CIGARES MÉDICINAUX
srivent de rouler dans ce papier arsenical de la belladone ou autre feuille narcotique.
Cigarettes antispasmodiques. (Trousseau). Feuilles de stramonium 30 gramnes. On les mouille avec la mixture suivante : Extrait d'opium 2 grammes, «u distillée 25 grammes. On fait sécher et on fait des cigarettes avec ces feuilles -iprès les avoir coupées.
Employées contre l'asthme et les toux quinteuses.
Cigarettes antispasmodiques. Feuilles de stramonium et de sauge de chaque
partie égale. On peut arroser ces plantes avec une solution de nitre au dixième,
tt (aire sécher ensuite. On fume ces feuilles, après les avoir coupées dans des
cigarettes en papier ou avec une pipe. La dose du mélange est de 1 gramme.
Cigarettes antiasthmatiques. Feuilles de belladone 5 grammes, feuilles de
stramonium 5 grammes, feuilles de digitale 5 grammes, feuilles de sauge
5 flammes, teinture de benjoin 40 grammes, sel de nitre 75 grammes, eau
1000 grammes. On fait une décoction de toutes les plantes, on passe, on
ajoute le sel de nitre et la teinture de benjoin pour immerger, feuille à feuille,
vue main de papier buvard, pendant vingt-quatre heures, on fait sécher, et on
coupe eu rectangles de 10 centimètres de longueur sur 7 centimètres de largeur
que Ton transforme en cigarettes.
Cigarettes de belladone. Feuilles sèches de belladone Q. V. On incise les feuilles et on les introduit, à l'aide d'un moule spécial appelé cigaritotype, dans i» enveloppes de papier à cigarettes. Chaque cigarette doit contenir 1 gramme A feuilles.
On prépare de même les cigarettes de digitale, jusquiarae, nicotiane, stramolinm, etc. (Codex).
Cigarettes de camphre (Raspail). Pour les préparer, tantôt on place du camphre granulé dans des tuyaux de plume, fermés aux deux extrémités par un petit tampon de coton peu serré, et que l'on fait tenir à l'aide d'un peu de Hucilage. La condition importante est que les tampons et le camphre ne soient fcs tassés de manière à empêcher Tais de pénétrer.
Elles sont préconisées comme sédatif dans quelques affections de poitrine, elles que la toux, les catarrhes, l'asthme, etc.
Cigarettes de Golfin ou Cigarettes balsamiques. Elles consistent dans du lapier sur lequel on a étendu plusieurs couches de teinture de baume de tblu, enant en suspension de la poudre de nitrate de potasse et d'iris, et que l'on lispose en cigarettes.
Cigarettes iodées. Elles sont préparées avec les espèces aromatiques arroées de teinture d'iode.
Cigarettes iodo-camphrées. Ou imprègne du camphre granulé de vapeurs l'iode, et on dispose ce produit dans de petits tubes eu verre, fermés à leurs extrémités par de la ouate.
Cigarettes iodo-formées. On prépare encore des cigarettes avec des feuilles le belladone saupoudrées d'iodoforme ou trempées dans une solution alcoolipe de cette substance.
Cigarettes de naphtaline. On les prépare comme celles de camphre avec de
b naphtaline préalablement purifiée par la sublimation et par l'alcool aromatisé.
Cigarettes mercurielles (Trousseau). Deutochlorure de mercure 1 gramme,
ode nitrique 1 gramme» eau 20 grammes. On dissout; on étend sur un papier
allé de 20 centimètres sur 15 ; on fait sécher et on plie en cigarettes.
238 CIGUË (botanique).
CIGUË. Conium, L. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Ombellifêres.
g I. Botanique. Le nom français de Ciguë a été appliqué à diverses plant» de la famille des* Omhellifères, appartenant à des genres différents. La Petite Ciguë a été déjà décrite à l'article jEthuse, elle appartient, en effet, à ce genre: c'est YJEthusa Cynapium, L. (voy. jEthuse). La Ciguë vireuse ou Cicutaire aqwê* tique forme le type du genre Cicuta, L., dont les caractères ont été donnés précédemment (voy. Cicutaire). On a aussi désigné, sous le nom de Cigûe aqmtique, la Phellandrie qui sera décrite plus loin (voy. Phellaudbie). Enfin h vraie Cigûe, la Ciguë officinale est le Conium maculatum, L., qui doit foire le sujet de cet article.
Le genre Conium a été établi sous ce nom par Linné, du mot xefrcuv, sots lequel la Ciguë officinale est désignée dans les auteurs grecs. Tournefort lui mit donné la dénomination de Cicuta, appelant Cicutaria la Cigûe vireuse; les botanistes actuels ont accepté la dénomination Linnéenne. Les plantes de ce genre ont des fleurs en ombelles composées, munies d'un involucre et d'imrofaealki à 3 et 5 folioles. Le calice a un limbe à peine marqué. Les 5 pétales sont iihi «JE. et portent un lobule court fléchi en dedans; les étamines sont au nombre de S, alternes avec les pétales. Le fruit est ovoïde, comprimé par le côté, formé ék 2 méricarpes à bords continus, marqués de 5 côtes égales, saillantes, ondulées, crénelées. Entre ces côtes, se trouvent des vallécules striées, qui ne contiennent pas de canaux oléo-résincux. La graine contenue dans chacune des carpelles est creusée d'un sillon profond et étroit du côté de la commissure.
On ne connaît que deux ou trois espèces de Conium, dont une ou deux dan* l'Afrique australe, et une dans nos régions. Cette dernière est la Grande Cigie, h Cigùe officinale, nommée encore la Cigùe maculée (Conium maculatum, L.). Cette espèce est répandue dans presque toute l'Europe tempérée et chaude, mais particulièrement dans les parties méridionales, Espagne, Italie, midi de la France, Grèce. On la trouve dans les décombres et aux bords des routes. C'est une plante de i à 2 mètres de haut, d'une odeur fétide, d'un vert sombre. Elle est glabre, et porte sur sa tige dressée et luisante des taches d'un pourpre un peu noirJtre. Les feuilles sont molles, luisantes; les inférieures pétiolées, grandes, triangulaires dans leur contour, décomposées en segments ovales, ob longs, aigus, incisés, dentés. Les ombelles sont terminales, opposées aux feuilles oudw l'aisselle de ces feuilles; elles portent 12 à 20 rayons presque lisses. L'inrohrw est formé de 3 à 5 folioles petites, ovales, réfléchies ; les involucelles de Si 5 folioles aiguës, toutes déjetées du côté externe. Les fleurs sont blanches, tout» fertiles.
La grande Cigûe se reconnaît facilement à ses grandes feuilles d'une odeur sp* ciale, qu'on a comparée à celle de la souris ; à sa tige glabre, le plus souvent V» culée de taches rougeatres ; mais surtout à ses fruits, qui sont très-nettement <* ractérisés par leurs côtes crénelées. Lorsqu'on étudie la structure de ces fruits,» voit que le péricarpe ne contient au-dessous des vallécules aucun de ces attfl résinières, qu'on appelle bandelettes ou vittœ dans les Ombellifères. À la pb& se trouve une zone de cellules particulières, cubiques, dont les parois internes et externes sont épaissies, tandis que les parois latérales sont relative©** minces. Ces cellules sont fortement colorées en brun; elles paraissent conta* spécialement le principe actif qu'on a désigné sous le nom de Contrôle ou fe Ciculine.
CIGUË (pharmacologie). 239
Sraracsi.. Historia Rei herbariœ, I, 30 et 63. — Tourwetort. Institutiones Rei herbariœ,
p. 160. — Lntxfi. Gênera plantarum, 336. — Speciet plantarum, 349. — Lamarck. Diction,
Encyclopédie, II, p. 3. — De Cakdolle. Flore française, IV, p. 424. — Emdlicher. Gênera
pkmtarum, n* 4532. — Betttham et Hooker. Gênera plantarum, p. 883. — Guiboort. Drogues
fumpUs, 6* édit., p. 219. — G. Plakchon. Traité pratique de la détermination des drogues
simples, I, p. 67 et 329. Pl.
§ II. Pharmacologie. La ciguë est du nombre des ombelliferes dites narcotiques. Elle s'éloigne tout à fait, par ses propriétés médicales, de la presque totalité des plantes de cette grande famille, dont toutes les parties sont chargées d'huile volatile et de principes résineux et gommo-résineux.
La ciguë est une plante douée de propriétés très-actives et qui occupe un rang important dans la thérapeutique. Toutes les parties de la ciguë renferment une substance alcaline particulière, puissante, liquide et volatile, qui est connue sous le nom de Conicine, de Conine ou de Cicutine (voy. Conicike).
Les feuilles de. la ciguë constituent la base des préparations pharmaceutiques. On les récolte lorsque la tige est arrivée à son entier développement et que lès fleurs commencent à s'épanouir. Plus tard, les sucs de la plante convergent en abondance vers les organes de la reproduction, au détriment des propriétés médicinales et des feuilles de la tige. Les feuilles, bien mondées, doivent être desséchées aussi rapidement que possible. Si la couleur verte et l'odeur de la plante sont bien conservées, c'est l'indice certain d'une bonne dessiccation. 1000 grammes de plante fraîche donnent environ 200 grammes de ciguë sèche. Les fruits de la ciguë forment aussi la base de plusieurs préparations pharmaceutiques. Ds renferment plus de conicine ou de principe actif que les ieuilles ; aussi sont-ils préférés à ces dernières par quelques praticiens. Delà deux sortes de préparations à base de ciguë, celles avec les feuilles et celles avec les fruits.
Nous allons faire connaître successivement les préparations dont les feuilles et les fruits de la ciguë sont la base. i° Préparations de ciguë dont les feuilles sont la base, foudre de feuilles de ciguë ou Poudre de ciguë. On expose les feuilles pendant quelques heures à l'étuve ; on les réduit en poudre par contusion dans un mortier de fer, et on passe à travers un tamis de soie. On cesse lorsque la poudre obtenue est égale aux trois quarts du poids de la matière employée.
La poudre de ciguë, bien préparée, doit être d'un beau vert et posséder une odeur caractéristique très-prononcée. Elle doit être tenue en flacons soigneusement bouchés et à l'abri de la lumière. Cette poudre, comme les autres préparations de ciguë, ne conservant pas longtemps ses propriétés, doit être renouvelée fréquemment.
La dose de poudre de ciguë varie de 0«r,05 à 1 gramme et même plus. Suc de ciguë. On pile les feuilles fraîches dans un mortier de marbre et on exprime. Le suc qu'on obtient est dépuré seulement par filtration. Dose de 2 à 24 gouttes. Il est rarement employé à l'état de suc, mais il sert à d'autres opérations.
Ce suc peut être conservé à l'aide de l'éther d'après le procédé indiqué par M. Bouchardat.
Pulpe de ciguë. On réduit les feuilles fraîches de ciguë en pâte fine par contusion dans un mortier de marbre ou de bois, et l'on passe à travers un tamis de crin.
Cette pulpe est employée surtout comme cataplasme.
2* CJCOÉ (
Extrait de ciguë, Elirait avec le suc de/mmm. <Crt< pharmaciens délivrent lorsqu'une prefrcrïjiliaii âpéeùk ifl. «utre. Pour Je préparer, ou prend les feuilles ât ûguï i -IcpNUt 4 kl >on, ou les pile dans un uiojlier de marbre, on al cxpnnk Jr utiJ Jn soumet ce suc a l'action de la chaleur jusqu'à et- gut Jauni forme avec la chlorophylle uiie écume complètement *éf*m. ta ivapore au bain-marie le suc ainsi clarifié, eu l'adulant ciMûmdkm éductiou au tiers du volume. On laisse i-efruidir k ligué emk léposer douze heures. On sépare le dépôt et ou termn* U narie pour obtenir un extrait mou. 1000 yrammw à*> fcnîlU inîé»èi ournisseut environ 50 grammes d'extrait (Coder).
Cet extrait constitue une bonne préparation. La dwt ci à »i Ji
[rumines.
Extrait de ciguë avec le suc non dëpure\ Le soc troua, ►lunte fraîche, est pa*sé à travers un linge, pour retenir tedâttèl ut été entraînés, puis partagé eu couches milice» sur àtt lans une étuve bien ventilée à une température qui ne dohpfedq (uaud le suc est tout à fait desséché, ou le tire de letuve, et kufli hM;z d'humidité atmosphérique pour s être ramolli en corn Ynlè\c avec un couteau à lame tronquée, et ou le conserve disu lans des flacons que l'on bouche avec soin. Cet extrait pftaatb l'a\oir été concentré à une douce chaleur qui ne peut pas avoir *■ Itéré les parties inédicaineiiteuïtcs du suc; mais il contient toute fuul [ijî est inerte, et toute la chlorophylle qui n'a pas de propriété- Cd ■■■ i: conserve pas longtemps et doit être renouvelé tous les aifc. $«•■?* ujourd'hui presque complètement tombé en désuétude.
Cet extrait est celui qui a été employé par Storck daus ses eiptfieutt-
Et trait alcoolique de ciguë. On pulvérise les feuilles sèilns 4* ^ n introduit la poudre dans un appareil à déplacement. On vers* sor «*! Ire modérément tassée, la quantité d'alcool à 60° nécessaire ponrfW oit pénétrée dans toutes ses parties ; ou terme alors l'appareil cl m* leux substances en contact pendant douze heures. Au bout de ce lui end l'écoulement libre, et on fait passer successivement sur la cig«! ou poids d'alcool au même degré. Ou distille la liqueur alcoolique f H i rer toute la partie spiri tueuse et on concentre au bain-marie jusqi Maure d'extrait (Codex). Cet extrait ne contient pas d'albumine, nui :i me de la chlorophylle et le principe actif de la plante. C'est une bol laiatiou de ciguë. La dose à l'intérieur est de 5 centigrammes qa U'MV successivement jusqu'à 15, 20 et 30 centigrammes.
1000 iH-amiui's de plante fournissent jusqu'à 240 grammes d'extrait
Alctjtjtature de ciguë, feuilles récentes de ciguë cueillies au mo a floiaitou 100 grammes, alcool à 90° C, 100 grammes. On co cuille» ; ou les introduit daus un llacou avec l'alcool, et après dii outact, ou passe avec expression et ou filtre (Codex). Cette préparatk tbi'utii'IJcuu'ut de la teinture de ciguë et ne doit pas lui être subslît \'i'M délivrée par les pharmaciens que sur une prescription spéciale.
La dose est de i à 12 gouttes.
Teinture alcoolique ou Alcoolé de ciguë. Pour obtenir cette pré ii introduit 100 grammes de feuilles de ciguë eu poudre demi-fine
CIGUË (pharmacologie). £41
appareil à déplacement dont la douille est garnie de coton ; on la tasse convenablement et on verse à sa surface, peu à peu et avec précaution, assez d'alcool à 60° C. pour l'imbiber convenablement. On ajoute alors doucement de nouvel alcool pour déplacer celui qui mouille la poudre. On continue ainsi jusqu'à ce qu'on ait obtenu 5 parties en poids de liquide pour une de substance employée (Codex).
L'alcool faible dissout très-bien les parties médicamenteuses de la ciguë. Quelques pharmacologistes préfèrent préparer la teinture de ciguë en faisant macérer la poudre grossière de ciguë dans cinq parties d'alcool à 60°, pendant dix jours, passer avec expression et filtrer.
Dose de 10 à 30 gouttes dans les vingt-quatre heures. Teinture éthérée ou Ethérolé de ciguë. On prend : poudre de feuilles de ciguë 100 grammes, éther alcoolisé à 0,70 de densité, 100 grammes (mélange de 712 parties d'éther pur avec 268 parties d'alcool à 90° G.). On introduit la poudre dans un appareil à déplacement, comme on le fait pour la teinture alcoolique, et après l'avoir mouillée avec le liquide on laisse en contact dans l'appareil entièrement clos pendant douze heures ; au bout de ce temps, on établit une faible communication entre l'air extérieur et les deux parties de l'appareil, puis on fait passer sur la poudre la quantité d'éther prescrite. Quand celui-ci a cessé de couler, on déplace au moyen de l'eau la teinture éthérée retenue par la poudre (Codex). ■
Pilules de ciguë. Les pilules de ciguë sont magistrales. Elles sont préparées au moment du besoin sur une formule expresse. Elles ont pour base ou l'extrait de ciguë ou la poudre de ciguë, le plus souvent un mélange de ces deux substances. On associe d'ailleurs la ciguë à une foule d'autres médicaments suivant l'indication.
Huile de ciguë. Feuilles fraîches de ciguë 1000 ; huile d'olive 2000. On pile les feuilles de ciguë ; on les mélange avec l'huile et on fait bouillir sur un feu doux, jusqu'à ce que l'eau de végétation de la plante soit presque entièrement dissipée. On retire du feu ; on passe avec expression et on filtre (Codex).
Glycéré de ciguë. Extrait de ciguë 10; glycéré d*amidon 100. On ramollit l'extrait avec une petite quantité d'eau, et on le mêle avec soin au glycéré d'amidon (Codex).
Pommade de ciguë. Feuilles de ciguë fraîche contusées 1 partie, axonge 4 parties. On chauffe jusqu'à ce que l'eau contenue dans les feuilles soit presque entièrement dissipée; on passe avec expression et l'on filtre.
Employée dans le pansement des scrofules.
Pcmmade de ciguë (Laboulbène). Extrait de ciguë 10 grammes, cérat 40 grammes. On mêle.
Employée contre les engorgements mono-articulaires, chez les scrofuleux.
Ctbwmte (Pott). Poudre de ciguë 20 grammes, axonge balsami-
k 20 grammes dans les maladies scrofuleuses
* poix blanche purifiée 440;
de ciguë 2000; gomme
sine de cuivre, sur un
. ciguë ; on ajoute les
aqu'à ce que l'eau de
342 CIGUË (pharmacologie).
végétation de la plante soit dissipée. On soumet la matière chaude à l'action d'une forte presse. On fait fondre de nouveau la masse emplastique, et oui» laisse refroidir lentement pour donner le temps aux matières étrangères de se déposer et de permettre de les séparer aisément. Cette séparation étant laite, on mélange la gomme ammoniaque purifiée à la masse emplastique, en les faisant fondre ensemble, et on coule dans des pots ot on met en magdaléons.
Beaucoup de procédés ont été proposés pour préparer cet emplâtre. On soit aujourd'hui celui qui a été indiqué par le codex de 1866, et dont nous Tenons de donner la formule.
Emplâtre d'extrait de ciguë. Extrait alcoolique de ciguë 9 ; résine élém purifiée 2 ; cire blanche 1 . On fait fondre la résine et la cire à une douce chaleur et on ajoute l'extrait de ciguë (Codex).
Cet emplâtre constitue une très-bonne préparation qui est préférée à la précédente par quelques médecins. Il renferme les trois quarts de son poids d'extrait de ciguë.
Injection de ciguë. Feuilles sèches de ciguë 50 grammes, eau bouillante 1000 grammes. On verse l'eau bouillante sur les feuilles ; on laisse infuser pendant une heure et on passe (Codex).
Cataplasme de ciguë. On le prépare avec la poudre grossière de cîgué que l'on délaye dans l'eau chaude, ou bien on prépare un cataplasme de farine de lin que l'dn recouvre de poudre de ciguë humectée. Enfin quelquefois la poudre de ciguë est mélangée à une farine inerte, et l'on fait cuire le tout en coos»tance épaisse.
Dans la saison convenable, on a fréquemment recours à la pulpe de ciguë fraîche.
Employé contre la phthisie et les tumeurs diverses.
2° Préparations de ciguë dont les fruits sont la base. La difficulté de doser convenablement la conicine et surtout la facilité avec laquelle cette substance s'altère, constituent un grave obstacle à son emploi médical. Comme les fruits sont, ainsi que nous l'avons dit, plus riches en conicine que les autres parties de la plante, et que cet alcaloïde s'y conserve intact pendant longtemps, quelques praticiens accordent aux médicaments préparés avec ces fruits la préférence sur toutes les anciennes préparations de ciguë. Ces fruits doivent être récoltés avant leur maturité complète, car, à cette époque, ils renferment une plus grande quantité de principe actif. En effet, lorsqu'ils sont mûrs, ils sont durs, gris, renferment beaucoup d'huile grasse, tandis qu'avant la maturité ils sont verts charnus, et ne contiennent que peu d'huile.
Suivant M. Barrai, la proportion de conicine s'élèverait à 4 p. 100 dans te fruits secs.
Poudre de fruits de ciguë. Les fruits de ciguë doivent être choisis aussi récents que possible et être réduits en poudre au moment du besoin.
Extrait de fruits de ciguë. Il existe un seul extrait de fruits de ciguë, <p* l'on prépare avec l'alcool de la manière suivante : on réduit les fruits en poudre grossière ; on les fait digérer à une douce chaleur pendant quelques heures, dass trois fois leur poids d'alcool à 60° C. et on passe avec expression. On fait digérer le marc dans trois fois encore du même alcool ; on passe et on filtre les liqueurs réunies. On retire par distillation toute la partie spiritueuse et on concentre k résidu au bain-marie. On fait dissoudre le produit dans quatre fois son poids d'eau distillée froide; on filtre et on évapore encore au bain-marie jusqu'à
GIGUE (thérapeutique). 243
onsistancc ferme (Codex). 1000 grammes de fruits de ciguë fournissent 100 rammes environ d'extrait.
Teinture de fruits de ciguë. Fruits de ciguë pulvérises 1 ; alcool à 80° C. 5; n prépare une teinture par macération. Après dix jours de contact, on passe et q filtre.
Pilules de fruits de ciguë. Poudre récente de fruits de ciguë 5 grammes, urop de gomme Q. S. pour préparer une masse que Ton divise en 100 pilules, hacune d'elle contient environ 2 milligrammes de conicine.
Sirop de fruits de ciguë. Fruits de ciguë pulvérisés 10; sirop de sucre 000 ; on épuise les fruits par 5 parties d'alcool à 80° et l'on ajoute la teinture u sirop, que l'on aromatise d'ailleurs à volonté.
Une cuillerée de sirop correspond à 0gr,10 de fruits de ciguë.
Baume cicuté. On introduit dans un flacon 10 grammes d'extrait de fruits se ciguë avec la quantité d'eau nécessaire pour faire une solution. On ajoute nsuite une petite quantité de potasse caustique et de l'éther; on agite et on lecante l'éther. On traite de nouveau et à plusieurs reprises le liquide avec le l'éther, de manière à obtenir 100 grammes de liquide éthéré. Cette manipulation a pour but de séparer la conicine.
Pour préparer le baume cicuté, on prend : éther cicuté 100 grammes, ixonge 300 grammes. On fait évaporer en grande partie l'éther cicuté à l'air libre, et quand la conicine commence à se montrer sous la forme de gouttelettes jaunes, on l'incorpore dans l'axonge en agitant afin d'achever l'évaporatioo de l'éther.
Cette préparation qui est très-active et dont l'emploi est fort commode, est employée en frictions sur les glandes ou ulcères cancéreux. T. Goblbt.
g III. Thérapeutique. La petite ciguë n'est pas employée en médecine où elle pourrait rendre néanmoins, notamment pour l'extérieur, des services analogues à ceux de la grande ciguë. La ciguë vireuse possède une énergie qui généralement Ta fait redouter comme médicament. Ainsi Murray dit n'avoir jamais osé l'administrer à l'intérieur. Linné, au contraire, précisément à cause de ses propriétés plus actives, l'a substituée à la grande ciguë dans la pharmacopée danoise. Les habitants de la Sibérie et du Kamtschatka emploient la racine fraîche de la ciguë vireuse, réduite en pulpe, comme moyen externe, contre les dartres et les douleurs. Cazin dit l'avoir appliquée comme calmante et résolutive au lieu de la grande ciguë, et en avoir retiré les mêmes avantages. Quoi qu'il en soit de la valeur médicale, très-incomplétement appréciée, de ces deux succédanés, c'est la grande ciguë qui, bien mieux étudiée, est presque exclusivement recherchée pour les usages thérapeutiques ; c'est en un mot la ciguë officinale, et c'est en conséquence d'elle seule qu'il va être question dans la partie thérapeutique de cet article. Nous reparlerons des deux autres dans la Toxicologie. Historique. De tous temps les plantes signalées par leur énergie délétère ont inspiré l'idée de s'en servir comme médicament. Aussi la ciguë a-t-elle été atilisée dès les premiers temps de la médecine ; mais les anciens ne l'employaient guère que pour l'usage externe, effrayés sans doute de ses propriétés toxiques, wrtout en présence de l'application odieuse qu'en faisaient les Athéniens au supplice des condamnés à mort. Hippocrate, Galien, Dioscoride, Pline, en parlent comme d'un topique calmant, résolutif, réfrigérant. Pline, Arétée, l'indiquent pour éteindre les désirs vénériens ; saint Jérôme, dans l'une de ses épîtres, rap-
244 CIGUË (thérapeutique).
pelle que les prêtres égyptiens se réduisaient à l'impuissance en buvant tous les jours un peu de ciguë. Âvicenne en composait un emplâtre pour résoudre les tumeurs des testicules, des mamelles, et prévenir dans celles-ci les engorge ments laiteux. Plus tard, Ettmuller, Paré, Lemery et autres, appliquaient li grande ciguë au traitement des tumeurs squirrheuses, des engorgements laiteux et ganglionnaires, des obstructions viscérales. Reneaulme en faisait usage à l'intérieur contre les squirrbes du foie, de la rate et du pancréas. Toutefois celte plante était oubliée, ou fort peu employée, lorsque Stoerk, en 1760, la préconisa avec un excès d'enthousiasme eu se fondant sur des succès prodigieux obtenus dans le traitement d'une foule de maladies chroniques et particulièrement dans celui du cancer. Quarin, Locher, Palucci, Leber, Collin, vinrent appuyer les affirmations de l'archiatre allemand, tandis que d'autres, et particulièrement de Haen, les nièrent ou les contestèrent. Mise en expérience de tous côtés, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en France, la ciguë fut jugée difléremment par les uns et par les autres ; tantôt on contestait le diagnostic porté par les expérimentateurs, tantôt on imputait à la qualité variable des préparations de ciguë la différence des résultats obtenus. Antoine Petit demanda à Stoerk de l'extrait de ciguë préparé sous ses yeux ; mais cet extrait lui-même, réputé pour guérir les cancers à Vienne, échoua complètement en France (Audry, thèse de Paris, 1763). 11 serait trop long et d'ailleurs d'un médiocre intérêt de reproduire ici les discussions auxquelles ce médicament donna lieu ; les questions qui s'y rapportent ne pouvaient être élucidées que dans une époque comme la nôtre, où le diagnostic étant devenu plus rigoureux, plus précis, on connaît mieux l'ennemi que l'on a à combattre, et où l'on a pour le combattre des préparations pharmaceutiques dont l'activité réelle peut être parfaitement appréciée. Il est donc plus profitable, tout en tenant compte des observations antérieures, de puiser dans les travaux modernes les éléments de l'étude pharmaco-dynamique de la ciguë et de la cicutine, son principe actif, celui-ci d'ailleurs n'étant bien connu que depuis assez peu de temps.
Action physiologique. Pour bien l'apprécier, il importe avant tout d'opérer avec des préparations pharmaceutiques qui ne laissent rien à désirer. 11 est évident qu'il n'y a rien de comparable entre des essais faits avec des préparations défectueuses et les expériences instituées avec celles où l'on a su conserver les principes actifs de la ciguë; les premières en effet sont infidèles ou même inertes, et l'on ne peut rien conclure de leur emploi ; quant aux secondes, leur énergie est incontestable. Reste la question de savoir si cette énergie est réellement profitable à la thérapeutique, et dans quelles conditions, dans quelles limites elle peut l'être.
Les médicaments qui contiennent toute la substance de la ciguë, empruntent probablement leur activité à plusieurs principes ; l'acide conéique, la conhjdrine de Wertheim, la résine, l'huile volatile surtout, ne doivent pas être sans quelque action. Toutefois la cicutine, dominant par son énergie tous les autres principes, semble, d'après les dernières expériences, condenser en elle les propriétés essentielles de la ciguë. C'est donc l'action physiologique de cet alcaloîdr que nous avons particulièrement à examiner. Elle a été étudiée d'abord par Boutron-Charlard et 0. Henry, par Christison, Geiger, Orfila, ensuite par Pohlmann, Léonides (de Prague), Kôlliker, Guttmann, Wertheim, SchrofT, et en dernier lieu par Martin Damourette et Pelvet. Nous devons à ces deux derniers auteurs un travail étendu, aussi intéressant que remarquable par des expéri-
CIGUË (thérapeutique). 245
citations habiles et les déductions ingénieuses qui en sont tirées; nous y iserons souvent pour la rédaction de cet article, particulièrement pour ce qui rait aux propriétés physiologiques de la cicutine.
Action locale. L'action locale des préparations de ciguë est d'abord nulle, se traduit par un effet calmant après un contact prolongé. Mais le principe if isolé, c'est-à-dire la cicutine, produit à son point d'insertion sous la peau, e irritation vive, avec hypérémie et douleur ; néanmoins ses effets anesthésies se manifestent aussi ultérieurement. Dans l'action désorganisatrice que la utine exerce sur les tissus, sont principalement atteints : les muscles, les -fs, les épithéliums (peau et muqueuses) ; le tissu conjonctif est ordinairement irgné ; les cellules épithéliales se dissolvent en un magma visqueux. Organes digestifs. En commençant l'administration interne des préparations ciguë à doses minimes et en les élevant graduellement tout en restant dans
doses médicales, la sensation de contact avec l'estomac est nulle ; Martin nourette et Pelvet disent que souvent l'appétit est excité, le travail digestif ivé ; Cazin dit au contraire que la ciguë, comme tous les stupéfiants, affaiblit
fonctions digestives et diminue l'appétit. Suivant Giacomini, l'appétit est ibonl augmenté, mais la force digestive s'affaiblit, puis à mesure qu'on élève iduellement les doses, la ciguë occasionne de la soil et de la sécheresse dans rrière-bouche.
On serait tenté d'inférer, des propriétés calmantes dont nous parlerons plus n, l'utilité de la ciguë contre la gastralgie et certaines dysj>epsies ; mais xpéri monta tion clinique s'est trop peu exercée sur ce point pour fixer l'opimi. D'un autre côté, des phénomènes d'intolérance peuvent survenir ; ils content en douleurs gastriques, avec nausées et même avee vomissements, plus rement en des coliques et de la diarrhée; l'influence de hautes doses s'accuse r de la chaleur, de la sécheresse dans la gorge, accompagnées parfois d'une veur acre et amère ; quelquefois on a observé de la salivation. Enfin, les doses liques déterminent des vomissements avec cardialgie, de la dysphagie par osme d'abord, par paralysie du pharynx ensuite ; à l'autopsie, on trouve de la nigeur et des taches d'aspect ecchymotique et gangreneux sur la muqueuse Ktro-intestinale.
Organes respiratoires. L'action de la cicutine sur les organes respiratoires ■eut s'exercer de deux manières : immédiatement par l'inhalation des vapeurs e cet alcaloïde, médiatement par son élimination à travers la muqueuse brontii<|iie après action diffusée sur l'ensemble de l'appareil.
Les vapeurs cicutées modifient le mucus bronchique en le rendant plus abonant, plus fluide, plus facile à expulser ; atténuent la sensibilité de la muqueuse, roduisent un elîet hypocinétique sur les fibres musculaires des bronches. On eut donc s'expliquer leur utilité contre les affections catarrhales, Jhypéresthéques et spasmodiques des voies aériennes. Les phénomènes généraux du cutisme s'obtiennent rapidement, d'après Martin Damourette et Pelvet, par les ihalalions cicutées, que l'on peut suspendre à l'instant exact où l'on a produit • degré d'acinésic générale propre à enchaîner les manifestations convulsives.
La cicutine s'élimine largement par les bronches, comme le prouve l'odeur «ciale de l'air expiré chez les animaux empoisonnés par cet alcaloïde ; elle eut donc, après son absorption dans les voies digestives, produire sur les naux aéritères des effets analogues à ceux des inhalations cicutées. En se diffuût dans l'appareil respiratoire , elle détermine : par la dépression conco-
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mitante de la circulation, un effet olighémiant sur le poumon ; par son action hypocinétique sur les muscles auxiliaires, par son action parësiante sur les nerfs moteurs, un ralentissement des mouvements respiratoires. Dans la période initiale du cicutisme, poussé jusqu'à l'intoxication, ces mouvements s'accélèrent un instant, pour se ralentir ensuite, puis se suspendre sous l'influence de l'action paralysante ultime du poison; la mort alors arrive par asphyxie. Mais les mouvements respiratoires s'abolissent les derniers, ce qui rend possible de sauver l'individu par la respiration artificielle tant que les contractions du cœur n'ont pas cessé.
Température animale. De l'hypocinésie des muscles respiratoires, jointe * la contraction des capillaires et à l'amoindrissement des propriétés oxydantes des hématies, résulte l'abaissement de la température animale, plus ou moins sensible dans les conditions thérapeutiques, et si accusé dans l'intoxication par la ciguë, qu'il en a été de tout temps signalé comme l'un des symptômes les plus marquants.
Organes de la circulation. La ciguë déprime le cœur, comme nous l'avons déjà annoncé plus haut. Cette dépression se révèle par la diminution de l'énergie des battements du cœur et du pouls plus encore que par leur ralentissement. Ces battements sont quelquefois irréguliers, intermittents ; la peau pâlit, par olighémie des capillaires. Avec les doses toxiques, la dépression circulatoire est précédée d'une période d'excitation accusée par des palpitations et l'accélération du pouls. Bientôt la paralysie envahissant les fibres musculaires des vaisseaux et l'asphyxie faisant des progrès, une sorte de plénitude veineuse distend le système circulatoire et occasionne des congestions d'aspect livide et des ecchymoses (Damourette et Pelvet). D'après Schrofï, l'effet le plus important de la cicutine est son action sédative sur le cœur, dont elle unit par paralyser le ventricule gauche. Werthcim insiste également sur l'action sédative que la cicutine exerce sur la circulation. Par opposition, Guttmann n'a pas trouvé que ce poisoo modifiât la force ni la fréquence des contractions du cœur.
Giacomini assigne à la ciguë une action élective sur le système lymphatique et sur les glandes, et il la place en conséquence dans les hyposthénisants lympbatico-glandulaires. Le caractère hyposthénique de cette action, comme fait absolu, est discutable; mais son électivité est réelle et démontrée par les applications cliniques, qui l'invoquent pour résoudre et fondre les engorgements glanduleux. Giacomini reconnaît en outre à la ciguë une action hyposthénisante cardiacovasculairc, que les physiologistes et les cliniciens de nos jours ont confirmée.
La plupart des observateurs ont constaté, à la suite des empoisonnement* par la ciguë, une altération du sang, consistant, à première vue, en un eicès de sa fluidité et dans sa coloration brun foncé. Quelques-uns ont parlé de *a coagulation, apparence illusoire qui s'expliquerait, comme nous le verrons plu* bas, par le mode de désorganisation des hématies. Cependant si Ton examine au microscope le sang ainsi modifie par la cicutine diffusée, on n'y reconnaît aucune altération appréciable; il n'en est pas de même si l'on concentre l'action de la cicutine sur une petite portion de ce liquide. Ainsi, en examinant au microscope le sang qui s'écoule de la plaie d'insertion de la cicutine, Martin Damourette et Pelvet ont observé une altération très-marquée des globule* rouges, dont le noyau est devenu beaucoup plus apparent, très-volumineui et granuleux, tandis que le protoplasma ne forme plus autour de ce noyau qu'une zone très-mince qui disparait même dans certains cas, et alors les nojaui
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iressés les uns contre les autres forment dans le protoplasma dissous une vériable gelée. C'est cet état gélatiiûforme du sang qui aura pu en imposer pour uie coagulation.
Ststème nerveux. La ciguë a été longtemps classée dans les médicaments le même que dans les poisons narcotiques, stupéfiants. On sait que l'on englobait sous ces désignations des modificateurs énergiques qui engourdissent la >ensibilité, abolissent le sentiment, provoquent le sommeil ou le coma, beaucoup Tentre eux suscitant en outre, dans la période initiale, des phénomènes encé- )haliques tels que vertiges, délire, hallucinations visuelles et auditives. Une tnalyse plus exacte, plus complète, de l'influence de la ciguë et particulièrement le la cicutine sur le système nerveux, a démontré que le cerveau reçoit la moindre part de cette influence, laquelle s'exerce plus spécialement sur la moelle épinière, et sur les nerfs moteurs plus encore que sur les nerfs sensitifs. En effet, soit que, dans l'expérimentation sur les animaux, on opère avec une forte dose de cicutine afin d'obtenir une démonstration plus palpable de son action, soit que Ton observe un cas d'empoisonnement par la ciguë chez L'homme, on voit le plus souvent le cerveau exempt de troubles notables dans ses fonctions, et toujours, comme le phénomène le plus saillant, une paralysie de la motricité ; la sensibilité s'émousse, mais sans aller constamment jusqu'à l'anesthésie. La ciguë est donc surtout un poison paralysant ; à dose médicale elle est sédative de l'hypercinèse et de l'hypéresthésie, en d'autres termes, antispasmodique et antalgique ; c'est à peine si, la dose étant forcée, elle occasionne un peu de vertige, de céphalalgie ou d'obnubilation. Dans les dernières phases de l'intoxication, la paralysie envahissant les vaisseaux peut occasionner h congestion passive du cerveau et des méninges et par suite le coma ; inversement, au degré le plus léger du cicutisme, l'action vasomotrice peut olighémier le cerveau et favoriser le sommeil ; ou bien encore lorsqu'est poursuivie et atteinte l'action sédative, la faculté de dormir renaît comme un bénéfice de la cessation du spasme ou de la douleur. Mais, en définitive, le narcotisme, effet toxique, et l'hypnotisme, effet contingent de l'action pharmaco-dynamique de la ciguë, ne traduisent qu'une portée éventuelle sur le cerveau et ne donnent pas la caractéristique des influences de ce médicament sur l'innervation ; suivons-les donc sur d'autres points.
Frappés de l'état acinétique des individus empoisonnés par la ciguë, quelques auteurs, entre autres Christison, avaient d'abord admis que la cicutine éteint le pouvoir excito-moteur de la moelle. Bientôt Kôlliker signala, au contraire, l'augmentation de ce pouvoir au début du cicutisme. Guttmann observa des convulsions chez les mammifères. Antérieurement Brandes, Geiger, Boutron- Charlard et 0. Henry avaient constaté que la cicutine tue en provoquant de violentes convulsions, phénomènes que Wepfer avait presque constamment 'remarqués chez les animaux empoisonnés par la ciguë vireuse. Ces faits semblaient contradictoires avec les phénomènes paralytiques qui n'en restaient pas moins de toute évidence, lorsque Martin Damouretle et Pelvet sont venus les expliquer par leurs récentes expériences. D'après ces deux habiles expérimentateurs, la cicutine augmente l'excitabilité de la moelle, ce qu'expriment particulièrement les liautes doses de ce poison en donnant lieu d'abord à des tremblements con- Tulsii's, à des spasmes tétaniques. Mais bientôt l'action caractéristique de la •cicutine se manifeste, en parésiaut d'abord, en paralysant ensuite les extrémités terminales des nerfs moteurs. Ce serait cette paralysie qui masquerait pendant
248 CIGUË (thérapeutique).
un certain temps l'excitation de la moelle, dont la permanence se révélerait par des convulsions de retour, éclatant au moment où les nerfs moteurs recouvrent leur conductibilité par suite de l'élimination du poison.
Cette paralysie nervo-musculaire, que nous avons déjà vu enrayer la respiration et la circulation, et qui atteint encore plus les membres inférieurs que les supérieurs, est le phénomène le plus tranché, le plus apparent du cicutisme. Kôlliker a reconnu la paralysie des extrémités nerveuses motrices comme le principal effet de la cicutine (Archives de Wirchow, 1856) ; Lemattre a consigné ce même fait dans sa thèse (Paris, 1865). Pélissart, Jolyet et André Cahours ont constaté que la cicutine exerce sur les nerfs moteurs une action paralysante analogue à celle du curare (Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 18 janvier 4869).
La coïncidence du maintien du pouvoir excito-motcur de la moelle avec l'abolition de la conductibilité des nerfs moteurs, constituerait donc le réactif physiologique de la cicutine. Toutefois nous pensons que de nouvelles expériences sont nécessaires pour donner à ce double fait une valeur scientifique absolue, sans laquelle ou ne pourrait chercher à le reproduire comme preuve dans les expertises médico-légales.
Eu général les nerfs sensitifs sont moins atteints que les nerfs moteurs dans le cicutisme; en d'autres termes, la sensibilité persiste plus longtemps que la motricité. De même, les nerfs moteurs ganglionnaires opposent uue résistance plus grande au cicutisme que les nerfs moteurs encéphaliques, et tandis que les muscles striés sont complètement paralysés, les muscles lisses sont encore spasmodisés. Mais lorsque la scène toxique se prolonge, le relâchement des plans musculaires viscéraux et vasculaires accuse la parésie des nerfs ganglionnaires (Martin Damourette et Pelvet). Il résulte de ce qui précède que, aux doses médicales, l'action acinétique de la ciguë est beaucoup plus prononcée que son action aiiesthésique et que celle-ci n'est guère que l'auxiliaire de la première, à moins que l'on n'ait recours aux applications locales du médicament. En effet, dans l'expérimentât ion sur les animaux, l'action diffusée de la cicutine agit moins sur la sensibilité que son action locale; les terminaisons des nerfs sensitifs dam la peau sont complètement aueslhésiées par le contact de la cicutine étendue, sans atteinte marquée de la sensibilité générale (Gultmann). On voit d'ici les conséquences à tirer de ces faits pour le mode d'emploi des préparations cicutées contre le symptôme douleur.
Les auteurs apprécient diversement l'action des préparations cicutées sur la pupille, les uns prétendant que celle-ci se dilate, les autres qu'elle se contracte. Martin Damourette et Pelvet constatent ces variations et les expliquent de la manière suivante. La pupille est contractée avec les fortes doses, capables d'augmenter l'excitabilité de la moelle, et dans les premiers instants où le nerf oculcmoteur commun n'est pas encore parésié et apporte l'excitation concentrique au constricteur pupillaire. Plus tard la pupille se dilate, parce tjue la parésie des extrémités de la troisième paire ne permet plus au sphincter de l'iris de faire équilibre à ses fibres rayonnées, animées par des filets du nerf sympathique plus lent à se paralyser. Les troubles de l'accommodation sont, d'après ces deux auteurs, un des symptômes les plus constants du cicutisme, et ils s'expliquent, comme les variations de la pupille, par l'état de spasme ou de paralysie du muscle ciliaire, lié à la persistance ou à l'abolition de l'activité de la troisième paire.
CIGUË (thérapeutique). 24»
L'élément musculaire est beaucoup moins influencé que l'élément nerveux ar la diffusion de la cicutine. Il est possible qu'il soit excité au début ; mais ette excitation peut être négligée comme étant très-faible et de courte durée, andis que l'amyosthénie, qui se produit ensuite à un certain degré, vient concourir avec l'acinésie pour engendrer le même résultat thérapeutique, la solution lu spasme (Martin Damourette et Pelvet).
Appareil urkiaire. La plupart des observateurs ont reconnu à la ciguë la propriété diurétique. Ce qui paraît mieux établi que la diurèse, c'est la modification de la nature des urines, qui, ainsi que Stoerk l'avait remarqué, déposent an sédiment épais, glaireux, deviennent mordicantes et exhalent une odeur nauséabonde. L'élimination de l'alcaloïde et de l'huile volatile de la ciguë par le rein excite sa sécrétion, et l'action irritante de la cicutine explique l'espèce de catarrhe qui vient ici compliquer l'uropoièse.
Appareil cutané. Les auteurs signalent aussi l'augmentation de la sécrétion sodorale parmi les phénomènes physiologiques du traitement cicuté, coexistant arec la diurèse et plus souvent alternant avec elle. Les fortes doses déterminent aussi des éruptions cutanées, coïncidant avec les sueurs ; et alors le médicament concentré sur la peau par voie d'élimination, y produit parfois des fourmillements et un certain engourdissement de la sensibilité (Ëarle, Wight, Martin amourette et Pelvet). D'autres fois, peut-être plutôt sous l'influence des petites doses, reflet de la ciguë se traduit par la pâleur du tégument, liée à son olighémie. Que la ciguë agisse sur la peau par application directe ou par une sorte l'action topique, de dedans en dehors par le fait de l'élimination, Martin Damou- *ette et Pelvet expliquent ses effets curatifs dans les maladies cutanées, par cette riple modification physiologique imprimée à la peau par la cicutine :
1* L'élément hypérémie est combattu par l'action olighémiante des doses Dodérées de ciguë.
8* Les fortes doses tendent à détruire les néoplasies cutanées comme elles ittaquent les épithéliums, et elles exercent une action antiseptique sur les suràces ulcérées.
3e Enfin la thérapeutique des dermatoses peut bénéficier de l'action analgésique de la ciguë dans certains cas.
Appareil génital. On a attribué à la ciguë le pouvoir d'atrophier les mamelles, les testicules; d'entraîner l'impuissance virile. Sans nier ces effets d'une mauière absolue, on ne doit les accepter que sous réserve, le dernier entre Mitres, car quelques auteurs ont considéré au contraire la ciguë comme aphrolisiaque. La propriété de tarir la sécrétion lactée paraît plus réelle. Martin Damourette et Pelvet disent avoir parfaitement constaté l'amoindrissement, le «tard et jkirfois l'absence du flux menstruel chez les femmes en cours de traitenent cicuté.
Action de la cicutine sur les organismes inférieurs et sur la fermentation wtride. Les deux auteurs que nous venons de citer, partant des données de la iiuique, qui avait déjà reconnu les propriétés parasiticides de la ciguë, et pouruWant leurs expériences sur les organismes inférieurs, ont constaté l'action btructive de la cicutine sur les infusoires, sur les ferments, et pensent que ce oison général pourrait recevoir comme parasiticide, antifennentescible et antioptique de sérieuses applications. Ils en rappellent une qui, empiriquement, a ?jà été faite par Autenrieth, lequel prétend avoir employé avec quelque succès * injections cicutées dans la fièvre puerpérale. Si la cicutine semble opposable
850 CIGUË (THÉRAPBCTIQDt).
en théorie aux maladies où le parasiticisme et la fermentation jouent on rôle hii|M)i*tant, il est douteux qu'on la préfère dans la pratique à des moyens aussi efficaces, mieux éprouvés et moins dangereux.
Martin Damourctte et Pelvet ont vu des grenouilles mortes du cicutisme se conserver momifiées pendant dix mois, malgré leur exposition aux intempéries de l'air extérieur. Cependant on a signalé la promptitude de la putréfaction sur les cadavres des sujets empoisonnés par la ciguë (Tardieu) (voir plus loin Toncoloqib).
Action thérapeutique. L'emploi médical de la ciguë a été d'abord entièrement empirique. On avait remarqué en elle des propriétés fondantes, résolutive», altérantes, sédatives, et on l'avait appliquée au traitement des tumeurs, des engorgements, des dartres, des spasmes et des douleurs. Depuis que l'on a expliqué ou cru pouvoir expliquer ces propriétés par les récentes expérimeabtions physiologiques, et il était temps, car les déceptions antérieures avaient singulièrement fait baisser ce médicament dans l'opinion, la ciguë a eu un régna de faveur, et quelques praticiens ont tenté d'en tirer le même parti que les anciens, tandis que d'autres ont songé à en faire des applications nouvelles. Mais s'il est vrai que Ton peut aujourd'hui, surtout grâce à des préparations bia conçues et d'une activité indubitable, mieux rationaliser son emploi, son utilité, non efficacité réelle sont loin d'être généralement admises; et assez restreûfe nont les cas où elle rend, et encore à titre de moyen palliatif, des services à l'aki de toute contestation.
(,V?)HYr. \a ciguë est tellement liée à l'histoire du cancer, que nous dewas
commencer par là l'examen de ses applications thérapeutiques. On l'avait à
diverse* reprises opposée aux engorgements de toute nature, et particulièrmest
à ceux des mamelles et de» testicules, lorsque., vers 1760, Stoerk dépassa tous
te» dexanciers par un enthousiasme pour la ciguë qui ne tendait à rien aoii>
qu'à IVrigw on spécifique du cancer. Ce médicament, prôné également parCoUm
non élevé» devint pendant quelques années l'objet d'un engouement constaté pr
le> ohscnations publiées de toutes parts en sa faveur, et dont il y a peu d'intérè
aujourd'hui à rappeler les autours. Les critiques de leur côté ne firent pe
défaut, et nul doute qu'elles ne fussent fondées surtout en ce qui concernait b
onvm> de diagnostic et lYxacêration des résultats obtenus. Les tentatives <k
rôhabihlatien qui ont eu lieu de nos jours n'ont pas abouti; le problème de b
jpioYixon du cancer n'est pas irâtliu et la cûruc se montre même, en prauf*
vnouis capable d\ concourir que d'antres médicaments* tels que la beHadsf,
rar*on*\ l'or» r*ode surtout. En llicono nous ne voyons pas ce qu'il penty
avoir on elle de le^iquemcn! opposable au cancer. L'induction la plus spécieas
esi eolW« qui. *c basant Mir les propriétés altérantes de la cicutine, en wrti
dp*qnolle> les hématies seraient atteinte anal /uniquement et fonction ne llff t>
cnnriuiraii à pcn«cr qiir le san^ csl ainsi rendu moins propre à la formation <te
éfatnttnht hMtn)npiqut> àx canro . V.ai> non n'en donne la preuve ; il y a dail-
letiiv des utierant> plus manitrslcs que la curuc, et ils n'entravent pas davaatip
U. ssnê* dr*> tt**its héicrnlopiov. 1* «wulinr a-4-eJle plus de puissance sur k
oanr« un ln^ Inran '*. Harlm Itamwretlr ci ÏVNta, très-4isposés à lui attn-
■■ei m: vfa imùhfa ttai*v u train»™™ i du .«nn^ avouent qu'ils n'ont p*
«••ai a détrum èes étancnt> rlun withétmma un peu desséche) par le contât
V^ neutini mm ou éieratiit . **m i, i^ point encourageant pour les essn*
I» ul autn oèix, ècs nnàptraixii* cicuiecs» d après leurs partisans en*
CIGUË (thérapeutique). 951
ternes, ne semblent aptes à influencer les cancers qu'à doses très-actives, presque xiques, et longtemps continuées. Stoerk donnait son extrait à la dose de centigrammes, matin et soir, en commençant, et le portait graduellement isqu'à 4 et 6 grammes par jour. Maintenant on tend à préférer les semences de gués, déjà signalées du temps de Cullen comme plus actives, et qui recèlent en Tel la plus grande partie de la cicirtine contenue dans la plante; on préconise lême la cicutine isolée ; et Ton arrive, soit avec les préparations de semences, >it avec celles de cicutine, à faire absorber cet alcaloïde énergique à la dose de et même 2 milligrammes par jour, et cela pendant plusieurs mois. Or cornlent une substance essentiellement asthénique, qui abaisse l'hématose, qui roduit, selon la juste et concise expression de Gubler, de l'anoxémie, peut-elle ravenir aux cancéreux ? Eu entravant une néoplasie funeste ; ce n'est qu'une ypothèse, et si elle ne devient pas une réalité, la cicutine, en viciant la nutriton, en affaiblissant les sujets, peut faire l'opposé du bien qu'on en attend, 'est l'un des reproches qu'adressaient à Stoerk plusieurs de ses contradiceurs, qui jugeaient la ciguë plus nuisible qu'utile aux vrais cancéreux.
En résumé, nous n'estimons la ciguë, ni comme moyen prophylactique, ni omme agent curatif du cancer ; et nous ne voyons même pas la nécessité de l'y aire intervenir contre le symptôme douleur, tant que nous aurons à notre dispoition des médicaments antalgiques qui lui sont infiniment supérieurs. Lorsque tous voyons des maîtres aussi compétents que Récamier et Velpeau, déclarer que t ciguë est impuissante contre le squirrhe, contre le cancer, notre scepticisme ur ce point est bien permis. Toutefois notre impartialité nous fait un devoir de sonsigner ici les espérances qui résulteraient de l'emploi des nouvelles préparaions préconisées par Devay et Guillermond ; d'après leurs auteurs, elles auraient éussi contre des tumeurs présentant les caractères assignés au cancer. Devay 'en loue également dans le traitement des affections cancéreuses de l'utérus, en ccentuant les effets de la cicutine jusqu'aux confins de l'intoxication. Attendons tour conclure que des faits indiscutables et en nombre suffisant confirment ces frémisses.
Voici maintenant le docteur Tunfried qui ne se contente pas de la ciguë, et rai met toutes les ombellifères au service des cancéreux. Il accompagne le traitement du cancer d'un régime ombelliféré. Les repas se composent exclusivement de panais, de carottes, de cerfeuil, de céleri et de persil. .L'angélique, l'anis, le fenouil, le cumin, le carvi, assaisonnent les sauces. Le cancer, d'après I auteur, serait inconnu dans la race mongole, où l'on fait un grand usage des ombellifères qui produisent le sagapénum, l'opoponax, le galbanum, la myrrhe et surtout l'asa-fœtida (Rev. de thérap. méd. chir.t t. III, p. 652. Gazin, Tr. 4e* plantes méd. ind., 3e édit., p. 311). Ce ne serait rien moins qu'un nouvel horizon ouvert à la pathogénie du cancer. Mais là encore il pourrait bien y avoir quelque illusion : d'abord sur l'influence du traitement proposé ; ensuite sur l'immunité de la race mongole, qui, en admettant qu'elle fût réelle, pourrait dépendre de causes autres que celles qui sont invoquées.
Tumeurs, engorgements de nature diverse. Maintenant, que les préparations de ciguë puissent avoir une certaine efficacité contre des engorgements, des indurations, des tumeurs même, de nature non cancéreuse, nous voulons bien l'admettre ; et encore ferons-nous remarquer que la plupart des auteurs les recommandent moins, dans ces cas, à l'intérieur que comme topiques fondants et résolutifs. Le plus usité de ces topiques est l'emplâtre de ciguë qui déjà comme
&î CIGUË (thérapeutique).
emplâtre, c'est-à-dire, comme moyen compressif, atrophiant, concourt largement à la résolution ; la ciguë, à la rigueur, peut bien aussi y aider. On préconise également dans les mêmes circonstances les cataplasmes de ciguë, préparés de diverses manières ; avec la décoction de la plante fraîche, avec les feuilles et la tige pulpées par la cuisson, avec la poudre de ciguë, mêlée à la farine de graine de lin ou saupoudrant les cataplasmes. Trousseau et Pidoux disent avoir vu cet cataplasmes résoudre des tumeurs intra-abdomiiiales, ainsi que les ascites qui en dépendaient, et arrêter les progrès d'une tumeur cancéreuse au sein. Cazin s'étend encore davantage sur leur utilité, qu'il aurait constatée contre les engorgements des mamelles, des testicules, des glandes lymphatiques, contre les engorgements articulaires dus au rhumatisme chronique, contre rhydarthrose, conte» le cancer ulcéré, etc. Mura wjeff emploie les frictions de cicutine contre la syns» vite et rhydarthrose. Stoerk a surabondamment vanté la ciguë contre les tameurs et contre les engorgements de toute espèce, de toute nature, et c'est fit» bablement lorsque le cancer y entrait pour peu ou pour rien qu'il faisait de cet cures brillantes qui ont été tant proclamées. Les engorgements laiteux et la g* lactirrhée ont été combattus par la ciguë, en raison de l'opinion très-andeane et plus ou moins fondée qu'elle diminue la sécrétion du lait et atrophie les seins.
Les bains de ciguë viennent à l'appui des autres modes d'emploi de cette plante. On fait infuser (Cazin) toute la plante fraîche, fleurs et graines, à la dons de dix à douze poignées pour chaque bain, où le malade peut rester jusqu'à uni heure. Ces bains out été particulièrement recommandés contre les engorgements abdominaux, surtout contre les engorgements utérins (Cazin) ; dans ce dernier cas, la malade s'administre en même temps des injections vaginales avec l'eai du bain.
Les vétérinaires recommandent la ciguë contre le farcin du cheval; ce serait donc un médicament à essayer en cas de transport de cette maladie sur l'homme.
SiTofuIes. Ici la ciguë a rendu et rend encore sous nos yeux des services pins positifs que dans les aflectious cancéreuses. Il est même vraisemblable que plusieurs guérisous de prétendus cancers dont on fit tant de bruit autrefois portaient sur des affections scrofuleuses. Comme justification de cette idée, nom pouvons citer un tait dont nous avons été témoin il y a quelques années à Para. Une dame avait été traitée peu auparavant par un guérisseur de cancers ; son ev était même réputé Tune des plus belles cures de cet empirique ; or il était facile de reconnaître des cicatrices non équivoques d'écrouelles à la place où avaient existé lis tumeurs auxquelles une erreur grossière avait attribué le caractère cancéreux.
L'efficacité de la ciguë contre les scrofules a été affirmée par Stoerk, Collia. Marteau de Crauvîllîers. M ut eau de Roquemout, Du puis de la Porchère, Lemoine, tacher. Van Rotterdam. Hufelaitd, etc. Raudekvque Ta employée avec succès à l'hôpital des entants. Il commençait par la dc*e de 10 centigrammes d'extrait alcoolique, malin et soir, et augmentait chaque semaine de 20 centigrammes. Lorsqu'il sunenait quelques vertiges ou des éblouissements, il suspendait et purgeait les malades. Au bout de quinze jours on recommençait à la dose Je 50 centigrammes à I gramme, selon celle que l'on donnait au moment de U ition. Sur sept tilles traitées par la ciguë, il eu est cinq chez lesquelles r«ît a été porté graduellement jusqua 5 grammes et demi par jour. Bayle a
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relevé (Bibliothèque thérapeutique) quarante-trois cas de scrofules, traités par la ciguë, sur lesquels il y a eu trente-quatre guérisons, quatre améliorations et einq insuccès. Laboulbène a vu, sous l'influence de la ciguë intus et extra, s'amender notablement les symptômes douloureux des engorgements mono-articulaires chez les scrofuleux (Bulletin de thérapeutique, 15 octobre 1862).
Bazin donne la préférence à la ciguë sur tous les autres médicaments expérimentés dans le traitement des écrouelles. Il l'emploie de deux manières, selon qu'il se propose ou d'obtenir la fonte des tumeurs écrouelleuses ou d'en provoquer l'inflammation suppurative. Dans le premier cas, il arrive au but par les petites doses ; dans le second cas, par les hautes doses. Il emploie principalement l'alcoolature et la poudre de semences. Pour obtenir un effet résolutif, il prescrit l'alcoolature, de 50 centigrammes à 4 grammes par jour, et la poudre depuis 1 0 jusqu'à 50 centigrammes ; pour obtenir l'inflammation suppurative, il débute par 1 gramme ^l'alcoolature, et de cinq en cinq jours augmente d'autant jusqu'à 12 et 15 grammes par jour; il porte graduellement la poudre de 50 centigrammes à 1 gramme et demi. Il n'a que rarement observé de trèslégers accidents ; en ce cas, comme Baudelocque, il suspend et purge le malade. Les effets curatifs du traitement cicuté sont prompts, rapides, puis ils se ralentissent, et il reste un noyau d'induration qui est long à disparaître (Leçons sur la ter o fuie, 2e édit., 1861).
On a assez généralement remarqué que la ciguë agit mieux contre la scrofule nperficielle, dont les manifestations sont bornées aux muqueuses et à la peau, fartin Damourette et Pelvet l'expliquent ainsi : dans la scrofule profonde la iguë n'agit que par son action altérante générale, tandis que pour les scrofuides, les catarrhes et les ulcères scrofuleux cette action est renforcée par la oncentration de la cicutine sur les téguments par lesquels elle doit s'éliminer, ogt emploie la ciguë dans les affections cutanées scrofuleuses, dans l'ophthallie, dans les tuméfactions indolentes, en un mot dans les accidents superficiels; lais il regarde ce médicament comme inutile et dangereux dans les cas où l'oranisme est plus profondément atteint par la scrofule, dans les manifestations iscérales, les affections osseuses (Nouveau Diction, de méd. et de chir. prat. , rt. Ciguë).
La cicutine, très-diluée (1 partie pour 100 d'alcool), a été employée en fricions sur les paupières dans l'ophthalmie scrofuleuse avec photophobie ; elle peut être également en collyre, 1, 2, 3 gouttes dans 24 grammes d'eau et 8 de muilage de semences de coings (Fronmuller, Murawjeff). Hauthner, de Vienne, commande spécialement la cicutine contre les contractions spasmodiques des aupières chez les enfants scrofuleux ; il se sert d'une solution contenant 5 milligrammes de cicutine et 4 grammes d'huile d'amandes, qu'il applique rec un pinceau sur les paupières deux ou trois fois par jour.
Les troubles de la vue et les maux d'yeux sont au nombre des accidents les lus ordinaires des traitements cicutés ; ils dénotent une élimination par les oies lacrymales et la muqueuse conjonctivale, qui pourrait contribuer aux résultats cherchés dans l'opposition de la cicutine aux ophthalmies scrofuleuses, à * photophobie, au blépharospasme.
Affections de la peau. Nous voici encore en présence des cas, où Ton a le lus préconisé la ciguë, non- seulement comme moyen topique, mais aussi onuue remède interne. Si la peau est effectivement l'une des principales voies 'élimination de la cicutine, comme nous avons eu souvent à le noter dans le
tU CIGUË (thérapeutique).
cours de cet article, elle peut en éprouver des modifications favorables, ainsi qu'il arrive après l'usage interne de l'aconit qui lui aussi porte à la peau. Oo attribue à Jean Wier, au seizième siècle, les premiers essais dans cette voie; il employait la ciguë contre les dartres invétérées et la teigne. Les bons résultats qu'il en avait obtenus furent confirmés par Stoerk, Collin, Quarin, M urray, Hufeûnd. Alibert a vu les cataplasmes de ciguë échouer contre la teigne laveuse, et réussir contre la teigne granulée. Bayle dit que onze dartres rebelles, traitées par la ciguë, ont toutes guéri sans exception. Fontonetti recommande les bains de ciguë contre les dermites aiguës et chroniques, eczéma, impétigo, lichen, érysipèle, etc. ; il regarde ces bains comme résolutifs, dessiccatifs, calmants et contre-stimulants par excellence (Gazette médicale, 1837). En un mot toutes les affections herpétiques ont été soumises au traitement cicuté. En 1855, Muranjeff a préconisé contre elles une pommade de cicutine au 40*. La ciguë se serait montré peut-être encore plus efficace dans le traitement des ulcères ; aux anciens éloges qui lui ont été décernés à cet égard, s'est joint en dernier lieu celui de Samuel Cooper, qui la regarde comme un excellent remède contre les ulcères invétérés de mauvais caractère, scrofuleux, syphilitiques et autres ; elle parait convenir surtout aux plaies avec irritation et douleur, sans nuire néanmoins au ulcères atoniques.
Syphilis. Elle a été également recommandée contre les maladies vénériennes, non pas précisément comme antisyphilitique, mais plutôt comme modificateur de leurs manifestations cutanées, muqueuses et ulcéreuses, tant comme topique que comme remède interne. On lui a cru aussi quelque influence sur les tumeurs, les exostoses, les engorgements syphilitiques. Elle a été conseillée dans ces divas cas par Hunter, Cullen, Swediaur, Kluyskens ; fiiett et Gazenave l'ont opposée aux accidents secondaires en l'associant au mercure. Pearson en (ait presque ni spécifique contre les ulcères syphilitiques qui attaquent les orteils dans leur point de jonction avec le pied ; elle réussit encore d'après lui, contre les ulcéra irritables et rongeants, soit qu'ils tiennent à l'action présente du virus vénérien, soit qu'ils subsistent après l'emploi d'un traitement mercuriel régulier. Samuel Cooper voit dans la ciguë un moyen d'obtenir la guérison d'ulcères persistant après que l'on est parvenu à détruire l'action syphilitique à l'aide du mercure.
Affections catarrhales. Sauf les catarrhes scrofuleux, nous n'en voyons guère d'autres où l'on puisse être incité à préférer la ciguë à des modificateurs plus certains. Nous ne ferions exception que pour les catarrhes bronchiques, avec accidents spasmodiques, avec hypéresthésie de la muqueuse ; l'élimination abondante de la cicutine par les voies aériennes peut déterminer une certaine action élective de ce côté. Nous prenons donc en considération le conseil donné par Martin Damouretle et Pelvet, de recourir, dans les cas dont il s'agit, à l'usage interne de la ciguë et de préférence aux inhalations cicutées.
Quant au cas isolé rapporté par Valentin (Ann. de méd. prot. de MatipeUkr, 1808), rappelé par Mérat et de Lens, et par Cazin, d'un catarrhe invétéré de lt vessie, guéri après un long traitement par l'extrait de ciguë, consommé jusqaï la dose journalière de 12 grammes et à la dose totale de 2 kilogrammes, il prouve beaucoup de témérité de la part de l'expérimentateur ou beaucoup d'ia* perfection dans la qualité de l'extrait employé, et il ne saurait créer un antécidant, à moins qu'il ne fût réellement entretenu, comme on le suppose, par un principe dartreux. Nous ne trouverions fondé, en effet, d'après l'inîluenoe accordée à la ciguë sur l'herpétisme, l'essai du traitement cicuté que contre les et-
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rhes du rein et de la vessie qui se lient à un état herpétique actuel, ou que i voit parfois succéder à la disparition des dartres. D'autres rétrocessions heriques paraissent d'ailleurs pouvoir être attaquées avec quelque succès par ce de de traitement. Cazin cite en sa faveur le cas intéressant d'une gastralgie « vomissements, avec dépérissement du sujet, qui avait suivi la cessation in eczéma chronique sur le membre inférieur; le suc de ciguë à l'intérieur, . cataplasmes de pulpe de ciguë sur l'épigastre, amendèrent puis dissipèrent ; troubles digestifs ; peu après l'eczéma reparut sous une forme adoucie, et le ablissement devint complet.
Phthisie. Quarin prétend avoir guéri des phthisiques par l'emploi de la ;uë. Baumes produit une observation dans laquelle se trouvent tous les sympnes apparents de la phthisie, et qui affirme une guérison obtenue après neuf hs d'un traitement où l'extrait de ciguë a été porté jusqu'à 46 grammes en jour ; cette observation, toutes réserves faites quant au diagnostic pour elle mme pour les autres en pareil cas, suggérerait les mêmes réflexions que le cas Yalentin cité plus haut. Àlibert conseille l'inspiration des vapeurs de ciguë os la phthisie pulmonaire, et vante la plante elle-même, administrée à l'intésur dans la phthisie scrofuleuse et nerveuse. Gazenave dit tenir de Biett pluors observations de phthisie guérie par l'extrait de ciguë. Les auteurs qui, ît en plaidant en sa faveur, ne lui accordent pas tant de pouvoir, méritent plus
créance. Tels sont: Trousseau, qui, cuirassant la poitrine d'un vaste em- Itre de ciguë, constatait simplement un apaisement de la toux et des douleurs iraciques, une expectoration plus facile, une modération de la fièvre, et en mme une suspension dans les accidents ; Cazin, qui soulage les phthisiques et guérit que le catarrhe pulmonaire chronique, en faisant inspirer les vapeurs gagées d'une décoction, faite en vase clos, de ciguë fraîche ; Parola (Gaz. méd. rde, 4853), qui n'a pu que soulager, mais d'une manière notable, un phthi- [ue avancé, avec la poudre de semences donnée progressivement depuis 5 cenprammes jusqu'à 4 gramme 20 centigrammes.
Pour rester dans le vrai, la ciguë peut donc offrir dans la phthisie un moyen lliatif d'une certaine valeur ; mais tabler sur son action curative, c'est aller auront d'un mécompte, et pour peu qu'on en use à fortes doses, on risque d'occaonner une dépression générale tout à fait contraire aux indications rationnelles & la tuberculose.
Affections nerveuses. La double action anesthésique et acinétique de la igné justifie son emploi comme sédatif de la sensibilité et de la motricité.
1° Bypéresthésies. Du moment que la physiologie expérimentale a démontré ue l'anesthésie générale est lente à se produire avec la cicutine, tandis que anesthésie locale est rapide et complète, on ne doit compter que sur l'action opiqne des préparations cicutées pour calmer la douleur. Il faut donc encore ci faire des réserves sur l'utilité que divers auteurs auraient trouvé à l'extrait te ciguë, donné à l'intérieur contre les maladies où prédomine le symptôme loaleur. Ce médicament a été essayé contre la goutte, les rhumatismes, les témlgies ; ce sont celles-ci qu'il paraît avoir le mieux influencées. L'extrait k ciguë a été employé contre les névralgies par Fothergill en Angleterre, Hartakeil en Allemagne, Chaussier, Duméril, Biett, Guersent en France.
Underwood, chirurgien anglais, l'a particulièrement recommandé contre le tic Moureux de la face, après avoir guéri lui-même par ce moyen ; Chaussier et Duméril attestent de pareils succès. Biett et Guersent conseillent spécialement
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ce médicament contre la névralgie sciatique. Néligan a employé la ciguë nonseulement dans les névralgies, mais encore dans les affections douloureuses en général, particulièrement dans les rhumatismes subaigus ou chroniques, et dans la gangrène sénile (Revue médico-chirurgicale, t. III, p. 398). Cazindit avoir retiré des avantages réels et appréciables de l'administration interne de la poudre et du suc de ciguë dans les névralgies ; il préfère toutefois la belladone ou l'opium.
Quoi qu'il eu soit, c'est en applications locales que les préparations cicutées sont appelées à produire le mieux leurs effets antalgiques, et elles seraient doublement indiquées s'il y avait en même temps un effet résolutif à obtenir. Les cataplasmes et l'emplâtre de ciguë sont les moyens les plus usités en vue de ce double but. La cicutine peut aussi être opposée extérieurement à la douleur. MurawjefT l'emploie en frictions sur la peau, 1 à 3 gouttes, pour calmer les douleurs névralgiques, rhumatismales et syphilitiques. Martin Damourette et Pelvet pensent que l'injection hypodermique d'une solution au vingtième de cicutine serait un puissant moyen de calmer les douleurs névralgiques et rhumatismales. Erlenmeyer fait usage de la solution de 5 centigrammes de cicutine dans 8 grammes d'eau ; 20 centigrammes de ce mélange contiennent 1/30 de grain; on l'a injecté sous la peau dans les névralgies, le tétanos, l'angine de poitrine. Reil a préconisé, contre l'odontalgie, l'application sur la dent cariée de quelques gouttes d'une solution alcoolique de cicutine (Répertoire de pharmacie, 1858). Nous engageons ceux qui voudraient se livrer à de pareils essais à se défier d'une substance dangereuse et insuffisamment étudiée comme médicament.
2° Hypercinèses. La ciguë a été recommandée contre l'épilepsie ; Sauvage cite un cas de guérison. Elle l'a été également contre l'hystérie, la chorée, le tétanos; c'est contre cette dernière névrose qu'on y a le plus insisté. Fergussoa ne constate que l'impuissance de la ciguë contre le tétanos ; Stewart obtient un succès. Corry (Bull, de thérap., t. LX) en obtient un autre, en administrant l'extrait de ciguë jusqu'à production d'un cicutisme fort accentué. La cicutine entre en ligne; mais Œsterlen dit (Manuel de matière médicale, 1845), qu'on l'a vainement essayée en Angleterre contre le tétanos et contre l'hydrophobie. Néanmoins Martin Damourette et Pelvet infèrent de leurs expériences physiologiques que le tétanos pourrait être avantageusement combattu par les préparations cicutées, en poussant la parésie des nerfs moteurs jusqu'à la solution du spasme tétanique, sans crainte, puisque les mouvements respiratoires sont les derniers atteints et que le cœur survit à tous les autres organes. Les tentatives hardies sont permises dans une névrose à tendance aussi fatale que le tétanos.
Kluyskens dit avoir, au moyen de l'extrait de ciguë, dissipé des convulsions et des spasmes habituels, non-seulement de la face, mais de plusieurs parties du corps. Il regarde ce remède comme une sorte de spécifique dans toutes les affections musculaires purement spasmodiques, sauf les cas où un élément intermittent exige de préférence le quinquina.
Schlesinger a rapporté à la ciguë, unie au tartre stibié, les succès qu'il obtint dans une épidémie de coqueluche à Varsovie en 1781. Butter, Armstromj< Hamilton, Odier, se louent de l'emploi de l'extrait de ciguë dans cette maladie, tandis que J.-P. Franck et Lettsom lui sont peu favorables. FronmuUerei Spengler ont eu recours à la cicutine. Gazin ayant essayé dans la coqueluche
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i poudre de feuilles de ciguë, Ta tu réussir quelquefois, mais il reconnaît à la ►elladone un effet plus constant et plus spécial ; de même, d'après le même uteur, contre les toux nerveuses ou spasmodiques des adultes, l'opium, la isquiame, la belladone sont plus efficaces, et ce n'est que lorsqu'ils échouent u'on peut en venir à la ciguë.
En dehors des deux catégories que nous venons de passer en revue, on trouve ncore d'autres névroses soumises à la médicamentation cicutée. Erlenmeyer emploie la cicutine contre l'asthme et l'angine de poitrine. Par suite de son antique réputation comme plante froide, la ciguë a été conciliée contre le priapisme, le satyriasis, la nymphomanie. Mais aucune observaion clinique ne démontre péremptoirement sa vertu anaphrodisiaque. Stœrk même observé qu'elle produisait l'effet contraire, et Bergius cite un cas d'im- . uissance guéri par la ciguë. Gullen, du pour et du contre et de sa propre bservation, conclut à la nullité d'action de la ciguë sur le sens génital.
Elle paraît avoir été quelquefois utile dans les affections douloureuses des rganes génito-urinaires.
Dans une épidémie de dysenterie où le ténesme et les douleurs à l'anus étaient Qsupportables, de Roussel a mis en usage avec succès les vapeurs de ciguë touillie dans le lait, dirigées sur l'anus, et les cataplasmes ou les emplâtres de ette plante appliquées sur l'hypogastre. Bientôt les symptômes se calmaient, es déjections diminuaient sensiblement à mesure que les spasmes de l'intestin édtient à ce traitement.
Emploi de la ciguë comme sédatif cardio-va&culaire. Son action dépressive ur la circulation a suggéré l'idée de l'opposer aux palpitations cardiaques et à i fièvre.
Contre les palpitations, Parola en 1855, et Bottini en 1856, administrèrent la pondre de semences de ciguë à la dose moyenne de 20 centigrammes par jour. Parola réussit à calmer les palpitations dans un cas d'hypertrophie avec dilatation du cœur et dans un cas de lésions val vulaires, et il les guérit promptement cher une chlore-anémique. Bottini a appliqué la ciguë avec succès aux palpitations nerveuses ou sthéniques qui ne guérissent pas par le fer comme celles des chlorotiques, ni par la digitale comme celles qui se lient aux troubles hydrauliques de la circulation. C'est pour ce seul cas des palpitations sthéniques liées, soit à l'hypertrophie simple du cœur, soit à l'état nerveux, que Martin Damourette et Pelvet réserveraient le traitement cicuté dont l'action dépressive ne leur paraît pas s'adapter aux autres cas.
Wertheim, en 1849, a employé la cicutine à la dose d'un demi-grain par jour, pour déprimer le pouls dans le typhus à forme inflammatoire, et couper U fièvre intermittente. Mais, en 1853, Reulinget Salzer n'observèrent le ralentissement du pouls que chez deux typhiques sur douze, et ils n'améliorèrent qu'un cas de fièvre intermittente sur quatorze. Ray employait la ciguë dans les fièvres graves, comme sudorifique et même dans l'érysipèle (Martin Damourette et Pelvet, Op. cit.).
Action parasiticide. Il n'y a vraiment rien d'étonnant à ce qu'un poison gtoérai aussi violent que la ciguë tue les parasites. Mais les meilleurs parasitiez, ceux que la prudence nous recommande et que la logique nous désigne, û en sont pas moins ceux qui, poisons pour le parasite, ne le sont pas pour 1 individu qui le porte. Lorsque l'on a à sa disposition des moyens moins péril- ■eux quoiqu'autaut et souvent plus certains, on n'a aucun motif plarsibie de
mot. esc. XVII. 17
258 CIGUË (thérapeutique).
s'adresser à la ciguë pour tuer des épiphytes, des épizoaires ou des entozoaircs.
Nous ne pensons donc pas qu'il y ait lieu d'imiter la pratique de PeUegrini. traitant la gale par le suc de ciguë, ni d accorder plus d'importance qu'elles n'en méritent à deux observations de Maulucci (Bull, de thérap., t. XXX), relatives à l'expulsion du taenia sous l'influence toxique de la ciguë.
Gulleu, après avoir reconnu que la ciguë peut être un médicament efficace, notamment contre les engorgements non squirrheux, contre les scrofules, contre les ulcères, avoue son embarras pour déterminer quels sont les cas où son utilité est la plus certaine. Nous en sommes encore à peu près là aujourd'hui. Nous avons vu, acceptant le témoignage de médecins consciencieui, , qu'elle peut contribuer à résoudre des engorgements non squirrheux ; qu'elle exerce sur les scrofulides et sur les écrou elles une influence assez bien coustatée; qu'elle paraît applicable, surtout sous forme d'inhalations, aux catarrhes spasmodiques des bronches ; qu'elle peut entrer en ligne avec d'autres stupéfiants pour combattre le symptôme douleur. Mais n'a-t-on pas au moins exagéré son influence sur les maladies herpétiques, sur les ulcères? en exerce-t-elle réellement sur la syphilis? et dans les névroses spasmodiques n'a-t-elle pas jusqu'ici promis plus qu'elle n'a donné? Jamais on ne fera croire à un clinicien sévère qu'elle ait pu guérir une vraie tuberculose, une vraie carcinose; qu'elle reste donc à coté de ces implacables diathèses dans le rang des plus modestes palliatifs. La cicutine est trop nouvellement entrée dans la thérapeutique, et d'ailleurs trop délicate, trop dangereuse à manier, pour que l'on puisse encore conclure à son égard ; mais déjà quelle déception que son impuissance contre la fièvre, et quelle nouvelle preuve de l'impossibilité de déduire rigoureusement de l'expérimentation physiologique les résultats que la clinique doit fournir! Narrateur impartial, nous avons énuméré bien des cas où l'efficacité de la ciguë nous semblait problématique ; mais dans ceux-là même où nous la concédons, est-ce que d'autres médicaments ne pourraient pas faire autant sinon mieux, et la thérapeutique en serait-elle réellement plus pauvre si les préparations cicutées venaient à lui manquer?
Avouons donc franchement que la ciguë intéresse plus les médecins praticiens comme poison que comme médicament, les empoisonnements par cette plante et ses analogues étant d'ailleurs assez fréquents. Le judicieux Cullen avait remarqué que pour obtenir de la ciguë toute son action thérapeutique, il fallait lui faire produire sur le système nerveux des effets très-sensibles, très-e'nenïiques, en s'arrètant aux confins de l'intoxication. La plupart des partisans de la ciguë, à en juger par leur hardiesse, semblent être de cet avis. Mais c'est aussi un motif pour détourner les esprits circonspects de son usage à l'intérieur; et malgré des incitations récentes, il n'est resté en déûnitivc dans la pratique vulgaire que l'emploi externe des préparations cicutées, comme moyens résolutifs, fondants et calmants.
Doses et modes d'administration. Il est très-difficile de déterminer d'une manière rigoureuse la posologie de la ciguë, parce que ses préparations varieot en force et sont diversement tolérées selon les sujets. Les doses ne peuvent être indiquées qu'approximativement ; mais, en thèse générale, elles doivent être minimes au début du traitement, ne s'élever que graduellement, et ne pas franchu' la limite à laquelle le cicutisme devient intoxiquant.
Des extraits aqueux, l'un avec le suc clarifié, l'autre avec le suc non dépuré de
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la piaule fraîche, le premier est infidèle, le second mérite plus de confiance ; ce sont ces extraits qui ont été donnés autrefois depuis 1 jusque 10, 15 grammes et au delà.
V extrait alcoolique du Codex avec les feuilles sèches de ciguë est une préparation défectueuse qui ne doit pas valoir le suc non dépu-é- Mais ï extrait alcoolique des semences est une préparation rationnelle, én*gique, qui doit se prescrire à dose moitié moindre que le précédant : 5 ceMgrammes à i gramme.
La i coudre de feuilles se donne depui» 5, 10 caitigrammes jusqu'à 1, 2 et même 4 grammes à l'intérieur. Pour J extérieur elle sert à la confection des cataplasmes de ciguë.
La teinture alcoolique et la teintwe éthéré* sont remplacées aujourd'hui par Yalcoolature de ciguë, très-bonne pieparatio*, qui se prescrit en dose moyenne, de 1 a 4 grammes, et que Ton porfe parfois jusqu'à 10 et 15 grammes.
La cicutine, peu usitée en Fnncc, l'est davantage en Angleterre et en Allemagne. Froumùller la substitue en toate occasion aux préparations de ciguë. Pour l'intérieur, on débute par une do>c de 1 demi-milligramme au plus, et l'on s'élève avec précaution à 1 , à l milligrammes : toujours en fractionnant la dose.
La solution de FronmûLer (cioitine , 3 ou 4 gouttes; alcool rectifié, 1 gramme ; eau distillée, 20 grammes) se donne à la dose de 15 à 20 gouttes dans une tasse d'eau sucrée, trois fois pu* jour.
La cicutine a été employée eninjection hypodermique, soit pure et dissoute dans l'eau distillée (Erlenmeyer) soit transformée en acétate par quelques gouttes d'acide acétique (Œsterleu, op.*it*)- Elle a été administrée en lavement jusqu'à la dose de 3 gouttes, ce qui *st énorme (Œsterlen, op. cit.). On ne saurait ipporter trop de prudence dais l'emploi de tout procédé ayant pour résultat de faire absorber cet alcaloïde éminemment toxique. Son usage externe comme auesthésique, quoique exigent aussi de la prudence, n'offre pas du moins autant de danger.
\ IV. Toxicologie. Les ciguës font exception par leurs propriétés vénéneuses, dans cette graille famille des ombellifères dont la plupart des espèces, chargées d'essences, d*»résines ou de gommes résines, servent à la thérapeutique sans intéresser la tojicologie.
La ciguë vireusa Cicuta virosa, passe pour être la plus délétère. Viennent ensuite, eu deuxième ligne, la grande ciguë, Conium maculatum; en troisième, la petite ciguë, Cfthusa cynapium ; Bodard met celle-ci eu deuxième ligne. La cicutine existe dins ces trois espèces de ciguës.
Deux plantesqui ont beaucoup d'analogies avec les ciguës, l'œiianthe, Œnanthe frocota, et U phellandrie, Phellandrium aquaticum, produisent, la première des effets toxiques comparables à ceux de la ciguë vireuse, la seconde des elfets ressemblant plutôt à ceux de la grande ciguë; mais nous n'y insistons pas et envoyons aux articles qui leur sont consacrés.
* Ceux que la ciguë fait mourir, dit Pline, commencent à se glacer par les «trémités du corps. Le remède, avant que le poison soit parvenu aux parties vitales, est le vin qui de sa nature est échauffant. Mais la ciguë, avalée dans le vin mérae, est regardée comme absolument sans remède. » U dit encore : « La graine *t malfaisante ; mais la tige se mange très-fréquemment cuite. C'est dans les graines, les feuilles, les fleurs que résident les propriétés médicales. Le suc qu'on lire de la graine en la pilant, et qui, épaissi au soleil, est divisé en trochisques,
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donne la mort encoagulant le sang; aussi ceux qu'il tue ont-ils le corps parsemé de taches » (Pline. Hist. natur. liv. XXV, ch. xcv, trad. Littré).
fumons mainWiant le récit fait par Platon, dans le Phédon, delà mort de Socrate ; le* traits caractéristiques de l'empoisonnement par la ciguë s'y retrouvent. En effet, Socrate boit le breuvage toxique, se promène, puis sentant ses jambes devenir lourdes, ii se couche sur le dos. Bientôt surviennent l'insensibilité au toucher et le refroidissement s'étenomt graduellement des extrémités pelviennes jusqu'à la région du cœur. Strate prononce encore quelques mots ; puis, après une convulsion, son regard re.te fixe, ta bouche et ses yeux restent ouverts : il était mort.
Les citations qui précèdent coicordentavec les points principaux de l'étude physiologique que nous avons présentée delà grande ciguë, aussi bien qu'avec les descriptions d'empoisonnement i/ir cette plante faites par les observateurs modernes. Tout autorise donc à penser que la cguë des anciens, poison judiciaire ou médicament, était notre Conium macdaturti, d'autant plus que celui-ci croit abondamment dans la Grèce, tandis que a ciguC vireuse ne s'y rencontre pas et habite de préférence les régions septentriomles deVEurope.
Au reste, quelle que soit l'espèce de cigië administrée, les effets toxiques ne différent pas sensiblement, et nous ne pouvois mieux faire que d'en reproduire le tableau d'après l'un de nos plus éminents toûcologistes, le professeur Tardîeu.
« Une heure environ après l'ingestion de la *iguë, surviennent des éblouissements, des vertiges, de l'obnubilation, une céjhalalgie très-aiguë. La personne empoisonnée titube comme si elle était ivre; ses j.mbes se dérobent. Quelquefois, mais non toujours, une anxiété précordialc, unevolentc cardialgie, se font sentir. La gorge se sèche ; la soif est très-vive, et cepeidant la déglutition est parfois impossible. II y a quelques vomituritions sans résultat [Les vomissements, presque constants dans l'empoisonnement par la ciguë vireuc, manquent souvent dans ceux par la grande et la petite ciguës.] La face est pâle et la physionomie profondément altérée; mais l'intelligence reste nette. Les mvlades entendent, quoique ne pouvant parler ; le regard est fixe, les pupilles dilatées, la vue trouble et parfois abolie. Des mouvements spasmodiques, des contractons tétaniques agitent les membres et alternent avec des lipothymies, des défaillances qui se répètent par intervalles; puis une sorte de stupeur s'empare du naïade, chez lequel h respiration stertoreuse annonce seule la persistance de la vie. Le corps se refroidit, la tête se gonfle, et l'enflure s'étend quelquefois à d'autre; parties; les yeux sont saillants, la peau livide. Dans quelques cas, on voit éclater un délire furieux et des convulsions épileptiformes. La mort est toujours très-rapde, et il ne dut pas plus de trois, quatre ou six heures pour que l 'empoisonnement par la ciguë se termine d'une manière funeste.
« Les lésions que l'on a constatées à l'autopsie des individus qui oit succombé à l'empoisonnement par la ciguë sont remarquables. La putréfaction ctes cadarce est hâtive. On voit à la surface du corps des plaques livides, parfois des tache pétéchiales, des extravasations sanguines. C'est là le genre de lésions qui * retrouvent également à l'intérieur. Des congestions passives existent danspresq^ tous les organes, dans les méninges et dans le cerveau, dans les poumons et du» la rate. Le sang est noir, fluide, et c'est à peine si l'on trouve dans le cœur, distendu par du sang liquide, quelques grumeaux peu consistants sous k* séreuses ; il forme des suffisions disséminées à la surface du cœur, des poumons, des intestins. La membrane muqueuse gastro-intestinale présente dan*
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quelques cas des taches comme gangreneuses formées par des ecchymoses disséminées en différents points du tube digestif» (Tardieu. Étude méd.-lég. et clin, sur l'empoisonnement).
La première chose à faire, en présence d'un empoisonnement par la ciguë, est d'administrer un vomitif, afin de débarrasser l'estomac des substances toxiques qui peuvent encore y être contenues et de diminuer d'autant l'absorption' du poison. L'un des vomitifs les plus certains et que je conseillerais dans cette occasion ainsi que dans d'autres empoisonnements analogues, est un mélange de 5, 10, 15 centigrammes de tartre stibié avec 1 ou 2 grammes de poudre d'ipécacuanha; on favorise le vomissement en faisant boire successivement plusieurs tasses d'infusion chaude de camomille. Plusieurs auteurs déconseillent en pareils cas le tartre stibié sous prétexte de son action hyposthénisante ; mais ce mode d'action ne se réalise pas avec les petites doses précitées ; il s'agit 3 'ailleurs d'obtenir un vomissement prompt, immédiat, copieux, et l'ipécacuanha seul peut faillir à ce résultat.
Si l'absorption du poison s'est effectuée en proportion assez considérable pour donner lieu aux accidents précédemment décrits, la nature aujourd'hui bien connue de ces accidents indique l'emploi des antispasmodiques pour combattre, surtout si elle se manifeste par des convulsions, l'excitation des centres nerveux, en même temps que celui des stimulants pour faire antagonisme à l'action paralysante de la cicutine. L'éther, qui est à la fois un antispasmodique et un stimulant, me paraît propre à remplir ces indications, et serait alors donné à hautes doses, 4, 8, 10 grammes, dans une potion; si la paralysie domine, avec refroidissement, prostration, on lui adjoindrait le vin et même l'alcool ; en même temps on pratiquerait des frictions excitantes sur les membres inférieurs, , sur les parois thoraciques, sur la région précordiale.
On pourrait recourir à la respiration artificielle en cas d'asphyxie, c'est-à-dire en cas d'inertie des muscles respiratoires, le cœur battant encore ; ce moyen, conseillé par Christison, par Martin Damourette et Pelvet, leur a réussi sur les animaux.
Macartan a proposé d'opposer l'opium à l'empoisonnement par la ciguë. Ce conseil avait déjà été donné par Giacomini et ses émules qui, en considérant la ciguë comme un poison hyposthénisant et en le combattant par les stimulants, étaient plus dans le vrai que les toxicologistes qui la regardaient comme un narcotico-âcre et l'attaquaient avec les antiphlogistiques. Toutefois l'opium, dont les Italiens faisaient le type de leurs rares stimulants, a des propriétés diverses qui ne permettent pas d'en faire un stimulant absolu, bien loin de là, puisque dans une analyse plus complète de son action, on le reconnaît aujourd'hui susceptible de produire un effet contraire. On ne voit pas comment on pourrait expliquer, justifier l'intervention de l'opium dans le cicutisme, où, à un moment donné, il pourrait même devenir plus nuisible qu'utile, par exemple, augmenter la parésie des nerfs moteurs, l'engourdissement de la sensibilité, la congestion passive du cerveau. Théophraste a dit que les Athéniens mêlaient le suc de pavot au suc de ciguë afin de rendre plus douce la mort des condamnés; ajoutons: et plus prompte, plus certaine peut-être. En tous cas, cette triste expérimentation *"r l'homme est loin de prouver, dans l'espèce, l'action antidotique des opiacés. De nos jours l'étude comparée des poisons, dans les laboratoires de physiologie, a suggéré l'idée de les opposer les uns aux autres afin qu'ils s'annulent réciproquement. Des remarques intéressantes ont été faites sans doute dans cette
l1£U£ (toxicologie).
v. . , . i.o.^u^ mpurtautes en sont même résulté» pour la pratique .*.. .u ;*>le pas moins en toxicologie un principe très-judicieuseii,idt i savoir, que Tune des premières qualités d'un contre-poison . t. ,sa> nuire pur lui-même. Je voudrais que ce principe ne fût pa> N >, 4 à*N |mr de* expérimentations très-ingénieuses sur les animaux. . -, «uUexius circonspects hésitent à reproduire in pelle humanâ. La ... vt .uiUiit plus à recommander à cet égard, que les expérimentateurs ..tuUil* plus d'une fois. Ainsi par exemple, on admet d'abord, comme i*.ma tu, que la cicutine abolit le pouvoir excito-moteur de la moelle:
iUii-llvtucut la strychnine se présente comme l'antagoniste et se propose
u i aitlklote de la cicutine. Mais voilà que celle-ci est déclarée au contraire
x. ti.i.i m- de lu moelle ; si ce fait, mis en lumière par Martin Damourettcet Pel-
*, i, »-..i wui (et nous n'avons, quant à nous, aucun motif d'en douter), que
ii «t. ttl I antagonisme de la strychnine, et que deviendrait surtout l'individu qui,
. iiiptiMtuiié [Kir lu ciguë, serait traité par la noix vomique ? Cet individu aurait-il
i kiii-luNT, dans la parésie de ses extrémités nerveuses, de l'action des principes
.Uiuuluuts (les strvehnos, ou à redouter leur action convulsivante sur ses centres
iui veut déjà surexcités? On ne sait, et ce qu'il y a de plus logique, c'est de ne
)m:i um'i- de tels moyens ; en effet, l'introduction de lu cicutine à dose toxique
ilauï l'organisme crée déjà un danger assez grand pour ne pas venir le compli-
quer et l'aggraver par l'ingérence d'un autre poison.
Ni lu cicutine n'a pus d'antidote physiologique, elle a, ainsi que tous les alcaloïdes végétaux, pour contre-poisons chimiques l'iode et lejannin. 11 serait dont rationnel d'administrer, au début de l'empoisonnement par la ciguë, une solution d'iodure de potassium ioduré, et mieux une dissolution de tannin ou d'une *uh*tnuce tannifère, sauf toujours à faire vomir aussitôt après.
Orlila conseille, dans le cas de congestion cérébrale ou lorsque les évacuant* n'auraient produit aucun résultat, de recourir à la saignée, en ouvrant depréfeivnt'4! la veine jugulaire ; ultérieurement, il croit à l'utilité possible de quelques sangsues appliquées sur l'abdomen. Les évacuations sanguines ne sont p*. ajuste raison, acceptées par les toxicologistes modernes dans les empoisonnements de cette nature. Les lavements purgatifs peuvent être employés, tant comme révulsifs eu vue de dégager le cerveau, que comme évacuants pourl'ann riser l'élimination du poison par les voies intestinales.
Médecine légale. Les empoisonnements causés par les ciguës sont dus particulièrement à deux genres de causes. Tantôt il y a eu abus dans l'emploi de certaines préparations médicamenteuses, notamment l'extrait de ciguë dont le* qualités et la force sont très-inégales et qui offre par conséquent peu de sûreté; mais, en général, ici le médecin reconnaît à temps les symptômes toxiques et peut y |K)rter remède avant qu'ils aient acquis trop de gravité. L'ignorance et le* méprises qui eu résultent constituent un ordre de causes plus fréquentes. Airw la |»ctite ciguë, confondue avec le persil, a donné lieu aux empoisonnement ci eu tés les plus nombreux ; plus rarement, la racine napiforme de la ciguë virent a occasionné des méprises que Ton comprend moins d'ailleurs ; car si elle i quelque ressemblance avec le navet ou le panais, le suc jaunâtre, acre et amer dont elle est gorgée devrait ôter toute idée qu'elle puisse être une racine comestible. Il n'en est pas de même de la racine de l'œiiauthe safranée; celle-ci a plu* de ressemblance avec le panais, et eu outre elle a une saveur douceâtre, as**' agréable au dire d'individus que j'ai eu occasion devoir empoisonnés par la racine
CIGUË (toxicologie). 263
i'œuanthe. En Bretagne, on voit également les bestiaux s'empoisonner avec la -acine de celte plante arrachée du sol et imprudemment abandonnée ainsi ; ils semblent la manger avec plaisir et montrent une fois de plus combien l'instinct ait souvent défaut à la bête.
Les empoisonnements criminels, formant une catégorie à part, peuvent avoir >our instruments la grande ciguë, la ciguë vireuse, la petite ciguë, employées «us forme de décoction ou d'un mélange quelconque avec les aliments. L'expert levra se faire représenter, s'il est possible, la plante qui aura servi, en rechercher 1rs débris dans les matières rejetées par l'estomac pendant la vie, ou trouées dans le tube digestif après la mort. Il s'enquerra s'il existe des plants de ignés dans la localité ; il pourra eu tirer des inductions, et bientôt trouver des ndiecs en comparant avec les échantillons fraîchement cueillis les débris ou fragûcnts de végétaux provenant du tube digestif. Toulmouchc a cité (Journ. de him.méd.y 1845) un cas dans lequel une femme, ayant voulu se débarrasser de on mari eu lui faisant manger une soupe faite avec des racines de ciguë, celui-ci ut averti heureusement par le goût acre du mets qu'on lui servait. L'expert lèclara que la plante d'où provenait la racine était Y Œnanlhe crocata. Je serais wrté à croire, d'après ce que j'ai dit tout à l'heure, qu'il s'agissait dans ce cas le la racine du Cicuta virosa plutôt même que de celle du Conium maculalum, jui elle aussi n'a pas d'àcrelé, au point qu'elle peut être mangée par erreur sans nquiéter le sens gustatif (voy. Orfila, Traité de toxicologie, 5e édit., t. II, ,>. 559).
Dans tout empoisonnement attribué à une préparation çicutée ou à l'ingestion de l'une des espèces de ciguë, l'expert, pour le mettre en évidence, devrait s'efforcer de déceler la présence de lacicutine. Sa recherche serait basée sur des procédés identiques à ceux que l'on emploie pour r'isolement de la nicotine, et dont la description est réservée pour l'article où il sera question de ce dernier alcaloïde, parce qu'il a à sa charge des empoisonnements sur l'homme tandis que l'autre n'en offre pas d'exemple avéré jusqu'à présent.
Les deux réactions chimiques spéciales de la cicutine sont les suivantes : i°sous l'influence du gaz acide chlorhydrique, la cicutine et ses sels prennent une couleur rouge pourpre, qui passe peu à peu au bleu foncé indigo ; 2° la cicutine ou un de ses sels, chauffés dans un petit tube fermé par un bout avec une solution de bichromate de potasse acidulée par l'acide sulfurique, dégagent de l'acide butyrique, très-facile à reconnaître à son odeur persistante et caractéristique (Tardieu et Roussin).
Quant aux réactions physiologiques de la cicutine, elles ne sont pas encore ^sez positivement établies pour que, reproduites sur les animaux, elles puissent fournir une preuve rigoureuse du genre d'empoisonnement; telles matières organiques contenant de la cicutine pourraient, du moins, par leur énergie toxique, en démontrer le fait.
La cicutine se retrouve dans les reins, la rate, le foie, les poumons ; les poumons en recèlent une plus grande quantité que le foie. Tout porte à croire qu'on » découvrirait facilement après une inhumation prolongée, comme cela a lieu pourla nicotine (Orfila, op. cit.). Deliodx de Savignac.
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D. de S.
C'II.ANO (George-Christ.). Naquit à Preslxmrg, le 18 décembre 1006. Se* études médicales terminées, il se fixa en Danemark, a Altona. Son mérite ayant bientôt attiré les regards de l'autorité, il fut nommé aux chaires de médecine»1 de physique, et ses savantes études sur les mœurs et les coutumes des anciens lui valurent en même temps celle d'antiquités grecques et romaines au gyinna* d'Altona. Ce savant distingué mourut le 17 juillet 4773. 11 était conseiller royil do justice de Danemark. Nous ne citerons de lui que les ouvrages relatifs àU médecine.
I. D* corruptelis arlem medicam hodie depr avant ibus. Altona, 1739, in-40. — 0 . Af
î. Ibid. 17*0, in-**. — III. De giganlibut ikim dciquititio kitlorica et i. Ibîd., 1756, in-*". — IV. De molu humorum proyrcuivo, vcteribia non Igneto. Ibid.,
in-4". B. Bob.
UAIRR (Mdscle). Quand on considère, de face, un œil humain, on y igue tout d'abord, et au centre de la région sphéroïdale qui s'offre au d, la pupille, noire, ronde, variable dans ses dimensions, suivant le degré cl ai rage auquel elle est soumise, entourée elle-même d'une zone circulaire, emment colorée suivant les individus, et qui est l'iris, lequel est recouvert cornée transparente, dont l'humeur aqueuse le sépare. en dehors de celte zone circulaire, et à une distance de 5 a 6 millimètres environ, on trace, par la pensée, un cercle concentrique à la grande cirrence de l'iris, on délimite, par ce moyen, une région fictive qui s'appelle lion ciltaire,
'étal normal, celte région ne se distingue du reste du globe de l'œil, dans rtic se té rot ica le, par aucun signe extérieur. A l'état pathologique, dans les 'oplilliarniie dile rhumatismale ou d'iritis, et dans ceux de glaucome, par pie, elle devient le siège d'une vascularisalion spéciale, radiée dans les pre- S^injrvtion rhumatismale des anciens), en arcades dans la seconde (injectât* abdominale).
s parties dont se compose la région ciliaire sont, d'avant en arrière (voy.
) : la conjonctive (a), la sclérotique (e), le * res (i), l'hyaloîdc (j) et le corps vitré (t).
B CILIAIRE (il), les procès
:w. CILIAIRE.
I.. {>t>Kt'n tiliuîiVK et le muscle ciliaire réunis forment ce qu'un mmme \t i w/m . ilmiiv. Ou s.iil qu'arrivée au niveau de Yora terrain (limite anlrnetiR • li l.i i.'liiii'l, lu choroïde, devenue brusquement plus épaisse, s'y coutume ci ■ lni\ IcuiuVU : l'un, le plus postérieur ou le plus profond, se cornue»* de» |*w m li lin», iluiil I» constitution aiiatomluuc intime «litière peu de celle de la cWno .!■; l'iiulre, plu* antérieure ou plus externe, d'une structure essentieUemal .liliiH'iitn de. irlli! de la membrane vascnlaiii1, duut elle est néanmoins une n» ii.iliuii, ail lier entre les procès ciliaircset la sclérotique ; c'est le muttU cUuirt, di;ii(jiu;, jusque dans ces derniers temps cl avant qu'on en connut exactement k sliiit lure il le- attributions, sous les noms de cercle ciliaire, ligament ciliaiit, yuaylioit ciliaire, etc.
I. AiuToniE du muscle ciliaire. Le muscle ciliaire se présente sous laspM d'uni- bandelette, Inr^c de « millimètres au côté nasal, de 7 millimètres au cM Icmjxiral, épaisse de 2 dixièmes de millimètre environ en arrière, de à il dixièmes de millimètre eu avant, d'un blanc grisâtre, et doublant ta sclérolitr»
a parlie antérieure, où il eiicadn qu'une cou titillation du corps ciliaire.
Si, saisissant le glubc par la sclérotique, ainsi suspendu, ou l'ail à cette membrane uni entre la sclérotique el la choroïde, une bran coupe cireulairemciil la première, dans le s<
u plutôt l'ii
., (pli paraît n'être
in moyen d'une pince, et le tenait boutonnière, et qu'on y introduis, lie de ciseaux mousses. puisi|iiot us vertical ou horizontal, en u»t*
soin de ne pas perforer la choroïde, et d'éviter ainsi l'écoulement des humeurs. I» surface externe de cette dernière membrane peut être mise a nu par une il»**lion des plus faciles. Ou voit alors le muscle ciliaire, formant à l'iris nu cadrl blaïk-halre (vog. tip. 2, b\ dont les prolongements figurés en tVfc'ft'. sont fonpêi |iar les nerfs eiliaires qui, |iartis du ti.-m^liun ophllialmique (f), ont Ira ver** h M'Iénilique eu arrière, puis, rauqianl entre elle et la choroïde, se sont rendus <■ se divisant, vers le muscle ciliaire, oit ils vont constituer un important nient.
Rapports. On distingue au muscle ciliaire : une face antéro-externe, une ace postéro-interne, un bord antérieur, petit cercle ou tendon du muscle ciliaire. 1 un bo d postérieur, ou grand cercle. La face antéro-externe, lisse, grisâtre, 'aspect mou et gélatineux, est exactement accolée à la face postérieure de la elérotique, à laquelle elle est reliée par un tissu cellulaire très-lâche; la face tcsléro-interne est contiguë aux procès ciliaires, qui reçoivent d'elle des fibres «lluleuses et musculaires; le bord antérieur, ou petit cercle, se termine tout au »ourtour du canal de Sclilemm, dont il forme la paroi interne, tandis que la scié- -«tique et les racines de l'iris en constituent les autres parois. Ce bord, qui peut être considéré comme le tendon du muscle ciliaire, ne se termine pas nettement et à pic au niveau de la sclérotique et de l'iris; il y reçoit des fibres qui lui sont euvoyées de la sclérotique et de la lame élastique postérieure de la cornée, et qui ajoutent encore à sa solidité, déjà renforcée par une couche de tissu cellulaire élastique, réunissant les divers éléments. Le bord postérieur est situé au niveau de ïora serrata et de la paroi des procès ciliaires, et y est, dans tout son pourtour, adhérent à la choroïde, dont, malgré la différence de contexlure, elle parait n'être que la continuation.
Le muscle ciliaire n'est, nulle part, en rapport direct, ni avec le cristallin, ni avec la zonule de Ziun (li'jament suspenseur du cristallin), que quelques anatomistes considèrent comme étant un feuillet antérieur de la membrane hvaloïde, «le>tiné à assurer la position de la lentille en l'attachant au corps ciliaire. Mais il peut avoir une action sur le cristallin, par l'intermédiaire des procès ciliaires, auxquels il est accolé, et qui sont unis eux-mêmes à la zonule de Zinn, laquelle, de x>n coté, est directement attachée aux deux feuillets de la capsule cristallinieime.
Structure. Le muscle ciliaire est composé de fibres-cellules lisses, de nerfs, de vaisseaux et de tissu cellulaire. Les fibres-cellules sont analogues à celles de la vie organique, très-difficiles à isoler, et montrant, comme elles, des noyaux oiakires plutôt qu'arrondis. Elles résistent peu à l'action des réactifs, et se réunissent ,en petits faisceaux entre lesquels sont interposés du tissu cellulaire, des vaisseaux, des nerfs, et même, pour beaucoup d'auteurs, des ganglions. Les fibres proviennent, pour la plupart, des couches les plus externes des fibres vitrées dans lesquelles la membrane de Descemet (lame élastique postérieure, de Bowman) se subdivise (fig. i, /'), tandis que les couches les plus internes de ces fibres (/") vont s'étendre sur l'iris et y former le ligament pectine. Les fibres musculaires forment des fascicules minces, dont les plus externes, réunis eu longues mailles (d! '), courent en arrière, parallèlement à la face concave de la sclérotique, et se perdent dans les différentes lames de la choroïde. A mesure qu'elles deviennent plus internes, les mailles se raccourcissent graduellement et finissent par s'étendre, pour la plupart, dans une direction circulaire, de telle sorte que les fascicules affectent plutôt, dans cette région, une direction circulaire qu'une marche antéro-postérieure (d!).
La portion la plus interne du muscle ciliaire, ou, si on le préfère, sa face proie ou postérieure, est en rapport avec les procès ciliaires. Si l'on découpe un fltorceau des membranes réunies, qu'on saisisse avec des pinces, sur toute sa Wgeur et près de son insertion, le lambeau de l'iris, et qu'on cherche à l'arracher, l'on voit la partie la plus interne (d!) du muscle ciliaire rester adhérente i la surface externe des procès ciliaires, tandis que la partie la plus externe (d ) ^ste étendue sur la sclérotique. On peut ainsi partager, par la pensée, le muscle
368 CILIA1RE.
en deux parties, dont la plus Entente se composent surfont it fci*nn avant une direction circulaire, la plus externe de faisceaux ndir* rat dinaux. Mais re n'est pas à dire, pour cela, ijn'il faille admettre l'i deux masses séparées : les ilcux sortes de fibres, en ellcl, <pioi(jue avqm gaiement, ne laissent pas de s'enchevêtrer intimement el de former, m h ranl , une sorte de feutrage, surtout au centre, là où les deux sorte- dr in remontrent et se confondent ; parfois même, les faisceaux circulaire* le éloignés de la cornée s'infléchissent eu arcades et prennent une direct*» «g postérieure. Beaucoup de faisceaux musculaires profonds (circulaires!*)! relit pas aux prolongements élastiques de la membrane de Descezorl. m l'observe pour les Mitres, et nnlaninicnl pour les faisceaux superficiels i i lion anléro-poMérienre.
La proportion des libres radiées et des libres circulaires varie, rhnbd reuls individus, el de ces différences, >|ui sont en rapport constant iwttl de réfraction statique, résultent îles variations dans la forme du muscl'àV
Itans les yeux emmétropes, le mnsi-le riliaire (fig. 5), sur des adirn*! dieimes, l'orme un triangle rectangle, ilout l'angle droit est formé nV-prnfc lénenrc [h) cl externe (ni. Chez les tut/opes (fig. 4), la paroi anlériiurc -b*
un angle aigu avec l'externe (a), el cet impie se dirige en arrière. Compare '• l'emmétrope figuré par la ligne poinlilléc (lig. i), il y a tout un triangle air rieur te) ipii mampie; la partie jHistérieure est plus épais?* que vhez l'iiu* trop*- il li; muscle esl plus long ; en revanche, les fibres circulaires foui pmf entièrement défaut. Chez les hypermétropes (lig. 5), au contraire, la paroi in*' rir-iin: ib) fnrme, avec, l'extenn: (a), nu angle obtus, et cet angle se dirLt' avant. Comparé) avec l'emmétrope, il y a nu triangle antérieur (e) ajoiilr: muscle est plus court ; les fibres musculaires circulaires sont plus nombre»*! nn-iinrnl la plus gninde partie de ce triangle supplémentaire. Elles se groupf en faisceaux isoles et serrés, et les postérieures seules sont anastomosée? a'
tires radiées ou longitudinales. Toute la paroi interne (i) est également »ée par des libres radiées (Iwauow).
'mueaux. Les artères proviennent, les unes des artères dites ciliaires par- Ldes muscles de l'œil ; les autres, et les plus nombreuses, des artères ciliaires
nés postérieures, lesquelles, après avoir traversé la sclérotique très-oblique- : plis du nerf optique, vont directement dans la lamina futca, vers le
C1LIAIRE.
muscle ci liaire, cl fournissent là deux branches, Tune ascendante, l'autre tkv cendante. Elles-mêmes sont situées latéralement et dans un plan horizontal; elW communiquent avec les artères ciliaires provenant des muscles de l'œil, et,aprè> s'être bifurquées et anastomosées, forment le grand cercle artériel de l'irk
Nerfs, Les nerfs qui se distribuent au muscle ciliaire y constituent un important réseau : leur nombre, et cette circonstance que beaucoup de leurs brain-h* sont entourées de cellules ganglionnaires ou de petites agglomérat iou> de ce» cellules, expliquent comment cet organe a été pris, fondant si longtemps, pov un ganglion nerveux.
Le plexus ciliaire est constitué par les rameaux nerveux (fig. 2, V,V,V\ provenant, les uns de la branche naso-ciliairc (e) (rameau nasal du nerfophtaalmique de Willis, branche du trijumeau), ce sont les « nerfs ciliaires faapt appelés aussi « nerfs ciliaires directs, » parce qu'ils arrivent au muscle cuW sans avoir eu à traverser, comme les courts, le ganglion ophtlialmique; h autres, de ce ganglion ophtlialmique ou ciliaire (/*), ce sont les « nerfs ciliaint courts. » Les premiers traversent la sclérotique, comme les autres, et vont * terminer, après avoir cheminé à travers le muscle ciliaire, dans la conjonctive d dans l'iris, mais non dans la cornée. Leur origine indique qu'ils sont principalement des agents de la sensibilité. Les seconds ou nerfs ciliaires courts paru» pcnl de l'innervation du ganglion ciliaire, alimenté, on le sait, par trois racines: la racine longue ou racine sensitive (</) fournie par le nerf nasal (branche ai trijumeau); la racine courte ou racine motrice (h), venant de la branche inférieure de l'oculo-moteur commun (nerf de la 5* paire), et la racine ganglmnaire ou molle (t) issue du plexus caverneux du grand sympathique. Ils énervent de la partie antérieure du ganglion ophtlialmique, au nombre de dix à stiff rameaux, tantôt isolés, tantôt groupés en deux faisceaux, dont le plexus ester* renferme plus particulièrement les rameaux ciliaires du nerf nasal, se dirent eu avant, à côté du nerf optique, en décrivant un grand nombre de flexwwtés traversent la sclérotique près de l'entrée du nerf optique, puis se portent a avant, entre cette membrane et la choroïde, pour se rendre, île là, vers le imwlf ciliaire. Arrivés près de la face externe de ce dernier, ils s'y divisent d'abords deux, et plus loin en un grand nombre de ramifications, qui forment un rkae plexus (orbiculus ciliaris de \Y. Krausc), d'où partent d'innombrables petit* rameaux qui pénètrent dans le muscle ciliaire. Ru 185", M. Douders, avcr-1'iiV du docteur de lluytcr, a suivi, sur des lapins blancs, le trajet de ces nerfs. H» indiqué en ces termes le résultat de leurs recherches (Nederlandsch b**& t. III, p. 450) : « Un grand nombre de troues nerveux, après avoir cowotri* former un plexus dans le muscle ciliaire, se rendent dans la grande circonien** de l'iris et y donnent naissance, près du bord, à un nouveau plexus compn**' branches encore assez fortes. De ce deuxième plexus partent des branche* pk petites, qui vont eu constituer un troisième, dans cette partie de l'iris où b tihres musculaires affectent déjà une disposition circulaire. » Des cellules p* glionnaires se remarquent nettement dans Yorbiculus ciliaris. Huiler y a m.* milieu de ramifications du premier et du deuxième ordre des nerfs ci lia ires k U'iles cellules isolées, à contour bien délimité, et munies parfois de deux ou tn* prolongements, dont le passage dans les tihres nerveuses à gaine médullaire >J pu, à la vérité, être reconnu d'une façon certaine, mais sans que celte cirt*stance ait empêché lViuineut physiologiste de considérer ces organes rom* de véritables cellules ganglionnaires. Il a trouvé, eu outre» jusque dan* le* fiH*
icrveux les plus déliés du muscle ciliaire, là même où les fibres primitives se li visent, de petits renflements de la fibre, au centre desquels se voit un petit orpuscule arrondi, de forme ovale, et ayant l'apparence d'une cellule ganglionlaire bi-polaire. Nul doute que ce ne soient deux cellules ganglionnaires, bien pi'elles ne soient point en connexion avec Taxe des fibres nerveuses.
11. Anatome comparée on muscle ciliaire. La nature musculaire de l'orgaoe désigné pendant si longtemps sous la dénomination de « ligament iïiaire » n'est reconnue, sans conteste, que depuis peu d'années. Ainsi, nous trouvons encore, à ce sujet, dans l'ouvrage de M. Hirschfeld, publié en 1853 Métrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes fa sens de l'homme), le passage que voici : t Sans entrer dans les détails, nous dirons qu'on a fait tour à tour, du cercle ciliaire, un plexus nerveux, un renflement tendineux et glanduleux, un moyen d'union et d'appui pour les parties mobiles de l'intérieur de l'œil, etc. Les g'obules ganglionnaires qu'on y a remarqués, la grande quantité de nerfs qui le traversent et la manière dont ils se comportent, l'ont fait ranger, parSœmmerring et d'autres anatomistes, au nombre des ganglions nerveux ; mais les vaisseaux sanguins et le tissu cellulaire qu'il renferme, et surtout l'absence complète de globules ganglionnaires, que j'ai constatée au microscope, de concert avec M. Charles Robin, m'interdisent de l'envisager comme un ganglion. Ses attributions, comme sa structure, me paraissent complexes. »
Ce n'est pas à dire, pour cela, que la nature réelle du cercle ciliaire n'eût été pressentie avant cette époque. Ainsi, dit M. Bowmann (Leçons sur les parties intéressées dans les opérations quon pratique sur l'œil, 1847, publiées dans les Annales d'oculistique, 1854, t. XXXI, p. 27), « quelques anatomistes, et particulièrement l'intelligent et ingénieux Porterlield la croyaient musculaire, bien que, de longtemps, la fine anatomie ne fût pas encore assez avancée pour en fournir b preuve, ni pour permettre de démontrer aucune autre opinion sur ce point. »
On sait, d'autre part, qu'en 1844, le docteur Clay Wallace, de New- York, avait signalé l'existence des « muscles ciliaires » dans l'œil humain (Boston, Med.and Surg. Journal). « En fendant le corps ciliaire, dit-il (Annales d'oculistique. 1848, t. XIX, p. 230), j'ai mis à découvert les muscles ciliaires, dont l'existence n'était pas encore bien démontrée, quoique la présence de fibres musculaires dans le ligament ciliaire eût été annoncée par Kepler, Porterfield, Crampton, Baueret Knox. Il existe deux muscles ciliaires : en disséquant le ligament ciliaire et la choroïde, on trouve le muscle ciliaire externe adhérent à cette dernière ; l'interne seul demeure accolé à la portion du corps ciliaire dépourvue de fibres. Le muscle ciliaire externe est en rapport avec la sclérotique et le ligament ciliaire ; l'interne avec la membrane celluleuse qui réunit les procès ciliaires ; tous deux sont insérés à la choroïde, à la ligne de terminaison de la rétine. »
Quoi qu'il en soit, c'est à l'anatomie comparée que revient l'honneur d'avoir, h première, fourni des données sérieuses relativement a l'existence d'un < muscle » ciliaire. Ainsi, dès 1815, Philippe Crampton (Annales de Thomson, toi. I") avait découvert, dans l'intérieur de l'œil de l'oiseau, un muscle ciliairenttaebé, d'une part à la surface interne de l'anneau osseux qui se rencontre dans l'œil de ces animaux, de l'autre à la cornée, et lui avait donné le nom de « depressor torneœ • parce qu'il lui supposait la propriété d'aplatir, par sa contraction, la
cornée, et de servir, par conséquent, à ajuster les yeuxvpour la vision d'objets éloignés. De son côté, Bruecke avait, beaucoup plus tard (Milliers Archiv., 4849, p; 375), étudié et décrit ce muscle chez le grand-duc et le casoar, et exprimé lavis que l'action en était inverse de celle que Crampton lui avait attribuée, c'està-dire qu'elle devait avoir pour effet de faire bomber la cornée, et ainsi de disposer l'œil pour la vision d'objets rapprochés. Le même anatomiste avait découvert, dans l'œil de ces oiseaux, un autre muscle, naissant aussi circulai renient de la surface interne de l'anneau osseux, et s'attachant, en arrière, au bord de la choroïde. « Ce muscle, en se contractant, dit-il, doit tendre la choroïde avec h rétine sur le corps vitré ; c'est pourquoi je lui ai donné le nom de « tenseur de la choroïde. » 11 est composé de fibres striées transversalement et semblables à celles du muscle de Crampton et à celles de l'iris. Le muscle tenseur de la choroïde se retrouve chez les reptiles et même chez l'homme et chez les mammifères. II ne présente pas, il est vrai, de stries transversales dans cette dernière classe de vertébrés, mais l'étude microscopique ne peut laisser aucun doute sur la ressemblance exacte des fibres de cet organe avec celles de l'iris : les unes et les autres offrent les plus grands rapports avec les fibres musculaires de la vie organique. L'anatomie comparée porte d'ailleurs à considérer ces parties comme de véritables muscles. Le muscle « tenseur de la choroïde » est facile à trouver, ce n'est pas autre chose que le « ligament ciliaire. »
« L'habile micrographe anglais, M. Bowmann, dit en terminant M. Brùcke, est arrivé tout récemment à des conclusions analogues sur la nature du ligament ciliaire, découverte qui semble appelée à jouer un rôle important dans la questiou de l'ajustement, en révélant l'existence de fibres musculaires susceptibles de modifier considérablement, par leurs contractions, le pouvoir réfringent de l'œil. •
Et, en effet, M. Bowmann avait fait, vers l'année 1846, cette importante découverte de la nature musculaire du • cercle ciliaire » et en avait, à ce point de vue, fait l'objet d'une partie de sa Troisième leçon (Lectures on the Pari concerned on the Opérations on the Eye, etc. London, 1 849) délivrée à Moorfiekb en 4847.
M. Donders (Onderzoekingen ged. in het phys. labor. Jaar XI, p. 56) s'est ultérieurement occupé du muscle ciliaire des oiseaux; la description que nous donnerons plus loin, notamment eu ce qui concerne la lame sclérotidienne interne, n'est guère que la reproduction de ses recherches. Cependant, un point lui avait échappé : il ignorait l'existence des fibres scléro-choroïdiennes externes, qui ne furent découvertes que par II. Millier (Archiv fur Ophthalmologie, Bd. IU, Abth., 1, 5, 25). Voilà pour les oiseaux.
Les libres musculaires du j ligament ciliaire » des mammifères ne furent révélées que beaucoup plus tard. Bowman (loc. cit ) et Bruecke (id.) découvrirent chacun de sou côté, les fibres radiaires, mais laissèrent à H. Huiler (Sitzungsherichte der phys. med. Gesellsch. in Wùrzburg, 1855), le soin de démontrer les fibres contractiles circulaires.
A l'exposé qui précède, il convient d'ajouter quelques données se rattachant au muscle ciliaire de la classe des mammifères. Nous les devons à H. Noël. Elles sont entièrement inédites.
[Au point de vue qui nous occupe, les mammifères constituent un type à part, que nous opposerons au type bien distinct des oiseaux et des reptiles. Le muscle ciliaire existe chez tous les mammifères, et, chez tous, est forme de fibres contractiles lisses ; mais il présente des différences de deux ordres : 1°
iscle est tout entier plus ou moins développe, on bien l'un des deux systèmes fibres (les radiai res ou tes circulaires) peut prédominer sur l'autre. Pour ce qui est du développe tuent du muscle, l'espèce humaine l'emporte loin sur les autres mammifères ; à peine quelques singes approchent-ils de mime à cet égard; les lapins, au contraire, n'ont qu'un muscle ciliaire rudintaire. Quant au développement relatif des deux espèces de fibres dont le scie ciliaire est composé, on peut dire, en général, que les fibres circulaires de la tendance à s'effacer au profit des fibres radiaires. Elles manquent même iplétement chez le chat et chez le chien.
fous avons hâte d'eu arriver au second type signalé plus haut, au type caracsé par l'existence, dans le muscle ciliaire, de fibres musculaires striées transatement. Malgré l'ampleur de la catégorie animale sur laquelle s'étale ce type »mprcitd les oiseaux et les reptiles), l'architecture du muscle n'y subit pas les odes variations que nous venons de signaler chez les mammifères. La disposii des éléments contractiles n'y change guère d'un bout à l'autre. a figure 6 représente une coupe méridionale de l'œil du dindon, prise dans ègion du corps ciliaire. La cornée (C) s'y prolonge eu arrière dans deux lames tissu fibreux : les lames sclérotidiennes interne ÇLi), et externe (Le), sépa-
L Conte tmuparente. — L, Épilhéliura antérieur de la conte- — D, Membrane de Detcemei. - , Urne icleroLidieane interne. — Le, Lame ulérotidienne eileme. — Lo, Anneau oascui. — Le, Lan , Iris. — Pc, Precei ciliaire). — Cl. Choroïde. — n. Nerf ciliaire (qui te renconli
es par une espèce de fente destinée à loger les fibres musculaires striées. La me sclérotidienne externe, de beaucoup la plus développée des deux, est remar- «b!e par la section transversale de l'anneau osseux (Lo), et, plus en arrière, V la présence de la lame cartilagineuse (Le). L'anneau osseui n'est pas formé ir deux lames osseuses superposées, comme on pourrait être tenté de l'admettre 'ares lo dessin, mais par un certain nombre de plaques osseuses imbriquées mile sens équatorial. De cette manière, la coupe en touche tantôt uuc seule, ifltôt deux, dont l'une peut être plus développée que l'autre. C'est cette disposa qui existe chez tous les petits oiseaux. Chez les oiseaux rapaces, l'anneau «ux est tout d'une pièce, mais renferme un système très-développé de lacunes rdullaires.
La lame sclérotidienne interne (Li), à son origine continue avec la lame externe, UCT. ne. XVII. 18
u^ CILIAIRE
eu t:.ii .^aico plu* ou arrière par la fente qui loge les fibres musculaires. Assez i l>,.i ^ u i\.uii, elle diminue d'épaisseur à mesure qu'elle donne naissance aux uUv.. musculaire*, et cesse par une extrémité acumiuée, à peu près à la hauu ui vlu milieu do Panneau osseux. Gomme on le voit dans le dessin, elle est la vt'uUmuUiui directe de la membrane de Descemet (D) et des lames cornéennes poaUiuurea. Dans sa partie postérieure, acumiuée, sa trame est un tissu fibreux ik tuVv* parallèles, rappelant un tendon musculaire. Dans sa partie antérieure, (pairie, la structure est plutôt réticulée. Des fibres élastiques, éparsesdans toute *uii épaisseur, se condensent et s'amassent plus particulièrement à sa face interne. pliant aux fibres musculaires, leur disposition est la suivante : D'avant en arrière, elles naissent de la face externe de la lame sclérotidienne interne (1), et se dirigent en arrière, les plus avancées de dedans en dehors, les suivantes de plus en plus directement en arrière. Celles qui naissent de l'extrémité de la lame sclérotidienne interne, très-allongées, suivent la courbure que forme l'anneau osseux en cet endroit.
Pour ce qui regarde l'insertion postérieure de ces fibres musculaires, les antérieures (le plus grand nombre) vont s 'insérer à la face interne de la lame sclérotidienne externe, au niveau de l'anneau osseux. Pour cette insertion, la sclérotique offre môme une modification particulière de sa texture, modification consistant en une disposition tout à fait parallèle des fibres constituantes, et rappelant l'extrémité postérieure de la lame sclérotidienne interne. Enfin, les fibres qui naissent de l'extrémité de la lame sclérotidienne intente (2), après avoir suivi la courbure de l'anneau osseux, vont s'insérer dans la choroïde. En ee deniier endroit, la choroïde aussi offre une modification de texture qui rappelle la lame sclérotidienne interne.
Enfin, des fibres d'une troisième espèce (5) naissent de la lame sclérotidienne externe, s'appliquent contre les précédentes, et vont également s'insérer dans la choroïde*, en s'étendant jusque sous la lame cartilagineuse de la sclérotique.
Dans ces trois endroits différents, l'insertion a lieu d'après un seul et même mode : vers leur extrémité, les éléments contractiles s'amincissent de plus en plus, et finalement le sarcolemmc seul se prolonge en un mince filet, qui va s? perdre au sein d'un tissu conjonctif à fibres parallèles, entremêlé de fibres élastiques ; en un mot, à l'insertion dans la lame sclérotidienne et dans la choroïde, nous retrouvons le tissu que nous avons vu constituer la lame sclérotidienne interne.
Nous avons ainsi appris à connaître trois espèces de fibres musculaires qui* vu leur disposition, pourraient répondre aux désignations suivantes, eu procédant d'avant en arrière : fibres inter-sclérotidiennes, fibres scléro-choroîdienne* internes et fibres scléro-choroïdiennes externes.
Telle est la disposition du muscle proprement dit. Pour des raisons physiologiques, iL nous semble indispensable d'ajouter ici quelques mots se rattachant aux fibres musculaires de l'iris et au tissu élastique du canal de Fontana (roy-
Le canal de Fontana (cF) est une lacune en forme de fente, ouverte en avant et rétrécie en arrière, comprise d'uue part entre l'iris (1), les procès oiliaire* (Pc) et la choroïde (C/i), et d'autre part entre la lame sclérotidienne interne et cette partie des fibres musculaires qui, du sommet de la lame sclérotidienne. s'étendent vers la choroïde. Eu ce dernier endroit, les fibres musculaires forment }
la paroi externe du canal de Fontana. En avant, contre la chambre antérieure*
GILIAIRE. 275
e canal est élargi et de forme triangulaire sur une section transversale ; dans sa ortie postérieure, amincie, il arrive jusqu'à l'endroit où les fibres musculaires 'insèrent dans la choroïde. Le canal de Fontana n'est pas cependant une fente icunaire purement et simplement, il est traversé par un système de fibres élasiques dont la disposition est la suivante : Vers sa périphérie, la membrane de Descemet (D) commence à gagner une tructure fibrillaire, et finalement se résout dans un certain nombre de fibres lastiques, dont les unes s'isolent complètement et vont contribuer à former le fstème réticulaire du canal de Fontana. D'autre part, dans toute l'étendue delà une sclérotidienne interne, on voit se détacher de celte dernière des fibres lastiques qui se perdent également dans le réseau élastique du canal de Fontana. le réseau est formé en avant de fibres qui, de la membrane de Descemet, vont 'insérer en ligne plus ou moins directe à la périphérie de l'iris, et par des ranches particulièrement fortes et nombreuses, à la face externe des procès iliaires. Plus en arrière, il y a formation d'un véritable réseau, à mailles plus errées, séparant et reliant ensemble la choroïde et la lame sclérotidienne interne, la manière d'une lame continue de tissu élastique.
Nous en venons au tissu musculaire renfermé dans l'iris. De même que dans e muscle ci liai re proprement dit, nous y trouvons des fibres striées transversaement. Vu leur direction, l'on en distingue de circulaires et de radiaires. Les ibres circulaires, de beaucoup les plus nombreuses, se localisent dans toute 'étendue des plans antérieurs de la membrane indienne, sans que cependant es plans postérieurs en soient complètement dépourvus. De plus,' dans les >lans antérieurs, elles s'amassent en deux ou trois endroits, de manière à former ratant de faisceaux circulaires concentriques. Ces cercles musculaires se marquent l'ailleurs par autant de bourrelets circulaires de l'iris, proéminents dans la chambre intérieure de l'œil. Quelques fibres circulaires s'étendent dans les parties les plus périphériques de l'iris, jusqu'à l'origine des procès ciliaires.
Les fibres radiaires, beaucoup moins nombreuses, localisées dans les plans
indiens postérieurs, s'étendent également jusqu'à l'origine des procès ciliaires.
Si, après cette description anatomique, nous essayons de jeter un regard rapide
sur les fonctions des parties, nous devons commencer par avouer que nous sommes
loin de pouvoir les saisir dans toute leur étendue. Dès maintenant, quelques
points peuvent cependant être touchés avec quelques chances de plausibilité.
Commençons par le muscle ciliaire proprement dit.
Parles expériences ingénieuses de Hensen et de Vôlkers (Ueber'den Mecha- BÛfltu* der Accommodation, ÏTie/, 1868), nous savons, à n'en pouvoir douter, que, dans l'effort accommodateur (au moins chez les mammifères), la choroïde est déplacée en avant, et glisse le long de la face interne de la sclérotique.
Cette donné suffit pour expliquer le mode d'action des fibres scléro-choroïfônnes internes et externes. Ces fibres, en se contractant, tirent la choroïde en ft*nt, en prenant leur point d'appui fixe dans les deux lames sclérotidiennes. Ce déplacement choroïdien est facilité par une particularité importante de l'œil fa oiseaux. D'après ce que j'ai cru voir, l'espace compris entre la choroïde et la erotique (l'espace supra-choroïdien de Schwalbc) n'est pas, comme chez les QUmmiferes, traversé par un système de trabécules allant d'une membrane à l'autre; c'est réellement une lacune tapissée par une membrane endothéliale, à l'instar d'une cavité séreuse. Cet arrangement, on le comprend, doit faciliter le glissement de la choroïde sur la sclérotique.
. Pour ce qui regarde les faisceaux musculaires inler-sclérotidiens, au lien de qous perdre dans des hypothèses problématiques, nous préférons avouer noire ignorance touchant l'effet résultant de leur contraction.
Faisons observer seulement que, tu la direction des fibres de la lame sclérotidiemie interne, la ligne suivant laquelle leur action est appelée à s'exercer doit être dirigée selon la longueur de la lame sclérolidienne interne. La figure 7, représentant une partie de l'œil de l'autruche, est particulièrement apte à éclairer ce dernier ,^lr point : Les fibres musculaires y
agiront en ligne droite sur la périphérie cornéenne. Il en est de même des fibres scléro-cboroïdiennes internes.
Le résultat de la contraction des fibres musculaires de l'iris t£ semble ressortir plus clairement de leur disposition. Les fibres radiaires élargiront la pupille, el les fibres circulaires la rétréciront. Hais les fibres circulaires, tu h connexité de l'iris avec les procès ciliaires, agiront également sur ces derniers, c'est-à-dire qu'atee l'iris ils seront tiraillés et déplacés en dedans, vers l'intérieur du ^t'JStaw b,llbe 0™^^. Mais ce dépbce- — i, Pc, c», iris, pndi ment agira sur les parties «tuées ' ""*"«! * pl«s en dehors, ce qui conduit à la fonction du (issu élastique du canal de Fonlana.
L'iris et les procès ciliaires étant déplacés en dedans, le tissu élastique sera tiraillé, devra s'allonger dans le même sens. L'action musculaire venant ensuite i cesser, l'élasticité mise en jeu retirera l'iris et les procès ciliaires dans leur position primordiale.
La figure 7, qui représente la partie antérieure du canal de Fonlana de l'iutruchc, est une représentation très-frappante de ce mécanisme. L'iris et les procès ciliaires sont un peu tiraillés vers le centre de l'œil, mettant ainsi plus complètement à nu l'arrangement du tissu élastique du canal de fonlana. La périphérie de l'iris montre un faisceau épais de libres musculaires circulaires, et l'on remarquera que l'insertion du tissu élastique à l'iris se lait précisément à la hauteur de ce faisceau musculaire. Plus eu arrière, un grand nombre de fibres élastique! s'insèrent an niveau des procès ciliaires.
Telle sera donc la fonction pour la partie antérieure du réseau élastique. Li partie postérieure a une fonction identique, mais qui est mise en jeu pur « tout autre muscle. Nous avons dit que le muscle ciliairc tire la choroïde « avant. Ce déplacement s'étend sans doute à la partie de la choroïde située en avant de l'insertion musculaire, el peut-être même aux procès ciliaires. D'à autre coté, la lame sclérolidienne interne, restant à sa place tout au moins, m bien étant tirée en sens contraire de la choroïde, le tissu élastique en cet endroit
r déployer les libres élutiquei
é également, et, après cessation de l'action musculaire, fera retourner e en arrière.
«tir les deux muscles nous trouvons, entre des forces contractiles et élastiques, un antagonisme qui saute aux jeux, rien qu'en considérant ion anatomique des parties.
rions entraînés trop loin s'il nous fallait, pour toute la classe des oiini drer les différences que présentent les dispositions décrites; qu'il *e de dire que cette organisation se retrouve en somme chez tous les «s oiseaux examinés par nous à ce point de vue sont : le dindon, le hiruche, l'aigle, le faucon, l'oie et le canard.
. l'autre système de fibres du muscle ciliaire peut s'Iiypertrophier aux s autres, mais sans en , entamer le plan général de l'architecture. Le :ut se ramasser en un espace plus rétréci ; dans ce cas son épaisseur ; ou bien il peut s'étendre en largeur, daus le sens de son méridien, ême animal, le muscle est plus étiré du coté de la tempe que du coté a forme générale de l'œil s'eu ressent et devient asymétrique, en ce du côté du bec, la région ciliaire dans sou ensemble est plus étroite que
la tempe.
icle ciliaire à fibres striées se rencontre également chez les tortues. Au vue de la disposition du muscle ciliaire, l'œil de la tortue maritime
tout à fait à celui des oiseaux. Les différences entre l'œil de la tortue n dindon ne sont pas plus grandes que celles entre l'œil du dindon et «rtains autres oiseaux. La cornée se prolonge en deux lames sclérotilentiquement situées, et le muscle ciliaire est composé de trois espèces . Enfin, d'après les s de H. Multer, la position d'un muscle fibres musculaires ùste chez le camé-
lacerta agilis.
marque encore ton- ■ latomie comparée de les procès ciliaires :
■pfi des oiseaux, nous t jouer un rôle imix fibres musculaires dans l'effort accom- . Or, l'hypothèse de i sur le mécanisme uuodation, hypothèse . •ralement admise au- , fait complètement abstraction des contractions de l'iris. Le lait : les oiseaux, l'iris influe sur le mécanisme de l'accommodation, ornent avec le muscle ciliaire proprement dit, ne permettrait nullei inférerque la même chose doive exister chez les mammifères, et plus eut chez l'homme. Chez certains mammifères cependant {lapin, lièvre, existe une disposition en vertu de laquelle la contraction de l'iris doit ément une influence sur la position des procès ciliaires, et par consé-
la forme du cristallin. Chez ces animaux, en effet, les procès ciliaire*
C, Cornfe trinspirenie. — E, Épiihtlium. — II. Membnn c IteHimet. — 1, Iri». — Ut, Choroïde. — flic, Muscle tiliiire — R, Prorè» ciliaim.
378 CILIÀIRE.
août des appendices de l'iris à la face postérieure de cette dernière. Du regard jeté sur la figure 8, qui schématise l'œil du lapin, fera comprendre comment des contractions de la périphérie de l'iris déplaceront les procès ciliaires vers l'intérieur de l'œil, ou bien en sens inverse, vers la sclérotique. De l'arrangement des fibres contractiles du muscle ciliaire (me), il semble même ressortir qu'une contraction de ces fibres ne saurait exercer d'influence sur la situation des procès ciliaires que par l'intermédiaire de l'iris.]
III. Physiologie du muscle ciliaire. La seule fonction, et l'importance en est capitale, qui, dans l'état actuel de la science (1875), soit attribuée à cet organe, est celle qui consiste à ajuster l'œil aux différentes distances, c'est-à-dire i donner, suivant le besoin, à celles de ses parties qui sont susceptibles d'en varier, une forme qui soit en rapport avec les puissances rélractives nécessaires pour que l'eut re-aoisement des rayons, -partant d'un objet déterminé, vienne se (aire sur la couche des bâtonnets cl des cônes de la rétine, destinée à en recevoir l'impression et à la transmettre au cerveau. Cette faculté, qui a déjà fait, dans ce Dictionnaire, l'objet d'un article dû à la plume d'un des ophthalmologues les pins érudits de l'époque, M. Giraud-Teulou, se nomme Accommodation (voy. ce mot).
L'auteur de cet excellent travail, publié eu 1864 (t. I, lre partie), a examiné avec le plus grand soin le rôle joué par le muscle ciliaire dans l'exercice de cetti impoil an le fonction, et, après avoir discuté les diverses opinions exprimées à ce sujet, en est venu à cette conclusion : « qu'aucune des hypothèses ne précise, avec l'exactitude voulue, la façon dont le muscle ciliaire en arrive à modifier 11 convexité du cristallin, et qu'il se reconnaît impuissant lui-même à dévoiler cette obscurité » (loc. cit., p. 336).
Les dix années qui se sont écoulées, depuis que ces lignes ont été écrites, n'ont point, il faut le dire, fait avancer sensiblement la solution du problème, fl reste acquis, plus que jamais, que c'est par des changements dans la forme do cristallin que les conditions réfractives de l'œil se modifient suivant les besoins; mais, quant à relier l'effet à la cause, on en est encore réduit, à cet égard, à des conjectures plus ou moins vraisemblables. La dernière hypothèse, due.à Helmholtz, est celle qui, aujourd'hui, réunit le plus grand nombre d'adhérents. Nous la donnons ci-après, telle qu'elle est exposée dans son Optique physidogûpu (édit. franc., Javal-Klein, p. 150 et 151) :
« D'après la supposition de Cramer et de Donders, dit-il, l'iris et le muscle ciliaire produiraient le changement de forme du cristallin par l 'intermédiaire d'une augmentation de pression dans le corps vitré et sur les bords du cristallin, à laquelle le milieu de sa face antérieure, situé derrière la pupille, serait seul soustrait ; et il faut convenir, en effet, que l'augmentation de courbure de h surface antérieure du cristallin, que Cramer avait observée le premier, pourrait s'expliquer de cette manière.
« Quant au changement de forme du cristallin, tel qu'il se compose d'aprfc mes mensurations, il ne peut s'expliquer ainsi sans faire intervenir une antre force. Il est évident que l'augmentation de la pression hydrostatique, qui agH sur la face postérieure et sur les bords du cristallin, ne peut en faire augmenter l'épaisseur. Une pression ainsi dirigée aurait pour effet d'augmenter la courbai* antérieure du cristallin, mais d'en aplatir en même temps la face postérieure.
« Une hypothèse, qui parait échapper à cette difficulté, consiste à admetti* que le cristallin, dans l'état de repos répondant à la vision des objets éloigne*»
i par la zonule, qui s'insère à son bord. Les plis de la zonule, en parleur insertion à la capsule du cristallin, se dirigent en dehors et en en formant comme des étais pour les procès ciliaires, et, à l'extrémité ure de ces procès et du muscle ciliaire, ils unissent par se perdre dans )rane hyaloïde, la rétine et la choroïde. Lorsque le muscle ciliaire se S il peut, en faisant avancer l'extrémité postérieure de la zonule, la er du cristallin et en diminuer la tension. Or, comme celle-ci doit avoir :t d'augmenter le diamètre du cristallin et d'eu diminuer l'épaisseur i la courbure de ses faces, l'amoindrissement de cette même teusion, tcommodation pour les objets rapprochés, aura pour résultats : la dimie la largeur du cristallin, l'augmentation de son épaisseur et celle de ure de ses deux* faces. Faisant intervenir, de plus, la pression de l'iris, i du plan qui passe par l'équateur du cristallin se portera en avant. Par courbure de la face antérieure augmentera, et celle de la postérieure ra, de manière à pouvoir redevenir à peu près ce qu'elle était, dans le i disposé pour la vision à distance. »
ur ajoute que, tout en regardant cette opinion sur le mécanisme de l'action comme la plus vraisemblable, il n'y attribue néanmoins qu'un : de probabilité. Ajoutons que c'est aujourd'hui l'hypothèse qui réunit le îd nombre d'adhérents, l'hypothèse classique.
int la théorie du célèbre physiologiste allemand, sauf en ce qui conction de l'iris, qui, en tout cas, ne peut être que secondaire, une accomî parfaite n'étant pas incompatible avec une aniridie absolue, nous préinsi le fonctionnement des divers organes dans l'accomplissement de Pressante fonction.
on état d'isolement et échappant à toute influence extrinsèque, le crisme forme qui lui donne son maximum de puissance réfractive : il est i avant autant qu'il peut l'être. C'est cet état qu'on lui découvre sur le alors que toutes les puissances susceptibles d'intervenir pour modifier sont absolument passives. Un œil possédant un semblable cristallin sommodé pour les petits objets, toutes choses étant physiologiques d'aillis il n'en est jamais absolument ainsi : l'œil est normalement accomur les objets éloignés. Que se passe-t-il donc pour produire cet état Une action en vertu de laquelle la voussure du cristallin se trouve i, et cette action c'est la tension physiologique de la zonule de Zlnn qui lit. L'accommodation est-elle réclamée pour la vision d'objets rapprochés, se relâche et le cristallin reprend, grâce à ses qualités, intrinsèques, à é sans doute, une convexité en avant, proportionnée au degré de liberté i accorde. Or, c'est la contraction du muscle ciliaire, relâchant la n en reportant en avant l'insertion postérieure, qui est le facteur de ce ent et partant de la fonction tout entière.
abli, il reste à savoir si c'est le muscle au complet qui est chargé de la zonule ; ou si c'est l'une de ses parties seulement, celle composée des culaircs, à qui ce rôle est dévolu, les faisceaux radiés demeurant passifs rgeant d'agir en sens contraire. Cette dernière théorie, tout en restant 'hypothèse, est celle qui paraît la plus vraisemblable. Disons sur quels noué semble devoir s'appuyer :
a, eu ce qui concerne l'innervation et l'action du muscle ciliaire et l'iris, une analogie étroite, qui invite à considérer les fibres circulaires
et les fibres radiées de ces deux organes comme jouissant d'un mode identique de fonctionnement; activité pour les premières, passivité relative pour les secondes.
1° Au point de vue de l'innervation. L'iris et le muscle ciliaire reçoivent leurs nerfs de la même source : des nerfs ciliaires directs (émanation du nerf nasal, branche du trijumeau) et des nerfs ciliaires courts, envoyés par le ganglioe ophthalmique, lequel, nous l'avons dit plus haut, reçoit ses racines du nerf oculo-moteur commun, du grand sympathique et du nerf trijumeau, a. L'action du nerf oculo-moteur commun sur le muscle sphincter de la pupille est hors de doute. Non-seulement, dans la paralysie de ce nerf, la pupille est dilatée et immobile, mais encore elle se contracte énergiquement chez les animaux, sur lesquels on irrite ce nerf à la base du crâne. Le nerf de la troisième paire est donc la condition sine qua non des mouvements réflexes de l'iris. Il ne reste ph» aucune trace de ces phénomènes lorsque la paralysie de ce nerf est complète. L» même chose a lieu pour l'accommodation : paralysie de cette fonction quand le nerf est paralysé, son activité progressive à mesure du degré de son irritation. L'accommodation marche de pair avec la contraction ou la dilatation pupUlaires. b. L'influence du grand sympathique sur les mouvements de l'iris est indéniable : la racine grise du ganglion ciliaire ou ophthalmique a pour effet de relever la tonicité des fibres radiées de cet organe. Après la section du nerf vague, la pupille se contracte. Au contraire, la dilatation pupillaire suit invariiblement l'irritation du cordon cervical du grand sympathique. Ces actions résultent du fonctionnement des fibres radiées, cessant, dans le premier cas, d'être contre-balancées par les fibres circulaires réduites à l'impuissance; dans le second, les dominant par le surcroit d'action qui leur est imprimé. Dans l'élit physiologique, l'accommodation suit encore ici la contraction pupillaire, les fibres radiées du muscle ciliaire cessant d'opposer aucun obstacle à l'entière action des fibres circulaires. On pourra objecter ici, avec grande apparence de raison, que, dans l'état pathologique, cette loi peut se trouver enfreinte ; que, par exemple, dans le tabès dor salis, tandis que la pupille est réduite à son degré maximum de contraction, l'accommodation se trouve parfois plus ou mon» complètement abolie. Le fait est réel, mais il ne constitue qu'une exception, qui attend son explication : en pathologie, il ne suffit pas toujours d'interroger un seul facteur, pour se rendre compte d'un phénomène anormal, c. Uinft*ewcc du nerf trijumeau sur l'iris et l'accommodation est encore entourée de ténèbres. On doit admettre, par exclusion, que le nerf de la cinquième paire donne la sensibilité à l'iris et au muscle ciliaire, attendu que, ni le nerf oculo-moteur, ni le grand sympathique ne renferment de fibres sensitives qui puissent expliquer In grande sensibilité de ces organes. Celle-ci est d'ailleurs abolie par la section do trijumeau.
2° Au point de vue de la fonction. La synergie qui unit l'iris au muscle ciliaire, et vice versa, se révèle tout entière dans l'acte de l'accommodation. En effet, du moment où l'œil se façonne pour la vision des objets rapprochés, c'est' à-dire où le muscle ciliaire intervient activement pour permettre à la lace antérieure du cristallin de se bomber en avant, la pupille se resserre et son bord pupillaire se déplace en avant, par la contraction de ses fibres circulaires. I* contraire arrive quand l'œil redevient indifférent ou qu'il regarde au loinîk muscle ciliaire rentre alors au repos et y entraîne l'iris ; la pupille reprend soo degré normal de dilatation, son sphincter cesse d'agir. Il est donc logique d'id-
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lettre que les fibres musculaires circulaires, qui constituent le sphincter du mscle ciliaire, jouent le rôle actif dans l'acte de l'accommodation ; que ce sont Iles qui, dans la théorie d'Helmholtz, font, en se contractant, avancer l'extréùté postérieure de la zonule de Zinn, pour la rapprocher du cristallin et en iminuer ainsi la tension ; de même que le sphincter pupillaire entre en action, umèine instant, pour diminuer l'étendue de la pupille et compléter ainsi l'acte e rajustement. L'analogie se continue-t-clle en ce qui concerne les fibres adiées ? Beaucoup l'ont niée de la manière la plus absolue, d'autres se sont conîntés de la considérer comme attendant encore sa démonstration. Pour nous, Ile nous paraît devoir être admise ; malgré les objections qui y ont été adressées, tbien que celles-ci n'aient point été réfutées complètement jusqu'ici, il nous araît difficile de ne pas considérer les fibres radiées du muscle ciliaire comme es antagonistes de ses fibres circulaires, et, en cela, nous nous rencontrons avec le respectables autorités : M. Henke (W.) admettait, avant nous, que les fibres irculaires du muscle ciliaire produisent seules l'accommodation, tandis que les ibres longitudinales seraient chargées de rétablir l'accommodation à distance, ai d'autres termes, de tendre la zonule de Zinn. M. Giraud-Teulon a formulé li même opinion. Partant du fait établi par Uelmholtz, qu'après la mort le cristallin affecte la courbure même qui correspond à l'accommodation la plus rapprochée, cet ophlhalmologiste distingué reconnaît, avec l'illustre professeur de Berlin, que, lors de l'état indifférent de l'œil, la zonule de Zinn et la capsule du cristallin sont à leur maximum de distension. De même, doivent être également à leur maximum de distension, les fibres annulaires, et, au contraire, à leur maximum tonique de contraction, les fibres radiées ou méridiennes. « Car il ne saurait être supposé logiquement, » ajoute-t-il, « que ces deux ordres de fibres nient autre chose que des antagonistes ; l'allongement des unes ne peut être simultané qu'au raccourcissement des autres. Il suit de là que : lors de l'état indifférent, le tonus des fibres radiées tiendrait distendues, et la zonule avec la eristalloïde antérieure, et les fibres annulaires. L'accommodation est-elle réclamée, la moindre énergie ajoutée à ces dernières rompt l'équilibre en faveur du deuxième groupe, et la zonule revient sur elle-même, ainsi que la capsule intérieure. Le retour à l'état initial s'opérerait par un acte inverse. »
11. Un argument très-puissant, en faveur de cette opinion, repose sur le fait reconnu par HM. Max Schultze et Iwanofif, et que nous avons signalé plus haut (voj. Structure du muscle ciliaire, p. 268), que, chez les hypermétropes, où l'accommodation est presque toujours en exercice, puisqu'elle fonctionne à partir de l'infini (punctum remotum) jusqu'au punctum proximum, les fibres circulaires sont en excès sur les fibres radiées, tandis que, chez les myopes, où l'accommodation n'a à fonctionner qu'à partir du punctum remotum, souvent très-rapproché de l'œil, la prédominance appartient aux fibres radiées, chargées de tenir en respect les'fibres circulaires, et cela dans les proportions les plus manifestes et les plus accentuées. Que cette prédominance relative soit primitive ou consécutive, elle n'en a pas moins, ici, une grande signification.
On a dit, et l'on répète volontiers, qu'il n'y a pas d'accommodation passive ^négative; que, par conséquent, les fibres longitudinales ne peuvent jouer un rôle actif dans la fonction d'adaptation. Il faut bien s'entendre : l'accommodation ne peut se relâcher, c'est bien vrai, au delà d'une certaine mesure ; mais, jusque- &i est-ce bien d'un rôle passif que sont chargées ces fibres quand elles empêchent leurs antagonistes d'atteindre à cette limite, alors que de leur tonus
résulte le maximum de distension des parties auxquelles est dévolu, du chef de leur contraction, l'exercice de toute la fonction ?
Une autre objection a encore été faite à notre théorie, et, pour être complet, nous la reproduisons, bien que n'ayant, pour l'instant, rien à y répondre: « Dans cette théorie, a-t-on dit, l'on doit considérer comme fixes les deux insertions des fibres longitudinales du muscle, et admettre que ce muscle forme, par la contraction des libres circulaires, un arc à convexité interne ; lors du relkhement de l'accommodation, cet arc se redresserait par une contraction active, accompagnée d'un allongement des fibres circulaires. Mais, ainsi que le fait remarquer M. Helmholtz, s'il en était ainsi, la face externe du muscle démit s'écarter de la sclérotique dans l'accommodation rapprochée, et s'y appliquer it nouveau dans l'accommodation à distance. Or, l'on ne voit où prendre le liquide qui viendrait remplir la fente ainsi formée, et, en l'absence d'un liquide, la pression atmosphérique empêcherait tout relâchement du muscle. 1 Mab s'est-on bien assuré que la sclérotique ne suit pas le muscle ciliaire dans ce* différentes évolutions, d'ailleurs si limitées ?
Enfin, l'on a dit encore que les deux ordres de fibres sont très-intimement enchevêtrées, qu'on voit les fibres longitudinales devenir circulaires et inversement, et que cette disposition ne permet guère de concevoir une action isolée des différentes fibres. L'objection n'est pas absolument fondée : chez les hypermétropes et les myopes, la distinction est des plus manifestes.
Nous croyons pouvoir conclure de ce qui précède : que les fibres radiaires sort chargées de maintenir la tension de la zonule de Zinn et du cristallin, et que la fibres circulaires président à l'accommodation active. Quel est le mode de fonctionnement de chacune de ces fibres ? Nous reconnaissons à regret qu'il n'est encore que très-imparfaitement déterminé.
Pathologie du muscle ciliaire. La région ciliaire est des plus intéi-essmtea point de vue pathologique; mais, composée d'éléments multiples, elle ne se prête pas à la délimitation précise de celui ou de ceux d'entre eux qui se trouvent entrepris, dans les altératious dont elle peut être le siège. C'est ainsi que la fr clite (voy. ce mot), qui figure en tète du tableau des maladies inflammation de la région ciliaire, intéresse à la fois la sclérotique, le muscle ciliaire, la partie antérieure de la choroïde, voire même la cornée et l'iris. Elle doit donc être traitée à part et comme une maladie composée.
Le rôle du muscle ciliaire, dans cette catégorie d'affections, n'est certainement point négatif : on en a la preuve dans ce fait que. la limitation et même l'abolition de la faculté d'accommodation en sont le symptôme constant, primitif, parfois même prémonitoire. Mais dans quelle limita prend-il part à la désorganisation, limitée ou complète, que subit le reste de la région ciliaire ? L'anatojn* pathologique se tait à cet égard. C'est ainsi que nous cherchons vainement h trace d'une indication quelconque relative aux altérations qu'aurait subies le muscle ciliaire, dont les trois observations de cyclite et d'irido-cyclite dues à 4 Graefe et citées comme types par M. de Wecker (Traité des maladies des feux, t. 1, p.. 407, Extrait des Archiv fur Ophthalmologie B. VI, A. 1, S. 145). * peut dire, en réalité, que l'anatomie pathologique du muscle ciliaire esta faut
Ce que nous venons de dire des affections inflammatoires s'applique également» en grande partie, aux lésions traumaliques delà région ciliaire. Là aussi la pert prise à l'offense par le muscle ciliaire est difficile à établir, et le rôle joué p*
a manifestation des accidents inflammatoires susceptibles de se déveur suite, et si graves surtout au point de vue des troubles sympathi- Ophthalmie sympathique), impossible à caractériser. On peut dire seu- ! ce rôle n'y doit pas avoir l'importance, que l'examen de la contexture lient nerveuse de sa trame y devrait faire attribuer, quand on considère dont les sections du muscle ciliaire ont joui dans les mains des opéi, dans un but de thérapeutique spéciale, ont érigé cette section en aratoire, contre des affections d'une gravité relativement secondaire, parler du procédé de Hancock, qui, dans le traitement du glaucome, a ibstituer à l'iridectomie, devenue classique dans cette affection, la seo îscle ciliaire, ni de celui de de Graefe» qui a coupé les nerfs ciliaires nir l'ophthalmie sympathique ou y remédier, nous citerons pour s mêmes sections préconisées et pratiquées par M. V. Solomon pour oiinuer ou abolir la myopie ! Or, aucun de ces auteurs ne parait tenir ; accidents susceptibles de se développer à leur suite ni en avoir conaccidents sont donc vraisemblablement déterminés, la plupart du n plutôt par la nature offensive de la cause vulnérante et surtout par e de corps éfrangers, que par la simple section du muscle ciliaire, >ressiounable dès lors, qu'on ne s'est plu à le dire, notamment dans -s temps,
es affections bien connues et bien déterminées dont puisse être atteint biliaire sont : 1° l'insuffisance de son action ; 2° son excès de tonicité, ant à des manifestations similaires de la faculté accommodatrice, et sthésie des nerfs qui entrent dans sa composition (hyperestkésie et iliaire).
'fisance du muscle ciliaire. — A. Insuffisance physiologique. Elle est ou spontanée. L'insuffisance du muscle ciliaire peut être produite à * l'action des substances dites « mydriatiques » principalement de la it de la jusquiame et de leurs alcaloïdes, pris à l'intérieur ou déposés i à la surface de l'œil. (7 est l'insuffisance provoquée. Elle parait due à la substance toxique sur les fibres nerveuses ou sur les cellules gani, et spécialement de la paralysie des fibres du nerf oculo-moteur se , dans le muscle ciliaire, qui en est la conséquence. La paralysie ou la l'accommodation qui en résultent, se développent en même temps que la dilatation de la pupille, ou immédiatement après elle. L'augmenliamètre de la pupille, suivie de l'immobilité de l'iris, puis la diminuntôt la perte complète de l'accommodation, sont deux phénomènes qui de pair, chez les sujets soumis à l'usage des mydriatiques (Voy. les pike, Belladone, Datura, Daturine, Mtdriase et Mtdriatiqoes). sance spontanée du muscle ciliaire est la suite naturelle et obligée du ! l'âge ; elle se manifeste déjà dès l'âge de la puberté, mais, à cette la vie, elle n'est pas sous la dépendance de la même cause qui la régira L'insuffisance précoce atteint tous les yeux, qu'ils soient emmétropes tétropes, mais elle ne dépend pas alors d'un affaiblissement de la fonciilaire, inadmissible à une époque de la vie où toutes les fonctions, et Ile des muscles, sont en voie de développement progressif ; elle est délar l'accroissement de la résistance opposée à son action physiologique, di' cations survenues dans la densité, la fermeté du cristallin, deman- >rs, pour se prêter aux changements de forme nécessités pour l'accom-
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modation, l'intervention d'une puissance plus énergique. Le muscle ciliaire n'i pas perdu de sou énergie, mais une partie de cette énergie s'épuise sur une ré&i- ' stance plus grande, de là l'insuffisance précoce. |
Plus tard, ces conditions changent ; ce n'est plus seulement le cristallin qui J forme alors obstacle à Faction régulière du muscle ciliaire, c'est celui-ci qui, subissant les conséquences de l'âge, à la façon des autres muscles du corps, perd graduellement son énergie. De là ce défaut d'équilibre entre la puissance et h résistance, d'où naît la diminution de l'amplitude d'accommodation, entraînant avec elle une difficulté dans la vision des objets rapprochés, état qui s'appelle presbytie ou presbyopie (voy. Presbytie).
Quand ce défaut d'équilibre est trop sensible, quand l'œil demande au muscle ciliaire plus qu'il ne peut donner, et c'est ce qui arrive surtout chez les hypermétropes, où l'accommodation doit être incessamment invoquée, ce muscle ae tarde pas à se fatiguer, et de cette fatigue résulte une affection connue sous le non d' « asthénopie accommodative » (voy. Asthénopie).
B. Insuffisance pathologique. Elle comprend les paralysies du muscle ciliaire et les parésies, qui n'en sont qu'un degré moins prononcé.
1 . La paralysie morbide de l'accommodation, ou, pojar mieux dire, du mstfk ciliaire, maladie assez fréquente et susceptible de survenir à tout âge, a mi origine dans les filets de la racine courte du ganglion ciliaire (voy. fig. 3, A), c'est-à-dire dans la troisième paire de nerfs, nerf oculo-moteur commun- Quai ces filets seuls sont paralysés, la maladie ne porte, en général, que sur h muscle ciliaire et sur le sphincter de la pupille, qui reçoit ses filets moteurs è la même racine. La dilatation de la pupille est le seul symptôme objectif de etf état : les symptômes subjectifs se résument dans la perte de la faculté d'aommodation, et la correction, par le moyen de verres convexes appropriés, dela> commodité qui en est la conséquence. Quelquefois, cependant, les malades atteints de paralysie ou de parésie du muscle ciliaire se plaignent de voir la objets plus petits qu'ils ne sont en réalité (micropsie) phénomène que H. Doa» ders explique ainsi : « Lorsqu'on fait des efforts d'accommodation, les objet* paraissent plus petits : on croit, en effet, leur distance moindre qu'elle n'est A effet, et, attendu que l'angle visuel n'est pas devenu plus grand, on s'imagiat l'objet plus petit » (Nederlandsch Lancet, 1851 ; Deel. YI, p. 607). Quand, ai contraire, ce qui arrive souvent, d'autres branches de l'oculo-moteur soat atteintes en même temps que l'on a affaire à la paralysie de la troisième paîiti on voit se joindre à la paralysie de l'accommodation et à la dilatation pupiuaift, seuls symptômes du premier état : l'abaissement ou prolapsus de la paupto supérieure et de l'angle externe de la fente palpébrale, ce qui prouve que le rebveur de la paupière supérieure (actuellement paralysé) relève aussi la paupièft inférieure qui s'y attache, la déviation de l'œil en dehors (strabisme externe, hatcitas), etc. (voy. Paralysie de la troisième paire). Quand ces derniers symptocaai existent, la paralysie de l'accommodation est de règle ; l'inverse n'est pas vrai; "cette dernière peut exister et existe souvent en dehors de toute révélation pan» lytique des autres filets du nerf de la troisième paire, en dehors même de k dilatation de la pupille, qui, compagne fidèle de la neutralisation fonctionnent du muscle ciliaire, dans la sphère physiologique, peut reprendre, à l'état patkt» logique, toute son indépendance. Ainsi, l'on ne peut considérer comme ahaok le rapport qui existe entre la paralysie de la pupille et celle de l'accommodation. La paralysie de l'accommodation peut être complète, avec une dilatation
e peu prononcée, telle par exemple, comme c'est le cas ordinaire, que ne pupille placée dans l'obscurité ; de même qu'une accommodation ; peut coexister avec une immobilité absolue de la pupille, et que la de la pupille peut n'être que très-peu altérée là où il y a perte compresque complète du pouvoir accommodateur.
pendance d'action de l'iris et du muscle ciliaire'est, depuis longtemps, ir des faits irrécusables. En voici un observé par H. Fallot (Annales que, 1844, t. XII, p. 89) : « Il s'agit, dit l'auteur, d'un de nos camamédecin de garnison L..., dont une inflammation chronique des memu cerveau aliéna d'abord la raison et termina bientôt prématurément je. Pendant une succession de mois qu'il resta soumis à notre observais constatâmes itérativement une énorme dilatation de la pupille droite ; l'iris encore visible était complètement immobile; le passage le plus et le plus soudain d'une obscurité profonde à une vive lumière ne nous apercevoir aucun mouvement. Et cependant il n'y avait ni trouble ni emert dans les facultés visuelles : soit qu'il fixât des deux yeux alternt ou à la fois, soit qu'il regardât des objets éloignés ou rapprochés, il \guait parfaitement. »
m second fait, inverse du premier et venant à l'appui de cette propoous l'empruntons à l'excellente thèse de M. Coppez : De rophthalmie ralytique (Bruxelles, 1870, p. 50). « Chez trois malades atteints d'ataxie ice au début, dit cet auteur, nous avons pu reconnaître les principaux es signalés par les physiologistes qui ont coupé le grand sympathique ;'est-à-dire le resserrement de la fente palpébrale, la contraction pupil- . Deux choses nous frappèrent et nous croyons qu'elles n'ont encore été par aucun auteur. Sur deux de ces malades (le troisième est aveugle) , malgré le myosis, perte absolue de V accommodation. » Ainsi, dans indis que le sphincter pupillaire était aussi contracté que possible, le iliaire était dans le plus complet relâchement.
uses de la paralysie du muscle ciliaire sont loin d'être bien définies. En ;s parésies, suite de diphthérite, qui feront, plus loin, vu leur intérêt, un chapitre spécial, l'origine de la maladie, dans la plupart des cas, se e imparfaitement. On l'a fréquemment attribuée à la syphilis, aux péet à des tumeurs particulières des nerfs qui peuvent en être la suite ; à s sur l'œil, à des chutes sur la tête, à des excès vénériens, à des de la cavité crânienne, à des abcès de l'orbite, à des altérations du cerveau, à l'hystérie, à l'hypochondrie, etc. Mais, outre que ces s sont au moins hypothétiques, dans les circonstances même où elles ivoquées, elles n'ont jamais donné lieu à la seule paralysie du muscle toujours, dans les cas cités à l'appui, il y avait, en même temps, paraautres parties animées par les diverses branches de la troisième paire, du froid, d'un courant d'air sur le visage au moment où le corps est en tion, de l'exposition de la face à une fenêtre ouverte, soit en voiture, un appartement, pendant le sommeil, est la seule qui puisse être conomme une cause efficiente fréquente et bien établie de cet état. On voit malades, brusquement atteints, s'apercevoir de leur situation, le matin , et se rendant parfaitement compte des circonstances où ils ont été
mostic varie : dans les cas dus à l'influence des intempéries ou d'un
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vent coulis, il est rare que la maladie, bien traitée, ne soit pas guérie an bot de trois à quatre mois. Dans tous les autres, dus à une dyscrasie, soit syphilitique, soit rhumatismale, et survenus progressivement, elle est beaucoup phi lente et plus difficile à vaincre, et il faut être circonspect dans le pronostic à et porter.
Quant au traitement, on comprend qu'il doit varier suivant la cause productrice. Les moyens curatifs sont : dans les cas dus à la syphilis ou soupçotnéi être sous sa dépendance, le traitement anti-syphilitique, des onctions rielles, et surtout l'iodure de potassium ; dans les cas attribués au rhumatii le colchique, la poudre de Dower et encore l'iodure de potassium, aidé» et moyens locaux qui, dans les cas syphilitiques, ont peu d'action et semMeatea avoir beaucoup, au contraire, dans tous les autres ; tels sont : les onctions une pommade à la vératrine (20 centigrammes dans 30 grammes d'axooge), une teinture vératrinée (de 30 à 40 centigrammes de vératrine dans 30 d'alcool ou de teinture d'iode) dont on se sert pour peindre les paupières et les mêmes préparations ayant la strychnine pour base ; les vésicatoires eaux extemporanés, saupoudrés ou non de poudre de strychnine ou de vératrÎM, l'électricité, etc. Dans les cas foudroyants, dus à l'action du froid, les sudorifiqm font parfois merveille : on fait mettre dans un bassin une infusion bien chraàf de fleurs de sureau, au-dessus de laquelle le patient expose sa tête du celé affedfe pendant le temps de la fumigation, il la tient recouverte d'un drap, puis, «fc» ci terminée, s'applique sur l'œil malade une épaisse feuille d'ouate, qu'il y frit fixer au moyen d'un lambeau de taffetas gommé et d'une bande. L'opération ta* minée, le patient se met au lit, prend un grog chaud ou une tisane additkxnét d'acétate d'ammoniaque et transpire du mieux qu'il peut. Ces fumigations n'a» cluent pas l'usage, pendant le jour, des autres moyens locaux indiqués plus hast
Le palliatif de la paralysie du muscle ciliairc consiste dans l'emploi des Terra convexes, destinés à suppléer à l'accommodation perdue. Quant au choix fa verres, M. Donders s'en exprime ainsi : « Dans la paralysie de l'accommodant* il n'y a pas d'objection à placer le point de la vision distincte là où son empli cernent est réclamé, en raison de l'acuité de la vue et des occupations auxquefl» le malade désire se livrer. Quelquefois cependant, spécialement quand la ptialysie de l'accommodation est incomplète, je prescris des verres plus faibles, pur assurer, par l'effort nécessaire, l'exercice du j>ouvoir accommoda teur; mais a» dans ces cas, il survient des embarras asthénopiques, je ne tarde pas a pi*»» crire des verres plus forts. »
De quelle utilité les verres convexes peuvent-ils être dans la paralysie latérale de l'accommodation ? D'aucune. Us ne sauraient qu'encourager ou damner au repos une fonction qui, pour se réveiller, demande des efforts è$ fonctionnement, et, comme utilité immédiate, sont également impuissants, pinV qu'ils ne donnent de vision distincte qu'à une seule distance et oirconserifa£ ansi la fonction de l'œil sain dans les mêmes étroites limites.
La fève de Calabar (voy. ce mot) et les alcaloïdes sont un remède à la té* palliatif et curatif dans cette affection. Palliatif, en ce qu'ils restituent *■ muscle ciliaire, pendant leur période d'activité, l'accommodation endormit* curatif, par les contractions qu'ils y déterminent et qui peuvent y réveiller 1" fonction momentanément abolie. A ce point de vue, l'efficacité du Calabar «rf aujourd'hui bien établie ; l'application de disques gélatineux à l'ésérine (principe actif du physo$tigmajvenenosum ou fève de Calabar), entre les paupière**
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i saurait l'intensité des cas, la durée de l'action chez les différents sujetc Gérance de chacun d'eux à ce puissant agent, constitue l'un des plus sûrs s de rétablir la faculté accommodatrice. Nous avons devers nous plusieurs îi ne laissent aucun doute à cet égard et qui n'infirment point ceux où le agent est demeuré sans effet, un médicament, pour être reconnu bon, ant point la condition de n'échouer jamais.
me moyen palliatif, il a également une grande utilité, en ce qu'il remédie itanément à la réfraction en déficit, sans renfermer la vision distincte t limite d'une seule ligne déterminée ; l'œil, sous l'influence du Calabar, le une certaine élasticité accommodatrice, qui lui permet, et c'est sa supésur les verres convexes, de travailler à des objets obligés à de légères et îelles modifications de la distance. Le Calabar a encore cet autre avantage si sur les verres de lunettes, qu'il fait contracter la pupille, tandis que la laissent largement béante, ce qui, on le sait, donne lieu aux cercles de m, qui entravent si puissamment l'exercice de la vision distincte, lalabar peut-il, sans danger, être continué longtemps dans ses applicanx paralysies du muscle, ciliaire ? Nous connaissons des cas où ces applicaoontiuuées pendant six mois à titre de palliatif et pour remplacer les convexes, mal supportés, ont pu l'être sans qu'il en résultât aucun dom- K>ur l'œil. Nous en connaissons d'autres où le même agent a donné lieu, ment et à plusieurs reprises, après un emploi de quelques jours, à des lions rétiniennes allant même jusqu'à la rétinite, que la suspension de la lion, plusieurs fois essayée sur le même sujet, a fait à chaque coup dise avec une grande rapidité. C'est donc un médicament dont il importe de qu'avec une certaine circonspection et en en surveillant de près les
<es paresies morbides du muscle ciliaire comptent au nombre des paramusculaires qui surviennent le plus fréquemment après les affections Critiques. On sait qu'à la suite de la disparition de tous les symptômes fs, souvent la santé se rétablit avec lenteur et imparfaitement ; les sujets pâles et tombent dans un état de langueur et de faiblesse générale. C'est Muent que se remarque la parésie du muscle ciliaire, soit isolée, ce. qui ornement rare, soit compliquée de la paralysie d'autres organes, et noat, ou pour ainsi dire presque constamment, de celle de l'iris et du pha- Carfois les exsudats sont à peine disparus que ces phénomènes se mani- . Chez certains sujets, tous les muscles de l'œil sont inertes ; il se produit ne sorte de strabisme divergent plus ou moins prononcé, et le regard fixe, ee qui, avec la paresse de tous les mouvements de l'œil, donne à la tomie un air hagard et hébété. Cet aspect a même pu donner le change, 5 croire à des lésions cérébrales, d'autant plus que, dans certains cas, lissement musculaire peut être plus prononcé d'un côté que de l'autre, scie de l'accommodation se paralyse, là pupille devient paresseuse ou rgement dilatée, bien que, la plupart du temps, la mydriase ne soit que raoncée ou même fasse complètement défaut, et les sujets sont frappés jropie apparente. Cependant, cette dernière tient bien plutôt à la paralysie wnmodation qu'à la diminution de la sensibilité de la rétine. L'examen Imoscopique du fond de l'œil n'y révèle aucune lésion, même quand il y nintirie, et d'ailleurs il suffit de placer au-devant des yeux- des verres ss appropriés pour rétablir la netteté de la vision. On a écrit, pourtant,
que certains malades, loin d'offrir de la presbyopie, avaient, au contraire, présenté delà myopie; la preuve en était, disait-on, qu'ils ne pouvaient plus voir de petits objets que de très-près. « Il nous est arrivé de rencontrer un cas semblable, dit M. Lebrun, à qui nous empruntons ce détail (Bennett. Principletof Medicine, trad. franc., Paris, 1873, p. 664), chez une petite fille de 8 ans; mais, chez elle, comme chez les autres, l'application de verres convexes convenables rendait distincte la vision de près. Il se faisait donc, tout simplement, comme on l'observe chez certains hypermétropes, que cette enfant rapprochait les objets de l'œil, non pour avoir des images nettes, mais pour les avoir grandes. » En général, la vision de près est seule indistincte, les objets éloigna restent nettement perçus. Cependant certains sujets doivent faire encore me exception apparente : ce sont les hypermétropes, dont le punctum proximum k la vision distincte peut, par suite de la paralysie accommodatrice, être reporté au delà de l'infini. On emploie généralement le terme de « paralysie » pour daigner ces accidents consécutifs de la diphthérie ; toutefois, l'abolition de la na-. bilité et de la sensibilité n'est peut-être jamais complète, et les muscles atteints répondent encore à l'excitation électrique. C'est pour cette raison que certains auteurs ont voulu remplacer le terme de « paralysie » par celui de « parésie. i
La paralysie diphthéritique du muscle ci li aire peut être le seul symptôme qv survive à l'affection qui y a donné naissance, et, dans ce cas, le diagnostic peut offrir des difficultés à l'observateur dont l'éducation est peu complète ou l'atte* tion distraite : l'absence si fréquente d'une dilatation prononcée de la pupille peut encore contribuer à amener, dans ces cas, une regrettable confusion, et faire prendre pour une amblyopie ce qui n'est qu'une accommodation défaillante. Il suffit de songer à essayer des verres convexes pour lever tous les doutes. Malheureusement l'état général du sujet ne vient que trop en aide au diagnostic: le convalescent est faible, pâle et languissant, et n'a besoin que de prononcer quelques paroles pour mettre sur la voie les moins habiles : la voix est devam nasonnanle, de claire et nette qu'elle était auparavant ; le malade ne prononce plus ni les d, ni les r, il ne peut plus se moucher ni gonfler les joues poor souffler, et, si on lui examine l'arrière-bouche, on trouve le voile du palais paralysé et la luette pendante et allongée; parfois la déglutition est difficile, les liquides refluent par le nez, etc., etc. Ces symptômes accompagnent, au moia* dix-neuf fois sur vingt, la paralysie de l'accommodation et aident ainsi puissamment à la diagnostiquer.
Le traitement des parésies diphthéritiques du muscle ciliaire est celui qui a été indiqué plus haut pour les paralysies non diathésiques, sauf qu'ayant presque toujours à s'adresser à des sujets délibités ou anémiés, il réclame d'ordinaire l'adjonction des toniques et surtout des ferrugineux. L'efficacité du Calabar est ici hors de doute et le professeur Manz (de Fribourg) s'en est récemment exprimé dans ce sens (Annales d'oculistique, 1871, t. LXVI, p. 248). • Le Calabar, dit-il, est-il d'une efficacité réelle dans le traitement des paralysies diphthéritiques de l'accommodation ? Nous pouvons donner à cette question un* solution affirmative et fournir à l'appui une série d'observations qui, au ponri de vue de la précision des dates et de l'étude des faits cliniques, ne laissent rie* à désirer. Presque toutes militent en faveur du Calabar. Mais, pour qu'on a* puisse douter que l'effet curatif est bien dû au médicament et non le resuW d'une tendance spontanée à la guérison, nous avons plusieurs fois applique* V Calabar à une époque assez éloignée du début de la paralysie, alors qu'elle parai*-
l devenue stationnaire. Dans d'autres cas, nous ne l'avons appliqué qu'à un ' d œil et nous nous sommes assuré que, de ce côté seulement, le punctum jximum revenait à sa position naturelle. »
Dans un cas cependant, l'auteur a remarqué que, comme pour l'atropine, ction du Calabar, appliqué sur un seul œil, s'étendait à son congénère, mais ïc cette différence que, pour le second, l'augmentation d'étendue du champ iccommodation s'effectuait d'une manière plus égale et sans ces fluctuations, rfois considérables, qui s'observent du côté soumis à l'action directe du myo- |ue. Cette diflérence entre l'effet immédiat et l'effet médiat du Calabar, loin infirmer l'importance de sa valeur thérapeutique, ne fait, au contraire, que la nforcer. Quant au mode d'administration, l'auteur donne la préférence au pacr de Calabar (nous aimons mieux pour notre part les disques gélatineux) et en appliquer qu'un seul carré à la fois, de manière à obtenir un effet modéré, ir il est d'avis que, pour le muscle ciliairc comme pour tous les muscles, exercice, pour être efficace, ne doit jamais être poussé jusqu'à la fatigue. 5. Les parésies du muscle ciliairc peuvent se présenter dans la convalescence l'autres affections que de celles dues à la diphthérite, à la suite, par exemple, le la fièvre typhoïde et de toutes les fièvres éruptives graves. On l'observe encore ians la chlorose, à la suite des couches, et chez les femmes qui se livrent à la lactation prolongée ou intempestive ; souvent, dans ces cas, elles donnent lieu à de graves cireurs de diagnostic, qu'on évite ou qu'on confirme par l'essai judicieux des verres convexes.
Un phénomène intéressant se développe parfois dans le courant des paralysies du muscle ciliairc, et peut même y survivre à une convalescence en apparence complète. C'est la diminution persistante de la puissance réfractive, d'où résulte l'augmentation d'une hypermétropie préexistante, ou le développement de l'hypermétropie sur des yeux précédemment amétropes, état qui disparait d'ailleurs quand toute trace de la paralysie a également disparu. Comment faut-il expliquer cette curieuse anomalie? M. Jacobson (Archiv fur Ophthalmologie, t. X, 2e partie, p. 47-55) pense que la zonule de Zinn, fortement tendue par suite de la parésie du muscle ciliairc, amène un aplatissement du cristallin, changement de forme se produisant d'autant plus facilement que le phénomène en question oe se rencontre que sur des individus très-jeunes, dont le cristallin peut aisément changer de courbure. En effet, le plus âgé des malades de M. Jacobson n'avait pa> dépassé la vingt et unième année.
2° Excès de tonicité du muscle c Maire. A. Excès de tonicité physiologique. H est, de même que l'insuffisance, provoqué ou spontané. On le développe à volonté, par l'introduction entre les paupières, des substances dites myotiques, ou plutôt de la levé de Calabar et de ses alcaloïdes, le seul myotique connu méritant réellement ce nom (Voy. Calabar et Myotiques). Après un peu d'irritation conjunctivale de courte durée, quelques contractions spasmodiques de la pau- \fàtt inférieure, et le rétrécissement de la pupille qui surviennent de quatre à . cinq minutes après l'application du médicament, il se produit un véritable spîwiie du muscle ciliairc, d'où résulte une augmentation de la réfraction de 'œil, et par suite, le rapprochement du point le plus rapproché de la vision distincte {jmnetum proximum), phénomène qui ne dure guère au delà d'une heure *l demie. Après ce temps, le muscle ciliairc offre un état curieux, résultant dune sorte de strabisme dans les tenseurs. Dans l'acte binoculaire, il reste de la icullé dans l'action synergique des deux yeux, état que de Graefe considérait
dict. bmc. XVII. Va
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i/juima analogue, jusqu'à un certain point, au strabisme concomitant. Un autre lait lrèfr-ifitéYtfftsant à observer, c'est que le travail qui s'opère dans le muscle ciliairc n'est pas continu, mais intermittent et saccadé, comme celui dont la pupille cht le siège ; on le dirait soumis également à de véritables oscillation. Soub l'influence d'une action puissante, la contraction du muscle accominodateur peut durer depuis une heure jusqu'à huit, mais en décroissant sans cesse. Le Calabar agit mjj* le muscle ciliairc par voie d'irritation, en déterminant unspa>ine de l'oculo-moteur, et en particulier de la courte racine qu'il envoie au ganglion ophtluilmique, au contraire de l'atropine, qui agit par irritation sur les libre* radiées de l'iriii, au moyen du grand sympathique.
L'excès de contraction du muscle ciliairc peut être spontané, sans tomber dans l'ordre pathologique. C'est l'état de tension permanente qui, chez le>liy|Hrmétropcjs, masque, eu partie ou eu totalité, le déficit de la réfraction statique, contre lequel 1(5 sujet est incessamment obligé de réagir. Cette tension peut s'observer uussi chez les amblyopes et des astigmates, où elle a pour objet de permettre aux yeux de s'adapter pour le punctum proximum et de voir les petits objets sous le plus grand angle possible. Chez les myopes, elle s'observe inoiii> souvent, et se produit sous l'influence d'autres causes. Chez les hommes qui * livrent à des travaux prolongés sur de petits objets et a la lumière artificielle. l'irritation des yeux qui en résulte réagit sur le système accommodateur; d'uutre part, l'excès de tension de ce système durant un travail continu, surtout quand l'éclairage est insuffisant, peut eu être la cause. C'est la paralysie |>ar l'atropine qui révèle cet état cl l'indication du reps de l'organe.
2° Excès de tonicité pathologique. C'est l'exagération de l'état que 11011$ tr uons de décrire. Chez les hypermétropes surtout, une tension continue de raccommodât ion peut développer un état dans lequel le moindre effort acconuinxliteur pour lu vue de près devient douloureux. En pareil cas, les lunettes àvi-rre concaves ne soulagent pas, attendu qu'à la convergence est liée une accouuiMxlation involontaire, et que celle-ci occasionne de nouveau des douleurs. Il ]*MJt se produire également chez les cmmétro|>cs et même chez les myopes, à lu suite de travaux prolongés dans des conditions propres à fatiguer l'accourn*dation.
Mais il s'en faut que ce soit toujours sous la forme douloureuse que se tradui** l'excès pathologique de touicitédu muscle ciliairc. Parfois, et ces cas u'onl point appelé jusqu'ici de façon suffisante l'attention des ophthalmologistes, il w ** révèle que |uu* le développement progressif et inconscient d'un état auquel iM* avons donné le nom de « myopie dynamique, » Les sujets qui en sont atteinte sont, pour la plupart, des élèves de collèges et [tensionnats, assujettis à un nMU-* vais éclairage, à des travaux assidus et prolongés sur de petits objets. In m*»nient vient où l'étude, surtout à la lumière artificielle, leur devient pénible: d~ clignent, accusent de> douleurs périorbilaiivs et bientôt de la ditliculté à >iu»rv t le calculs au tableau, ou a déchilïrer, à une distance jusque-là normale, les»1^ de musique |>enduut les leçons de piano. L'opticien, qu'on aeusoiudecousulleril *~ bord u constaté que hnision s'améliorait par l'interposition de verres comMie> ci n'a pa> un infant lusité à en recommander l'u<age. Mais les eho^es ont été d** mal enpi>: les verres eonca\es, eu etïet. provoquent alors, au lieu de U ^*" peiuhv, une acvoiuuiiHlu lion déjà en eues et le spa>me s'exagère au lieu de*xd,,f-
Cet état demande à être examiné et étudié a\ec le plus grand soiu. Frein**** meut, W mvAlecuHocuhste ivyoit la \i>ifc de jeunes sujets* ctfuuueifeaux «k*
écoles, se plaignant simplement de myopie et pour lesquels leurs parents viennent prendre un avis. S'il se borne à un examen superficiel et rapide (et combien de fois cela n'arrive-l-il pas?) il lait subir à son jeune client l'épreuve de la vision à distance des caractères titrés, dont la lecture n'est possible qu'à la condition de l'interposition d'un verre concave bientôt déterminé, le place en face de l'optomètre Perrin, qui lui fournit une indication concordante; s'assure que, pour la lecture, il rapproche le livre de ses yeux; conclut à l'existence d'une myopie de tel ou tel degré, et renvoie le jeune sujet muni d'une instruction indicatrice du numéro du verre concave à porter et des recommandations d'usage en semblable occurrence.
Ce n'est pas ainsi qu'il faut procéder ; l'adolescent qui accuse une myopie récente et rapide doit être tout d'abord considéré comme suspect et examiné avec le plus grand soin, au point de vuedioptrique, puis à l'ophtlialmoscopc. Si, au moyen de verres concaves, il reconnaît, placé devant les échelles typographiques, •a une distance donnée, des caractères qu'il ne lit pas, à cette même distance, sans leur secours; si, en môme temps, il marque, à l'optomètre Perrin, un degré négatif, et que, nonobstant, il éprouve du soulagement à lire au moyen de verres convexes appropriés; si, enfin, l'accommodation neutralisée par l'atropine, Ces premiers phénomènes disparaissent, que la vision à distance repousse désormais les verres concaves comme entravant la vision, ou en demande de moins puissants, ou que celle-ci s'effectue bien sans eux, on peut être certain qu'on a a Maire à une myopie dynamique.
Ces sujets sont de véritables malades qui demandent à être surveillés de près et traités de même. On détendra leur accommodation par l'usage continu ou intermittent de l'atropine, et, pour atténuer la gène résultant de l'abord, à travers "ne pupille dilatée, d'une trop grande quantité de lumière, on recommandera I emploi des lunettes à verres gris fumé; enfin, pour les travaux sur de petits objets, quand l'état de la réfraction de l'œil l'exigera, celui de verres convexes appropriés Mais, par-dessus tout, l'on prescrira une hygiène oculaire sévère, dont le défaut, jusque-là, a fait tout le mal.
o° Hyperesthésie du muscle ciliaire. M. Dobrowolski, de Saint-Pétcrstour«.\ a décrit sous ce nom Klinische Monatsblàtter fur Augenheilkunde, 1 868) nue affection de nature intermittente ayant son siège dans le muscle ciliaire. 11 s agit d'une jeune fille de vingt et un ans, se plaignant de myopie et de douleurs dans l'œil et dans la tète. La myopie était de J et l'amplitude d'accommodation d^ \ ; la malade lisait mieux sans verres qu'en s'en servant, et les verres de J ou de! pour l'éloigncinent provoquaient de la fatigue et de la douleur. La malade Hait anémique et à système nerveux très-excitable. De temps à autre, elle était Kisc d'une douleur intense dans les yeux, augmentant encore au moindre elïbrt '» accommodation. Pendant le repos, la douleur disparaissait. Cette douleur était dénature très-variée; quand l'accès était très-intense, la malade décrivait la douleur comme ardente, il lui semblait qu'on lui brûlait les yeux au moyeu d'un fer rougi à blanc. La douleur avait un caractère périodique ; elle commençait "roque jour entre quatre et huit heures, et, après avoir duré d'une demie à une toirre, diminuait peu à peu et finissait par disparaître. Quinze centigrammes de filiale de quinine trois fois par jour réussirent à faire disparaître la douleur au tout de cinq jours. L'apparition de la douleur était influencée par l'état de l'atmosphère et surtout par l'atropine. Aussitôt qu'on cessait d'employer celte dernière substance, la douleur reparaissait. Pendant les accès* on pouvait observer
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riodiquement chez des personnes, indemmes jusque-là de toute affection oculaire, se développent sans aucun signe de maladies externes, du coté de Tins ou de la cornée, et sans tension oculaire, se calmant plutôt qu'elle ne s'exaspère à une pression douce et continue, et une photophobie telle qu'elle ne se rencontre nulle part à un si haut degré, tels sont les signes, auxquels nul se saurait se méprendre, qui caractérisent cette pénible maladie.
Au point de vue de la conservation de l'organe, \epronostic delà névralgie ciliaire n'a point de gravité; tous les cas connus se sont terminés sans y laisser d'altération durable. 11 est loin d'en être ainsi, si l'on considère les maladies au point de vue des souffrances qui l'accompagnent, et qui, prolongées, peuvent finir par altérer les plus robustes constitutions.
En général, dans les cas dits rhumatismaux, idiopathiques, produits par l'action du froid, la durée de la maladie ne se prolonge pas au delà de quiuze à vinjrt jours. Elle est indéterminée dans tous les autres, et subordonnée u la cause, souvent tenace, qui l'a engendrée.
Nous ne parlerons de traitement qu'en ce qui concerne la névralgie idioptthique du muscle ciliaire. Les malades, on n'a pas besoin de le leur ordonner, se tiendront dans une chambre et à l'abri de l'accès de toute lumière ; cette chambre sera vaste et aérée ; leurs yeux seront recouverts de tampons d'ouate fine, lixés par un large bandeau, très-peu serré, de taffetas noir, et l'on ne les découvrira, pour les examiner, que le moins souvent et le moins longuement possible. U ny a rien à gagner ici (au contraire de ce qui se passe dans les cas de photophobie, symptomatique de l'oplithalinic scrofuleuse) à forcer la tolérance à la lumière, l'action de celle-ci ne pouvant servir, dans les cas qui nous occupent, qu*à entretenir et à exaspérer le mal. On prescrira, à l'intérieur, les opiacés, dans le but d'obtenir du sommeil, et, dans tous les cas, sauf ceux de contre-indication du coté des voie» gastriques, les sels de quinine, unis ou non au carbonate de fer ou au calomel, selon les cas ; on ne recourra au colchique que dans ceux où une constitution rhumatismale bien déterminée en réclamera l'emploi. A l'extérieur, les inj«* tions hypodermiques morphinées à la tempe, les vésicatoires volants à la région mastoïdienne, ou les vésicatoires extemporaués saupoudrés des mêmes sels df morphine, ou bien encore les badigeonnages avec la teinture d'iode morphinée ( teinture d'iode, \ grammes; hydrochlorate ou acétate de morphine, 20 centigrammes) soir et matin; et, comme collyre^ le sulfate neutre d'atropine, dont l'emploi, dans cette circonstance, ne doit jamais être négligé, et a parfois suffit amener la guéri son, dans des cas chroniques où l'on avait commis jusque-là h faute de l'oublier. Warlomokt.
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