‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 66 sur 98 · CHAR MIS · texte numérisé non relu

CHAR MIS

légèrement comprimée, slriée, couronnée par les dents du calice. Elle est indéhiscente et contient une seule graine.

La seule espèce qui nous intéresse est le Charme commun {Carjjiniis Belulus L.), qui croît dans les bois et dont on fait les haies, qu'on appelle de son nom des Charmilles.

Les propriétés médicales du charme sont insignifiantes ; elles se rapprochent de celles du bouleau.

Linné. Specics, 1416. — Lamarck. Dict. Encycl., I, p. 707. — De Candolle. Flnre franc., III, 304. Pl.

CllARMElli (Pierre-Marie-Joseph). Né à Montdauphin le 6 août 1782, commença de bonne heure ses études médicales sous la direction de son père chirurgien en chef de l'hôpital de Metz; il remplit successivement différents grades dans le service de santé de l'armée, et devint chirurgien-major des lanciers de la garde. En 1814 il entra à l'hôpital de Metz comme chirurgien et professeur de 5""® classé. Charmeil, pour se distraire du chagrin que lui avait occasionné la rupture de sa carrière par la Restauration, se livra à l'étude avec une véritable passion. Mais bientôt ses facultés s'éteignirent, et il fallut le faire admettre à Charenton, oii il mourut en 1830. Outre quelques ouvrages publiés par lui, Charmeil a laissé de volumineux manuscrits sur la médecine du cœur et de l'esprit, et une masse de plus de trois mille observations sur les maladies syphihtiques.

Il a fait imprimer :

I. Essai sur la ronvalescence . Paris, 181'i, in-4''. — II. Recherches sur les métastases, suivies de nouvelles expériences sur la régénération des os. Metz, 1821 et Atlas, 111-4°.

E. Bgd.

CHARmETTOIV (Jean-Baptiste). Né à Lyon, en 1710, suivit les cours de la Faculté de Paris, et se fit recevoir maître en chirurgie à Lyon. 11 conquit en 1757 la place de chirurgien en chef de l'hôpital général de la charité de cette ville, et remplit aussi les fonctions de démonstrateur d'anatomie; ses cours attiraient un grand nombre d'élèves. Charmetton, qui jouissait, comme chirurgien habile, d'un très-grande réputation, mourut à Lyon le 27 janvier 1781. Les deux seuls ouvrages que nous possédions de lui sont des prix remportés en 1748 et 1752, dans les concours ouverts par l'Académie royale de chirurgie, dont il devint membre associé.

Il a fait imprimer à part ces deux ouvrages :

I. Mém. sur cette question: Déterminer ce que c'est que les remèdes dessicatifs et les caui' tiques; expliquer leur manière d'agir, etc. Lyon, 1848, in-12. — II. Essai théorique et Ijratique sur les écrouelles. Avignon, 1752, in-12 et 2" édit. (c'est une simple réimpression; malgré lavis du libraire qui annonce des changements, le titre seul est changé) : Traité des écrouelles . Lyon, 1755, in-12. E. Bgd.

CHARMEURS. Voy. SORCELLERIE.

CHArmis. Médecin de Marseille, qui exerça à Rome vers le milieu du premier siècle ; il avait adopté eu les exagérant peut-être encore, les procédés de psychiatrie déjà employés et préconisés par Musa. Pline qui nous fait connaître ce médecin et la vogue qu'il avait conquise, nous montre des vieillards consulaires dociles à ses ordonnances, tout fiers de se montrer roidis par le froid au sortir du bain. Au total ce métier lui avait été Irès-profitable, car il avait acquis d'immenses richesses; il rançonnait impitoyablement ses clients, et Pline raconte qu'il se fit

donner 200,000 sesterces (plus de quarante mille francs) par nu malade qui était venu de province pour suivre ses ordonnances {Hist. nat, t. XXIX, p. 5, 8). , È. Bgd!

I CDARPEI^TIERS. (Hygiène PROFESSIONNELLE). A l'exemple de la plupart des auteurs qui ont rassemblé des documents sur les professions, nous réunissons ici, sous ce même titre, les différentes sortes d'ouvriers qui travaillent le bois • c'était d'ailleurs une vieille coutume, nous trouvons, en effet, dans le fameux livre des métiers d'Ét. Boileau, promulgué vers 1264, la mention suivante : « Ordonnance des mestres qui appartiennent à charpenterie. C'est à sçavoir : charpentiers, huichiers (faiseurs de huches), huissiers (faiseurs de portes), tonneliers, charrons, couvreurs de mesons, et toutes manières d'autres ouvriers qui ouvrent du tranchant en merrien (merrain, bois), w Tout le statut a été lédigé d'après d'anciennes coutumes rappelées par « mestre Fouques du Temple », maîlre charpentier du roi, etc. On comptait alors environ 95 charpentiers dans Paris ; par la suite, plusieurs de ces différentes branches formèrent des corporations distinctes dont le sort n'a point â nous occuper ici, et qui disparurent avec toutes les autres en 1791.

1° Le travail, dans ces différentes industries, a lieu soit au grand air (les charpentiers proprement dits), soit dans des ateliers plus ou moins vastes et aérés, quelquefois très-petits et situés par bas, conditions très-variables et sur lesquelles on' ne peut rien établir relativement à l'hygiène intrinsèque de la profession. Du reste, pas d'émanations malsaines résultant des matières employées ; mais seulement là crainte d'accidents, soit par le fait de leurs occupations sur des échafi\ndages et dans les maisons en construction, surtout pour les charpentiers et les menuisiers, soit par le fait des divers instruments dont ils se servent.

2° Quant à l'hygiène extrinsèque, nous avons, d'après l'enquête faite à Paris, par la chambre de commerce, en 1860, réuni des documents sur les trois principales professions dont nous parlons ici, les charpentiers, les menuisiers en bâtiment, et les ébénistes, en voici les résultats :

Les charpentiers étaient au nombre de 4,971, dont 20 seulement travaillaient à la pièce, tous les autres étant à la journée ; le plus grand nombre 4,716 gagnaient de 4 à 6 francs par jour (3,500 gagnant 5 francs), très-peu, on le voit, étaient au-dessus ou au-dessous de ces chiffres. La durée du travail est, pour l'été, de 12 heures dont deux pour les repas. En hiver, on suit le jour, et il n'est alors accordé qu'une heure pour les repas. Sur les 4,971 ouvriers, 4,480 ont été reconnus avoir une conduite bonne, 419 une douteuse, et 72 seulement une mauvaise. Enfm 4,147 savent lire et écrire, 57 lire seulement, et 767 ne savent ni lire ni écrire.

Le nombre des menuisiers s'élève à 8,690, dont 8,128 à la journée et 562 cà la pièce.'La presque totalité, 7,722, gagne.de 4 à 5 francs par jour. Ils travaillent 12 heures avec les deux heures pour le temps des repas. 7,702 ont une conduite bonne, chez 302 elle est douteuse, et chez 686 décidément mauvaise. Presque tous, 8,224, savent lire et écrire, 75 savent lire, et 591 seulement, ne savent ni lire ni écrire.

On compte 7,516 ébùnistes, dont 2,584 à la journée, et 4,732 à la pièce, et qui se font pour la plupart (4,465) de 4 à 5 francs par jour, beaucoup gagnant davantage. 6,687 sont réputés avoir une lionne conduite, 513 une douteuse, et 116 seulement sont mal notés. Parmi ces 7,316 ouvriers, on trouve 6,817

DICT. EKC, XV. 5J

sachant lire et écrire, 21 sachant lire, et 478 ne sachant ni lire ni écrire.

Si nous comparons ces divers résultats, on voit que le salaire est à peu deciiose près le même pour ces trois catégories, mais l'ordre, la moralité, sont notablement supérieurs chez les charpentiers et les ébénistes, que chez les menuisiers; ajoutons que les ébénistes, bien que chômant habituellement le lundi, sont en général appliqués, très-laborieux, et que beaucoup travaillent pour devenir petits patrons.

Morbilité. Il est évident qu'il n'y a pas ici de maladies spéciales, pas d'intoxication professionnelle. Si nous cherchons dans les auteurs ce qui a été dit des ouvriers travaillant le bois, charpentiers, menuisiers, etc., ceux-ci se présentent dans un rapport moyen qui n'offre rien de particulier à noter, il n'en est pas de même, si nous prenons les chiffres relatifs aux différentes catégories de ces travailleurs. Fuchs, dans les relevés sur les malades, fournis par les sociétés ouvrières de Wurtzbourg, signale sur 2,583 charpentiers sociétaires, 369 malades, ou 14,28 p. 100, la moyenne générale des autresprofessions, étant 22,82 ; mais, sur les 369 malades, ils onteu 19 décès, ou 5,14 p. 100, tandis que le rapport général est seulement 5,27 p. 100. L'auteur attribue cette mortalité supérieure à des accidents graves. Cless est arrivé à un résultat à peu près semblable pour les ouvriers de Suittgard. 1 ,176 charpentiers ont doimé 70 malades, ou 5,9 p, 100, et à cet égard, ils occupent le dernier rang des ouvriers qu'il a examinés, la moyenne générale était 17 p. 100.

Il n'eu -est pas de même des menuisiers, soit seuls, soit réunis aux ébénistes, Cless les trouve, comme malades, dans la proportion de 27,5 p. dOO, sa moyenne étant, nous venons de le dire 17 p. 100. Fuchs, sur une moyenne générale de morbihté, égale à 22,82 p. 100, en a rencontré une de 32,13 pour les menuisiers.

Relativement aux maladies dont peuvent être affectés ces artisans, Koblank, sur 5,989 cas de maladies observées chez les menuisiers, pendant les années 1851 et 1857, a noté : bronchites et catarrhes 670 ; rhumatismes, 596 ; diarrhées, 580 ; affections chirurgicales, 565 ; blessures, 558 (dont 38 très-graves) ; maladies delà peau, 241 ; angines, 228 ; syphilis, 219; inflammations diverses, 201; tubercules, 178 ; furoncles, 164 ; maladies des yeux, 144.

Si nous prenons en particulier une des maladies les plus graves et les plus générales, la tuberculose, nous trouvons encore ici, un accord remarquable entre les auteurs. Tandis que pour le degré de fréquence de décès par phthisie, Hannover trouve pour les charpentiers, 15,8 p. 100, il note le chiffre 40,5 p. 100 chez les menuisiers et ébénistes réunis. Suivant Benoiston de Châteauneuf, le rapport des décès aux malades, de 1817 à 1827 fut de 1,49 pour les charpentiers, et de 3,08 pour les menuisiers, sur une moyenne générale de 2,85. Lombard, tle Genève, a noté le rapport des décès par phthisie aux autres causes de décès, 15,4 p. 100 chez les menuisiers, et 10,2 chez les charpentiers. Ainsi la tuberculose est sensiblement plus fréquente chez les menuisiers et les ébénistes travaillant dans des ateliers, que chez les charpentiers travaillant habituellement au grand air.

Notons encore la fréquence des varices déjà constatée par Parent-Ducliatelet. Nous avons recherché dans le mémoire de ce célèbre hygiéniste sur les ulcères variqueux, les différentes professions dans lesquelles on travaille le bois, et nous sommes arrivé au chiffre 295. Suivant Koblank, un tiers des menuisiers seraient atteints de dilatations variqueuses des veines des jambes.

là mortalité se présente dans les mêmes rapports que la morhilité; ainsi la durée de la vie est beaucoup plus courte chez les menuisiers, ébénistes, etc., que chez les charpentiers. Lombard donne à ceux-ci une vie moyenne de 55,7 ans et aux premiers seulement 49,7.

Ces résultats concordants obtenus par des observateurs si divers, nous ont paru dignes d'être rappelés et rassemblés dans cet article. . E. Beaugrand,

Bibliographie. — Koblank. Ueber die Krankheiten, wozu das Tiscklerhandwerk disponirt in sanitâtspolizeischer Beziehung. In Hanke's ZCschr., t. LXXVII, p. i, 1859. '

CHARPIE. On entend sous le nom de Charpie {Linteim carptum, de carpere « amasser, recueillir, effiler, ») une substance molle, souple, spongieuse ou pulvérulente, constituée par un ensemble de filaments, de longueur et de finesse variables, qu'on retire du vieux linge à demi usé.

Nous croyons devoir renouveler, en commençant, la remarque que nous avons faite en traitant du Gérât, à savoir : qu'autrefois, et il y a à peine encore quelques années,. la charpie était regardée comme indispensable au traitement de toute espèce de solution de continuité récente ou ancienne : qui disait plaie, disait emploi de la charpie seule ou additionnée de substances diverses ; aujourd'hui il s'est opéré un revirement complet, et bon nombre de chirurgiens la proscrivent indistinctement dans tous les cas. Je pense que l'une et l'autre de ces opinions est au moins exagérée et que sans regarder la charpie comme une panacée universelle pour les plaies, on peut en retirer certains avantages surtout si l'on prend soin d'en approprier l'application aux cas particuliers que l'on a sous les yeux.

A. Charpie de toile de lin. 1° Modes de préparation de la charpie. Faire de la charpie est détruire en quelque sorte la tissure d'un morceau de linf^e et on arrive facilement à ce résultat à l'aide des deux moyens suivants : 1» Si on ratisse avec un couteau ou des ciseaux une pièce de toile préalablement tendue on obtient la charpie râpée, duvet pulvérulent et soyeux à filaments déliés dont on ne fait que rarement usage aujourd'hui ; 2» En étirant les fils d'un linge de toile parallèlement les uns aux autres on obtient la charpie effilée (charpie brute, c'està-dire à filaments sans ordre, charpie proprement dite, ordinaire, usuelle) : la seule pour laquelle nous allons entrer ici dans des détails un peu étendus.

Pour préparer la charpie effilée brute, il suffit de tailler des morceaux delin"-e de dimension variable, suivant que l'on veut la charpie courte ou la charpie longue : généralement ces pièces de linge sont carrées, de quatre à cinq travers de doigt (8 à 15 centimètres) . chacune d'elles est tenue d'une main (la gauche) par un de ses côtés, ta.idis que les doigts de l'autre main se chargent d'attirer parallèlement et un à un les brins du tissu, sans employer trop de force pour éviter de les casser : au moment oii les filaments s'ébranlent, afin de leur permettre de glisser plus aisément sans se rompre, la main gauche qui tient le linge se relâche un peu pour le saisir avec une nouvelle force aussitôt qu'ils ont cédé.

2° Conditions d'une bonne charpie Conditions nécessaires à sa confection. La bonne charpie, charpie fine, se prépare avec du linge en toile, d'un tissii médiocrement serré, blanchi à la lessive mais qui n'a été ni empesé ni soumis à l'in- digo. Ce linge doit être à demi usé c'est-à-dire jouir d'une certaine souplesse, ' mais cependant n'être ni trop fin, ni trop grossier pour éviter que la charpie qui en résulte ne se roule en tampon ou ne provoque de l'irritation sur les surfaces • auxquelles elle est destinée, car il faut se garder d'oublier, qu'à moins d'indication spéciale, elle ne doit point être irritante et ne se présenter par conséquent ni sous

forme (le charpie trop grossière, ni sous celle de charpie Irop courte, menue, etc.

Composée de filaments cotonneux entre-croisés dans toutes les directions, la bonne charpie doit être par conséquent assez fine, bien liée, légère mais assez solide pour ne pas tomber en pulvérulence, poreuse, souple, et molle, dépourvue de nœuds sur le trajet de ses brins, douce au toucher, sans aucune impureté et offrant une certaine élasticité : elle doit être également d'un blanc pur et ne posséder qu'une légère odeur naturelle de lessive : ces deux dernières propriétés n'existent qu'autant qu'elle est récemment préparée, car, vient-elle à vieillir, elle jaunit, prend une odeur désagréable et durcit, parce qu'elle se tasse. Toutes les conditions essentielles que doit réunir la charpie pour être regardée comme irréprochable ont été relatées avec grand soin par Malhias Mayor [dict. des Études niéd. prat., t. 111, p. 400).

Toutefois à ces seules considérations lie doivent pas se borner les conditions propres à faire une bonne charpie : cette substance exige, en outre, pour sa confectionhs plus grandes précautions : en effet, préparée par des personnes dont les mains sont malpropres ou sous le coup d'affections contagieuses, comme cela arrive parfois dans les prisons, les asiles, etc., elle peut acquérir certaines propriétés nuisibles dont il faut se méfier.

Le choix de la matière première dont elle tire sa provenance n'est pas non plus à négliger et les pièces de linge, dites de rebut, ne doivent servir à sa fabrication que si elles ont été au préalable parfaitement blanchies et purifiées avec uii soin tout particulier.

Peut-on l'employer plusieurs fois sans danger pour les malades? Nous nous élevons énergiquement contre cette mesure : en pareille circonstance, l'économie nous semble blâmable et nous ne craignons pas d'établir en principe, que toute charpie qui a déjà servi, ne doit point être réemployée, même celle qui, n'ayant enveloppé que la superficie d'un pansement, garde encore une certaine apparence de propreté.

C'est donc là une question qui nous paraîtrait oiseuse, si des hommes comme Percy, Ph. Boyer, Bégin ne l'avaient discutée et ne l'avaient même résolue, du moins pour les deux premiers, un peu trop favorablement à notre avis : « Quelle que soit sa qualité, dit Bégin, la charpie ne peut presque jamais être employée sans danger. Celle qui a servi à des pansements suspects ou qui est imprégnée de matières provenant de la pourriture d'hôpital doit être irrévocablement détruite. Celle qui n'a reçu que des matières sanguines ou purulentes non altérées exige, pour être assainie, une lessive si exacte et ensuite une manutention si compliquée pour reprendre sa première souplesse qu'il vaut presqu'autant en acheter de la neuve dont Vusage est toujours plus sûr. » C'est là un sage conseil dont certes on n'aurait dû jamais s'écarter. Cependant, Ph. Boyer va même jusqu'à préférer la charpie lavée ! « de nouveaux essais de lavage de charpie, dit cet auteur, ont ete faits à Saint-Louis. Les résultats ont été satisfaisants et ils ont donné une charpie très-blanche, très-propre, plus douce que celle qui a déjà servi et que j'emploie avec autant d'avantage que la charpie nouvelle. » Percy commence par dire qu'on ne se sert guère deux fois de la même charpie, mais cependant il recommande son blanchissage et décrit très-longuement un procédé de lavage consistant à la faire macérer, à la passer avec des cendres, à laver et à faire sécher sur des claies, puis on sépare la plus belle et on carde le reste de manière à avoir une fleur de charpie ou charpie à Vanglaise qui peut remplacer la charpie râpée. Nous le répétons, laver la charpie est faire de la mauvaise besogne, car on n'acquiert jamais la cerli-

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tude que cette substance est complètement purifiée : si, après un usage immodéré on vient ù en man((uer, il faut savoir s'en passer, et adopter un autre mode de pansement >la plupart du temps les plaies n'auront qu'à gagner à ce changement commandé parles circonstances.

3° Manière de comerver la charpie. La charpie récemment faite est certes la meilleure et celle à laquelle on doit avoir recours au moins dans la pratique civile, mais dans les grands établissements hospitaliers où on en fait une consomniation parfois superQue, on est obligé de la préparer d'avance en grande quantité : or sa conservation nécessite certaines précautions indispensables pour la maintenir, autant que possible, dans son état de pureté primitive : en effet, aucune autre substance n'est plus sujette à des altérations (lue la charpie, si susceptible de s'approprier soit directement, soit par l'intermédiaire de l'air atmosphérique, les émanations miasmatiques, et de propager ces germes de contagion aux plaies 'sur lesquelles elle est appliquée.

C'est dans un endroit sec, bien sain et parfaitement aéré qu'il faut la conserver, car d'une part, l'humidité la Jait moisir, et d'autre part, si on la prive trop longtemps d'air et de lumière on la voit prendre une odeur fade et nauséabonde, quelquefois même, celle de l'hydrogène sulfuré : on évitera aussi le voisinage de chambres d'où émanent les mauvaises odeurs (salles de malades, latrines, armoires aux linges sales, amphithéâtre d'anatomie, etc.), Pelletan au dire de Pei-cy {Dict. des sciences média., art. Chakpie), a vu survenir la pourriture d'hôpital à l'Hôtel- Dieu chez un grand nombre de blessés par suite de l'usage de vieille charpie conservée à proximité des salles de malades. On devra cgaiement éviter de la tasser avec force dans des boîtes sous peine de lui faire perdre sa souplesse et de la voir, au bout de quelques temps, devenir cassante et pulvérulente. Lorsqu'on est obligé de l'expédier au loin ou de la transporter, comme on le fait en campagne, il e°st préférable au lieu de la comprimer dans des tonneaux hermétiquement fermés, comme le veut Bégin, de la placer, ainsi qu'on le pratique aujourd'hui jiour le matériel des ambulances, dans des paniers contenant chacun en moyenne de huit à dix kilogrammes de cette substance.

4" Formes variées sous lesquelles on emploie la charpie. Il est facile de donner à ce corps, en raison de sa souplesse, toute espèce de configuration et de constituer ainsi des masses plus remarquables par leurs variétés infinies de forme, d'épaisseur, de volume que par leur grande utilité. Elles ont reçu de la part de tous les auteurs classiques une description détaillée ; aussi, n'en parlerons-nous que d'une façon succincte.

On les obtient, en général , de deux manières : ou bien en disposant les filaments de charpie parallèlement les uns aux autres, ou bien en les mêlant sans se préoccuper de leur direction.

a. Fibres disposées parallèlement . Elles donnent le plumasseau, la mèche en brins, la mèche en faisceaux.

Plumasseau. (Plaques de charpie plus larges qu'épaisses composées de filaments superposés et à peu près parallèles.) Pour le préparer, le chirurgien saisit de la main droite une masse de charpie brute dont les brins qui dépassent sont successivement pinces par le pouce et le bord radial de l'index gauche, jusqu'à épuisement complet de cette charpie ; peu à peu, à mesure que la main droite se vide, la main gauche se tourne en supination pour recevoir dans sa paume le plumasseau, constitué par l'addition successive desYilaments disposés par couches et d'une façon parallèle. Avec un peu d'habitude l'élève arrivera à confectionner rapide-

ment un bon plumasseau, c'est-à-dire celui qui est souple, régulier, doux, égal, ni trop mince, ni trop épais (0",02 à 0", 04 d'épaisseur), dont la partie moyenne est un peu plus garnie que la circonlérence, ne présentant aucune nodosité surtout à sa face interne, et dont les bords seront à volonté, ou bien ébarbés à l'aide de ciseaux, ou bien retroussés simplement sans les peigner ni les ligaturer. Les dimensions (épaisseur, largeur) et la forme du plumasseau (ellipsoïde, carrée, arrondie) varient suivant l'usage auquel il est destiné.

Mèche en brins. Mèche en faisceaux. Elles sont constituées, soit par quelques fragments de charpie, soit par des faisceaux plus ou moins épais de longs filaments toujours disposés parallèlement.

La mècbe s'introduit simplement à l'aide d'une pression exercée par le bec d'une sonde cannelée ou d'une spatule, et d'une façon parallèle à sa longueur. Pour la mèche en faisceaux, qui n'est qu'un petit plumasseau plus long que large, tous ses filaments sont ligaturés en masse au niveau de leur partie moyenne, afin de prévenir leur déplacement, puis une des moitiés de l'écheveau est repliée sur l'autre. C'est au niveau de l'étranglement produit par la ligature que s'applique l'éperon du porte-mèche dont la tige se trouve alors entourée par les deux chefs de l'écheveau {voij. Mèche, Porte-mèche).

b. Fibres disposées irrégulièrement. Elles fournissent le gâteau et les rouleaux i\m comprennent eux-mêmes, le rouleau proprement dit, la boulette, le bourdonnet, la pelote, le tampon, le sindon et la tente. Un mot sur chacun d'eux.

Le gâteau de charpie diffère, selon les auteurs, du plumasseau eu ce qu'il est constitué par un certain nombre de masses de charpie brute qu'on étale en une plaque dont l'épaisseur est à peu près partout la même, mais sans détruire le mélange informe des fdaments ; cependant, on prend le soin de les raréfier afin d'en augmenter la souplesse. J'avoue que cette distinction entre le gâteau et le plumasseau me semble un peu puérile, et je crois que dans les cas où l'un d'eux est utile, l'autre peut également le remplacer.

En roulant mollement de la charpie brute dans la paume de la main, on la façonne en masses plus ou moins allongées appelées rouleaux (cylindriques, fusiformes, plus aplatis d'un côté que de l'autre, étranglés sur un ou plusieurs points de leur longueur, etc.).

La boulette n'est qu'un rouleau à forme sphérique. Elle varie de la grosseur d'un pois à celui d'un œuf, qu'elle ne dépasse pas généralement. Tantôt elle est molle et poreuse, tantôt elle offre une densité plus grande. Si elle est serrée et un peu moins renflée aux extrémités qu'au centre étranglé lui-même par un fil double, on lui donne le nom de bourdonnet. Plusieurs bourdonnets disposés sur le trajet du même fil donnent la disposition en queue de cerf-volant.

La tente, dont l'usage est presque abandonné aujourd'hui, est une espèce de rouleau en forme de champignon ou de bouchon conique renflé à une extrémité, effilé de l'autre côté et composé de filaments tordus en spirale les uns autour des autres. Pour la préparer, on plie en deux un faisceau de brins de charpie, de façon à ce que la partie renflée corresponde au point de flexion, et la partie effilée aux extrémités des chefs ; c'est à cette dernière que s'attache le fil.

Si le bourdonnet représente un petit plumasseau, en forme de rosace, soutenu par un fil attaché à sa partie moyenne ; il est appelé sindon qu'on utilisait autrefois pour boucher l'ouverture crânienne pratiquée par le trépan.

Les tampons ne représentent que des boulettes, des bourdonnets ou des rouleaux de charpie accumulés au fond d'un conduit ou d'une cavité qu'ils sont desti-

nés à comprimer, c'est-à-dire à tamponner. Enfin, si la boulette de charpie est entonrée d'un linge dont les bords sont noués à la manière d'un petit sac, elle prend le nom de pelote.

5" Usages de la charpie. La charpie est d'un emploi journalier en chirurgie, et nous pouvons dire, en effet, qu'elle rend de grands services, mais gardons-nous bien d'en exagérer l'utilité et de la considérer indispensable aux pansements.

Usage de la charpie râpée. Beaucoup plus excitante que la seconde variété, elle absorbe avec faciUté les liquides des plaies et se colle rapidement à leur surface. Aussi, les cas dans lesquels elle réussit le mieux sont ceux qui sont relatifs aux ulcères blafards et aux plaies à tissus flasques On l'emploie alors dans le but d'y réveiller une activité locale endormie et non point dans celui d'y favoriser directement une prompte cicatrisation comme on le supposait jadis. En raison de la grande rapidité avec laquelle elle s'imbibe des liquides et se dessèche, elle peut rendre quelque service comme agent hémostatique dans les hémorrhagies capillaires, par exemple, et être employée dans le pansement par occlusion ou dans le mode de traitement dit sous-crustacé.

Usage de la charpie effilée. Au point de vue de ses usages, nous devons l'envisager comme moyen de remplissage et comme pièce de pansement des différentes solutions de continuité.

a. Elle sert à combler les vides, et en même temps à favoriser une compression méthodique dans le traitement des fractures, des luxations, des arthrites, à matelasser les attelles, à maintenir provisoirement sous forme de pelote ou de tampon la réduction des hernies ou bien à empêcher un bandage mal fait de blesser les parties les plus saillantes. Dans tous ces cas, ses usages sont essentiellement mécaniques ; aussi, peut-on se contenter de l'employer à l'état brut et même la remplacer, souvent avec avantage, par la ouate dont la propriété élastique est si précieuse, ou par un des succédanés que nous passerons bientôt en levue.

b. Charpie envisagée comme pièce de pansements des solutions de continuité. Agent mécanique. A vrai dire, comme l'a fort bien fait ressortir Mathias Mayor, la charpie n'a par elle-même aucune action spécifique. Lorsqu'elle agit comme topique, elle est redevable de ses nouvelles propriétés d'emprunt aux divers principes médicamenteux dont on l'imprègne ou qu'on applique simplement à sa surface . Ce corps n'offre donc pour le pansement des solutions de continuité, que des usages mécaniques ou passifs qui sont relatifs soit a h protection des plaies, soit à Vabsorption des liquides, soit à la compression des tissus.

Cette substance a été pendant longtemps regardée comme devant constituer une des pièces indispensables du pansement simple : cependant, le rôle protecteur qu'on lui a si généreusement attribué nous semble quelque peu problématique. La profusion avec laquelle elle était employée, il y a quelques années encore dans le traitement des amputations, par exemple, n'avait tout au plus que l'avantage de prévenir le choc des corps extérieurs. Si elle est séparée de la blessure par un linge fenestré enduit d'un corps gras, son rôle d'agent absorbant est alors bien contestable, et d'autre part, ap|ili(juée directement, elle est toujours plus ou moins irritante et s'attache aux bords de la plaie dont on ne la détache qu'avec peine et en faisant souffrir le malade. Elle forme plutôt, à mon avis, un mode de pansement lourd, iatigant, étouffant même la plaie, et n'a pas la propriété de maintenir toujours, comme l'ont répété les auteurs, une douce et surtout une égale température à sa surface. Cette dernière condition unie à celle de la légèreté est

évidemment bien mieux remplie à l'aide du pansement dit par halnéation coU' tmue [voy. Plaies (Pansement des)].

Le rôle à' agent absorbant les liquides provenant des plaies qu'on a aussi attribué à la charpie, ne nous semble pas moins contestable. Combien de fois avons-nons vu retirer de la surface des plaies d'amputés bon nombre de plumasseaux qui ne présentaient qu'une très-petite quantité de pus étalé et n'ayant pas pénétré dans l'ultérieur de la masse ! Les expériences de Gerdy ont, du reste, amplement démontré que cette substance n'absorbe le pus qu'avec la plus grande difficulté. Mais il n en est pas de même des vapeurs et des gaz qui s'y infdtrent facilement et peuvent y séjourner très-longtemps. Enfin, elle offre de grands avantages comme agent de compression des surfaces, de tamponnement des cavités naturelles ou pathologiques, de dilatation des conduits, d'isolement, pour séparer les lèvres d'une plaie et les parois d'un abcès, ou bien pour écarter deux muqueuses dont on veut empêcher le contact : elle s'emploie aussi comme conducteur dans l'écoulement de la suppuration ; c'est au chirurgien à choisir parmi les formes exposées plus haut, quelle est celle qui convient le mieux à l'indication qu'il veut remplir.

Agent topique. Employée à l'état sec et appliquée directement sur les plaies de mauvaise nature, les ulcères, elle agit comme modificateur mais c'est seulement à titre de corps étranger qu'elle ranime leur surface blafarde et réveille leur sensibilité ; elle trouve donc aussi son utilité lorsqu'on veut obtenir des réunions secondaires.

Si la charpie n'absorbe que difficilement le pus, elle se laisse pénétrer avec facilité par un grand nombre de liquides médicamenteux, principalement ceux qui n'ont pas une consistance oléagineuse, aussi l'enq^loie-t-on fréquemment ù l'état humide dans le pansement des contusions, des entorses, des plaies et des ulcères, en la trempant dans l'eau, les solutions astringentes et calmantes, les liquides alcooliques, acides ou alcalins, les liquides désinfectants, les diverses infusions ou décoctions de plantes détersives (feuilles de sureau, de noyer), etc. Tantôt elle sert de support, à divers médicaments mous ou pulvérulents, qu'elle est destinée à, porter au fond de certaines cavités, ou à étaler sur des surfaces comme les cérats, les huiles, les glycérolés, les onguents et les digestifs dont on faisait si grand abus autrefois. Tantôt en se mélangeant d'une façon intime, soit avec des liquides, soit avec des gaz ou des vapeurs qui sont en quelque sorte incorporés aux filaments de cette substance spongieuse, elle constitue les Gharfies COMPOSÉES dont l'efficacité nous semble au moins pour quelques-unes bien sujettes à caution et dont les principales sont :

La charpie noire, la charpie coaltarée, phéniquée, la charpie au perchlorure de fer, la charpie carbonifère, la charpie balsamique (charpie trempée dans diverses teintures alcooliques, baume, etc.).

La Charpie noire, qui a été conseillée, il y a une quinzaine d'années dans la thérapeutique des vieux ulcères qui ont besoin d'être révivifiés, se prépare en faisant sécher sur une assiette de la charpie fine (15 grammes), après l'avoir plongée dans :

Nitrate d'argent cristallisé 4 grammes.

Eau distillée 50 —

Comme charpie composée désinfectante, la charpie coaltarée a laissé une assez bonne réputation, mais on ne l'emploie plus guère aujourd'hui. M. Demeaux qui en est l'inventeur la prépare en faisant sécher de la charpie après une macération prolongée dans une énuilsiou de coaltar. C'est une préparation qui a son utilité,

mais ce serait trop nous avancer que de la regarder avec son auteur comme un moyeu prophylactique de la pourriture d'hôpital.

Nous avons vu en 1862, notre maître, le professeur Nélatou, employer à l'hôpital des Cliniques, la charpie carbonifère de MM. Malapert et Pichot (de Poitiers), et nous devons dire quecomme désinfectant elle a donné entre ses mains d'assez bons résultats. C'est surtout dans le cas d'ulcères cancéreux à odeur nauséabonde et dont un seul infecte parfois des salles tout entières qu'elle nous a semblé rendre service. 11 est regrettable cependant, comme le dit M. de Saint-Germain, que la charpie ainsi chargée de charbon perde beaucoup de sa souplesse et ressemble à delà charpie râpée. Aussi est-il à craindre qu'elle ne détermine par son contact direct sur les plaies des douleurs assez vives. Ce dernier chirurgien l'a employée médiatement sous forme de sachets et en a été complètement satisfait au point de vue désinfectant.

Enfin Percy qui a multiplié les essais sur la fabrication des charpies composées et sur les nouvelles propriétés que les différents gaz ou vapeurs peuvent communiquer à ce corps spongieux, a rendu la charpie tantôt astringente, tantôt cathérétique, tantôt balsamique selon les indications qu'il voulait remplir. « Jepourrais, dit-il, indiquer une foule de moyens propres à lui imprimer (la charpie) des qualités médicamenteuses, soit en l'imprégnant elle-même de vapeurs sèches ou alcooliques, soit en faisant subir des préparations diverses à la toile destinée à sa confection. J'ni quelquefois employé avec succès dans certains ulcères fougueux et indolents de la charpie que j'avais fait exposer sur un tamis de crin renversé à lavapeurd'une poudre d'encens, dekarabé, decinabreetde sucre projetée sur les charbons ardents. » Le même observateur s'est servi aussi de charpie préparée avec de la toile bleue qui lui a paru améliorer l'état d'une plaie chez un scrofuleux.

.B. Succédanés de la Charpik. On a tenté de remplacer la charpie de linge que nous venons de décrire et qui est presque exclusivement la seule employée dans notre pays, par un grand nombre d'autres substances. La laine, l'éponge, le typha, la mousse, les feuilles sèches, le foin, etc., ont pu lui être substitués, mais on a le tort, selon moi, de les regarder comme de véritables succédanés de ce corps, car ce sont là des ressources extrêmes qui ne doivent être imposées que par une nécessité urgente et en cas de pénurie.

Parmi les succédanés de la charpie, les seuls qui méritent de l'intérêt sont : le Uni (tissu-charpie des Anglais), la charpie de chanvre ou étoupe cardée, le coton cardé, la spongio-piline et la charpie d'épongé.

Le Lint est une étoffe.tissée (lin ou" chanvre) dont l'une des faces est tomenteuse ou pelucheuse comme la ouate, c'est celle qu'on applique sur la plaie et dont l'autre est unie, mince et gommée. 11 est disposé en rouleaux, comme le diachylon, dont on coupe des morceaux de la dimension de la plaie à recouvrir. M. Topiiiard [Quelques aperçus sur la chirurgie anglaise, th. inaug. 1860) qui regrette avec raison de ne pas la voir employer dans nos hôpitaux français, dit que son adoption réaliserait une économie, en tenant compte de la quantité de Lint susceptible de remplacer une quantité déterminée de charpie française. Cette étoffe est en effet d'une application facile, est moins exposée que notre charpie à se charger, par son séjour prolongé dans les salles, d'émanations miasmatiques, constitue un pansement léger et maintient une température plus douce et ])lus uniforme , mais elle n'absorbe pas davantage les liquides provenant de la plaie et ne peut servir de moyen de remplissage. C'est le chanvre qu'on emploie dans les hôpitaux deLondres pour combler les vides des appareils à fractures,

pour façonner les coussins, etc. Il est conservé en rouleaux (1 mètre de long, 10 à 15 centimètres de large), et pour l'étendre en couches, il suffit de presser le rouleau entre une surface plane et la main.

On a aussi utilisé le chanvre dans le traitement des plaies, ainsi on trouveia dans le Journalde médecine et de chirurgie pratiques (août 1 872), une note fort intéressante envoyée par M. le docteur Jansen, médecin de l'armée belge, et relative à la charpie de chanvre et à ses avantages comme moyen de pansement et dont nous avons extrait le résumé suivant :

La charpie de chanvre fut employée pour la première fois au Yal-de-Gràce à Paris par Cadet de Vaux, directeur de cet établissement, vers la fin du siècle dernier, et par le chirurgien en chef Gama. Mais c'est M. Gannal qui la retira de l'oubli où elle était tombée, la remit en vogue dans les hôpitaux militaires et adressa un mémoire à l'Institut. M. Jansen a, dit-il, employé avec le plus grand succès pour tous les pansements une charpie de chanvre douce, soyeuse, élastique et qui peut rivaliser avec la plus belle charpie de linge. Il l'obtient d'après le procédé dé M. Brocker, chimiste hollandais, en faisant macérer d'abord le chanvre pendant trois jours dans une solution de carbonate de soude chaude. Il est alors exprimé et lavé à grande eau, jusqu'à cessation de réaction alcaline, puis on traite par une solution d'hypochlorite de chaux, jusqu'à complète décoloration : cependant M. Jansen a constaté que la charpie de chanvre la plus blanche n'est pas toujours la mL'illeure. Cet auteur l'a expérimentée pour tous les pansements sous forme de boulettes, de gâteaux, de bourdonnets, de mèches, de plateaux pour étendre les pommades ou les onguents et il ne lui reconnaît que des avantages et des qualités précieuses; elle est, dit-il, tout aussi belle que la meilleure charpie de linge, elle plaît à l'œil, coûte infiniment moins cher, necontient jamais d'impuretés etpossède une puissance absorbante trois fois plus marquée que celle de la charpie ordinaire (ce qui ne serait pas, à notre avis, la moindre de ses qualités) ; en un mot, cette charpie présenterait, selon lui, tous les avantages de la charpie de linge sans en avoir les inconvénients. Sans partager complètement le vif enthousiasme de l'auteur pour une substance qui semble lui avoir fourni d'aussi beaux résultats, mais que d'autres observateurs ont rejetée à cause de son manque de souplesse, nous regrettons de ne pas la voir essayer par nos chirurgiens des hôpitaux, car elle peut être au moins dans certains cas un bon moyen de pansement. M. Pollock chirurgien de l'hôpital Saint-Georges à Londres, avait du reste avant M. Jansen publié une note dans The Lancet (1870) oii il est dit qu'il pansait avec avantage depuis quelque temps, les plaies et ulcères avec Vétoiipe cardée {carded oakum) substance qui avait rendu aux chirurgiens de si grands services pendant la dernière guerre d'Amérique. M. Pollock préférait au contraire une étoupe d'un bi un brillant ayant Vodeur du goudron, provenant de corde coupée en morceaux dans les prisons et les workbouses et cardée à la mécanique. Il en fait aussi usage dans les brûlures, les amputations, la gangrène sénile, les abcès, les ulcérations diverses.

M. le docteur Queyriaux a proposé au ministre de la guerre de faire adopter cette etoupe goudronnée pour le pansement des plaies d'armes à feu dans la guerre franco-prussienne. C'est ainsi que M. Giraldès l'a employée au Val-de-Grâce, chez un amputé de l'avant-bras et pour une fracture du cubitus par coup de feu. D'après lui, cette éloupe, finement cardée, peut remplacer très-avantageusement l'u-age de la charpie dans le pansement des plaies suppurantes {Gaz, hebdom, 1871, n" 55).

CIIARRIÈRE. 4'Jl

Le coton carde ou ouate à été préconisé par Mayor de Lausanne et considéré par lui comme étant beaucoup plus économique que la charpie. Comme mntièro de remplissage, il est évidemment préférable et a été de plus regardé tout dernièrement par M. Guérin, comme offrant de sérieux avantages comme topique applique dans les solutions de continuité (pansement ouaté). D'autres chirurgiens lui reprochent sa complète imperméabilité et certaines propriétés excitantes qui seraient nuisibles à la cicatrisation des plaies.

M. le professeur Gubler dans la séance du 4 octobre 1870, a présenté à l'Acadépiie une ouate glycérinée perméable que l'on peut substituer à la charpie en cas de pénurie de celle-ci. Pour la préparer, il suffit de verser quelques gouttes de glycérine sur des carrés de cette matière et de les exprimer ensuite aussi fortement que possible. Cette ouate a la propriété d'être perméable à tous les liquides médicamenteux ou autres.

La spongio-piline, employée à Edimbourg, est une substance ingénieuse composée de débris d'épongés, de laine et d'une espèce de crin, en couche de l'épaisseur d'un centimètre et recouverte à sa face externe de gutla-percha. Elle peut remplacer les fomentations pratiquées avec lacharpie trempée dans divers liquides. Comme elle est poreuse, elle s'imbibe avec facilité des décoctions ou infusions et s'applique immédiatement sur la peau.

M. de Saint-Germain a employé récemment une substance appelée charpievierge, par son inventeur dont il a oublié le nom et qui ne serait qu'un composé déracine de lin et d'ortie. Cette substance d'une blancheur et d'une finesse remarquables a été expérimentée par lui à l'hôpital du Midi et lui a donné des résultats satisfaisants.

Quant à la charpie en éponge (éponges réduites en laine) que l'on avait essayée il y a une trentaine d'années dans les hôpitaux de Paris;, elle est complètement tombée dans l'oubli. Gillette.

BiDUOGRAPHiE. — Terras. Mémoire sur les propriétés et l'usage de la cùnrjne dans le traitement des plaies et des ulcères. In Ane. Joiirn. de médec., t. LXII, p. "iOS et 588 ; t LXIV, p. 59 et 455. Très-bon mémoire, composé à l'occasion du prix proposé en 1774, par l'Acad. roy. de chirurgie sur la réforme à apporter dans le pansement des ulcères. — Brambilla (J.-Alex.). Abhandl. ûber den Gebrauch des Oxijcrats und der Trockenen- Charpie. Vienne, 1777. — EicHHEiMER (G.-Fr.). Besckreibung der Zubereilungsart einer der eiiglisclien dlin-

lichen und eben so brauchbaren Charpie. In Siebold's Chir., Bd. Il, St. 5, § 851 : 1800.

Weiss (C.-E.). Dlss. inaug. de Lintei rasi Anglici parandi methodo, de que machinis, quibus hune in finem Angli itluntur. Berlin, 18-27. — Matthias Mayor. De la charpie et du coton. In Journ. des connaissances méd. chirurg., sept. 1835 et in Dict. des études mcd. prat., t. III, p. 400. — Percï. Dict. des sciences méd., t. IV, art. Charpie, p. 564. — Velpeau. Médecine opérât., t. I, ch. ii, p. 125; 1839. — Blanchet. Charpie d'épongé. In Académ. des sciences, 30 août 1847. — Gannal. Charpie de chanvre [charpie vierge). Rapport de Magenuie à l'Institut. In Bull. gén. thérap., t. II, p. 30 et 128, et t. VI, p. 387. — Malapert et Pichot. Charpie carbonifère. In Moniteur des hôpitaux, 1859, p. 755. — Higginbottom. Préparation de la charpie tioire. In Abeille médicale, p. 35, 18G9. — Gubler. Ouate perméable, substituée à la charpie. In Acad. de médec, 4 oct. 1870. — Pollock. Emploi de l'éloupe cardée (poulies pansements), remplaçant la charpie. In The Lancet et Abeille médic, mai 1870.

Queïriaux et GiRALiiÈs. Emploi de l'étoupe goudronnée. In Gaz. hebdom., 1871. Jansen.

De la charpie de chanvre et de ses avantages comme moyen de pansement. In Journal de médecine et de chirurgie pratiques, août 1872. — Saint- Germain (de). Art. Charpie. ISouveau Dictionn. de médecine et de chirurgie pratique, 1872. — Lantier. Lacharpie de l'ambulance de l'administration des postes. [Pansement immédiat par le soldat des hlessurcH sur le champ de bataille) Asselin. Paris, 1873. G.

CHARRIÊRE. Yoy. L\CHARRIÈRE.

i92 CIIARTIER.

CHARTIER (René). Médecin littérateur et érudit, naquît à Vendôme, en 1572, suivant Goujet, en 1574, suivant quelques autres. 11 s'adonna d'abord aux belles-lettres et à la pbilosophie, dont il donna des leçons à Angers, puis à Bayonne. C'est là qu'il commença ses études médicales, qu'il vint achever à Paris, où il prit, en 1608, c'est-à-dire vers l'âge de 36 ans, le bonnet de docteur. Deux ans après on lui confia la chaire de pharmacie, et, en 1617, celle de chirurgie. Il avait été nommé, en 1613, médecin ordinaire du roi. Chartier s'est surtout occupé de travaux d'érudition et, à l'exception de ses thèses pour les actes probatoires, il n'a rien donné de son propre fonds. 11 avait fait paraître les Adversaria de Houiller sur Duret, et les œuvres de Perdoux (Perdulcis), quand, à partir de 1630, il se consacra exclusivement à des recherches qui avaient pour but de mettre au jour une édition complète des œuvres d'Hippocrate et de Galien, dans laquelle il a même placé quelques autres auteurs anciens, tels que Théophile, Palladius et des fragments d'Oribase.

Ce savant mourut subitement d'une attaque d'apoplexie, le 29 octobre 1654.

L'édition grecque-latine des œuvres d'Hippocrate et de Galien, dans laquelle ces deux auteurs sont confondus et associés par l'ordre des matières, dont traitent leurs différents ouvrages, n'a pas été entièrement publiée par Charlier ; il n'en a fait paraître, sur les treize volumes dont elle se compose, que dix, qui lui ont coijté cinquante mille écus ; c'est-à-dire à peu près toute sa fortune. Les trois autres (IX, X et Xll) ont été imprimés longtemps après sa mort, par les soins des docteurs Blondel et Lemoine, commis à cet effet par la Faculté. Malheureusement le tome XIV renfermant la table des matières est resté manuscrit. Le mérite de cette édition a été assez vivement contesté. Le fait est que, par le grand nombre des volumes et l'enchevêtrement des œuvres d'Hippocrate et de Galien, elle est peu commode. Mais l'auteur a revu et corrigé avec soin les traductions latines dont il se servait refaisant même des passages entiers; il a, en outre, donné de nombreuses variantes, trouvées dans les différentes éditions déjà pubhées, et dans les manuscrits de la Bibliothèque de Paris, les seuls qu'il ait pu consulter. Et, en effet, les demandes qu'il avait adressées aux médecins étrangers, et aux Espagnols particulièrement, sur les divers manuscrits qu'ils pouvaient posséder dans les bibliothèques publiques, sont restées sans réponse. C'est ce que Goiiliu leur reproche amèrement. Au total, un juge dont l'autorité est hors de conteste, M. Litlré, trouve que cette édition mérite plus de faveur qu'on ne lui en accorde ordinairement.

Voici la liste des écrits laissés par notre auteur :

I. Ergo partium similarium sola j)roprius intempéries niorbus. Th. de Pains, 1C07, in-4°. — II. Ergo ad lipothimiam usque sanguin mittendus. Ibid., 1608, in-4°. — III. Lud. Dureti adversaria, seu scholia in Jac. Hollerii librtim de morbis inlernis Parisiis, 1611, 111-4°. — IV. Battholomœi Perdulcis universa medicina ex medicorum principum sententiis consiliisque collecla. Ibid., 1650, in-4°. — V. Magni Hippocratis Coi et Claudii Galeni Pergameni... (juœ extant opéra, R. Charterius... plurima interpretatus, universa eviendavit, instauravit, notavit, auxit, etc. Paris, 1630-79, 15 vol. in-fol. — VI. Index opermn Galeîii quœ lalinis dmitaxat Tijpis, in lucem édita sunt ; eorum aliquod grœcum in bibliotliecis locupletioribus abditum, etc. Parisiis, 1635, in-4». C'est le programme adressé par Chamieu aux savants de l'Europe pour en obtenir des documents.

Chartier (Jean). Fils aîné du précédent, célèbre par ses querelles avec le terrible Guy-Patin, naquità Paris, en 1610 et se fit recevoir docteur en 1634. S'étant déclaré partisan de l'antimoine, il se jeta, à corps perdu, dans la grande querelle à ce sujet qui partageait alors les médecins, et publia un ouvrage apologétique sur

celte substance. La fureur de Guy-Patin alors doyen de la Faculté (1651) ne connut pas de bornes; il faut voir, dans ses lettres, de quelle manière il traite ce pauvre Jean Chartier, c'est une bête, un ivrogne, gueux comme un peintre; il n'a même pas écrit ce livre, il a été payé par Vauthier pour le signer, etc., etc. Mais G. Patin ne se borna pas à ces injures, renfermées dans sa correspondance, il déféra Jean Chartier au conseil de la Faculté, le 28 août 1651, pour ce malheureux ouvrage, qui n'avait pas reçu l'approbation de la Faculté, et le mit en demeure de le rétracter; Chartier s'y étant refusé, il fut impitoyablemeiit rayé de la liste des docteurs régents, et ce n'est qu'après avoir intenté une action contre son persécuteur, qu'il fut réintégré au catalogue en 1655, sous le décanat de Paul Courtois. Jean Chartier, qui, bien qu'en dise G. Patin, ne manquait pas d'instruction, mourut en 1662.

On a de lui : .

I. Palladii de febribits concisa synopsis interprète J. Cliarterio (grec et latin) Paris 1646, in-4°. - II. La science du plomb sacré des sages ou de l'antimoine oh sont décrites ses rares et particulières vertus, puissances et qualités. Paris, 1651, in-4° et en latin dans le Tkeafrum cliemicum. Argentorati, t. VI, 1659.

Chartier (Philippe). Frère cadet du précédent, né en 1633 ; il étudia aussi la médecine et se fit recevoir en 1 656. Il gagna au concours la chaire de professeur au collège royal et obtint le titre de médecin ordinaire du roi ; on dit qu'il mourut d'une indigestion, le 25 août 1669. Philippe Chartier se vantait hautement d'être l'auteur du traité sur l'antimoine qui valut tant de persécutions â son frère, bien qu'il n'eût que dix-huit ans quand ce livre fut publié. E. Bgd.

CHARRUAS (les). Nation de la race pampéenne de l'Amérique du Sud.

{Voy. Amérique.)

CHASMANTHERil (IIocHST., in Flora (1844), 21). Genre de plantes, de la famille des Ménispermacées, auquel doit être rapportée, selon nous, la plante qui produit la racine de Colotnbo {voy. ce mot) et qui a été jusqu'ici attribuée au genre Jateorhiza. Nous l'avons nommée C. Columha (in Adansonia, IX 305 ; Histoire des plantes, III, 11, 30, fig. 16, 17). H. Bn.

CRASSE, CUASSEURS (Hygiène). La chasse, dont les produits servent à l'alimentation de la plupart des peuples primitifs, est certainement un des plus anciens exercices ou plutôt une des plus anciennes occupations de l'homme. Les débris qui nous restent de l'antiquité la plus reculée, remontant bien au delà des traditions orales et des légendes, nous montrent les armes et les instruments dont ksprimigeni de notre race se servaient pour frapper et dépecer les animaux dont ils taisaient leur proie.

Les émotions, les fatigues, les dangers de la chasse ont depuis longtemps exercé l'imagination des poètes et des prosateurs qui trouvaient Là une mine inépuisable de narrations et d'amplifications. Les médecins, se plaçant à un autre point de vue, celui des avantages ou des inconvénients pour la santé, ont fourni une certaine part à ce que l'on pourrait appeler la littérature cynégétique, surtout Tossie par des ouvrages spéciaux et purement techniques.

La question hygiénique a été envisagée et résolue de différentes manières par v.s auteurs qui l'ont traitée, suivant qu'ils ont été plus frappés de l'abus que de l'usage des exercices cynégétiques ou réciproquement. Ceux-ci doivent être exa-

minés en eux-mêmes, et c'est seulement ensuite qu'il est permis de se prononcer. La chasse peut avoir lieu soit à pied, soit à cheval, à la poursuite d'animaux inoffensifs ou dangereux.

La chasse à pied a nécessairement de nombreux points de contact avec la marche forcée et la course, les différentes péripéties en ont été parfaitement retracées avec la précision et l'abondance que permet la langue latine, par un auteur bien connu du seizième siècle, J. Alessandrini. Nous citerons ce passage : Ambulandiim placite interdum , trayismittenda sœpe fossa, aut sepessaltu; plana, acclivia, declwia, inœqualia peragranda; prata , campi percurrendi, uhi aratrum, uhi satum, uhi stipula est ; per prœcipitia, per avia, dévia, ima ardua, rupes, saxa eiindmn, sœpius facere nobis viam inter virgidta cogimur, progressif impediti, ut intertexentibus herbam rubis, aut viteis lentisque, pierumque serpentihiis humi virgultis, veluti pedicis quihiisdam retenti. Obs'tantes ramos confertorum nemoriim dimovemus manibus; in proclive nimis descensu acti, vix cum pedibus niti possumus, pendemus toto corpore de arbusculœ ramis; rursus sustenti attollimus nos iisdem gradu ad superiora facto, manibusque replantes per virgulta {cum fidere solis pedibus non liceat) ut saltum aliquem ascensu nimis arduo superemus, etc. {Salubrium, sive de sanitate tuenda, lib. VI, cap. ix, Coloniae, 1575, in-fol.). Nous n'avons rien à ajoutera ce tableau.

La chasse à cheval exige une connaissance approfondie de l'équilntion. Il faut galopper à travers les bois, les champs, franchir des haies, des fossés, etc., se livrer, en un mot, à tous les exercices, à toutes les manœuvres qui constituent l'art de I'Équitation {voy. ce mot).

Enfin, relativement aux animaux que l'on poursuit, on ne saurait confondre la chasse aux animaux faibles et timides, lièvre, lapin, renard même, oiseaux divers, perdrix, bécasses, etc., et celle aux animaux plus forts et qui peuvent se retourner sur le chasseur, comme le cerf et surtout le sanglier. Il est clair que nous ne parlons pas ici de la chasse aux bêtes féroces, lion, tigre, panthère, etc., qui ne sont pas de nos climats.

Ces différentes sortes de chasse présentent certaines particularités qui leur sont communes ; il faut être levé avant le jour, quelquefois même passer la nuit, et cela par tous les temps, le plus souvent même l'hiver ; s'habituer aux intempéries des saisons, à la fatigue ; tout le corps est en mouvement, la poitrine se dilate sous l'influence des cris qu'il faut pousser pour les appels, etc., l'ouïe doit être nécessairement attentive aux différents bruits qui peuvent se faire entendre et qui annoncent la présence du gibier, aux intonations variables des aboiements des chiens et du cor des piqueurs. L'acuité de la vue est incessamment mise en jeu ; la ruse, l'adresse, la patience, la vigueur sont exercées d'une manière continuelle; une détermination prompte, dont dépend quelquefois la vie du chasseur, est souvent exigée. Il y a donc là, comme on le voit, de réels avantages pour la santé, mais qui ne sont pas sans inconvénients, du côté desquels même pencherait la balance si, comme le dit Alberti, on dressait un bilan exact des uns et des autres.

11 convient d'abord de distinguer ceux pour lesquels la chasse est un amusement passager, de ceux qui en font leur profession, ou qu'une passion irrésistible entraîne à en faire, pour ainsi dire, leur unique occupation.

Il ne saurait être question des premiers, les seconds seuls doivent nous occuper. Ces violents exercices doivent amener une fatigue extrême qui, trop souvent ré-

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