‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 5)Chapitre 53 sur 68 · CITR1N · texte numérisé non relu

CITR1N

d'huile liquéfié et à demi refroidi ; on agite et l'on coule dans des moules eu papier. Avant l'entier refroidissement, on divise en petits carrés. Les réactions qui se produisent sont très-nombreuses et très-complexes. Dans la première partie de l'opération, lorsqu'on met en présence le mercure et l'acide azotique, il se produit des azotates de mercure. L'acide azotique e>t en partie décomposé, et il se dégage du bioxyde d'azote AzO1, qui est transfonn? en acide hypoazotique AzO4 par sa combinaison avec l'oxygène, à mesure qu'il a le contact de l'air. La liqueur est un mélange d'azotates mercureux et mercurique dissous à la faveur d'un excès d'acide azotique.

Quant à la théorie de la seconde partie de l'opération, on admet que lorsque les azotates de mercure dissous dans l'acide azotique et contenant de l'acide hypoazotique et peut-être de l'azotite de mercure, agissent sur la graisse, il * produit une matière grasse particulière, fusible à 56°, et à laquelle M. Boudet qui l'a découverte a donné le nom iïélaïdine. Il se forme en outre uue petite quantité d'une matière jaune soluble dans l'alcool, et une faible proportiou d'un savon mercuriel dont l'acide est Y acide élaïdique, fusible à 44°, et qui i&ullt de la saponification d'une partie de l'élaïdine. Le mélange contient encore de l'azotate de mercure.

Lorsqu'elle vient d'être préparée, la pommade citrine peut donc être considérée comme un mélange d'élatdiue, de matière colorante jaune, d'élaïdate d* mercure et d'azotate de mercure, dont une partie au moins est à l'état de turbith nitreux. La consistance ferme de la pommade s'explique, d'ailleurs, par b formation de l'élaïdine plus solide que I'axonge.

La couleur jaune de la pommade est due à de l'azotate basique de mercure ou turbith nilreux qui se produit, et à la matière colorante jaune dont nous avow parlé tout à l'heure.

Mais l'action décomposante exercée par les éléments organiques sur les sels de mercure, continue après la préparation de la pommade. Elle est accompagnée d'un dégagement lent de bioxyde d'azote et même d'azote. Les portions dt graisse qui ont échappé à la première action se transforment en élaïdine, qui probablement exerce une action décomposante et sur l'acide azotique et «ir l'azotate de mercure. L'azotate resté neutre devient successivement basique tt Unit par disparaître en entier de la pommade qui blanchit dans toute sa masse. Knlin, après un certain temps de préparation, la pommade prend une couleur grise, parce qu'une partie du mercure est réduite à l'état métallique.

La pommade citrine était obtenue autrefois au moyen de I'axonge seule; £ dureté était alors considérable. Eu employant, comme le recommande le Cortaparties égales d'axonge et d'huile d'olive ou obtieut une pommade qui duait moi us vite et se conserve mieux.

Lorsqu'on mélange la pommade citrine avec du cérat ou quelque autre corp> Iti'iui, surtout à chaud, elle prend une couleur grise qui est due à l'action désoi)* ihuito subie par le sel mercuriel, et qui se reproduit avec plus d'énergie aucuu* tact d'un corps gras non modifié; elle entraîne la réduction complète du uniiiuv. Certaines huiles essentielles ajoutées a la pommade, dans le but »!<* l'annualiser, produisent cette réduction d'une manière plus prououcée eucon- Cetlo préparation est employée en frictions contre les dartres et surtout coutn* la ^ile. Elle demande à être renouvelée souvent. Pour obvier à son défaut A* nm.M'i \ulion plusieurs moyens ont été proposés. Ou a conseillé soit de la coukr <Jjiji4 tut étui en carton que You^Wa fa\\*\v\\t boite en fer-blanc, pour la pt*-

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rver autant que possible du contact de l'air, soit de la couler dans des pots de ïence ou de porcelaine, ou dans des flacons en verre noir que Ton bouche srmétiquement. Malgré ces précautions, la pommade citrine n'en continue pas loins à s'altérer profondément avec le temps, et demande, comme nous venons i le dire, à être renouvelée souvent. T. Gobley.

cmiQUE (Acide). CWO^CWO^HO)1. § I. Chimie. L'acide citri- 10 fut découvert et caractérisé dès 1784 par Scheele. 11 se rencontre dans îe foule de fruits à réaction acide (citrons, oranges, groseilles, maquereaux, imboises, baies de sorbier et d'airelle, fraises, etc.). Le citron offre la matière •emière la plus avantageuse à sa préparation, soit dans les laboratoires, soit en and. A cet effet, les citrons débarrassés de leur enveloppe et de leur graine, ut fortement exprimés à la presse. Le jus est abandonné quelque temps à luième, jusqu'à ce qu'un commencement de fermentation Tait débarrassé des atières mucilagineuscs. Ainsi éclairci, il peut être traité de diverses manières, i bien on le sature à chaud par de la craie et on complète la saturation par de

chaux ; le citrate tricalcique insoluble qui se forme ainsi est décomposé, après vage, par de l'acide sulfuriquc, et le liquide séparé par (iltration du sulfate de laux est concentré. Industriellement, on prend en Angleterre 4k,500 d'acide ilfurique concentré, et 28 kilogrammes d'eau pour décomposer le citrate de baux provenant de 5 kilogrammes de jus de citron. Le sulfate de chaux formé st broyé et lavé; les liquides filtrés sont concentrés à feu nu jusqu'à une densité le 1,15, puis évaporés au bain-niarie à consistance de cristallisation.

M. Peret obtient de très-beaux cristaux de citrate bimagnésien, en divisant le us du citron en deux parts égales. L'une est précipitée par un excès de magnéie et le précipité est ajouté à la seconde portion ; on concentre, et il se sépare lu citrate bimagnésien en beaux prismes volumineux, facile à transformer en cide citrique.

Les cristaux d'acide citrique sont incolores, volumineux, transparent*, apparenant au système orthorhombique. Us contiennent une molécule d'eau élimilableà 100°.

Il est solublc dans 0,75 parties d'eau froide et 0,5 parties d'eau bouillante, -oluble dans l'alcool et l'éther, fond dans son eau de cristallisation.

Vers 165° il perd de l'eau de constitution et se change en acide aconitique.

CWO7 = H'O •+- CfHW

A une température plus élevée l'acide aconitique dégage du gaz acide carbo- )i<jue ; il distille un liquide huileux se concrétaut en cristaux d'acide i laconique.

CWO* -f- CO* + C8H60*

Enfin celui-ci par des distillations répétées se déshydrate et se convertit en cide citraconique anhydre.

C5Ha0* = HH) 4- C5H40s.

Fondu avec de la potasse, l'acide citrique se change en un mélange d'acétate d'oxalate; sous l'influence de l'acide sulfurique concentré, il dégage à 40° un élangc d'oxyde de carbone et d'acide carbonique.

L'acide sulfurique étendu et le peroxyde de manganèse fournit de l'acide carnique et de l'acide formique. L'hypermanganale de pola*«e &owc& ta \*rôft&

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carbonique et de l'acétone; l'acide azotique transforme l'acide citrique en acides oxalique, acétique et carbonique.

Avec le perchlorure de phosphore et l'acide citrique sec, on obtient successivement l'acide oxychlorocitrique et le chlorure decilryle, d'après les deux équations :

CWO7 -f- PhCl5 = C'HWCl1 -+- PhOCl* CTIWCI» -+- PhCl8 = PhOCl* + HH) + HC1 -f-> WWCP.

Le citrate de chaux fermente sous l'influence de la levure en se dédoublant en un mélange de butyrate et d'acétate, ou d'acétate et de propionate.

L'acide citrique est un acide énergique à saveur acide agréable ; il réduit le chlorure d'or, ne précipite pas par les sels de chaux. Additionné d'ammoniaque, il donne avec le chlorure de calcium un précipité qui n'apparaît que par l'ébullition. En ajoutant du perchlorure de fer à une solution d'acide citrique, puis de la potasse, on obtient une liqueur d'où les sulfures ne précipitent pa de fer.

L'acide citrique est un acide tribasique, D'après l'ensemble de ces réactions chimiques on peut représenter sa constitution par la formule :

CSII4(0H)(G0>I1)S.

Il est employé pour aciduler les limonades artificielles et certaines préparations pharmaceutiques ; sous forme de jus de citron il reçoit aussi des applications médicales d'une certaine importance. On l'emploie à la préparation du citrate de magnésie, du citrate de fer et de zinc employés en médecine.

L'industrie des toiles peintes et de la teinture en consomme une assez forte proportion. P. Schutzenbehgei.

§ IL Emploi médical. Voy. Citron.

CITRON, C1TRONXIER. g I. Botanique. Le genre Citrus renferme un assez grand nombre d'espaces, la plupart utiles. Le Citron ordinaire, celui qui sert partout chez nous de condiment et de médicament, semblerait devoir être logiquement le fruit du Citronnier (Citrus medica) ; il n'en est rien.

Le Citrus medica proprement dit est l'arbre qui donne les Cédrats, c*est4-dirv le Cédratier. C'est lui dont le fruit est la véritable Pomme de Médie des anekfe (d'où le nom de C. medica).

C'est à tort, pensent beaucoup d'auteurs dignes de foi , qu'ultérieurement ce nom a été appliqué à l'arbre qui donne les Citrons ordinaires ; et cet arbre est le Limonier (Citrus Limonium Hisso, in Ann. Mus., XX, 201). Donc, le Citrm, employé en médecine, est le fruit du Limonier.

Gallesio, dans son Traité du Citrus (1811), p. 87, 105, a tenté défaire disparaître celte singularité, en donnant comme arbres d'une même espèce, celui qui donne les Cédrats et celui qui produit les Citrons. Cette espèce est toujours pour lui \c Citrus medica. Seulement, il nomme :

Citrus medica Limon, celui qui donne les Citrons, et

Citrus medica Cedra, celui qui porte les Cédrats.

L'anomalie n'en subsiste pas moins, et il est étrange de penser : que c'est k Citronnier qui porte les Cédrats, et le Limonier qui fournit les CUnms.

Ceci étant établi, l'arbre qui porte les Citrons, le Citrus Limonium, ot ut végétal souvent cultivé dans nos orangeries et très-abondant dans presque tou*

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la région méditerranéenne. Il a les caractères généraux des Orangers et autres Citrus cultivés chez nous dans les orangeries et les serres froides et que tout le monde connaît; mais, en outre, il se fait remarquer par ses jeunes pousses anguleuses et violacées, par ses feuilles ovales, à pétiole nu ou faiblement ailé, par ses fleurs violacées ou rougeâtres en dehors, par son fruit allongé, bien moins volumineux que celui des Cédratiers et terminé par un mamelon saillant, et par sa pulpe d'un jaune pâle et d'une saveur acide. Tous ses autres caractères lui sont communs avec les autres espèces du genre Citrus (Voy. ce mot). H. Bn.

Guiboort, Tr. des drog. simpl., éd. 6, III, 621. — Lindl., FI. med., 319. — DC, Prodr., T, 530. — Rosesth., Syn. plant, diaphor., 758. — Dbrg et Schmidt, Darst. Off. Gew., II, t. 51 f. — H. Baiuo*, De la famille des Aur an t Lacées. Thèses de Paris (1855) 2*2, 37, 49; Histoire des plantes, IV, 145, note 7; 417, not. 5.

g II. Pharmacologie. Les citrons ou limons sont les fruits du citrus limon, vulgairement nommé citronnier, et non du citrus medica ou citrus cedra, cédratier, d'où proviennent les cédrats.

Toutes les parties du citronnier, ou limonier (Guibourt), se prêtent à des applications thérapeutiques : l'écorce, le bois, les feuilles, les fleurs, et particulièrement les fruits.

Le bois peut servir à faire des pois à cautère, pour remplacer les petites oranges ou les petits citrons, qui, tombés de l'arbre étant à peine formés, sont employés au même usage.

L'écorce, inusitée en France, est employée à la Guadeloupe, d'après Lherminier (Journal de Pharmacie, t. III), sous forme de poudre ou d'extrait, comme remède antipériodique et fébrifuge.

Les feuilles, aromatiques et légèrement amères, donnent une infusion aussi agréable que les feuilles d'oranger, et possédant les mêmes propriétés antispasmodiques.

Les fleurs, très-odorantes, peuvent être également employées en infusion, comme celles de l'oranger. En les distillant, on en retire une essence très-parfumée, qui est une espèce de néroli, el qu'emploient les fabricants d'eau de Hongrie (Piesse).

Le fruit a une belle couleur jaune pâle, une odeur suave et fragante. La saveur de son écorce est chaude, aromatique, très-amère. Son suc est, au contraire, d'une acidité très-piquante et très-agréable. Ses semences, caractérisées par des propriétés physiques encore différentes, sont acres et d'une amertume qui a quelques rapports avec celle de l'acide prussique (Flore médicale). Il s'emploie en totalité ou dans l'une de ses parties.

Le citron ou limon sert à faire la limonade, que l'on prépare de deux manières : 1° On coupe le citron en deux moitiés que l'on exprime avec la main, pour en faire tomber le suc dans de l'eau, que l'on sucre ensuite à volonté ; 2° on coupe le citron tout entier en tranches minces, que l'on reçoit dans une théière, et l'on verse dessus une certaine quantité d'eau bouillante ; on laisse infuser jusqu'à refroidissement. On obtient ainsi la limonade cuite, qu'il est plus rationnel de préparer par infusion que par décoction. En faisant bouillir le citron, on perd une grande partie de son huile essentielle, et l'on dissout la ma* tière mucilagineuse du zeste, ce qui donne à la liqueur une consistance qui plait moins que la limpidité de la limonade par infusion, laquelle est, en outre, beaucoup plus aromatique. Toutefois, le mucilage corrigeant l'acidité du fruity

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la décoction peut être adoptée pour certains malades. En tous cas, on doit rejeter les pépins, qui donnent à la préparation une amertume désagréable.

Du moment que Ton adopte, en France, le nom de citron de préférence à celui de limon, on ne peut s'empêcher de remarquer qu'il serait plus logique de spécifier les boissons préparées avec ce fruit par le nom de citronada. 0b réserverait alors, pour distinguer, le nom de limonades aux dissolutions étendues d'un acide pur : limonades citrique, tartrique, sulfurique, etc.

La limonade vineuse1 est celle qui est additionnée d'un peu de vin, et dm l'eau vineuse que Ton donne parfois aussi comme tisane aux malades.

Avec le suc de citron, on prépare un sirop (voir plus loin), des tablettes, des pastilles rafraîchissantes. 11 entre dans la confection des sorbets, des glaces et de diverses confiseries. Il sert à modifier ou à relever la saveur de certains ahamb, tels que les huîtres, le poisson, les viandes blanches, le gibier. Il constitue le lime juice des Anglais, dont nous reparlerons dans la dernière partie de cet article.

Notre Codex prescrit de la manière suivante la préparation du suc de citron: Citrons choisis, Q. V. — Séparez avec soin toute l'écorce des citrons et les semences ; exprimez le fruit entre les mains ou avec une petite presse à main. Môlez le résidu avec de la paille de seigle hachée et lavée; soumettez le touti la presse. Abandonnez le suc au repos pour le clarifier, et filtrez-le au papier.

Sirop de limons. Suc de limons, 100 ; sucre blanc, 188. — Faites un sirop par solution en faisant jeter un bouillon dans un matras de verre. Aromatisa avec la teinture d'écorce fraîche de citron (Soubeiran). — Suc de citrons, 1,000; sucre blanc, 1750. Faites chauffer jusqu'à l'ébullition dans une bassine d'argent ou de cuivre non élamé, et passez (Codex).

Les écorces ou zestes de citrons s'emploient pour des conserves, des candits; pour aromatiser le punch et diverses autres liqueurs, des mets sucrés et noa sucrés. Elles font partie de Y alcoolat de mélisse composé, de Y alcoolat ammoniacal aromatique de Sylvius, des eaux thériacale, impériale, etc.

Hydrolat de citron. Distillation aqueuse des zestes frais. Cette préparation, adoptée dans la pharmacopée espagnole» est inusitée en France.

Alcoolat de citron. Zestes frais de citron, 1 ; alcool à 80°,6. — Après to» ou quatre jours de macération, distillez à siccilé au bain-marie (Soubeiran).

Alcoolature de citron» Zestes récents de citron, 1 ; alcool à 80",2. — FaiUt macérer pendant huit jours (Codex).

Ces deux préparations sont employées comme aromate, comme correctif, il* dose de 2 à 15 grammes, dans les potions, tisanes, sirops, vins médicinaux.

Oléosaccharure de citron. Citron frais, 1 N°; sucre blanc eu morceiiii. 10 grammes. — Frottez le sucre contre la surface extérieure du citron pour eu détacher toute la partie jaune ; triturez ensuite dans un mortier pour avoir un mélange exact. — Préparez de même les oléosaccharures de bergainotte, <k cédrat, d'orange (Codex).

Composition chimique i Le suc de citfon contient, suivant Proust : acide citrique, 1,77; principe amer, gomme et acide malique, 0,72; eau, 97,51.

Dans la partie blanche et spongieuse de l'écorce du citron (et du fruit de toutes leshespéridées), Lebreton a trouvé un principe amer, Yhespcridine. Bernajs en a trouvé un autre, la limonine, dans les semences. 11 doit y avoir am» quelque matière analogue dans l'écorce du citronnier. Mais si ces divers principes amers donnent quelques qualités toniques» stomachiques, fébrifuge*, w-

CITRON (pharmacologie). 5W

micides à certains produits de ce végétal, son fruit, en définitive, doit ses principales propriétés à l'acide citrique et à l'huile essentielle, et c'est, par conséquent, sur ces deux substances que nous insisterons spécialement.

L'acide citrique, dont la préparation a été indiquée ci-dessus, existe, comme tm Ta dit, dans un grand nombre de fruits acidulés, tels que les citrons, les oranges, les tamarins, les groseilles, les fraises; mais on le retire spécialement du suc de citron. Deux litres de bon jus de citron donnent environ 250 à 260 grammes d'acide citrique cristallisé. Il contient alors 5 proportions d'eau. Hais séché à 100°, il n'en retient que 3 proportions, qui le constituent comme acide tribasique.

L'acide citrique médicinal, solide, incolore, inodore, d'une saveur excessivement aigre, précipite la baryte et non la chaux de ses dissolutions, ce qni le distingue de l'acide tartrique, avec lequel il est parfois frauduleusement mélangé dans le commerce ; en outre, les bicitrates alcalins sont très-solubles, tandis que les bitartrates le sont fort peu. Il est donc facile de reconnaître la fraude : soit en versant goutte à goutte la solution d'acide dans de l'eau de chaux en excès, la liqueur se trouble s'il y a de l'acide tartrique (Gaffard) ; soit en versant dans la solution de l'acide suspect un sel de potasse, qui décèle l'acide tartrique par un dépôt cristallin de crème de tartre.

L'acide citrique, dans ses combinaisons avec les bases alcalines et terreuses, atténue notablement leur saveur désagréable, ce qui a motivé l'introduction en thérapeutique des citrates de soude et de magnésie. Uni au fer, il corrige aussi la saveur atramentaire de ce métal.

Sirop d'acide citrique. Acide citrique cristallisé, 10 grammes; eau distillée, 20; sirop de sucre, 970. — Faites dissoudre l'acide dans l'eau, ajoutez la dissolution au sirop de sucre froid; mélangez. En aromatisant ce sirop avec 15 grammes d'alcoolature de citron ou d'orange, on obtient les préparations connues vulgairement sous les noms de sirop de limon et de sirop d'orange (Codex).

Limonade citrique. Sirop d'acide citrique, 100 grammes; eau, 900 (Codex), — Acide citrique, 1 ; sirop de sucre, 64 ; eau, 925 ; alcoolat de citron, s» q. (Soubeiran).

Limonade sèche. Acide citrique, 4 grammes ; sucre, 125 ; essence de citron, 8 gouttes. — Une cuillerée de cette poudre dans un verre d'eau.

L'acide citrique, pulvérisé sur du porphyre et associé au bicarbonate de soude, sert à la préparation des poudres gazogènes, des granules effervescents, des limonades galeuses; le produit est plus agréable au goût que lorsqu'on emploie l'acide tartrique.

10 grammes d'acide citrique exigent pour former un citrate neutre s

Bicarbonate de soude ; . 15

Bicarbonate de potaaae 15

{Formulaire de J tanne t).

On se rappellera donc ces proportions pour les employer ou les modifier, loite que l'on voudra préparer, avee l'acide citrique^ des poudres gazogènes neutres* alcalines ou acides.

L'acide citrique est l'élément acide de la potion antivomitive de Rivière;

Huile essentielle ou essence de citron. L'écorce du fruit des citres présente,* dans sa couche extérieure colorée, un appareil de cellules closes, dans lesquelles est contenue une huile essentielle. Celle-ci a la même composition et les mêmes

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