PAL£0MT0L0GI
ceux de poissons cartilagineux n*en contiennent même presque pas. Aussi les poissons sont-ils assez rarement représentés à Tétat fossile par quelque partie de leur squelette, bien que le milieu o& ils vivent soit particulièrement favorable à Tintroduclion de leurs débris dans les dépôts en voie de formatioo.
Les vertèbres constituent la partie essentielle, constante, du squelette. Dans les poissons, elles sont toujours biconcaves, c*est-à-dire qu'elles présentent en avant et en arrière une cavité conique. Ce caractère se retrouve, d*une manièie plus ou moins complète, chez quelques reptiles et notamment chez ceux qai, par plusieurs particularités de leur organisation, accusaient une tendance im le type poisson; ils se montre très-nettement chez Tichthyosaure.
Les dents se rencontrent à Tétat fossile encore plus fréquemment que les os proprement dits ; en outre, de toutes les parties dont se compose le squelette d*un vertébré, les dents sont celles qui facilitent le plus la détermination des genres et des espèces.
On sait que quelques mammifères, tous les oiseaux (excepté un oiseau fossile rencontré dans Targile de Londres, et les Odontornithes, dont nous parlerons tout à rheure), les cliéloniens (excepté le^ Dicynodon du trias de TAfrique australe) et quelques batraciens, sont dépourvus de dents. Chez les poissons et les reptiles, les dents sont quelquefois en pavé, plus souvent aiguës, trancbaotes et coniques; elles se ressemblent plus ou moins par leur forme dans un même animal; elles adhèrent à la peau, se soudent à la mâchoire ou s'enfoncent dans des alvéoles distinctes.
Les manunifères sont seuls hétérodontes, c'est-à-dire munis de trois sortes de dents : incisives, canines, molaires ; celles-ci ont ordinairement plus d*uiie racine, toutes sont logées dans des alvéoles. Chez les proboscidieus, les incisifes supérieures se prolongent sous forme de défenses qui, chez le mammouth, atteignaient 2 mètres de longueur. Une dent de mammifère se compose d'une partie saillante et dénudée appelée couronne et d*une portion hasilaire, la racine, engagée dans ralvéole. L'ivoire forme presque toute la masse de la dent et en occupe l'intérieur; l'émail enveloppe l'ivoire et constitue, à la surface de la couronne, une sorte de vernis ou couverture pierreuse ; enfin vers rextrémité de la racine, et, dans certaines espèces, autour de la couronne, une troisième matière, le cément ou substance corticale, recouvre Témail.
Les dents se rapprochent beaucoup des os proprement dits par lem* composition ; la proportion de carbonate de chaux y est moindre, tandis que celle de phosphate de chaux peut s'élever jusqu'à 60 et même 90 pour 100. C'est à la présence de cette substance que l'émail doit sa grande dureté.
Les dents de poissons sont celles qui ont résisté le plus énergiquement aux causes de destruction physiques et chimiques ; souvent elles ont consené une fraîcheur telle qu'elles semblent s'être détachées à l'instaa de l'animal. Cette inaltérabilité presque absolue des dents de certains poissons est due à une proportion énorme de phosphate de chaux, égale au moins à celle de l'émail des mammifères. Ce n'est que par leurs dents, q»ii se montrent parfois à profusion dans certaines couches, que les squales sont représentés à l'état fossile, leur squeltrtte, exclusivement cartilagineux, n'ayant pu se conserver.
Avec les os, il faut mentionner : l*» les bois des cerfs et des animaux de la même famille ; ces bois différent complètement par leur nature des cornes des autres ruminants; par leur composition, ils offrent la plus grande ana]o<ne av»: la partie spongieuse des os ; 2« les carapaces des tortues, résultant du dévelop-
pement et de k soudure du steinam» des côtes et des vertèbres; ces os forment une cuirasse recoarerte par la peaa ordinairement divisée en écailles.
Presque tons les organes épidermiques des vertâirés sont rares à Tétat fossile; leur fjûUe dureté ne leur permet pas d*(^poser une grande résistance aux agents mécaniques de destruction; en outre, ils renferment trop peu de substance terreuse pour que leur décomposition ne s'effectue pas promptement. On a recueim, dans les pampas de TÂmérique méridionale, une carapace de tatou fossile dont la conservation s'explique par la grande quantité de matière terreuse, plus de 80 pour 100, qu'elle renferme.
Cest la classe des poissons qui fournit les exemples les plus nombreux d*organes épidermiques eonserrés. Ces organes sont des écailles, des plaques d'émail de poissons cartilagineux, des tubercules de raies et des ichthyodorulites ou rayons dorsaux fossilisés.
Mentionnons enfin, comme exemples d'organes de vertébrés -conservés à l'état fossile, des oeufs d'oiseau et de tortue ; des eoUAiies ou intestins fossiles de poisson, et des coprolite$ ou excréments fossiles.
Les annelés à respiration aérienne (insectes, arachnides, myriapodes) sont très-rares à l'état fossile. Dans le chapitre suivant, nous indiquerons les principales causes de cette rareté; nous nous bornerons, quant à présent, à faire remarquer que cette rareté s'explique en partie par la faible quantité de chitine et de matières terreuses qui entrent dans la composition de leurs enveloppes tégumenfaires.
Furmi les annelés, ce sont les crustacés qui, grâce à la composition de leur enveloppe, se montrent le plus fréquemment à l'état fossile. Les principales substances dont l'analyse signale la présence dans cette enveloppe sont le carbonate de chaux, le phosphate de chaux, l'albumine et la chitine. La chitine est une substance peu altérable, non azotée, se rapprochant par sa composition de la cellulose. Dans le test du homard et de Técrevisse, la quantité de matière organique varie entre 29 et 45 pour 100, celle du phosphate de cliaux entre 4 et 7 et celle du carbonate de chaux entre 48 et 60.
Les cypris sont des crustacés de très-petite taille, dont le corps est contenu dans une carapace formée de deux valves pouvant s'ouvrir et se fermer. Ces valfes se montrent en très-grande abondance dans certaines strates qui ont reçu les noms de € marne ou calcaire à cypris ».
Certains annélides, dits tubicoles, sécrètent des tubes où l'animal peut se cacher complètement. Dans le genre Terebella, ces tubes consistent en une membrane que des grains de sable agglutinés rendent plus solide; dans les genres SerpiiUif Spirorbis^ etc., ils sont calcaires et se montrent quelquefois en grande abondance dans les strates marines.
Les mollusques sont rarement nus. Presque toujours une enveloppe extérieure ou coquille les protège. Cette coquille est très-rarement cornée, comme dans les lingules et les ptéropodes. Dans presque tous les cas elle est calcaire et présente sur 100 parties la composition suivante : matière animale, 1 à 3; phosphate de chaux, 1 à 3 ; carbonate de chaux, 94 à 98.
La substance de la coquille se compose de trois parties : le test proprement dit, qui paraît être formé de fibres perpendiculaires; la nacre, qui occupe l'intérieur de la coquille et qui doit ses nuances irisées au phénomène d'optique connu sous le nom d^interférence; Tëpiderme, substance cornée, brunâtre, qui, dans la plupart des mollusques marins et dans les moules d'eau douce, recouvc^
les coquilles et voili> leur ^lal. Os trois parties n'atteigoenl pas md^Si les csp<^«s le même développement rclalîf. Le t4^st très-mince iln nnulile arluel se compose presque exclusivement Je nnn'e: il en finît probablumcrit <le mi^me pour les ammonites et les céphalopodes de la mi^me famille. Le lest proprenteol dit ou liisii fibreux est surtout Irës-abondant dans le genre l'inna cl les genres voisins. Quelques gastéropodes ont un operculi' adlu^rcnl au pied et destiné i fermer )a coijuille lorsque l'animal s'y est retini; cette pièce est tautôt calcaire, tantôt corafc.
Lfscéplinlopotles tentaculifèrcs ne sont représentés pendant I'é|HHine actui-l^ que pur un seni genre, le genre nanlile. Tous les lermitis. depuis répoqm' cumi>ncnnc jusqu'à la fin de Is [lérioilG crétacée, contienni'Ut de iiombn-usK coqiiiHi>s multiloculaircs, comme celle du nautile, f^es coijuilles ont éli avec raison considi^rëcs comme ajani appnrtenn h des céphalojxides tentaculil^res. mars on a tort, selon nous, en admettant que ces céphalopodes parmi lesquels se trouvaient les ammonites avaient exactement la même organisation que \cf nautiles. II se peut notamment que leur coquille fut non pas externe comme cliex le nautile, mais intei-ne comme chez la spirule.
Les céphalopmles a cela bu I itères sont tous dépourvus de coquille externe, à IViceplion de l'argonaule femelle qui u une coquille externe unîloeuloirr. Haî." ils possèdent ordinairement dans l'intérieur de leur corps un osselH de forme déprimée destiné h soutenir les organes. Cet osselet viirie beaucoup dans sa structure, d'un genre à l'autre. Lorsqu'il atteint snu plus haut degré de complication, ce qui avait lieu pour l'animal auquel appartenait la bclemnile, il se compose rie ti-ois parties : 1" une lame, plus ou moins étendue, de forme et il* consistance très-variables, de nature cornée dans la bélemnile; S* une cttitt.^ divisée par des cloisons en loges régulières et constituant ce que l'on appelle, chot la bélemnile, le godet; 3* le rostre, prolongement de nature calcaire, placé en arrière de l'osaelet, et constituant ce que l'on appelle plus s[iêcialemeiit \* Iiélemnite.
Les spirules ont une coquille inlenie cloisonnée, sans lame, ni rostre, naciét. blanche, contournée en spirale disi.oïde. L'osselet du calmar, sa plume, est d'aspect corné; il est composé de chitine et de matière terreuse; il n'a ni rostre, ni loges aériennes. L'osselet inlei-ne ou os de la seiche est de natnre testacée et renferme 85 pour 100 de carbonate de chaux; il se termine p«lérieui'ement par une petite pointe calcaire constituant le rostre. EJifiu, le poulpe est t»talement dépourvu d'osselet interne.
Les autres parties solides que les céphalopodes possèdent el qne t'oo par conséquent, rencontrer à l'état fossile, sont les organes de la mandoi consistant en deux mandibules calcaires ou contées.
On rencontre à l'étal lossite, surtout dans les lerrains jurassiques, des tMyi que l'on désigne sons le nom d'Aptychiii:, el qui se présentent sous la forme tk deux lames subtriangulaires, un peu concaves, ii surface tantôt lisse, taniil marquée de gros plis, On a longtemps discuté sur la natnre dos animinv auxquels les aptyebiis ont appartenu, On s'accordait i les considérer ammt étant des valves de cirrhipèdes, lorsqu'on a été conduit à reconnaître qui!' avaient appartenu è, des céphalopodes lentacnlilères et notamment i des ammonites, dont ils auraient été les organes nidamentaires, c'est^-dii-e les organes destinés à l'incub.ilion des œufs.
Les toophytes, comme \eï moVlusc^ues. se montrent trës-alMDdants à l'clat
rwBÎle, soit punie qn'ihviTniii tous dans l'eau, soit parc« que leur corps se compose ordinairement de parties dures ou pierreuses.
Les écliinodermes ont le curps enveloppa d'un légnmenl calcnire que recouvre un i?pidermo Irès-mince. Ils sont représentés ï l'ëlal fossile par cette enveloppe, par les (opines ou baguelles qu'elle supporte, p:ir les osselets ou pièces solides ptnc<^ dans rinl^rietir de leur corps, et enfin par les pièces articulées qui, en se superposant, forment les racines, la tige et tes brandies des crinoiiles.
Les polypes sont quelquefois nus et com|K)sés d'une substance gélatineuse qui disparaît peu après la mort de l'animal : aussi cos polypes ne se montrent-ils pas h l'état fossile. Un plus grand nombre sont formés d'une matière cornée ou calcaire qui remplit les mailles d'im réseau constitué par la substance organique. Les espèces dont le squelette est corné se montrent rarement dans les strates sédimentsires : il en est ainsi notamment pour les gorgones, dont une espèce vivante, Oorgoma setosa, a donné ï l'analyse 93 pour \ 00 île matière animale. Hais dans les polypiers calcaires la proportion de substance inorganique est bien plus considérable : anssi ces polypiers sont-ils très -a boudants dans les terrains stratifiés ; quelquefois même les roclics sont eiclusivement formées par l'accumulation de leurs squelettes que l'on relrauve <Ians la situation même qu'ils avaieiil de leur vivant (im//., pour les roclies coralliennes, art. Géologie, page 447).
L'embranchement des zoopliyles comprend encore les spongiaires, c'est-â-dirc les animaux ayant l'éponge pour type. Les i^pongiaires vivants ont des corps polymorplies gélntineui, criblés de trous et de canaux et dont la masse est soutenue soit par des filaments cornés, soit par desspicules siliceuses et calcaires déterminant par leur entre-croisement une sorte de squelette. Ces spongiaires J iqucictte corné sont à peu près inconnus .'i l'état fossile. Mais ou considère comme étant des spongiaires des corps qui ofl'rcnt avec eux une certaine analogie de forme et qui n'avaient probablement pas de spicules ou de substance cornée. Ces corps, désignés sous le nom lie petrospongidei ou de spongiaires à squelette pierreux, n'existent qu'A l'état fossile; diverses circonstances démontrent qu'ils avaient déjà de leur vivant leur consistance pierreuse actuelle.
Au début de la série animale se place le groupe nn embrancliement des protozoaires, comprenant notamment la classe des foraminifères, qui joue un rôle si important au point de vue géologique. Nous renvoyons le lecteur à l'article Géoi.ogik. page 447, où nous avons dit quelques mots au sujet de ces animaux et des micropliyles.
Ce qui de prime abord attire l'attention lorsqu'on recherebe dans quelles circonstances s'est opérée la fossilisation des vé),'étaux, c'est l'aljsencc chez eux de parties pierreuses ou assez dures pour résister pendant longtemps aux chances de destruction. Les organes de végétaux que l'on rencontre le plus fréquemment i l'état fossile sont les tiges, les feuilles, lorsqu'elles sont formées d'un tissu résistant comme celles des fougères, ou que leur limbe a pu s'étaler facilement entre les plans de séparation des strates, les fruits, lorsqu'ils ne sont pas charnus.
Les plantes exclusivement composées de tissu cellulaire, c'est-à-dire les lichens, les mousses, les champignons, n'apparaissent à l'état fossile que dans des conditions exceptionnelles; on s'explique aisément que la délicatesse de leurs tissus se soit opposée il leur conservation. Pourtant les algues marines, grilceà leur habitat, ont laissé de? empreintes assez nombreuses ^wt Vtî.^.vAR.'*.
Quelques couches sont même désignées sous les noms de c calcaire oasdiisles i fucoïdcs » f à cause des nombreuses empreintes de fucos ou d*algiiesqai tapissent leur surface.
Parmi les plantes cryptogames à tissu cellulaire, nous nientioliiieroDS comme offrant de Tintérêt pour le géologue les Chara^ qui nient en si grande abondance dans les eaux douces. La tige et les organes de la rqprodiictioQ de ces plantes s'encroûtent de carbonate de chaux qui facilite leur fossilisation. Ce sont ces organes que Ton désigne sous le nom de gyrogoniiet.
CHAPITRE IV. Giïbmbuts dbs fossiles. Les ibssiles col deux sortes de gisements. Les uns sont contenus dans les strates, toujours plus ou moÎBS régulières, déposées au sein des eaux marines ou lacustres. Les autres se rencontrent dans les formations terrestres, les terrains de transport et les cavenies à ossements. Ces deux sortes de gisements diffèrent non-seulement par leur can»tères géognostiques, mais aussi par l'époque de leur formation et par lesanimanx dont ils renferment les débris.
Les gisements immergés, c'est-à-dire qui dépendent des formations marines, datent des temps antérieurs à la période quaternaire ; ceux d*entre eux qui correspondent à cette période ne sont pas encore émergés et se dérobent à notre observation. On comprend d'ailleui's pourquoi, dans ces gisements, les débris d'animaux aquatiques sont bien plus abondants que ceux des animaux à respiration aérienne.
Les gisements émergés, c'est-à-dire qui dépendent des formations terrestres, sont spéciaux à la période qiui ternaire ; ceux qui existaient antérieurement ont été détruits par les agents d'érosion et sont pour nous comme non atenus. Le milieu oîi ces gisements se sont constitués explique pourquoi ils ne renferment pas d'animaux marins, et comment les débris de vertébrés y sont bien plus nombreux que ceux d'invertébrés.
Occu|)ons-nous d'abord des gisements immergés et disons dans quelles conditions s'est Oj)érée i'inlroducliop des débris de vertébrés dans les strates marines ou lacustres.
11 est inutile d'insister pour démontrer comment les débris d'animaux à respiration aquatique se montrent, dans les strates marines, bien plus abondants et bien mieux conservés que les restes d'animaux à i*espiration aérienne. Les uns se sont fossilisés dans le milieu, et quelquefois même sur la place oh ils ont vécu, tandis que les autres ont dû, avant de passer à l'état fossile, subir un cliarriage toujours peu favorable à leur conservation.
Cette rareté relative d'animaux à respiration aérienne est surtout très-sensible pour les oi^eaux et tient à diverses causes. Les oiseaux n*ont apparu à la surface du globe qu'à une époque assez récente; d'un autre côté, c'est surtout pendant les crues des rivières que les animaux terrestres sont détruits et entraînés vers l'océan; mais les oiseaux se mettent aisément à l'abri des inondations. S'ilssont saisis par un cours d'eau, leur corps, à cause de sa légèreté, flotte pendant trèslongtemps et finit par devenir la proie des poissons et des animaux carnassiers qui vivent dans l'eau. Enfin, la fragilité de leur tissu osseux doit être mise au nombre des circonstances défavorables à leur fossilisation.
La rareté des débris de mammifères dans les strates marines s'explique en partie de la môme manière que pour les oiseaux. Les mammifères ne se sont montrés en abondance, à la surface du globe, qu'à une époque assez récente.
Mais les aulKs circonstances que nous avons invoqiK/es pour rentire compte de la rareté des débris d'oiseaux à l'ëtal fossile ne se ^ont pas présenlces pour les mammifères; ceux-ci ont élé toujours plus exposés à devenir les victimes des inondations; leurs os ont d'ailleurs un plus fort voJumcet un tissu plus résistant que ceux lies oiseaux.
Aussi existe-il des glaemenls <(ui peuvent être considérés comme de véritables ossuaires, à cause de la quantité de restes de mammifères qu'on y a recueillis, l'es restes y ont été entraînés par des (leuves et des rivières qui parcouraient des contrées fertiles, habitées par une nombreuse jHipulation d'animaux. Presque tous les gisements que leur richesse d'animaux terrestres a rendus célèbres appartiennent à des formations lacusti'es. Parmi ces localités, nous mentionneront celles de Montmartre, de Sansan et de Pikermi.
Le gisement de Montmartre dépend du lerminéocène supérieur; les ossements y sont contenus dnns des bancs de gypse, qui ont fourni à Cuvler tous les matériaux qu'il a su si bien mettre en œuvre, Le gisement de Sansan, dans le Gers, appartient au terrain miocène, de même que celui de Pikermi, il a été exploré avec un très-grand succès par Lartet. Les débris qu'on y a recueillis ont été charrifs pnr des courants descendant des Pyrénées et se dirigeant vers un lac qui occupait une partie du sud-ouest de la France-, c'est dans ce gisement qu'on a recueilli les restes du plus ancien singe anthro]wmorplie. Quant au gisement de Pikermi, dans l'Attique, il t été eiploi-é avec succès par M. Gaudry, qui en a retiré plus de 5000 pièces paléontologiques.
Les débris de poissons sont bien moins abondants dans les strates lacustres et surtout daus les strates marines qu'on ne serait porté â le penser, en tenant comptedecettecirconstanccquecesanimaux vivent dans l'eau, et, par conséquent, daas le milieu même où s'opère la fossilisation. Leur rareté relative s'explique pourtant lorsqu'on sâ rappelle que les poissons, après leur mort, ilotlcnt sur l'eau et deviennent rapidement la proie des animaux marins. Pareille destinée les attend lorsque leur corps va au fond de l'eau. Il ne faut pas oublier non plus que leurs os renferment d'ailleurs bien moins de substances terreuses que ceux des autres vertébrés.
Hais, lorsque les poissons se montrent à l'état fossile, leur squelette est fréquemment entier. Quelquefois même leurs débris sont ennombra prodigieux et pressés les uns contre les autres. Ce fait indique évidemment que ces débris appartiennent ù des poissons ayant vécu par bancs ou essaims.
Les individus innombrables que l'on trouve à Torre d'Urlanda, près de Castel- Jatnare, dans le calcaire jurassique, appartiennent tous à une espèce du genre Tetraf/onolepis ; tout un banc <le ces poissons parait avoir été détruit inslantandment, et sur un seul point où les eaux avaient élé imprégnées de quelque émanation nuisible, ou élevées i une très-baute ti^mpérature. Beaucoup de poissons, que l'un trouve dans les scbîsles cuivro-bi lumineux de Tliurioge, offrent des attitudes contorsionnées que l'un regarde comme dues aux convulsions de l'xgonie. Ces poissons fossiles, ayant conservé la roideurqui suit immédiatement U mort, ont dû être ensevelis avant que la putréfaction eût commencé.
Si nous passons maintenant ;i l'étude des gisements d'invertébrés dans les strates marines ou lacustres, nous établirons d'abord une distinction entre les inverlébrés A respiration aérienne, c'est-à-dire les insectes, les arachnides, les niyria[iodes, et les invertébrés à respiration aquatique, c'est-à-dii-e tes criistiicés, les aunclides, les mollusque:;, les ïooplijtes et les proton
Les premiers mmH «sseï rares dans les gisements feeaOîCères à caose de U dâkatesse de leurs organes* de la faible quantité de matière terreiise entrant daiks U composilÎQn de leur squelette tégumentaire, et du milieu dans lequel ib Tirent. Ce que nous aïons dit des oiseaux s'applique encore mieux aux ittSKtes. Leurs débris ne se montrent que dans des gisements exceptionnels.
I^M^ les lacs peu âfudus, dans les estuaires et les golfes mis par diverses cîrassIaBees et nstimmml par leur configuration à Fabri de l'agitation des lagues^ les phalesel les animaux, dont les divers organes présentent une grande Éta^ililê, eut pu Hie cnlrràKs lentement au fond des eaux. Si, dans ces lacs, ces golfes ou ces estuaires* se déposaient des sédiments très-fins, Ids que oeoi que peuvent imrnrr les crues peu importantes des rinères, les eiroonstanees se trou^aîeut très-feiorables à la fassilisation non-seulement des insectes, mais des végétaux et des iuiminT dont les organes sont plus ou moins fragiles.
Certains gisements de feoailes ont acquis une grande Gââirité à cause de la variétés tie Tabendance et surtout de la parfaite conaenation des dâiris de coq» otganùi^ qu'on y a recueillis. Teb sont panni les formations marines ceux de ^oleubo4tfu iBavièfle) dans le terrain ooKtique supérieur, et de Scbambel» tàr^vW' iMKS rinfralias; tels sont encoie» parmi les formations lacustres, ceu\ d\%ix (IVoience) dans l'éocène supérieur, et d*JSningen (Suisse) dans le lefffam puocèue*
fu i* I miut tf^'i rrmnquihlfi par la parfoîla «nsertatien et la d&atesse de:^ dÀrt» de corps organisés qu'il contient est le sucôn on résine fossile que Ton ntcuetlle sur ks ^les méridionales de la Baltique, en Plusse. La drague en ittinf Jie:> tngmenti enenre adkérats aux aibics lésineux faisant partie d*aD («[«ement de bguile nus a dérouiert an fend de la Baltique. Le snocin, pendant qu'il conktàt à Tetat wqnenx le long des arbres, a englobé des dâvis d*insedes et J^ «if^>rt4Mx. même les pins fragiles. On y a rencontré jusqu'à des grains de l^iifu et deï> mjèàssnees dévdopfKe» sur ks insectes.
Il» liK«$Ui» qœ imieraaent les strates sédîmeutaires appartiennent, ea iitsr prwM asâfonaè. lux iuvertAcés à respiration aquatique. Leur grande aboitlÀMOf <>vp(îqiie vix^sealement par leur kihitit. mais aussi pur la compositioo <à£Ui^i<e et U nature plus ou moins résîstauie des organes destinés à soutenir et à protéger leur corps* tels que le squelette t^feumentaire des crustacés et des éckinodermes, les coquilles des mollusques, k squdette pierreux des polypiers, etc.
Les limites de cet artick ne nous permettent pn$ de montrer tout k profit qœ k géologue tire de l'étude de ces Ibssiks, ni d^ndiqner leur répartition dans les strates. Cette répartition est notamment en rehtîon aTec k voisinage ou Téioignement des côtes, k direction des courants, U nature du sol sousHnarin et surtout h profondeur de Teau. L'exploration des riions pruibndes de Tocàn a OMiduit et conduira encore à des résultats de k plus baute importance; elle a d<jà fait Toir que k rk s'y montre répandue à profusion et ne s*éteint pas. quelque grawk que soit k prolondeur, ainsi qu*on 1 avait supposé jusque dans ces derniers temps, lorsqu'on admettait que k m cessait à ôOO mètres de la sun'ace tk Tocéan.
Les i:isements émereés. ou, en d'autres termes, ks gisements se rattacbint aux formatiiHis tern»tres, sont les cavernes à ossements et les brèdies osseuses^ Im i^rv^ins lie transport allovions. dilunum, dépots kbmiens), ks amas de tof, et ks tourbières.
Les ossements humains et les débris de l'industrie de Thomme se rencontrent fréquemment dans les cavernes, avec des restes d*aniroanx ayant appartenu, pour la plupart» à des espèces éteintes. Le remplissage organique des cavernes s*est opéré de trois manières différentes.
Tantôt les ossements y ont été cliarriés péle-méle avec le sable, le limon et les débris de roches dont les grottes sont fréquemment remplies. Il en est surtout ainsi pour les pays calcaires, comme le Jura, o& les cavités souterraines sont fiéquemmeot mises en communication avec la suriace du sol par de nombreuses fissures où s*engouffrent les eaux.
Tantôt les ossements ont été transportés dans les cavernes par les hyènes qui y entraînaient les cadavres dont elles faisaient leur nourriture. Dans ce cas, les ossements appartiennent à des espèces différentes ; ils sont généralement marqués d'impressions considérées comme des traces de dents. A ces ossements se trouvent mélangés ceux des hyènes qui les ont rongés, et, en môme temps, les coprolites provenant de ces animaux et désignés jadis sous le nom d*a!bum veiui.
Tantôt, enfin, les ossements renfermés dans les cavernes sont ceux des mammifères qui les habitaient. Dans ce cas, les ossements appartiennent à la même espèce et sont généralement intacts. Il en est ainsi pour la grotte d'Osselle, près de Besançon, d*où ont été extraits de très-nombreux débris appartenant exclusivement à ÏDrius Spelœtu.
Les cavernes remplies par voie d'habitation sont aussi celles oH l'on rencontre des anihropolites. Quelques-unes sont dites sépulturales, désignation en rapport avec l'usage qu'en a lait l'homme préhistorique.
Les gisements dits c abris sous roches », et qui ont fourni de si nombreux témoignages de Tancienne existence de l'homme, rentrent dans la catégorie des cavités remplies par voie d'habitation.
Les brèches osseuses sont des fissures remplies de débris de roches provenant, pour la plupart, des parois mômes de ces fissures, et d'ossements ordinairement d'une faible dimension; le tout a pour gangue un calcaire concrélionné. Les brèches osseuses n'ont été souvent que les conduits qui établissaient une communication entre la surface du sol et les cavernes à ossements.
Les ossements accumula dans les cavernes ont pu y être remaniés par les »eaux à la suite d'inondations. C'est pour cela que les squelettes s'y montrent nrement entiers et que les ossements d'animaux ne vivant jamais ensemble s'y trouvent mêlés sur le même point. L'intervention des courants d'eau rend compte • ^;alement de la conservation des os qui, sans cela, seraient décomposés. Ces ossements, enveloppés par le limon et le gravier, comme le seraient ceux que l'on rencontre dans les alluvions, ont dû leur conservation d*a1)ord au limon qui leur sert de gangue, et ensuite au glacis stalagmitique qui a intercepté le passage de l'air atmosphérique dans le magma dont ils constituent un des éléments. Ce fait explique pourquoi les ossements n'existent pas dans les cavernes où il n'y a pas de limon, de cailloux roulés et surtout de stalagmites.
Ordinairement une seule couche stalagmitique recouvre la masse qui contient les ossements; d'autres fois les divers éléments, organiques et inorganiques, accumulés dans une caverne, offrent des alternances, ce qui indique que le remplissage de la caverne ne s'est pas effectué d'un seul coup. Chaque nappe correspond à une époque distincte et renferme des débris d'animaux appartenant à des eq)èces différentes.
iW PÀLÉO.NTOLOGIK.
Le* mammifères de la période quaternaire ont laissé des débris Uces dwBdants dans les allitrions qui oDl comblé en partie les vallées et qui sont désign&i sous le nom d'alluvion» anciennes à oaemenlt. Lorsque ces alluvious ancîâiiiiK ou dé|i6U diluviens accusent, {lar le volume de leurs élémeDU, un tnmport violent, les ossements qu'on y rencontre sont fréquemment sépai-és les uns des autres. Mais, lorsque ces éléments sont à Tétai de limon ou d'argile, ainsi que cela s'observe pour le lehm du Rhin, lespampas de l'Amérique méridionale, etc., les s(|uelelles sont quelquefois entiers. Parmi les terrains de transport que leur ricliesse en ossements a rendus célèbi'es, nous citerons les alluvious du Til d'AiTio et les alluvions sous- volcaniques de Perrier, en Auvergne.
Les tourbières doivent être comptées au nombre des gisements éaiergcs; seulement ces gisements sont d'une époque relativement récente et ne datent ^ère que des temps néoliliques. On sait à quels dangers le vojageur et les animiui qui parcourent les tourbières sont exposés ; ce danger existe principalement fur les points oît les sources, en ralentissant le phénomène du tourliage, ont readu ti'ès-mince la couche superficielle de tourbe. Le voyageur imprudent ou l'aDimil égaré peuvent disparaître dans l'eau marécageuse qui forme une nappe pItL' du moins profonde au-dessous de lu nappe tourbeuse. Cette circonstance explique le grand nombre de débris de mammifères que l'un rencontre dans les touriii^n». Itappclons en outre que ks cadavres, h cause des propiiélés antiseptiques de la tourbe, se trouvent souvent dans un état de conservation plus au moinf complète.
C'est aussi dans les tourbières, ainsi que dans les amas de tuf, qu'ont él^ recueillis presque tous les débris de végétaux qui ont servi à reconstituer li flore de la période quaternaire.
Mentionnons, en terminant, comme gisement tout i fait exceptionnel, les amas de glace où l'on a découvert les corps enliei-s de mammouth et de rhi»» céros, c'est-à-dire d'animaux de races éteintes, avec leur peau, les poils qni recouvraient cette peau, et leur chair, qui était encore asst'z bien consert«e pour que les chiens aient pu, dit-on, s'en nourrir.