‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. DechambreChapitre 14 sur 72 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

OJLAULTES. L'acide oxalique, élant bibasique, donne naissance à deux

iCO.ON rooH* ^*

de sels neutres de composition C*H'0^ = \ pq qu' Certains oxalates acides, tels

que l'oxalate acide de potassium, sont même susceptibles de se combiner à une molécule d'acide oxalique pour former ce qu'on appelle des quadroxalates, C'HMO^.C*HH>. La plupart des oxalates sont neutres; cependant les alcalis donnent les trois séries doxalates; le baryum et le strontium donnent également des quadroxalates. Enfin l'acide oxalique fournit de nombreux oxalates doubles.

Préparation. On prépare les oxalates» soit en saturant par une base une

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solution d'acide oxalique pur» soit par double dëcomposîtion à Taide de roxalite d'ammonium et d*un sel soluble du métal dont on yeut obtenir l'oxalate; ce dernier mode de préparation s'applique surtout aux oxalates insolubles.

Propriétés. Les oxalates neutres, sauf ceux à base alcaline, sont tous insolubles dans l'eau, à moins que celle*ci ne soit acidulée à l'aide d'un acide minéral. Les oxalates acides de baryum et de strontium sont légèrement solubles dans l'eau. Tous les oxalates sont insolubles dans l'alcool.

Tous les oxalates sont décomposés par la chaleur; les oxalates alcalins et alcalino-terreux se transforment dans ces conditions en carbonates a^ec dégagement d'oxyde de carbone et sans résidu de charbon :

OO'Coi = CœCa -h CO,

tandis que les oxalates des métaux aisément réductibles, tels que le cuitre et l'argent, laissent le métal pour résidu et fournissent de l'acide carbonique :

C«0*Ag* = Ag* 4- 2C0*.

EnGn les oxalates des métaux dont les carbonates se décomposent par la chaleur abandonnent de l'oxyde, et l'on obtient alors à la fois un dégagement d'oxyde de carbone et d'acide carbonique :

CH)*Pb = PbO -h CO -h C0«.

Lorsqu'on chauffe les oxalates avec l'acide sulfurique, on obtient nn dégagement de Tolumes égaux d'oxyde de carbone et d'anhydride carbonique, sans dépôt de charbon. Les oxalates solubles sont totalement précipités par l'eau de chaux et les sels de calcium, dans une liqueur neutre, alcaline ou acidulée avec l'acide acétique. Ces deux réactions sont caractéristiques des oxalates. tes oxalates dissous sont encore précipités par le nitrate d'argent et le chlorure de baryum; le précipité obtenu, de même que celui déterminé par les sels de calcium, est insoluble dans l'eau, les alcalis et Tacide acétique, mais se dissont dans les acides minéraux.

Fondus avec les alcalis, les oxalates donnent des carbonates et de l'hydrog&ie.

Nous ne décrirons pas ici tous les oxalates, mais seulement les plus intéressants d'entre eux, en particulier ceux qui offrent quelque intérêt physiologique, toxicologique ou thérapeutique; nous n'indiquerons ici que leurs propriétés physiques et chimiques, en renvoyant pour leur action sur l'organisme animal à l'article Oxaliqde (Acide).

OxALATE d'ammonium. Ou conuaît un oxalate d'ammonium neutre et acide et un quadroxalate. L'oxalate neutre C'0^(AzH*)* -h H'O se prépare en saturant par l'ammoniaque l'acide oxalique en solution aqueuse. 11 se trouve dans le guano. Ce sont des prismes orthorliombiques incolores, solubles dans trois parties d'eau froide, beaucoup moins dans de Teau chargée de sels ammoniacaux. A la distillation sèche, il donne entre autres produits de l'oxamide. D'après Béchamp, il donnerait un peu d'alcool en présence des moisissures de l'air.

Voxalate acide^ C*0*(AzH*)n + H'O, se produit lorsqu'on emploie un «ces d*acide oxalique ou par addition d'un acide minéral à la solution d'oxahte neutre. Moins soluble que le précédent, donne à la distillation sèche, entre autres de l'oxamide et de l'acide oxamique. Cristaux prismatiques du système orthorhombique.

Enfin, le quadroxalate, CK)*(AzH»)H,eH*0* + 2HK), se forme quand on

OXALÂTES. 383

mélange parties égales du sel acide et de Tacide oxalique. Très-soluble dans TeaUy il présente les ménies formes cristallines que le quadroxalate de potassium.

OxALATE DB BARYUM. Lc scl fieutre^ C'O^B^'' + H'O, s'obtient sous forme d'une poudre blanche lorsqu'on verse de Teau de baryte dans une solution d'acide oxalique ou d'oxalate de potassium. Très-peu soluble dans l'eau, il se dissout un peu dans une solution de sel ammoniac; à 100 degrés, il a pour composition : 2 (CH)*Ba'') -+- HH).

Le sd acide, (C'0*H)'Ba + 4HK), se produit lorsqu'on traite une solution concentrée d'acide oxalique par un égal volume d'une solution saturée de chlorure de baryum. Plus soluble dans l'eau que le précédent, il cristallise en prismes aciculaires; l'eau chaude le décompose et le transforme en oxalate neutre. Il perd son eau de cristallisation vers 145 degrés.

OxALATES OB CALCioM. Nous avous VU à l'articlc OxAUQUB (Acide) que Toxalate de calcium est très-répandu dans la nature; c'est en même temps à l'état d'oxalate et presque exclusivement sous cette forme que l'acide oxalique se rencontre dans l'organisme: il présente donc pour nous un intérêt particulier.

V oxalate de calcium neutre anhydre, G'O^Ca, parait présenter divers degrés d'hydratation, selon son mode de formation. Dans les plantes il se présente sous forme de cristaux prismatiques à base carrée qui ont pour formule CH>Ga -h 3 H*0, mais perdent facilement à Tair les deux tiers de leur eau. En mélangeant avec précautions une solution neutre d'oxalate de potissium à une solution de chlorure de calcium, on obtient des cristaux dendritiques ou des lamelles microscopiques dérivées du prisme oblique qui paraissent, d'après Sehmidt, être formées d*un mélange de deux hydrates, C'O^Ga+SIH'O et CH)*Ca + HK). Si Ion mélange des solutions bouillantes de chlorure de calcium et d'oxalate d'ammonium, le précipité a pour composition C'O^Ca + IIH), que les liqueurs soient neutres ou alcalines (Souchay et Lenssen) ; si les solutions sont froides et diluées, on obtient au contraire un mélange de G'OH^a + IPO et de CH)^Ca + 5H*0. En ajoutint un peu de chlorure de calcium à une solution saturée d*acide oxalique, on a le sel GH)*Ga -\- HH) ; il en est de même de la masse gommeuse qu'on obtient en ajoutant une petite quantité d*acide oxalique à une solution riche en chlorure de calcium. Quand les deux sels sont dilués, on obtient encore un mélange de G'O^Ca -f- 3H'0, en prismes carrés, et de (?OHU + H'O, en prismes obliques. Lorsqu'on ajoute un excès d'oxalate de calcium à de Tacide chlorhydrique, de densité inférieure à 1,1, l'oxalate qui se dépose ne renferme qu'une molécule d'eau; si au contraire l'acide est en excès, on obtient des cristaux prismatiques carrés à 3 molécules d'eau. Mêmes résultats avec l'acide nitrique. Si l'acide chlorhydrique employé a une densité supérieure à i,l, on obtient un sel double d'oxalate et de chlorure de calcium de formule C«0*Ca, CaGl« H- 12H'0 (Souchay et Lenssen) ou G«0*Ga,CaGI« 4- 7U»0 (Fritzsche). L'eau pure décompose ce corps en chlorure et en oxalate de calcium.

Obtenu par double décomposition au moyen d'un sel de calcium et d'un oxalate soluble, l'oxalate de calcium se présente en petites masses granuleuses amorphes; préparé a l'aide de solutions étendues, il se précipite toujours en cristaux microscopiques. G'est Bergman qui, en 1776, a introduit dans la chimie analytique ce réactif pour doser les sels de calcium. L'oxalate précipité est insoluble dans l'eau, dans l'acide acétique et dans les solutions de sel ammoniac, presque insoluble en présence d'un excès d'acide oxalique, peu

384 0X4LATES.

soluble dans l'acide lactique; mais il est facilement solaUe dans Teaa aâdnlée par Tacide cblorhydriqne ou nitrique, ou très-riche en adde phosphorique. Les alcalis et les carbonates alcalins le précipitent de nouveau. II se dissout légèrement dans les solutions de cblpnire de magnésium à froid, estasses solobie à cbaud dans les solutions des sels de magnésium ; Toxalate neutre de eakiom est de nouveau précipité par un excès d*oxalate alcalin. Les chlomres alcalins et alcalino-terreux ne le dissolvent ni à chaud, ni à froid. Soumis à rébalUtîon avec des sels solubles de cuivre, d*argent, de plomb, de cadmium, de nnc, de nickel, de cobalt, de strontium ou de baryum, Toxalate de caldom éprouve une double décomposition et donne naissance aux oxalates de ces métaux et à un sel soluble de calcium.

L*oxalate de calcium est soluble dans le jus sucré de la betterave. Séché à 450 degrés, il est très-électrique et projeté hors des vases par le moindre attouchement; cette propriété diminue à mesure qu'il absorbe l'huoiiditéde Tair.

Comme on le verra aux articles Oxalique (Acide) et Oxalurib, Toxalate de calcium ne se trouve guère dans Torganisme que sous forme d'in&rctiis du rein, de sédiments et de calculs urinaires; il présente toujours, dans ces cas, une forme cristalline particulière; ce sont ou bien de tr^petits octaèdres à base carrée, brillants, parfaitement transparents et très-réfringents, qui sous le microscope simulent la forme d*enveloppes de lettres; ou bien des agglomérations de petits cristaux aciculaires en forme de gerbes, de sabliers ou de dumb-bells, ou encore de sphéroïdes. Les cristaux en forme d'octaèdres et d*enveloppes de lettres pourraient en imposer pour des phosphates anmioniacomagnésiens ou de l'acide urique; on les distingue des phosphates par leur insolubilité dans l'acide acétique, de l'acide urique par leur insolubilité dans la potasse caustique. Les cristaux en sabliers présentent quelque ressemblance avec ceux de phosphate de calcium ; on les en distingue également par leur insolubilité dans l'acide acétique; enfin les sphéroïdes rappellent vaguement les boules de leucine et de tyrosine, mais une confusion n'est guère possible de ce chef.

L'oxalate de calcium, avant de se déposer soit dans les reins, soit soof forme de sédiment urinaire, est vraisemblablement maintenu dissous soit dans le sang, soit dans l'urine, à la faveur du phosphate acide de sodium, qui produit avec lui une sorte de double décomposition analogue à celle qui a lieo entre les urates insolubles et le même phosphate {voy. Oxaliqub).

Oxalates de cérium. Lorsqu'on ajoute de l'acide oxalique ou un oxalite soluble à un sel céreux, il se forme un précipité blanc d'axcUate céreux neutre hydraté. Ce corps, soumis à l'action de la chaleur, donne de l'eau, de l'oxyde de carbone, de l'anhydride carbonique, et laisse un résidu d'oxyde cÀosocérique mélangé d'un peu de carbure de cérium. Avec un oxyde cérenx absolument privé de lanthane, Beringer a obtenu un oxalate renfermant 3 molécules d'eau, CK)^Ce.3 H'O, qu'il ne perd qu'à une température de 260 degrâ. Au delà, Toxalate se décompose en laissant une poudre noire pyropboriquei qui à Tair se transforme en oxyde cérique. I ^

L'oxalate céreux est insoluble dans l'eau, même acidulée avec de l'idde |i oxalique; il se dissout sans décomposition dans l'acide nitrique chaud assez concentré et donne par le refroidissement de beaux cristaux rhomboédriques.

Ce sel a été récemment proposé contre le pyrosis, la dyspepsie, les vomissements de la phthisie et de la grossesse, l'épilepsie, etc. {Voy. Oxauque, Emploi)*

OXALâTES. 385

On ne connaît pas d*oxalate cëreux acide, mais un oxalate eéroêo^pottusique, CH)H]e.GH)*K*, et un oxalate cérique, qui sont sans intérêt.

OxALàTBS DB FBR. l*" OxalaUs feiTeux . On trou?e dans la nature un oxalate qui a pour composition (GK^^Fe)' -p 3H*0; ce minéral, qui se rencontre dans diyerses lignites, a reçu les noms à'humboldtUef d'oxalite et de fer oxalate; nous ne le décrirons pas.

On obtient de Toxalate ferreux sous forme d*une poudre jaune clair en faisant lentement dissoudre du fer dans une solution d*acide oxalique; de l'hydrogène se dégage. D se produit également, mais sous forme de cristaux jaune brillant, très-peu solubles dans Teau bouillante (3800 parties), lorsqu'on fait agir l'oxalate neutre de potassium ou l'acide oxalique sur un sel ferreux. Ce composé, qni a pour formule CH>Fe + 2HK), est décomposé par la potasse avec formation d'oxyde ferreux qui se précipite, ainsi que par les carbonates alcalins avec dépôt de carbonate ferreux. L'acide sulfurique monohydraté le transforme en sulfate ferreux avec dégagement d'oxyde de carbone et d'acide carbom'que. L*acide chlorhydrique bouillant met l'acide oxalique en liberté. Chauffé au rouge, l'oxalate ferreux dégage de l'oxyde de carbone et de l'acide carbonique et bosse un résidu brun pyrophorique constitué, suivant le degré de température, par de Toxyde de fer, du fer réduit ou du carbure de fer, et le plus souvent d'un mélange de ces trois corps.

On attribue à l'oxalate ferreux des propriétés purgatives qui ne sont pas encore suffisamment démontrées.

On connaît unoxalate ferroso-potassique^ GH)*Fe.G*0*K' -|- 2 HH), sans intérêt pour nous.

S* OxakUes ferriques. L'oxalate neutre parait se former quand on ajoute de l'hydrate ferrique en excès à de l'acide oxalique, ou en mélangeant les sels ferriques avec de l'oxalate de potassium. Poudre jaune, presque insoluble dans Tean, soluble dans l'acide oxalique, se réduit à la lumière en oxalate ferreux. Ce composé est encore peu étudié : on connaît mieux un grand nombre de sels doubles leb que V oxalate ferrico-ammonique (G«0*)'(Fe«) ^» .G*0^(AzH*) •-+- 6 H'0(?) , VozaUUe ferrico-potassique (GK)*)'(Fe*)^'.GH)»K» + 6H*0, Voxalate ferricosadique de composition semblable, etc., dont nous ne dirons rien de plus.

OxALàTBS DB MAGNÉsiuii. L'oxalatc ucutrc, G'O^Mg + 2H'0, se prépare en traitant l'oxalate neutre de potassium par un sel soluble de magnésium ou mkox en saturant l'acide oxalique par l'hydrocarbonate de magnésium. Poudre Manche, soluble dans 1500 parties d'eau à 18 degrés, dans 1500 parties à 100 degrés, ne perd toute son eau qu'à 150 degrés avec décomposition partielle. D'après quelques auteurs, on rencontre parfois de l'oxalate de magnésium dans les sédiments urinaires à côté de l'oxalate de calcium, mais en minime quantité.

On connaît un oxalate double de magnésium et de potassium et au moins cinq oxalates doubles de magnésium et d*ammonium.

Oxalâtbs DB XERCORB. Uoxalate mercureux neuti*e C'O^Hg* -4- H*0 s'obtient ions forme d'un précipité blanc en traitant un sel mercureux par Tacide oxalique, puis on fait sécher à iOO degrés. En chauffant à 165 degrés, ce sel devient anhydre.

Il est insoluble dans l'eau chaude, même chargée d'acide oxalique, mais se dissout à chaud dans l'eau additionnée d'acide nitrique ou d'un sel ammoniacal. Desséché, il peut être porté à 175 degrés sans se décomposer; à celte température il détone. Il est aisément soluble dans le cyanure et le sulfocyanure de

MCT. BRC. T 9. XIX. 25

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potassium, mais avec dépôt de mercure métallique, kitc Tammoniaque, il

doone un corps vert foncé, le mercurosammonium.

L*oxalate mercureux a été proposé comme succédané du calomel dans le traitement de la syphilis.

Oxalate mercurique. GK)^Hg. On le prépare en traitant une solution de nitrate mercurique par un excès d'acide oxalique ou en faisant digérer arec le même acide de Toxyde jaune mercurique. Il se présente sous forme d*une poudre Manche, amorphe, que la chaleur décompose au rouge naissant. Il est très-soluhie dans Tacide chlorhydrique, moins soluble dans Tacide nitrique, insoluble dans l'acide oxalique. Le sel ammoniac à chaud le décompose en oxalate ammonique et chlorure mercureux, avec dégagement d'anhydride carbonique.

Parmi les sels solubles qu'il forme, bornons-nous à mentionner Yoxàlate de tétramercurammonium^ CH)\AzHg')' + 2HK), qui se forme par digestion de Toxalate mercurique avec l'ammoniaque caustique. Poudre blanche, amorphe, explosible par la chaleur.

OxALATBs DE POTASSIUM, i^ Oxolote fieutre de potassium, G*0%* + H'O. Ce sel prend naissance lorsqu'on sature par la potasse ou le carbonate de potassium l'un des oxalates acides de potassium. Très-soluble dans l'eau, insoluble dans l'alcool, cristallise dans le système clino-rhombique. Ses cristaux paraissent renfermer parfois 3 molécules d'eau.

^^ Oxalate acide ou bioxalate de potassium. CK)^HK. Ce corps existe assez abondamment dans la nature; il fait partie du sel d'oseille^ qui est le plus souvent un mélange de bioxalate et de quadroxalate de potassium. Angélus Sala mentionne le sel d'oseille dès le commencement du dix-septième siècle, Dudos le décrit en 1688, Hargraaf y reconnaît la présence de la potasse et Scheele en 1784 y découvre l'acide oxalique. Ce sel existe dans le suc d'un grand nombre de végétaux, particulièrement dans les rumex, les oxalis» etc. En Suisse et dans la Forét-Noire, on extrait abondamment le sel d'oseille de la grande oseille et de VOxalis acetosella ou surelle. On pile la plante, on la soumet à la pression ou on l'écrase au moyen de meules verticales, et on obtient un jus verdâtre dans lequel on délaie un peu d'argile ou de terre glaise (on se sert quelquefois encore de sang de bœuf), qui forme une sorte de combinaison chimique avec la matière colorante ou l'absorbe, et laisse on jus sensiblement incolore. On le filtre, puis on l'abandonne dans des cristallisoires, où il donne par le refroidissement de petits cristaux de sel d'oseille. On le^ purifie par recristallisation. Les usages du sel d'oseille ont été indiqués i l'article Oxalique (Acide).

Pour préparer l'oxalate acide de potassium, on sature l'acide oxalique par la moitié du carbonate de potassium qui serait nécessaire pour produire le sel neutre, ou bien en ajoutant à une solution d'oxalate neutre de potassium une quantité d'acide oxalique égale à celle que renferme ce sel.

Le bioxalate de potassium constitue des cristaux acides, transparents, solubles dans 40 parties d'eau froide et dans 6 parties d'eau chaude, d après Berzelius, dans 14 parties d'eau bouillante, d'après Wenzel; il faut 34 parties d'alcool pour le dissoudre.

Les cristaux de bioxalate du sel d'oseille renferment 1 molécule d'eau et appartiennent au système orlhorhombique (La Provostaye); d'après Marignac» au contraire, ils seraient anhydres et appartiendraient au système clino-riiom* bique. Le l'ait est que le bioxalate de potassium forme plusieurs combinaisons

OXÂLDINES. 387

cristallines. D'après Rammelsberg, les cristaux obtenus en traitant I*acide oxalique par la proportion voulue de cai*bonate de potassium contiendraient (OO^BK)^ -H H*0 et seraient orthorhombiques. Dans d*autres circonstances, le même chimiste a même obtenu des cristaux efQorescents, appartenant au système ortborhombique et de composition (G'O^HK)' + H'O.

Pour les usages du bioxalate de potassium, voy. Oxalique (Acide).

3» Qmdroxalate ou iuroxalate de potassium. CK)^HK.G*H>0* + 2HK). Ce sel forme quelquefois la majeure partie du sel d'oseille du commerce. On le prépare artiâciellement en en prenant 4 parties d'acide oxalique, en en saturant une par le carbonate de potassium, ajoutant les 3 autres et faisant cristalliser. On Fobtient encore en mélangeant des solutions de poids égaux d'acide oxalique et de chlorure de potassium. Une partie de quadroxalate se dissout dans 20,17 parties d'eau à 20 degrés; il devient anhydride à 128 degrés. Il cristallise en beaux prismes anorthiques.

Oxalaîbs db sodium. Le sel neutre^ GH)^Na', se rencontre dans un grand nombre de végétaux, notamment dans les varechs. Il est anhydre et cristallise asseï dififidlement, se dissout dans 26,78 parties d'eau à 21^,8 et dans 16;2 parties d'eau bouillante, d'après Pohl. Ce corps a été très-employé dans les expériences sur les animaux {voy. Oxalique [Acide]).

On connaît encore le bioxalate GK)^HNa + H'O, qui forme des cristaux acides.

Quaot aux oxalates de radicaux alcooliques, les oxalates d'amyle, d*éthyle de méthyle^ etc., il en sera question à l'article général Éthers. L. Hahn.

•XAI<MNB9. Schifî a désigné sous ce nom plusieurs bases oxygénées, rifiiltant de la combinaison, avec élimination d'eau, de 1 molécule d'ammo- DÎiqae avec une ou plusieurs molécules d'aldéhyde.

Ihuis le cas de Taldéhyde ordinaire, on peut représenter la composition de ces bases par la formule générale G'^'H^^^AzO et leur formation par l'équation :

nC«HK) -4- AzH' = G*»H«"+*AzO + (n— 1)HK).

i* OxALDUiES DÉRivÂBs DB l'aldéhtdb. Lc premier terme de la série est Yaldékydate d'ammoniaque, ou aldéhyde-ammoniaque G*H^AzO, dont le mode de formation est déjà indiqué à l'article Aldéhyde, p. 725. Il prend naissance duque fois qu'on fait agir du gaz ammoniac sec sur l'aldéhyde ou sur sa solution dans i'éther. Ge corps se présente en rhomboèdres incolores et brillants, fusibles à 70-80 degrés, aisément solubles dans l'eau, plus difQcilement dans l'alcool et insolubles dans I'éther.

Le second terme de la série est inconnu. Le troisième terme, Yoxytrialdiné G*H"AzO, a été obtenu par Schiff.

L'oxytrialdine prend naissance dans la décomposition de l'hydracétamide, dans l'action de l'aldéhyde vers 50 ou 60 degrés sur l'aldéhydate d'ammoniaque, ou en chauflant vers 50 degrés la solution alcoolique de ce dernier corps.

L^oxytrialdine se présente sous la forme d*une poudre amorphe, jaune brunâtre, hygroscopique, assez soluble dans l'eau, très-soluble dans l'alcool, faiblement dans la benzine et le chloroforme, presque insoluble dans I'éther et le sulfure de carbone. Ghauffée au delà de 150 degrés, elle se dédouble en oxytétraldine, ammoniaque et eau.

Le perchlorure de phosphore l'altère à la longue en la charbonnant. L*acide iodhydrique la transforme en une masse iodée résineuse.

388 OXALÉTHÏLINE.

Les sels (i'oxytrialdine sont amorphes, solubW dans l'eau, peu soliibtei dms l'alcool, imolubles dun& l'éllier.

Oxytétraldine- C^II"AzO. Quatrième terme, d recouvert par Babo, et ihtpi encore sous le nom de crotonal-ammoniaque, parce qu'on peut le ennsidéref comme dérivé de la crotonaldéliyde, CIIH), produit de condensation de Niléhyde ordinaire. L'oiytétraldiue se produit quaud on cliaulTe h 9(1-1(10 dfpis une solution alcoolique d'aldéhyde-ammoniaque; quand on^Iève h lempvralure vers 110 ou 120 degriSs, ta réaction se fait plus rapidement, mais on oLtiml alors en même temps de l'oicypentaldine, qu'on peut séparer TacilemejH de l'oxylëlraldiiie au moyen de l'eau bouillante qui dissout cette dernière en U l'autre intacte.

L'on y titrai di ne forme une masse brune, amorphe, semblable à l'acrolâ ammoniaque. Elle est douée d'un goût amer, se dissout assez bien dinil'tl mais moins facilement que dans I'oxytrialdine; sans action sur le loam cette solution verdit le papier de mauve. L'eau chargée d'acide carbo dissout aisément cette base. Elle se comporte via-â-vis du percldonirefl pbosphoie et do l'acide iodbydrique comme I'oxytrialdine et, comme ( dernière, s'unit aux acides pour donner naissance à des sels amorphes; ceof sont solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool.

Sous l'inOuencedela potasse alcoolique ou d'une tempérnlurc de làOdt elle |)erd de l'ammouiaque el de l'eau et donne de l'oiypenlaldine. iïqi Itaeycr, ellefournit à chaud Je l'eau et une base, C'H"Az. Valdéhydin propriétés ne paraissent pas dilTérer de celles de la collidirie.

Oxypenlatdine. CH'^AzO. Cinquième terniedela série, ^aleraenld pour la première fois par Babo. Nous avons vu qu'on l'obtient dains la prépa de l'oij-tét raidi ne.

Elle forme une poudre brillante, brun foncé, à peu prés i^isoluble dani ri pure, maissoluble dans l'eau chargée d'acide carbonique et dans i'alcool;^ est Inodore et d'une saveur anière faible.

L'oxyp entai di ne se combine directement avec l'acide cblorliydrique el afl presque pas attaquée par le percbloruie de ]jhospliore. Elle donne des ^ amorphes, bruns, solubles dans l'eau, insolubles dans l'alcool, (terdant^ partie de leur acide en présence d'un excès d'eau.

2° OiïLDi.iEs DiM\ie.i DE L'iHNiiNTnoL. On connaît la triœnantfmmlSM ^ C"ll"AzO, qui s'obtient eu chaulfant de l'iiydrcenanlliamide avec de I'mu 1 l'ébullition et se présente .'ous la forme d'une huile jaune, se coloraoi en rouge à la longue, insoluble dans l'eau et dépourvue de propriétés basiqutf> " Il tétrœnanllioxaldine CII^'AzO, qui se forme aux dépens de rhydrannlb)' raido par l'action de l'eau à 150 degrés, el ressemble à la précédente- & 1^ distillant avec de la chaux, elles fournissent des carbures d'hydrogène et iIk bases présentant l'odeur de la quinoléiue. L'oxydation les convertit en icidrt gras. Ces propriétés ont été étudiées par Schiff. L. Un.

OXALËTlÉBiaCE (Acide).

mol).

Synonyme d'acide oxalovinigue [voy. « L. Ha.

«XAI^TDYUNE. C'H"'Az'. Uase non oxygénée, qui se prépare à \'t^ de l'iodhydrate de cbloroialélbyline. La ckloroxaléthyline C'[l*ÛAi* elle-mte ■

OXALÉTHYLINË. 389

s*obtienl dans TaclioD du perchlorure de phosphore sur la diéthyloxamîde. Sa formation a lieu d'après les équations suivantes :

(CO.AzH.(?H»«)«-f-2PhCl»=2PhOCl'+(CCl».AzH.(?H»)«. 0»H*»CI»Az' = 3 HCl -h C«H»ClAz«.

La chloroxaléthyline constitue un liquide oléagineux, limpide, combustible, bouillant i 217-218 degrés, à odeur narcotique et à réaction alcaline, soluble dans l'alcool et Féther, moins bien dans Teau chaude que dans Feau froide, dissout aisément le caoutchouc; sa densité à 15 degrés est égale à 1,442 degrés. Elle forme des sels solubles dans l'eau et dans Talcool. C'est une base tertiaire.

L'oxaléthyline a été obtennue par Stricker (Ber. der deut. chem. Gesellsch.y 1880, p. 511) en chauffant en vase clos pendant neuf heures et à une température de 170 à 180^ un mélange de 10 grammes d'iodhydrate de chloroxaléthyline, de 4,5 à 5 grammes d'acide iodhydrique de densité 1,825 et de 8 dédgrammesde phosphore. C'est un liquide limpide, huileux, qui se colore faiblement en jaune par son exposition au soleil et bout à 212,5-213^

Elle est douée d'une odeur narcotique, moins intense il est vrai que celle du chlorure, brûle avec une flamme bleuâtre, est plus nuisible avec l'eau que le chlorure et se dissout dans l'alcool et le chloroforme. Sa densité est égale à 0,9820. Par nwtralisation avec l'acide chlorhydrique on obtient un chlorhydrate CW^Az*.HCl, masse cristalline très-hygroscopique, sublimable.

L'oxaléthyline possède une action qui rappelle à certains égards celle de l'atropine; mais elle ne devient réellement toxique qu'à fortes doses. A doses faibles, elle produit tout d'abord un accroissement de l'excitabilité réflexe; en les élevant graduellement, cette excitabilité diminue, en même temps que les mouvements spontanés persistent. Lorsqu'on introduit l'oxaléthyline dans l'organisme à doses suffisantes, les nerfs moteurs se trouvent affectés et après peu de temps la section du nerf sciatique n'est plus suivie d'aucun effet; les symptômes de paralysie débutent du reste toujours par les membres postérieurs pour de là s'étendre graduellement en avant, comme le font certaines paraplégies ascendantes. Les nerfs de la sensibilité sont toujours atteints à un moindre degré, et le seul effet du poison parait être d'accroître leur irritabilité. Les fonctions cérébrales sont troublées de bonne heure. Les pupilles se dilatent, les mouvements respiratoires et l'action du coeur diminuent graduellement (paralysie du pneumogastrique) ; en même temps que la mydriase, se produit, comme dans l'atropisme, une sécheresse intense de la gorge, par suite de la paralysie des nerfs qui se rendent aux glandes salivaires.

L'atropine est impuissante à enrayer l'affaiblissement progressif de l'action cardiaque. Réciproquement l'oxaléthyline n'a aucune action sur la marche de l'atropisme, chacun des poisons agissant pour so?i compte; mais elle fait cesser l'arrêt du cœur dû à la muscarine.

C'est à tort, d'après Luchsinger, qu'on a rapproché l'oxaléthyline de l'atropine; cette base se rapproche bien plus de la nicotine tant chimiquement que par ses propriétés physiologiques : mêmes symptômes du côté des centres nerveux et du système nerveux périphérique.

L'oxaléthyline et la chloroxaléthyline jouissent d'un pouvoir hypnotique semblable, mais ce dernier composé agit plus rapidement et avec plus d'énergie et, d'après Schulz, son action est comparable à celle de l'hydrate de chloral et de la morphine. Par des expériences comparatives sur des chats, on constata

OXALIQUE (ci talëlhyline cause des

que, tandis qud'oTalëlhyline cause des convulsions et une eicîtatioD gécMl suivies de stupeur et de mjdriase Iransiloires, la chloroxalétliyline an cotiini exerce une uction snporilique proronilc, sans [ihafe d'excit;ition préalable, k iiiydriase. Il semblerait que la prrsence du chlore dans le composé nitèfl lu cnnibinai^on le caraclcre ricilant et rcnlbice nu du moins laisse subsista' caractère narcotique. On suppose encore ijue le chlore se trouve mis en libd et par son iniluence sur le système nerveux central empêche l'action sliril lante de l'oxaléthyline de se produire. Les propriétés de l'oiaMlhyline ont i surtout étudiées par Hugo SchuU, de Ponn [Ber. der ckem. QenellKk.. Bdi' p. 489, 1875, i-t Archivfùrexperimentelle Path. u. Pkarm., Bd. Xltl, [•.'ST 1884, utlld. XVI. p. 256, 1885). L. Ih.

oXALBi'DRiQrE (Acide). Nom donné dans l'origine à l'acide saccharif {roy. Saccrahiqhe [^Icirfe]). L. H». ■

fr OXALBTDBOXAMIQDE (Actue). f C'H'Az'O*. Synonyme : Bydroxjfb mide. Cet acidti prend naissance lorsqu'on traite un excès de solution il lique bouillante d'hydroxy lamine par de l'élher oxalique, puis qu'on lii» I refroidir après une minute d'ëbnllilion ; il se déposu des lamelles mincMd'uD coroposéC*I]''AxO', qu'on peut! oiisidérer comme de roxalhydroxnmaled'hidnq- | lamine, C'Il'Az'O'.Azll'O. On traiti^ par l'acide chlorhydi-ique iaible, pi]»^~^ purifie par cristal li^Blion dans l'eau bouillante.

L'acide oiaihydroxamique est en prismes microscopiques terminés p Taces pyramidales; il n'est pas altéré par l'eau bouillante, mais eet ti en oxslalt! par la potasse â l'éliullllion. A In longue, l'acide chlorliydriill décompose en bydroxy lamine et acide oxalique; l'acide nitrique le détri pailie. Porté à la tenipi^rature de 105 degrés, il détone et est proj^U en tous sens.

D'après Lossen, sa constitution chimique est analogue à celle de I'okm il devrait éli'e considéré comme de la dibydrovyloiamide :

Cet acide est liibasique et forme des sels cristnilisables; ses sels alcalîiu^ acides et soIuMcs dans l'eau, les antres sont basiques et insolubles. ' détonent violemment sous l'influence d'une élévation de température.

OXALIDÉES- Grou|)edep1antesDi('^tylédones, longtemps considérJnMiM ' une famille distincte, mais que l'on réunit maintenant à celle des Génaiu^

[voy. ce mot). En. I

OXftLiQllK (Acide), g I. Chimie. C'II'O' :

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