‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 32 sur 98 · V. TAXONOMIE · texte numérisé non relu

V. TAXONOMIE

204. classification. La classification a deux buts. Premièrement, elle doit permettre de se reconnaître dans le dédale des espèces et même des formes ; — de trouver, une forme étant donnée, le nom qui la détermine, et l'espèce capable de la produire (puisque, en mycologie connue en entomologie , chaque espèce est susceptible de plusieurs formes), — ensuite son genre et sa i'amille. C'est là une nécessité primordiale pour les sciences naturelles ; plus tôt elle est satisfaite et

plus tôt les progrès de tout ordre, aiiatomiques, physiologiques, économiques, sont permis ; avant, tout est chaos ; les savants ne peuvent pas même transmettre leurs découvertes à leurs successeurs ; et il faut avouer que, dans quelques-unes de ses parties, la Mycologie n'est pas encore sortie de cette phase initiale.

205. Le second hut de la taxonomie est d'augmenter le nombre et la probabilité de nos reconnaissances inductives : car, en réunissant dans les mêmes groupes naturels les espèces qui offrent le plus de ressemblance dans leurs parties facilement accessibles à l'investigation, on peut légitimement admettre que cette ressemblance s'étend aux organes et aux propriétés d'une investigation plus laborieuse, de sorte que l'étude approfondie de quelques-uns des spécimens du groupe iait connaître avec grande probabilité chacun des organismes qui le composent. On comprend combien cette méthode dirige nos investigations, accélère nos progrès, et accroît la somme de nos connaissances.

206. La classification doit donc être faite en vue de ce double but. Mais, quelle que soit l'importance du second, il est primé par le premier, surtout au début d'une science; et la mycologie en est à ce début. Telles sont, croyons-nous, les idées générales qui doivent présider au choix de la classification à adopter.

L'espace nous manque, et nous le regrettons, pour discuter les diverses classifications proposées. Au moins, devons-nous indiquer à grands traits la voie générale que la science paraît avoir suivie.

207. Historique. Tant que l'observation a été superficielle, les formes, le volume, l'état, filamenteux, charnu ou coriace, ont été les seuls guides. Ils avaient déjà permis d'établir quelques groupes génériques plus ou moins heureux, dans les premiers essais de Cœsalpinus (1582), de Jean Ray (1685), enfin de Tournefort (1719) ».

Mais l'ordre ne commença vraiment qu'à partir de Micheli(1729), quand ce remarquable savant florentin, instituant l'investigation anatomique par l'œil armé d'une loupe, découvrit les corps reproducteurs des champignons, et, tout en adoptant modestement le classement de Tournefort, précisa les groupes et les enrichit d'un grand nombre de genres soigneusement analysés*. On peut le regarder comme le vrai fondateur de la mycologie.

208. En 1755, Gleditscli, par son Methodus fungorum, suit les traces de Micheli et ajoute à ses découvertes : Battarra, Schalfer, Scopoli, Paulet, Gieseke, par leurs publications et leurs dessins enrichissent la mycologie, mais sans y apporter de conceptions vraiment nouvelles ; on abandonne au contraire peu à peu la féconde analyse anatomique, inaugurée par l'illustre florentin ; Linné lui-même ne fait qu';idopter, que fi.xer ces travaux sans y rien ajouter; et notre compatriote et confrère Paulet, par son antipalhie malheureuse pour la méthode et pour la voie scientifique, renditpresque stériles, pour sa gloire et pour la science, ses sacrifices et sa remarquable publication.

209. Mais notre Bi?lliard, l'ingénieux Bulliard, comme dilE. Pries, par son magnifique « Herbier de France » (602 planches), par ses fines analyses et ses dessins d'une exécution et d'une fidélité qui n'a pas été surpassée ni même égiilée,

1 Tournefort classait ainsi les champignons : 1° les Fimcjus (nos Agaricinés ou à peu près); 2° Fungoïdes (nos Pézizés et autres) : 3» Boletus (Bolets et Morilles) ; 4° Agarkus (nos Polypores) ; h" Ujcoperdon (Lycoperdacées) ; 6° Coralloïdes (nos Clavaires et autres) ; 7» Tuber.

2 Je citerai seulement pour exemple, avec les noms actuels : Hydnum, Phallus, Geaster, Aspergillus, Botrytis , Posidotna, plusieurs Myxomycètes; Polysaccum, Sclerodeima, les Kidulaires, elc.

est venu donner à la mycologie un élan nouveau. En vérifiant les observations de Micheli et en les poursuivant, il restitue à la sporification l'importance qu'elle possède et que l'on mettait de nouveau en doute. 11 divise les champignons en quatre ordres, suivant la place que les organes de la reproduction occupent :

i" dans l'intérieur du réceptacle : ce sont les Gastéromycés de Pries, ou les endobasides avec endothèques et les endoclines de Léveillé ;

2" Sur toute la surface : ce sont les Clavaires, les Trémelles, etc. ;

3" Sur la face supérieure de ce réceptacle : ce sont les Discomycètes de Pries ;

4° Sur la face inférieure: ce qui comprend presque tous les hyménomycètes de Pries (les Clavaires, les Trémellinés, espèces résupinées exceptées) .

Sans doute, cette ordination n'était pas sans reproche ; mais elle était très-claire et esquissait déjà les principaux groupes sanctionnés par les progrès postérieurs. Cependant ce qui est excellent dans BuUiard, ce sont ses planches, imprimées en couleur par lui-même, à une époque oij un tel art n'existait pas, et par un procédé qui a été perdu depuis.

210. Persoona entrepris, dans son excellent Synopsis Fungorum, dedonnerune autre classification, fondée sur les formes du réceptacle et aussi sur les rapports entre lui et les organes de sporification. Cette base, plus ou moins heureusement mise à profit, fut d'ailleurs celle de tous les auteurs et celle de Pries luimême.

2H. Mais il est juste de dire que dès dSlO, Link, par ses travaux d'analyse microscopique , fixa à nouveau et plus fortement que jamais l'importance de cette investigation , oii il ne fut dépassé que bien plus tard (1837-42) par Corda (de Prague). Aussi Link fit faire de grands progrès à la constitution du groupement des genres, et il prépara l'excellent ouvrage que le D' Th. Nées publia dès 1817 , sous le titre System der Pilze, et qui constitue un très-grand progrès. Ce système universellement adopté institue : i" les Coniomïcètes (champignons poussière) ; 2° les Hyphomycètes (champignons composés de filaments libres ou presque libres) '; 3" les Gastéromycètes ; 4° les Pyrénomycètes ; 5° les Hyméno- MYCÈTES , comprenant sans doute les basymènes et les ascymènes ou hyménomy- Eètes et les discomycètes de Pries.

212. Enfin vint le grand législateur suédois delaMycologie, l'illustreElias Pries, qui, reprenant par un labeur immense toutes les données, les découvertes de ses prédécesseurs, et les accroissant des siennes propres fournit cette oeuvre magistrale qui a nom Systema mycologice , etc. , 1821-33. Cependant la classification adoptée par Pries est presque identique à celle de Link et surtout de Nées. Seulement, en se fondant sur la différence des formes du réceptacle, et surtout sur les spores renfermées dans des asces, Pries sépare en deux groupes les champignons à hyménium étalé : à l'un il donne le nom de discomycètes, emprunté à la iorme la plus fréquente du réceptacle, et à l'autre il conserve le nom d'hyménomycètes (§ o5, A.), qui (sans que le nom pourtant fort long en avertisse) ne s'applique plus qu'aux champignons à hyménium basidé.

213. Corda, qui vint ensuite et fit paraître les importantes analyses microscopiques que nous avons déjà citées, laissa les plus riches archives d'anatomie my-

* Voyez la nolo de la page 122 sur cette expression erronée que les auteurs se passent de main en main depuis Link.

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^94 CHAMPIGNOlNS.

cologique connues. Cependant il ne parut pas heureux dans son système de classification, qui d'ailleurs ne contient aucune idée nouvelle.

214. Nous allons d'abord reproduire l'ensembledela classification du maître suédois,— non pas absolument celle dont nous venons de parler, qu'il reproduit encore enl842danssonimportant Epicrjsis,— maiscelleàlaquelleila mis ladernière main et donné le jour en 1 846 dans le Summa vegetabilium. Il y remplace heureusement les coniomycètes et ces hyphomycètes, si mal nommés, par les Haplomycètes (champignons simples, inlorjç) , et il introduit le groupe des Gyranomycètes pour notre groupe des clinidés gymnostromes, augmenté de nos clinidés saprophytes superficiels (v. p. 204).

I. Les Hyniénoinycctes (Hyménié^ du docteur Quélet), dont l'hyménium basidé (ou basymène) est étalé et exposé en-dehors et le plus souvent en bas.

1° Cet hyménium exposé est de très-bonne heure figuré :

a. Lamelle ou plissé chez les Agaricinés ;

b. Tubuleux ou poreux chez les Pol\porés;

c. En pointes de clou ou d'épingle chez les Hydnacés.

«o Ou bien cet hyménium est d'abord lisse, puis vaguement costé :

d. Et inférieur chez les Auricularinés ou Théléphorés à réceptacle horizontal ;

e. De tous les côtés, chez les Clavariés à réceptacle vertical ;

f. De tous les côtés, mais surtout supérieurement, chez les Trémellinés, dont le réceptacle est mou, déprimé et gélatineux.

II. Les Discoin;^oètes, dont les spores sont renfermées dans desasces dressées et juxtaposées sur le réceptacle cupule, discoïde, étalé ou diversement contourné, grippé, etc., et formant un hyménium as cosporé (ou ascymène), ordinairement d'assez bonne heure exposé supérieurement. On les divise selon les formes de leur réceptacle (excipule des auteurs) et selon sa consistance charnue, cartilagineuse, coriace ou cornée.

Charnus 1° Les Helvellacés ou mitrulés à réceptacle saillant et allongé ; — 2» Les Pézizés (Bulgariacés) à réceptacle ou légèrement convexe ou méplat et plus souvent cupule.

3° Dermatés ;

4" Patellariés et Cénangiés ; 5° Phacidiacés cornés ; 6° Strictes membraneux.

III. Pyrénomycètes, dont les appareils de fructification sont groupés en petits noyaux ou pépins [nuclem, n^jpnv) plus ou moins superficiellement immergés dans le parenchyme d'un stroma, ou au moins dans celui du substratum, ou bien (chez les Erysiphés) petites sphères posées sur sa surface.

Pour Pries cette classe comprend non-seulement les espèces pourvues de vrais périthèques (c'est-à-dire d'un conceptacle entourant des thèques § 82) mais encore celles a pseudo-pénlhèques ou périclines (§ 83) (Sphéronémés, etc.). Il les divise, suivant la perfection du péritlièque, en :

1» Sphérucés, et thèques allongées ostiolés avec paraphyses;

2" DlCHŒNÊs id. irl L A ' U' ^ ^

„,.,,., l'ï' et deshiscents par

une fissure bi-labiee.

30 Périsporiacés ou Erysiphés, périthèques sans ostiose déhiscent, thèques coui tes et enflées, jamais de paraphyse. 4* Cytisporacés ;

5" Sphéropsibés ) c- , , -

Z^ } ou Spheronemes;

6" Phyllostictes )

IV. Gastéromycètes, comprenant pour Fries tous les champignons à réceptacle toujours ou longtemps plus ou moins régulièrement sphéroïtlal, clos et contenant dans son sein {yxainp) les appareils de fructification, soit basisporés, soit thécasporés. On les divise en

1° Phalloïdes;

2° TuBÉRACÉs (Hypogés basidés et thécasporés) ;

5" NiDULARlÉS ;

4° Lycoperdacés ;

50 Trichodermacés {Omjgena) ;

6" Myxogastrés (g 11) {voy. l'article Mycomycètes).

V. «ymnomycètes (yu^voç, nu), petites espèces ayant pourtant encore un petit réceptacle commun, plus ou moins charnu et dit stroma, sessile ou brièvement stipilé, et recouvert de clinides formant à sa surface une sorte d'hyménium à découvert. Fries divise ce groupe en cinq familUes, suivant la forme de ce stroma.

a. Réceptacle vertical :

1° Les Isariacés , réceptacle rameux.

2° Les Sporocybacés (xugïj, tète) id. capité. g. Réceptacle horizontal.

5° Hyméjnulacés, réceptacle couvert d'une couche hyméniale clinosporée ;

4" CoRYNACÉs, réceptacle pulviné avec spores septécs ;

5» Illosporiacés {illoç œil,), spores enfoncées dans un strome mou, puis pulvérulent.

\l. Haplomycètes {âv:looç , simple) champignons simplement filamenteux, le plus souvent libres, ou annexés plus ou moins rameux, sans base stromatique ; ils comprennent :

1" Byssoïdés (Mucorinés, Mucédinés, etc.)

2" Spokotrichés [QptE, rpixoç cheveux) , filaments épars, couchés, couverts despores simples (nos clinotrichés ; voy. p. 208) ;

3" Dématiés {Szy.drio-j, liasse), à filaments solides, résistants; à spores composées ou enchaînées (nos sclérolrichés ; voy.T^. 208) ;

4° Sporidesmiés (Jso-pnos, chaîi\e), minces etne consistant guère qu'en chaînes de spores ;

5" Hypodermes (Urédinés et Ecidiacés, etc.)

215. Tous les auteurs répétèrent cette ordination dans ses grands traits et dans ses grands détails; Chevallier, A. Brongniart, Corda, y introduisirent des modifications qui ont généralement paru peu heureuses.

216. Ainsi, on voit que cette classification, œuvre combinée de Link, de Nées et de Fries, a pour base la considération d'abord des rapports du réceptacle avec les organes de reproduction, ensuite la forme du réceptacle, enfin, en dernier lieu, Fries introduisit, en un seul endroit, la considération du rapport de la spore avec la cellule mère, pour la séparation des discomycètes et des UYMÉNOMYCÈTES proprement dits, qui formaient auparavant un grand groupe des HYMÉNOMYCÈTEs en général.

217. C'est cette considération fort nouvelle des rapports de la spore avec sa cellule mère de la forme de cette cellule mère (que d'ailleurs les progrès du microscope et de son emploi rendaient plus facile), que le docteur Léveillé pour-

suivit avec un grand bonheur. Il eu tira un système de classification fort remarquable et entièrement nouveau, au moins quant à l'idée directrice et quant aux grandes divisions. Nous ne disons pas que ce système vaut mieux ou moins que le précédent ; mais nous trouvons qu'il vaut autant ; — que Léveillé nous a montré toute la valeur de ce caractère nouveau, tiré des formes de la cellule mère et de ses rapports avec les spores , — caractère presque inconnu avant lui , ou au moins non employé ; là est l'œuvre, l'œuvre considérable de ce savant laborieux et modeste qui, bien qu'il fût notre mycologiste le plus éminent, mais incapable de toute intrigue et ignorant des bons moyens de se pousser, a vécu dépourvu de tout honneur, et s'est éteint dans la gêne et l'abandon *.

218. Léveillé divise donc les champignons en six classes, uniquement fondées sur les rapports des spores avec les cellules mères qui les engendrent et avec la forme de ces cellules. Cette unique considération, à laquelle on pouvait reprocher d'être trop systématique, l'a conduit à des divisions fort naturelles pour les grands groupes ; elle reste fondamentale, malgré les grands progrès de la mycologie ; on peut en juger pur le résumé suivant.

1. BASIDOSPOBÉS, chez lesquels émergent de chaque baside ou cellule mère une ou plusieurs paires despores portées sur la baside, qui est placée soit à la surface (chez les Ectobasides), soit à l'intérieur (chez les Eudobasides) du réceptacle :

1" Eqtobasides, à basides étalées en membrane hyméniale, soit sur une partie soit sur la totalité du réceptacle; ils correspondent auxhyménomycètes (Hyméiiiés Quélet). Les principales familles comprises dans cette section sont divisées en deux groupes :

a. AGARicmÉs, Phlébophorés, Polyporés, Hïdnés, Clavariés, Théléphorés, Trémellés.

ë. Phalloïdes (Glathracés, Lysurés).

Nous verrons d'ailleurs qu'on s'accorde aujourd'hui et avec raison, à placer les Phalloïdes avec les Hyménogastres ou Endobasides.

2° Endobasides, à basides contenues dans l'intérieur du réceptacle-péridium, et formant : une masse (Gleba) ou connée et simplement alvéolée pour l'épanouissement des basides, ou divisée en petites agglomérations entourées d'un péridiolg spécial.

«. Goniogastres (xovtç, poussière). Comprenant tous les endobasides dont la gleba se résout en poussière et filament. Ils se divisent en :

PoDAxiNÉs, Battarrés, TulostoméSjGeastrés, Beooméiés, Lïcopkrdés, Hippoper- DÉs, PoLYSACcÉs, ScLÈRODERMÉs, Trichodermés ; (ici Lévcillé place les Myxomycètes, que nous ne regardons pas comme de vrais champignons (§ 11) et que nous traiterons à part (voy. Myxomïcètes).

ê. Cyophorés (xJoç, ft'uit), Comprenant tous les endobasides qui, lors de ladé-

* N'est-il pas sinj,^ulièrement accusateur de la Providence, qui, dans notre patrie, veille à la réparlition des positions scientifiques, de constater son délaissement des trois grands mycologistes que la France a produits : Bulliard, Léveillé et Tulasne, ce dernier, homme pieux, seul a obtenu (et peut-être un concours extra-scientifique aidant) une place ridiculement modeste d'aide-naturaliste, puis de conservateur ou garde au Muséum! Tel est le sort brillant réservé dans notre patrie à des naturalistes que leurs longs labeurs ont rendus illustres, à l'étranger plus encore qu'en France ! Ce délaissement a contribué malheureusement à la perte de la plus grande partie des travaux que Léveillé accumulait depuis longtemps en porte-feuille : ses manuscrits, vendus à sa mort survenue avant la guerre, et portés par l'acquéreur dans la banlieue de Paris, y ont été brûlés ou dilapidés par les Prussiens.

hiscencedu péridium, émettent des conceptacles clos (péribasides) et non la gleba pulvérulente.

Ils se divisent en :

POLYGASTRÉS, NiDULARIÉS, CaRPOLOBÉS, HyMENANGIÉS.

II. THÉCASPORÉS, chez lesquels les spores sont produites , libres et flottantes, au sein d'un protoplasma liquide, qui remplit la cellule mère ou thèque. située : soit à l'extérieur (Ectothèques) du réceptacle, soit à l'intérieur (Endothèques).

\o Ectothèques, à thèques étalées en couche hyméniale sur la surface du réceptacle :

a. Mitres, à réceptacle pédicule, souvent alvéolé ou membraneux,à tête allongée; comprenant les : Géoglossés, Morchellés, Helvellés.

g. Cyathidés, à réceptacle sessile ou pédicule, en forme de cupule :

Pézizés, Agyriés, Cénangiés, Stictés.

2» Endothèques, chez lesquels les thèques et périthèques sont cachés dans l'intérieur du réceptacle ou du substratum :

«. Réceptacles secs, ou plutôt périthèques le plus souvent charbonnés, s'ouvrant de bonne heure par une fente ou par un opercule ou des valves étoilées'; Phacidiés, Hystéries, etc.

g. Périthèques secs, le plus souvent ovoïdes, charbonnés et s'ouvrant par un pore placé au sommet d'un goulot plus ou moins allongé : Sphériacés.

7. Récei)tacles charnus, arrondis et tubéreux, le plus souvent indéhiscents, s'ouvrant seulement par décadence : Tubéracés, Onygenés, Erysiphés (périthèques plutôt capsulaires ruptiles que charnus) ; parasites épiphylles.

III. CLIMOSPORÉS, à réceptacle recouvert par le clinode (cellules monosporées, note du § 70 et § 76) ou le renfermant dans son intérieur :

EcTOCLiNEs, à clinodes charnus, recouvrant toutou partie de la surface du réceptacle.

a. Réceptacle charnu, mou, en forme de capitule ou de coussin, sessile ou pédicule, couvert de spores déliquescentes, renfermant: Tuberculariés, Stilbacés, Excipulés, Mélanconiés, Myroth'éciés.

ê. Spores pulvérulentes : Urédinés, Ustk.aginés, Pucciniés.

Endoclines, à réceptacle coriace renfermant le clinode et les spores dans son intérieur, par exemple: Sphéronémés, Sphéropsidiés, Pestalozziés, Astéromés, etc.

IV. CTStTOSPORÉS, à réceptacle filamenteux, à spores simples renfermées dans un sporange terminal, membraneux, muni ou non d'une columelle centrale (composé uniquement des Mucorinés).

a. Columellés : Ascophorés, etc.

ê. Sans collumelle : Pilobolus, Syzygites.

\. TRICHOSPORÉS (ôpÇ, rpixoç clieveux), à réceptacle filamenteux, à filaments ou groupés ou isolés, et spores extérieures, fixées sur toute la surface ou sur plusieurs points seulement. Léveillé partage ce groupe en trois sous-divisions, selon que les spores sont : l« Sur les filaments groupés et reliés entre eux : Isa- BiÉs, Périconiés, etc. ; ou a° encore sur le sommet, mais filaments isolés, soit à sommet capité portant les spores, Céphalosporés , — soit rameux, les spores étant diversement groupées aux extrémités des rameaux: Rotrytidés, Dermos- . PORES, etc ; ou 3° les spores éparses étant plutôt accumulées en grande masse à la base des filaments dressés, par exemple, Helminthosporés, etc.

VI. ARTHRO^PORËS, à réceptacle filamenteux, simple ou rameux, portant

des spores enchaînées ou étant lui-même presque exclusivement composé de ces chaînes de spores (§85) . Les spores sont simples chez : Corémiks, Aspergillés, Oïdiés, Antennariés, etc. , et composées chez les Septonémés ; enfin le réceptacle chez les ToRDLACÉs n'est plus guère composé que de spores enchaînées.

219. Nous sommes loin cependant de considérer cette classification de Léveillé comme le dernier mot de la science, même de la science actuelle ; elle met seulement en évidence l'importance d'un caractère nouveau ou non apprécié selon sa valeur. On a cru, et Léveillé lui-même, que les découvertes de Tulasne portaient un coup fatal à l'importance de ce caractère ; mais c'est le contraire qui est vrai. Il résulte en effet des travaux de Tulasne et de tous ceux qu'il a entraînés à sa suite :

1» Que toute forme basidée (baside vraie, § 55), ou ascidée (thécasporée), est une forme définitive (§ 113 et 125) ;

2" Qne toute forme transitoire féconde ne l'est que par cellules mères acrogènes, soit CLiNiDÉES (§ 35), soit nématées (§24), soit sporangiales (sporange tel que nous l'avons caractérisé § 90) ; et par conséquent, que toute forme à sporification clinidée, nématoïde (§ 27), ou sporangiale, peut n'être qu'une forme transitoire, taudis que toute forme à fructification basidée ou ascidée est une forme achevée. Ainsi, ces caractères de la cellule mère sont en rapport manifeste avec les faits de métamorphose, ce qui augmente singulièrement leur importance. Ainsi, toute classification qui aspire à être naturelle, c'est-à-dire à s'appuyer sur tous les caractères ayant des attaches, des relations [irofondes avec les autres traits anatomiques ou physiologiques, doit tenir comme caractère de premier ordre celui que fournit la cellule mère. D'ailleurs, quoi de plus démonstratif à cet égard que de voir tous les groupes déjà regardés comme incontestables , formés par l'ensemble de longs travaux mycologiques, venir se reconstituer comme d'eux-mêmes par la seule considération de la cellule mère?

220. Il est clair cependant que l'importance de ce caractère, mise hors de doute, ne doit pas nous empêcher de rechercher tous les autres, afin de constituer des groupes qui se ressemblent par le plus grand nombre de traits possible. Ainsi, Tulasne en a révélé un de haute importance : à savoir, l'identité ou la similitude des métamorphoses successives. On sait combien ce caractère est important en zoologie ; il est donc probable qu'il l'est aussi en mycologie. 11 en est un autre assez voisin de celui-là et sur lequel nous avons appelé l'attention dans le cours de ce travail : ce sont les phases du développement, ou organogénie ; il est même susceptible de plus de généralité, car tout champignon a son embryogénie, et il n'y a aucune raison de supposer que tous aient leurs métamorphoses avec stades proli fiques. H y a donc encore à faire une revue des espèces sous ces deux points de vue. Il y en a une troisième, mais plus difficile, en ce qui concerne les phénomènes de sexualité. Il importe d'ailleurs de remarquer que ces trois sources d'observations exigent impérieusement la substitution de la méthode des cultures à celle presque exclusivement en usage des herborisations.

221. En résumé, n'adoptant pas absolument la classification de Pries et de ceux qui l'ont suivi, parce qu'elle néglige l'importante donnée de Léveillé, — ni celle de Léveillé, parce qu'elle nous paraît trop systématique, donnant partout le pas au caractère qui lui est cher sur tous les autres , il nous resterait à choisir entre celles essayées par les auteurs contemporains. Le docteur Th. Bail, dans son System der Pilze, publié à Bonn, en 1858, comme continuation de l'ouvrage de Nées et A. Henry (1857), essaye d'introduire, dans la classification de pries, la considération de la cellule mère, dont notre confrère Léveillé avait

fait connaître l'importance dès 1857 et 1842; le docteur allemand omet pourtant de citer notre concitoyen (auquel il ne laisse pas d'emprunter, outre les idées, quelques expressions). Mais cette ordination est incomplète.

Il y a aussi l'arrangement de J. Kickx dans sa flore cryptogamique des Flandres; mais ses (troupes trop peu analytiques nous semblent convenir mieux à une flore locale qu'à un tableau général ; — celle du docteur Bonorden : mais ce mycologiste, entraîne par son opposition contre Tulasne, contre Léveillé lui-même, qu'il ne connaît guère, a trop pris parti contre les mycologistes français ; malgré son grand savoir, ce n'est pas un esprit libre, il se refuse aux analogies, aux rapprochements les plus manifestes, de peur de donner une manche à l'adversaire.

Cependant nous lui avons emprunté plusieurs idées qui nous ont paru heureuses telles, par exemple, que l'importance du développement centripète et de l'expansion centrifuge; tel encore notre sous-oràre des Gymnostromés {Micetini de Bon,

Nous avons consulté aussi avec beaucoup de fruit l'ordination proposée par M. de Bary, donnée à la fin du Nomenclator fungor. du D'' W. Streintz, 1863.

222. M. E. Boudier, de son côté, a eu l'obligeance de nous communiquer le tableau manuscrit d'une classification des Champignons. Ce projet, qui lui est propre, très-clair, très-simple, ne nous a pas été inutile ; mais nous n'admettons pas comme acceptable, soit en théorie soit en pratique, même à titre provisoire, ses deux premiers grands groupes, déjà proposés par M. Fuckel (Bull, de la Soc. bot. de Fr., Revue bibl, 1871, p. 77) : 1» espèces imparfaites ou douteuses; 2° espèces parfaites ou vraies. Nous croyons en effet que ce sont exclusivement des caractères objectifs , particulièrement anatomiques et tombant sous les sens, qui doivent servir aune classification, et non une qualification qui ne tient qu'à notre ignorance actuelle ; car le douteux ne saurait être un caractère. En vain, l'auteur ajoute les qualificatifs « parfait et imparfait » il faudrait définir ce qu'est un champignon imparfait ; si la définition est possible, elle ne peut guère être qu'anatomique, et alors c'est cette anatomie qui doit servir à caractériser le groupe. D'ailleurs, soutenir avec l'auteur que les Mucor, que les Mucédinés sont tous des Champignons imparfaits, me semble fort hasardé. Bien au contraire, si le travail déjà cité de MM. V. Tieghem et Le Monnier ne nous a pas abusé, peu de champignons nous paraissent plus complets, plus parfaits, et aujourd'hui mieux connus, que ceux delà famille des Mucor, que Mucor Mucedo, par exemple, avec ses deux modes de reproduction (§112) par sporanges et par conjugaison lormant des oospores, etc.; peu me paraissent plus fâcheusement complets que les parasites de nos plantes, que Peronospora infestarts avec ses modes variés de reproduction l'une non-sexuée, sporangiale, zoosporée, l'autre sexuée avec copulation, etc., etc.

225. Enfin, nous aurions pu adopter la classification de Berkeley, qui est fort en faveur en Angleterre et qui mérite de l'être. Mais le troisième ordre, dit Coniomycètes, et le quatrième, Hyphomycètes, nous paraissent d'un usage très-difficile, notamment parce que l'auteur n'y a tenu aucun compte de la présence d'un stroma basique charnu, et parce qu'il n'éclaircit pas les rangs trop serrés des formes provisoires, peu connues, de ces deux grandes divisions, comme il l'aurait pu en constituant à part les petits groupes naturels composés de genres dont l'évolution est aujourd'hui bien connue : ainsi, il laisse les Peronosporés avec les autres MucÉ- DINES, dont beaucoup sont des formes transitoires; de même dans les Coniomycètes, il rapproche des Champignons fort différents , comme les Uredo et les

Ustdogo, que l'état de nos connaissances nous oblige à séparer, tandis qu'il en sépare de fort voisins, comme Puccinia et Urotnyces^ etc., etc.

224. Des raisons de même ordre nous empêchent d'adopter les ordinations tentées par quelques autres mycologistes, et nous décident à proposer la classification suivante, dans laquelle nous nous sommes efforcés de prendre en considération toutes les conquêtes récentes de la mycologie.

^£ÀD. Premier tableau méthodique des familles, et desgroupes systématique* comprenant l'ensemble des espèces et des formes des champignons.

(Dans ce tableau, à la suite de la description sommaire de chaque groupe, qui nous a paru l'équivalent d'une famille, soit par l'ensemble de ses caractères, soit par les formes déHnitives des champignons qu'il réunit, soit par l'accord des auteurs, nous avons inscrit le nom de cette famille en caractères gras : en graJWDEis CAPITai.ES quand la famille est un grand groupe typique, en petites capitae.es quand c'est un petit groupe de transition. t- b t-

De môme, à la suite de la caractéristique des groupes systématiques, ou renfermant beaucoup de formes transitoires, etc., nous avons inscrit les noms des grands groupes en GRAN- DES CAPITALES ordinaires, et ceux des petits groupes de même nature, en petites capitales Dans le courant du même tableau, on a eu soin que le titre de chaque division de même ordre soit écrit avec des caractères de même sorte. Enfin un astérisque * indique le renvoi à I article de ce Dictionnaire où le groupe est traité).

A. Champignons avant un corps (réceptacle) charnu, subéreux ou cellulo-mem-

BRANEU.X, ETC., MAIS TOUJOURS FORMÉ DE CELLULES ENCHEVÊTRÉES ET ADKÉES 00 ADHÉRENTES LES UNES AUX AUTRES, OU {voy. B. p. 206).

SARGODES (<TxpyM§-/]ç, charnu).

Champignons ayant un corps, c'est-à-dire, dont les cellules tubuleuses ou filaments, élément anatomique de tous champignons, sont contextes en un corps épais, rameux ou membraneux, soit soudés, soit au moins agglomérés dans une même masse muqueuse.

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