‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 5)Chapitre 54 sur 68 · CITRON (pharmacologie · texte numérisé non relu

CITRON (pharmacologie

propriétés chimiques dans toutes les espèces ou variétés; les huiles essentielles ou essences, extraites de l'écorce des divers fruits du genre citrsuy ne distant que par les qualités sensibles à l'odorat et au goût. En conséquence, l'essence de citron étant prise pour type, ce que nous eu dirons est applicable à ses pareilles.

Toutes sont des hydrocarbures et offrent, en outre, cette particularité remarquable d'avoir le carbone et l'hydrogène dans les mêmes proportions que !«• sence de térébenthine, ce qui leur donne une grande analogie chimique avec cette dernière ; mais elles en différent par leurs propriétés physiques et moléculaires.

Eu effet, l'odeur d'abord sépare profondément l'essence de térébenthine d'où part, les essences de citrons et d'oranges d'autre part.

Ou assigne à l'essence de térébenthine la formule C*°Hie ; à l'essence de citron, la formule Cl0H8; les éléments sont donc dans un état de condensation moitié moindre dans la dernière.

Tandis que la première est lœvogyrc, la seconde est dextrogyre.

Comme l'essence de térébenthine, l'essence de citron, traitée par l'eau « l'acide azotique, donne un hydrate solide et cristallin ; traitée par l'acide chlorhydrique, elle forme deux camphres, l'un solide, l'autre liquide, que Soubeira et Capitaine ont trouvés isomériques. Ces deux camphres, d'après Biot, n'exercent aucune action sur la lumière polarisée. Les camphres de l'esseuce de térébenthine conservent, au contraire, l'action de celle-ci sur le plan de polarisation.

L'esseuce de citron s'obtient par deux procédés : par simple expression, par distillation.

Le premier consiste à réduire en pulpe, au moyen d'une râpe fine , la partie jaune extérieure de l'écorce des fruits, et à la soumettre à la presse dans un (m de crin. On obtient ainsi une liqueur qui se sépare en deux couches: l'une, inférieure, est formée par de l'eau et quelques débris ; l'autre, supérieure, est l'huile essentielle (Soubeiran).

Cette essence brute est jaune, un peu trouble, un peu épaisse ; on la purifie par décantation après l'avoir laissé déposer. Par rectification, on l'obtient incolore et très-fluide.

L'essence de citron, préparée par expression, a une odeur très-suave, une densité de: 0,856. L'essence préparée par distillation a moins de suavité, nuis* conserve mieux et sert, à l'exclusion de l'autre, au dégraissage des étoffes; » densité est de 0,846. Elle bout à 165°.

1/ essence de cédrat, fournie par l'écorce du fruit du cédratier, cilnts ctdn, seu medica, a une odeur très-suave, et est, par ailleurs, analogue à la précédente.

V essence de bergamotte, provenant du fruit du limettier bergamottier, varieV du citrus limella, est la plus estimée. Préparée presque exclusivement partf* pression, elle est jaune verdâtre ; elle perd sa nuance verte au contact de l'air: très-altérable, elle doit être conservée dans des flacons bien bouchés, en lfc'u frais et obscur. Elle est très-recherchée en parfumerie; mêlée aux autres buil* essentielles, elle ajoute beaucoup à leur richesse, et leur communique uncto*" ceurque ne leur donne aucune autre substance (Picsse).

L'essence de bergamotlea une densité plus considérable que celle du citron: elle pèse 0,880 ; en outre, d'après Olnie, Soubeiran et Capitaine, elle aurait m* composition différente, et avec les mêmes équivalents de carbone et d'hjdn^à*' elle contiendrait un peu d'oxygèue.

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Ces essences se donnent à la dose de quelques gouttes, mêlées et triturées avec du sucre; elles ont été prescrites jusqu'à 2 et k grammes; lorsqu'à ces doses on doit les mélanger à des potions, il est bon de les étendre d'abord d'alcool.

Bydroléde citron, eau aromatique de citron. (Formulaire des hôpitaux militaires.) Essence de citron, 1 ; sucre, 5 ; alcool à 60°, 5; eau, 1000. Triturez dans un mortier de verre le sucre et l'huile volatile ; ajoutez, en continuant la trituration, l'alcool, puis l'eau.

Correctif pour aromatiser la limonade tartrique, etc. Doses : tJoV

L'alcoolature de citron à la dose de jfe communique aux limonades un arôme beaucoup plus agréable que l'hydrolé de citron, qui a presque toujours un arrière goût de térébenthine (Jeanncl, Formulaire officinal et magistral, 1870).

Les essences de citron, de cédrat, de bergamottc entrent dans un grand nombre d'eaux de senteur, et particulièrement dans Veau de Portugal, Veau de la reine de Hongrie, Veau de Cologne. Ces eaux ne sont pas sans quelque intérêt pour la médecine, qui les a souvent utilisées comme remèdes stimulants et antispasmodiques ; l'eau de Cologne, préconisée autrefois d'ailleurs autant comme remède que comme parfum, et qui possède des propriétés résolutives et sédatives incontestables, mérite en conséquence une mention spéciale. Sa formule, qui varie beaucoup tant selon les pharmacologues que selon les parfumeurs , est donnée ainsi par notre Codex :

Huile Tolatile de bergamotte 100 grammes.

— de cannelle 25

— de citron 100

— de cédrat 100

— de larande 50

— de fleurs d'oranger 50

— de romarin 50

Alcool a 90* 12000

Alcoolat de mélisse composé 1500

Alcoolat de romarin 1000

Faites dissoudre les huiles essentielles dans l'alcool, ajoutez les deux alcoolats ; laissez en contact pendant huit jours. Distillez au bain-marie jusqu'à ce que vous ayez recueilli les quatre cinquièmes du mélange employé.

Les zestes frais de citron font partie de l'alcoolat de mélisse composé ou eau de mélisse des Carmes.

En sus des principes dont il vient d'être question , le citron contient de l'albumine végétale, du mucilage, probablement un peu de sucre, au moins daus certaines espèces, à en juger d'après leur goût, provenant de climats très-chauds. II serait à désirer qu'une nouvelle analyse vint nous édifier sur sa véritable composition. Eu l'attendant, nous reproduirons ici un document qui a sa valeur, et qui, en nous montrant les éléments minéraux contenus dans ce fruit, peut servira expliquer quelques-unes de ses propriétés thérapeutiques.

L'analyse des cendres de citron a fourni les résultats suivants :

Potasse 55.89

Soude 3.56

Chaux 12.8]

Magnésie 8.67

Oxyde ferrique 0.24

Acide phosphorique 34.81

Acide sulfurique 3.30

Chlorure sodique 2.31

Silice 0.55

(Souchay, Revue scientifique et industrielle, t. XXIV, n. 18).

DICT. EKC. XVII. *>&

.^ CITRON (emploi médical).

M*l*l Miédleal. 1. Historique. Les diverses espèces du gturv

^> ^tj* n binaires de l'Orient, mais la confusion des dénominations <kmuét>

v .^w> x i a d'autres qui en différaient, jette quelque obscurité wr leur

. ^ . .v« primitif. Ainsi il est longuement question dans Pline (liv. V, XIII

... ..u .(ut croissait dans les montagnes de l'Atlas, et que les Romains redwr- ..„. ... ;k»ui en l'aire des meubles et surtout des tables auxquelles ou altrilnuii .. ...\ uibuleux. Pline cite entre autres, une table que Cicérou, malgré sa for- ...* noJcslo, avait payée un million de sesterces (210,000 francs); il en au . mue» d'un prix encore plus élevé, notamment celles d'Arinius Gallus, lit- « dlu m»*, des rois Juba et Ptolémée de Mauritanie, de l'empereur Tibère (liv. XIII. i . w). Quelques traducteurs ont eu d'autant plus de tort de prendre ce bm» |u»ui < «-lui du citronnier, que Pline dit, que l'arbre d'où il provient, ressemble .tu i njmvs femelle sauvage, et que, connu d'Homère, il avait été nommé par I* (ii «h m tliyou ou thya (9uov, Ôva). Il faut donc admettre avecGuibourt, que \ecitm d'Alnque (dont le nom aussi a pu être confondu avec celui de cedrus) était an .11 bu* cornière du genre des genévriers, des thuyas et des cyprès. En tous cas, cil ,u lue MiMiible avoir été exclusivement recherché pour son bois et non pour ses fruit* liait il n'est nullement question dans Pline. Toutefois, en deux mots, cet auteur attribue n une huile de citre (liv. XXIiI, c. xlv) les mêmes propriétés astriir mules , cicatrisantes et antiseptiques qu'aux huiles de myrte et de cyprès Mai* cet auteur mentionne (liv. XIII, c. xxxi) un autre arbre, du même nonnk titrus, portant un fruit, malum, exécré par les uns à* cause de son odeur et de *<ui amertume, et recherché néanmoins parles autres; Littré l'indique comme étant le. citrus medica de Linné; mais d'après ce qui est dit des qualité* du huit, je crois que le savant traducteur se trompe.

Le \éritahle citronnier est décrit par Pline (liv. XII, c. vu) sous le nom de pommier d'Assyrie ou dcMédie. De son temps, on n'avait pu encore l'acclimatera île la Perse et de la Médie ; ses fruits ne se mangeaient pas, et on les empluuit iiitihi que ses feuilles, pour parfumer les étoffes et en éloigner les insecte*, (ta .ittribuail en outre à ces fruits, nommés par l'auteur romain citrea (liv. Wlli. c. i vi ) quelques propriétés médicales. « Le citron, pulpe ou graine, se prend m ooi*son dans du vin contre les poisons. La décoction ou le suc exprimé, enwl- Intoire, rend l'haleine douce. On en fait manger la graine aux femmes pn**^ atteintes de pica. Le citron est bon dans les faiblesses d'estomac; maison k saurait guère en manger sans vinaigre (traduction de Littré). » Les semences du citron étaient employées chez les Parthes pour corriger la fétidité de l'haleine et communiquer aux aliments un arôme agréable (liv. XI, c. cxv).

Le citronnier a aussi été mentionné par Théophraste, par Virgile. Ce n'e*t que du temps de Plutarqueque l'on commença à utiliser ses fruits comme fl* iitcMthles. les Liguriens le cultivèrent en grand les premiers, ainsi que l'urinp'i' ; mais ce n'esl que \ers le quinzième siècle qu'il se répandit dans lespjt? l'iuitl* du reste de l'Kurope ^Mcrat et de Lensl.

I o limonier et le bigaradier paraissent être, d'après Guibourt, originaire* de Lliulo. Les Croisés les ont trouvés cultivés en Palestine et les ont fait a«iwilio A l'Kurope ; mais déjà les Arabes les avaient naturalisés eu Afrique cl dan» le midi de l'Kspague, d'où ils ont pu également se répandre dans le m ^ Je la rYance et en Italie. fe> arbres et leurs diverses variétés ont été importa ivir le* Hmopéciis eu Antciique, où ils ont prospéré en donnant des fruits |*ut- »-4tV iMiiuiLàUiH^ieui-» .\ ceux de l'Kurope . Les citions des Antilles, par cxewj'l.-

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>nt une saveur et uu parfum délicieux, et certains d'entre eux, bien moins acides [ne ceux de l'ancien continent, peuvent être mangés en nature à la condition outeioi* d être mitigés par un peu de sucre.

Le cédratier, citrus medica, était très-estimé chez les Hébreux ; de là le nom le' citronnier des Juifs, sous lequel il a été souvent désigné. Sou fruit était conacré à la fête des tabernacles. Les noms de citrus, citron, proviendraient, d'atrès Hérat et de Lcns, d'une ville de Judée (Citron), d'où les Romains auraient iré la première espèce connue en Europe.

11. Action physiologique. Les diverses parties constituantes du citron n'ont mis les mêmes propriétés médicales. L'huile essentielle et la couche extérieure de ,'ecorce qui la recèle, agissent à la manière des stimulants diffusibles ; la couche utéiïeure, blanche et spongieuse, ainsi que les semences, sont comparables aux oniques amers. Le suc doit son action la plus manifeste à ses principes acides, it particulièrement à l'acide citrique ; mais en tenant compte du mucilage, de .'albumine végétale, de la cellulose et de quelques sels qu'il contient, il représente une sorte d'aliment acidulé. L'acide citrique agit, ainsi que la plupart les acides végétaux, comme tempérant et rafraîchissant ; c'est-à-dire, il modère ie mouvement circulatoire, diminue la production de chaleur animale, excite la diurèse, et, surtout par l'abus et la prolongation de son emploi, finit par agir somme hyposthéuisaut, comme débilitant. Il est facile de se convaincre de ce dernier effet, en observant les conséquences de l'excès des limonades pendant Tété et daus les pays chauds; l'appétit s'émousse; la soif, un moment apaisée, renaît sans cesse, par suite des déperditions aqueuses tant du côté de la peau que de celui des voies urinaires ; ledévoiemcnl s'ajoute à ces effets débilitants, et ces boissons acides deviennent l'une des causes les plus fréquentes de la dysenterie. Aussi ne partageons-nous pas l'avis des médecins qui ont conseillé contre cette maladie la limonade citrique, méconnaissant la funeste influence qu'elle exerce au contraire sur sa production.

Pour rendre rationnel l'emploi de la limonade dans les pays chauds, il faut l'additionner d'un peu d'eaunde-vie, de rhum ou de vin de Madère. On obtient ainsi une boisson en même temps rafraîchissante et tonique, dont l'un des meilleurs effets est de modérer la diaphorèse, au lieu de l'exciter ou tout au moins de lui laisser son cours comme le fout les boissons purement acides. Les inconvénients de celles-ci ont été si bien reconnus, qu'aujourd'hui ou a généralement renoncé, à bord des navires qui naviguent sous les tropiques, à aciduler l'eau mise à la disposition des équipages entre les repas ; on remplace avec raison cet acidulage par de l'eau légèrement alcoolisée.

L'acide citrique n'est nullement astringent, comme on le lit dans beaucoup d'auteurs; il ne coagule point l'albumine, il la maintient dissoute au contraire. 0 ne peut donc condenser les liquides organiques, ni dans les vaisseaux, ni à la surface des plaies. Mais il est irritant, et l'irritation qu'il détermine sur les tissus peut occasionner un certaiu effet astrictif. En outre, comme il est détersif, fluidifiant, il peut procurer deux sortes d'avantages par sou application sur les plaies et particulièrement sur celles qui affectent les muqueuses : si celles-ci, coinrae cela arrive souvent, ou d'autres sur divers points de la peau, sont couvertes d'exsudats membrani formes, il les mondifie, il les déterge par sou action chimique; par son action physique, il les excite, il les tonifie, et des deux manières il concourt aux actes salutaires de la cicatrisation.

L'abus du suc acide des citrons, c'est-à-dire son usage excessif et orolou^

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Ferncl, Loob, Crantz, Stahl, avaient mis le suc de citron au rang deslithootriptiques. Cette opinion, controversée ou tombée dans l'oubli, a peut-être quelque fondement; il ne serait pas impossible que l'acide citrique exerçât une certaine action dissolvante sur les calculs urinaires à base de chaux et de magnew. Ce serait à essayer.

Les propriétés diurétiques de l'acide citrique l'ont fait beaucoup employer, ainsi que le suc de citrons, dans les hydropisies. Les citrons seraient, d'aprè IL Cazin, depuis longtemps en vogue, en Allemagne, particulièrement contre le* hydropisies résultaut de la maladie de Bright (Traité des plantes médicinales indigènes, 5e édit.). Un médecin russe, le docteur Trinkowshy, dit avoir aussi une très-grande confiance dans l'action diurétique du citron contre les hydropisies; il donne ce fruit, dépouillé de son écorce et mêlé à du sucre, graduellement depuis un jusqu'à dix-huit par jour ; en même temps le malade est soumis à m régime animal. Ce traitement produirait un flux d'urine très-copieux, quelque* effets laxatifs, et aurait guéri des ascites considérables (Bull, de thérap. 1857. t. LUI).

A côté de ses propriétés tempérantes, le citron possède, tant par son esseott que par son acide lui-même, quelques propriétés sédatives. La citronnade obvient par cela aux états fébriles compliqués de symptômes nerveux. Le jus de citron, pris à l'intérieur, calme souvent la migraine; Réveil l'y a vu réassir, ib dose de 100 grammes pris en une fois. J'ai plus de confiance dans son méhn? avec l'infusion de café; il ne faudrait pas attribuer à celle-ci toute l'action cépfolique, car seule elle ne produit pas d'aussi bons effets. Dans le mélange que jr recommande, et que l'on obtient en exprimant le jus d'un citron dans une use de café noir, il se peut que l'acide citrique, dégageant et salifiant la caféine, fournisse ainsi l'un des éléments de succès de ce remède, que j'ai vu souvent enrayer la migraine dès son début ou l'amender pendant son cours.

On trouve parmi les pratiques de l'empirisme populaire, surtout dans les p)* chauds où les citrons étant abondants sont employés aux usages les plus variés. l'emploi externe de ces fruits contre les douleurs névralgiques et rhumatismales On frictionne, avec la moitié d'un citron la partie douloureuse. Ncucourt, <bo> un mémoire sur la névralgie faciale (Arch. yen. demêd. février 1854), dit qw ce moyen a généralement soulagé ceux auxquels il l'a conseillé.

Brandini, on Italie, Dcnny et Barclay, en Angleterre, ont opposé avec suctf> l'acide citrique aux douleurs causées par les affections cancéreuses. Une solution de 2 a 8 grammes de cet acide pour 250 d'eau, en collutoire contre des cancr* de la langue, en lotions sur des cancers de la peau, du sein, en injections contre des cancers de l'utérus, ont produit une sédation remarquable, quoique passagère, ce qui oblige à insister sur ce moyen topique pour obtenir un calme continu. Barclay a essayé comparativement les acides acétique et carbolique ou phonique ; il a reconnu aux trois acides en question un pouvoir égal contre le* douleurs du cancer, et il leur attribue en outre la propriété de dissoudre les cellule* cancéreuses; toutefois l'acide carbolique l'emporterait sous le double rapport A* ce pouvoir dissolvant et de l'effet neutralisant de la fétididé (Bulletin de thérapeutique, 1866, t. LXX et LXXI, extrait des The Lancet et Britisk Medictd Journal).

Cazin dit avoir vu le mélange du suc d'un citron avec une tasse de cafir trtv chaud, réussir contre les fièvres intermittentes rebelles, que d'autres prétendent Avoir également guéries a\ec. \c swe, do vxlvou our, donné depuis 60 jusque

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100 grammes par jour. Le mélange de ce suc avec de la poudre de café, serait, d'après le même auteur, un fébrifuge populaire en Grèce. Foldi (Annales de la Société de médecine d'Anvers, 1847), regarde comme un excellent fébrifuge, la macération avec fermentation d'un citron dans une bouteille de vin blanc : un verre ordinaire chaque matin à jeun. Broussonnet (Pharmacopée de Montpellier, par Bories), employait avec succès contre les fièvres intermittentes la mixture suivante : suc de citron, ad libitum; sel de cuisine, Q. S. Ce mélange conviendrait aussi contre les lièvres putrides. Nous reproduisons ces recettes sous toutes réserves.

Pendant quelque temps, Cruveilbier, à l'hôpital de la Charité, adopta, pour la fièvre typhoïde, une médication dont les préparations de citron faisaient à peu près tous les frais. À cette époque, où quelques-uns croyaient encore à 1 opportunité des émissions sanguines dans cette maladie, il n'y recourait que très-rarement, en présence de vives réactions Inflammatoires et sur des sujets vigoureux, négligeait toute application topique et s'abstenait entièrement de purgatifs. Pour tout traitement, il prescrivait aux malades : deux pots de limonade édulcorée, une potion avec 30 grammes de sirop citrique, un lavement avec même quantité de ce sirop ; diète rigoureuse et prolongée jusqu'à parfaite convalescence. Cruveilhier se félicitait des succès obtenus par cette médication, sur laquelle il y aurait cependant beaucoup à redire, et qui, malgré l'activité que lui prêtait son auteur, n'était, sous beaucoup de rapports, qu'une variante de l'expectation(£u//. de thérap.y 1844, t. XXVII). La citronade, le sirop citrique, ne peuvent être que des moyens très-atixiliaires dans la fièvre typhoïde ; on ne voit pas en quoi l'acide citrique aurait prise sur les éléments essentiels de cette maladie; et l'abus de ses préparations semble même susceptible de nuire en cas d'adynamie et de diarrhée considérable.

- Quelques années plus tard, cet acide fut préconisé avec plus d'insistance contre une autre affection fébrile, le rhumatisme articulaire aigu, dont le génie, plus franchement inflammatoire, s'accommodait mieux, d'ailleurs, d'une médication hyposthénisante. Le promoteur de ce nouveau traitement antirhumatismal était un médecin anglais, Owen Rees ; des faits nombreux en sa faveur furent publiés par lui, ainsi que parles docteurs Barlow et Budd, dans les journaux anglais, et en France par Giraud, de Grenoble. Le jus de citron était donné progressivement jusqu'à la dose de 9 et 10 onces par jour. Il ralentissait le mouvement circulatoire et influençait favorablement l'évolution des accidents phlegmasiques. Le docteur Rees s'expliquait ainsi son action : dans le rhumatisme comme dans la goutte, il y a excès d'acide urique; en administrant le jus de citron, on donne à l'économie une quantité d'eau et d'oxygène suffisante pour convertir l'acide urique en urée et en acide carbonique; d'un autre côté, les citrates alcalins, transformés dans le sang en carbonates, peuvent aider à la guérison. Le premier point de cette théorie est contestable, et, si le second était vrai, il serait plus simple de donner d'emblée les carbonates alcalins; au surplus, pour la vérifier, Rees substitua l'acide citrique au jus de citron, et l'épreuve se trouva défavorable. Quatre malades ayant pris l'acide citrique à la dose de 1 gramme 20 centigrammes trois ou quatre fois par jour, chez trois l'état aigu ne fut pas sensiblement abrégé, et la convalescence fut plus lente ; chez le quatrième, le rhumatisme n'eu passa pas moins à l'état chronique. Bientôt, à Edimbourg, Bennett, à Paris, Aran, soumirent le traitement du rhumatisme par le citron à des expériences comparatives, qui démontrèrent son infériorité auprès de ceux habituellement mis en usage; mais il

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ne nuit que par son insuffisance, et Ton a été ensuite trop loin en Vaccusml d'aggraver le rhumatisme. Là encore, la limonade citrique est un adjuvant utile comme diurétique et comme tempérant, et l'on peut, à ce double titre, l'adopter pour tisane pendant le cours de la fièvre rhumatismale (Bull, de thér., 4851, t.-XLl, 1855, t. XLIV).

Le citron est depuis longtemps employé pour le pansement des plaies de mauvaise nature. Il avive les plaies atones ; il modifie les ulcères sanieux ; il favorise la cicatrisation des ulcères scrofuleux ; mais c'est principalement sur les plaies gangreneuses ou disposées à le devenir qu'il produit des effets avantageux. Il réussit mieux dans ce dernier casque tous les autres topiques, d'après Fabien, qui m a fait l'application sur une grande échelle dans la chirurgie militaire, où d autres l'ont aussi beaucoup employé (Revue médico-chirurgicale , octobre 1848, d Bull, de thérap.. 1848. t. XXXV). Le traitement de la pourriture d'hôpital par le jus de citron a été très-préconisé par Jobert de Lam balle, et pareillement employé par Roux. Robert l'a signalé parmi les moyens les plus efficaces pour combattre la diphthérie des plaies. Dans ces divers cas, tantôt on exprime le jus d'an citron à la surface de la plaie, ou bien on pose dessus un plumasseau imbibé de ce jus ; tantôt on applique sur les plaies des tranches de citron ; la première impression est plus ou moins douloureuse, mais les blessés ne tardent pas à s'y habituer.

Henri Cazin recommande l'injection de jus de citron dans les trajets fistuleoi, et notamment dans ceux qui résultent d'abcès de la glande mammaire, dont an abandonné l'ouverture à la nature (op. cit.).

On emploie quelquefois avec succès le citron en frictions sur les dartres sàha. Duchesne-Duparc en frotte le cuir chevelu des sujets atteints de pityriasis, et dit en obtenir des succès constants lorsque l'affection est récente.

Dechambre (Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1853) a proposé l'emploi du jus de citron contre le prurigo. Pour cela, on avive les papules de prurigo au moyen de rudes frictions avec une serviette mouillée ; après quoi on les frotte avec la main fortement mouillée de jus de citron, ou directement avec ui* tranche de citron fraîchement coupée.

On a fait aussi du citron une sorte de cosmétique dont le mérite est discutable, car les acides finissent toujours par nuire plus ou moins à la peau; quelques personnes prétendent néanmoins que, employé en frictions, il nettoie la peau, l'adoucit, et dissipe les boutons, taches ou éruptions légères qui b déparent.

Le suc de citron et l'acide citrique ont été conseillés d'une manière baïuk contre les formes variables de la stomatite et de l'angine. S'ils peuvent, daus ortains cas, compter parmi les moyens utiles, résolutifs ou détersifs, ils ont, comme tous les acides, surtout par un usage prolongé, l'inconvénient d'agacer les denU et d'attaquer leur émail. Contrairement à l'avis deGuersaut et de Dugès, ils doivent être repoussés du traitement du muguet, les travaux modernes ayaut démontré que Y oïdium albicam prospère dans un milieu acide.

La diphthérie buccale et pharyngienne, de même que la diphthérie des plaie*, trouverait, d'après quelques observateurs, un puissant modificateur dans le suc de citron.

Dans une épidémie d'angine couenneuse à Roulogne-sur-Mer en 1855 et 1856, Cazin dit avoir employé avec succès, intus et extra, un mélange de suc de citn» et de suc d'ail. Un pinceau de charpie imbibé de ce mélange était porté de dent

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mi «Yeux heures, ou môme d'heure en heure dans les cas graves, sur les parties affectées, en même temps que la mixture suivante était administrée à l'intérieur par cuillerée toutes les deux heures : suc de citron, grammes, 30; bulbe d'ail, 20; eau distillée d'hysope, 150; sirop de gomme, 50. Triturez l'ail avec le suc de citron, en ajoutant peu à peu l'eau d'hysope; passez et ajoutez le sirop tie gomme. Ces moyens suffisaient le plus ordinairement pour limiter promptement l'affection locale. L'action fébrigène et antiseptique de la mixture citro-alliacée se traduisait par une réaction circulatoire, suivie d'une transpiration douce, accompagnée du retour des forces, et la guérison avait lieu du cinquième au quatorzième jour. Les malades étaient soumis en même temps à un régime tonique et à l'usage de luxatifs pour tenir le ventre libre. Dans les cas très-graves, on recourait en outre aux applications de teinture d'iode sur les parties affectées, et aux frictions mercurielles sur le cou. Ce mode de traitement, dont l'auteur ne dissimule pas la complexité, n'en a pas moins son principal élément de succès dans l'association du citron et de l'ail, dont il a pu apprécier les effets par leur emploi exclusif en beaucoup de cas. Le mélange en question parait agir plutôt en détachant graduellement les plaques couenneuses qu'en les dissolvant (Cazin, op. cit. et Bull, de thérap., 1858, t. LY, p. 568).

Trousseau appliquait souvent le jus de citron comme topique, à l'aide d'un pinceau, dans les angines diphthériques chez les enfants.

Révillout s'est servi de ce même agent en créant une méthode à laquelle il accorde une grande efficacité. Il recueille par expression le jus de plusieurs citrons, et le prescrit pur, en gargarisme, sans interruption, en recommandant d'en laisser tomber une partie dans l'a r ri ère-gorge, afin d'agir, durant la déglutition, sur le pharynx et l'œsophage, et tout cela jusqu'à ce que les fausses membranes soient détachées. Cet effet, en général, ne serait pas long à se produire; s'il tarde, ou si les fausses membranes se reforment, il faut persister dans l'usage du même moyen. Révillout a ainsi employé jusqu'à cent vingt, jusqu'à cent quatre-vingtcinq citrons. Ce traitement est douloureux ; il est besoin, pour le supporter, d'un courage et d'une persévérance que l'on ne peut guère attendre de la part des enfants, chez lesquels, par conséquent, il est difficilement applicable. En outre, il est essentiellement topique, et ne semble point apte à prévenir ni à combattre les symptômes généraux des angines diphthériques. Mais, du moins, tel que l'a conçu son auteur, et d'après lui, il aurait une action remarquable sur l'affection locale; il ne dissout pas les fausses membranes, il les amincit tout au plus, il les détache surtout, et modifie l'inflammation qui préside à leur production ; ce serait une méthode substitutive. Révillout en a fait heureusement l'épreuve sur lui-même, et, depuis lors, sur d'autres malades; il dit qu'elle lui a constamment réussi (Académie de médecine, 20 juin 1865. — Bull, de thérap., t. LX1X, 1865, p. 92).

Patronné par de telles autorités, le jus de citron mériterait d'être soumis à de nouvelles expériences qui édifieraient plus complètement sur sa valeur dans le traitement des angines diphthériques.

Nous avons vu, dans la partie historique de cet article, que les citrons étaient recommandés par Pline contre les poisons. Athénée, Virgile font aussi mention de leurs propriétés alexilères. On lit dans la Flore médicale que le suc de citron a une grande efficacité dans les cas d'empoisonnement par les narcotiques et par les substances acres et vénéneuses, comme la ciguë, la pomme épineuse, etc. Ces indications vagues ne portaient aucun enseignement; mais le docteur Waring est

"iriOX EMPLOI MÉDICAL).

-:: :n.7 :e z' :- précises. Il considère le suc de citron consn

-~-^-- -'iMii'i-riiio tfs; il cite entre autres les emjioisomienuii

\r l. utr. ->:;! et par les racines fraîches du manihut ut

■: - ■ ir'i.ii^n^Lt combattus par le suc de limon adimui

— - nr-.ii~:a :#;-sf yie les autres acides végétaux aura imi . ^ ir - ii (:.■.-• .11. il die les semences de Yeuphorbia /. i — j ij t -iia.çr'r- fardent leur aercté au point de senir ■! .^ ..- .- ^ur- ?Mrmaceutical journal et G«^*te Artr/um :. - :■■ -r:t- uilù:c pies du jus de citron, qu'il est diiïicilrdV •— ■- *" "ï î-'C'jp-M/os par de nouvelles observations. ■iiL»."-i> «uïs- ~ i--sr grande confiance, quelques propriétés h. ™ =■:— " *■:«•-' brique. Pasteur (Thèse de Paris, 180K»araf- - : . .. rrc î: rrùie après l'accouchement arrêtée par cota. ;iA. ■ :..-. ., *-: tt.^ple.Evrat a propose, en pareil cas, d'intr.Mluir •> i" ur-.ser de son suc l'intérieur de cet organe : coin I ;...• '. î'-'iii la bizarrerie pourrait bien ne pas être cuiupti:-

: - t- ;n"ïi5 intéressantes d : citron est celle qui in a :: : 'a .'ii*.' Ju scorbut. L.' rrm* , r /«non ; uicc est eiiipl.*- — -in- depuis fort longer:::*. En 1795, un acte du |».,"iiiiifiivndiv dans l'apprnvis. :>ment de tous 1rs n;mn *. ■hm-In de rturojv et de h Méditerranée; la ration ^ . nu- îemi-oiice |KHirchaqiio h:mme au régime des ùuul ■• , . , .liir.le \ înai^rv par semaine. i.V> prescriptions. ivuou\i|. • . . . ^ . ippuuvs par les ordres de Limirauté, ont reçu Imnl.!- ^ ........ ;.m- lr Merckant svhippiny nict. en date de 18-%i. IbiM>!

, .. ,x vincs avères contre les coût retenant s, il est enjoint à t-ii

c if ..me délivrer du citron ou du jus de citron à son é.pii|w.-.

» .. x . ^i^r vies plaisons.

■. . .« -.fl.iiiu journalière à bord des navires anglais e>t la snitair.

■.••«».! un'-' 14 ç ranime*.

vi».» 42

v ■ . lia

-, .!nic i titrv de moyen préservât if du scorbut; mais lor*|..

' . ■■» I «'umente; le jus de citron est et doit êtrrpui-té.di

, . - ...» ;,i ^i.oite de leur état, à la dose de 50, 100. 150 tniii-

. , . i-.i.i-.ii .*•» ^«.md le lime on limon juice dans leurs colonie.*' : \ji4... !'x x,*tiiiiettent à la presse les citrons en totalité, ctni- ■ii ..i h vu-nu' d'alcool a 22°; ils le mettent ensuite dans il -I * i-.iv !i:î'.>, le recouvrent d'une couche d'huile pour le |>n-

\» .client hermétiquement les bouteilles. Ce suc u \<

- .. ". vi-ii.dile, très-acide, et dépose par le repos uue u»

«;.!!■ : dbii mine végétale et des débris cellulcux trè^:1»-

, .. • . 'it \ .s i>ii w cm (H'tite quantité, corn l»i née et éiuiil>iomi»

, ui« m ^fUt de moisi, résultant sans doute d'une tait-

l'Il.-ik»1 l> ipivs un rapport fait au (ion se il de laniirau!.'

iml.mit \i.u ( hue. on a<sure la parfaite conservât ion du ju* *

CITRON (emploi médical). 603

citron en ajoutant 1 gramme de carbonate de potasse par 45 grammes de jus (Bulletin de thérapeutique* 1855, t. XLVI1I). On trouvera cette addition doublement opportune, si l'on se rappelle que les sels de potasse ont aussi été conseillés par Garrod en Angleterre et expérimentés avec quelque succès par Hammond en Amérique contre le scorbut (Bull, de thérap., 1853, t. XL1V).

Les Américains du Nord avaient depuis longtemps suivi l'exemple des Anglais; leurs baleiniers et leurs bâtiments d'émigrants étaient abondamment pourvus de jus de limons. Néanmoins, cette pratique n'était pas adoptée en France, quoique les vertus antiscorbutiques de ces fruits y eussent été reconnues par plusieurs auteurs. Rochoux, par exemple, dans l'article Scorbut du Dictionnaire de médecine (2' édition, t. XXVIII, 1844), avait signalé les succès qu'il obtenait depuis douze ans chez les scorbutiques, à Bicètre, par l'emploi du suc de citron à la dose de 90 à 180 grammes. Les observations du docteur Gallerand, aujourd'hui professeur à l'École de médecine navale de Brest, appelèrent de nouveau l'attention sur ce sujet. Chirurgien-major d'une frégate naviguant dans la mer Blanche, en 1854 et 1855, il se voyait impuissant devant les ravages dirscorbut parmi son équipage, lorsque le médecin d'un navire anglais mit à sa disposition une certaine quantité Atlimejuice. Tous les scorbutiques soumis à l'influence de ce remède furent rapidement guéris, et c'est à partir de cette expérience décisive, et par suite du rapport qu'en fit le docteur Gallerand, que le jus de citron fut officiellement classé parmi les conserves que devaient avoir à leur bord les navires de guerre français destinés à des voyages de long cours. On a lieu de s'étonner que cet approvisionnement n'ait pas encore été imposé aux bâtiments du commerce naviguant dans les mêmes conditions.

Il est admis depuis longtemps que la privation de vivres frais est l'une des principales causes du scorbut de rrier, dont les ravages, autrefois, ont été affreux dans certaines expéditions lointaines. Ainsi, Vasco de Gama, doublant le cap de Bonne-Espérance, perdit 100 hommes sur 160. Cook, au contraire, n'eut à son bord que peu ou point de scorbutiques, grâce à un large approvisionnement de conserves végétales et au soin qu'il prenait de se ravitailler dans ses relâches en viandes et en végétaux frais. Le citron ne serait-il qu'un de ces végétaux utiles, on bien aurait-il des propriétés spéciales contre le scorbut?

De nombreux observateurs répondent affirmativement à cette seconde question. Lind, dans son Traité du scorbut, Cullen, dans son Traité de matière médicale, mettent le citron au premier rang des antiscorbutiques. Les médecins navigateurs de notre époque sont généralement du même avis. Si l'usage des fruits et végétaux frais peut éloigner le scorbut ou en borner le progrès, aucun ne paraît exercer une influence aussi puissante que le citron. Le lieutenant Bellot en a consigné la remarque dans son Voyage à la recherche de sir J. Franklin, 1854. Il serait, d'après le docteur Elliotson, le meilleur remplaçant de toutes provisions végétales à bord des navires, et préserverait à lui seul du scorbut, lors même que l'on aurait négligé tous les autres moyens hygiéniques (Medicine :hest companion, Philadelphia, 1851). C'est beaucoup dire ; et même les oranges, >u, comme le propose Jeanne!, les cerises et les groseilles dont on pourrait préparer le suc pour le même but, auraient probablement des avantages analogues ; ! y a là une étude comparative à faire.

On a prétendu que le citron ou les autres fruits acidulés ne doivent pas leurs uropriétés antiscorbutiques à leurs principes acides. Les acides citrique et tarriqiie isolés ne produisent pas les mêmes résultats, d'açrès VQtarcm3&N&

CITRON (emploi médical).

. .•«..H., et d'Aptes celle d'Elliotson, le vinaigre ne remplace pas non plu*!.- ,i. f iti-oif. H*»* cola ne prouve point que ces acides ne concourent pa* jour

.. ,,1-rn. rlvw». *xor '('s aulres principes du suc des fruits, aux propriétés anlir-ir.iiv*'** xv qui tendrait au contraire à le prouver, du moins pour l'acide ci- -m, .*& >pie celui-ci se trouve dans les fruits éprouves comme les meilleur?

...^..i.utqucs, citrons, oranges, groseilles. Qui sait môme si sa présence dan* » „ iMiia1 de terre, où il est, comme dans le citron, combiné à la potasse, «■■

...••:hic pus u donner à ce tubercule sa vertu préconisée contre le scorbut jur lut.uuu et depuis par tant d'autres?

H un autre coté, la potasse elle-même, qui se trouve dans les fruits et noUmuwui daiiH le citron, peut exercer aussi sur le scorbut une influence que (»lu- *ieur* auteurs lui prêtent avec tant d'insistance qu'elle mérite d'être prise t-si loiiaidératioti. Ainsi Attfield, eu analysant de la viande de bœuf avant et après li •.aluiîion, a démontré qu'elle perd par cette opération une certaine quan itcM<polu*!i<», déplacée par la soude du sel marin. La viande deviendrait alors moin< propre à la réparation des globules sanguins, dont le principe alcalin est la pK law.. Cariant de ces données, le docteur Palmer vient d'expérimenter en Audi*le m» le, citrate de potasse sur des malades atteints de scorbut, et ils ont gui'-n aiiNsi vite que ceux qui prenaient le lime-juice Mais ces expériences ont élr laitcH dans un hôpital ; les sujets avaient un régime alimentaire excellent <■'. étaient placés dans de bonnes conditions hygiéniques ; pour être concluant*', et le docteur Palmer le reconnaît lui-même, il faudrait que l'épreuve du citmlf de potasse, fût faite à boni des navires pendant des voyages de long-cours. Qim qu'eu soit le résultat, on pourrait encore se demander s'il est dû à l'acide citrique ou à la potasse, sinon aux deux (Pharmaceutical Journal, Lyon médical lliilletin de thérapeutique, 1872). Cette dernière hypothèse est celle qui al plus de fondement.

Kn effet, comme Chalvet l'a parfaitement fait ressortir {Société de* hôpitau, séance du 24 mars 1871), les sel? de potasse à acides minéraux traversent t'or^uisine sans décoin position et ne donnent rien aux globules sanguins. Les aciiir* organiques au contraire, tels que le malique, le tartrique, le citrique, brùlé>*: transformés en acide carbonique, peuvent laisser un peu de leur hascdaihli sang, tandis qu'une partie de l'acide gazeux s'élimine. Ajoutons que celle combustion fait aussi des acides malique et citrique, contenus dans le citron, des aliments respiratoires qui ont leur utilité chez les scorbutiques , de même que I* 1er qui se trouve également dans ce fruit. L'intervention de ce métal est pptableuient l'un des éléments du succès que Chalvet dit avoir souvent obtenu ru tqqtosant le jus «le citron à la chlorose.

Ku résumé, les fruits et les végétaux frais, avec leurs acides organiques, Inr* sels île |H>tasse, souvent un peu de fer, quelques principes amers chez les uii\ plu* mi moins de substances protéiques chez tous, représentent des aliments *peiaiix qui interviennent axec un axantage incontestable dans le régime des ^rhuttques. l>aus l'espèce, le citron, à coté duquel il faut placer l'orauge, doit à 1J tcuutoii de tous les éléments assimilables ou moditicaleurs précités, la prééminent e que lui accordent les témoignages anciens et modernes. Comme tous les ahiiiciiK cc>t mieux par l'ensemble que par tel ou tel de ses principes qu'il agit : i' mus contester l.q>)HMl de* >cl> de potasse dans la cure du scorbut, on ne sjuni:'* atlubuei à leur action isolée le même bénéfice qu'à leur concours avec les autr»-» pi nu ijh » calcinent iv para leurs, soit de> \txcUux frais en général, soit du i>

CITRON (emploi médical). 605

ron eu particulier. Qu'il s'agisse ici de prévenir ou de guérir, c'est par la syncr- ;ie des modifications que l'on arrivera au but ; et le citron lui-même, malgré oute l'efficacité résultant de la richesse de sa composition, aura toujours pour uiiliaires indispensables les moyens hygiéniques que comportent la cure et la >rophylaxie du scorbut.

L'écorce de citron est tonique, stomachique, carminative. On peut l'employer ivec avantage dans l'atonie du canal intestinal et de l'estomac pour faciliter la ligestiou. pour favoriser l'expulsion des vents. On s'en sert comme d'un exceleut masticatoire contre la fétidité de l'haleine, contre le relâchement des gen- :ives. Son infusion chaude peut être utile dans les affections catarrhales anciennes, dans les flueurs blanches, dans la chlorose, et constitue une boisson avantageuse dans les affections nerveuses, daus les fièvres putrides ; elle a été quelquefois administrée comme sudorifique (Flore médicale).

Cette même propriété sudorifique a été attribuée par quelques auteurs au suc de citron ; Albarraccin, de Grenade, aurait tiré parti de cette propriété du suc de citron, pour traiter avec succès la maladie vénérienne sous le ciel brûlant du midi de l'Espagne, sans autre secours (ibid). Ou ne peut s'empêcher de critiquer ici au moins l'interprétation du résultat ; une chaleur excessive a pu causer la diapliorèse bien plus que le suc de ci trou. Ce suc, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, pris abusivement sous les climats chauds, débilite l'organisme et diminue sa force de réaction contre la chaleur ambiante ; il en résulte des sueurs passives, mais non provoquées par l'acide citrique, qui ne produit jamais un pareil effet dans d'autres conditions de température. On peut bien admettre l'actiou sudorifique, citée plus haut, d'une infusion chaude d'écorce de citron, comme de toute autre infusion aromatique ; mais non celle des préparations purement acides de ce fruit, surtout prises à froid. J'ai dû insister sur ce point, parce que j'ai souvent vu, dans les pays chauds, prêter gratuitement la propriété en question aux limonades ; or là, non-seulement ces boissons, mais toutes les boissons aqueuses non remontées par un principe tonique augmentent la transpiration, parce que l'excès d'eau ingérée tend plutôt à s'éliminer par la peau, dont l'appareil secrétaire est plus activé sous les températures élevées que les organes urinai res. Les propriétés sudorifiques, essentielles et directes, du suc de citron, me paraissent doue devoir être mises hors de cause. L'acide citrique surtout produirait plutôt l'effet contraire. Suivant Halle, cet acide tend à diminuer la sueur fébrile, taudis que l'acide acétique l'augmente ; je crois la première partie de son observation plus juste que la seconde.

L'écorce de citron, soit en infusion, soit eu poudre, a été donnée comme vermifuge. Au même titre on a employé le suc de citron, aux doses de 15 à 60 grammes, mélangé avec l'huile de ricin. Les semences paraissent être les parties du citron qui ont le plus de propriétés anlhelmiutiques ; fraîches, elles sont plus actives ; on les emploie sous forme d einulsion ou bien on les concasse avec du sucre.

Les pépins de citron conviennent également dans tous les cas où les toniques amers et excitants sont indiqués. Caziu dit les avoir employés avec avantage dans la leucorrhée alonique, daus l'anorexie par débilité gastrique, dans les fièvres intermittentes et vers la fin des fièvres muqueuses.

L'huile essentielle de citron a aussi été prescrite comme vermifuge, particulièrement contre le tœnia; elle pourrait aussi bien agir contre d'autres parasites ; mais elle a cela de commun avec toutes les huiles essentielle*, qui tuent tou&lt*

wi* CITRON (emploi médical).

animaux inférieurs, et il n'est pas suffisamment prouvé qu'à cet égard elk ui^ rite une préférence.

Cette essence a été appliquée par Werlitz au traitement des maladies des yeui. Elle serait spécialement utile contre les oph thaï mies tendant à la chronicité, siégeant dans les membranes extérieures de l'œil, et s'accompagnant de dilatations variqueuses ; contre les ophthalmies rhumatismales, blennorrhagiques et Hcroi'ulcuses ; contre le pannus, le ptérygion ; contre les taies de la cornée, et lorsque le tissu de cette membrane est ramolli et prend un aspect spongieux. On procède eu pressant au devant de l'œil une tranche d'écorce fraîche de citron; l'essence jaillit et produit une impression très-vive, que Ton calme par des foinentatations d'eau froide lorsqu'elle est trop douloureuse. Cette instillation peut être réitérée cinq à dix fois dans les vingt-quatre heures (Observ. de ola citri rec. exp. usu in quibusdam acut. morb. Cité par Cazin, op. cit.).

Les citrons, vu leurs nombreuses applications en médecine, dans l'art culinaire, dans diverses industries, sont l'objet d'un commerce considérable. A*ec quelques précautions, ils se conservent assez bien d'une récolte à l'autre. On dit qu'on peut les conserver durant plusieurs années dans le sel, dans la saumure ou seulement dans l'eau de mer. Leur principal emploi industriel a pour objet la préparation de l'acide citrique. Cet acide sert particulièrement pour certains opérations de teinture, daus lesquelles il ne peut être remplacé par aucun autre acide. C'est dans le commerce que la pharmacie le puise pour ses besoins.

Toxicologie. Le citron ne peut causer un empoisonnement, mais il n'en M pas de même de l'acide citrique. Quoique nous ne connaissions pas d'exemple d'empoisonnement par cet acide, il est possible néanmoins; sans être toxique an même degré que les acides minéraux, il le deviendrait cependant en une certaine mesure s'il était ingéré brusquement en forte proportion, pur ou eu solution concentrée. En pareil cas, l'indication serait de faire boire immédiatement une grande quantité d'eau pour atténuer l'action irritante de l'acide et d'administrer le plus tôt possible delà magnésie pour le neutraliser.

Delioux de Savigmàc.

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D. ot S.

CITROiraBlAK. On donne ce nom à certaines plantes de diverses familles dont l'odeur rappelle plu* ou moins celle du citron. Les espèces les plus coanues *uis cette dénomination sont :

ta Méliss* (métissa officinaiis L.) de la famille des Labiées (voy. Mfjj»« La Venrine odorant? [Lippia citriodora kunlh. Yerbena triphylla Lbéril I

CITROUILLE (botanique). 607

LAurône mâle (Artemisia Abrotanum L.), de la famille des Composées voy. Aurore).

On appelle aussi quelquefois petite citronnelle la Santoliue (Santolina Chœ~ nœcyparissus L.). Enfin on appelle aussi Citronnelle de la Guyane, le Psidium uromaticum Aubl., de la famille des Myrtacées (voy. Goyavier). Pl.

CITMNYLE. On a donné ce nom d'une part à l'essence de citron (voir le not essences) d'autre part nu radical triatomique non isolé de l'acide citrique CWO^). P. Sch.

CITROUILLE. Cucurbita L. § I. Botanique. Genre de plantes dicotylédones, qui donne sou nom à la famille des Cucurbitacées. Les espèces qui composent ce groupe, sont monoïques, et ont des fleurs à corolle campanulée, jaune, dont les pétales adhèrent entre eux et avec le calice. Dans les fleurs mâles, ou trouve cinq étamines, insérées à la base de la corolle et qui sont réunies en trois faisceaux inégaux : les anthères sont recourbées sur elles-mêmes à leur base et à leur sommet, dans le reste de leur étendue, elles sont droites et parallèles entre elles. Les fleurs femelles se distinguent immédiatement des Heurs mâles par la présence d'un ovaire infère, surmonté par le calice ové et non campanule comme dans les fleurs mâles, à limbe supère et quinquéfide. Elles ne contiennent que des étamines. Les stigmates, au nombre de trois, sont épais et bi lobés. Le fruit qui succède à cet ovaire, est une péponide de dimensions parfois très-considérables, à trois ou cinq loges, portant sur les placentas des graines ovées, comprimées, bordées d'un bourrelet plus ou moins saillant.

Les citrouilles sont des plantes alimentaires, dont on recherche les fruits ; les graines ont été aussi employées sous le nom de semences froides : elles contiennent sous un testa cartilagineux un endoplèvre mince, un embryon à cotylédons charnus et huileux, qui peuvent donner des émulsions.

M. Naudin, qui a spécialement étudié ce groupe, y distingue six espèces, dont trois sont alimentaires et cultivées depuis longtemps en Europe. Les nombreuses variétés qu'elles fournissent, ont été souvent confondues et brouillées ensemble par les auteurs : nous indiquerons les principales en prenant le travail de M. Naudin pour guide :

1° Cucurbita maxima Duchesne. C'est une espèce annuelle, à tiges traînantes et généralement longues, jamais dressées, cylindriques. Les feuilles sont plus ou moins réniformes à cinq lobes courts, obtus, quelquefois à peine marqués. Les pédoncules floraux sont cylindriques et non anguleux, le calice des fleurs mâles est campanule ou plutôt obeonique, non resserré au-dessous du point d'insertion des sépales. La corolle est campanulée à lobes réfléchis, généralement d'un jaune vif. Quant aux fruits, ils sont très-variables de forme et de dimensions : mais on peut dire que leur forme typique est celle d'une sphère déprimée* Les pédoncules qui les portent ne sont jamais anguleux ou relevés de côtes saillantes.

Les diverses formes qui se rapportent au Cucurbita maxima Duch., sont :

a. Tout d'abord le groupe des Turbans ou Potirons couronnés, remarquables parce que les carpelles font saillie en dehors du tube du calice. Il existe uu xrtain nombre de variétés, de grosseur et de couleur variées.

008 CITROUILLE (botanique).

b. Les Potirons simples ou sans couronne dont on cultive un certain nombre dans les jardins potagers. Nous n'en citerons que les plus employés.

Le petit Potiron plat, qu'on voit fréquemment sur les marchés de Paris; il est très-déprimé, a de 50 à 55 centimètres de diamètre transversal, et présente autour de l'ombilic une couronne peu saillante de 4 à 8 centimètre* de diamètre.

Le Potiron maraîcher ou jaune gros de Hollande, qui est la variété la pi» habituellement cultivée dans les jardins des environs de Paris. Les fruits sort très-gros, en sphéroïde déprimé, ayant quelquefois jusqu'à 70 centimètres de diamètre transversal. Ils sont vides au milieu : la chair, qui a une épaisseur de 5 à 8 centimètres, est d'un beau jaune orangé, ferme, d'une cuisson lacile. légèrement sucrée. La surface extérieure est d'un jaune rosé. Les graines *ooi blanchâtres, grandes, fortement marginées.

Le gros Potiron gris, qui di flore du précédent par la teinte grise ou veniilre de sa peau, acquiert à peu près les mêmes dimensions et est tout aussi estime. On le cultive peu à Paris, mais fréquemment dans le midi de la France.

2° Cucurbita Pepo D. C. Cette espèce est très-polymorphe, et a été généralemeut mal délimitée par les auteurs. Les tiges en sont généralement polyédriques, à cinq angles obtus, et n'ont que des vrilles rudimentaires. Les feuilles sout découpées eu cinq lobes plus aigus et plus développés que chez les potirons; elles sont plus raides et les pétioles portent des poils raides et piquants. Les pédicules des fleurs sont plus ou moins prismatiques, à cinq angles obtus. Le calice des Heurs mâles a un tube sensiblement pentagonal, un peu resserré au-de&Mi du limbe. Les fruits, de dimensions très-variables, ont pour forme typique tu ovoïde renversé, plus ou moins long, avec ou sans côtes longitudinales.

Les groupes principaux qu'on peut établir dans cette espèce, sout :

a. Les Courgerons, à fruits sphériques, plus ou moins déprimés, rappelai par là les potirons. Ils sont comestibles.

b. Les Citrouilles proprement dites, de grosseurs variables, à fruits ovoïde « elliptique, dout le diamètre longitudinal ne dépasse pas le double du diamètre transversal. La chair est généralement de qualité médiocre. Parmi les plus grises, nous signalerons la Citrouille de Tonraine à peau lisse d'un vert fuaoé* et la grande citroudle verruqueuse qui atteint jusqu'à 70 centimètres de kfr gueur; elle diflère de la précédente par les nombreuses verrues qui li recouvrent.

c. Les Giraumons, reconnaissables à leurs fruits allongés, cylindriques oh renflés eu massue, lisses ou verruqueux, parfois marqués de côtes lougitudiiuk». On en connaît de très-nombreuses variétés, parmi lesquelles :

Le Giraumon de Patagonie ou Courge des Patagons, ovoïde allongé, nurqu* de cinq fortes cannelures.

Le Giraumon Coucour telle ou Courge longue d'Italie, à fruit allongé, renflé en massue, de couleur blanc jaunâtre, à chair jaune pâle, filandreuse, uuà très-bonne.

La Courge à la moelle [Yegelable Marrow des Anglais), très-estimée en Angleterre et aux États-Unis, où on la mange, avant sa maturité, comme le ooacombre.

La Courge de Barbarie, l'un des plus gros Giraumons, dont les fruits, lis** et unis, jaunâtres ou verts, atteignent 00 à 70 centimètres de long sur 2J à 30 de diamètre.

CITROUILLE (botanique). 609

d. Les Pâtissons, nommés aussi Artichaut d'Espagne, Bonnet d'électeur, rbouse d'Astrakan. On faisait autrefois de ces diverses formes une espèce stincte sous le nom de Cucurbita Melopepo L.

Dans ces plantes, l'ovaire a au moment de la floraison, la forme d'un cône irbuissc, et porte sur le contour de sa base, tout autour du point d'insertion 1 pédoncule huit ou dix lobes arrondis. Le fruit conserve plus ou moins cette rrac caractéristique, avec des variations nombreuses, dans la position des lois et la forme générale du fruit : leur couleur varie du jaune au vert, la chair »t pale et filandreuse, mais assez fine et généralement estimée. On voit frêne m nient ces fruits dans les étalages des marchands fruitiers ou des restaurants.

5° L'Orangin ou Courge or angine, qui donne des fruits ressemblant a des ranges de diverses grosseurs. Ces plantes n'ont d'intérêt que comme orneîentales.

6° Les Barbarines, plantes à feuillage découpé, qui se distinguent par là des frangines : les fruits sont très-divers de formes, généralement d'un petit vourne, le plus souvent verruqueux. On les nomme d'ordinaire fausses Colouintes; ils sont impropres aux usages domestiques.

7° Les Coloquinelles ou Cougour dettes, dont les auteurs ont fait les espèces lucurbita ovifera L., Cuc. pyriformis, Cuc. pyxidaris Hort. Elles sont

feuillage découpé, à fleurs petites, à fruits lisses ovoïdes ou pyriformes, très- •etits, verts, jaunes ou barriolés des deux couleurs. La Cougourdette propreoent dite, est py ri forme. Sa coque est ferme et ligneuse, et on peut, eu la vi- 'ant, en faire de petits vases.

8° La troisième espèce est le Cucurbita moschala Duchesne. C'est une plante, ni demande plus de chaleur que les espèces précédentes; elle vient dans le oidi de l'Europe, en Afrique et dans les Antilles. Les tiges sont rampantes, ssez grêles ; ses feuilles molles, marquées de lobes aigus, d'un vert foncé ; les pédoncules des fleurs sont cylindroïdes, arrondis; le tube du calice des fleurs nâles est presque nul ou réduit à une sorte dp plateau relevé sur ses bords; les épales sont aplatis, linéaires, et le plus souvent dilatés et lobés au sommet.

Les fruits sont variables de forme : en général cependant, ils sont allongés t renflés en massue ; et, dans ce cas, il n'y a de cavité séminifère que dans la •ortion renflée. La surface extérieure de couleur vert foncé ou jaune orangé est ecouverte d'une sorte de poussière céreuse, glauque, très-fine, analogue à la Uur des prunes. La chair est assez fine, non filandreuse, variant du jaune «lie au rouge de sang. Elle a une saveur relevée, plus ou moins musquée. Les iraines sont d'un bleu sale, marquées d'un bourrelet plus foncé que le reste de i surface.

Nous ne citerons dans ce groupe que : la Melonée ou Courge muscade des tarse il lais < cultivée en Provence. Sa chair est rouge de sang, elle atteint le voune des plus gros potirons.

La Courge Berbère, répandue de l'Egypte au Maroc, et aussi dans le midi de Europe. Elle est allongée, droite ou courbée, renflée en massue.

Enfin la Grande Courge pleine, de forme cylindrique, et de dimensions énorles; ne portant de cavité qu'à l'extrémité.

Les autres espèces de Cucurbita, les C. melanosproma Al. Braun, cultivée en sie, du coté de Siam ; le Cucurbita perennis Asa Gray, de l'Amérique du Nord, . le Cuc. digitala Asa Gray, du même pays, n'ont aucun intérêt au point de vue i l'alimentation.

nier, exc XVII. V>

610 CITROUILLE (emploi médical).

Lunée. Gênera, 1478. — Dochesnb. Dictionnaire Encyclopédie, II, p. 115. — Di Cumul Prodromus, III, 316. — Endlicher. Gênera Plantarum,. — Behtham et Hoonm. GemenPlmtarum, I. — Naudier. Espèces et variétés du genre Cucurbita [Ann. science* mat., 4* série, M, 5). — Guiboort. Drogues simples, II, 263. — G. Planchov. Traité de la déterminât** 4a arogues simples, I, 399. Pl.

§ II. Emploi médical. La synonymie de ce mot n'est pas parfaitement établie. A s'en rapporter à la dénomination scientifique de Linné et de de Candolle, la citrouille (Cucumis ou Cucurbita citrullus) serait la pastèque m melon d'eau ; mais à Paris, d'après Guibourt (Hist. nat. des drogues simplet), ot donne le nom de citrouille au giraumon (Cucurbita pepo Duch.) à fruits allongés, et celui de courge au potiron (Cucurbita mazima Duch.); tandis qut. d'après Mérat et de Lens (Dict. de mat. méd.), les mots de potiron, courir, citrouille, s'appliqueraient également au Cucurbita pepo, et d'après Soubeim (Traité de pharmacie), au Cucurbita maxima. Aucune distinction n'étant actuellement faite, au point de vue médical, entre les espèces qu'admet Guibourt, ce qui va suivre s'appliquera aux unes comme aux autres La pulpe du fruit et les graines sont seules employées de nos jours ; les feuilles et les fleurs, qui faisaient partie de la matière médicale dç Galien, sont inusitées.

Pharmacologie. Le parenchyme du fruit, de couleur jaune, jaune rouge, « orange, ou pâle, ou verdâtre, ferme, juteux, fade, peu sucré dans le potin», plus savoureux dans le giraumon et le pâtisson ou bonnet d'électeur, appartieri plutôt à la bromatologie qu'à la pharmacie, quoiqu'il soit l'objet de quelque applications thérapeutiques, et n'ait pas été l'objet d'analyse chimique approfondie.

Les graines ou semences assez grosses, de 14 à 16 millimètres de long, d»* vales, larges à la base, pointues au sommet, très-comprimées, entourées d'à petit rebord épais, sont blanchâtres et lisses ; mondées de leur enveloppe test*cée, telles que les fournit habituellement le commerce de la droguerie, die» sont blanchâtres ou verdâtres, suivant que la maturité a été plus ou mon» complète. H. S tan. Martin, à qui nous devons une analyse de ces grain», fait remarquer qu'il vaudrait mieux n'accepter que les graines complètes, c'està-dire celles dans lesquelles les embryons homotropes sont revêtus de leur tégoment crustacé; ces embryons, presque entièrement composés d'une huile fixe d d'un mucilage, s'altèrent promptement à l'air, en effet, lorsqu'ils sont uns. et contractent une très-grande rancidité, qui doit nuire à leur action thérapeutique et leur communiquer des propriétés dangereuses pour les malades.

Le principe actif de la graine de citrouille reste encore à déterminer; diof l'analyse dont nous venons de parler, M. Martin n'a trouvé qu'une huile fixe. • principe aromatique, du parenchyme, de la chlorophylle, du sucre, de l'émoi* sine, de la gomme, et un acide qu'il propose d'appeler citrullique, notable (ba l'eau et dans l'alcool.

L'huile extraite par compression, à froid, est de couleur brune, jaune venUtrft et plus consistante que celle d'amandes douces ; d'une odeur faible, d'une sa*** sui generis ; non désagréable, quand elle est récemment préparée, elle naàt très-rapidement, à cause d'une matière azotée qu'elle contient, et acquiert en quelques jours une odeur détestable (Bull, de thérap., t. LX, 1861).

Mode £ administration et doses. Le parenchyme cru, pilé, était employé *«& forme de cataplasme, eu quantité suffisante; bouilli, il fournissait un jus f* l'on prescrivait comme laxatif à la dose de 50 à 60 grammes environ, additk» de miel et de nitre.

CITROUILLE (emploi médical). 6H

Los graines de citrouille, dans les anciennes pharmacopées, font partie des uatre semences froides majeures; dès le temps de Baume, elles remplaçaient ans ces semences celles do la gourde, et, comme elles sont les plus grosses et ne Ton peut se les procurer fraîches la moitié de Tannée, elles sont préférées celles des autres cucurbitacées pour l'usage médical. On en fait une décoction >0 à 60 grammes par litre), eu uneémulsion, à la même dose que l'émulsion amandes (50 grammes pour un litre d'eau, et 50 grammes de sucre), comme sane, ou plus concentrée (50 grammes pour 150 grammes d'eau), comme Suicide; on a associé à cette émulsion de l'huile de ricin ou de l'extrait oléc- Jsineux de fougère mâle (4 à 8 grammes), (Debout). 11 est inutile que émulsion soit passée à l'étamine; on en prépare une pâte avec du miel, u simplement avec du sucre, qui' aide à diviser la pulpe (toujours- à la dose de 0 à 80 grammes); on a enfin proposé d'en faire des dragées, dont l'amande st remplacée par la graine de citrouille, pour la faire mieux tolérer par les infants.

L'émulsion, s'altérant en été, parfois dix ou douze heures seulement après qu'elle a été préparée, ne doit pas être faite à l'avance pour les malades éloignés; m peut ne délivrer les semences qu'à l'état de pulpe triturée avec du sucre (60 grammes de semences pour 20 grammes de sucre), ce qui permet une émulsion facile au moment de l'emploi.

Thérapeutique. La citrouille, étant froide au deuxième degré, était employée dans l'antiquité grecque et romaine intus et extra dans les phlegmasies, comme rafraîchissante et tempérante. Nous avons contre les métrites, par exemple, des fumigations, des injections ou des pessaires médicamenteux un peu plus énergiques ou plus commodes que ceux que la courge, en nature ou en décoction, pouvait fournir au Père delà médecine; mais on peut encore employer avec quelque succès la pulpe du fruit et sa partie la plus extérieure, pilées et crues, comme épithème froid dans les brûlures au premier degré, les inflammations traumatiques, certaines ophthalmies, les maux de tètes congestifs ou avec rougeur au front, les gonflements articulaires de la goutte. Les assertions de Dioscoride et son commentateur Matthiolc, qui vantent les propriétés de la courge en pareilles circonstances, sont confirmées par M. Cazin, qui dit avoir obtenu un soulagement instantané dans les nombreux cas où il l'a employée. C'est un remède populaire, qui agit d'ailleurs comme la pulpe de pommes de terre et autres moyens analogues, et qu'il est bon de connaître, surtout quand on exerce lans les campagnes, pour l'utiliser à défaut d'autres substances plus usuelles. )n peut en dire autant de l'émulsion de semences de courge préconisée contre la léphrite, la cystite, la blennorhagie, la bronchite, l'hépatite, les fièvres bilieuses, t dont les propriétés laxatives et émollientcs ne paraissent ni plus ni moins proloncées que celles des autres émulsious huileuses, quoique la courge ait joui 'une certaine réputation comme purgatif et môme comme léger émétique. île appartient d'ailleurs à une famille dont la plupart des espèces, suivant Indlicher, ont les mômes propriétés, variables à des degrés innombrables, suiant la proportion relative des principes amers, extraclifs, amylacés, etc., qu'elles ontiennent.

Les semences de citrouille gardent jusqu'à présent une grande supériorité sur surs congénères, comme vermicides, et spécialement comme ténicides. Pline léjà leur connaissait cette propriété, qui est mentionnée également dans plusieurs ieilles pharmacopées, spécialement dans un écrit du à\\^\tàta& «&<&&

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(Lumbricus lotus, etc., par Edw. Tyson, in Philosoph. TransacL, 1683), et qui d'après Mérat et de Lens, est vulgaire dans l'Ile-de-France (Maurice). Il en serait de même au Mexique, d'après M. Cazin (Plantes méd. indigènes, 5e édit.k. Ce n'est cependant que depuis une trentaine d'années, que l'attention publique médicale a été reportée sur ce sujet. Après les publications de Mongenay, dans k Journal universel des sciences médicales, de M. Brunet, dans le Journal à médecine de Bordeaux (1845) et d'un médecin militaire, M. Tarneau, et do* le travail inséré dans la Gazette médicale de l'Algérie, est analysé dans le BulL de Uiér. (t. L1X, 1860), les essais se sont multipliés, et la graine de courge est définitivement admise au nombre de nos ténicides indigènes, à coté de l'extrait de fougères mâles, de l'écorce de racine de grenadier. Debout en a étendu l'emploi à la destruction des ascarides lombricoïdes, et déclare s'en être servi lotjours avec succès (Bull, de thérap., t. LXIII, 1862). Elle a réussi dans des cas où l'écorce de racine de grenadier, le kousso lui-même, avaient échoué, elle n'a donc plus à faire ses preuves; elle présente sur plusieurs vermicides le triple avantage de la modicité du prix qui la préserve de la sophistication, de l'extrême facilité de la récolte, puisque les potirons se conservent du mois d'octobre ai mois de mars, et d'un goût plutôt agréable, qui la reud d'une administrai** très-facile, surtout si on la compare au kousso ou à la racine de grenadier. Oi peut ajouter qu'elle est d'une innocuité complète, quoique quelques médetim aient avancé qu'après son ingestion les malades se plaignaient de pesanteur de tête et d'estomac, de coliques même; il s'agit là de faits exceptionnels, ou dam lesquels on avait négligé certaines précautions presque indispensables au succès du médicament ; la plupart des praticiens qui ont employé les semences de citrouille contre le ténia n'ont pas observé ces effets désagréables, et nous les avons toujours vue! très-bien tolérées, prises même avec plaisir par les personne* à qui nous les avions conseillées.

La vulgarité de leur origine ne doit cependant pas être mise en cause, comme le font certains enthousiastes de ces semences, pour expliquer qu'elles n'aient pas remplacé tous les autres ténicides. Il faut bien reconnaître que leur action n'est rien moins que sûre (défaut qu'elles partagent môme avec le kousso, qui 1* présente, il est vrai, à un moindre degré), et qu'il est rare de n'avoir a les prescrire qu'une fois; il faut habituellement y revenir à deux reprises, quand ce n'est pas trois. Sur quatre cas, les semences de courge nous ont été infidèles une fois : le porteur du ténia, étudiant en médecine, ayaut voulu recourir aa kousso après un premier essai infructueux ; dans deux, observés tout récemroeaL il a fallu recourir à deux doses, prises après un jour de repos intercalaire; dans un seul cas, une seule dose a suffi. Une précaution assez importante pour que sou omission empêche fréquemment le succès du vermicide, est de soumettre le sujet auquel on doit l'administrera une diète assez sévère : deux ou trois potages seulement dans la journée, la veille du jour où les graines de citrouille doiveat être ingérées. Certains médecins vont même jusqu'à prescrire un purgatif, huileux ordinairement, la veille ou le matin même de la prise du vermicide ; cette pratique parait inutile, et peut être nuisible en fatiguant par avance un malade qui, eu outre de sou émulsion ou de sa pâte de graine de citrouille, aura enoort à avaler, deux ou trois heures après celle-ci, un autre purgatif. Ce dernier etf indispensable pour expulser le ver, pour le cas où les semences de courge n'aoraient fait qu'engourdir celui-ci, et ne solliciteraient pas de contractions uttaunalcs. Le régime alimentaire <k^our=> de ^wc%ation% c'est-à-dire le seul bouùl»

CITROUILLE (bromatologie). 6)5

maigre jusqu'à évacuation, avec un potage le soir, est d'ailleurs plus rigoureusement indiqué qu'en aucune autre circonstance.

L'animal sort entier le plus communément, en moyenne de sept à huit heures après l'ingestion du médicament; dans le dernier fait que nous avons observé, et qui s'est présenté dans la semaine môme ofi nous écrivons, il a fallu cependant plus de douze heures pour que l'expulsion eût lieu, après quelques coliques légères ; et cependant nous avions ajouté une goutte d'huile de croton tiglium à l'huile de ricin qui devait être prise trois heures après une pâte contenant 80 grammes de semence de citrouille, 20 grammes de sucre et 50 grammes d'eau. ii ingérer en une lois. Cette addition d'huile de croton avait paru indiquée par l'habitude des purgatifs qu'avait ce malade, traité déjà sans succès dans plusieurs hôpitaux.

Les graines de citrouille ne sont pas seulement des vermifuges : ce sont des vermicide*; comment agissent-elles? Mérat a pensé que c'est par indigestion qu'elles tuent le ténia, de la même façon que le sang agit sur les sangsues qui s'en gorgent trop abondamment. L'absence d'un principe actif, dans ces graines, militerait en faveur de cette opinion, qui a contre elle ce fait que, non-seulement les émulsions d'amandes douces n'ont aucune action sur le ténia, mais que celle d'huile de graine de citrouille est également impuissante, lorsque cette huile est séparée des autres éléments constituants des graines.

S'il en est ainsi, il ne faut donc pas craindre d'administrer de fortes doses de semences, celles-ci étant d'ailleurs inoffensives, nous l'avons dit ; la dose de 60 à 80 grammes est celle qui est la plus communément adoptée, bien que certains médecins se contentent de 50 ou 40 grammes, tandis que d'autres vont jusqu'à 400 grammes, à prendre alors en deux fois, à une heure d'intervalle.

§ III. Bromateloiffo. On ne mange guère en France le potiron qu'à l'état feus, mais il n'en était pas de même dans l'antiquité. D'après une note de l'édition d'Oribase, par Bussemaker et Daremberg, on faisait sécher à la fumée les cour- ges coupées par morceaux pour l'alimentation des esclaves. À rencontre de Calien, qui, parlant des citrouilles séchées après enlèvement des graines, déclare qu'elles n'ont pas plus de goût que du cuir (de Aliment, faculté t. VI, p. 557-559, édit. Kûhn), Nicandre, dans ses Géorgiques, cité par Athénée, affirmait que c'était un très-bon mets, pour les esclaves, s'entend. Les citrouilles, conservées ainsi ou de toute autre façon, étaient accommodées à différentes sauces, et cette pratique s'est maintenue aux environs de Gènes, d'après Lister, jusqu'au commencement du dix-huitième siècle. On comprend que le potiron apprêté de la sorte, ait été considéré comme nuisible aux phlegmatiques, aux gens sédentaires.

De nos jours, on en fait surtout des potages ou des soupes à l'eau ou au lait, et lorsque la citrouille ou le giraumon, suffisamment mûrs, sont convenablement cuits, conditions indispensables, ils constituent, ainsi préparés, un aliment sain, facilitant les garde-robes; et, à ce titre, pouvant être permis aux convalescents. Dans le centre de la France, on en fait aussi des tartes, une sorte de raisiné avec du vin doux, et que l'on garde pour la nourriture des enfants; dans le Bas- Languedoc, on les mange, de préférence, en soupe à l'huile, ou frits dans la poèlte, comme la pomme de terre.

Les semences, avons-nous dit, fournissent une huile bonne à manger, connue dans l'Anjou sous le nom d'huile de terre, pour la distinguer de l'b\\\tatawKL\

6U CITRUS.

mais qui doit être préparée par petites quantités, à cause de la rapidité de m rancissement. Ces semences sont mangées avec plaisir par les enfants, et, daprè H. Stan. Martin, on en fait une assez grande consommation, crues ou grillées sur une pelle rougie, en Turquie et en Perse. El. H.

CITRUS. Voy. Citronnier.

CITRUS (L., Gen.y n. 4218; Hort. Cliff., 379; Hort. up*al.% 236). Gca de plantes de la famille des Rutacées, série des Aurantiées ou Citrées, dont la fleurs sont hermaphrodites, régulières, à 5 parties et, plus rarement, 6-3 mèra Leur réceptacle convexe supporte un court calice urcéolé ou ctipuliforw, 3-5-fidc, des pétales alternes, plus longs, imbriqués, sessiles ou à peu près, u nombre de cinq, plus rarement de trois, quatre, ou de six à huit, épais, chant* blancs, concaves en dedans, odorants et devant leur parfum suave aux resercoin d'essence, jaunes ou verdâtres, dont ils sont parsemés. En dedans d'eux se tonvent des étamines en nombre indéfini, à filets unis entre eux, dans une étendue variable et d'une façon très-irrégulière, en faisceaux qui peuvent être formés dos seul ou de deux à une dizaine de filets. Aussi, ces étamines ont-elles loujoon été, dans les ouvrages élémentaires, citées comme exemple de Polyadelpkie uu> gale. Supérieurement, ces filets deviennent libres et subuléset supportent ducun une anthère dressée, ob longue, biloculaire, introrse et déhiscente par d* fentes longitudinales. L'androcée est insérée autour de la base d'un disque am»laire ou cupuliforme, épais, coloré (ordinairement en jaune) et strié ou coa* froncé. Le gynécée est formé d'un ovaire libre, globuleux ou à peu près, sumonté d'un style en forme de colonne cylindrique, caduque, souvent dilatée to son sommet qui se termine par une tête déprimée, stigmatifère, visqueuse, diusée en autant de petites lobes qu'il y a de loges à l'ovaire. Celles-ci sont en nom- : bre indéfini, rarement peu élevé. Dans l'angle interne de chacune d'elles se tait un placenta qui supporte deux séries verticales d'ovules descendants, anatrof**. à micropyle dirigé en haut et en dehors. Le fruit est une baie multiloculaire,doot le péricarpe véritable est cortiqué, généralement peu épais. On distingue presq» toujours facilement en lui trois couches. L'extérieure, de couleur jaune plus* moins foncée, est odorante; ce qu'elle doit aux nombreux réservoirs d'huile esa* tielle dont elle est criblée. La moyenne est blanche, molle et spongieuse, généralement inodore et insipide. L'intérieure, ordinairement réduite à une niince ma* brane translucide, ne tapisse pas seulement la paroi convexe du fruit; «4k s'enfonce en outre jusqu'au centre, sous forme de lames verticales rayonnante qui séparent les uns des autres ce que, dans une Orange ou un Citron, on appelle les quartiers. La portion charnue, succulente, sapide, qui remplit l'intérieur ik ce dernier, n'appartient pas au péricarpe primitif. Mais l'épi derme intérieur & celui-ci se recouvre de bonne heure, dans la fleur même, de cellules saillantes qui se comportent comme le font d'ordinaire les poils, et qui s'allongent eu dirigeant leur sommet vers l'intérieur des loges ovariennes, jusqu'à la rencontre des placentas chargés d'ovules ou de jeunes graines. Ces tubes se déforment en se c<*h primant les uns les autres, de manière à se toucher par des facettes fort inégale* et fort irrégulières. Ils acquièrent aussi, en général, un pédicelle rétréci plusoo moins allongé, quelquefois nul ou à peu près ; et c'est dans leur intêrieurque* produit en quantité le liquide acidulé ou sucré qui donne à la pulpe des Énul* des Citrvs ses propriétés si variables. Avec l'âge, ce liquide disparait peu à peu. de sorte qu'alors les poils cessent d'être turgescents et étroitement appliqués k»

CITRUS. 615

ira contre les autres, et qu'on peut les séparer par la plus légère traction. Les graines se trouvent entourées par les extrémités de ces cellules à suc sapide, mais lies ne leur adhèrent en aucune façon. Elles sont pourvues de téguments gla~ >res, dont l'extérieur est résistant et parcheminé dans la plupart des espèces. Slles renferment un et souvent plusieurs embryons charnus, sans albumen, h cotylédons souvent très-inégaux, irréguliers, blancs ou verts, à courte radicule tupère. Les Citrus sont des arbres et des arbustes asiatiques, le plus souvent ndien?, quelques-uns chinois ou japonais, le plus ordinairement épineux à l'état sauvage, et très-odorants dans toutes leurs parties ; ce qu'ils doivent à des amas l'huile essentielle sécrétée et emmagasinée dans leur tissu cellulaire. Ces réservoirs sont ordinairement très-apparents et quelquefois même saillants à la surface des organes. Us abondent surtout dans les feuilles, les fleurs, la couche jaune du péricarpe. Us représentent sur ces organes des taches ou points pellucides, et l'on sait qu'en les crevant par une assez forte pression, on peut faire jaillir et enflammer la petite masse d'essence qu'ils renferment. Tout le pourtour de la cavité que celle-ci occupe est tapissé par des cellules dont le rôle physiologique est terminé et qui, aplaties, pressées les unes contre les autres, séparent la masse liquide des cellules ordinaires du parenchyme. Les feuilles des Citrus sont alternes, sans stipules, composées et quelquefois trifoliolées. Mais plus ordinairement, elles sont réduites à une seule foliole qui est séparée à sa base par une articulation transversale du pétiole plus ou moins dilaté en deux ailes latérales, quelquefois même (comme dans le C. hystrix) aussi développé ou même plus large que la foliole elle-même. Les fleurs, blanches ou légèrement teintées de violet et de rose, d'une odeur suave, sont axillaires, solitaires ou réunies en petites cymes ou en grappes de cymes plus ou moins ramifiées.

Un grand nombre de Citrus intéressent la pratique. On les connaît sous les noms de Citronniers, Orangers, Bigaradiers, Limoniers, Limettiers, Cédratiers, etc. Les principales espèces auxquelles nous devons renvoyer le lecteur sont :

Le C. Aurantium Risso (in Ann, Mus., XX, 181, t. i, fig. 1,2), espèce qui donne les oranges douces.

Le C. Bigaradia Duham. (Arbr., éd. nov., VU, 99) ou C. vulgaris Risso, c'està-dire le Bigaradier ou l'arbre aux oranges arriéres, qui sert généralement à préparer Y Eau de fleurs d'orange.

LeC Ldmonium Risso, l'espèce qui donne les Citrons (voy. ce mot). Le C. medica Risso, c'est-à-dire le Cédratier (et non le Citronnier). Le C. Limetta Risso, ou Limettier, l'arbre dont les différentes variétés donnent les Limes, Bergamottes, etc.

LeC. trifoliataL. (Spec., 1101),le£stdeK8ompfer (Amœn.exot., 801, t. 802), espèce dont les feuilles sont , en effet , trifoliolées et qui a ceci de particulier qu'elle est rustique, ou à peu près, dans nos climats. Ses fleurs sont polygames, k étamines libres ou à peu près, et c'est pour cela qu'on a proposé d'en faire un genre distinct, sous le nom dePseudœgle (Miq.,rin Ann. Mus. lugd., bat., H, 85).

H. Bn.

Tous*., Inst. Rei herb., I, 620, t. 593, 394 (Aurantium), 395, 396 (Cilrettm), 397 (Limon). — Adam., Fam. des plante*, II, 345. — Jcss., Gen. plant., 261. — Iamk, ///., t. 639. — Poui., Diet. encycl., IV, 575; Suppl., IV, 171. — Tprpik, in AU. du Die t. $c. nat., t. 159.— Smcb, Suit, à Buffon, II, 256. — Uallesio, Traité du Citrus. Paris (1811).— Risso et Poiteac, But. natur. des Orangers. Paris (1818-19). — Rœm., Synops. Hesperidrarum (1846). — Eibl., Gen., n. 5514. — Goib., Drog. simpl., éd. 6, III, 622. — Payer, Trait, dorganog. comp., 413, t.î5. — Berth. et Hooc., Gen., I, 305, 902, n. 81. — H. {taux». De Va fawùUe at%

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