‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.14Chapitre 23 sur 77 · CERVEA.I] (PAiHeLOGiE · texte numérisé non relu

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bosselures qu'on y a trouvées dans des cas rares peuvent bien avoir favorisé leur dilatation. Il est probable que cette évolution est lenle; Lebert signale l'observation d'un individu mort à la suite de la rupture d'un anévrysme cérébral dont depuis plus de dix-huit ans il accusait les symptômes. Le mécanisme delà rupture a lieu le plus souvent par la chute d'une plaque athéromateuse qui incruste le sac. Comme tous les sacs anévrysmaux, ceux du cerveau contiennent des caillots noirâtres quelquefois entourés de lamelles concentriques de fibrine, lesquelles, en adhérant aux parois du sac, peuvent faire que celui-ci se rétracte de plus en plus et finit même par s'oblitérer complètement. Il existe une observation, de Hodgson, de guérison spontanée due à ce mécanisme.

Les lésions produites par l'anévrysme sur la substance cérébrale dépendent surtout de son volume et de l'irritation qu'il produit en donnant lieu à des phénomènes inflammatoires. Le cerveau se creuse et se déprime d'abord ; il s'y produit ensuite un ramollissement très-superficiel qui s'étend de proche en proche et envahit des portions considérables du cerveau. Ce ramollissement est produit nonseulement par la présence de la tumeur, mais aussi par le fait important d'un gro? tronc artériel obstrué produisant la dénutrition de la substance cérébrale dans une certaine étendue. Aussi trouve-t-on, dans quelques cas, celui-ci par portions en bouillie. Les méninges sont assez souvent injectées et même enflammées. Parmi les nerfs qui se trouvent impliqués dans la lésion, on ne peut citer que ceux du voisinage immédiat : la première, la deuxième et même quelquelbis la cinquième paires ; on a vu quelquefois des atrophies et même des ruptures de ces cordons neiveux; d'autrefois, de véritables névrites.

On a constaté, parmi les complications, l'oblitération du smus caverneux et de la veine ophthalmique.

Dans quelques rares observations, on trouve signalée l'érosion des os du crâne qui ont subi une véritable usure.

L'anévrysme du cerveau se termine, dans les trois quarts des cas, par la rupture ; cette rupUire peut être lente, l'épanchement se fait alors progressivement; mais il est foudroyant dans la rupture brusque. Dans le premier cas, les parties tibrineuses du sac mêlées à des caillots récents, expulsées lentement, imbibent les parties ramollies delà substance cérébrale, et ce travail peut durer assez longtemps; c'est lorsqu'il est terminé que le sang arrive à son tour et produit l'hémorrbagie mortelle. Les choses se passent alors exactement comme dans la rupture brusque. Dans ce cas, le sang, préparé longtemps d'avance, fait irruption avec violence et au loin dans le parenchyme cérébral, qu'il broie en quelque sorte dans une large étendue, et la terminaison a lieu par une immense hémorrhagie.

Citons encore pour mémoire l'existence de quelques observations d'anévrysmes artérioso-veineux ; c'est ce qui a lieu lorsque la carotide interne se rompt dans le sinus caverneux qui la contient.

Abcès. La plupart des auteurs, surtout les anciens, confondent sous la même description l'encéphalite et les abcès du cerveau, ceux-ci étant considérés comme la suite de celle-là. 11 est cependant incontestable que bon nombre de fois la cause qui a donné lieu à l'abcès du cerveau échappe complètement, et qu'il faut souvent renoncer à le rattacher à une inflammation de la substance cérébrale, qui reste, d'ailleurs, souvent indemne dans le voisinage de la tumeur. Nous sommes trèséloignés, cependant, de contester la relation de cause à effet entre l'inflammation du cerveau et la lormation de collections purulentes {voy. Encéphalite), mais nous avons à étudier ici les abcès du cerveau en tant que productions toutes for-

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mées, et à les considérer comme des tumeurs ; nous allons donc envisager ces loyers purulents, à ce point de vue, quelle qu'en soit l'origine ; et les comprendie dans une description commune, qu'ils aient été ou non précédés d'in llammation.

Les abcès métastatiques, les abcès par infiltration ou propagation figurent donr ici au même titre que les abcès suites d'inflammation locale. Disons, en outre, qu'à bien considérer, toute division à ce sujet nous semble impossible à établir rigoureusement. C'est environ dajis un quart des observations analysées par nous, que nous n'avons pas trouvé mentionnée la participation à un degré quelconque de la substance cérébrale au foyer purulent ; il serait cependant prématuré d'admettre que cette proportion est rigoureusement exacte ; bon nombre d'observations sont écourtées, incomplètes et rédigées d'une manière peu rigoureuse. Il est plus important de dire qu'un petit nombre de fois les observateurs ont signalé l'intégrité de la substance cérébrale et y ont particulièrement insisté. Dans des cas beaucoup plus fréquents, on trouvé signalées des lésions multiples, et même parfois extrêmement répandues sur tout l'encéphale. Déjà, en ouvrant la boîte crânienne, on constate alors une esj^ce de plénitude de la masse cérébrale qui tend à faire hernie à travers l'ouverture du crâne ; les circonvolutions sont aplaties, effacées, leurs limites mal déterminées. Le cerveau fait saillie au dehors comme s'il se trouvait à l'élroit dans la boîte crânienne. La matière cérébrale, ramollie en partie et même en putrilage, reste adhérente aux méninges. Celles-ci sont livides, injectées, adhérentes. La surface du cerveau est molle, fluctuante ; la partie qui recouvre l'abcès n'a que quelques millimètres d'épaisseur et souvent se rompt au moment oii l'on enlève le cerveau. Le doigt appliqué dans le but de chercher la fluctuation, souvent perfore la substance cérébrale et pénètre d'emblée dans l'abcès.

Les abcès du cerveau sont tantôt diffus et mai délimités, tantôt au contraire ils forment une coque et sont par conséquent nettement enkystés. Cette dernière catégorie est la moins fréquente. Dans environ un sixième des cas que nous avons relevés, les abcès étaient multiples ; il y en avait alors le plus souvent deux, mais aussi trois, quatre et un plus grand nombre. Dans ce dernier cas, il y a un foyer principal, ordinairement lort gros (œuf de poule et même au delà), et des foyers secondaires beaucoup plus petits.

Le pus contenu dans la cavité de l'abcès est le plus fréquemment bien lié, louable, inodore, crémeux, jaunâtre. Dans environ un quart des cas, il est au contraire signalé comme sale, vineux, ou de couleur chocolat, verdâtre, visqueux, floconneux, fétide, mal lié. Six fois, nous trouvons que le pus a l'odeur de la gangrène, l'abcès contient des détritus de substance cérébrale, et un liquide sanieux d'inégale consistance. L'odeur fétide, l'odeur de souris, de putréfaction, se trouve aussi signalée en dehors de la gangrène.

La substance cérébrale du voisinage peut, elle-même, être frappée de gangrène dans une zone relativement assez étendue.

On ne peut assigner de siège exclusif aux abcès du cerveau ; on les rencontre indistinctement dans les circonvolutions aux dépens de la substance grise ou de la substance blanche, dans les ganglions et dans les ventricules du cerveau. Sa base fournit un contingent plus considérable que sa convexité, ce qui tient évidemment à la fréquence de la carie du rocher, de l'apophyse mastoïde, et de l'oreille moyenne interne ; les fractures du crâne avec inflammation, suppuration consécutives du cerveau, fournissent également leur contingent d'abcès. Nous avons re-

kr;

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cueilli deux observations d'abcès de la iosse zygomatique ayant fusé à travers les sutures et donné lieu à un abcès consécutif intra-crànien avec épanchement de pus dans les ventricules. Les commissures cérébrales sont rarement atteintes, nous n'avons pas trouvé une seule observation d'abcès du corps calleux.

Les abcès du cerveau sont diffus ou enkystés ; dans le premier cas, ils sont souvent multiples, communiquent entre eux et avec les ventricules du cerveau notablement distendus. Les abcès enkystés sont le plus souvent uniques ; leur forme est ordinairement irrégulièrement arrondie, leur volume entre celui d'une orange et celui d'une cerise ; il y en a même de plus petits, mais les plus gros que nous ayons rencontrés mesuraient 7 à 8 centimètres de diamètre ; les comparaisons les plus fréquemment invoquées sont les désignations d'œuf de poule et de pigeon, de noix, de noisette, etc.

Quant aux abcès diffus, leur forme est difficile à délimiter, et leur volume se mesure parfois sur des parties entières de la substance cérébrale détruite.

Les abcès multiples du cerveau se rencontrent surtout dans l'infection purulente ; il est inutile de dire alors qu'on en trouve dans bien d'autres organes. Ces abcès multiples du cerveau ne communiquent pas nécessairement ensemble, mais ils sont ordinairement dépouiTus de parois et assez mal délimités. Les abcès du cerveau attribués à la syphilis sont ceux qui ressemblent le plus aux abcès métaslatiques.

Les parois de l'abcès enkysté du cerveau sont le plus souvent formées par une membrane tomenteuse blanchâtre, connue sous le nom de membrane pyogénique ; dans six des observations que nous avons relevées, il est dit que ces parois étaient fibreuses, et deux fois qu'elles étaient cartilagineuses. Cette enveloppe est assez souvent perforée et communique alors avec d'autres abcès ; ou, ce qui est plus fréquent, avec un foyer purulent dans une des parties quelconques du crâne, de l'oreille, ou bien avec les ventricules du cerveau ; le plus rarement avec la cavité de l'arachnoïde. Ce sont les ventricules latéraux qui sont le plus souvent envahis ; deux fois seulement nous trouvons signalé du pus dans l'aqueduc de Sylvius, mais il n'y a pas une seule observation qui mentionne du pus dans le quatrième ventricule. On peut cependant admettre qu'il y en avait dans les cas où les ventricules du cerveau étaient désignés sommairement comme infiltrés.

Le pus contenu dans les abcès non enkystés prend ordinairement sur la circonférence de la tumeur, celle qui touche la substance cérébrale, une consistance plus épaisse que dans l'intérieur : c'est de la matière caséeuse ou même demi-solide. La substance cérébrale qui recouvre l'abcès se transforme en une bouillie de consistance inégale, grumeleuse, tomenteuse; elle est grisâtre, verdâtre, souvent fétide. 11 arrive assez fréquemment que quelques millimètres d'épaisseur de substance cérébrale limitent la collection purulente ; cette mince couche de substance cérébrale est alors comme mortifiée, exsangue, et, nous l'avons dit, cédant au moindre attouchement ; elle ne possède qu'un semblant de consistance emprunté aux méninges qui la soutiennent, mais qui, à leur tour, sont envahies, et alors l'abcès se rompt. Mais, même à des distances plus éloignées, cerveau et méninges se ressentent plus ou moins profondément du voisinage de l'abcès.

Parmi les complications, il faut signaler les ecchymoses à la surface du cerveau et les hémorrhagies. L'hypérémie généralisée de la substance cérébrale est assez fréquente. Mais ce ne sont pas toujours les caractères de l'inflammation que l'on rencontre; quelquefois il y a anémie, dénutrition, tendance à l'atrophie. Parmi les complications, on a signalé l'induration, les apoplexies étendues, le

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ramollissement. Souvent la dure-mère est décollée, l'os du crâne est attaqué à son tour ; nous avons relevé un fait de perforation du frontal de dedans en dehors. Les communications avec la cavité orbitaire, mais surtout avec les cavités de l'oreille, sont très-fréquentes. Dans quelques cas, les nerfs auditif et olfactif sont ramollis, détruits ; mais ce sont surtout le labyrinthe et les osselets de l'ouïe qui sont fiappés. La dure-mère est décollée sur le rocher et soulevée par une collection purulente qui la sépare de l'os ; les cellules de l'apophyse mastoide sont remplies de pus. Il est remarquable que, le plus souvent, il est impossible de trouver à la surface de l'os un seul pertuis ayant pu donner issue au pus du rocher dans l'intérieur de la cavité du crâne, lors même qu'il est incontestable que le point de départ de la lésion cérébrale est un abcès du rocher.

D'après Toynbee, c'est seulement lorsque le pus ne trouve aucune issue à l'extérieur, qu'il se produit des lésions intra-crâniennes. « Dans tous les cas qui se sont terminés par la mort, dit-il, la suppuration n'avait pas pu se frayer un passage libre au dehors » {In ail fatal cases the discharge has been deprived of a free egress).

Le même auteur fait observer que, lorsque les cellules de l'apophyse mastoide deviennent malades dans les premiers temps de la vie, c'est dans le cerveau que se développent le plus habituellement les lésions consécutives ; mais que chez les sujets plus âgés, c'est plutôt le cervelet qui se trouve menacé.

Nous laissons entièrement la responsabilité de cette assertion à l'auteur anglais ; nous pouvons cependant affirmer, de la manière la plus positive, que les affections chroniques de l'oreille sont au nombre des causes les plus fréquentes des abcès intra-crâniens. Mais nous aurons à revenir sur ce point, au sujet de l'étiologie.

Il n'est pas inutile de signaler encore des cas oii, dans l'intérieur ou à côté de l'abcès, ont été trouvés des corps étrangers, soit des esquilles osseuses, suite de fracture du crâne, datant de plus ou moins loin ; soit des corps étrangers proprement dits, tels qu'une aiguille, un grain, un lingot de plomb, des morceaux d'acier et d'autres substances analogues.

Au point de vue histologique, le pus de l'abcès du cerveau ne diffère pas de celui des abcès de l'oreille en général : on y trouve une grande quantité de granulations jaunes, de corps granuleux, et lorsque le pus est récemment formé, des débris de tubes nerveux en voie de dégénérescence. Les parois, lorsqu'elles sont tomenteuses avec apparence de membrane pyogénique, sont constituées par du tissu conjonctif à fibrilles très-fines parcouru par des vaisseaux et infiltré par des globules de pus semblables à ceux de la collection. Mais lorsque les parois sont d'apparence fibreuse, c'est qu'il y a prédominance de tissu fibreux ; il en est de même lorsque l'apparence de la poche est cartilagineuse.

Accidents consécutifs. Les tumeurs cérébrales, quelle que soit d'ailleurs leur nature, déterminent le plus souvent un certain degré de ramollissement de la substance nerveuse dans leur voisinage immédiat; elles peuvent aussi donner lieu, par compression, à de l'hydrocéphalie, surtout chez les enfants. Nous avons déjà signalé l'existence de ces accidents consécutifs.

Les dégénérations descendantes, qui jouent un si grand rôle dans l'histoire des hémorrhagies cérébrales, se rencontrent aussi dans les tumeurs, mais à un degré beaucoup moins prononcé.

Les nerfs comprimés subissent aussi des modifications dans leur structure. On a surtout insisté sur les altérations du nerf optique (neuro-rétinite) que nous ne croyons pas devoir décrire ici.

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Symptômes. Rien n'est plus irrégulier, de l'aveu de tous les auteurs, que la séméiologie des tumeurs cérébrales. Non-seulement l'intensité des phénomènes morbides est absolument indépendante de l'étendue des lésions qui leur correspondent; non-seulement le siège de ces altérations paraît souvent n'exercer aucune influence sur la nature des accidents observés ; mais encore il est parfaitement avéré que des tumeurs d'un volume considérable, et qui occupent les parties les plus essentielles de l'encépbale, peuvent demeurer latentes pendant toute la durée de leur évolution, et n'être reconnues qu'au moment de l'autopsie. Les ouvrages classiques fourmillent de faits de ce genre : mais, pour mieux fixer les idées à cet égard, il sera peut-être utile de donner ici quelques chiffres.

Sur 89 cas de tumeurs de l'encéphale, rassemblés par Lebert, l'absence complète de symptômes a été notée 4 fois : la proportion serait donc d'un vingtdeuxième, d'après cet observateur.

Les Bulletins de la Société anatomique de Paris, de 1828 à 1872 inclusivement, nous ont fourni six observations de ce genre. Mais nous ne chercherons à établir ici aucune proportion numérique, en raison de la valeur très-inégale (au point de vue de la symptomatologie) des faits que renferme ce vaste recueil.

Il n'en reste pas moins démontré que l'absence complète de tout symptôme n'est pas un phénomène insolite dans l'histoire des tumeurs et des abcès des hémisphères cérébraux.

11 est à la rigueur permis de supposer qu'en pareil cas, une exploration plus attentive aurait fait saisir quelques indices d'une lésion encéphalique. Mais ce qu'il est absolument impossible de méconnaître, c'est que des portions considérables du cerveau ont pu subir une désorganisation complète, sans que l'on ait observé aucun des symptômes qui, d'après les opinions généralement répandues, devraient accompagner de tels désordres.

Ainsi dans un cas rapporté par Abercrombie, l'hémisphère gauche était ramolli dans toute son étendue, sauf une mince pellicule de substance corticale, qui formait, en quelque sorte, les parois d'un kyste, au sein duquel se trouvait une pulpe diffluente; et cependant il ne s'était produit aucun trouble de l'intelligence, aucune paralysie du sentiment ni du mouvement. On ne saurait [jrétendre toutefois que cette énorme lésion soit demeurée absolument latente ; car depuis longtemps la malade (il s'agissait d'une jeune fdle) éprouvait des vertiges, de la contracture, des vomissements et une amaurose de l'œil gauche. Mais de pareils phénomènes ne sont nullement ceux qu'on s'attendrait à rencontrer dans un cas semblable, d'après les idées qui ont longtemps prévain à cet égard. Une séparation complète existait entre les faisceaux sensitifs et moteurs, et la couche corticale des hémisphères, siège présumé des perceptions conscientes et de la volonté ; et cependant ni l'intelligence, ni la parole, ni la sensibilité, ni la motilité n'avaient subi la moindre atteinte.

Un fait encore plus remarquable a été observé par M. le professeur Richet. Un abcès de 2 à 300 grammes avait détruit les deux tiers de l'hémisphère droit, et s'était ouvert dans le ventricule latéral du même côté, sans produire de paralysie ni de convulsions, et sans amener aucun trouble de l'intelligence : une céphalalgie intense avait été le seul symptôme d'une lésion cérébrale. Une otite chronique avait été le point de départ des accidents.

Tout récemment encore, M. A. Bergeron a présenté à la Société anatomique un abcès enkysté du lobe frontal, qui renfermait plus de 80 grammes de pus, et qui

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n'avait provoqué aucun désordre intellectuel, aucun trouble de la sensibilité générale ni de la motilité.

L'un de nous (M. Bal!) vient d'observer, à l'hôpital Lariboisière, un cas dans lequel la présence de tumeurs mulliplos dans le cerveau n'a été révélée par aucun symplôme pendant la vie. Immédiatement après son entrée dans le service, le malade, qui jusqu'alors n'avait éprouvé qu'un malaise mal défini, eut un accès violent de délire, qui s'expliquait assez par ses habitudes alcooliques, et qui se termina promptement par la mort. Â l'autopsie, on trouva quatre tumeurs dans le cervelet et deux autres dans les hémisphères, une de chaque côlé, dans le voisinage immédiat des corps striés : celle qui était située du côté droit olfrait le volume d'une noix ; elle était placée au milieu des radiations pédonculaires. Le siège et le volume de cette dernière lésion donnent un grand intérêt à cette observation négative.

On voit quelquefois le cerveau manifester la même tolérance pour des corps étrangers. D'après Th. Simon, en faisant l'autopsie d'un phtbisique, qui n'avait jamais offert de symptômes cérébraux, on trouva près de la suture frontale un clou qui remplissait une cavité de 4 centimètres et demi de longueur, à l'intérieur du lobe frontal. La dure-mère était perforée, la pie-mère calcifiée dans une petite étendue.

Chez une femme de soixante-dix-neuf ans, qui n'avait également présenté aucun trouble des fonctions cérébrales, on trouva dans l'hémisphère gauche une aiguille fortement rouillée, qui avait cheminé jusqu'à l'épendyme du ventricule latéral correspondant. Aucun indice n'avait permis de soupçonner, pendant la vie, l'existence d'une lésion de l'encéphale.

En présence de ces récits vraiment étranges, on se souvient involontairement de la loi formulée autrefois p;ir Desault, et d'après laquelle les lésions cérébrales ne sauraient produire de symptômes que lorsqu'il survient de la congestion ou de l'inflammation autour d'elles.

Sans aller aussi loin, il faut bien convenir que les faits de ce genre (et ils sont loin d'être exceptionnels) démontrent jusqu'à l'évidence qu'on ne saurait appliquer à la pathologie cérébrale les notions de l'ancienne physiologie, qui concluait toujours de la suppression de l'organe à la suppression de la fonction.

Il ne faut point oublier, en effet, que l'encéphale est composé de deux moitiés symétriques qui peuvent, selon toute apparence, se suppléer réciproquement dans une certaine mesure. C'est là, du moins, ce que semblent prouver les faits dans lesquels on a vu l'atrophie congénitale plus ou moins complète de l'une des moitiés du cerveau demeurer sans influence sur les fonctions de l'organe. Cette question, d'ailleurs, a été fort bien étudiée par M. Cotard, dans une dissertation inaugiu'ale des plus remarquables, sur l'atrophie cérébrale.

Quant aux phénomènes soit paralytiques, soit convulsifs, qui sont au nombre des manifestations les plus habituelles des lésions intra-cràniennes, il est probable qu'ils appartiennent, si ce n'est en totalité, du moins en partie, au groupe des actions réflexes on h distance; en d'autres termes, lorsqu'une altération quelconque de l'encéphale détermine des accidents soit paralytiques, soit convulsifs, elle agit souvent par une excitation portée au loin et qui vient atteindre des régions plus ou moins éloignées du foyer de la maladie. Un des exemples les plus singuliers de ces paralysies par action réflexe nous est offert par Yhémiplégie pneiimoniqiie, sur laquelle MM. Charcot et Lépine ont appelé l'attention, il y a quelques années. Si des accidents, dont le siège est dans les poumons, peuvent

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donner lieu à des manifestations semblables, ne conçoit-on pas, à plus forte raison, que des lésions développées sur certains points de l'encéphjle puissent réagir à distance sur d'autres parties du même organe? Le rôle des actions directes, qui résultent de la compression ou de la destruction des parties \oisines du point aflecté, paraît être beaucoup plus restreint.

11 est d'ailleurs infiniment probable que, sous bien des rapports, les fonctions des deux moitiés de l'encéphale ne sont pas absolument identiques. Nous ne voulons point aborder une question depuis longtemps débattue et qui ne saurait être discutée ici : mais il nous sera permis de rappeler que le côté gauche du cerveau ou, pour mieux dire, l'hémisphère gauche, a été considéré par des observateurs éminents comme le siège principal de l'intelligence et le point de départ le plus habituel des mouvements volontaires ; tandis que le côté, ou plutôt l'hémisphère droit, serait plus spécialement chargé de présider aux phénomènes de la vie de nutrition.

D'après la théorie à laquelle iious faisons allusion, l'enfant prendrait au début rhabitude de penser et d'agir avec le côté gauche du cerveau, comme il prend l'habitude de se servir de la main droite; si dans les premiers temps de la vie un accident le prive de l'usage de l'hémisphère gauche, il apprend à se servir de l'hémisphère droit, comme il apprendrait à écrire, au besoin, avec la main gauche. Mais un adulte, subitement frappé d'une lésion cérébrale à gauche, se trouve brusquement ramené au point de départ, et forcé de faire l'éducation de son hémisphère droit, entreprise dans laquelle il peut souvent échouer presque complètement.

Les considérations qui précèdent et qui nous ont été inspirées en grande partie par un travail récent de M. le professeur Brown-Sequard, ne sauraient être regardées, dans l'état actuel de nos connaissances, comme l'expression définitive de la science ; mais il n'en est pas moins vrai qu'il suffit d'énoncer ces idées pouf ouvrir à l'esprit des horizons nouveaux, et montrer combien il serait fâcheux de construire tout l'édifice de la symptomatologie des affections intra-crâniennes sur les données fort hypothétiques de la physiologie, telle du moins qu'on la comprenait il y a quelques années. Un jour viendra, peut-être, oiî connaissant mieux le jeu régulier des fonctions cérébrales, nous pourrons en déduire des conséquences utiles au point de vue pratique : mais, pour le moment, ces tentatives prématurées sont fatalement condamnées à un avortement misérable.

11 est d'ailleurs évident que la pathologie ne saurait se contenter ici d'un rôle purement subalterne, et qu'elle peut justement prétendre au premier rang ; car ce sont, en définitive, les enseignements de la clinique, complétés par les données de l'anatomie pathologique, qui ont apporté à la physiologie cérébrale les documents les plus authentiques ; et les expériences pratiquées sur les animaux vivants sont loin de nous fournir, sur les fonctions des centres nerveux, des indications aussi précises que les observations l'ecueillies au lit du malade.

Il nous a donc paru indispensable, pour donner à nos descriptions un caractère de précision vraiment scientifique, d'établir une statistique fondée sur un assez grand nombre de faits, afin de pouvoir nous prononcer, avec un certain degré de probabilité, sur la fréquence relative des divers symptômes, qu'on a notés chez les sujets atteints de tumeurs cérébrales. Mais les travaux de ce genre, qui existent déjà dans la science, ne pouvaient pas nous servir ici, puisque les hmites anatomiques un peu arbitraires qui nous sont tracées, nous obligent à ne tenir compte que des lésions siégeant dans les hémisphères cérébraux. Nous avons donc puisé

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à des sources très-diverses, et qui seront indiquées plus loin, les éléments du tableau que nous soumettons à nos lecteurs.

iNous n'avons pas cherché, suivant l'exemple de certains auteurs, à diviser les hémisphères en plusieurs régions, pour attribuer à cliaque point particulier de l'encéphale un ensemble de symptômes qui en révéleraient les lésions. Non-seulement les considérations théoriques que nous venons d'exposer seraient en contradiction avec un pareil classement ; mais encore les résultats auxquels on parvient de cette manière sont tellement confus qu'il ne saurait en ressortir aucune indication vraiment utile.

Nous n'avons pas cru non plus devoir tracer, suivant l'exemple des auteurs allemands, un tableau spécial des accidents qui se rencontrent dans la tuberculose et la syphilis cérébrale, et de ceux qui sont occasionnés par la présence des hydalides. Le nombre des faits que nous avons rassemblés ne nous a pas semblé assez considérable pour le permettre ; nous avons donc fait rentrer ces observations dans le cadre général des tumeurs, tout en nous réservant d'indiquer plus loin les caractères spéciaux qui leur appartiennent, si toutefois il en existe réellement.

Nous nous sommes donc contentés de séparer les tumeurs des abcès, qui offrent, au point de vue symptomatique, une physionomie assez nettement tranchée : et nous avons distingué les lésions du côte droit et celles du côté gauche, afin de pouvoir discuter la tiiéorie qui attribue à ces deux moitiés d'un seul et même organe des fonctions différentes et jusqu'à un certain point opposées. Enfin, nous avons établi un total général, qui nous sera de la plus grande utilité pour apprécier en bloc l'importance des phénomènes qui accompagnent les lésions de l'encéphale, quel que soit d'ailleurs le siège qu'elles occupent (voy. ci-contre p. 456).

Nous possédons maintenant les doiniées qui doivent servir de base à nos descriptions.

Nous ne suivrons pas, dans cette étude, l'ordre chronologique des symptômes, comme l'a fait Wunderlich. Cet auteur décrit les phénomènes qui accompagnent les tumeurs cérébrales d'après la classification suivante :

1" Symptômes généraux, correspondant à la période initiale : ce sont des troubles fonctionnels absolument indépendants du siège de la tumeur : tels sont le délire, les troubles sensoriels, la céphalalgie, les convulsions et les vomissements ;

2" Symptômes locaux, déterminés par la compression que la tumeur exerce sur les parties voisines ; ce sont principalement des paralysies de toute espèce, qui ne peuvent d'ailleurs se manifester qu'à une époque assez avancée de la maladie, quand la tumeur a acquis un volume suffisant pour leur donner naissance;

5" Symptômes terminaux, se produisant à la période ultime ; ce sont, une anesthésie généralisée, une résolution complète des membres, une perte complète de l'intelligence, enfin un coma profond.

Il suffit, pour faire justice de cette classification par trop artificielle, de faire o!)server que les symptômes dits terminaux se produisent souvent au début dé la m;dadie et qu'ils peuvent se trouver complètement masqués par les complications .fui siirvieinient à la fin. D'ailleurs, la distinction entre les signes généraux et les iignes locaux est loin d'être aussi nettement tranchée que le prétend Wunderlich; et pour n'en citer qu'un seul exemple, la céphalalgie, qu'il considère comme l'un des symptômes généraux, est un signe nettement localisé dans la plupart des cas, et coïncide le plus souvent avec le siège précis de la lésion.

Une autre considération, qui n'est pas sans importance, vient s'opposer à cette

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