‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 67 sur 98 · CHASSE. BOSSE · texte numérisé non relu

CHASSE. BOSSE

p6(ée, peut avoir des conséquences très-fàcheuses. Le chasseur qui rentre après >voir été surmené pendant toute la journée, dit M. Legrand du Saulle est liale tant, courbaturé, la tête est inclinée sur la poitrine, la face injectée 'l'attitude pesante, le pouls fréquent , il parle peu, il est agacé, distrait ; son premier soin e.t de se placer auprès d'un grand feu, et là, il ne tarde pas à s'endormir « L'état comateux dans lequel il va rester plus ou moins de temps est la conséquence logique de la grande activité circulatoire, de la journée, de la surexcitation due aux émotions de la chasse ou aux boissons alcooliques qui ont été prises en "uise de stimulant, de la prostration des forces, de la diminution consécutive de^l'action cérébrale et du. passage d'une température basse à une température élevée. Entre cet état et l'imminence possible d'une congestion, il n'y a pas aussi loin qu'on pourrait le croire. » Ce danger est surtout très-grand pour les vieillards c'est-à-dire pour les hommes ayant dépassé la cinquantaine, et, à partir de 60 ans, M. Legrand du Saulle croit que la chasse devrait être 'complètement interdite.

Il ne faut pas croire que la réparation par l'alimentation soit ici une chose simple et facile, l'estomac et les intestins participent à cette grande fatigue et, dans ces cas, il n'est pas rare d'observer de graves indigestions. L'irrégularité des repas, le long temps qui s'écoule souvent sans que le chasseur puisse prendre d'aliments, la nature grossière de ceux dont il est souvent obligé de se contenter, contribuent puissamment à entraîner des- désordres du côté des voies digestives.

Mais ce n'est pas tout, les refroidissements soit par des abaissements brusques de température, soit par l'action de la neige ou de la pluie, le corps étant en sueur, la station dans une localité humide à l'affût du gibier, etc., etc., peuvent amener des phlegmasies du système respiratoire, des névralgies, des 'douleurs rhumatismales, etc.

Enfin de combien d'accidents la chasse n est-elle pas la cause? Chutes de cheval ou d'un lieu plus ou moins élevé, fractures, luxations, blessures diverses par maladresse ou imprudence, ou par le fait d'animaux dangereux, le sanglier par exemple ! . . . o > r

Maintenant quand cet exercice est pris avec modération et avec des intervalles de repos, il présente réellement les avantages que nous signalions plus haut; c'est une excellente distraction pour ceux que tourmentent des chagrins cuisants, un moyen très-efficace de relever une constitution débilitée par^ des excès, ou de compléter la convalescence. C'est dans ces circonstances qu on peut le recommander, mais en l'entourant de certaines précautions qui en écartent les dangers, ceux-là surtout qui proviennent de l'abus.

E. Beaugrand.

BiBLioGiiAPHiE.— J^ger(W.-S.). MecUca venatiotiis cotisideratio. Altorfii Noric, '173Î in-4'> Geilfus. Du vcnationis in tuencla studiosorum valetudine usu et abiisu. Gissœ, Ho? in-i» ! AoEKTi (M.) prœses; Klement def. De venalione inorbiftca. IlaUc Magcleb^ 1739 in-l» — . Dercdm. De venalione ad usum medicum. Viceb., 1746, in-4». — Murry An venatio cœteris exeralalwmbus salubrior? (P.esp. Alfirm). Th. de Paris, 1753, in-4». — Audin-Desfougerais (L.-C.-P.). Essai pratique sur quelques maladies les plus ordinaires aux veneurs Th de Pans, 1827, n° 27i . - Legrand du Saulle. Le froid et l'abus de la chasse, considérés comme cause occasionnelle de congestion cérébrale. In Gazette des hôpitaux, 1862, p. 18.

E. Bgd.

CHASSE-BOS»E. Nom donné au Lysimachia vulgaris L.

CHASSE-dIjIBLE. Nom qui a été donné jadis au Millepertuis {Hypericum yerforatum L.) [voij. Millepeutuis). Pl.

CHASSIE. Humeur grasse, légèrement jaunâtre, sécrétée par les glandes de Meïboniius, et qui forment le milieu onctueux dans lequel nage le globe oculaire. Quand les glandes sont malades, l'humeur altérée et plus abondante s'échappe au dehors, se sèche sur le bord des paupières, et il en résulte l'état connu sous le nom de lippitude [voy. Blépharite).

CHilSTEL. Voy. DUCHASTEL.

CHitiT. Le Chat domestique [Velis âomestica), que tout le monde connaît, est un Carnivore digitigrade, qui se distingue surtout par le nombre des dents molaires, dont il a quatre paires à la mâchoire supérieure et trois seulement à l'inférieure.

Ses molaires supérieures forment deux avant-molaires, dont la première est petite et uniradiculée, une forte carnassière tranchante, pourvue d'un talon externe et une arrière-moloire transversale de faible dimension ; ses molaires inférieures se partagent à leur tour en deux avant-molaires à trois pointes et une forte carnassière bi-ailée et tranchante. Sa dentition de lait ne comporte que trois paires de molaires en haut et deux en bas.

Le chat est un animal de forme gracieuse, à tête arrondie, à corps souple et dont la queue est assez longue ; il a cinq doigts aux pieds de devant et quatre à ceux de derrière ; ses ongles sont rétractiles. Les organes génitaux du mâle diffèrent à quelques égards de ceux des autres carnivores.

Cette espèce est loin de rendre les mêmes services que le chien, et elle n'est pas aussi complètement assujetti que lui ; sa domesticité est d'ailleurs moins ancienne. Cependant les Égyptiens s'en servaient déjà ; les Grecs lui donnaient le nom d'Âiluros.

On distingue plusieurs variétés de chats domestiques : le chat fauve-tigré, qui rappelle sensiblement par son mode de coloration le chat sauvage de nos forêts ; le chat des Chartreux, dont la couleur est d'un gris-ardoise uniforme, et le chat d'Espagne, dont la robe est marbrée par grandes plaques blanc-pur, roux vif ou noir ; enfin le chat d'Angora à pelage doux, soyeux et long.

On ignore l'origine du chat domestique, et les auteurs l'attribuent tantôt au chat sauvage de nos pays (F. Catiis), tantôt à celui de Syrie (F. Syriaca), tantôt au chat ganté (E. maniculata); mais il est possible que plusieurs espèces aient contribué à le donner, et, dans ce cas, les espèces dont nous venons de parler ne seraient pas les seules intervenues pour le fournir. Le Manul (F. Manul), duThibet et delaTartarie, est regardé dans cette seconde hypothèse comme étant probablement la souche des chats d'Angora, et le chat ganté aurait particulièrement donné la variété égyptienne. Les momies de chats que l'on retire des Ca'acombes appartiennent en effet à cette espèce, et Ton trouve embaumées avec elles deux autres animaux du même genre : le chat botté (F. caligata), et le chat Bubasles (F. Chaus), de taille un peu plus forte. Ce fait, rapproché de la présence des figures de ces différentes espèces existant parmi les peintures que nous ont laissées les Égyptiens, tend à faire admettre que ce peuple avait domestiqué trois espèces de Félis.

Autour du chat sauvage d'Europe (F. Catus), si peu différent, dans certains

cas, du chat domestique, se groupent plusieurs espèces de grandeur à peu près égale et qui ont sensiblement les mêmes caractères. Ce sont, outre le F. maniculata et le Manul, le F. Libijca et le F. cafra, déjà un peu plus forts, mais ayant la même apparence extérieure. Ils constituent un premier groupe, particulier à l'ancien continent. Le chat de Sumatra (F. sumatrana), et le chat de Java (F. javanensis, réunies par Temminck sous le nom de F. minuta, sont plus vivement colorés, mais leurs dimensions restent les mêmes, et l'on peut en rapprocher, sous le même rapport, le F. rubignosa, de Chine. Le F. planiceps, également d'e petite dimension, a la lête plus longue qu'eux, et sa première molaire supérieure est en outre pourvue de deux racines; on a fait de celte espèce le sous-genre Aiiurin. Le Serval (F. Serval), est d'Afrique ; sa coloration permet de le reconnaître aisément; il appartient à un autre groupe. Le Macroscélis {F. macroscelis) est encore différent ; il vit dans l'Himalaya et à Malacca. Le Viverrin (F. viverrina) est une autre espèce indienne, et l'on en trouve d'autres dans la même partie du monde qui sont également de grandeur moyenne. L'Asie et l'Afrique fo\irnissent l'une et l'autre des Panthères (F. Pardus), animaux plus forts et plus redoutables que les précédents, dont on n'a pas encore su caraclériser les différentes races ou espèces avec précision, ce qui ne permet pas de décider si le Léopard mérite bien d'être distingué spécifiquement de la Panthère ordinaire, comme le croient divers auteurs. Il existait autrefois des animaux de ce grou[ieen Europe, comme le prouvent des ossements semblables à ceux de la Panthère, que l'on a rencontrés dans les brèches, dans ledilavium et dans les cavernes, soit en France, soit en Angleterre, soit en Belgique et en Allemagne. Le Lion (F. Léo), est aussi une espèce du genre linnéen des Félis, aujourd'hui la famille des Félidés, et il en est de même du Tigre (F. Tigris) ; ce dernier egt le plus robuste et le plus cruel des animaux de ce groupe. Le Tigre ne se rencontre qu'en Asie, mais il s'étend depuis la Chorée jusqu'aux environs du Caucase et de l'Oural. Le Lion existe à la fois en Afrique et dans l'Inde; il constitue plusieurs variétés distinctes. Les lions de l'Inde sont assez différents de ceux de l'Afrique pour que des auteurs aient cru devoir les rej^arder comme constituant une espèce à part. Le Lion a vécu dans l'Europe orientale, en Grèce, par exemple, du temps d'Hérodote, et l'on doit regarder comme constituant une espèce du même sous-genre, peut-être même une simple race de l'espèce actuelle le grand Félis fossile dans les cavernes européennes et dans les autres gisements quaternaires, auquel on a donné le nom de F. spelœa. C'est le même qu'on a quelquetois appelé, mais à tort, le tigre des cavernes.

Les Lynx sont des Félidés de moyenne taille, principalement répandus dans les régions septentrionales des deux hémisphères; leur queue est plus courte que celle des autres espèces de la même famille, et ils manquent de la petite fausse molaire, propre à ces dernières, ce qui ne leur donne plus que trois paires de molaires à chaque mâchoire ; en outre ils ont habituellement des pinceaux aux oreilles. Les Lynx des régions arctiques ont le poil doux et fourni, ce qui les fait rechercher pour leur fourrure, tandis que les autres Félidés, ayant en général le pelage moins souple et moins abondant, ne servent guère qu'à faire des tapis. 11 est vrai que la vivacité de leurs teintes et l'élégance habituelle de leur coloration, jointe à l'ampleur de la peau de plusieurs d'entre eux, leur donnent une supériorité marquée sur la plupart des autres pelleteries. Il existe des Lynx dans l'Europe centrale. Une espèce de ce genre se montie quelquefois en France, dans les Basses-Alpes, par exemple, et il en a été pris un exemplaire, en 1822, auprès d'Issingeaux (Haute- Loire). Les montagnes de l'Espagne et du Portugal possèdent aussi de semblables

DICT. ENC. XV. 52

animaux. — Les Caracals (F. Caracal), qui ressemblent beaucoup aux Lynx, habitent le nord de l'Afrique et quelques pnrtiesde l'Asie méridionale. — L'Once ou Irbis {F. Oncia), est une sorte de Panthère propre au Nord de l'Asie; elle joint à la fourrure épaisse des Lynx, le système de coloration des Panthères, relevant un fond f^ris de belle nuance ; ce qni fait préférer cette espèce à tous les autres Félidés ; aussi le prix de sa fourrure en est-il fort élevé.

L'Amérique n'est pas moins riche en animaux de la famille des Félidés que l'Asie et l'Afrique. Les Lynx y sont représentés par le F, canadensis, etc.; le Lion par le Couguar ou Puma (F. concolor) , moins fort il est vrai que le Lion véritable et toujours privé de crinière, et les Panthères par le Jaguar (F. Unça), que l'on confond parfois avec elles, quoique ses taches soient en roses, et que par ses proportions robustes il rappelle le Tigre. Le Couguar et le Jaguar sont propres aux parties chaudes de l'Amérique; c'est encore dans ces régions que pullulent la phipart des espèces de Félidés propres au même continent. Celles-ci sont moins redoutables : ce sont l'Ocelot (F. Pardalis) et le Chati (F. mitis), après lesquels viennent le Margay (F. iigrina) et d'autres de taille encore moindre, le Macroure (F. macroura), le Cliat de Geoffroy (F. Geoffroy), l'Eyra (F. Eyra), le Colacolo (F. Colacolla), le Pageros (F. Pageros) et le Jaguarundi (F. Jaguanmdi), animaux dont les dimensions ne dépassent guère celles des petites espèces asiatiques ou africaines.

11 faut rapprocher des Félidés dont il vient d'être question le Cryptoprocte [Cnjptoprocta ferox), l'unique représentant de cette division à Madagascar. Ses principaux caractères justifient pleinement la distinction générique dont il a été l'objet.

Un groupe encore distinct est celui des Guépards ou Tigres chasseurs de l'Inde et de l'Afrique (genre Cynailurus), qui s'éloignent surtout des autres animaux de la même famille par la disposition non rétractilede leurs ongles. C'est la seule exception qu'il y ait à signaler sous ce rapport. Les Félidés, quelle qu'en soit la taille, ont en effet les principaux caractères du Chat sauvage. Leurs pieds sont également bien armés ; leurs dents ont le même tranchant ; la forme de leur crâne est semblable ou à peu près ; ils ont la même conformation cérébrale, la même disposition des organes génitaux et la même apparence extérieure ; leurs instincts sont également farouches et sanguinaires, et ce sont des animaux de proie ; aussi font-ils de nombreuses victimes. Suivant leurs propres forces, ils s'attaquent aux grands mammil'ères ou aux petites espèces de cette classe et de celle des oiseaux. Tous ont, d'ailleurs, les allures élégantes et sveltes du chat de nos forêts, et ils passent leur vie dans le carnage.

La classification de ces animaux offre de sérieuses difficultés, et la diagnose de toutes leurs espèces n'a pas encore été établie avec une égale piécision. Les particularités secondaires de leur dentition ou de leur squelette, la longueur relative de leur queue, les pinceaux dont les oreilles de certains d'entre eux sont ornés, leur coloration et d'autres caractères encore, présentent cependant un certain nombre de différences qui permettent d'établir parmi eux plusieurs groupes secondaires et de caractériser assez exactement un certain nombre de leurs espèces. C'est ce que nous avons essayé de rappeler dans i'énuraération qui précède. Si l'on joint aux indications tirées de ces caractères, celles que peut lournir la distribution géographique des espèces elles-mêmes, on arrive à se faire une idée plus nette encore de ce groupe de mammifères à la ibis si remarquables par la beauté de ses formes et si redoutables par ses appétits destructeurs.

CHATAIGNES. • 499

Les Guépards constituent parmi les Félidés nctuels un genre nettement caractérisé; le Cryptoprocte s'éloigne d'une manière plus sensible encore des autres animaux de cette famille ; il a quatre paires de molaires à chaque mâclioire par suite de la présence d'une fausse molaire inférieure de plus que chez les autres Félidés.

Indépendamment des grands Félidés, fossiles de l'époque quaternaire, que nous avons signalés en Europe, tels que la panthère fossile (F. antiqua de Gii'vier), et le Lion des cavernes {F. spelœa), auxquels s'en ajoutent d'autres encore, il a existé, pendant ces temps géologiques, des animaux de la même famille, dont quelquesuns sont faciles à distinguer des Félis actuels. Ces animaux ont vécu à différentes époques de la période tertiaire; nous citerons parmi eux les Pseudélures, pourvus de quatre paires de molaires inférieures, et les Machairodes, dont les canines supérieures étaient en forme de longs poignards. Il y avait encore des Machairodes au commencement de la période quaternaire, et l'on retrouve en Asie et dans l'Amérique des fossiles du même genre. Le Felis neogea, que de Blainville a appelé Smilodon, était une grande espèce de ce genre, contemporaine des édentés gigantesques du Brésil et de la République Argentine. Les terrains fossilifères du Nebraska (États-Unis), ont aussi fourni des Félidés différant génériquement de ceux de l'époque actuelle. p, Gekvais

Bibliographie. — Buffon. Hisf. nat. gén. et particulière, t. IX, etc. — Temminck. Motiograplues de mammologie. — Umw^ (W.). JÂons, Tigers, etc. In Nalurahst's Librari/, t III 1845

- De Blainville. Ostcographie, genre félis. - Gray (J.-E.). Catalogue du Brkish Muséum.

— ùTRAus-DuRCKiiEiM. Anutomie du chat (ostéologie, syndesmologie et myologie).

Cffl.4TABGME. Fruit du châtaignier [Castanea vesca L.) {voy. Châtaignier). Un certain nombre d'autres fruits ont porté le même nom. Ainsi on appelle:

Châtaigne cl Amérique ou Châtaigne de Saint-Domingue le fruit du Cupania americana L.

Châtaigne du Brésil, le fruit du Bertholettia excelsa. H. B.

Châtaigne d'eau, le fruit du Trapa natans L.

Châtaigne de mer, les semences de l'Acacia scandens, qui sont entraînées par* le GulfStream depuis l'Amérique jusque sur les côtes occidentales des îles Britanniques.

Châtaigne de terre, les tubercules de Bunium Bidbocastanum L. ou Terre-Noix [voy. ce mot). Pl

Les châtaignes forment un aliment très-salubre, utilisé par les hommes et quelques animaux domestiques. En France, en Italie, en Suisse et en Goi se, les habitants des montagnes s'en nourrissent presque exclusivement pendant l'hiver. La récolte de ce fruit est abondante et n'exige à peu près aucun travail.

Le châtaigner se reproduit par semis ; son fniit, en général plus petit que le niarron, porte le nom de châtaigne. Celles-ci, réunies au nombie de deux dans l'involucre, présentent une face plane. Les marrons, que des marchands spéciaux font rôtir et vendent à Paris, pendant l'hiver, sous le nom de marrons de Lyon, sont des variétés de châtaignes plus grosses, qu'on multiplie par greff ; la graine,' étant unique, ne présente pas de face plane. Les marrons les plus estimés viennent de l'Isère, et des environs de Luc dans le département du Gard.

D'après M. Salomon, directeur de l'École forestière de Colmar, les principales espèces de châtaignes sont :

GIIATAIGINES.

i" La châtaigne printanière de Lyon et de Paris ;

2° La royale blanchère de Périgueux ;

3° La portaloue ;

4" Le daudnenco des Géveniies ;

5» L'olivonno des mêmes conlrées, et en général les variétés les plus précoces.

Le châtai-nier ne prospère malheureusement que dans les régions tempérées de l'Europe, et craint le froid. Sa culture s'étend de la région des oliviers sur celle de la vigne tout entière, puis pénètre dans celle des céréales. Plus au nord, il est cultivé comme arbre forestier, fournissant d'excellents cercles pour les tonneaux. Dans le Midi, il recherche les montagnes et l'exposition du nord. Son fruit, caché par un feuillage épais, a plutôt besoin de chaleur continue et prolongée que de

chaleur lumineuse ***

Pour conserver les châtaignes et marrons, on les dessèche au four, ou mieux

dans des séchoirs particuliers, où on les fait suer. Après quinze jours, l'opération

est terminée, et le périsperme est devenu assez friable pour se détacher facilement.

Quelquefois la dessiccation s'opère dans les cheminées, où l'on place des mannes

, en osier pleines de fruits.

La desquamation s'opère en plaçant les fruits convenablement desséchés dans un sac de toile long et étroit, qu'on frappe sur un billot. On vanne, et lesécorces servent à faire suer la récolte suivante. Ainsi préparées, les châtaignes peuvent se conserver plusieurs années, surtout si on a le soin de ne pas les réduire d'avance en larine, dont la conservation est plus difficile.

On peut, avec cette larine, préparer au moyen du levain un pain qui lève mal à cause de l'absence de matière élastique dans.la pâte. Généralement on les fait-cuire à l'eau, et celle-ci sert à délayer les aliments des porcs.

D'après MM. Thibierge et Remilly, 100 parties de farine de châtaigne donnent 66 parties d'amidon, 20 parties d'une liqueur très-sucrée et U parties de sucre analogue à la cassonnade. La châtaigne, telle qu'on la trouve à Paris dans le commerce, contient 48 pour 100 d'eau. D'après Payen, elle renferme 0,53 pour 100 d'azote, et ce chiifre, lorsqu'elle est desséchée, s'élève à 0,96 pour 100. Ces proportions d'azote correspondent à 3,5 et 6,2 pour 100 de matière azotée. On voit d'après ce dosage, que cet aliment est pauvre en substance plastique ; aussi Pabst et Pétri ne lui attribuent-ils que la moitié de la valeur alibile du pain. Il faut, d'ai)rès de Gasparin, 2S36 de châtaignes fraîches et 1S62 de châtaignes sèches pour faire l'équivalent de 1 kdogramme de pain de Paris contenant 1,249 d azote pour 100. D'après ces chiffres, le prix de lOO kilogrammes de châtaignes doit, suivant qu'elles sontfraîches ou sèches, être le même que le prix de 28 ou 39 kilogrammes de blé.

Dans les pays de production, 100 kilogrammes de châtaignes reviennent a 4 fr. 88, ce qui ferait ressortir le prix de l'hectolitre de blé (7tJ kil.; prix moyen, 20 fr.) à 13 fr. 24. La châtaigne est donc un aliment à bon marché, mais qui ne peut servir de base à l'alimentation en raison du volume (5 kilog. environ) que 1 homme devrait absorber pour y trouver la quantité d'éléments plastiques qui lui est nécessaire. Ces considérations expliquent pourquoi, dans les pays ou ce fruit est utilisé pour la nourriture, on est obligé de multiplier les repas et de lui adjoindre des aliments plus azotés. Malgré ces précautions, les populations qui en font un usage trop exclusif sont faibles et de petite taille.

Le marron constitue un aliment un peu plus riciie. A l'état sec, il contient 1 ,17 pour 100 d'azote, cequi cor- espoud à 7,6 de substance album ino-ide. A l'état

CHATAIGNIER. 5q,

frais, il renferme 54 pour 100 d'eau, ce qui diminue la proportion d'azote de plus de moitié. "

Un beau châtaignier donne 50 à 60 kilogrammes de châtaignes Le produit moyen des châtaigneraies, en France, est de 611 kilogrammes à l'hectare et peut a 1 aide de soins s'élever beaucoup plus haut; malheureusement l'arbre ne donne de bonnes récoites qu'à 40 ans. C'est pour cette raison qu'on le plante surtout dans les terrains abandonnés. p Coulier

ClIATyi]«rviER. Castanea Tournef. Genre de plantes Dicotylédones de la famille des Gupnhferes, dans le grand groupe des Amentacées de Jussieu Ce -enre établi par Tournefort, avait été réuni par Linné au genre Hêtre ou Facjus ■ mais le' botanistes n'ont point pour la plupart adopté cette réunion et en sont revenus à l'idée des prédécesseurs du savant suédois.

Les Castanea sont des arbres atteignant de grandes dimensions, à feuilles simples, à fleurs polygames. Les chatons mâles sont cylindriques, très-lnn-s et formés de fleurs groupées tout le long de Taxe en petits glomérules munis de bractéoles a la base Chacune des fleurs est composée d'un périgone à six divisions et d'un nombre détammes qui peut varier de huit à vingt. Les inflorescences femelles sont tormees de deux à trois fleurs réunies ensemble dans un involucre commun hérisse d'épines dures et rameuses. Ces inflorescences sont tantôt axillaires d'autres lois a la base de chatons mâles sur le reste de leur longueur. Chaque fleur'a un périgone à cinq ou SIX lobes très-étroits, adhérent à une douzaine de petites étamines qui avortent le plus souvent ; un ovaire infère, ayant de trois à six loges, surmonté d un style court et d'autant de branches stigmatiques qu'il y a de loges. Les fruits deviennent une sorte de nucule coriace, ovale trigone, à une seule loge, par avortement de toutes les autres. Ils sont renfermés, isolés ou deux à trois ensemble dans leur cupule hérissée de piquants, qui les enveloppe complètement et s'ouvre seulement à la maturité en quatre lobes irrégulie.s. La graine, contenue dans la nucule. est ridée à la surface, et contient, sous une enveloppe membraneuse un gros embryon, sans albumen, dont les cotylédons sont remplis de matière féculente Une seule espèce de châtaignier nous intéresse, c'est le Châtaignier ordinaire Castanea vesca L.), qui vient à l'état sauvage, dans nos régions, mais seulement dans les terrains contenant une certame proportion de silice. C'est un très-bel arbre, dont les feuilles oblongues aiguës, dentées sur le bord, sont fortement nerviees a la face inférieure, glabres efd'un beau vert luisant. On le cultive dans les pays de montagnes et ses fruits forment dans certaines régions,dans les Cévennes par exemple, presque le fond de l'alimentation. On en a distingué un très-grand noL bre de variétés, dont la plus estimée est celle dont on nomme vulgairement les fruits narrons. Ils sont gros, presque ronds; la chair est fine, de saveur a-^réable et contient très-peu, pour ne pas dire point, de débris de la membiane extérieure de la grame, qui pénètre plus ou moins profondément dans les rides de la

On sait l'usage des châtaignes, qu'on mange cuites, bouillies ou rôties. A l'époque de la maturité on les fait souvent sécher, surtout les variétés inférieures Pou' cela on les expose au feu sur des claies ; et on obtient l'amande dépouillée de "toutes ses enveloppes, sèche et blanchie à la surface. A cet état on les dési^^ie d ans nndi de la France sous le nom de Châtaignes Manches (voy. Cha„). Tournefort. Institut iones, 352. - De Candolle. Flore Francai.r HT -nr r

i^enera Plantarum, '275. - Gracier et Godbon. Flore le Franc" ixlf' -^^'«'"'=">=«-

502 CIIÂTEAU-GONTIER (eaux minérales de).

CUATAIRE. Synonyme de CATAIRE.

CDATEAU-GOniTIER (EaUX MINÉRALES ET ÉTABLISSEMENT HÎDROTHÉRAPIQUE

de), athermales, bicarbonatées calciques et crénatées ferrugineuses faibles, carboniques fortes, dans le département, de la Mayenne, dans l'arrondissement de Châleau-Gontier et à une faible distance de la ville decenom, émergent à 50 mètres au-dessus du niveau de la mer, d'un rocher schisteux, sur la rive droite et à 60 mètres de la Mayenne, deux sources connues depuis quatre siècles sous le nom d'eau de Fougues rouille'e. L'eau des sources que l'on appelle aussi source Saint- Julien ou de la Vieille voûte, et source de la voûte Neuve, est d'une limpidité parfaite à la source de la voûte Neuve ; mais à la Vieille voûte, au moment où elle sort de terre, elle jaunit et se tronble. Lorsqu'on la laisse quelques instants dans un verre, elle se couvre d'une pellicule irisée, quand elle est en contact prolongé avec l'air extérieur. L'eau de la source Saint-Julien ou de la Vieille voûte tapisse de rouille les parois intérieures de sa fontaine. Des bulles gazeuses petites et en assez f^rand nombre la traversent et viennent s'épanouir à la surface de l'eau. Son odeur est piquante et ferrugineuse, sa saveur est styptique et fortement chalybée. Elle fait descendre à 7» la colonne d'un thermomètre centigrade. Le débit de l'eau de Fougues rouillée est de 1,700 litres en 24 heures. Son analyse, faite en 1849 par M. Ossian Henry, a donné pour 1,000 grammes d'eau le résultat suivant :

Bicarbonate de chaux et de magnésie 0,4556

Sulfate de soude et de cliaux (anhydre) 0,1000

Sulfate de magnésie 0,5200

Chlorure de sodium et de magnésium 0,2004

Silice et alumine 0.0174

Crénate, upociénate et carbonate de fer 0,1040

Total des matières fixes 1,5974

Gaz acide carbonique libre ........ 1/8 du volume.

M. Henry ajoute que l'eau de la source de Fougues rouillée contient encore quelques traces de manganèse, de nitrates et un principe arsenical, qui est sensible surtout dans le dépôt ocracé trouvé au fond du bassin de captage. Ce dépôt abondant a fourni aussi du carbonate terreux, du sesquioxyde de fer avec des traces de manganèse et de principe arsenical, enfin de l'alumine, de la silice et une matière organique (acide crénique et apocrénique ou une substance analogue) unie en partie au fer. M. Demortain fait remarquer, à propos de l'analyse de M. Henry, de l'eau de la source de Chàteau-Gonlier, que <( non-seulement les dépôts des sources ne peuvent offrir qu'une partie des éléments de l'eau mméiale, et ne les offrir que sous des formes nouvelles avec un groupement moléculaire nouveau des proportions relatives différentes entre les éléments séparés; mais qu'ils peuvent encore présenter des principes étrangers à la composition de l'eau. Ainsi (et sans rappeler ce que le sol lui-même pourrait fournir) M. Henry signale, parmi les composés du dépôt ocracé de la source de Château-Gontier, des traces de nitrates qui ne se trouvent pas dans Teau elle-même. H y a là, visiblement, une formation nouvelle sous l'influence de causes qui n'agissent pas dans la minéralisation de l'eau » (Demoitain, Ann. de la Soc. d'Injdrôl. médic. de Pans, Préparations médicinales dérivées des eaux minérales, t. IX, p. 580, loo.--

La maison de bains de Château-Gontier n'est point à proprement parler un établissement thermal, mais un établissement hydrolhérapique où les malades trouvent réunis tous les moyens balnéaires nécessaires à un traitement complet

CIIATEAU-GONTIER (eaux minérales de). 503

dont l'eau froide forme la base. Ou y donne aussi des bains ordinaires et médicinaux, des bains de vapeurs simples et médicamenteuses, des bains sulfureux des fumigations sèches et humides, des douches chaudes. Des lits de repos sont disposés près de chaque étuve, dans des cabinets séparés, pour les baigneurs qui sortent de la vapeur ou de la boîte à fumigations.

Emploi thérapeutique. L'eau de la source de Fougues rouilles s'administre ou le matin à jeun, à la dose de trois à dix verres, ingérés à un quart-d'heure d'intervalle, ou aux repas, coupée d'une certaine quantité de vin rouge ou blanc, suivant les indications que l'on veut remplir. Il est exceptionnel que l'eau de Château-Gontier soit chauffée pour être employée en bains et en douches, mais cette eau, à la température de la source, est souvent administrée en bains d'immersion, en douches de courte durée.

Nous n'avons pas à parler ici des effets physiologiques ou curatifs de ces eaux formant la base d'un traitement hydrothérapique ; nous ne dirons rien non plus du traitement que l'on suit à Château-Gontier, comme partout ailleurs, eu prenant des bains tièdes ordinaires ou composés, des bains de vapeurs simples ou médicamenteuses, des bains sulfureux, des fumigations sèches ou humides, des douches chaudes, etc. Nous allons nous occuper exclusivement de l'action de l'eau de la source de Fougues rouiUée sur l'homme sain et sur l'houime malade. Emploi thérapeutique. Les appareils de la digestion, de la sécrétion urinaire, de la circulation et de l'innervation; les dialhèses scrofuleuses dont le raciutisme est une expression assez fréquente, les maladies générales, comme la chlorose et l'anémie, sont ceux sur lesquels l'oau de Château-Gontier, à l'intérieur, a les effets les plus marqués, a l'influence la plus heureuse. Ainsi ces eaux, prises pures et en dehors des repas, sont d'une digestion assez difficile ; elles occasionnent presque toujours un sentiment de pesanteur au creux épigastrique accompagné d'éructations gazeuses ; elles purgent quelquefois alors. Lorsqu'elles sont mêlées au vin et qu'elles constituent la boisson des repas, elles sont plutôt apéritives et elles augmentent l'appétit. Lorsque l'eau de Fougues rouillée est prise en proportion modérée, elle n'augmente pas sensiblement la quantité de l'urine ; lorsqu'elle est prise à dose élevée, dix verres, par exemple, elle rend les urines plus abondantes, mais seulement en raison de la proportion d'eau absorbée, ce qui permet de conclure que cette eau minérale n'est point diurétique, dans le sens médical de ce mot. Elle rend l'urine claire et limpide, l'urine conserve à l'air tous les caractères d'une excrétion normale, seulement elle est un peu plus sensiblement alcaline et elle produit une effervescence plus marquée et plus prompte qnand on y verse des acides. Il s'y forme aussi davantage de' cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien qui ne tarde pas à se déposer sur les parois internes des vases qui la renferment. Quand l'usage de l'eau de Château-Gontier a été continué pendant un certain temps, huit ou dix jours, par exemple, lorsque surtout cette eau a été conseillée à une dose assez considérable, le pouls devient plus fort, les tissus se colorent sensiblement, et l'activité musculaire est augmentée. Les époques menstruelles ou hémorrhoïdaires se rapprochent, en général, et le sang est à la fois plus coloré et plus abondant. Si la circulation sanguine est activée, la calorilication est plus élevée et l'innervation plus impressionnable. L'eau de Château-Gontier, intùs et extra est surtout prescrite dans la chlorose et l'anémie. Les jeunes sujets simplement chlorotiques sont ramenés à la santé après un temps assez court par l'eau en boisson le matin à jeun et coupée de vin de Bordeaux aux repas, par les bains frais de courte durée et par les douches

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froides, courtes aussi et générales, suivies d'exercice à pied, pour favoriser une prompte et sulutaire réaction. L'anémie, quelque soit son degré et quelle que soit sa cause, est justiciable du traiten;ent minéral qui convient à la chlorose. M. Mahier, à (]ui celte assertion est empruntée, assure que la privation de forces résultant d'une hémorrhagie, d'une maladie longue, d'un empoisonnement saturnin, d'une syphilis, d'une cachexie paludéenne, d'une diathèse cancéreuse ou tuberculeuse tflême, est utilement combattue par l'emploi interne et externe de l'eau de la source de Fougues rouillée. Nous laissons à notre confrère la responsabilité d'une affirmation aussi absolue; nous avons dit trop de fois notre opinion sur les effets malheureux ou nuls des eaux martiales dans les maladies cancéreuses ou tuberculeuses pour y insister encore. M. Mahier vante aussi les eaux de Château- Gontier dans la scrofnle et dans le rachitisme. Sans vouloir mettre sur la même ligne les eaux ferrugineuses et les eaux chlorurées sodiques bromo-iodurées carboniques dans ces maladies, nous croyons cependant les eaux de Fougues rouillée utiles aux scrofuleux et aux rachitiques auxquels la reconstitution par les eaux chalybées peut convenir, et qui ne peuvent entreprendre un long voyage aux eaux chlorurées sodiques fortes, toutes éloignées de l'ouest de la France.

Dans la dyspepsie et dans la gastralgie, il faut employer aussi les eaux de Château-Gonlier en boisson, en bains et en douches; mais les buveurs sont forcés souvent de couper l'eau de Fougues rouillée d'une certaine quantité de lait ou d'une infusion béchii|ue pour que l'estomac la reçoive sans protestation. Sous son influence et au bout de peu de jours, dit M. Mahier, l'appétit se régularise, les crampes de l'estomac deviennent moins douloureuses, les vomissements cessent, les digestions sont moins pénibles et moins longues, et les selles plus faciles et moins dures. Remarquons, à cet égard, que les dyspeptiques et les gastralgiques,. dont M. le docteur Mahier nous donne les observations, étaient chloro-anémiques presque tous, ce qui ne prouve pas que les accidents nerveux de l'estomac, si difficiles à guérir quelquefois, même par les eaux thermo-minérales, rentrent dans la sphère d'action de l'eau de Fougues rouillée en boisson, en bains et en douches.

M. le docteur Mahier dit encore que l'eau de Château-Gontier, en boisson surtout, lui donne de bons résultats dans le catarrhe vésical et dans les diverses formes de la gravelle. Nous croyons à la compétence et à la bonne foi de notre confrère, mais nous pensons qu'il faut réserver l'usage de l'eau minérale de Cliàteau-Gontier aux catarrheux et aux graveleux qui ont besoin de l'effet analeptique d'une source ferrugineuse et fortement carbonique. M. Mahier enfin, cite plusieurs cas oiî l'eau de Fougues rouillée intris et extra lui a servi seule à guérir d€s chorées que les traitements les plus méthodiques avaient été impuissants à combattre.

La durée de la cure est d'un mois, au moins.

On n'exporte pas l'eau minérale de Château-Gontier. A. Rotoreaïï.

Bibliographie. — Bayard (H.). Notice sur les eaux minérales de Château-Gontier. Ciiàteau- Gontier, 1852, in-S". — Mahier. De Vemploi médical des eaux minérales de Cliateau-Goulier [Mayenne], 185i. — Hérard. Rapport sur le mémoire précédent. In Annales de la société d'hydrologie médicale de Parts, t. II, p. '20-28, 1855-56. — Mahier. Plusieurs observations de chorée, traitée par les eaux ferrugineuses de Château-Gontier et l'hydrothérapie, 1804^ 1865. A. R.

CHATEAï]l\lEUF-l.E§-BAI!«S (Eaux MINÉRALES de). Athermales , protothermales, hijpotliennales, nmothermales ou hyperthermales, bicarbonatées so-

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diques ou potassiques moijennes, ferrugineuses faibles, carboniques moyennes ou fortes; dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement et à 24 kilomètres de Riom, dans le canton de Manzat {Chemin de fer de Paris à Riom, d'où une voiture publique conduit en cinq heures à Châteauneuf-les- Bains). Ghâteauneuf est un village de 940 habitants, bâti à 382 mètres au-dessus du niveau de la mer, le long d'une vallée arrosée par la Sioule, alfluent torrentueux de l'Allier ; au milieu des montagnes peu boisées qui font suite à la chaîne de la basse Auvergne. Ouverte au nord-est et au sud-ouest, cette vallée jouit d'un climat assez doux; mais cependant, le soir et surtout le matin, on y ressent de la fraîcheur et de l'humidité. Les environs offrent beaucoup de points curieux à visiter : Ayat, le Puy-Chalard, le Puy-Saint-Bonnet, le lac de Tarana, Menât, Saint-Gervais, Manzat, Charbonnière; et l'on peut faire au milieu des rochers des excursions que des sites nombreux et variés rendent très- intéressantes. Si le versant des montagnes n'est recouvert que de quelques arbustes et de quelques plantes, comme le buis et les digitales, les bords fertiles de la Sioule fournissent, au contraire, une végétation luxuriante; les arbres fruitiers y sont surtout d'une remarquable vigueur. Les sources et les établissements de Châteanneuf-ks- Bains, appartenant à différents particuliers, n'ont point reçu une installation et une organisation convenables. Tous ces propriétaires n'ont pas les fonds qu'une compagnie ou un capitaliste auraient à leur disposition; aussi cette station, qui renferme des éléments capables d'en faire un de nos premiers postes hydrominéraux, est-elle privée des développements qu'elle fiourrait comporter. La saison commence vers le 15 ou le 20 du mois de juin, pour liuir avec la dernière quinzaine de septembre.

Sur les quinze sources en usage à Ghâteauneuf, six sont employées à l'extérieur seulement; les neuf autres servent en boisson. Ges dernières, toutes athermales, se nomment : 1» source Desaix, 2" source de la Pyramide, Z'^ source du Grand- Bain-Chaud, i" source du Petit-Moulin, 5° source du Pavillon ou de Champfleuret, 6" source du Petit-Rocher, 7" source Chevarier, 8" source de Chambon ou de la Garenne, 9" source de Lacroix. Les six autres sources, dont l'eau alimente les bains et les douches, sont appelées : 1» source de la piscine Tempérée ou de César, 2» source de la piscine Julie, 3° source de la piscine Auguste, 4" source de la piscine du Bain-Chaud, 5° source de la piscine du Petit-Rocher, 6° enfin source de la piscine de la Piotonde. Toutes ces sources, sauf celle de Ghambon, ont leur point d'émergence sur la rive gauche de la Sioule. Nous commençons leur description par celle qui, située le plus an nord du village, se trouve la dernière en descendant la Sioule.

1" Source Desaix. A 500 mètres du village, cette source sort du rocher, à 3 mètres seulement du lit du torrent et à 25 mètres du chemin d'Ayat. Un tuyau de bois verse l'eau de cette source dans un bassin de pierre à fond de sable. C'est sous ce tuyau que s'emplissent les verres des buveurs. Un conduit souterrain, partant du bassin, donne passage à l'eau qui gagne la rivière après avoir déposé sur le sable et sur les parois du bassin un sédiment d'un brun jaunâtre, dont la con.position est évidemment ferrugineuse. Limpide, claire, transparente, incolore, traversée par une certaine quantité de bulles gazeuses, cette eau n'a d'autre odeur que celle du gaz acide carbonique. D'une saveur fraîche, piquante, aigrelette, styptique et agréable, elle happe un peu la langue et dessèche la bouche. Sa réaction est légèrement acide. La température de l'air ambiant étant de 17" centigrade, celle delà source est de IS»,! centigrade; sa densité est de 1,0017. Nou-

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renvoyons son analyse chimique au tableau qui suit l'aménagement de la source de la piscine Julie. Le chemin difficile qui conduit de Chàteauneuf à la source Desaix la fait négliger, et son eau est moins souvent consommée sur place que ne le voudrait M. le docteur Pénissat, médecin inspecteur de ce poste hydroniinérul. Pour utiliser ses vertus, il la conseille aux repas, mêlée de vin rouge qu'elle décompose à peine, et moins que toutes les autres sources de Chàteauneuf. Le gaz acide carbonique qu'elle renferme en assez grande quantité lui donne des propriétés digestives incontestables. Elle est prescrite à ceux qui souffrent de dyspepsies stomacales ou intestinales, de gastralgie, de congestions hépatiques, de graviers ou de calculs biliaires, de gravelle rénale, chez lesquels un état d'anémie ou de clilorose coexiste et indique formellement l'usage d'une eau minérdle Naturelle, à la fois bicarbonatée sodique et ferrugineuse carbonique.

â» Source de la Pyramide. Son griffon est à 400 mètres de celui de la source Desaix, et à 100 mètres de l'établissement du Bain-Tempéré. Son captage consiste dans une pierre creuse, directement appliquée sur le roc d'où émerge la source. Un tuyau verse par un jet contirm de 6 centimètres de diamètre l'eau dans un bassin naturel en communication avec le lit de la Sioule. Cette eau, que des bulles gazeuses rares, mais grosses, traversent d'une manièie intermittente, n'est pas complètement limpide ; elle tient en suspension des corpuscules solides, jaunâtres, ocracés, qui se déposent en sédiments épais sur la partie des parois du bassin avec laquelle ils sont en contact. Elle a l'odeur sm generis que nous retrouvons à certaines sources de Vichy, de Saint-Nectaire {voy. ces mots), et que plusieurs personnes appellent sulfureuse. Nous avons dit ailleurs que cette odeur était manifestement bitumineuse et spéciale à quelques eaux hypertliermales bicarbonatées sodiques. Sa saveur est styptique, ferrugineuse, très-légèrement piquante, mais sensiblement moins fraîche que celle de l'eau. de la source précédente. Aussi la tem])érature de l'air extérieur étant de 15» centigrade, celle de l'eau de cette source est de 25°,3 centigrade. Sa réaction est à peine acide. Sa densité est de 1,0029. L'intérieur du bassin de la source de la Pyramide n'est pas tapissé, lors de notre examen, de la matière organique verdâtre, molle, onctueuse, comme glaireuse, fuyant à la pression des doigts, dont les aréoles sont remplies de gaz acide carbonique, de gaz azote, et imprégnées d'une notable quantité d'oxyde de fer, qu'y a décrite M. Jules Lefort. L'analysa chimique de l'eau de la source de la Pyramide est annexée à celle de l'eau de la piscine Julie.

L'eau de cette source est à peine employée, et pourtant elle contient une quantité de bicarbonate de protoxyde de fer à peu près trois fois plus considérable que celle de la source Desaix. Son odeur spéciale devrait aussi attirer l'attention, et il serait curieux d'essayer ses vertus comparativement à celles des autres sources de Chàteauneuf contre les élals pathologiques auxquels sont opposées avec succès les sources bicarbonatées odorantes des bassins de Vichy et de Saint-Nectaire, par exemple.

^'' Source du Bain- Tempéré ou de César, l^^ source des piscines. Elle a son point d'émergence au milieu de la piscine octogonale du Bain-Tempéré onde César. L'eau de cette source, légèrement louche, opaline, laisse déposer un sédiment jaunâtre qui incruste les parois intérieures de la piscine. Elle est traversée par de grosses bulles gazeuses qui bouillonnent à sa surface. Sun goût révèle la présence de l'acide carbonique et d'une notable proportion d'un sel ferrugineux soluble. Elle a l'odeur signalée à la source delà Pyramide. Sa réaction est neutre; la température de la salle de la piscine étant de 29" centigrade, celle de l'eau est

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de 36» centigrade. Sa densité est de 1,0020. Voir son analyse chimique après la description du captage de la source de la piscine Julie.

La piscine de lave de Volvic du Bain-Tempéré se trouve au rez-de-chaussée d'un corps de bâtiment qui lui est commun avec la piscine alimentée par la source Julie, et dont les étages supérieurs servent de logement aux malades. La salle de la piscine du Bain-Tempéré, voûtée, éclairée, et ventilée par deux fenêtres, est divisée en deux coniportiments égaux, un pour chaque sexe, par une cloison de pierre et de ciment romain, descendant au milieu du banc placé au centre de la piscine, dans le bouillonnement même de la source. L'atmosphère de cette salle carrée a une odeur notablement carbonique. Un trottoir de briques règne autour de chaque compartiment de la piscine. De douze à quinze personnes peuvent se baigner à la fois et à l'aise dans chacune des séparations, où l'on descend par quatre marches de pierre. Trois cabinets isolés et fermés par une porte vitrée qui laisse passer la lumière venant de la pièce de la piscine, ont été établis autour de la s.ille pour l'administration des douches, dont les appareils sont alimentés par l'eau d'un réservoir ayant 8 mètres d'élévation, qui reçoit l'eau de la source du Bain-Tempéré au moyen d'une pompe mise en mouvement par deux hommes. Outre ce double compartiment de piscine, dans lequel les malades prennent à la fois un bain et une douche naturelle dans le bouillonnement de la source, la salle du Bain-Tempéré a encore des vestiaires pour chaque sexe.

L'eau de la source du Bain-Tempéré est employée à l'extérieur seulement dans les manifestations du rhumatisme chronique, et surtout contre les douleurs provenant de l'existence d'un rhumatisme musculaire.

4" Source de la piscine Julie. 2" source des piscines. Cette source fait aussi partie du bâtiment du bain de César, et émerge par une ouverture du rocher qui se trouve contre le mur du fond de la salle de la piscine Juhe qu'elle alimente. L'eau de cette source a les mêmes caractères physiques et chimiques que ceux de la'source du Bain-Tempéré; mais sa température est de 36°, 3 centigrade, et sa densité de 1,0017. Les deux griffons des sources Julie et du Bain-Tempéré, très-rapprochés l'un de l'autre, puisqu'ils ne sont séparés que par une cloison et un couloir, sont pourtant indépendants, car en vidant une des piscines, le niveau lie l'autre n'est pas changé.

La salle de la piscine JuUe est séparée par une cloison de la piscine du Bain- Tempéré, au midi de laquelle elle se trouve. Éclairée et ventilée par une croisée seulement, elle sert aux deux sexes, mais à des heures différentes. Un trottoir conduit à un escalier de quatre marches de pierre, situé au fond de la pièce. Huit personnes peuvent prendre en même temps leur bain à la piscine Julie. Un cabinet isolé, éclairé seulement par le jour venant de la salle de la piscine, contient une baignoire et un appareil de douche alimentés par l'eau du même réservoir que les trois cabinets isolés de la salle de la piscine du Bain-Tempéré.

L'eau de la piscine Julie sert aussi à l'extérieur seulement; son action est sédative, calmante, antispasmodique, de sorte que les douches et surtout les bains de la piscine qu'elle alimente sont utilement opposés contre les manifestations nerveuses exagérées, contre les névralgies et les névroses.

M. Jules Leiort a fait, en 1855, l'analyse de toutes les sources de Chàteauneufles-Bains ; ce chimiste a trouvé, dans 1 ,000 grammes de l'eau de la source Desaix, de la source de la Pyramide, de la source du Bain-Tempéré ou de César, et de la source de la piscine Julie, les principes qui suivent : {Voy. pour les détails d'analyse, p. 10; ils sont plus clairement exprimés.)

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