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460 CERVEAU (pathologie).
division artificielle. Les changemntse survenus au sein même d'une tumeur cérébrale peuvent en modifier l'expression symptomutique et lui imprimer un caractère irrégulier, bien fait pour dérouter les observateurs même les plus attentifs. Parvenus à un certain point de leur évolution, ces produits morbides subissent, en effet, dans un assez grand nombre de cas, un travail de régression, de dégénérescence graisseuse ou d'atrophie, qui peut en réduire le volume ou en altérer la forme ; d'ailleurs une tumeur vasculaire peut offrir des alternatives de congestion et d'affaissement, qui déterminent presque inévitablement des oscillations correspondantes dans les phénomènes occasionnés par leur présence. Enfin, certaines tumeurs peuvent devenir le siège d'hémorrhagies véritables, qui donnent lieu à des accidents apoplectiformes. Nous ne faisons pas allusion ici aux anévrysmes dont la .rupture amène nécessairement une vaste liémorrhagie cérébrale, et dont il sera question plus loin; mais nous voulons parler de certaines tumeurs solides (gliome, cancer) qui deviennent le siège d'un épanchement sanguin et qu'on nomme alors tumeurs inondées.
D'après les considérations qui viennent d'être exposées, nous croyons devoir renoncer à toute idée systématique et nous contenter de faire, aussi complètement que possible, l'énumération des symptômes : ce qui n'exclut pas, d'ailleurs, une
certaine régularité dans le classement des faits.
Nous adopterons donc l'ordre suivant pour apporter plus de clarté dans nos descriptions :
i" Troubles de la sensibilité ; 2" Troubles de la motilité ; 3» Troubles de l'intelligence ; 4" Troubles viscéraux ;
5" Symptômes divers, ne pouvant se prêter à aucune classification méthodique et auxquels il faut réserver, par conséquent, une place à part.
I. Troubles de la sensibilité. Les troubles de la sensibilité, comme la plupart des symptômes qui accompagnent les tumeurs cérébrales, peuvent se diviser en phénomènes d'excitation et en phénomènes de dépression. A la première classe appartiennent les sensations douloureuses de toute espèce, qui occupent ici une si grande place ; à la seconde, nous rattacherons les paralysies sensorielles soit locales, soit générales, qui présentent une importance capitale au point de vue du diagnostic-
1» Douleur. Dans la plupart des cas, la présence d'une tumeur ou d'un abcès dans la substance cérébrale se révèle par des douleurs de diverse nature ; notre statistique nous en fournit 156 cas sur un totnl de 274, soit environ 3/5.
C'est incontestablement sous forme de céphalalgie que se manifeste le plus souvent le symptôme douleur. Nous l'avons rencontré 126 fois sur 274, c'est-àdire dans presque la moitié des cas.
Le plus souvent, cette douleur de tête est généralisée ; elle semble occuper toutes les parties de l'extrémité céphaliqne (89 fois sur 126 cas). Lorsqu'elle affecte un point spécial, elle siège le plus souvent à lu région frontale (2o cas). Elle peut occuper aussi l'occiput (10 cas) ; mais la douleur occipitale est infiniment plus fréquente dans les affections du cervelet que dans celles des hémisphères. Enfin, la céphalalgie peut être temporale, pariétale, fronto-occipit;de ou fronto-lemporale; elle est souvent accompagnée de douleurs extrêmement vives à la nuque.
CERVEAU (pathologie), U\
Elle affecte quelquelois le caractère fulgurant (Charcot). D'autres fois, c'est une série de coups de marteau , ou une sensation de briilure.
Il est un fait d'une signification trop prûcise pour êlre passé sous silence ; je veux parler des rapports qui existent entre le siège de la douleur, (lorsqu'elle se limite à un point particulier) et le siège de la lésion. Sur 20 cas où la circonstance a été notée, il en est 46 où la céphalalgie siégeait du même côté que la tumeur; deu.v fois seulement, elle occupait le côté opposé. Pour les abcès la règle est encore plus absolue ; nous possédons onze observations dans lesquelles les manifestations symptomatiques ont coïncidé avec le siège précis de la collection purulente, mais nous n'avons trouvé qu'un seul cas ou la céphalalgie existait du côté opposé. C'est là, comme on le voit, une donnée aussi intéressante au point de vue de la physiologie pathologique, que précieuse sous le rapport du diagnostic. Nous savons en effet que le cerveau ne peut pas souffrir par lui-même ; il réagit donc, selon toute apparence, sur des nerfs périphériques qui sont chargés de souffrir pour lui, et le siège de cette douleur réflexe est, dans l'immense majorité des cas, en rapport pins ou moins direct avec le point lésé.
D'un autre côté, il n'est pas sans intérêt de rappeler, au point de vue clinique, que souvent l'existence d'une douleur nettement localisée a permis à la chirurgie d'intervenir directement pour atteindre le mal, et donner issue à une collection purulente, qu'il aurait été impossible d'aller chercher au milieu de la masse encéjihaliqne, sans cet indice accusateur.
Mais ce n'est pas ici le lieu d'approfondir une question sur laquelle nous aurons à revenir au sujet du diagnostic. Contentons-nous, pour le moment, d'étudier les principaux caractères de cette manifestation morbide.
La céphalalgie est habituellement l'un des premiers symptômes qui frappent l'attention de l'observateur; elle poursuit le sujet dupais le commencement jusqu'à la fin de la maladie ; souvent même elle constitue à elle seule tout l'appa- [lareilsymptomaiique, pendant un assez long espace de temps. Elle présente, en général, de grandes vaiiations d'intensité; tantôt aiguë, tantôt obtuse, elle peut oll'iir des exacerbations et des rémissions irrégulières ou présenter un type intermittent assez régulier ; on comprend, dès lors, qu'elle ait pu quelquefois passer pour une simple migraine, jusqu'au moment où d'autres phénomènes venaient en préciser le sens.
Cliez une malade que l'un de nous (M. Bail) a observée l'année dernière à l'Hôtel-Dieu, la douleur, dont l'intensité dépassait tout ce que l'imagination peut concevoir, offrait un type régulièrement quarte ; les accès revenaient tous les trois jours, laissant entre eux un intervalle de deux jours pleins pendant lesquels cette malheureuse femme jouissait d'un calme relatif. Il est à peine nécessaire de dire que ces accidents périodiques n'ont été nullement amendes par le sulfate de quinine.
Cette douleur à périodicité régulière, et surtout à type quarte, serait d'après certains observateurs, l'apanage des tumeurs cérébelleuses ; cependant, dans le cas dont il s'agit, la lésion occupait la convexité du lobe antérieur de l'hémisphère droit.
Cette observation remarquable suffit pour montrer que la périodicité dans l'évolution des symptômes peut aussi se rencontrer dans les cas où le cerveau proprement dit est seul intéressé.
On voit quelquefois la douleur de tête cesser brusquement, après avoir duré pendant un long espace de temps ; il n'est pas rare alors de voir survenir, pour la Lia. liM; -\1V. 50