‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 5)Chapitre 42 sur 68 · C1RS01DES · texte numérisé non relu

C1RS01DES

opération, danger déjà connu, mais dont j'ai montré toute l'étendue dans plusieurs mémoires et dans cet ouvrage même (art. Carotide).

Maison neuve fit le premier cette opération dans un cas de tumeur drsoale, siégeant sur la région temporale gauche. Prévoyant le retour facile de la riralation par l'anastomose des thyroïdiennes supérieure et inférieure, Maisoura* lia simultanément la carotide externe et la thyroïdienne supérieure. La tunwr s'affaissa tout d'abord et cessa de croître; mais le 21e jour il y eut unehémrrhagie par la plaie. Haisonueuve lia la carotide primitive ; les hémorrhagies m> tinuant, une nouvelle ligature fut faite sur la carotide interne. Le 3* jour, le malade succomba à des accidents cérébraux. Le nerf grand sympathique va été compris dans la ligature.

• Heine, en 1867, ayant affaire à une malade âgée de 21 ans, portant in» giome rameux de la région auriculaire, voulant éviter les dangers de la ligatat de la carotide primitive et se mettre à l'abri de l'hémorrhagie «pendant l'extirp tion de la tumeur, lia d'abord la temporale superficielle et l'auriculaire portérieure. Ces deux ligatures paraissant sans action sur la tumeur, il lia la carabfc externe, suivant en cela le plan qu'il s'était tracé tout d'abord, et la thyroklie» supérieure, afin d'éviter le retour du sang. Aussitôt les pulsations cessèrent <a* la tumeur et Heine crut pouvoir, sans danger, procéder à l'extirpation; mais* premier coup de bistouri, détachant par une incision demi-circulaire la prit supérieure de la tumeur de la portion écailleuse du temporal, le sang jaillit m abondance de plusieurs artères, et lorsque par une seconde incision Heine vodÉ compléter l'isolement de toute la circonférence de la tumeur, le sang ooaha arrosoir de toute la surface de la plaie, et ce ne fut qu'avec beaucoup de pas qu'on évita une perte de sang considérable. Neuf artères de moyenne gro** lurent liées médiatemeut au moyen d'un fil métallique conduit par uneaigak au travers de la peau ou serrées par l'acupressure. On dut faire en outre lies ligatures. Une éponge maintenue par un bandage compressif fut placée eum sur la plaie et le malade fut reporté dans son lit. L'éponge et les neuf aigidb furent retirées, il s'eu suivit une légère hémorrhagie qui céda à la pttydi* d'eau glacée. Biais, le 15e jour, une hémorrhagie eut lieu au niveau de Up» faite pour la ligature de la carotide externe; ou l'arrêta par la compression 4» taie. L'hémorrhagie se produisant, Heine lit la ligature de la carotide primiti* L'écoulement du sang fut définitivement arrêté, et deux mois après, la gwn* de la maladie et des opérations qu'elle avait nécessitées était complète.

Ces trois exemples, et surtout les deux derniers, montrent que Ion ne pe* dans les cas de tumeur cirsoïde, tirer grand espoir de guérison de la ligatu»** la carotide externe; sans action curative sur la tumeur elle-même, cette lin*11 n'a même pu arrêter l'écoulement du sang au moment de l'extirpation, et. 4* les trois cas, ou fut obligé de lier la carotide primitive. C'est donc un ■•• qu'on ne saurait conseiller, et, pour ce qui concerne la tumeur cirsoïde,** peut regarder la ligature de la carotide externe comme devant être subut*' celle de la carotide primitive, bien que la lésion ne siège qu'à l'extenear* crâne. L'existence d'un angiome rameux agit en dilatant tous les vaissaui** riels du cuir chevelu, même les plus petits, de là des anastomoses trè***^ entre ceux du coté gauche et du côté droit; aussi, dans le cas où, mal^ insuccès de Maisouiicuve et de Heine, on voudrait revenir à la ligature de»* rotide externe (ce que je ne saurais conseiller), il faudrait lier simultanée*^ deux carotides externes.

CIRSOIDES. 547

Ligature de la carotide primitive. La facilité plus grande de l'opération, spoir d'arrêter plus facilement la circulation dans toutes les ramifications de rtère, ont engagé souvent à pratiquer la ligature de la carotide primitive. Sur . 455 cas de ligature de celte artère que j'ai pu réunir, 100 fois l'opération lit été faite pour la guérisou de tumeurs siégeant sur des parties où se disbue la carotide, et 52 fois pour des tumeurs vasculaires du crâne et de la face. i pu rassembler 27 observations dans lesquelles la ligature d'une carotide iinitive a été faite pour des tumeurs cirsoïdes ; c'est avec ces faits que je vais itlier la valeur de cette opération appliquée au traitement de l'angiome arté-

I rameux1.

I I suffit de jeter les yeux sur le tableau ci-joint pour voir que la ligature de la -otide primitive ne saurait être regardée comme une méthode thérapeutique isiàisante. Dans trois cas appartenant à Detmold (52), Théhaut (55), Parker V), le résultat est inconnu ; il nous reste donc 24 observations dans lesquelles lis comptons 10 morts, c'est-à-dire une mortalité de 41 pour 100. Le malade

'Vardrop (18), après quelques hémorrhagies le 7e et le 9e jour, succomba is mois après l'opération ; celui de Travers (28) succomba à des hémorrhagies

niveau de la tumeur, alors même que le fil était encore sur la carotide, preuve l'inefficacité de la ligature ; celui de Liston (50) mourut aussi d'hémortgics, mais qui eurent lieu au niveau de la ligature. Dans les 7 autres cas, la »rl fut amenée par des accidents cérébraux déterminés par les effets produits " l'encéphale par la ligature du tronc carotidieu, et par conséquent elle fut îsée, non plus par la maladie, mais par l'opération faite dans l'espoir de la êrir. ,

Cet espoir de guérison est-il justifié par les faits? En aucune façon. Chez la tlade de Piuel Granchamp (17), la tumeur avait, après une année, repris sou urne, et les hémorrhagies se reproduisaient; même insuccès dans le cas de ilther (25). Dans celui de Southam (24), les pulsations reparaissent dès le jour; dans celui de Paul (d'Elgin) (27) le 19e; dans celui de Robert (41), une rtie de la tumeur cessa de battre, mais les pulsations continuèrent dans la rlie recevant les rameaux de la temporale et de l'occipitale ; enfin dans le cas

Maunoir (29), une récidive complète eut lieu. Les autres observations sont is favorables, mais sans que l'amélioration aille jusqu'à la guérison. Larrey dit e, chez le malade de Willaume (20), il y eut affaissement léger et décoloration

la tumeur; d'après les Archives de médecine (1856, vol. VI, p. 25), il n'y i aucun résultat. Chez l'opéré d'Auchincloss (2 1 ), la tumeur diminua quelques 1rs après, mais on ne dit pas pendant combien de temps, ni jusqu'où alla Lie diminution. Après la ligature, la tumeur se réduisit d'un tiers chez, l'opéré

V. Mott (25), mais l'amélioration ne fut certes pas bien grande, puisque le îrurgien, lors de la publication de l'observation, se proposait d'extirper la tueur.

Le malade que Dupuytren opéra en 1818 parut guéri pendant plusieurs nées, mais la guérison ne fut que momentanée ou incomplète, puisque Robert i fil, en 1857, la ligature de l'autre carotide. La plupart des cas de double

1 11 existe dans le mémoire, si bien fait du reste, de Terrier, des erreurs que justifie la Ndilé avec laquelle se fait une thèse de concours, mais qu'il importe de rectifier. Busch 1819 n'a pas lié la carotide, il n'a Tait qu'assister à l'opération faite par Bunger. Bernard 4833 a opéré pour une tumeur éreclile et non pour une tumeur cirsoïde. Klgin n'est pas le nom d'un chirurgien, mais celui d'une ville d'Ecosse où Paul fit la liga- ■* <W la carotide en 1831. Décès en 1837 a lié lai artères afférente* et wHiYac&xtttàfe.

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