei* à cette cpération tout ce qu'elle aurait de désagréable. Les affusions sont dirigées, comme je le disais, également dans la région dorsale et abdominale ; les mouvements que se donne le malade en se frictionnant lui-même avec ses mains la poitrine el le ventre aident le rétablissement de la chaleur et accélèrent la circulation générale- au bout d'une minute, le malade est essuyé avec vivacité par l'infirmier avec du linge sec, une gi*ande chaleur se développe à toute la périphérie, et les

^ Ceci est écrit en 1850. Aujourd'hui il n*est pas on asile en France qai ne possède ces deux appareils élémentaires de l'hydrothérapie, la douche en pluie et la douche à colomie, et la pompe à incendie ne serait plus nécessaire.

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malades ressentent un bien-être tel, que c'est avec le plus grand plaisir qu'ils se soumettent à un pareil traitement ; Tinnocuitë, du reste, en est telle, que l'on peut sans danger l'appliquer en toutes saisons b (Morel, Des gâteux dans un asile d'aliénés^ in Ann, me'd.'psych., 1850, p. 98).

Le bon eflet qu'on retire pour le traitement des gâteux des douches dirigées le long de la colonne vertëbrale et sur la région abdominale est aujourd'hui presque universellement reconnu ; leur emploi est devenu d'un usage commun ^ans un grand nombre de services d'aliénés, et il n'est pas un médecin qui n'ait à s'en louer.

Si le traitement hjdrothérapique arrive à diminuer le nombre des gâteux d'un asile, il existe un autre moyen qui donne des résultats non moins importants et qui consiste à régulariser les fonctions, à accoutumer les malades à satisfaire leurs besoins à des heures réglées. C'est une sorte d'éducation à faire; à certains gâteux tels que les idiots, il s'agit d'apprendre ce qu'ils n'ont jamais su; à d'autres tels que les déments, les paralytiques, les maniaques, etc., il faut arriver à leur faire reprendre une habitude momentanément perdue. Régulariser les fonctions, tel doit donc être le but à atteindre. Pour cela, il faut pouvoir compter sur le zèle et l'intelligence du personnel de service; car de lui dépend le succès. II faudra que deux fois par jour, matin et soir, les infirmiers et les infirmières conduisent les malades à la garde-robe. Mais cela ne suffit pas ; plusieurs fois par jour, et deux ou trois fois pendant la nuit, on devra provoquer chez les gâteux l'émission de l'urine en leur présentant le vase. M. Girard de Caijleux va plus loin ; il propose de suspendre des horloges dans chaque section de gâteux, pour donner aux surveillants la possibilité de faire passer régulièrement les malades sur le siège, et d'éviter ainsi les souillures des parquets, des vêtements, et les odeurs infectes qui en sont le résultat. C'est là certes une idée pratique et qui tendrait à donner à la régularisation des fonctions une exactitude pour ainsi dire mathématique. Hais u'a-t-on pas, à ce propos, le droit de se demander, ainsi que le fait M. Baillarger, s'il n'y a pas là une exagération fâcheuse, si le remède ne pourrait pas devenir pire que le mal? f C'est ce qui arriverait, s'il fallait, en hiver, par exemple, laisser les malades plusieurs heures sur le siège, les réveiller plusieurs heures pendant la fluit, etc.. » ^.

Quoi qu'il en soit de ces exagérations, le procédé que nous venons de décrire,

' Qui se serait douté qu'une méthode si simple, puisqu'elle s'applique journellement aux enfants qu'on habitue k régulariser les fonctions en les asseyant sur le vase plusieurs fois par jour et même parfois la nuil, qui se serait douté que cette méthode maternelle susciterait d'assez vives revendications de priorité, comme s'il s'agissait de la découverte d'une loi scientifique importante? Et cependant cela est. Et la preuve, c'est que, lorsque Archambaalr, médecin de Charenton, présenta, le 24 juin 1841, k l'Académie de médecine, sa Note ntr la tupprewêion de$ gâteux dam les aeiles tTalién/s, dans laquelle il expose le système décrit plus haut, des lettres de priorité vinrent des quatre coins de la France. Renaudin, )lorel,Girard de Caiileux, etc., reclamèrent vivement et contestèrent à Archambault l'honneur de la découverte. Londe, le rapporteur de l'Académie, discuta gravement toutes ces réclamations et ooDclot qu'en définitive c'est k Archambault qu'appartient l'honneur du progrès accompli. Cependant, si Ton en croit Parchappe et M. Baillarger, ce n'est ni à Archambault, ni k Renaudin, ni à Morel, ni même à M. Girard de Cailleux, qu'est due l'application aux aliénés du moyen de régulariser les fonctions, usité par toutes les mères de famille, mais k un simple infirmier de l'hospice de Rouen, nommé Nicou. < Cet homme, dit H. Baillarger, faisait depuis plus de vingt ans, pour les malades gftteux qui lui étaient confiés, ce qu'on a fait depuis à Aozerre et à Gharenton ; il se levait la nuit et présentait Turinoir aux malades; en outre, il les mettait plusieurs fois chaque' jour sur le siège pour éviter que les vêtements ne fittient aalis » {Ann. méd.-peych., 1853, p. 701).

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employé avec suite et dévouement, a pour résultat de diminuer d^une façon notable le nombre des gâteux dans les asiles. On arrive ainsi à débarrasser ces pauvres aliénés de ces espèces de blouses, seul vêtement dont on les recouvrait, qui étaient continuellement souillées d*excréments et répandaient au loin une odeur infecte et nauséabonde. Les gâteux ne se distinguent plus aujourd'hui des autres malades ; ils sont habillés comme les autres et, grâce à la surveillance constante dont ils sont Tobjet, leurs habitudes de malpropreté diminuent considérablement. Mais, pour que ce but soit complélement atteint, il existe encore une source d'indications à remplir empruntées à Thygièue et qu il nous reste à faire connaître.

Moyens hygiéniques. En tête de ces moyens doit se placer le régime alimentaire. Celui ci devra être pour les gâteux substantiel et de facile digestion. Une légère quantité de vin, ce précieux médicament, comme dit Horel, devra leur être donné à chaque repas. Le repas du soir surtout devra être très-nournssant et comprendre principalement de la viande et le moins possible de légumes. En résumé, nourriture substantielle et de facile digestion, une petite quantité de vin et fort peu de boissons aqueuses.

Après Talimentation vient Thabitation. Une ordonnance ministérielle de 1859 prescrit d'établir, dans chaque asile, un quartier spécial dit quartier des gâteur. Cette prescription a généralement été suivie; voici, en eflet, ce que nous apprend sur ce sujet le Rapport général sur le service des aliénés, publié en 1878 par MM. les inspecteurs généraux Constans, Lunier et Dumesnil : c Presque partout les malpropres sont séparés des autres malades et placés dans un quartier distinct. Quelques établissements (Auxerre, D61e) ont réservé Tune des salles du quartier de Tinfirmerie pour les malpropres atteints de maladies incidentes. Il est préférable de leur affecter un dortoir spécial dans le quartier même qui leur est destiné. Plusieurs asiles n*ont pas de quartiers de malpropres (Toulouse, Auch) ; ailleurs enfin ils sont placés dans le quartier des agités (Albi, Saint- Âlban, Saint-Dizier), ce qui nous paraît inacceptable à tous égards » (p. 94).

Le local destiné aux malades gâteux devra être élevé, spacieux, aéré ; le plancher sera ciré; en hiver, les salles seront convenablement chauffées et ne devront pas contenir un nombre trop considérable d'individus; les malades seront, en effet, d'autant mieux soignés et d'autant moins malpropres qu'ils seront plus disséminés.

11 est néanmoins une classe de gâteux, ceux que nous avons appelés continus^ dont l'incontinence n'est nullement modifiée par les procédés précédemment décrits. Afin de leur éviter les excoriations, les eschares, les gangrènt's, etc., il est important d'employer certains moyens artificiels qui empêchent le contict ies matières avec la peau. Voici d'abord pour ce qui concerne l'incontinence de l'urine. Pour les malades dont nous venons de parler, ainsi que pour ceux qu'on est obligé de maintenir exeptionnellement attachés sur leur lit, on se trouve bien de placer entre leurs cuisses, en l'enveloppant dans des linges, un urinai en faïence, en métal, ou mieux encore en caoutchouc vulcanisé ou en gutta-percha. Cet urinai peut d'ailleurs être disposé de façon à se vider directement dans un vase placé au-dessous on à côté du lit. Chez les femmes, on remplace l'urinai par une éponge ou par des linges formant pelote. Quand ces malades sont sur pied, on peut leur appliquer des urinoirs portatifs, dont les modèles sont connus et dans la description desquels nous n'avons pas à entrer ici .

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Pour l 'incontinence des matières stercorales, il est indispensable, pendant le jour, de placer ces malades sur les fauteuils à siège percé; mais ces fauteuils, dont on a si souTent abuse, ne devront être utilises que dans les cas exceptionnels que nous venons d'indiquer. Pendant la nuit, on couchera ces malades dans un lil de gâteux.

Malgré les soins les plus attentifs et les plus dévoués, on ne peut pas avoir la pi-éteoiion de supprimer radicalement le gâtisme nocturne des aliénés : aussi depuis la création des asiles s'est-on beaucoup préoccupé du meilleur mode de couchage pour ce genre de malades. Bien des systèmes ont été imaginés, les uns simples, les autres compliqués. Il nous semble utile d'indiquer ici les principaux, car les éiiumérer tous serait ou impossible ou fastidieux.

Le moyeu le plus simple est celui que j'appellerai volontiers le moyen officiel, puisqu'il a été recommandé par un arrêté ministériel en date du 20 mars 1857. il consiste dans des lits ti à fond garni de zinc, formé de quatre plans inclinés vers un oriûce central ouvrant sur un tiroir à cuvette, et ayant pour fournitures ou des matelas de balles d'avoine coupés en trois segments, ou de la zostère, ou de la paille ». Le matin, on enlève la zostère ou la paille souillée et on la remplace ; si le lit est composé de matelas, c'est celui du milieu, celui qui est au niveau du siège, qui est mouillé et qu'on n'aura qu'à enlever pour le faire sécher. M. Dagonet indique pour ce dernier système une modification heureuse : le segment médian du matelas ou le matelas du milieu présente à son centre une fente qui facilite l'écoulement des urines. C'est ce système qui a été adopté dans la plupart des asiles français.

Dans d'autres, on lui a substitué la couchette en fer, garnie à Tinlérieur de panneaux de Lois, remplie à la tête et aux pieds d'une paillasse et d'un matelas, et ne contenant de la zostère ou de la paille qu'à la partie moyenne. De ce système se rapproche celui adopté dans quelques asiles et qui consiste en « lits en fer ordinaires, garnis, à la tête et aux pieds, de paillasses et de matelas, et, au milieu, d'un coussin rempli de balle d'avoine, de paille ou de zostère, et reposant sur un double fond suspendu formé de sangles (Auxerre) ou de minces lamelles de fer entre-croisées (Blois). Un large bassin en zinc, placé sur les traverses du lit, au-dessous du double fond, est destiné à recevoir les urines » [Rapport général mr le service des aliénés. Paris, 1878, p. 99).

M. Dumesail a apporté une innovation heureuse à ce genre de couchage. Le lit de gâteux, dont il est l'inventeur et qu'il a introduit à l'asile de Quatrc^^ Mares, mérite ici une description spéciale. Les lits sont en fer; le fond est plein et le tiers moyen de ce fond est disposé en plans inclinés, garnis de zinc, convergeant vers de petites perforations centrales au-dessous desquelles est placé une cuvette en zinc qui glisse aisément dans les rainures qui la supportent. L'intérieur du lit est garni des deux côtés, ainsi qu'à la tête et aux pieds, de cloisons en planches s'ajustant librement dans des rainures et pouvant, par conséquent, être montées et démontées à la minute. Voilà pour le contenant; voici maintenant pour le contenu, fin sommier Tucker est posé au fond de cette sorte de boite ; il porte carrément sur ce fond et reste par conséquent parfaitement assujetti. Sur ce sommier sont posés deux petits matelas en zostère, capitonnés, Tnn à la tête, l'autre aux pieds, ayant toute la largeur de la boîte; mais, comme ils n*ont chacun que le tiers de la longueur de la couche, il en résulte un vide de 60 centimètres au milieu du lit. Ces deux matelas sont recouverts de deux autres matelas en laine et en crin ayant la même longueur et la même largeur

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que les matelas en zostëre et également capitonnés. Le vide laissé au-dessus du sommier, entre les quatre matelas, mesure environ 40 centimètres cubes; on le comble avec de la paille contuse, ou des feuilles de maïs, ou de la zostère. Enfin le lit se termine comme un Ht ordinaire : drap de dessous, avec alèze au centre, si on le juge à propos, drap de dessus, couvertures, traversin, oreiller. Pour préserver la partie moyenne du sommier de Taltération rapide que lu» ferait subir le contact des liquides avant de glisser dans le fond de Tauge, et de là dans la cuvette, et éloigner ainsi une cause d'insalubrité, H. Dumesnil fait recouvrir entièrement avec de petites bandes de papier bitumé chaque lame de bois du sommier, dans son tiers moyen. On obtient le même résultat en remplaçant, ainsi que le conseille H. Lunier, la partie moyenne des trois ou quatre lames médianes du sommier, sur une longueur de 30 à 40 centimètres, par du fil de fer galvanisé.

Les avantages hygiéniques que présente ce lit de gâteux sont nombreux. M. Dumesnil les a résumés de la manière suivante : « Toutes les pièces en sont légères et mobiles, ne demandent qu'un instant pour être enlevées, secouées,, battues et nettoyées de fond en comble. L'air n'est pas confiné entre les plans superposés des appareils, il circule amplement entre le fond et le sommier ; et dans ce vide de 20 centimètres de hauteur qui répond à toute l'aire du lit, on peut placer, au besoin, des chlomres, des substances désinfectantes, des poudres insectifuges, des plantes aromatiques, etc. L*élasticité ne laisse rien à désirer; le malade est porté mollement, et les matelas parfaitement maintenus en place, mais indépendants les uns des autres, se prêtent à tous les mouvements du corps » (Dumesnil, Un lit de gâteux ^ in Annales médico-pBychologiqueSy 1870,. t. m, p. 87).

Une autre amélioration dans le couchage des gâteux a été proposée, en 1864,. par M. Dagonet, et a été adoptée dans un certain nombre d'asiles. Voici en quoi elle consiste. On emploie une toile caoutchoutée sur les deux surfaces et munie d'une manche étroite et suffisamment longue pour traverser le matelas et la paillasse, percés d'un trou dans leur milieu. Cette sorte d*alèze en caoutchouc, longue et large de 80 centimètres, est simplement attachée aux deux bords du matelas; sa manche vient tomber au-dessus d'un vase en tôle peinte, parfaitement vernissée, qui reçoit les matières liquides et qui ne conserve aucune espèce d'odeur. Le malade est couché comme d*habitude sur un drap qui recouvre le matelas et l'alèze.

Ce lit présente cet avantage que les gâteux, quels qu'ils soient, coudient sur de bons matelas, absolument comme les autres malades ; en outre pas de tiroirs et d'appareils spéciaux. Au lieu de l'incommode changement de la paille et des paillasses qu'il s'agit de faire chaque matin pour les systèmes précédents» il suffit, pour entretenir la pix)preté du lit que nous venons de décrire, de remplacer le drap de dessous et d'essuyer simplement, avec une éponge imbibée d'eau fraîche, l'alèze caoutchoutée.

Après la description des diverses modifications qu'on a fait subir au système primitif du lit de gâteux, nous devrions faire peut-être une étude comparative pour faire ressortir les avantages et les inconvénients de ces différents modes de couchage. Mais cela nous paraît superflu. Contentons-nous de dire en terminant que, quel que soit le système qu'on emploie, il est indispensable que le médecin exerce une surveillance incessante pour que infirmiers et infirmières ne négligent aucun des soins de propreté qu'exige un pareil service. Ant. Ritti.

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CATTENHOF OC GATBNHOF (Georg-Matthias). Hëdecin allemand, né à Mânnerstadt, en Franconie, en 1 722, étudia les scienAs et la médecine successivement à Gottingue et à Wurtzbourg, puis fut reçu maître es aits à l'Universiié de cette ville, et docteur en 1748. Il remplit immédiatement les fonctions de médecin officiel à Bruchsal et Tannée suivante à Genisheim. En 1750, il obtint la chaire d'anatomie à Tllniversité de Heidelberg, puis occupa succesâvement celles de physiologie, de pathologie, de médecine pratique, de matière médicale et de botanique. Gatenhof joignait à ces fonctions les litres de vicechancelier, de comte palatin et d*archiatre du prince-évêque de Spire. Il termina sa camère le 15 janvier 1788, laissant un grand nombre d*opuscules académiques, programmes, dissertations, etc., tous d'une latinité correcte et élégante, et témoignant de connaissances sérieuses et d'une profonde érudition. Nous en empruntons Ténumération à Dezeimehs :

U Diês, de calcula renum et vesicœ. Virceburgi, 1748, in-1*. — II. Diss. de paraphreni" tide. Ueidelbergs, 1751,in-4*. — III. Diss, de ventriculi et intestinorum ratione hahenda in ordine ad œslimandas medicamentorum vires. lieidelbergïe, 1756, in-4*. — IV. Diss. de curis infantum physico-medico. Heidelberg, 1766, in-4*. — V. Diss. de crusta sanguinea sic dicta imflammatoria. Heidelbergse, 1766, in-4*. — YI. Diss, de hypochondria. HeideLbergae, 1768, iQ-4*. — VII. Diss, Venœ sectionis verœ indicationes. Heidelbergae, 1771, in-4*. — Ylll. Diss. Symptomatum quorumdam febrilium momenta. Heidelbergse, 1771, in-4*. — X. Diss, quœ inflammationis rationem exhibet. Heidelbergse, 1775, in-4*. — X. Diss, de infiamwtationis eaussis et eventibus.Prœmisso Programmate de virilmsvitalibus,Uâdéiberga, 1775, io-4*. — XI. Progr. de abdominis crasn et obesi fatis. lieidelberg, 1775, in-4*. — XII. Prog, de vesicœ urinariœ in graviditate et post parlum adfectionihus. Ileidelb., 1775, in-4*. — XIII. Prog, de atrophia infantili, Heidelberg, 1775, in-4*. — XIV. Progr, de naturœ circa Umgevitatem regulis. Hetdelb., 1775, in-4*. — XV. Diss, frigoris febrilis examen, Heidel- Ixrgse, 1776, in-4*. — XVI. Diss. Coloris febrilis examen. Ueidelb., 1778, in-4*. — XVII. Diss. Plethorœ. Ueidelb., 1779, in-4*. — XVIII. Progr. annum medicum Heidelbergensem 1778 eihibens. Heidelb., 1779, in-4*. — XIX. Progr. exhibens anni medici Heidelbergensis, 1779, quadrimestre primum. Heidelb., 1779, in-4*. —XX. Diss. inflammationis therapia. Heideib., 1781, iii-4*. — XXI. Diss, debUitas febrilis, Heidelberg», 1781, ia-4*. — XXU. Diss. Stirpes agri et horti Heidelbergensis, ordine LudvDigU, eum characteribus Ijnneanis,

HaUenanis aliorumque, in usu accademicorum, Ueidelb., 1782, in-8*. XXIII. Progr.

tmaçkuUio prima et altéra Bœrhâavii. Heidelberg», 1783, in-4*. — XXIV. Diss. an febrium biliosarum prœsertim epidemicarum caussa in bile, Heidelberg», 1786, in-4*. — XXV. Diss.

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tn/lammatonum failaeiœ, Hetdelbergae. 1786, in-4*. — XWI. Ditt. Peripneumonia et pleuré^ tidùspurÙB momenta. Heidelberfra;, 1786, in-4". — XXVII. Dits, derachitide brevia momsnta, Heidelberga;, 1786, in-8*. — XXVIII. Collect, Di9S. et programm. quag in usuêacadem. elaboravere incl. Acad, Heidelb. Professores, prœfaiu» est H, Tabor, vol. 1, contineitM Gaitenhofi, disê, medic. Heidelbergse, 1791, in-4*. ^ VkW.SàmmtLakademUcheSehripen; herausgegeben vonj. A, C Yarrenhagen, Dusseldorf, 1794, in-8*. L. Hr.

GATTI (Angelo). Médecin italien de mérite, auquel Dezcimeris consacre la notice suivante : De Mugello, en Toscane, voyagea dans le Levant et dans la Barbarie. Il fut professeur extraordinaire de médecine théorique à l'Université de Pise, au milieu du dernier siècle. Venu à Paris en 1761, partisan de Tinoculalion, qu'on pratiquait avec de grands succès à Florence, il fut prié par un ami d'inoculer ses enfants ; cet ami était le baron d'Holbach. Le succès encouragea quelques personnes à lui demander le même service; celles-ci en déterminèrent d'autres et bienlot il fut Tinoculateur à la mode. Quand la Faculté de médeciue discutait encore sur la question de savoir s'il ne fallait pas repousser l'inoculation comme on avait autrefois repoussé l'antimoine, Gatti obtenait une autorisation spéciale d'inoculer les élèves de l'École militaire, et de répandre de plus eu plus un moyen que l'expérience avait déjà montré propre à diminuer les mvages de la variole. Gatti y contribua plus que personne en France, soit par les inoculations qu'il pratiqua lui-même, soit par les ouvrages qu'il publia ; ouvrages écrits dans un excellenresprit, et dont l'intérêt a survécu jusqu'à un certain point aux circonstances qui les firetit naître. Pour écrire ces ouvrages, dont le style ne manque pas d'élégance, Gatti dit avoir emprunté la plume d'un ami, et cet ami est l'abbé Morellet.

I. Lettres de M. Galti^ médecin consultant du roi et professeur de médecine en VVniversité de Pise, à M. Boux, docteur régent de la Faculté de médecine de PariSy etc. Paris, 1765, in-i2. — II. Éclaircissement sur Vinoculation de ta petite vérole. Bruges et Paris, 1764, ia-12. — III. Ré/lexionê sur les préjugés qui s'opposent aux progrès et à la perfection de Vinoculation. Bruxelles, 1764, in-12. — lY. Nouvelles réflexions sur la pratique de Vinoculation. Bruxelles et Paris, 1767, in-12. — V. Réponse à une des principales objections qu'on oppose maintenant aux partisans de Vinoculation de la petite vérole. In -12.

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