VIEILLE FEMME ALIÉNÉE
dans le cerveau.
dans la moelle épinière.
dans le cerveau.
dans la moelle épinière.
Eau
traces.
traces.
albumine. ....
Matières organiques.
( autres
l chlorures
Matières salines. . .<
( autres .......
- Je dois faire observer que les nombres portés dans la dernière colonne horizontale des deux tableaux^ qui précèdent, représentent en bloc la quantité totale des différents corps suivants : matière animale, carbonate de soude, phosphate de soude et phosphate de chaux.
On sait que dans certaines fractures du crâne, la déchirure de la dure-mère et de l'arachnoïde viscérale permet au liquide céphalo-rachidien de quitter le tissu conjouctiï sous-arachnoïdien et de se porter vers l'extérieur. Lorsque le cuir chevelu est resté intact, le liquide peut former sous le tégument des tumeurs plus ou moins volumineuses, ainsi que Marjolin, Daix et Warrington Howard en ont cité des exemples. Si le cuir chevelu est lui-même le siège d'une solution de continuité, la sérosité sous-arachnoïdienne peut librement s'écouler au dehors. Il a donc été possible, dans des cas semblables, de recueillir le liquide, soit directement, soit après une ponction préalable et de le soumettre à l'analyse. Je me bornerai à mentionner ici les résultats obtenus par Baiidrimont et par Rabourdin, Le liquide analysé par Rabourdin s'était écoulé en assez grande quantité pendant
56 CÉPHALO-RACHIDIEN (liquide).
la vie du malade, et l'on put constater, après la mort, que c'était bien du liquide céphalo-rachidien. 11 contenait :
Eau 98,630
Albumine O.OGO
Chlorure de sodium 1,130
Matières extractives. . l
l'hosphate.j dépotasse 0,140
Sulfate. .1 j
Carbonate de soude . . '
Le fluide céphalo-rachidien examiné par Baudrimont ibimait, sons les téguments du crâne, une tumeur que l'on avait dû ponctionner pour l'extraire. Il se composait de :
Eau 97,360
i mucus et matière organique appréciable par l'alcool 0.960 albumine. . | fibrine. . . [ traces. ^ 1,800
sang. . . . ) matière organique indéterminée. . . 0,840
( chlorure de sodium 0,42G
Cendres. . i phosphate el carbonate de chaux. . . 0,0.18 \ 0,G40 ( sels non délermiués 0,196 |
Enfin, si nous portons notre attention sur la conipositioii du liquide cérébros|)inal rocneilli en dehors de toute influence pathologique, nous constatons que les ciiiffres obtenus sont très-analogues, sinon identiques aux chiifres précédents. Je ne citerai que deux analyses, pour ne pas allonger outre mesure cet article. Celle de F. Iloppe nous donne :
Eau 98,74
Matières solides 1 ,25
Albamine 0,16
Matières extractives. 1 . «t.
Sels inorganiques. . j '
Celle de Lassaigne, faite sur le liquide céphalo-rachidien d'un cheval, lui a fourni les résultats suivants :
Eau 98,180
Albumine 0,035
Osmazome 1,104
Chlorure de sodium 0,610
Sous-carbonate de soude 0,000
Phosphate et carbonate de chaux O;009
Je ne terminerai pas sans ajouter que la sérosité sous-arachnoïdienne paraît aussi contenir quelques traces de sucre. Sur un échantillon d'une quinzaine de grammes, provenant d'un chien bien portant, que j'ai remis à Fleury, professeur agrégé au Val-de-Gràce, cet habile chimiste a trouvé du sucre d'une façon manifeste, mais eu trop petite quantité pour qu'il ait pu en opérer le dosage.
Si, maintenant, nous cherchons à tirer une conclusion de toutes les données qui précèdent, nous voyons que leliquide céphalo-rachidien contieiitune quanlité d'eau bien plus considérable que le sérum du sang, et que, par contre, il ne leiiieime qu'une quantité d'albumine égale au soixantième et même au centième de celle contenue dans le plasma. Le nombre donné par Lassaigne dans sa dernière analyse est même de beaucoup inférieur à cette proportion, mais il me paraît exceptionnel et son exagération doit faire soupçonner son exnctitude. Il semblerait, d'après Berzelius, que l'albumine du liquide céphalo-rachidien ne soit pas absolument identique à celle du sérum sanguin : « Chauffé jusqu'à l'ébullition, dit-il, ce liquide
CÉPH.iLO-RACHIDIEN (liquide). 57
devient opaque, sans se coaguler; mais si l'on continue longtemps la coction, il finit par se troubler, et dépose quelques petits flocons réunis d'albumine coa;julée, laquelle cependant a subi un commencement d'altération par la longue durée del'ébuUition, et se dissout bien plus difficilement dans l'acide acétique que l'albumine coagulée du sérum du sang. » Mais ce caractère, et quelques autres d'ordre tout à fait secondaire, ne paraissent pas propres à la sérosité sous-arachnoïdienne, car Lehmann a montré qu'ils appartiennent également aux liquides provenant des différentes cavités séreuses, et, d'ailleurs, ils ne sont pas constants.
La librine ne figure que dans fort peu d'analyses, et encore seulement sous la mention : traces. Cependant, on peut facilement constater que le liquide extrait d'un animal vivant devient légèrement louche quelques minutes après l'extraction, et qu'il s'y forme un coagulum fibrineux toujours appréciable, mais tro[)peu abondant pour que l'on puisse en évaluer la quantité. Si la fibrine n'a pas toujours été retrouvée, cela tient probablement à ce que le liquide n'était pas frais ; car lorsque la sérosité a séjourné quelque temps dans le cadavre, elle perd souvent sa propriété de coagulation. Il est aussi très-probable que si l'on avait pu agir sur des quantités de liquide assez considérables, on aurait pu constater la présence de certaines substances, telles que la caséirie, la créatine, etc., et faire disparaître ou tout au moins atténuer les cbilTres portés sous les rubriques un peu vagues d'osmazome ou de matières extractives.
Parmi les matières minérales contenues dans le liquide cépibalo-rachidien, le chlorure de sodium tient le premier rang. Bien qu'il ait été souvent dosé conjointement avec le chlorure de potassium, on sait que ce dernier sel ne forme qu'une portion minime du mélange, en sorte que la quantité de clilorure de sodium contenue dans la sérosité cérébro-spinale est au moins le double de celle que renferme le plasma sanguin. Quant aux autres substances saUnes, telles que les carbonates de chaux ou de soude, les phosphates des mêmes bases, etc. , elles ne présentent à noter que leur coexistence dansle sérum du sang et dans le liquide qui nous occupe. En résumé, composition qualitative analogue à celle du sérum sanguin; composition quantitative différente en ce sens que. l'albumine est réduite au soixantième ou au centième de ce qu'elle est dans le sérum, tandis que le chlorure de sodium •est porté au double et que l'eau est augmentée dans des proportions sensibles. Cette richesse en eau et en chlorure de sodium, cette pauvreté en albumine constituent, sans contredit, le meilleur caractère distinctif du fluide céphalo-rachidien. Aussi est-ce par l'analyse seule que l'on peut affirmer qu'un liquide séreux s'écoulant par l'oreille, par les narines ou par une plaie du cuir chevelu, chez un individu qui a lait une chute sur le crâne, est ou n'est pas du sérum sanguin, est ou n'est pas du fluide céphalo-rachidien.
m. Nature do liquide céphalo-rachidien. Il me semble que, dans l'état actuel de DOS connaissances, il est au moins oiseux de se demander si le liquide céphalorachidien est sécrété par l'arachnoïde, comme l'avance Cruveilhier, ou s'il est produit par la pie-mère, comme l'ont prétendu Haller, Magendie et Longet. N'est-il [las évident que ce liquide est une transsudation semblable à celles qui se (ont dans toutes les cavités séreuses de l'économie et qu'il ne peut provenir que des vaisseaux sanguins situés au voisinage des points oii il apparaît? La ressemblance de ce li(|n!de avec les autres sérosités avait frappé Gotugno : « ... Sed aqua,ei qu'idem simili quam circa cor continet pericardium... qiiœ reliqiia tandem complet corporis cava..., » mais l'anatomiste italien ne pouvait aller plus loin que ne le comportait la physiologie de son époque ; aussi se borne-t-il à admettre que le
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liquide est sécrété par les extrémités capillaires artérielles, tandis que les radicules veineuses l'absorbent et maintiennent sa quantité dans des proportions constantes.
Le liquide céphalo-rachidien étant une transsudation, sa composition chimique doit nécessairement varier comme celle du sérum ; et c'est ce que l'expéiience vérifie. On voit ce liquide devenir franchement jaune citron dans l'ictère et dans la fièvre jaune. Les différences quantitatives, que nous avons notées plus haut, s'expliquent tout naturellement par les lois générales de la diffusion ou plutôt de la filtration. De là une plus grande abondance d'eau et de sels, de là une diminution considérable des matières albuminoïdes. Mais que le mode de la circulation sanguine vienne à changer, et l'on ne tardera pas à constater une modification sensible dans la composition de la transsudation; c'est ainsi que dans l'hydrocéphale aiguë, le liquide renferme souvent plus d'albumine que dans l'hydrocéphale chronique, parce que la circulation capillaire est gênée et se fait avec plus de lenteur.
Cependant, on ne saurait se dissimuler qu'il existe une certaine différence entre le liquide céphalo-rachidien et les autres sérosités, sousle rapport de la composition chimique. Couerbe, à la suite d'une analyse simjdement qualitative, avait trouvé dans la sérosité sous-arachnoïdienne non-seulement les éléments constitutifs du sérum sanguin, mais encore des substances que l'oh rencontre uniquement dans les niasses nerveuses, notamment celle que l'on a désignée pendant longtemps sous le nom de cérébrote, ce qui l'avait amené à conclure que le liquide céphalo-rachidien est un liquide spécial. Toutefois, comme cette substance n'a plus été retrouvée depuis, il est permis de supposer que l'analyse avait porté sur un liquide impur, et, partant, que ces résultats sont entachés d'erreur. Il convient donc, pour juger des différences, de preudre comme type la composition moyenne du fluide cérébrospinal et de la comparer à celle des autres sérosités de l'économie. Pour abréger, je prends au hasard deux de ces liquides, celui du péricarde et celui du péritoine, et je place en regard les analyses les plus récemment faites. Voici le résultat que nous donne cette comparaison :
LIQUIDE CÉPHALOnAClIIDIEN.