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CERVEAU (pathologie

linctifs seraient dans la forme, qui est toujours plus nettement découpée dans le tubercule que dans la gomme ; de plus, dans cette dernière, il n'existe pas de ramollissement central et, par contie, le ramollissement de la substance cérébrale environnante est à peu près constant, ce qui n'a pas lieu pour le tubercule. Mais quant à la structure, il est incontestable, d'apiès Vircliow, à qui nous empruntons la plupart de ces détails, que dans le cerveau les gommes et les tubercules se ressemblent beaucoup.

Les foyers inflammatoires que nous avons signalés plus haut pourraient à leur tour être confondus avec les gommes dont il importerait cependant, au point de vue anatomique, de les distinguer.

Hydatides. C'est dans la seconde moitié du dix-septième siècle que les nosologistes signalèrent pour la première fois l'existence de tumeurs parasitaires dans le cerveau (Wepfer), et reconnurent à l'examen microscopique qu'il s'agissait de vers vésiculaires (Hartmann, Malpighi). Au siècle dernier, Ândry, doyen de la Faculté de Paris, s'exprime ainsi : « Les vers qui naissent dans l'homme hors des intestins, sont de diverses espèces, savoir : les encéphales, les pulmonaires Les encéphales naissent dans la tête ; il y en a de cin([ sortes : les encéphales proprement

dits, qui viennent dans le cerveau sur ses membranes , etc. » k peu près vers

la même époque, Palla? et Otto FabrJcius émirent l'idée que le cysticerque pourrait bien provenir du taenia.

Il ne nous appartient pas ici de faire l'histoire des tumeurs parasitaires en général; disons seulement que, dans le cerveau, on rencontre deux espèces de poches parasitaires, qui sont : le cysticerque cellulaire et l'échinocoque de l'homme.

11 existe dans la science en outre trois observations de cœnure cérébral. L'exactilude de ces constatalions a été niée par des helminthologistes très-autorisés. La première observation appartient à Zeser, la seconde à M. Louis, et la troisième à M. Clemenceau.

Au point de vue de la fréquence des hydatides dans le cerveau, Leukart prétend que cet organe vient immédiatement après le tissu conjonctif intermusculaire. Récemment, le docteur Kuhn, de Saint-Pétersbourg, a publié ses recherches tendant à prouver l'existence d'un quatrième genre que l'on rencontrerait assez souvent dans le cerveau (aussi dans l'œil et sous la peau), et qui serait formé par le ver cystique du bothriocéphale.

D'après d'autres, il est vrai, on ne trouverait dans le cerveau qu'une seule espèce de cysticerque, celle décrite par Rudolpbi, et plus tard avec plus de détails par M. Davaine. Sa tête est quadrangulaire; le cou est très-court, s'amincissant d'arrière en avant; la vésicule caudale elliptique. La tète, munie d'une double couronne de crochets, lesquels, d'après M. Davaine, auraient de 11 à 17 millimètres de long, présente des canaux longitudinaux dont l'usage est encore inconnu. Van Beneden et de Siebold les considèrent comme des vaisseaux sanguins; M. Blanchard y voit des cordons nerveux.

On voit que ce cysticerque est celui de divers organes du corps, et qu'il n'est autre que la larve du tsenia solium de l'homme.

L'échinocoque se rencontre dans le cerveau de l'homme dans une proportion plus fréquente que le cysticerque. Il est ovoïde, à peine visible à l'œil nu, comme le cysticerque, et se compose d'une vésicule caudale irrégulière, ovoïde, séparée de la tète par un étranglement circulaire. La tète, entourée d'une double couronne de crochets dont la garde est beaucoup plus développée que chez les cysticerques, est également ovoïde. D'après M. Kuhn, l'espèce d'échinocoque qui se produit sur

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l'homme et qu'il nomme endogène, serait différente de celles des animaux, auxquelles il donne le nom d'hydatides exogènes, ces diverses dénominations se rapportant au mode de développement des parasites.

Les hydatides se rencontrent dans le cerveau beaucoup plus souvent à sa surface que dans l'intérieur. Il n'existe que cinq cas d'hydatides dans les ventricules. Ce sont des poches de volume très-variable (lentille, noisette, noix, œuf de poule, orange) qui, le plus souvent, n'excède guère celui d'un pois lorsque les parasites sont multiples, et ils sont quelquefois innombrables; mais, isolés, ils peuvent devenir immenses. On en a signalé delà grosseur d'un œuf de poule. La forme, la consistance, la nature de la poche du liquide, sont identiques entre les hydatides du cerveau et ceux des autres organes ; nous avons surtout à signaler les troubles par voisinage produits par la présence des vessies parasitaires qui nous occupent. L'échinocoque étant le genre qui comporte les dimensions les plus considérables, c'est celui-là qui produit les effets les plus funestes. La pulpe cérébrale qui environne l'hydatide est comprimée, refoulée, souvent enflammée et ramollie, parsemée d'un piqueté fort dense. Les méninges participent alors à l'inflammation. Il se produit quelquefois des désorganisations cérébrales très-considérables. La complication la plus fréquente est la production de sérosité, soit dans les ventricules du cerveau, soit dans la cavité de l'arachnoïde. On y a même rencontré du pus. Il va sans dire que l'hydropisie se produit surtout dans les cas oiî les vaisseaux les plus importants sont comprimés comme cela a lieu lorsque l'hydatide siège à l'origine des veines de Galien. La tumeur, indépendamment de sa poche propre, est (juelquefois enveloppée d'une couche cellulo-fibreuse, transparente ou non, qui adhère au cysticerque d'un côté, et de l'autre à la substance cérébrale. Il n'est pas rare de voir, cependant, que les hydalides assez volumineuses, logées dans la substance même du cerveau, laissent celui-ci intact et ne donnent lieu à aucun symptôme morbide. C'est souvent sur des individus morts d'affections complètement étrangères à ces tumeurs qu'on a constaté des hydatides même volumineuses ou multiples. Sur B6 cas d'hydatides du cerveau signalés dans la thèse de M. Clemenceau, 20 fois les hydatides ont été constatées sur des individus qui ont succombé à des lésions très-diverses; c'est dans 36 cas seulement que la mort a été réellement due à l'existence de la tumeur parasitaire. Tout porte à croire, il est vrai, que les 20 individus en question auraient succombé probablement plus tard, consécutivement à la marche progressive des tumeurs logées dans la cavité crânienne.

M. Clemenceau cite un cas, unique dans la science, de guérison spontanée par l'ouverture du kyste au dehors, à travers les parois du crâne.

Il existe plusieurs observations de calcification des poches hydatiques.

Ou pourrait croire que, conjointement avec les hydatides du cerveau, on doit souvent en rencontrer dans d'autres organes. Il n'en est cependant pas ainsi. Kùchenmeister, sur 88 cas d'hydatides du cerveau, n'en a trouvé que 1 i fois dans d'autres tissus du corps.

Kystes séreux. De même que les anciens auteurs ont été trop souvent conduits au diagnostic de cancer du cerveau, de même ils appliquaient à des tumeurs liquides de nature très-différente le diagnostic de kystes séreux, (l'est ainsi qu'ils ont conclu à la fréquence des kystes du cerveau. Mais cette interprétation s'est beaucoup modifiée devant l'examen plus attentif des laits; nous savons maintenant que certaines tumeurs solides et notamment une des moins rares, le gliorae, subissent assez souvent dans certaines portions des transformations kystiques, sans DicT. liNc. XIV. 2y

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qu'on soit autorisé pour cela à considérer ces tumeurs comme séreuses. Plusieurs auteurs anciens ayant rangé parmi les kystes cérébraux les tumeurs liquides contenant des entozoaires et même des abcès enkystés du cerveau qui contenaient un liquide plus ou moins clair, nous devons également les défalquer du nombre. Il est incontestable que les kystes séreux du cerveau sont extrêmement rares. Lorsque même ils existent indubitablement, peut-on admettre qu'ils se soient formés indépendamment de toute lésion antérieure? Il serait peut-être plus admissible qu'ils sont le plus souvent constitués par des transformations ultérieures de foyers hémorrhagiques.

Les kystes séreux ont été rencontrés plutôt à la convexité du cerveau que dans sa profondeur; leur volume était ordinairement celui d'une noisette : ils deviennent cependant quelquefois gros comme le poing. Leurs parois, le plus souvent vascularisées à la surface libre, sont formés de tissus conjonctifs doublés de couches d'épithéliums. Mais lorsque le kyste prend un développement très-considérable, la paroi s'ammcit à mesure et même semble se résorber complètement au poinl que, la surface cérébrale dans laquelle il est logé disparaissant à son tour dans une large étendue, le liquide se trouve enkysté en partie par l'arachnoïde seulement. Leur contenu ne varie pas de celui des kystes de toute autre partie du corps : il est transparent, jaune-citrin, d'autres fois gélatineux, plus rarement louche. Divers auteurs en ont signalé contenant des concrétions fibreuses et même osseuses.

A côté des kystes séreux du cerveau il faut placer une tumeur liquide, qui consiste dans la dilatation auipullaire et parfaitement circonscrite d'un des ventricules du cerveau et notamment du troisième. La cavité contient un liquide transparent ou louche, mais ayant une enveloppe propre ne communiquant pas avec les autres ventricules ni avec les cavités de l'arachnoïde. Tout en admettant que ce produit morbide, très-rare d'ailleurs, constitue une des formes de l'hydrocéphalie, qui a été du reste désignée par quelques auteurs sous le nom d'hydrocéphalie enkystée, nous avons dû le considérer comme une tumeur et en faire mention ici.

Signalons encore des pseudo-kystes contenant un liquide sanguin ou colloïde, dont il existe quelques observations dans la science ; leur histoire est très-incomplète jusqu'ici.

On trouve aussi, sous la dénomination de kyste dermoïde, des observations oii les sacs kystiques contenaient des cheveux, des fragments d'os, de la graisse, etc.

Anévrysmes. — Les études sur les anévrysmes du cerveau ne datent pas de loin ; Serres, le premier, a publié un mémoire sur la rupture des artères du cerveau, et une dizaine d'années avant lui, Hodgson, dans son Traité des maladies des artères et des veines, signalait trois cas d'anévrysme des artères cérébrales. Ces publications furent suivies de près d'un certain nombre d'autres assez considérables (voy. Bibliographie). Mais ce n'est que dans ces dernières années que les anévrysmes du cerveau ont été ti aités dans des travaux spéciaux et soigneusement rédigés; ces travaux appartiennent à MM. Lebert, Gouguenheim et Casimir Durand.

Sur 68 cas analysés par M. Gouguenheim, 44 cas appartiennent aux artères cérébrales proprement dites, et se répartissent de la manière suivante :

Cérébrales moyennes, 44 ; carotides internes, 12 ; cérébrales antérieures, 8 ; communiquantes postérieures, 5 ; communiquantes antérieures, 2 ; cérébrales postérieures, 3.

Les cérébrales moyennes sont non-seulement les plus fréquemment atteintes,

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mais elles permettent aussi, eu égard à leur situation particulière, un grand développement aux anévrysmes.

MM. Bourneville et Fremy ont publié une observation de tumeur anévrysmale cylindrique de l'artère sylvienne gauche, ayant eu 2 centimètres et demi de long sur un centimètre et demi de large. M. Liouville a relaté l'histoire d'un anévrysme de l'artère sylvienne droite de la grosseur d'un gland de chêne. M. Gouguenheim signale un anévrysme de la carotide interne de la grosseur d'une petite noix, et de la communiquante postérieure de la grosseur d'un petit œuf.

La tunique celluleuse étant très-mince sur les artères cérébrales, et leurs parois, relativement aux artères des autres parties du corps, étant très-ténues, il est admissible que ces dispositions soient une des cause prédisposantes des tumeurs vasculaires intra-crâniennes, qui se trouvent principalement aux points d'origine et de bifurcation, et, en thèse générale, beaucoup plus souvent aux extrémités des artères.

Les tumeurs anévrysmales du cerveau sont, le plus souvent, consécutives à des dépôts graisseux et athéromateux de la timique interne ou de la tunique moyenne. Ceci est d'autant plus admissible, que cet état des artères est assez souvent généralisé, et qu'il existe un certain nombre d'observations d'anévrysmes du cerveau coïncidant avec des altérations identiques, siégeant sur les diverses artères du corps, fort éloignées du cerveau.

11 est permis de se demander si des efforts violents sur des individus déjà prédisposés par la dé^^énérescence des parois vasculaires, ne peuvent produire des anévrysmes du cerveau, comme cela a lieu pour des tumeurs analogues siégeant dans d'autres organes.

 tous ces points de vue, les tumeurs sanguines que nous décrivons rentrent ' dans les lois générales, et nous n'avons pas à y insister.

Les auteurs décrivent dans le cerveau les trois variétés d'anévrysme spontané : l'anévrysme vrai ou la simple dilatation, l'anévrysme mixte externe, qui peut devenir un anévrysme disséquant, et l'anévrysme artérioso-veineux. C'est la première variété qui est la plus fréquente. Dans la seconde, la tunique interne et même la tunique moyenne sont déchirées, le sang filtre entre la tunique moyenne et externe, refoule celle-ci et donne lieu à la formation d'une tumeur qui se développe ensuite incessamment. Lorsque le décollement a lieu dans une étendue très-grande, on a l'anévrysme disséquant du cerveau décrit par Virchow et Kœlliker.

Tout porte à croire que des études histologiques nouvelles sur les anévrysmes du cerveau démontreront que cette classification n'est pas plus fondée qu'elle ne l'est dans les grosses artères. Il est probable qu'elle rentrera dans les données qui résultent du travail de MM. Gornil et Ranvier sur les anévrysmes en général.

La forme des anévrysmes du cerveau est très-variable et dépend àurtout de leur siège : partout où les os du crâne mettent un obstacle au développement de la tumeur, celle-ci s'agrandit aux dépens du cerveau. Nous avons vu que ces tumeurs avaient été comparées, au point de vue de leur volume et de leur aspect, le plus souvent à une aveline, une muscade, une fève, un gland de chêne; dans des cas exceptionnels, à un œuf de poule. Les parois du sac s'épaississent avec le temps par l'hypertrophie de leurs tuniques fibreuses, ce qui faif qu'elles ont peu de tendance à se rompre. On a remarqué que ce sont les tumeurs anévrysmales de petite dimension qui se rompent le plus facilement, les parois de l'anévrysme étant plus minces à cette époque de leur évolution. Ces parois ne sont pas toujours 'isses, et les

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