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Les résultats relatifs à la tension de la vapeur de mercure autorisent à penser qu'aux températures ordinaires de l'atmosphère, la tension de cette vapeur est extrêmement faible et néghgeable. Ainsi se trouve justifié l'emploi du mercure dans les baromètres et dans les thermomètres. En effet, la formule qui représente ces résultats, quand on l'appliqUe aux températures inférieures à 30 degrés, donne, pour la vapeur mercarielle à saturation, des forces élastiques inférieures
a âV de millimètre.
Limites du phénomène de la vaporisation. Le phénomène de la vaporisa-^ tion peut-il se produire à toute température, ou seulement entre deux limites déterminées? La solution de ce problème de physique doit être demandée à i'expé-
lieiice; elle ne peut pas être donnée par les l'ormules empiriques qui sans doute représentent exactement les résultats relatifs aux tensions des vapeurs dans les limites des expériences qui les ont fournies, mais dont les indications ne doivent être acceptées qu'avec une extrême réserve quand on étend ces formules en dehors de ces limites.
Bellani a pu conserver des plaques de zinc poli pendant deux ans et à des températures inférieures à 15 degrés au-dessus de zéro, suspendues dans des vases clos au-dessus d'une couche d'acide sulfurique monohydraté, sans que l'état de la surface métallique ait paru avoir éprouvé d'altération sensible. On sait avec quelle rapidité, atix températures supérieures à zéro, une feuille d'or est ternie par les vapeurs mercurielles. Il résulte des expériences de Faraday qu'une feuille d'or suspendue au-dessus d'une masse de mercure n'éprouve aucune altération sensible tant que la température est maintenue inférieure à 6 degrés au-dessous de zéro. Tout en reconnaissant que, par l'expérience directe, il est impossible de résoudre cette question d'une manière rigoureuse, nous devons pourtant luire remarquer que ces observations tendent à établir que, pour l'acide sulfurique, le mercure et probablement aussi pour les autres corps, il existe une température, une limite inférieure, au-dessous de laquelle la vaporisation ne peut plus s'effectuer.
Vaporisation totale. Cagniard de Latour a fait des .expériences
curieuses sur la vaporisation dans des espaces clos, à de très-hautes
températures. Un tube de verre à parois très-épaisses et deux fois
recourbé (fig. 33) contient du liquide dans la partie large AB, du
mercure en GMD, et en DF de l'air dont les variations de volume
peuvent servir à apprécier les variations de pression à mesure que la
vapeur se forme en A. L'appareil était plongé dans un bain dont la
température était connue. Cagniard de Latour a expérimenté ainsi
sur l'éther, l'alcool, l'eau et le sulfure de carbone; il a constaté
que, dans les conditions suivantes de température et de pression,
ces liquides n'entrent pas en ébullition, mais éprouvent la vaporisation totale
dans des espaces hermétiquement clos dont la capacité est de deux à quatre fois
leur propre volume.