‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 1 sur 98 · DES · texte numérisé non relu

DES

CHALEUR AlVlMilliE. Les atiimaux sont soumis aux lois générales des échanges de chaleur entre corps voisins, soit au contact ou par conductihililé, soit à distance ou par voie de rayonnement. Cependant, tant qu'ils vivent, quelque place qu'ils occupent dans l'échelle zoologique, ils jouissent de la faculté remarquahle de ne se mettre nécessairement en équilibre de température ni avec les corps inorganiques, ni avec les autres êtres vivants, placés dans leur voisinage, ni même avec le milieu gazeux ou liquide qui les enveloppe de toutes parts.

Dans les conditions normales de leur développement et de leur existence, ils ont tous et conservent une température supérieure à celle du milieu ambiant ; l'observation la plus vulgaire le démontre pour les oiseaux et les mammifères. Il est nécessaire de recourir à des procédés d'investigation plus délicats, et surtout de se garantir avec soin de l'action réfrigérante de Vévaporation, pour vérifier l'exactitude de cette proposition dans le reste du règne animal; mais le fait n'en est pas moins général et aujourd'hui incontestable. Lorsque, exceptionnellement, le thermomètre s'élève aux environs de 45 degrés ou dépassa ce point de l'échelle, les animaux résistent à réchauffement et se maintiennent au-dessous de la température extérieure, pourvu toutefois que l'influence ne soit ni assez intense, ni assez prolongée pour compromettre définitivement leur existence.

L Température des animaux. Les recherches entreprises dans le but de déterminer la température des animaux sont très-nombreuses; malheureusement les résultats n'en sont pas très-comparables, parce qu'ils n'ont été obtenus ni dans des conditions identiques, ni avec des instruments d'égale sensibilité. Ainsi, pour les animaux supérieurs, les uns ont choisi la bouche, pour lieu d'observation, d'autres Vaisselle, d'autres le rectum ; et, comme la chaleur est loin d'être uniformément répartie dans le corps des animaux, déjà cette circonstance jette du vague et de l'incertitude sur la valeur relative des délerminationsde température fournies par les divers aiiteurs. Martine, J. Hunier, J. Davy, Newport et la plupart des observateurs ont employé, dans leurs recherches, le thermomètre à mercure;

DICT. EVC. \V. i

MM. Becquerel et Diitrochet se sont servis d'aiguilles thermo-électriques. Nous verrons plus tard que, pour certaines déterminations de température locale chez les animaux supérieurs, et aussi pour apprécier l'état thermique de beaucoup d'animaux inférieurs, les appareils thermo-électriques peuvent seuls donner des résultats acceptables. Il ne faudrait pourtant pas exagérer les inconvénients de ce manque d'homogénéité dans les instruments et les procédés d'observation. En analysant avec soin les faits particuliers, en tenant compte des circonstances au miheu desquelles ils ont été recueillis, en ne rapprochant qu'avec réserve les matériaux fournis par les divers observateurs, il nous sera toujours possible d'éviter l'erreur et d'asseoir nos conclusions sur des bases incontestables.

A. Température des animaux supérieurs. L'étude comparative de la température des animaux et de celle du milieu, air ou eau, dans lequel ils vivent, les a fait partager en deux groupes très-naturels. Le premier comprend les mammifères et les oiseaux, pour lesquels a été longtemps et exclusivement réservée la dénomination d'animaux à sang chaud, parce qu'on les considérait, à tort, comme les seuls êtres vivants doués d'une température propre. Dans le second groupe rentrent tous les autres animaux, encore généralement connus sous le nom impropre d'animaux à sang froid. Chez ces derniers, la productiou de chaleur est assez faible pour avoir été mise en doute par quelques physiologistes. Longtemps, en effet, on a pu croire que leur température se confond avec celle du milieu ambiant et la suit exactement dans toutes ses variations. Des faits nombreux, fournis par des moyens d'observation plus exacts, ont fait justice de cette erreur.

Oiseaux. De tous les êtres organisés, les oiseaux sont ceux dont la température est le plus élevée. Ce fait, universellement reconnu, a été mis hors de toute contestation par les travaux de Martine, de J. Hunter, de J. Davy, de M. Despretz, de MM. Prévost et Dumas, etc., etc. Il résulte des recherches de ces observateurs qu'à l'âge adulte, et sous l'influence d'une ahmentation suffisante, la température des oiseaux ne s'abaisse pas normalement au-dessous de 59,44 degrés, et ne s'élève pas* au-dessus de 45,90 degrés.

Mammifères. Quoique placés à un degré supérieur de l'échelle animale, les mammifères ont une température sensiblement moins élevée que celle des oiseaux. Les résultats nombreux, dont la science s'est successivement enrichie, permettent d'établir que la température des animaux appartenant à cette première classe des vertébrés oscille normalement entre 35,50 et 40,50 degrés, atteignant ainsi, par sa liiuite supérieure, la limite inférieure de la température des oiseaux. Malgré leur présence continuelle dans l'eau, les Cétacés ne font pas exception à cette règle. Il n'en est pas de même des Mammifères hibernants; quoique leur organisation leur assigne une place très-élevée dans l'échelle zoologique, ces derniers mammifères, par le phénomène de la calorification, se confondeut presque complètement avec les animaux des classes inférieures.

Entre les limites précédemment établies, la température des mammifères et des oiseaux varie suivant la famille, le genre, l'espèce auxquels appartient l'animal ; on ne la trouve pas non plus parfaitement identique chez les divers sujets dune même espèce. Le climat, la saison, les diverses heures du jour et de la nuit, et les diverses autres conditions physiologiques n'exercent qu'une faible influence sur la température générale de ces animaux, mais impriment de notables modifications à la température locale des diverses parties de leur corps. Les tableaux suivants, dont nous avons emprunté les éléments aux principaux observateurs qui se

sont occupés de recherches de ce genre, en même temps qu'ils servent de justification à nos propositions générales, donnent une juste idée de l'étendue et del'importauce de ces variations individuelles.

TEMPERATURE DES OISEADX.

DESIGNATION

DE l'animai.

Chat-huant

Pétrel

P. capensis

Perroquet

Oie commune

Choucas

Moineau commun

Moineau commua eu cage

Poule des jungles

Poule commune

Coq d'Inde

Grive commune

Pigeon commun libre

> ...••••• Poule commune

Poule de Guinée

Canard commun

Héron

Poule

Pigeon

Canard

Poules

Coqs

Pjgeon

Trois moineaui francs bien couverts d

plumes

Quatre chats-huants volant bien ....

Deux corneilles commençant à manger seule

Chouette adulte

Tiercelet adulte •

Moineau complétemeut élevé

Moineau adulte ,.

Bruant adulte

Deux corbeaux adultes

Trois pigeons

Quelques petits oiseaux

Divers oiseaux

TEMPERATURE DE l'animal.

Je 39°, 44 de 39°,44

de39»,44à42°,22

LIEU DE l'observation.

Rectum, id.

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• Aine.

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