CHAPITRE PREMIER
OBJET BTmuTc DE Li PAiJoiiTOLOGiE. L*écorce teneslre (voy. rartide Gboukh de ce Dictionnaire) se compose de trois lones : 1* une mie primiUwe ou fomdêmemiale, constituant l'ossature ou charpente de cette éeoroe : 9* une me Afpogémiqme ou tcms-jacemie, qui se dérobe complètement à notre ohetiiâtiea et qii supporte la aone primitiTe ; 5* une sone épigtmùpœ ou tmr-jaeemie^ qui reconrre presque partout cette lone primitive.
Au commencement des temps géologiques, Técoree terrestre ébit CKiniement lormée d*une mince pellicule dont nous aieos soramaireoMot in&pK l'ongineet qui était destinée à devenir la soœ tbodamentale. A dater de oeBMMMit, réoorte terrestre s*est accrue et continuera à s*acanoitre I* de haut en bas pr Toie de solidification de matières successiTement empruntées à la masse iuide interne, ce qui a donné naissance à la sone hjpogénique ; â* de bas eu haut, par Taocumulation de matériaux successivement déposés au fond des mers et des lacs, ce qui a eu pour résultat Tédification de la zone^génique.
La zone épigénique se constitue sous Tinfluence presque coBslante de Tean; à cause de cela, on la désigne aussi sous le nom de zone aqmeuMe, On l'appelle encore zone fédimemtaire, parce que sa formation est le résultat d^un phéoomène général en vertu duquel les dâiris arrachés aux roches préexistantes soot entraioés au fond des lacs et des mers et vont s'y entasser pour dooner origioe à des sédiments ou roches sêdimenlaires {sediwiemiinmj desedrre^ asseoira Les radies sédîmentaires. par suite des circonstances qui ont présidé à leur dépôt, sout divisées en parties planes ou superposées les unes aux autres et appelées sirota, d*o«i le nom de zone stratifiée qu'a ^[alement reçu la zone épigénique Enfin, ce qu'il nous importe surtout de rappeler, c*est que cette nne est dite fossUtfèrtf parce que de nombreux fossiles ou àAris de plantes et d'animaux se troo- Tent mêlés aux éléments inorganiques dont une roche sédimentaire se compose.
On sait que dans les récifs de coraux on peut distinguer deux parties : l'une superficielle, se composant de polypiers encore vivants, Tautre intérieure, enveloppée en quelque sorte par la première et constituée par les squelettes pierreux des polypiers qui depuis longtemps ont cessé de vivre. Il en est de même pour les tourbières : les mousses et surtout les sphaignes, le principal agent da tourfaai:e« sont des v^étaux acrogènes, c'est-à-dire croissant toujours par le sommet : chaque ti^ se compose d'une partie supérieure, eneore en voie de végétation, et d'une partie inférieure plus ou moins transformée en tourbe.
Ce que iknis venons de constater à propos des rkik des polypiers et des toiu^ bièrvs est en quelque sorte Timage des relations qui existent entre la zoae tédimentaire et la surface du dobe. Le sol sous-marin, avec les animaux innomhftbles qui rUbilenl» mxpQRt^ les strates dont chacone aâé aon le fond d'une
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ancienne mer, et renferme les di^bris des généralions rjui ont Hisparn, débris iiaelquefois assez nombreux pour consliluer h eux seuls toute la roclie. Audessus, la vie : au-dessous, les dépouilles de ce qui a vécu.
C'est cette idée que Darwin a éloquemnneut exprimée ilane les lignes suivantes : t Comme les bourgeons, en se développant, donnent naissance à de nouveaux bour;.'eons, et comme ceux-t-i, lorsqu'ils sont vigoureux, végètent avec force et dépassent de tous côtés beaucoup de branches plus faibles, ainsi, par une suite de gi^nérations non inlerrompues, il en a été du grand arbre de la vie qui remplit les couches de li terre des débris de ses branches mortes et rompues, et qui en couvre la surface de ses ramiCcalious toujours nouvelles et toujours brillantes. •<
Pliae et les Anciens dé.si^'naient sous le nom de fossiles, fossilia, tous les corps qui existent dans hi terre. Le mot a fossile u a conservé cetic signification jusque vers les premières années du siècle dernier. Alors ou a commencé à établir une distinction entre les fotsUia nativa ou mineralia, c'est-A-dire les minéraux, et (es fomtiit heleromorpha, exlranea, petrefacla, larvata, c"esl-àdire les corps ayant appartenu à des plantes ou à des animaux, l'uisque les minéraux et les débris de corps or^'anisés étaient jadis confondus sous le nom de ■ fossile n, leur étude devait faire l'objet d'une seule et même science qui était i'oryctologie (ifMni:, lossile). De nette science sont nées, comme deux bi-anches d'un même tronc, la minéralogie et la paléontologie.
La paléontologie (irai.iiht, àiT«(. ><i-/o{). d'après l'étymologie de ce mot, est l'élude des êtres organisés qui ont habité la surface du globe pendant les temps géologiques. A mesure que la découverte des débiis qu'elle a l.iiisés dans les strates marines ou lacustres viennent témoigncrdel'ancienneexisteuce d'une espèce disparue, la paléontologie lui donne un nom et lui assigne une place dans les classifications établies pour l'étude des espèces vivantes. Au besoin, elle ajoute i ces classifications des cadres nouveaux ; des genres, des groupes dont on ne soupçonnait pas l'existence viennent ainsi se ranger à côté de ceu^ que l'on conna'issait déji. La paléontologie retrouve les anneaux pei-dus de la cliaine que les êtres organisés constituent en se rangeant ï la suite les ans- des auti'es dans un ordre plus ou moins rationnel. Les lacunes de la zoologie actuelle se trouvent comblées et des types que semblaient séparer des hiatus plus ou moins nettement prononcés se montrent rattachés entre eux par des formes intermédiaires.
L'objet de la paie ont oloifie ne se borne pas à ce travail de détermination et lie classement des espèces éteintes. Elle poursuit un but plus élevé en cherchant h reconstituer les faunes et les flores successives des anciens temps géologiques, et en nous montrant les modifications plus ou moins profondes «pie ces faunes elcesllore!. ont subies d'une époque à l'auti-e. Elle s'clforce de découvrir suivant ifueUes lois se sont ojiërés les changements apportés au tableau que le monde animé présentait jadis. Enfin, elle a toujours devant elle le redoutable problème qui cinsisie dans l'étude des causes qui ont présidé aux rénovations organiques ■et& l'apparition des espèces nouvelles.
Pour achever de donner une idée de l'imporLincectilu caract^i'e de la paléoutologic, nous rappellerons I: secours qu'elle prête à la géologie qui, sons elle, n'existerait pas ou ne serait qu'une science de second ordre se confondunt avec la géographie.
Ce n'est qu'en se basant sur l'étude des Inssiles que le géologue peut étudier, .déterminer et classer les terrains dont se compose l'écorce lerresUa. L^^ %<&v.\«%
procédés qu'il meten œuvra, bien que d'une grande uUUté. a'onl en «ui-mànes qu'une valeur secondaire, et en quelque sorte conditionnelle. En dernière ■nalys», les résultats auxquels ils conduisent dnivenl âlre sanctionnés et ooDtràlês pu les indications que TournisseDl les caractères palt^ntoiogiques de chaque letnia. Nous renTojoDS le lecteur t ce que nous avons déjik dit à ce sujet (voy. article GÉoLuniE, p. 460 et suivantes).
Ainsi qu'on l'a nippelé maintes fois, grice i l'emploi des fossiles, il »i permis de connaître l'histoire géologique de cliaquc pays et da gloU loui entier. On peut la lire dans ce ^and livre de la nature dont les strvtes si'dimentuires sont les feuillets et dont les fossiles sont les caractères alphabëti^ncs. C'est Blainville qui s'est servi le premier du mol » pal^otologie » pour Aéal^ner la connaissance des anciens êtres organisés ; cette expression n*a donc pii^ pince que depuis peu dans la nomenclature des soiences. l'ourtant il est jiulr de dire que la paléontologie date du moment ou la conviction que les fouilci sont les dépouilles et les empreintes d'âtres organisés n pénétré dans lesespnu. l/adoplion de cette idée a été due aux elTorts de Bernard P;ttissy et de quelipe» savants des seizième et dix-septième siècles-
Dnns la première partie du dii-seplièmc siècle, Fubro Colonna rssaTiil if prouver que les corps désignés sous le nom de gloisôpèlret n'^ttiitut pu df simples pierres ou des langues de serpent pétriliées, c«mme on l'admettait de son temps, mais des dents de requin. Cimpiante ans plus lard, cette déoioiis- Iralion était reprise avec plus de succès par Sténon. qui fai.^it la dissectim d'unt tète de requin et établissait la relation évidente existaut entre les dents de a poisson et les glossopètres.
Nous avons indiqué tout à l'heure le puissant secours que le géologue trauR dans l'étude tles fossiles. La gloire d'avoir doté la géologie de «on mojm d'iovestîgalion le plus puissant revient en majeure partie à W. Smîtli. En 1795, chargé comme directeur Ue la construction d'un canal, il avait été aoieiK i reconnaïli-e que chaque strate a été successivement le lond de la mer. et qu'elle renferme dans son sein les mouuments pétrifiés des races d'êtres orgaaiWt qui vivaient alors. Il en concluait que cliaque sirale contient les restes fossiles d'étrei spéciaux à chacune d'elles, et que par leur moyen on peut reoonnal'n et idcotilicr une couche et la distinguer d'autres couches entièrement sembUUes,iiuii placées dans d'autres parties de la série stratigraphique.
[lans la découverte de W. Smith, comme dans toutes celles de l'esprit boinanii il ue faut pas oublier la pai t qui revient h d'autres savants.
Dés 170:!, un géologue allemand nommd Fuchsel disait, à propos Ae» lemiui compris entre le Hartz et le Thuriiigerwald, que certaines (touches éuitat enaolérjsées non-seulement par leur nature minéralogique, mais aussi par la dâ>rb organiques qu'elles contenaient. Mais l'existence des deux ouvrages oii cello opinion se trouve formulée semble avoir été iguorée jusqu'en 1 930.
En 1780, l'abbé Giraud-Soulavie publiait uneHintoire naturrUe delùtrantt méridionale où les terrains du Vivarais se trouvaient divisés en cinq Ig» d'après les débris de corps organisés qu'ils renferment.
En outre, si l'on réfléchit que Tidée formulée par W, Siuith oefutpaspabliJe dans un travail régulier avant 1815, et qner^iwai nirla Géographie minêraiagiqite de» environ» rie Paris date de IHOS, il est permis d'accorder i AIci. Brongniart une partie de l'honneur que l'on attribue & W. Sniilh. Après iW mis en œuvre ditus ce^F.asaiV ^tviuÂ'^ (le la détermination des terrains fur
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les fossihs, Alex. Boogoiart publiait, en 1831, un Mémoire tur la caractère$ zoologiqun de» terramt. Le soin qu*il apportait à démontrer ce qu*il appelait la prépondéranœ des caractères soologiques prouve assez que le principe formulé par W. Smith se trouvait encore loin d*étre généralement connu et appliqué.
c Dans les travaux exécutés en commun, disait d'Archiac, il est souvent difficile d'apprécier la part qui revient à chaque auteur. Mais Cuvier, en rendant une éclatante justice à son savant collaborateur, a reconnu que la plus grande part de leur ouvrage revenait à Alex. BrongniarL Tout nous prouve que ce dernier est Tauteur du principe dont il fit, quelques années après, de si remarquables applications, i
Mais Cuvier a largement contribué aux progrès de la paléontologie, en mettant hors de contestation Tidée des races perdues et en créant une nouvelle science, Tanatomie comparée.
Les auteurs qui, lors du siècle dernier, se sont occupés de fossiles, W. Smith lai-méme, ne se doutaient pas que les débris de corps organisés étudiés par eux provenaient d'espèces n'existant plus. Us croyaient sans doute que ces espèces vivaient encore dans des régions inexplorées ou dans les profondeurs inaccessibles de l'océan. C'était l'étude des dépouilles des animaux ayant vécu sur les continents qui devait conduire à l'idée des races perdues ; la Uste des animaux qui vivent actuellement sur la terre émergée est, en effet, bien plus lacile à dresser que celle des animaux qui ont pour séjour le fond de l'océan.
Boffon avait d'abord vaguement émis la pensée que les ossements fossiles du Canada et de la Sibérie avaient appartenu à des animaux dont les espèces n'existent plus, mais plus tard il r^uisait le nombre des espèces perdues à une seole, le mastodonte.
Camper, dans un mémoire adressé en i787à Pallas, formulait plus nettement l'opinion que certaines espèces ont été détruites par les révolutions du globe, et il citait à l'appui de cette opinion certains faits incontestables.
Toutefois, si l'on tient compte de Fimportance et de la nature des travaux de Cuvier, c'est à Fauteur des Recherches sur les ossements fossiles qu'il faut attribuer la gloire d'avoir le premier formellement exprimé l'idée des races perdues, de l'avoir démontrée et introduite dans la science. Le travail où cette idée a été mise en évidence est son Mémoire sur les espèces d'éléphants fossiles^ comparées aux espèces vivantes. Dans ce mémoire, lu le i^ pluviôse an IV à l'Académie des sciences, Cuvier déclare que ce qu'il vient d'établir pour l'éléphant il l'établira bientôt d'une manière non moins incontestable pour les rhinocéros et les cerfs fossiles. Il termine en disant : s Qu'on se demande pourquoi l'on trouve tant de dépouilles d'animaux inconnus, tandis qu'on n'en trouve aucune dont on puisse dire qu'elle appartient aux espèces que nous connaissons, et Fou verra combien il est probable qu'elles ont toutes appartenu à des êtres d'un monde antérieur au nôtre, à des êtres détruits pac quelques révolutions du globe, à des êtres dont ceux qui existent aujourd'hui ont rempli la place >».
Quant à Fanatomie comparée, on s'accorde avec raison à considérer Cuvier comme en étant le créateur. Il est juste pourtant de rappeler que Yicq-d'Azyr scffii i»^paré la voie à Cuvier et qu'une part lui revient dans l'honneur de la découverte des lois fondamentales de celte science.
En vertu du principe qui forme la base de Fanatomie comparée, il est souvent permis, au moyen d'un simple fragment, de réédifier le squelette et l'animal tout entiers. En effet, certains organes s'excluent mutuellement^ d*au!L^K&
1§g PiLÉOxXTOLOGIB.
ft'appeUeot pour eoesti
COBSéqUOlt, la ptMMMÎOD
des antres. Ceti ce principe que Slénoo afailappliqué, d'une manière
sorte inoonsôente, en déoMmtrant que les glossopèircs éCaient des dents apal
appartenn à on poisson qui ne pouTait èire qu'un requin.
Pourtant k principe de la corrélation des organes est loin d*aToîr une taiov absolue, et les paléontologistes l'appliquent avec d'autant plus de résenre que les débris qu'ils élodient appartiennent à des animaui d'nn ordre pins ioUnear.
En netlant en œofre le principe de la connexité des organes, le paléoniob* giste ne doit pas oublier que la nature, dans ses créatioos qa'elle se pbit à Tarier pour ainsi dire à l'infini, ne s'est pas astreinte aux cadres étroits de a» classifications sfâentifiques. Curier, qui n'avait eu à sa dispositioo que des dâm incomplets et disjoints du Palœotkeriwn magnum^ en avait oonelu que c'était un animal lourd et massir, ayant les proportions et presque la coufiDrmatioa du tapir. La découierte d'un squelette entier, dans une plàtrière de Vitrj, a fist Toir que le Palœotkerùtm âijdt un animal très-gracile, d'an port fiirt élégant, dont l'encolnre était encore plus allongée que celle du cheval, et qui sembbtt asseï exactement modelée extérieurement sur le type du lama.
Gtons un antre exemple des conclusions erroîiées auxquelles on peut être conduit lorsqu'on n'a à sa disposition qu'un petit ncmibre de fragmeaU. Le MetaptiheeuB de Pikermi se fdace par ses caractères mixtes entre deux genres rivant de nos jours. 11 avait une tête de semnopithèque, singe très-minoe et très-élancé de l'Asie méridionale, tandis que ses membres le rapprochaient du macaque.
Depuis Cuvier, la paléontologie a fait et continue à faire des progrès considérables. A chaque instant, de nouvelles espèces fossiles vont s'ajouter nombreuses a celles déjà connues, et les cadres trop étroits des classifications doivent s'élargir pour donner place à de nouveaux genres et à de nouvelles classes. Des contrées inexplorées reçoivent Tune après Tautre la visite des pionniers de la sdeooe et leur livrent leurs richesses palëontologiques. L'exploration du fond des mers ouvre aussi à la paléontologie des Ijorizons ignorés et nous montre les relations qui existent entre la distribution des êtres organisés dans le temps et leurr^rtition dans l^espace ; certaines formes anciennes, que Ton croyait définitivement éteintes, apparaissent tout à coup dans les profondeurs de l'océan.
En même temps, tout en mettant en œuvre les matériaux qui ne cessent de s'accumuler, la paléontologie devient de plus en plus philosophique. Elle ne craint pas d'aborder les difGciles problèmes que l'étude de l'organisme, de ses origines et de ses transformations, porte avec elle, et souvent ses efforts sont couronnés de succès.
CHAPITRE II. Les f^siles et la fosssilisatioii. On appelle foêsik nonseulement tout corps organisé ou tout vestige de corps organisé enfoui dans le sol, mais aussi toute trace ou tout témoignage, quelque eflacés qu'ils soient, qu'un corps organisé a laissés de son ancienne existence. Ainsi les empreintes de pas d'un quadrupède sont des fossiles au même titre qu'une partie quel* conque de son squelette. Pourtant, tout débris de corps organisé, pour être conléré comme fossile, doit être enfoui dans le sol depuis un temps dont la durée diversement appréciée par les géologues, désaccord qui olTre peu d'inconv^ ts. Les uns refusent la désignation de fossiles aux corps organisés dont
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'enfouissement n'esl |ias aiiti^riitur à la période quaternaire; pour d'aulres, et c'est leur muiiière (le voir que nous adoptons, il suflit que renroulsscmeiit ail |)récédè les temps historiques. La Uëlinitioii du mot n fossile n est d'ailleurs indépendante soit du gisement du corps auquel il s'iipplique, soil de son i-tat de transformation plus ou moins complète.
Piir entpreinte» physhlof/iques il faul entendi-e les Irnces que les animaux ont laissées in se mouvant h la surface des roches, au moment où celles-ci étaient en voie de Tormalion et, par conséquent, plus ou moins molles. On donne le nom d'Ornilhichniles aux traces de pas d'oiseaui. Elles sont bieu moins ir^queates que celles qui peuvent être rnpporlccs k des reptiles. Parmi celles-ci, les plus remarquables et les mieux connues ont ëté rencontrées dans les terrains permien et triasique; elles ont donné lieu i l'établissement du genre Cheiroiherium ; on sait maintenant que ces empreintes sont dues à des reptiles du type des tabvrinlbodonles, intei-mifdiaire entre les batraciens et les sauriens. On cite, on Angleterre, des traces de poissons fouillant la boue et d'autres traces laissées par des poissons marcheurs voisins des siluroides. On menlionne également des empreintes physiologiques produites par des invertébrés, mais ces empreintes sont très-rares et souveni d'une aulhenticîté contestable.
Les ossements l'enconlnSs dans le sol et les cavernes portent quelquefois des stries et des sillons que les hyènes et les animaui carnassiers ont produits en les rongeant. D'aulres présentent des empreintes déterminées par le choc d'une llèclie ou d'un instrument manié par la main de l'homme ; il en est même qui offrent des dessins dénotant également l'action humaine. Toutes ces empreintes doivent être considérées comme des fossiles lorsqu'elles datent d'une époque antérieure aux temps historiques.
La désignation A^empreiniet organique* doit être alfectée à celles que les animaux ont laissées sur les roclics cl les corps sous-marins pendant qu'ils étaient en repos, ce qui établit une distinction entre elles et les empr^-intes physiologiques. Les empreintes organiques ont été produites pendant la vie de l'animal ou bien au moment même oii il a cessé de vivre; c'est en cela cfu'clles dilfèrenl des moules intérieurs ou extérieurs qui ne sont formés que pendant l'acte de la fossilisation, et, par conséquent, longtemps après la mort de l'animal. D'ailleurs, il faut le reconnaître, la distinction n'est pas toujours facile â établir entre les moules, tes empreintes physiologiques et les empi-einles orgauiqiies.
C'est sous la forme d'empreintes organiques que des animaux, dont le corps ëtait dépourvu de parties dures, osseuses, lestacécs ou cornées, ont pu laisser quelques vagues témoignaj^s de leur ancienne existence. On rencontre fréquemment dans les strates sédimeulaires des coquilles, des coraux, des morceaux de bois, portant des perfontions creusées par des animaux marins. Ces perlorations, qui se présentent également sur les roches, sont en relution, par leur forme et leur étendue, avec les animaux qui, en les produisant, ont laissé en elles des preuves de leur existence passée.
Nous ovons déji mentionné {voy. Géologie, p. 442) les divers accidenU que présentent quelquefois les roches, et qui ont été considérés à tort comme ayant une origine organique. Nous avons également parié de ces témoignages d'anciens événements que l'on peut réunir sous le nom d'em/ireintes phi/iiquei.
On appelle fossiUtalion l'acte par lequel tout ou partie d'un être organise est, ssrèfi sa mort, enfoui daus les dépôts eu voie de formation, puis modifié sous le
rapport de sa' composition, el quelqiieroîs de sa Torino, de mamire t ensuite se conserver pendant un temps indéfini.
DÈS qu'un anima), ayant vécu dans IWan, eesse d'eiisler, ses parties molles et charnues se décomposent, et ses éléments, rumenés à l'élaL gueux, dispani»sent <lans Tenu. Il eu est de même pour les atiimnui terrestres (gu« les caurmls fluviatiles ou des circousUnces accidentelles eutiatneat dans les lacs ou Ic^ mers. Leui-s parties dures persisleot, restent seules soumises à U fossiliatian «1 subissent plus ou moins les Uaiisfonaalionï suivantes.
Les pHrlics dures qui doivent passer à l'état fossile obéisseut d'abord 1 h |)esanteur et vont x lixer au fond de l'eau. Là elles sont Lîeulôl entourées pu- Ii vase, le ^ble, le calcaîi'e, qui, en se déposant sur le sol Immergé, doîveut founur aux strates en voie de se constitue!' leurs matériaux, lin d'autres lennes. k pliénontèue de la fossilisation et celui de la sédimentation se ruaiiijlesteiil sur te même point et pendant le niênie moment.
Lorsque ces actions toutes mécaniques se sont accomplies, les pl>éoomcnes cliimîques commencent à se produire; la matière inorgaiiîrjue, pas plus <]ucli matière oi^auique. n'est jamais à l'éiat de repos. A peine mic rmlîe séidinteat^ira esl-ello constituée, que des déplacements moléculaires se produisent dans toute sa masse. Ces déplacements modilient la texture et la compositiou niiuénlogi<|ije des fossiles ; ils perEialent tant qu'un certain équilibre ue s'esl pas étaltli. U premier résultat de ces transformations est la disparilioD de la malièie organique. La matièi-e inorgauii|ue elle-même ne reste pas en place : elle est en quelque wrte absorbée pr la masse qui l'entoure et qui fournit au fossile, comme par suite d'un échange, lu substance dont il se composera lorufue a trensfornuilion sera complète.
Bien peu de fossiles po>sèdnnl encore une partie de la substance or^rûjuc ou inorganique dont ils éLiîcnt l'armés avant leur enfouisse meut. I^lrml lescai d'une conservation plus ou moins parfaite de la matièie prioiitire on cile les calmars du lias de Lime-ltegis, en Angleterre, dont les poches à encre reoltfment encore une matière noire susceptible d'être employée pour le lavis, li:^ coprolites exploités pour l'jmendement des terres à cause du phosphate liu chaux qu'ils ont conservé, les défenses d'éléphants fossiles qui ptissi'deut souveut la même composition que celles de l'élépliaut vivant, cl dout on se sut également pour la fabrication des objets en ivoire.
Quelquefois, par suite de circotistaiiceg particulières, la substance du . disparaît sans être rcmplacce; il en résulte un vide limité p.tr un moule rieur. Ce vide, ainsi que les cavités, telles que les loges des unimoiiites, ot^htant à renfouissemciit du fossile, deviennent le siège de phénoiuèncs BcmUaltles h ceux qui ont pour résultat la foriiiatioii de géodes. Il se produit une sorte de sécrétion et les molécules venues du dehors se disposent en crisuui.
Les molécules qui, aprèd une sorte d'infiltration, viennent occuper lipUct de celles dont le fossile se composail en premier lieu, se disposent parfois de manière à conserver la Iramc des tissus préexistants ; ce fait se pruduit asseï fréi]uemment parmi les ïégétuuï, mais s'observe Irês-raremeut dans les fossiles appm-lenant au rè^ne animal.
Certaines coquilles se muutreut à l'état vivant, formées de luirtics diitincUs par leur texture; cette dilférence dans les tissus persiste ordinaircnienl loraf» ces coquilles passent à l'état fossile.
La texluït des toîsilcs est (larfoia en relation avec l'organisalion de i'ânimiJ
sesut j
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dont ils provienneot. Cesi ainsi que les bëlemnites» lorsqu'on les casse, montrent toujours une texture fibreuse et rayonnée. Mais Texemple le plus reniar* quable du fait que nous avons en Tue est fourni par les échinodermes. Dans presque tous les débris fossiles appartenant à des animaux de cette classe, la partie calcaire offre une texture apathique; leur cassure accuse toujours les plans de clivage de la chaux carbonatée rhomboédrique. A l'ëtat WTant, les parties dures des échinodermes possèdent une texture poreuse, assex semblable à celle de la moelle de sureau très-comprimée.
La matière colorante des coquilles est ordinairement détruite par les aciJes les plus faibles : aussi un des premiers effets de la fossilisation est-il de leur enlefer leur couleur. Pourtant, dans des cas très-rares, il est vrai, certaines coquilles, même dans les terrains les plus anciens, ont oonsenré tout ou partie de leur éclat nacré et de leur coloration primitive.
Enfin, un des résultats assez fréquents de renfouissement des débris de corps organisés est leur aplatissement et leur déformation plus ou moins complète par suite de la pression qui 8*exerce sur eux.
Les fossiles sont ordinairement de la même nature que la roche qui les renferme. Toutefois, dans un assez grand nombre de cas, ils didèrent soit par leur aqiect, soit par leur composition. G*cst ainsi que des fossiles siliceux existent dans des roches calcaires et des fossiles calcaires dans des roches siliceuses.
La dilESrenoe que Ton constate entre la composition du fossile et celle de la roche qui lui sert de gangue peut provenir de deux causes ; quelquefois le fossile a conservé une partie de sa substance primitive, mais presque toujours cette différence résulte de ce qu*il a servi de centre d'attraction à la matière accidentellement disséminée dans la roche. Cette concentration explique pourquoi des fossiles calcaires, siliceux, pyriteux, etc., ont respectivement pour gangues des roches gréseuses, calcaires, marneuses, etc.
Le carbonate de chaux est la substance qui entre le plus fréquemment dans la composition des fossiles. On s'expli(|ue qu*il en soit ainsi lorsqu'on se rappelle le rôle important joué par les roches calcaires dans la composition des terrains de sédiment, et la présence presque constante du carbonate de chaux dans les parties solides du corps des animaux.
La silice, quoique intervenant bien plus rarement que le carbonate de chaux dans la fossilisation des animaux, peut être considérée comme la substance fossilisante par excellence. Fréquemment elle reproduit tous les détails d'organisation de la structure intime des corps par le remplacement, molécule à molécule, de la substance de ceux-ci. Ce phénomène, très-fréquent dans la fossilisation des plantes, s'est également produit chez les animaux les plus inférieurs, les spongiaires et les rhizopodes.
Le moulage est le procédé le plus simple et le plus général emplo}é par la nature dans la fossilisation des végétaux. H reproduit tous les caractères d*une feuille ou d'une tige avec d'autant plus de netteté que la substance destinée à recevoir l'empreinte de cette tige ou de cette feuille est formée de parties plus fines ; l'argile et le carbonate de chaux, par exemple, se prêtent mieux à cette opération que le sable ou le grès à gros grains.
Si les débris de plantes sont très-minces, s'ils sont aplatis, le moulage ne donne alors qu'une sorte d'empreinte ou de dessin dont la vue rappelle à l'esprit les écliantillons placés dans les herbiers. Quelquefois la matière végétale persiste et fournit une empreinte qui se dessine en noir sur le fond de la roche ;
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c esl ce que l'on observe très-bien sur les schistes houillers «Tec empreinles 4e fougères. D*aulres fois» celte matière cède la place à une subsUoee, Irequeiiiment ferrugineuse, disséminée dans la masse. D^autres ciieonstanoes, enfin, uous montrent la matière végétale complètement éliminée sans être rempUoée; le dessin du fossile n'est alors accusé que par une différenoe entre sa teilare et celle de la rodie qui le contient.
Lorsque le végétal, en se fossilisant, a conservé la forme et le Toliune q«*îl avait eu premier lieu, on doit distinguer, outre Topération du oMNilage, la phénomènes qui se manifestent dans sa masse.
Lk matière primitive disparaît ordinairement, mais d'autres ibis die persiste. Lorsqu'elle disparaît, elle peut laisser un vide après son départ, ou céder h piaœ à une substance étrangère qui s'introduit dans le végétal k la suite de ditoiistances ^-ariables.
Lorsque la matière qui vient combler le vide laissé par une tige, par exemple, est de û même nature que la roche dans laquelle cette tige est engagée, il v a fossilisation par prmeiratkm mécamiqite.
Il y a fossilisation par carhamisatiom^ lorsque h matière primitive persiste et devitiit cliarUnneuse.
Enlin, dans d autres circonstances, la matière v^étale disparaît i*nt»M>wrf pour èlie ivfliplaoée, molécule à mélécule, par une des substances cmleBBes dans h niasse o& une tige ou toute autre prtie du vi^étal esl en vnie de« fossitiâ<r: il y a fossilisation fur péirifiaitÙM. La fossilisation esl dite par fMii^iit^;^^ lorsf^u^^ les ùsstts primitif ont persisté. Si rechange entre les nmlécnfes priautin^s uun fn^ffKUt de bois et la substance lapidifique dritinrr à les remplacer s'etfoctue aiant la décomposition de la matière p^âale, les tissns peuvent être cMisef^«!s et, une fois pétriâés, se prêter à Télnde micragrapiiiqne comme Isrsq«rils ou^n^t xicants; lians le cas ooutrdre, une substance amorphe vient occo[»er U ; Uix"' lie i-^.^ tis54JS,
Lc> sultstâDCt*^ fossilis.antes diei les végétaux sont ordinairement le fa sultu.'v iMi hydraté, le carborAte de chaux et surtout la silice. Les v^^taux s«^mt4oiit axoir, p^^ant la fossilisation, une affinité particuUèse pour celte oi r...( re suhstJdKv, si iVu en juje par les troncs d'arhies jâlM*ili^ qœ fm rt'iKWutre «itas t<«us les terrains et dans tous les pays.
CHAlMTRE m. AynRorouTEs: rAtxiES ses rLànss cr ncs Asmâcx oix i<» livu^milC 0iJ4Mii;raî3T a l'état pctssux. Un désigne sons le Mm d*aa* 2À'\w\if;;^ le> lêuidifna^ dinKls ou indireds de Texistenoe de l'bomae préhi>:«>:)joe. Ce» lènKHnui^es dont :
t' Les dêbns de s^ueit-ile ham^'iin. Le f4as ancâen Sipelette connu est celiii de lVQ2i< près du fSjy en Veiay : il date d une èpc^ne immrdirt^niinl anlérieoR â U perk^le iiUciair^. Les iK&aements Lamains eut leur principal eîsement dass le> cjixytfnes à ASïSinnents et soir ks pcùts ipù ont sern de lieux de sépulture.
:^' Le> i.4>;nittents esapl.>Yês par l^bamm^ pour la ffcrrr, la guerre ou les
l^:^ «Vhns oc Imi j<!r^ bnmiki»* îe> pôi^s r^^aadns dans les cîsements d*ao- :h:vxcK:ies sr^l irs isstrâSKnts ea pkfTY. k» >«iil> dent IlMannie se s«t serri juno^ i l^vK-^^.-^^ r^iaù^'enKai: mtOerx>e m u a oâunn Tnsage da hrenae ei da i<r. Les i^iesnrts xr»vj^Mie> par TlMimBK ••hmiU: Àaiesl je p4ns sauvent des siki d
%»«l des sues de la ctsk ènmcÉie; k jaÀe, riilïiiiiinmi cl d'autres rock»
silicatées, étaient également employés. L*ouvrier, pour rendre sa tâche plus facile, avait le soin de travailler la pierre dès qu'elle était retirée du sol et qu'elle renfermait encore son eau de carrière. Il savait imprimer au bloc qu*il avait entre les mains une forme en relation avec Tusage auquel Tinstrument qu'il iSJiriquait était de:>tiné. Les instruments en pierre conservés dans les collections ont reçu les noms de haches» hachettes, flèches, couteaux, lancettes, etc., suivant la forme qu'ils présentent et l'usage auquel on les suppose avoir .été employés.
Pendant longtemps l'homme s'est servi de pierres simplement éclatées, et qu'il taillait soit en les soumettant à l'action du feu, soit en agissant sur elles, suivant les cas, par percussion, martellement ou simple pression. Ce n'est qu'à une époque relativement récente, et au moment où il allait connaître l'usage des métaux, qu'il est parvenu à donner aux pierres une forme plus régulière, plus géométrique, et à les polir.
Quant aux instruments en os et en bob de ruminants, l'homme en a fait usage, ainsi que nous le rappellerons par la suite, longtemps après s'être exclusivement servi de la pierre éclatée et bien avant qu'il employât la pierre polie et les métaux.
5* On doit enfin considérer comme des anthropolites les divers témoignages que l'iiomme a laissés de son activité et les produits plus ou moins rudimentaires de son industrie.
Mentionnons d'abord les traces d'anciens foyers, les dessms grossièrement tracés sur des ardoises, des os, des défenses d'éléphant, les os travaillés pour être affectés â divers usages, etc.
Les os recueillis dans les cavernes et les gisements d'antliropolites montrent à leur surface des stries et des rayures qui ont été produites par les instruments en silex dont l'homme se servait pour en détacher la chair des animaux. 11 est toujours possible, avec un peu d'attention, de ne pas confondre ces stries et ces rayures avec celles qui ont été produites dans d'autres circonstances, et notamment avec celles que les carnivores laissent sur les os en les rongeant.
On rencontre aussi de nombreux ossements qui ont été brisés et dont la cassure ne peut être attribuée qu'à la main de l'homme qui voulait en extraire la moelle. La manière dont ces os ont été cassés ou fendus a varié avec les progrès de l'industrie humaine et les instruments plus ou moins parfaits successivement employés à chaque époque. Les premiers hommes se bornaient à briser les os en frappant dessus avec une pierre, tandis que ceux des habitations lacustres de la Suisse les fendaient adroitement de façon à mettre à nu, d'un seul coup, toute la provision de moelle renfermée dans un os.
Les vertébrés sont généralement représentés à l'état fossile par les os et surtout par les dents.
Les os sont composés de tissu cartilagineux, qui disparait très-vite pendant la fossilisation, et de substances terreuses qui sont le phosphate de chaux et le carbonate de chaux, dans la proportion de 50 à 60 pour iOO pour le premier et de 4 à 12 pour 100 pour le second. Le phosphate de chaux possède une dureté considérable et une stabilité très-grande, ce qui expli({uo pourquoi les os passent facilement à l'état fossile. Mais, comme la quantité de phosphate de chaux varie pour les divers os d'un même squelette et pour les divers {groupes de vertébrés, il en résulte que leurs chances de conservation varient de môme. Les os de poissons contiennent moins de phospliate de chaux que ceux des autres x^v\j^^t^^\