‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 5)Chapitre 30 sur 68 · CIMETIÈRE · texte numérisé non relu

CIMETIÈRE

,-onAlfr. Grjte und S^misch, 8d. I, i ter Th., S. 270. — Don (H.). Paralysie diphthéritique in muscle cil ia ire. In Annale» d'oculistique, t. LIX, p. 151 ; 1868. — Scbeby-Boch. Rapport wro& cas de paralysie du muscle ciliaire. In Archiv fur Ophthalmologie, t. XVII, 1, p. 205, 1871 et Annales d'oculistique, t. LXVI, p. 94; 1871. — Max». Des effets du Calabar dans le$ paralysies diphthériliques du muscle ciliaire. In Klinische Monatsblâlter fur Augen- Stùkunde, p. 145, 1870 et Annales doculistiquc, t. XLYI, p. 238; 1871. — Liebbeich (R.). ïyopic apparente, crampe du muscle ciliaire. In Archiv fur Ophthalmologie, t. VIII, 1, ?. 259; 1801 et Annales d'oculistique, t. LI, p. 94 ; 1864. — Dobrowolsii. Hyperesthésie iu muscle ciliaire. In Klinische Monatsblâlter fur Augenheilkunde, p. 244, 1808 et Annales ioculistique, t. LXII, p. 242; 1869. — Hosch (F.). Ueber die therapeutische Wirkung der Uropien auf myopische Augen. Basel, 1871, broch. — Schiess-Gemuseds. Contribution à la hérapic de la myopie. Broch. in-8° ; Bàle, 1873 et Annales d'oculistique, t. LXXII, p. 23 ; 1874. W.

CILMMMPINJALE (RÉGION). VotJ. MOELLE.

CILS. Voy. Paupières.

CILS V1BRATILES. Voy. EpITHÉLIDM. •

CIHBRES. Voy. Kymris.

CIHENT. On emploie, dans l'art dentaire, une série d'amalgames, connus sous le nom de ciments, et qui servent à l'obturation des dents. Les ciments de Sullivan , diversement composés, mais qui contiennent pour la plupart du cuivre, se vendent en gros bols dont l'opérateur détache la quantité qui lui est nécessaire. D'autres pâtes, dont la composition n'a pas été, comme celles des précédentes, tenue secrète, renferment en proportions variées divers métaux, tels que l'étain, l'urgent, l'or, le cadmium, le palladium, le mercure. Le ciment Sarel est un mélange de chlorure de zinc et d'oxyde du même métal ; celui d'Osternaier se prépare avec 15 grammes de chaux caustique et 12 grammes d'acide pkosphorique anhydre, qu'on mêle rapidement et qu'où introduit aussitôt dans la dent cariée : le mélange se solidifie en peu de minutes.

Ce sujet a été traité en détail, avec toute l'autorité possible, par H. Magilot dans l'article consacré à la carie dentaire (voy. ce mot). D.

CIMETIÈRE (de xocpjTTj/nov, lieu consacré au sommeil). Ce nom donné à l'asile des morts et qui se trouve avec ce sens dans la Bible, est particulier aux chrétiens. Il est en rapport avec le dogme de la résurrection.

Une partie des questions qui se rattachent à l'inhumation, à l'établissement des cimetières, a déjà été touchée à l'article Mort. On y a également parlé d'un autre mode de destruction des cadavres, à savoir de la crémation ou incinération. Ce serait ici le lieu d'envisager spécialement la question d'hygiène publique; de rechercher jusqu'à quel point les cimetières sont susceptibles de dégager des gaz nuisibles à la santé et d'infecter les eaux du voisinage, et dans quelles circonstances ces émanations, dont l'existence ne saurait être contestée, se produisent plus particulièrement ou deviennent plus dangereuses ; d'étudier l'influence de l'exposition du sol, des plantations d'arbres, etc. Mais il nous a paru qu'il y avait avantage à rapprocher toutes ces questions de celles qui concernent plus spécialement l'inhumation, le mode de transport des cadavres, les pompes filtres, la profondeur et la distance respective des fosses, la nature des cercueils, et de rassembler les unes et les autres dans un seul article (voy. Inhumation),

996 CINA.

C1HEI. Voy. Punaise.

(Acide). C^WO*. Acide gras découvert par Carius dans une punaise des forêts (Rhaphigaster punctipennis, Illig.) quelle secrète par un organe spécial de l'abdomen. On l'en extrait, en éliminant d'abord par l'alcool froid une matière brune, et en traitant ensuite par de l'éther à la température ordinaire. Tiré ainsi des punaises, l'acide cimicique est à l'état d'une huile brunâtre qui se concrète à la longue. On le purifie en le transformant en sel de plomb, qu'on décompose par l'hydrogène sulfuré.

Cet acide pur cristallise en prismes incolores groupés en étoiles. Il possède une odeur de rance faible, mais caractéristique; il fond entre 43° et 44°, et sa densité est moindre que celle de l'eau. 11 se décompose par la distillation, et se dissout facilement dans les alcalis ; presque tous ses sels métalliques sont insolubles dans l'eau, ainsi que dans l'alcool et l'éther.

L'acide cimicique est isomère avec l'acide moringique, retiré par Walter des semences deben (Ann. der Chem. u. Pharm, t. CX1V, p. 147). H.

ClHOLÉE (Terre). Voy. Argile.

CINA. Nom donné à la plante qui produit le Semen contra (voy. ce mot). On sait que ce médicament est formé par les petits capitules d'une plante du groupe des Artemisia (voy. Armoise), mais pendant longtemps on a méconnu sa véritable origine en l'attribuant à des espèces dont les capitules s'en rapprochent en effet, mais sans être tout à fait identiques.

Ainsi Y Artemisia Vahliana Kostcletzky (Artemisia contra Vahl.) a été longtemps regardée comme la plante mère du semen contra. Elle s'en distingue cependant très-nettement par ses capitules ovales beaucoup plus élargis et par les bractées de l'involucre beaucoup plus larges et plus arrondies.

De même, Y Artemisia judaica a de gros capitules presque hémisphériques, dont les bractées de l'involucre sont largement arrondies, et qui n'ont pas d'ailleurs l'odeur du semen contra.

Vartemisia Seberi Besser (Artemisia glomerata Sieber) porte aussi des capitules d'une forme différente, et qui se distinguent également par le moindre nombre de glandes qu'on trouve sur les bractées de l'involucre.

Aussi Otto Berg avait-il eu l'idée d'établir, sur les fragments de la plante qui arrivent dans les droguiers, une nouvelle espèce qu'il avait désignée sous le nom à' Artemisia Cina. Cette plante a été trouvée, dans sa station naturelle, par le professeur russe Petzhold, qui a passé le printemps et l'été de 1870 dans le Turkestan, et a pu cueillir cet Artemisia dans la région de Taschkent, dans une localité située, par 44° de latitude nord et (58° longitude est, entre le lac d'Aral et le lac Balkasch.

Cette espèce décrite par M. Willkomm, professeur à Dorpat, appartient àb section des Seriphidium du genre Artemisia. Elle présente les caractères suivants :

Plante sous-frustescente, à souche épaisse, tortueuse, émettant des tiges aériennes ligneuses à la hase, hautes de 50 à 50 centimètres. La hase porte des feuilles serrées les unes contre les autres, longuement pétiolées bipinnatisêquées, à segments linéaires, couverts «l'une pubescenee blanchâtre. Les feuilles caulinaires sont très-petites et complètement glabres à partir de la partie moyenne: la moitié Mi|>éricurc porte de longs ramuscules allongés, dressé*.

CINCHONICINE (chimie). 297

erts de nombreux capitules disposes en épis lâches simples, ou en petits gloîles groupés en épis. Ces petits capitules sont larges de 3 millimètres enviait moment de la floraison ; ils sont oblongs ; l'involucre est formé d'une aine de bractées imbriquées, très-glabres, oblongues, linéaires obtuses, îves, largement scarieuses sur le bord, marquées d'une nervure verte sur le et portant sur chaque face de nombreuses papilles glanduleuses. Le récepporte trois à six fleurs à l'aisselle des bractées; ces fleurs sont fertiles, isées par paires; la corolle obeonique est marquée de dents obtuses et tria lires; elle surmonte un ovaire quatre fois plus court qu'elle ; et elle est recoude nombreuses papilles résineuses serrées les unes sur les autres, tte espèce fournit le Scmen contra officinal, celui qu'on désigne sous le nom îmen contra d'Alep, ou encore de sementine, barbotine, sanctonica, semen % semen sanctum,

autres espèces iY Artemisia doivent en être rapprochées, comme fournissant des semen contra. Ce sont : YArtemisia pauciflora Scteclim., YArtemisia xjyna Waldst. et Kit. p microcephala DC. ; YArtemisia Lercheana Stechm. neliana DC. Elles donnent le semen' contra de Sarepta ou de Russie. i première de ces espèces, Artemisia pauciflora Stechm., est une plante qui à Sarepta, sur le Volga. Elle est sous-fruticuleusc, blanchâtre sur les jeunes •aux, glabriuscule sur les rameaux adultes, portant des capitules sessiles le des rameaux, à involucres formés de bractées obtusiuscules, dont les intoss scarieuses. V Artemisia monogyna, p microcephala, vient à Odessa, autour mer Caspienne et à Sarepta. La plante a des involucres pédiccllés, qui râpât par leur forme ceux de l'espèce précédente. Les deux espèces donnent un Jige de capitules bruns, ouverts en forme de coupe, ou non encore épanouis, mt un duvet arauéeux rare et visible seulement à la loupe, et sur les bracintérieures, de grosses glandes d'un jaune orangé. On a donné à ce semen "a de Russie le nom spécial de cina indien (Cina indicum). lant à YArtemisia Lercheana Stechm., (3 Gmeliana DC, il vient à la fois dans )lga, le Caucase et le sud de la Sibérie. La plante est blanchâtre, et ses capi- ; sont couverts d'un duvet aranéeux, qui donne au Semen contra, qu'ils uisent, un aspect blanc cotonneux spécial.

Casdollc. Prodromus, VI, 102. — Berg et Schmidt. Darstellung und Beschreibung offi- Ifli Gewâchse. — Williomm. Botanische Zeitung, 1" mars 1872, p. 130. — G. Planchon. !f pratique de la détermination de$ drogues simples, T, 248. Pl.

Voy. Quinquina.

RCBOXÉES. Nom donné à une des grandes divisions de la famille des iacés, caractérisée par la présence de plusieurs graines dans les loges de la ule. Elle comprend le genre Cinchona, qui fournit les quinquinas.

WCVOXÉTIXE. Voy. Cinchomne.

INCHONICINE. CM)HuAz,Oî. g I. Chimie. Lorsque les sulfates de cinline ou le sulfate de cinchonidine sont soumis, dans certaines conditions, à luence de la chaleur, ils subissent une modification isomérique et se transent en sulfate de cinchonicine, dont on isolera la base par les procédés ordi- « (M. Pasteur). Cet alcaloïde est donc un produit artificiel, cinchonicine est très-amère, presque insoluble dans l'eau, très-soluble

jlw (JXCHOMCINE (ebfloi iimcil).

.)••»- I «iImhiI ; «'Ile *; combine avec l'acide cari*>niqu? rt chasse l'ammoniac

(il .tli .doide artihVi»-! »-t d*-itio2yiv. c'est-à-dire qu'il détîe à droite le |»lu il», jitil.tiimtlioii de Ja lumière jjo|ari>ée. Il e>t fébrifuge. M.

g II. r,»pU»l M*4leal. La cinchonicine a été proposée par Pasteur comme fébrifuge, à l'état de sulfate ou de tartrate.

h'i'get a expérimenté le sulfate de cinchonicine aux doses de 50 ceoûgrammrs à \ gramme en solution. Cliezdix fiévreux, dont six atteints de tient quotidienne et quatre de fièvre tierce, les accès ont été modifiés six fois, ma ils n'ont été arrêtés franchement que trois fois. Dans les quatre autres cas, h fièvre a j>er*isté sans aucun changement. Il y a eu deux récidives, et cinq fobh fièvre, qui n'avait pas été arrêtée par le sulfate de cinchonicine, Ta été ininRiii* temeiit par le sulfate de quinine.

Le sulfate de cinchonicine, donné à la dose de 2 grammes par jour, a fait dis» paraître, au bout de six jours, un rhumatisme articulaire aigu (Gaz. méd.éi Strasbourg, 2kJ novembre 1855).

Ituyer a mis a l'essai le, tartrate de cinchonicine. Ce sel, peu soluhle, a été donné, soit eu |>oudrc, soit en pilules, à des doses qui ont varié de 50 cenlh grammes à I gramme. Chez sept malades, dont deux atteints de fièvre quotidienne et cinq de fièvre tierce, les accès n'ont été coupés qu'une fois; dans la six autres cas, la fièvre n'a été arrêtée qu'au troisième et au quatrième aruès; une fois même la lièvre ne put être arrêtée. Il y a eu des récidives, dont le Hit fate de quinine seul a triomphé.

Iliïquet a essayé aussi le, la ri rate de cinchonicine sur un enfant qui avait ne lièvre tierce; la fièvre ne fut en rien modifiée, tandis qu'elle fut immédiatewal iirrètée dès que l'on recourut au sulfate de quinine (Traité thérapeutique à tjuimiuina).

Les préparations de ciiiehonicine se sont doue montrées inconstantes et insi£ lisantes connue autipériodiques et fébrifuges. Un cas de succès contre le rhum* j Usine ne prouve pas quelle influence il serait réellement susceptible d'exero* ■ sur cette maladie.

Haver et rorget ont constaté que la ciiiehonicine est mal tolérée; ils l'ont * causer soit des vomissements assez fréquents, soit de la diarrhée. Ces incuott» nienls n'étant pas compensés par des avantages, reconnus moindres, au a* traire, que ceux des autres alcaloïdes du quinquina, ou n'a pas insiste ** l'emploi thérapeutique de la ciiiehonicine, qui reste délaissée et paraît le ju*titier. .Nous devons ajouter toutefois que Debout, d'après quelques expérience! comparât i\cs qu'il a pu faire, estime que la valeur fébrifuge du sulfate de à* choiiicinc est un peu plus considérable que l'a trouvée le professeur rorprtï nui" encore serait-elle plus faible que celle du sulfate de quinine etinèmeèl oull'atc de cittcliouiiic ; car IVlnuit, représentant par I la quantité de sulfate <k quinine uri-CHs.iiiv pour triompher d'une lièvre intermittente, porte à 1 I îcdk «lu outl.itc de cinehoiiiiie, taïuhs qu'il en faudrait 2 de sulfate de ciltchonicint- IV plus, la chu -Innum» exigeant une opération chimique pour être transfufflii ru ttmhoiiu'tuc, il v ,< Va une iuaiu-d\euvre qui atténue les avantages «co** nuques que l'on auiail pu iveheivlier dans l'application à la médecine pralnp» de I al.ahnde de» ouvrit pai IVtoiir v|în//. Je Ûtaap.. I8îki, t. XI.YIII, p. jtf I-

D. DE Sàvigmc.

CINCHONIDINE (emploi médical). 299

;INCM01VIMNE C40H"Az'Os. § I. Chimie. Cette substance est un des x alcaloïdes dont se compose la quinidine. Elle est isomère avec la cincho- * (Pasteur, Comptes rendus del' Institut, t. XXXVI, p. 26; t. XXXVII, p. HO), et alcaloïde parait exister, d'après M. Winkler, presque uniquement dans aines écorces. Ce chimiste Ta découvert dans l'écorce du quinquina de acaibo. Depuis il a été retiré d'un quinquina dit de Bogota (Répertoire de rm.,t. V, p. 76; t. IV, p. 328).

a cinchonidine cristallise en prismes rhomboïdaux de 94°, durs, possédant Selat vitreux et des faces fortement striées ; réduite en poudre, elle devient trique par le frottement ; elle est inodore, à peine soluble dans l'eau et ter, plus soluble dans l'alcool. Elle possède une saveur amère moins intense celle de la quinine.

ers 175° la cinchonidine fond en produisant un liquide jaunâtre qui prend louveau la forme cristalline par le refroidissement ; à une température plus ée, elle brûle avec une flamme fuligineuse et répand une odeur d'amandes *res ; dissoute dans l'alcool absolu à la température de 13°, elle est fortes it lévogyre ; distillée avec déjà potasse et un peu d'eau, elle dégage une inae huileuse jaune, qui possède tous les caractères de la quiuoléine. let alcaloïde se prépare par le même procédé que celui qui est pratiqué pour cuir la quinine et la cinchonine. Il est nécessaire cependant de le l'aire crisiser dans l'alcool à 90 centésimaux, autant de fois que la solution abandonnée évaporât ion spontanée laissera déposer une matière résineuse. ,a cinchonidine du commerce est rarement pure ; elle contient de la quinie. Ou s'assure de sa pureté : 1° en eu exposant à l'air chaud nombre de crisix récents , tous les cristaux de cinchonidine resteront transparents ; ceux de inidiue deviendront eillorescents ; 2° en soumettant les cristaux de cinchonile à l'action du chlore et de l'ammoniaque, ils ne subissent aucune altération, idis que les cristaux de quiuidine verdissent comme ceux de quinine. M ,

Sels de cinchonidine. Les sels de cinchonidine donnent par les alcalis, les bouates et les carbonates alcalins, un précipité blanc insoluble dans un excès réactif et qui se prend par le repos en gros cristaux, solubles dans l'alcool, ans solubles dans l'eau, et presque insolubles dans l'éther. Sous l' influence ine chaleur élevée, les sels de cinchonidine se transforment, comme ceux de t'hoiùue, en sels de cinchonicine. H.

| II. Emploi médical. La cinchonidine est à la cinchonine ce que la quilioe est à la quinine (voy. Quinquina, p. 352) ; elle doit donc avoir une ion analogue à celle de la cinchonine, peut-être un peu plus faible ; elle doit revanche eu avoir une plus forte que la cinchonicine, et elle aurait mieux irité les honneurs de l'expérimentation. Il y aurait dans sou emploi des intages économiques incontestables; car, de même que la quinidine, elle trouve en grande quantité parmi les produits des manipulations du quinquina i fournissent la quinine et la cinchonine. On s'est souvent demandé ce que Tiennent la quinidine et la cinchonidine, et si elles ne servent pas à falsifier i deux autres alcaloïdes. Il vaudrait mieux leur donner loyalement une autre ■ection, eu les utilisant comme succédanés économiques de la quinine, à la nditiou, bien entendu, que des études rigoureuses eussent préalablement remu leur efficacité, tout au moins contre les fièvres intermittentes peu intenses

500 CINCHONINE (chiwir).

et sans complications. Les essais ont commencé avec la quinidine; mais heinchonidinc n'a pas encore été, à notre connaissance, employée en médecine H nous ne pouvons, par conséquent, rien dire de précis sur ses propriétés physiologiques et thérapeutiques. D. de Savigsac.

CINCHOXIKK. C40II"Azs0'. g I. Chimie. Alcaloïde tire en 1821 du quinqiiina gris par Pelletier et Caventou, qui les premiers en firent connaître lespro. priétés alcalines (Ann. de chim. et dephys., t. XV, p. 291 et 357). Cette sul*. tance avait déjà été obtenue, mais non à l'état pur, en 1811, par le dort*» Gomcz de Lisbonne, qui ne lui avait pas reconnu les caractères alcalins (Gorno, Edinb. M éd. and Surg. Journ., oct. 1811).

Dans les eaux mères du sulfate de quinine on trouve le sulfate de cinchonint, mais lorsqu'on veut des quantités assez fortes de ce dernier alcaloïde, mina vaut traiter le quinquina gris au lieu du quinquina jaune. Cependant, comme h première de ces deux espèces renferme un peu de quinine, ou obtiendrait toujours un mélange de deux alcaloïdes si Ton n'avait dans l'éther, qui di«oë facilement la quinine et à peine des traces de linehonine, un moyen facile à réparation.

La ciucliouine cristallise en prismes quadrilatères qui réfractent fortement h lumière ; sa dissolution ramène au bleu la teinture de tournesol préalablemeal rougie par un acide; elle est douée d'une saveur amère, styptiqueet persistante. Mlle est a peine soluble dans l'eau, moins soluble que la quinine dans l'alcotL elle s'y dissont néanmoins d'autant plus facilement que ce dernier est plu* cm» rentré et plus chaud. Le chloroforme, les huiles fixes et essentielles la di<«lveut en petite quantité. L'éther porté à la température de 20°, en dissout ySjde no il propre poids. Les dissolutions cinchoniques sont fortement dextrogyres.

La cinchonine fond vers 165° et se prend par le refroidissement en une roaff cristalline; à une température plus élevée elle se volatilise en partie en répandant une odeur aromatique ; chaulTée dans un courant d'hydrogène ou d 'ammoniaque, elle se volatilise entièrement, et eu se refroidissant, sa vapeur cristallise en pré» mes brillants qui atteignent parfois une longueur de 27 millimètres.

Le chlore et le brome attaquent vivement la cinchonine en donnant naissant* à des produits de substitution. Mélangée avec de l'ammoniaque et de le* chlorée récemment préparée ne verdit point comme la quinine. Distillée ane de la potasse, elle engendre une multitude d'alcaloïdes parmi lesquels figure h quinoléine (Greville Williams).

Lorsqu'on fait agir du chlore sur une solution chaude et concentrée de chlorhydrate de cinchonine, il s'en dépose une poudre cristalline de chlorhydrate Je | cinchonine bichlorée ; de la dissolution de cette poudre dans l'eau bouillante, l'ammoniaque précipite la cinchonine bichlorée. Le chlorhydrate de ciiK'honine, chauffé awc un excès de brome et une petite quantité d'eau, se convertit «• rhlui hydrate de cinchonine hibromé, dont la solution aqueuse, traitée par l'att» « mon laque, dépose de la cinchonine bibromée en lamelles incolores. \

La (mm hoiiine forme avec les acides des sels cristallisés pour la plupart, amen, -j ayant une grande analogie avec les sels de quinine, mais plus soluble* que tff I dmiirr» dan* l'eau et dans l'alcool. Quelques sels neutres de cinchonine, U-Im|M h' citrate, l'acétate, traités par l'eau chaude, se décomjioscut avec séparati«*iii \ <im bonine. Cet alcaloïde ne contracte pas de combinaisons stables avec Tarife «aihofjjque. SI.

CINCHONINE (emploi médical). 501

II. Emploi médical. Historique. La cinchonine a doublement préla quinine dans l'emploi médical ; car, d'une part, les premiers quittas usités et ceux qui ont continue à l'être le plus jusqu'au commencement 2 siècle, se rapportaient au quinquina gris dans lequel domine la cincho- ; et, d'autre part, ce fut cet alcaloïde, entrevu antérieurement par Gomez et Laubert (voy. art. Quinine, historique), que découvrirent en premier lieu lier et Caventon. Expérimentée par Chôme! , Double et Magcndie, la cincholut considérée d'abord comme le principe actif du quinquina ; mais à ce eut la Bolivie et le Pérou versaient en abondance sur le marché le calysaya, >gue au jaune royal, espèce rare et néanmoins très-^stimée. Les propriétés pques de ces quinquinas en inspirèrent l'analyse, qui eut pour résultat la iverte de la quinine. L'essai de celle-ci ne tarda pas à démontrer sa stipulé sur la cinchonine, qui, après avoir failli devenir le fébrifuge généraleadopté, fut éclipsée par sa rivale au point de tomber dans un délaissement [ue absolu. Cependant, tous les praticiens n'oublièrent pas les premières cations qui lui avaient été favorables. Reprise en seconde main par de nouc expérimentateurs, la cinchonine fut reconnue posséder des propriétés anass à celle de la quinine, tant comme fébrifuge et antipériodique que sous nés rapports. Ses sels, plus sol ub les et moins amers que ceux de la qui- , n'en étaient que mieux acceptés par certains malades. Enfin une question unique, qui avait aussi sou importance, contribua à la rappeler à l'attcii- ; elle était beaucoup moins chère que la quinine, dont le prix s'est parfois ; à un taux excessif, et qui en tout état de chose reste un médicament disieux. Le principal mobile de sa réhabilitation fut donc le désir de mettre à ortée des fortunes médiocres un fébrifuge laissé sans emploi dans les ques de sulfate de quinine. L'utilisation du sulfate de cinchonine est partixeineut due au zèle avec lequel De Ion die a fait ressortir ses avantages oniiques et thérapeutiques ; les premiers sont positifs ; nous allons tacher precier la valeur des seconds.

mo* physiologique. La cinchonine a été beaucoup moins étudiée en phygie expérimentale qu'en thérapeutique. Les données ne sont donc pas assez breuses pour que l'on puisse préciser en tous points son action physique , ni la comparer rigoureusement à celle de la quinine. Il est is néanmoins que, sous ce rapport, il existe entre ces deux alcaloïdes coup d'analogie ; mais ils offrent aussi, particulièrement dans les applicai thérapeutiques, des dissemblances plus ou moins notables selon les nrateurs.

s expériences de Magcndie, dont nous avons déjà eu occasion de parler . QuixiKE, p. 210), sont évidemment imparfaites ou exécutées avec de trop w doses, puisqu'il est arrivé à admettre que les sels de chinchoniue, aussi que ceux de quinine, injectés dans la jugulaire des chiens, ne les tuent et, par conséquent, ne sont pas vénéneux pour ces animaux. L'action toxique « alcaloïdes et par suite leur action physiologique en grande partie, ont échappé à l'habileté de cet expérimentateur, contredit sur ce point par tous qui sont venus après lui.

ur Briquet, la cinchonine et la quinine ne diffèrent que par l'intensité de f effets. La première agit comme la seconde sur le cerveau, avec moins îrgie : les troubles de rouie sont également moindres; les troubles de la vue, ïrtiges, la titubation sont les mêmes ; elle déprime et ralentit de la même

302 CLNCHONINE (emploi médical).

manière les contractions du cœur et des artères, sa puissance dépressive étant intérieure d'un tiers à celle de la quinine.

Injecté* dans la jugulaire des animaux, le sulfate de quinine monta1 un pouvoir toxique double de celui du sulfate de cinclioniue.

Sur le tube digestif, même action de la part de ces deux sels, d'après ceobservateur ; il a remarqué seulement un peu plus de sensibilité exprimée pi les hautes doses du sulfate de cinchouine, un peu plus de cuisson lors des apefc cations de ce sel sur les plaies des vésicatoires. La cinchoninc est donc uu im tant local un peu plus actif que la quinine, mais la différence n'est pas trà grande. Bailly, au contraire, avait trouvé le sulfate de cinchouine moins irrita que celui de quinine.

Enfin Briquet dit avoir constaté qu'il faut moitié en plus de cinchoiûue pu produire les mêmes eiîets thérapeutiques que la quinine.

Les expériences de Briquet sont contredites, sur quelques |>oiiits, par cette de Bouchardat, Delondre et Girault. D'après ces trois observateurs, le sulfatée cinchouine injecté dans les veines chez les chiens, détermine la mort à ■ dose moindre que le sulfate de quinine ; le premier de ces deux sels produit ■ action toxique très-supérieure à celle du second sur les grenouilles et sur la lapins. L'un de ces observateurs, expérimentant sur lui-même, a vu le sulfate i cinchouine, aux doses de 25 à 70 centigrammes, déterminer une élévation tel du pouls que, à la suite de la dernière dose, par exemple, prise en une «■ fois, il avait presque doublé au bout d'une demi-heure. Mais comme il ta* nait ultérieurement une faiblesse générale, au milieu de laquelle vraisenUi blemcnt le pouls baissait eu proportion, l'excitation circulatoire primitive a wi l'air de ressembler ici à celle que l'on observe souvent au début d'une experte» causée tant par l'émotion morale que par le premier choc du médicament fi l'organisme. Le même effet initial s'est souvent vu au moment de l'in^estiotà la quinines ce qui n'empêche pas cet alcaloïde de déprimer plus tard le |«di On ne saurait contester à la cinchouine la même action dépressive, trop lia établie par sou influence antipyrétique pour être révoquée en doute sur k données ex [>éri meut aies passibles d'interprétation. L'expérimentateur en chi parait d'ailleurs avoir offert, à l'égard de la cinchoninc, une susceptibilité eus tionnelle qui a considérablement forcé la note de son action physiologique.

Béraudi, que nous avons déjà eu l'occasion de signaler et de critiquer (art Quinine) pour s'être obstiné à n'attribuer que des propriétés stimulante* sels de quinine, n'a pas manqué de prêter les mêmes propriétés aux tels de ci chonine. Selon lui, le sulfate, le tartrate, l'acétate, le chlorhydrate de cincat ni ne augmentent la fréquence du pouls; le nitrate seul l'a uni it fait bai<«eH dix pulsations. Toutes les variations du pouls que, dans l'ex|>érinientation pb siologique, la cinchouine serait susceptible de produire, peuvent s'eiplif* comme elles l'ont été à propos de la quinine, et nous n'avons pas a y revenir. I somme, les sels de cinchouine, à doses médicales et sur les fébricitant?, M ainsi que les sels de quinine, des modérateurs du mouvement circulatoiltJ sur ce |H>iut, tous les cliniciens qui les ont employés sont de l'avis de Briqvt (les objections faites sur les constatations relatives au pouls, nous relateri avec plus de confiance les autres effets signalés par les auteurs qui ont kjl étudié la cinchouine, c'est-à-dire par Bouchardat, Delondre et Girault. Bail Béraudi, Wahu, Moutard-Martin.

Le sulfate de cinchouine, appliqué sur la membrane muqueuse de la boud

CINCIIONINE (emploi médical). 303

donne une sensation d'amertume supportable, que Ton fait disparaître prompte-

tuent en se lavant la bouche deux ou trois fois ; elle devient sèche d'abord, puis

h sécrétion de la salive augmente, mais elle reste collante, mousseuse ; lorsque

la dose est plus élevée, les fosses nasales participent à ce phénomène (Bouchardat,

Selondre et Girault).

D'après Béraudi, les sels de cinchonine produisent la rougeur de la langue, du ptyalisme, de la soif, une sensation de chaleur qui, partie de l'estomac, devient générale et s'accompagne de rougeur de la face ; le nitrate, qui parait être le plus actif, cause en outre de la constriction à la gorge.

Cette sensation de chaleur à l'estomac est également signalée par Bouchardat, Retondre et Girault ; elle se complique, d'après ces observateurs auxquels il faut oindre Moutard-Martin, de douleurs plus ou moins vives dans l'estomac, parfois tas les intestins, souvent de nausées et quelquefois même de vomissements. La iirrtiée a aussi été observée. Béraudi, après avoir noté pour la cinchonine, son îifàle et son acétate, les nausées, n'impute les vomissements qu'au nitrate qui tiduirait, en outre, une diarrhée pouvant durer jusqu'à quatre jours. Moutardirtin a observé une fois des douleurs dans les membres. L'un des phénomènes les plus saillants est la céphalalgie, remarquée par esque tous les observateurs. Elle est constante, dit Moutard-Martin, chez les maies qui sentent, si peu que ce soit, les effets du sulfate de cinchonine. Variable intensité, elle peut aller jusqu'à devenir intolérable ; elle est ordinairement aez courte ; dans quatre observations de Wahu on la voit persister, sons forme riodique, après la cessation des fièvres auxquelles avait été opposé le sulfate

cinchonine. Cette céphalalgie est constrictive et offre, en outre, ce caractère rticulier, d'occuper exclusivement les régions frontale et temporale, jamais partie postérieure de la tète.

Les sels de cinchonine occasionnent avec moins d'intensité, et moins coustanient que ceux de quinine, des vertiges, des éblouissements, des bourdonnerais; si l'ébriété se produit, elle est plus fugace. Du moins, les choses se pasnt ainsi avec les doses médicales ; car il se pourrait fort bien que, à doses xiqties, les phénomènes nerveux eussent la môme violence qu'avec le sultate s quinine; ces dernières doses ont produit des convulsions chez les chiens; on sa vu aussi déterminer une forte dilatation pupillairc; mais les doses moindres issent aux pupilles leur jeu normal ou tendent plutôt à les rétrécir. Dans ses ïpériciices sur les animaux, Briquet a vu les doses toxiques amener la prostraon, la stupeur, le coma. Béraudi, Bouchardat, dans un emploi plus modéré de : cinchonine, l'ont vu néanmoins provoquer de la somnolence, un besoin de Mrmir, et des rêves pénibles ou bizarres lorsque le sommeil survient. La cinchonine peut susciter du coté de la poitrine des accidents plus douloilaix et plus graves que du côté de la tète. Ce sont des soubresauts du cœur, de inxiété, de l'angoisse précordiale, avec gêne et ralentissement de la respira-* on; ce ralentissement coïnciderait avec l'accélération de la circulation, fait ex- "aonl inaire, s'il est vrai, car il serait en opposition avec la concordance habituelle u rhythme de ces deux fonctions. Il est affirmé par l'un des collaborateurs de ouchardat, qui l'a constaté sur lui-même, et a du suspendre l'expérience à quelle il s'était soumis, par suite de la véhémence de la douleur précordiale, ivahissant presque tout le côté gauche de la poitrine.

Les sujets qui ont été atteints par ce genre de douleur, de même que ceux qui it soullert de la céphalalgie dont il a été question plus haut, éprouvent bientôt

304 CINCHONINE (emploi médical).

un sentiment de faiblesse générale ; les bras s'alourdissent, les jambes fléchissent, et quelquefois il survient des syncopes. Tous les malades, dit Moutard-Martin, qui ont éprouvé le mal de tète, ont ressenti en même temps une faiblesse de* plu* pénibles et très-variable dans son degré; quelquefois c'est un simple affaibli^ ment, de la paresse à se mouvoir; d'antres fois, c'est une faiblesse pous^V i l'excès avec menace de syncope, défaillances, pâleur de la face, ralentissement du pouls. Mais il y a plus; dans les observations de Girault, nous en traînons deux où les sujets, n'ayant pris que 50 centigrammes de sulfate de cincliouiiic tn un seul coup, ont eu, une demi-heure après, une syncope qui a duré une liewv; il n'est fait mention d'aucun autre accident antérieur à celui-là, comme dans le* cas précédents. Les phénomènes hyposhéniqucs dont nous venons de parler. >u*ceptibles d'aboutir à uu état syncopal et traduisant une action paralysante qui |)eut s'étendre jusqu'au cœur, sont, sans contredit, ceux qui doivent le plu* faire réfléchir les praticiens avant de s'engager dans des applications trop hardie des sels de cinchonine.

Les différents phénomènes que nous venons de passer eu revue peuvent a» présenter partiellement ou en totalité chez le même individu. Ce que l'on obsene le plus habituellement, dit Moutard-Martin, l'un des expérimentateurs qui ont le mieux apprécié les effets du sulfate de cinchonine, ce sont des malade? qui éprouvent la céphalalgie avec constriction, faiblesse générale et menaoe de syncopes, un peu de douleur d'estomac. Ces effets physiologiques débutent ordinairement peu de temps après l'ingestion du sulfate de cinchonine ; cela varie d'un quart d'heure à une demi-heure; quelquefois ils sont presque instantanés ; ils durent peu : d'une demi-heure à trois quarts d'heure. Le meilleur remède qu* Moutard-Martin ait trouvé contre ces malaises, souvent fort pénibles pour les malades, c'est l'ingestion d'un peu d'eau froide, qui calme rapidement la doulew d'estomac et abrège la durée des autres accidents. Parfois cependant, lorsque L défaillance est trop prononcée, l'eau froide ne suffit pas. Nous conseillerions^ pareil cas, surtout s'il existait en même temps de l'angoisse précordiale, uir potion avec de l'éther et de l'hydrolat de menthe ou de cannelle ; des tonique* énergiques seraient indiqués eu cas de faiblesse excessive, et il est à \mm !*■ soin d'ajouter que les stimulants de toute sorte deviendraient nécessaires wwitrt l'état syncopal.

La cinchonine est absorbée et passe en nature dans le sang, de îiièntfftt tous les alcalis végétaux. Ainsi qu'eux, elle est probablement en ]»artie détruit dans le sang; elle semble être eu plus grande partie éliminée sans déconipositi**- D'après Mouchardât, on la retrouve dans l'urine de une à trois heures après ** absorption, augmentant pendant cinq à six et diminuant jusqu'à sa disparitk* (pli arrive de dix à vingt-quatre; heures après la dernière prise, selon la quaiiûtê qui a été administrée. Ou la décède à l'aide de l'iodo-iodure «le potassium, qui donne avec elle uu précipité couleur jaune orangé, non caractéristique toutefois,»»1' cette couleur est commune à d'autres bases végétales précipitées par le iwvf réactif.

A petite dose, le sulfate de cinchonine provoque de fréqueutes envies d'uriuff. qui diminuent, ainsi que l'urine, à mesure que l'on augmente la dose de ce *d- Le sulfate de cinchonine exerce sur la rate la même influence que le sulfote A? quinine; elle est nulle sur les engorgements anciens, tiès-volu milieux, reVllert même très-prompte sur les engorgements récents et aigus. C'est ce qui restf particulièrement des observations faites par lludellel, et de celles recueillies p»

CINCHONINE (emploi médical). 305

Michel Lévy. Laveran nie toute action, immédiate ou consécutive, de la cinchonine sur la rate engorgée, action du reste qu'il refuse également au sulfate de quinine.

Action thérapeutique. La cinchonine n'a pas été comme la quinine appliquée ^iu traitement des maladies les plus diverses; elle n'a été sérieusement essayée que dans les fièvres intermittentes, et accessoirement contre le rhumatisme. Aussi, peut-on dire que toute son histoire thérapeutique se résume en une question de comparaison entre ses propriétés antipériodiques et fébrifuges et celles delà quinine. Nous allons donc reproduire succinctement les principaux éléments de cette comparaison.

Les premiers expérimentateurs, Chomel, Double, Dufour, tout en reconnaissant l'action fébrifuge de la cinchonine, la trouvent moins prompte, moins sûre que celle de la quinine. Magendie, qui avait obtenu d'abord des résultats avantageux de l'emploi du premier de ces alcaloïdes, finit par l'abandonner pour ne plus recourir qu'au second.

Nais bientôt survinrent des observateurs plus satisfaits. Entre autres, Pétroz, Pothier, Nieuwenhuis, Halle, admettaient la rivalité des sulfates de quinine et de cinchonine. Bailly trouvait à la cinchonine des propriétés moins irritantes sur les systèmes nerveux et digestif; il la jugeait d'une application plus générale, plus efficace, et en beaucoup de cas plus heureuse que la quinine ; et il ne donnait cependant le sulfate de cinchonine qu'à la dose de 6 à 8 grains par jour. Bleynie plaçait au même rang la quinine et la cinchonine, et, en outre, les préférait pures au sulfate de quinine. Enfin, Marianini considérait la cinchonine comme l'égale de la quinine, non-seulement dans les fièvres intermittentes simples, mais même dans les pernicieuses; il employait tant le sulfate que la cinchonine pure, prescrivait de celle-ci jusqu'à 30 grains en trois prises, et débutait quelquefois par 20 grains. Nous arrivons maintenant aux témoignages d'observateurs plus récents. Girault croit que le sulfate de cinchonine peut remplacer le sulfate de quinine dans la généralité des cas; cependant il craindrait de le donner à hautes doses dans les fièvres pernicieuses à cause des syncopes qu'il l'a vu produire.

Pepper produit un témoignage d'autant plus important qu'il s'agit ici de fièvres intermittentes des pays chauds (Pensylvanie) ; il dit avoir traité avec succès ces fièvres par le sulfate de cinchonine, et n'avoir reconnu aucune différence entre l'action antipériodique de ce médicament et celle du sulfate de quinine; le sulfate de cinchonine lui a même paru être un peu plus prompt dans son action.

Wahn, qui a fait ses observations sur des fièvres du même genre, en Algérie, trouve la cinchonine et la quinine identiques quant à leurs effets physiologiques; la cinchonine ne détermine qu'exceptionnellement de la surdité et des bourdonnements, taudis que la quinine les produit très-souvent. Mais la céphalalgie, que Wahu ne note pas parmi les accidents occasionnés par la cinchonine, a été persistante chez plusieurs de ses malades ; la fièvre, d'ailleurs, a guéri rapidement dans la plupart des cas. Mais l'emploi préalable d'un traitement éméte-cathartique infirme beaucoup le succès qu'il a retiré de l'administration ultérieure de la cinchonine.

Hudellet, médecin de l'hôpital de Bourg (Ain), apporte en faveur du sulfate de cinchonine le chiffre le plus imposant d'observations qui ait été produit jusqu'ici ; et quoique ces observations manquent de détails, leurs résultats n'en sont pas moins dignes de fixer l'attention : 507 cas de fièvres de tout type ont été traités par

MCT. BJIC. XVII. 20

506 CINCHONINE (emuloi médical).

ce sel, qui, à la dose de .10 à 40 centigrammes en potion, prise en trois fois pendant l'apyrexie, a le plus souvent arrêté le deuxième accès et rarement laissé venir le troisième. La potion était ordinairement additionnée de 10, 15 ou 20 gouttes de laudanum; cela a pu saus doute augmenter, assurer l'efficacité de la médication; souvent l'opium appuie de même l'action antipériodique de la quinine; mais cette addition n'en nuit pas moins au jugement que l'on aurait pu porter sur l'action exclusive de la cinchoniuc. Toujours est-il que, sur ces 507 cas, il n'y a eu que 9 insuccès; que les récidives n'ont été ni plus ni moins nombreuses qu'apri* l'emploi du sulfate de quinine. Ce sel n'a donc pas, d'après Hudellet, de meilleur succédané que le sulfate de cinclionine, qui pourrait même être considère comme son égal.

Briquet estime que le sulfate de cinchonine peut rendre tous les services que rend le sulfate de quinine, à ce point qu'il a complètement substitué, dans sa pratique, l'usage du premier à celui du second. 11 a attaqué des fièvres intermittentes de tous les types avec un succès aussi décisif que s'il eût employé la quinine. La lièvre a été habituellement coupée au premier accès, rarement elle a duré jusqu'au deuxième accès, et dans aucun cas il n'en est survenu m troisième. La tuméfaction de la rate et la cachexie fébrile ont cédé de la même manière qu'avec la quinine, et il n'y a pas eu de récidives. Les doses qu'il a employées ont été d'un tiers plus élevées que celles du sulfate de quinine ; il trouve trop faibles les doses données par Hudellet.

Les médecins militaires, placés dans les meilleures conditions pour agir sur les fièvres d'origine palustre qui se prêtent le mieux à l'essai des médicament* fébrifuges, ont produit, au sujet de la cinchonine, de nombreuses observations, au milieu desquelles on trouve des divergences et des oppositions qui empêchent de porter un jugement décisif; toutefois, la plupart constatent, en somme et dans une assez large mesure, l'efficacité du sulfate de cinchonine. Ainsi, le Conseil de Santé des armées ayant prescrit de l'expérimenter dans les hopitaui d'Alger, d'Oran, de Constantine, de Cherchell, de Home et de La Rochelle, le résume des rapports, rédigé par les médecins eu chef de ces établissements donne un total de 205 fièvres, dont 106 de première invasion, et 99 récidivé»; le nombre des guéri sons est de 194; le sulfate de cinchonine n'a échoué que 11 fois. Plus tard, pendant la guerre d'Orient, de nouvelles expérimentation*, suggérées par Michel Lévy, furent instituées : au Pirée, par Artigties; à Varna, par Barby, et les résultats furent encore, en plusieurs points, assez favorables an sulfate de cinchonine.

En revanche, dans l'Algérie, Laveran a toujours trouvé ce sel inférieur au sulfate de quinine ; il lui a paru d'autant moins actif que les fièvres étaient plus récentes et plus intenses ; pendant la saison épidémique sou défaut d'efficacité ressortait encore davantage.

Si ce dernier observateur a été un peu sévère à l'égard de la cinchonine, il faut convenir que d'autres en ont exagéré les mérites. On peut regarderai alcaloïde comme un substitutif, comme un succédané de la quinine, et encore pas pour tous les cas, puisque, ou elle est insuffisante contre les fièvres pernicieuses, ou l'on ne pourrait en employer la dose nécessaire sans risquer des accidents. Cette restriction seule la reléguerait au second rang, si déjà le premier n'avait été assuré a la quinine dans la médication fébrifuge par les observation* les moins partiales et les plus rigoureuses. La cinchonine n'est donc pas et ne peut pas être l'égale de la quinine. La question ne nous a paru nulle pari mieux

CINCHONINE (emploi médical). 307

osée que dans une étude très-judicieusement faite par Moutard-Martin, qui mclut par les propositions suivantes :

i° Le sulfate de cinchonine, administré contre les lièvres intermittentes, a ne action incontestable, mais variable.

2° Quelquefois son action est rapide et il coupe les accès comme le sulfate de uinine ; d'autres fois elle est lente, quelle que soit la dose administrée, et les xè* s'épuisent petit à petit.

5° La dose de sulfate de cinchonine doit toujours être plus forte, au moins 'un tiers, que celle du sulfate de quinine, employé dans les mêmes circonances.

4" Pour obtenir une action curative du sulfate de cinchonine, il faut employer ne dose variant, suivant les individus, de 0*r,60 à 1 gramme.

5° A cette dose, il détermine souvent quelques effets physiologiques qu'il ne ' Tait pas prudent de dépasser.

6° L'action thérapeutique du sulfate de cinchonine n'est pas en proportion de mi action physiologique ; car il guérit quelquefois sans que les malades aient îiiti son action ; dans d'autres cas où Faction physiologique est énergique, façon thérapeu tique manque.

7* Le sulfate de cinchonine ne peut pas remplacer le sulfate de quinine dans t traitement des fièvres intermittentes graves.

8° Le sulfate de cinchonine peut devenir un précieux adjuvant du sulfate de [uinine, en complétant la cure commencée par une ou deux doses de sulfate de niinine. Ce procédé réunirait la sûreté du traitement et l'économie.

Cette succession dans l'emploi des deux sels paraissait à Michel Lévy plus avantageuse que leur association, qui ne semble, dit-il, ni augmenter ni diminuer la somme individuelle de puissance médicamenteuse que chacun d'eux apporte au produit commun. De nouvelles expériences pourraient bien infirmer cette dernière opinion.

Le sulfate de cinchonine a été très-peu essayé dans les névralgies. Legroux rapporte un cas de névralgie sus-orbitaire guérie par ce médicament. Briquet Ta vu réussir contre une névralgie faciale fort intense.

A l'instar du sulfate de quinine, il a été appliqué au traitement du rhumatisme articulaire aigu. Grisolle l'employa, dans un cas, à la dose de 1 gramme à l,r,50 par jour; la guérison fut obtenue en dix jours ; le pouls tomba à 65, et il y eut en même temps des battements de cœur très-forts. Au début de la convalescence, il survint un violent étourdissement avec brouillards devant les yeux; les jambes restèrent longtemps faibles, et le pouls se ralentit jusqu'à 55.

Dans le service de Legroux, Ch. Londe a recueilli une observation de rhumatisme, où le sulfate de cinchonine, porté jusqu'à 2 grammes, ne donna pas de résultat ; il en rapporte une autre, incomplète, qui prouve également l'inefficacité de la cinchonine.

Cependant Briquet prétend que la cinchonine développe contre le rhumatisme irticulaire aigu la même puissance que la quinine. Elle déterminerait, suivant lui, les mêmes ralentissements du pouls, la cessation des raptus rhumatismaux, 'apparition du sommeil, la diminution des douleurs. Ces effets satisfaisants ont ié obtenus, plus ou moins rapidement, daus dix cas où il a donné le sulfate de lucJionine à des doses de 2 et 5 grammes par jour. En se rappelant les accileuts survenus chez le sujet traité par Grisolle; eu songeant aux craintes fondées ne des doses trop élevées de sulfate de cinchonine ont inspirées aux médecins

508 CINCHONINE (emploi médical).

qu* l'ont opposé plus modérément aux fièvres intermittentes, on se demande comment la médication employée par Briquet est restée inoffensive, et l'on n'est pas tenté de la conseiller.

Dufresne a employé la cinchonine à petites doses, 20 centigrammes en quatre prises, tantôt seule, tantôt unie à la magnésie, contre les gastralgies compliquées de vomissements et de pyrosis, chez les femmes anémiques et leucorrhéiques. D attribue le bienfait de cet alcaloïde à ce qu'il fixe et neutralise, ainsi que la magnésie, les acides en excès dans l'estomac. Il semble plus probable que la cinchonine remplit, en cette circonstance, un rôle analogue à celui des toniques amen. Quoi qu'il en soit de son mode d'action, ce serait un remède à mettre de nooTea à l'essai. On a pu remarquer que les quinquinas où domine la cinchonine sont souvent mieux supportés par un estomac facilement impressionnable, et qu'ils calment même parfois les douleurs siégeant dans cet organe; la cinchonine, représentée par une proportion minime dans la quantité de quinquina administrée, et peutnHrc aussi adoucie et corrigée par les autres principes, produit alors «a effet inverse de celui que l'on a souvent à reprocher aux sels de cet alcaloïde, donnés à doses plus élevées.

Au surplus, nous ne savons pas encore tout le parti que Ton pourrait tirer de la cinchonine, puisqu'il n'a encore été fait en grand qu'une application de cette substance à la médication fébrifuge.

En conséquence, pour le moment, nous n'avons à considérer comme acquis que les résultats de cette expérimentation presque exclusive; nous les résumerons, ainsi que les pensées qu'elles inspirent, dans les conclusions suivantes:

La cinchonine, ses sels, et particulièrement le sulfate de ciiichonine, qui i été le mieux étudié, possèdent des propriétés antipériodiques et fébrifuges il testables.

Ces propriétés, analogues à celles de la quinine et de ses sels, leur sont û rieurcs, parce qu'elles ne s'exercent généralement qu'à une dose plus élevée et dans une limite de temps un peu plus longue, et aussi parce que leur énergie est moins proportionnée à l'intensité des fièvres qu'elles auraient à combattre.

Ce que cette énergie offre eu moins sous le rapport thérapeutique, elleloflre malheureusement en plus sous le rapport toxique. Ce contraste, qui a frappé I* majorité des observateurs, s'oppose à l'extension des sels de cinchonine au traitement des fièvres pernicieuses. Ici, ainsi que pour l'arsenic, la prudence défeat' de risquer des doses qui, pour devenir suffisantes comme remède, {Jouiraient devenir périlleuses comme poison.

De même que dans le quinquina les propriétés toxiques de la cinchonine amt dissimulées ou antagonistes par la quinine; il y aurait peut-être à constituer ai mélange, une association de ces deux alcaloïdes, qui déjà donne eu grande part» sa valeur au quinquina, et qui serait susceptible d'atteindre sans péril aux indications des lièvres de toute intensité. Il y aurait là uu sujet de recherches intéressantes à faire.

En attendant, le sulfate de cinchonine ne se recommande que pour les tien* intermittentes simples, sans gravité, d'un caractère paludique peu pronooer: il peut même à la rigueur être utilisé dans les localités et contre les fièvres frn> ehement palustres, aux époques oîi ces lièvres n'ont pas encore acquis leur sa»muni de ténacité, (l'est encore ouvrir à ce médicament un champ asseï Un* d'application, où l'économie la mieux entendue trouverait son compte. Dans ce> conditions, le sulfate de quinine lui viendrait en aide, moins, à notre avi^r*

CINCHONINE (emploi médical). 309

une dose préalable, que par une dose terminale pour décider la cure si elle n'était pas promptement obtenue.

Enfin, pour clore la série des considérations que nous avons eu à présenter sur U;s préparations de quinquina, nous croyons que la quinine est sans contredit le plus important, le plus efficace, le plus généralement applicable de tous les alcaloïdes fournis par les cinchonées ; mais que néanmoins il y aurait lieu d'utiliser la quinidine, la cinchonine et la cincbonidine comme fébrifuges, dans les circonstances où les indications ne sont ni graves, ni pressantes, et où Ton est obligé de faire de la médecine à bon marché. Une activité moindre et un prix qui serait probablement plus élevé, ne recommandent pas au même titre la quiuicine et la cinchonicine. Il faudrait donc s'en tenir, comme succédanés de la quinine, à la quinidine, a la cinchonine et à la cincbonidine. Or ces trois derniers alcaloïdes, le premier et le troisième surtout, sont plus connus des savants que de la majorité des praticiens ; que ceux-ci nous permettent de les leur signaler de nouveau, en les invitant à en faire une épreuve définitive, pour les vulgariser, s'ils le méritent, dans la mesure de leur efficacité.

Doses et modes d'administration. La cinchonine pure est rarement employée ; elle serait utile chez les enfants, à cause de son peu de sapidité, d'après Callond. qui engage à administrer, aussitôt après son ingestion, un demi-verre de limonade sulfurique, pour favoriser, tant sa dissolution dans l'estomac que son action fébrifuge. Elle se prescrit à la dose de 20 centigrammes pour les enfants, au double pour les adultes, en pilules, ou mélangée avec du miel, des confitures, un sirop.

On donne la préférence aux sels de cinchonine, et particulièrement au sulfate.

0 existe deux sulfates de cinchonine, analogues aux deux sulfates de quinine : l'un, sous-sulfate ou sulfate neutre, plus soluble que le sel correspondant de quinine; il est bon cependant d'assurer sa solubilité par un excès d'acide lorsqu'on le donne en solution ; c'est celui qui est ordinairement employé. On le prescrit en potion, en pilules ou en nature.

Le sulfate neutre ou bisulfate de cinchonine est liquide ; on ne le trouve pas dans les pharmacies, mais on le prépare extemporanément lorsqu'on favorise là dissolution du précédent par l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique ou d'eau de Rabel.

Les autres sels de cinchonine, chlorhydrate, tartrate, taunate de cinchonine, l'iodure de cinchonine (Thompson), ont été peu essayés et ne sont pas usités. Une exception devrait être faite, d'après le docteur Castiglioni, en faveur du Unnate de cinchonine qui, outre ses propriétés fébrifuges, serait très-efficace contre la diarrhée.

Tout ce que nous avons dit des modes d'administration des préparations de quinine, ainsi que du moment le plus convenable pour leur emploi, est applicable aux préparations de cinchonine ; nous n'avons donc pas à reproduire ici les mêmes détails, pour lesquels nous renvoyons à notre article sur la

Q&lilIFIB.

Quant aux doses du sulfate de cinchonine, nous en avons également assez parlé <wns le cours du présent article. On a vu que ce sel a été employé, comme apériodique, depuis la dose de 50 à 40 centigrammes, jusqu'à celle de 1, 'i50 et même 2 grammes ; si les premières ont été jugées trop faibles, les derrières ont été trouvées trop fortes ; et nous rappellerons que la pratique la Plus générale consiste à prescrire, dans l'apyrexie, une dose moyenne, variant

~fH\ fJV.iO M>L ,.w*l>>i situ: il).

#nt#" 'A it'u\%-éTAtuit»"' *.t I ïTJkUimr. N !"•#« *.n>ît devoir aller au delà, il but du i#irtiii' Tr»' li/iiuirf Ur thrdu.tuirfii rri plusieurs j»ri<e*. Gubler dit avoir adnii- Ap4fi/- pliMMurt foi», *ar»« aucun iruom^iiivnt. ^ grammes par jourdesuli.it. fo (tttfUotttw *u #pi*lr»: ou huit do*#r*.

IWpi't tUl avoir port*' *-/: wl dans !♦• rhumatisme jusqu'à 5 gramme*», etikpftflr p»* d hu itU'lit*.

f>|*r»d/Wif d'* phénomènes toxiques fréquemment observés bien au-de>*»iis Av 1 4-1 ir do<# roruruarideut pins de réserve: et nous répéterons en terminant que l*i plupart de* e*périinentatcurs s'accordent à conseiller de ne pas dépas^r I* do*** puuriaheie d'nii gramme [Railleurs, lorsqu'une affection in tenu ittenk r/«i«le ,i relie do«*-f il est plus prudent et plus profitable de recourir au snlïak île quinine que d'iiiijruientrr la proportion de son congénère.

Ueliodx de Savignac.

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C1NÉSIALGIE. 311

CINCHONIQUE (rouge). Los solutions de l'acide quinotannique, en passant tu rouge sous l'action de l'air, donnent un dépôt appelé rouge cinchonique.

C1NCHOTAIWIQUE (Acide). Voy. Qcinotannique.

CINÉBÈNE. CSoH18. En distillant avec de l'eau des semences de semen conra, on obtient un hydrocarbure isomérique avec l'essence de térébenthine au- |iiel on a donné le nom de cinébène.

Ce produit bout à 172° ; sa densité est égale à 0,878. Traité par l'acide hlorhydrique, il donne une liqueur rouge, mais pas de cristaux. Oxydé par acide azotique, il donne naissance à de l'acide toluique et à de l'acide nitrotouique. M.

CDreiJLI-CALVOIXl (Jean), né à Florence le 26 février 1625, mort à jorette, le 18 avril 1706. Ce médecin-littérateur étudia à l'Université de Pise, ut reçu docteur en physique et en médecine ; puis, après avoir exercé son art lans divers lieux d'Italie, il revint dans sa patrie et s'y lia avec les savants les lias distingués, entre autres avec Ant. Magliabecchi, alors garde de la bibliohèque du Grand-Duc. Celte liaison lui ayant facilité l'accès de ce précieux dépôt le livres, il s'y livra à la recherche de certains opuscules de la nature des brochures éphémères, que leur utilité ne met point à l'abri de la destruction, à cause de leur forme exiguë, et il en réunit un assez grand nombre qu'il fit paraître par cahiers avec des notes piquantes, sous le titre de Biblioteca volante. lien donna successivement quatre cahiers ou tablettes (scanzia), dont les deux premiers parurent, à Florence, 1677, in-8°, et les deux autres à Naples, 1682-85. Cet ouvrage, dans lequel il n'avait pas épargné les sarcasmes à quelques gens en crédit, lui attira des désagréments qui l'obligèrent à se retirer à Venise, puis à Bologne, enfin à la Santa casa de Lorette, où, comme nous venons de le dire, il mourut, après avoir poussé la publication de sa Biblioteca volante jusqu'à seize cahiers ; et il en a été donné une édition générale. Venise, 1754, 4 vol. in-4°.

CINÉPHÈXE. Cï0IIi6. Isomère du cinébène. 11 est tiré de l'essence de tanen contra au moyeu de l'acide phosphorique anhydre. M.

CINÉBAIBE. Cineraria Less. Genre de plantes dicotylédones de la famille des Composées, de la sous-division des Kadiées, et de la tribu des Sénécionidées. Ce groupe tel que Linnée l'avait délimité comprenait un grand nombre d'espèces de régions diverses. Mais les botanistes actuels l'ont subdivisé, et réservent ce nom à des espèces du cap de Bonne-Espérance, qui n'ont guère d'intérêt (pic comme plante d'ornement. Le Cineraria maritma L., qu'on a vanté autrefois contre l'hystérie est devenu le Senecio cineraria (voy. Séneçon). Le Cineraria sibirica L, espèce de Sibérie, qu'on trouve aussi en Suisse, dans les Pyrénées et dans quelrpies parties des montagnes de la France, est le Ligularia sibirica des botanistes actuels. Cette plante a la réputation, en Sibérie, de réveiller la virilité.

Di Catoolle. Prodromus, VI, p. 305-312. — Mérat et De Less. Dict. de matière médicale,

CINÉ81ALGIE (xLwiç : mouvement, et âtyo; : douleur). iNom donné par

31 CINÉSIALGIE.

Gubler à « l'état d'un muscle dont la contractilité ne peut être mise en jeu sans déterminer localement une douleur souvent très-vive, parfois intolérable et toujours plus ou moins incompatible avec l'exercice régulier de la fonction motrice, i (Voy. De la cinésialgie spécialement dans le diastasis musculaire et de sa guérison instantanée par la faradisation locale, par A. Gubler, in Journal de thérapeutique, 1874). La cinésialgie se distingue de la myalgie en ce que ce dernier terme s'applique uniquement aux douleurs musculaires rhumatoïdes, tandis que le premier intervient en qualité d'élément morbide dans un grand nombre d'état* pat bologiq ues variés.

Ces états se distinguent en deux grandes catégories : premièrement, ceux où l'inflammation joue probablement un rôle dans la production du phénomène; secondement, ceux où elle ne [tarait pas pouvoir s'y rattacher. Dans la première catégorie se rangent les douleurs de contraction qui surviennent dans le rhumatisme (myalgie, lumbago), dans les affections a frigore indépendantes du rhumatisme, dans les myosites des traumatismes musculaires et dans tous les états inflammatoires des muscles striés. Les organes munis presque exclusivement de fibres lisses n'échappent pas aux cinésialgies ; le ténesme et les épreintes de 11 dysenterie et des entérites ulcéreuses ; la dysurie et le spasme vésical dans l'inflammation calculeuse et la cystite du col; les crampes d'estomac de l'ulcère simple; les douleurs de certaines métrites parenchymateuses, des péritonites, des œsophagites, des angines, des ophthalmics, etc., peut-être même celles de ïangor pectoris associé à des lésions cardiaques, sont autant d'états cinésialgiques inflammatoires des fibres lisses.

Dans la catégorie des cinésialgies liées à des états non inflammatoires, Gubler place les pleurodynies simples ; les douleurs fugaces qui se produisent pendant un moment, à chaque répétition de l'acte respiratoire ou d'un mouvement actif quelconque ; les douleurs lombaires chez les personnes aiïectées d'inflammation des organes pelviens et spécialement de l'utérus; les crampes des mollets; certains tics douloureux ; les coliques intestinales, biliaires ou néphrétiques ; certaines formes de gastralgie, beaucoup de dysuries et les tranchées utérines de b menstruation ou de la parturition. Mais la forme la plus fréquente de cinésialgie non inflammatoire est « celle qui provient d'une contraction anormale irrégnlière ou exagérée, provenant soit jlY un effort, soit de ce que l'on appelle in faux mouvement. »

De cet ordre de phénomènes, Gubler donne une explication fondée sur b transformation, à l'état normal, de la force latente créée par l'oxydation du sang du muscle, en force de cohésion, puis en force mécanique ; or, si l'on suppose une cause quelconque qui prévient cette série de transformations, la force disponible « recueillie par le nerf eisodique se transforme encourant scusitif |>ouvant. selon son mode et son intensité, engendrer des douleurs plus ou moins vives a peu près comme un courant électrique dont la voie d'écoulement, tout à coup fortement rétrécie, donne lieu à une évolution plus ou moins considérable île chaleur et de lumière. »

Les dénominations vulgaires iï effort, de coup de fouet, de tour de reins, représentent des entorses des muscles, un diastasis musculaire qui donne lieu à une cinésialgie caractéristique. Cette forme de cinésialgie a été part ieulièremeiit étudiée dans le mémoire cité plus haut, qui repose sur plus de 80 cas observés ; !>(» y sont publiés, dont 26 se rapportent au diastasis et 6 à différents états morbido ; ce> cas ont tous guéri rapidement et souvent instantanément par l'application de

GINÉS1ALGIE. 313

tirants induits (faradisation) à l'aide de réophorcs humides appliqués pentit 10 ou 12 minutes au niveau des points ou dés muselés douloureux. On s'est rtout servi de la première hélice, celle que l'on désigne du nom d'extra-couit ou encore courant de gros fil; mais cette condition ne paraît avoir été ni solue, ni même rigoureuse, car elle n'est expressément notée que dans un cas. plupart des observations publiées par Gubleront été recuillies sous ses yeux r les élèves de son service sur des malades que la douleur immobilisait. En néral, cette douleur était récente. Dans un cas, le diastasis musculaire lomtire datait de deux mois et avait été vainement traité par des applications cales et des bains de vapeur; il fut guéri envi 2 minutes (Obs. 26). Quant aux nésialgies non liées au diastasis musculaire, elles paraissent avoir cédé avec une ia\e promptitude à la faradisation.

Quoi qu'il en soit de l'importance exceptionnelle des résultats thérapiques btenus par Gubler et, d'ailleurs, par un grand nombre de praticiens dans es cinésialgies par diastasis musculaire, on voit que ce néologisme, introduit par le savant professeur dans le langage médical, est tout à fait justifié en pathologie par le trait commun qu'offrent les états de souffrance signalés plus haut, à savoir : la douleur pendant la contraction musculaire. Notons toutefois qu'en limitant les cinésialgies aux contractions douloureuses ou défectueuses, on se prive de l'emploi d'une expression commode et heureusement trouvée pour désigner la douleur produite par le mouvement dans des états pathologiques non musculaires ; il se pourrait cependant que les douleurs qui se montrent dans les membres affectés de rhumatismes articulaires, d'entorses, et môme de fractures lors des mouvements communiqués ou des mouvements actifs, fussent dues en dernière analyse aux mêmes causes que celles qui agissent dans les cinésialgies par diastasis musculaire. La lésion n'explique pas directement la douleur; il y a entre la lésion quelconque et la douleur un phénomène intermédiaire, dont Gubler a fourni une explication rapportée plus haut, et qui pourrait être vraie pour toute espèce de douleur liée au mouvement; si l'état d' incohésion d'un muscle c'est-à-dire d'inaptitude à la contraction régulière, uniforme et à ses suites mécaniques, se traduit par de la douleur, on conçoit très-bien qu'un mouvement communiqué à des jointures malades, produisant une sorte de contraction involontaire, mette en liberté une force disponible qui se transmet par les nerfs sensibles en surcharge douloureuse.

En effet, si le diastasis produit de la cinésialgie, la faradisation en produit également, de même que le mouvement communiqué. Or, des altérations moléculaires des muscles analogues au diastasis accompagnent les lésions traumatiqueset rhumatismales; en ces cas tout excitant de la contractilité peut donc aboutir « à la mise en liberté d'une force inhérente à la substance contractile qui, ne pouvant donner lieu à un accroissement subit de cohésion avec condensation et retrait instantané constituant la contraction musculaire, devient une cause d'excitation douloureuse pour les filets nerveux de sentiment qui animent la région et qui sont en connexion avec les nerfs moteurs, directement ou par l'intermédiaire de la fibre charnue » (Gubler, Journal de thérapeutique, 1874, p. 806).

Sous le bénéfice de cette explication, les cinésialgies, c'est-à-dire les douleurs produites par les mouvements spontanés ou communiqués, pourraient donc avoir une explication générale dans les états pathologiques les plus divers.

E. Dally.

514 CLNNAMIDE.

CINÉSIOLOCIE (de xtvr,(Tt^ : mouvement, et Xoyoç : science). Nom donné par N. Daily à rensemble des applications éducalionnellcs, hygiéniques outhtbpi(]ues des mouvements artificiels ou naturels de l'organisme. Cette science comprend, ainsi considérée : 1° l'art des mouvements éducalionnels de l'appareil locomoteur qui, depuis les Grecs, a reçu successivement les noms d'ascétique, gymnastique, agonistique, athlétique, somascétique, callistlténie, etc., et qui, sous ces diverses dénominations, répond à des points de vue fort différents; 2° la gymnastique médicale, kinésithérapie, ou plus correctement, cinésithérapie;

3* les MANIPULATIONS THÉRAPIQUES , MASSAGE (Voy. CCS OlOts) , pressions, CU.

L'utilité de ce néologisme est incontestable si l'on tient compte de la diversité des applications des mouvements artificiels en hygiène et en thérapie, applications qui conservent un caractère commun fondé sur les effets physiologiques de la mise en jeu systématique, en vue d'un but déterminé, des fonctions organiques. Peut-être serait-il plus simple de désigner cette science sous le nom de Cinés ie (Voy. Gymnastique). E. Dally.

Bibliographie. — Dally (N.). Cinésiologie ou science du mouvement dans ses rapport* l'éducateur, l'hygiène et la thérapie. Paris, 1857. — Gcorgii. Kinésithérapie ou Traittmnt des maladies par le mouvement selon la méthode de Ung. Paris, 1847. — CtnésUkérss* ou Cinésic. In Médicaments nouveaux en médications nouvelles dcO. Réveil, Paris, 4864. - Dkbost. Cinésic équestre, principes d'équitation rationmUe. Paris. 1874. E. D.

C1M3ALA1SE (Race). Voy. Ceylan.

CIN1FLO. Voy. Araignée.

cixnabbe. Sulfure de mercure (voy. Mercure).

CINNAMÉIIVE. Extrait par H. Frémy du baume du Pérou. On fait bouillir Je baume avec du carbonate de potasse pour en retirer l'acide cinnamique. Le baume fournit ainsi un liquide jaunâtre, qui, distillé, donne la cinnaméine. Ces! un liquide incolore, oléagineux, qui cristallise à — 12 ou — 13 degrés. La «► naméine, très-peu soluble dans l'eau, Test en forte proportion dans l'alcool et dans l'éther. Elle a une saveur aromatique très-prononcée. D.

ClXftAMÈXE. C16II8. (Cinnamal, styrol, styrolène, essence de styrtx liquide). Hydrocarbure obtenu en distillant le styrax avec de l'eau additionnée de carbonate de soude. M. fterthelot Ta préparé par synthèse en faisant passer un mélange d'éthylène et de vapeur de benzine à travers un tube chauffé ai rouge. Les deux hydrocarbures s'unissent avec élimination d'hydrogène.

f«H« -f. C*H4 = C16ll8 H- H*

Benzine. Élhyltoe. Cinnamène. Hydrogène.

Le einnamciic est un liquide incolore, mobile, fortement réfringent. $"fl odeur est analogue à celle de la benzine ; sa saveur est brûlante. Sa densités égale à 0,924. Il bout à 1-45°, 7. Pendant la distillation, et lorsque le premkf tiers a passé, le thermomètre s'élève rapidement, et le résidu se prend, parle refroidissement, en une masse solide de métacinnamène. C**H16 (Bonastre. Journ. de pharm., t. XVII, p. 558 ; Berthelot, Comptes rendus de V Académie da sciences, t. LXIII et LXV11I). H.

CINNANIIDE. C'WAzO*. Produit de l'action du gaz ammoniac sec sur le chlorure de cinuamvle. Cette amide est soluble dans l'alcool bouillant, où elle

C1NNAM0DENDR0K. 315

risUllise en aiguilles ; elle Tond à 141°,5. Klle est inodore et a une saveur un #u amère. M.

CINNAMIQUE (Acide). C,8H*0*. Les baumes de Tolu et du Pérou, le styrax iquide, quelques es^ces de benjoin, sont autant de sources plus ou moins iches en acide cinnamique.

C'est du styrax qu'on relire d'ordinaire cet acide. A cet effet, on distille le >aume avec cinq à six t'ois son poids d'eau dans un alambic de cuivre, afin d'en liminer une substance volatile, le slyrol. Dans le résidu de la distillation on rouve l'acide cinnamique, qu oh enlève par l'action plusieurs fois répétée d'une lissoliition bouillante de carbonate de soude. Les solutions alcalines sont con- -entrées par l'évaporalion, puis précipitées par l'acide chlorhydrique bouillant. La masse liquide, en se refroidissant, laisse déposer l'acide cinnamique, que l'on [mritie par des dissolutions et des cristallisations réitérées dans l'alcool.

On peut aussi le préparer par synthèse au moyeu du chlorure d'acétyle et de l'hydnire de beuzoyle (Berlagnini, Nuovo cimenlo, t. IV, p. 46, et Ânn. de chim. et de phys., t. XLIX, p. 576) . Ou bien eu faisant agir le sodium et l'acide carbonique sur le cinnamène monobromé (Schwartz, Ann. der Chern. u. Pharm.y nouv. sér.f t. LVI, p. 229, et Bvll. de la Soc. chim., t. VI, p. 61).

L'acide cinnamique est un corps cristallisé en prismes incolores et transparents appartenant au type prismatique rhomboïdal oblique. Sa densité est de 1,195, il tond entre 154° et 157°, commence à bouillir vers 290°, et distille presque sans altération à 295° si on le chauffe vivement. Si la distillation est lente, l'acide se décompose en acide carbonique, en cinnamène C18Il8 et en sttlbène C**IIIS. 11 est peu soluble dans l'eau froide, mais se dissout aisément dans l'eau lKuiillante, dans l'alcool et dans l'éther.

L'acide azotique concentré le convertit en acide nitrocinnamique Ci8H7 (Az04)04 à une température inférieure à 60°; au delà il se forme de l'acide uitrobenzoïque (Mulder. Journ. fur prakt. Chem., t. XVIII, p. 253).

L'acide azotique étendu et bouillant, le bichromate de potasse et l'acide sulfurique convertissent l'acide cinnamique en aldéhylde benzoïque.

Fondu avec la potasse caustique, cet acide donne naissance à du benzoate et à de l'acétate de potasse. Distillé avec de la chaux en excès, il se dédouble en acide carlionique et en cinnamène Cl*H8.

L'acide cinnamique est monobasique. Ceux de ses sels qui sont à base de mé- Unx monoatomiques répondent à la formule générale Cl8II7MO\ le symbole M représentant un métal monoatomique.

Les cinnamates alcalins sont fort solubles dans l'eau, les cinnamates terreux y sont peu solubles, les autres sont à peu près insolubles dans ce liquide. Tous les cinnamates solubles précipitent en jaune les sels de peroxyde de fer ; tous solubles ou insolubles, étant distillés avec de l'acide azotique, donnent naissance ides vapeurs rutilantes ainsi qu'à de Yhydrure de benzoyle. M.

CINNAMODENDRON. Genre de plantes, de la famille des Magnoliacées, tribu des Ganellées, établi par Endlicher pour le Canella axillaris Nées et Màrt., espèce brésilienne qui a toutes les propriétés aromatiques, stimulantes des Canella, mais qui s'en distingue en ce que sa corolle est doublée d'un certain nombre de petites languettes aplaties et pétaloïdes (organes que l'on a même considérés comme étant les véritables pétales de ce genre), et en ce que ses fleurs,

316 CINNAMOSMA.

au lieu d'être réunies au sommet des rameaux, sont groupées en courtes grappes dans l'aisselle des feuilles. La fleur a d'ailleurs la même organisai ion géii^rale. Ses examines monadelphes sont au nombre d'une vingtaine, et son otain uniloculairc contient plusieurs (4, 5) placentas pluriovulés. Le fruit est une baie avec plusieurs graines entourées d'une pulpe gélatineuse. M. Miers a, dans as dernières années, ajouté une seconde espèce à ce genre ; c'est une plante de* Antilles qu'il a nommée C. corticosum et qui diffère de la précédente par ses fleurs beaucoup [dus grandes, peutamères, disposées en grappes pauci flore >, aiillaires ou latérales. La corolle y est doublée de cinq petites lames obovales, imbriquées. Les étamines sont au nombre de vinfct environ, et les placentas, de trois à cinq ; ils sont pluriovulés. Les Cinnamodendron sont de petits arbres a feuilles alternes, sans stipules.

Le C. axillare Enpl. est un des Paratudo ou Casca per tudo (propre à tout) des Brésiliens ; c'est leur P. aromatico, qui a joui d'une grande réputation. pour le traitement d'une foule de maladies. Il est extrêmement chaud,, stimulant, aromatique, digestif; sa saveur est tellement intense que, dit Guibourt, - le poivre et la pyrèthre n'en approchent pas; on Ta surtout préconisé comme souverain dans le traitement des affections scorbutiques et des fièvres atoniques. Le C. corticosum est maintenant fort répandu dans le commerce de la droguerie ; et c'est presque toujours lui qu'on vend à Paris, dans les pharmacies, sous le nom d'Ecorce de Winter ; car celte dernière substance y est à peu près introuvable. Elle est d'une grande épaisseur (jusqu'à 7 ou 8 millimètres), fort solide, lisse, d'un jaune brunâtre, pâle et souvent un peu rosée en dehors, d'ua brun plus ou moins noirâtre en dedans. Son odeur, fort aromatique, rappelle celle du poivre et du basilic mêlés. Sa saveur, piquante, acre, est quelquefois extrêmement énergique et tout à fait intolérable. Elle entre souvent dai.s la préparation du Vin diurétique amer de la Charité, précisément à la place de l'Écorce de Winter. Elle vient en Europe des Antilles et des régions voisines de la terre ferme. C'est cette même écorce que Guibourt a décrite comme £. ^ Winter du commerce et à laquelle il rapporte YE. caryocostine de Lémerv.

H. Bu. "

Exdl., Gen., n. 1029. — Mifrs, in Ann. ofSat. Hist., scr. 3, 1, 350; ConMb., I. ll*,tîi — Goib., Drog. timpL, éd. 6, III, 615,616. — Uosenth., Syttops. plant, diaptior ,7*7.- Bkkth. et Hook., Gen., I, 121. — H. Bailloh, in Adaruonia, VII, 14, 67; HUt. de* /»J«<*. I, 107, 186, 192.

CINNAMOMIIVE. Huile incolore obtenue par Simon en distillant l'acide cinnamique avec la chaux éteinte. M. Stanislas Martin a appelé cinnamomfM un principe sucré qu'il a extrait du Cinnamomum zeylanicum (voy. Cj^îiellio).

ciNNAinoMun. Voy. Caknellier.

CIKKAMOfMf A. Genre de plantes dont les fleurs sont construites cornu* celles des Canella et des Cinnamodendron, mais qui se distinguent, dansée groupe remarquable de la famille des Magnoliacées, par ce caractère singulier que sa corolle est complètement gamopétale. La seule espèce jusqu'ici connue, le C. fragrans, est un petit arbre très-aromatique, de Madagascar. Il a les propriétés des Canella. « L'écorce en est aussi piquante et excitante. Son odeur est are* matique, mais moins poivrée et moins analogue à celle de la muscade; elle si

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