‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 78 sur 98 · VOLUMES · texte numérisé non relu

VOLUMES

EN DÉCIMÈIRES CUliES.

OBSEKVATiONS.

Eau

lOCO

Mnrhi'p-rr.iip

Verre .

Plâtre

Fonte

2inc

contiennent cette eau, aient nne résistance suffisante et au delà pournepas éclater, et inonder d'eau bouillante. Dans l'accident qui s'est produit il y a quelques années à l'église Saint-Sulpice, un poêle d'eau placé dans la chapelle de la Vierge ayant cédé, un jet d'eau bouillante alla frapper les personnes voisines, dont quelquesunes succombèrent par suite de leurs brûlures. Pour éviter ce grave inconvénient, il est indispensable de n'employer que des récipients très-solides. On pourrait également pour surcroît de précautions, entourer les poêles d'un écran convenable. Enfin on peut, et c'est là le meilleur procédé, éviter les fortes pressions au moyen des appareils mixtes que nous décrirons plus tard. Dans tous les cas il faut veiller avec le plus grand soin à ce que le vase d'expansion soit toujours largement ouvert. Les appareils dans lesquels il est fermé par une soupape de sûreté permettant de développer une certaine pression de vapeur sont beaucoup plus dangereux.

Calorifères à eau chaude et à haute pression. Ils ont été imaginés et appliqués par Perkins. Ils diffèrent du thermo-siphon, en ce que le vase d'expansion est complètement bouché. Il ne sert qu'à permettre à l'eau contenue dans le calorifère de se dilater plus ou moins sans le briser. Dans ces conditions, la température de l'eau peut s'élever au-dessus de 100 degrés, ce qui permet jde réduire le volume des appareils. Les tubes du calorifère de Perkins ont 0n>,025de diamètre extérieur, le diamètre intérieur est moitié moindre. Les poêles d'eau sont remplacés par une spirale de ces mêmes tubes qui peuvent supporter une pression considérable. Ils sont essayés à la pression de 200 atmosphères et quelquefois plus. Perkins a établi ces calorifères dans le musée Britannique, et dans un grand nombre d'autres établissements publics en Angleterre. J'avoue que malgré les avantages qu'ils présentent, je ne leur donnerai jamais la préférence, à cause des dangers d'explosion. L'expérience démontre, d'une manière malheureusement trop certaine, que des accidents se produisent toujours dans les appareils à pression en dépit de toutes les précautions, pour que, dans les habitations, ils ne soient pas proscrits lorsqu'ils ne sont pas absolument nécessaires. <

Calorifères à vapeur et mixtes. Ils se composent d'une chaudière à vapeur ordinaire, placée le plus souvent dans le sous-sol ; et de tuyaux qui vont porter la vapeur produite, là où elle est utile. Ces tuyaux peuvent être beaucoup plus petits que ceux du thermo-siphon, et ils doivent être disposés de manière à ce que l'eau de condensation qui se forme dans leur intérieur fasse retour à la chaudière.

La chrileurque la vapeur laisse dégager en se liquéfiant, peut ctrc utilisée soif en clu.,geant les tuyaux dans les salles à cha.ffe' et en'ieur faisa'u suivit parcours plus ou moins long ; soit en chauffant l'air destiné à être introduit dan la pièce, soit enfin en se condensant dans des poêles d'eau. 11 est inutile d'in s.ster sur les dispositions à 1 aide desquelles on peut obtenir ces difiérenls 1 csuiitits.

Lesavantages des calorifères à vapeur résultent de l'extrême facilité avec laauellp on dmge cette dernière avec une grande vitesse là où elle est nécessaire • et de h quantité considérable de calorique libre qu'elle abandonne quand elle se'licruéfie Les calorifères a vapeur se prêtent mieux que le thermo-siplion à un chauffage et un relroidissement rapides. Il sont donc préférables lorsque le chauffage doit "être in erm.ttent. Lorsque au contraire il doit être continu, ils sont moins avantageux toutefois on peut remédier ce dernier inconvénient en employant des poêles^d'eaJ de capacité convenable dans lesquels on peut emmagasiner de la chaleur pour la nuit. L appareil prend alors le nom de calorifère mixte, et réunit les avanta<^es des appareils a vapeur et à eau. On conçoit qu'il serait très-facile de chauffer un hermo-siphon comme celui de la figure 20 à l'aide d'un serpentin qui traverserait la chaudière A, et dans lequel on dirigerait un courant de vapeur Tel est le système de chauffage adopté à la prison de Mazas. Chaque étage a son thermosiphon sépare, et tous ces appareils sont chauffés parla vapeur d'une unique chaudière. On évite ainsi la pression qui se produit par la seule pesanteur de l'eau dans un thermo-siphon unique qui parcourt tous les étages, et on simplifie le service du chauliage. Cette disposition me semble parfaite.

Le peu de mots que nous avons dits sur les calorifères à eau et à vapeur suffit pour en fau-e comprendre le mécanisme. Il nous a semblé inutile de donner plusde détails sur ces appareils, parce qu'ils sont en général établis sur une vaste échelle d un prix eleve, et toujours construits par des ingénieurs très-instruits et comné' tents. Il n en est pas de même des calorifères à air, et surtout des cheminées et • poêles ; c est par cette raison que nous avons cru devoir donner des renseignements plus précis sur leur construction et leur fonctionnement. °

Pour terminer cette étude, il nous reste à dire quelques mots sur la conservation de la chaleur et sur le contrôle de la température.

Conservation de la chaleur. La prmcipale cause 'de refroidissement des lo eaux habités, est la nécessité de renouveler l'air. Il importe, en conséquence de hnuter la ventilation à ce qu'elle a d'indispensable dans la saison froide où c'et^e ventilation n a pas besoin d'être aussi énergique qu'en été. '

Après la ventilation, la cause la plus active de refroidissement est la perte de calorique à travers les parois de nos habitations. Ces parois sont de deux sortes les fenêtres et les murailles. Le refroidissement est considérable par les premières' dans lesquelles un carreau de quelques millimètres à peine sépare de l'air extérieur. C'est ce refroidissement par conductibilité du verre qui produit sur les vitres celte abondante condensation d'eau et souvent ces fleurs de givre que tout le monde a observées dans nos climats. Dans les pays froids, on remédie à cet inconvénient au moyen de doubles fenêtres, interceptant une couche d'air de 10 a 20 centimètres ou plus. Il est convenable, dans le même but, de munir les tenetres de volets en bois plein, dont les ouvertures peuvent être garnies de vitres, et qu on ferme le soir, dès que la lumière du jour fait défaut. Dans les pays froids ces volets sont rembourrés d'un matelas de substance peu conductrice, et deviennent amsi des auxiliaires précieux pour prévenir le refroidissement nocturne.

Les murs de nos habitations sont ordinairement construits en calcaire grossier, souvent en meul.ère clans les étages intérieurs, ou en briques. Je ne connais aucun tlail sur la conductibilité relative de ces matériaux. Les architectes, en les employant, ne se préoccupent que de donner aux constructions la re.uHance ne- 2À et de ménager l'espace. Au point de vue de hyS-->s m-^ e no^ maisons doivent, comme nos vêtements, être composes ^^^f ^^ ;^\Z. ducteurs, et avoir une épaisseur suffisante pour "«"^^, P^. ^^^e^^^^^^^^^^^ ^^Zpéries. Peut-être serait-il poss.ble, sous ce rapport, d mtmdu e 4^ ^^l- F'f Lnnement qui eût pour résultat de duTimuer ^^ ^'^^'^^^'J^'''^^^^^^^^ solidité ni augmenter le prix au delà d'une certaine limite. L invention récente dt tl^es c'^^^ a été, sous ce rapport, un grand progrès; elles sont plus leeères moins conductrices, aussi solides et moms chères.

%e;iXe Irrait-on croire que cette cause de déperdition de calorique est min me n'en est rien : on peut le démontrer à l'aide d'une expérience que toùn ; ndeest à même de faire. Les architectes ne donnent pas partout rSême épaisseur aux murs. Ceux-ci sont plus massifs en bas en raison du poid TsT-el supérieurs, or il est fac.le de s'assurer que les e âges supérieurs s nt h uTst e'S et froiis en hiver, comparativement aux habitations placées pus brttte différence t.ent surtout à la difi-ence d'épa.sseur^s murs q^^^^^^^^^ la maison de construction très-récente que j'habite a Par,,, ont 0 5ll d cpai eur U'Titresol, et 0,25 seulement au cinquième. Dans une p.ece située au V 1-de- G âc au e,.de-chaussée, les murs ont 1^20 d'épaisseur; aussi les écarts d tenSrrur s sont-ils minimes. S'il est vrai, comme on l'a assure, que dans 1 s S ;. la mortahté est plus considérable dans les étages -P--^^^^^^ P ] bable une cette circonstance doit jouer un rôle considérable, car il n est pas dou LuXu les "arts de températures diurnes ou saisonmers ne soient une condi-

de l'Europe, la Californie, le ChiU, réput s, avec ^'^^'^y^'^^^^^^

nav. de la terre Ce point de vue est entièrement néglige par les arcluteciLS, qu

:\:rt!;e n:'co:idèrent que la résistance des -^éri^a qn i^ em^^^^^^^^^^^^ soii\ arrivés, grâce à la perfection de >- f , -ec^a.re -tei x au^mim mum strictement nécessaire pour la solidité. L emploi ^'^'=«'«^65? permis de diminuer l'épaisseur des planchers ou plafonds, ^ ^^a^^; f ^^^^^

'en convaincre, à Pans, par la facilité gênante avec laqu lie 1^ ^e ^^^^ verticalement d'un appartement à l'autre. La ^l-^-^se tran me d^^^^^^^^ manière; toutefois, ici, cet effet est atténué lorsque ^«^ .^ ^ P^^ ^^uctiou chauffés à la fois. Il y a là certainement un progrès ^/^ ^^^^^ '^^ ' ^^^^ de nos habitations, et ce progrès est d'autant plus desir ble ^"^ ''"^^ ' ? ^^. ?ion qui protégera contre le froid en hiver, garantira ^^^^^^^ ^^^ cessives de l'été. En résumé, pour bien --P-"^';;^^"^ "^f^Se de les avantages des habitations à p^iro.s épaisses, il suiTa d corn ar i la m

trois thermomètres semblables, dont le P-^^^^^^ ^f ^^j ^^^, ^'eentre d'un le second, placé au centre d'un mur peu épais, et le tro sitrae au ^:^èsis. Les courbes dmnies et annuelles ^-^F-^^^f ^^^le ces trois instruments seront très-sinueuses P^^^^, P' ""''"' '/'"^'^,,,„^„on). f^oislème elles rapprocheront le plus de la ligne droite ^^ le mot H.Bimio«)

CHAUFFAGE. 5g5

On sait qu'à une profondeur de quelques mètres, la température du sol est constamment de M degrés environ au-dessus de 0, c'est-à-dire notablement plus élevée que la température moyenne hivernale de la surface dans nos climats.

Il résulte de Jà que lorsqu'on descend dans une cave assez protonde, on éprouve en été une sensation de froid, et en hiver une sensation de chaleur d'autant plus forte que la température extérieure est plus froide. Il semble donc très-naturel de chercher à se garantir des froids extrêmes de la mauvaise saison, en ulilisuit cette source immense et gratuite de calorique qui se trouve à quelques mètres de nous. Malheureusement, ce problème n'a pas jusqu'à présent trouvé de solution que l'hygiène ne réprouve. Dans certains pays, on habite les caves qui sont adaptées à cet usage. En Flandre, à Lille, Dunkerque, etc., il y avait autrefois sous presque toutes les maisons, des caves par lesquelles on entrait au moyen d'ouvertures placées sur les trottoirs. Ces ouvertures étaient fermées par deux volets horizontaux, à charnières perpendiculaires, à l'axe de la rue, de telle ^orte que lorsque la cave était ouverte, les volets maintenus droits empêchaient les passants de tomber dans ces orifices. Il existe encore à Lille de semblables caves occupées par des marchands de fruits et de divers objets. Les efforts incessants de J autorité, éclairée par les hygiénistes, les ont fait presque complètement disparaître, et bientôt elles n'existeront plus. Les inconvénients qu'elles présentaient seront exposés en détail au mot Habitation. A côté de ces inconvénients elles avaient l'avantage de moins se refroidir en hiver, et l'eau n'y gelait jamais, comme cela arrive dans nos habitations presque tous les ans.

Dans un grand nombre de maisons modernes, on construit des pièces dites sous-sol qui sont plus ou moins en contre-bas du niveau extérieur. Lorsque la di ference de niveau n'est pas très-considérable, ces pièces, tout en pouvant être éclairées et ventilées, présentent une uniformité de température relativement bien plus grande que celles qui sont au-dessus du sol ; malgré cet avantage on doit les proscrire, surtout comme pièce d'habitation continue, par les raisons qui seront exposées au mot Habitation.

Contrôle du chauffage. Le contrôle de température des salles est des plus simples. 11 suffit pour apprécier la température actuelle de disposer d'un certain nombre de thermomètres bien construits qu'on placera dans des endroits convenables. Ce que nous avons dit de l'influence des gros murs, et des cloisons minces en contact avec l'extérieur, suffit pour faire comprendre que les thermomètres doivent être tenus à distance. Le mieux serait de les suspendre librement dans l'air On peut avantageusement les fixer aux cloisons qui séparent d'autres salles également cliautlees, ou mieux aux colonnes en fonte qui souvent dans les grandes villes ser venta soutenir le plafond. Enfin, on peut également les attacher aux gros murs en les séparant de ceux-ci par une planchette qui, elle-même, peut ne pas touche^ le mur, de façon qu'une lame d'air sépare celui-ci de l'instrument

Le médecin aurait grand intérêt à connaître les variations de température aui se sont produites dans ses salles depuis la dernière visite, pendant la nuit ' par exemple, ou son contrôle direct n'est pas possible. Les météorologistes possèdent aujourd hui des appareils enregistreurs d'une perfection adnurable mais leur prix et la délicatesse de leur maniement seront toujours des obstacles à leur emploi dans les salles. Il en est un cependant qui fait exception : c'est le thermomètre « mimma. Cet instrument indique la température actuelle aussi bien qu un thermome re ordinaire, son prix est le même, et, en outre, il indique la température la plus basse a laquelle il a été soumis depuis la dernière observation •

enfin, son mécanisme est tellement simple qu'il ne se dérange jamais. 11 nyapas deserre de jardinier qui n'en possède un. Je pense qu'il devrait se trouver dans toutes les salles de malades, où il pourrait indiquer au médecin la plus Lasse teffi^ pérature qui a régné dans la salle pendant la nuit. C'est précisément cette indication qu'il a intérêt à connaître. L'emploi de cet instrument rencontre des obstacles de la part de ceux qui redouteraient une augmentation de dépense pour le clmuf^ fage ; sans entrer dans plus de détails à ce sujet, voici ce qui devrait être fait :

1° Déterminer sans exagération de part ou d'antre la température minima des salles pendant la nuit ; contrôler cette température par des thermomètres à minima, et aviser au besoin, si elle baisse au-dessous du degré réglementaire ;

2" Disposer dans les grands établissements une salle oii la température serait à peu près uniforme, et dans laquelle le médecin placerait les malades qui doivent être soustraits aux écarts ordinaires de température. P. Couwer.

Bibliographie. — La question traitée dans l'article précédent étant exclusivement relative au chauflage et à ses procédés divers, nous excluons de cette bibliographie en les renvoyant au mot Ventilation, tous les articles, mémoires, procédés dans lesquels le chauffage est uni à la ventilation. — Keslau (Fr.), Epargne du bois, 1G19. — Evelyn (J.). Fumujium or the Inconvcmence of the Air and Smoke of London dissipated together, etc. Loiidon, IGOl, in-4° et Ibid., 1772. — Dai.esme. Machine pour empêcher les clieminées de fumer. In Journ. des Sçav., 1686, p. 85 et Philosophie. Transact, 1686, n° 181, p. 78 (Abridg., t. III, p. 92).

— JusTELi. Account of an Engine that consume Smoke (Machine de Dalesme). In PAi/oso^j/t. Trans., 1C86, n" 181, p. 78. — Fakgues (de). Machine pour remédier à la fumée. In Mém. Acad.'des sciences (llist.) 1701; p. 142, et in Mach. approuv. par l'Acad., t. I, p. 211, lig.

— FnE>aN. Nouvelle espèce de cheminée, moyennant laquelle on ne doit jamais être incommodé de la fumée tu avoir froid au dos en se chauffant, description, etc. In Journ. des Sçav ÙOÎ, p. 582. — Gauger (Nie). Mécanique du feu ou l'art d'en augmenter les effets et d'en diminuer la dépense, etc. Paris, 1715, in-12, pi. 12. - De la Chaumette. Moyens d'empêcher les cheminées de fumer. In Mach. approuv. par l'Acad., t. III, p. 47. fig., 1715, Franklim (Benj ). Descript. des nouveaux cliauffoirs de Pensyhame, ou l'on explique les principes de leur construction, leur usage, elc. (publ. en 1745), in OEuvres, trad. fr. par Barbeu-Dubourg, t. II, p. 81. Paris, 1775, in-4°, lig. - Du même. Lettre sur l'usage des cheminées tant en été qu'en hiver, publ. en 1758. In OEuvres, Ibid., p. 200. - Bassevilie (J -B ) Prœs. de Rabours. An fumus cespitum inflammabilium, Picardis Tourbes, samtaii noxms (liesp. affirm.). Th de Paris, 1751, in-4°. — Ebraîîd. Caminologie ou traité des cheminées Dijon, 1756 — Genneté. Sur la construction et les effets d'une nouvelle cheminée qui garantit de la fumée, à l'épreuve de tous les vents, tant directs que réfléchis, etc. Pari= 1759, in-8», pi. 1. — Bamee (Joh.-Phil.). Beschreibung eines ^ur Ersparrung des Hohès eingerichleten Sluben-Ofens. In Mém. cour, par l'Académ. de Berlin. Berlin, 1765, jn.4°. - MoNTALEJiBERT (le marq. M. R. de). Cheminée-poêle ou poêle français. Pans,17bb, in-4'' et Descript. avec flg. par le chev. de .Iaucourt, art. Cheminée, in Encycl. de Diderot. — Morand Mém. sur la nature, les effets, propriétés et avantages du feu de charbon de terre Paris 1770 in-S" fi"- — Bourdois de la Motte. An diu-focis ardentibus assidera malumr (Respons affirm.)'. 'lia. de Paris, 1777, in-4°. — Fortin. Nouveau fourneau de salubrité très-économique et digcsteur de nouvelle invention. Paris, 1791, in-8^ — Halle. Rapport sur l'ouvrage du cit. Clavelin, concernant les principes de la statique de l'air et du feu appliqués à la construction des cheminées. In Ann. de chimie, l'" série, t. XXXlll, p. 1 A an VIII. RroiFORT (B.-Th. de). Essai sur la meilleure construction des cheminées, i'edit. Genève, 1801, in-8°. - Du même. Essais (de IV à XV), trad. fr. par Sei&nette. Paris, 1806, in-S». — Guïton de Morveau. Description d'un poêle sur les principes de la cheminée sue doise avec bouches de chaleur. In Ann. de chimie, i^' série, t. XLl, p. 19 ; an X. — Proxï làe) et Guïton de Morveau. Bapp. sur un appareil établi ci la Monnaie, pour faire consumer la fumée des machines à feu. Ibid., t. LXIX, p. 189 ; 1809. - Gérard. L'art d empêcher les cheminées de fumer, et de chauffer économiquement toute espèce d'appartement^ Pans, 1827 in-12 — Amelung (F.). Nachriclit iiber die Heizung eines neiien Gebaudes am Hospital Hofiieim, etc., in Henke's Zeitschr. Ergânzh, t. XIII, p, 258 ; 1850. - Gaultier de Claubry Art Chauffage, in Dict. de l'industrie manufacturière, t. III; 18od. — Klose (•^•'M- ^^^ die sogenannte Heizung mit erwârmter Luft in médicinal, jyolizeilieher Hm^''^'>{'^2- In Ilenke's Zeitschr., t. XLII, p. 259; 1841. - Grouvelle. .^vl. Chauff^age, ^'^ Dict.ces arts et manu factures . - Euelmen. Art. Combustible, Combustion. Ibid. - Abdenm et

Jdiu FoNTENEiLE, Notwettu manuel complet du poêlier fumiste, ou Traité complet, ctc Nouv. édit., revue par F. Malepeyre. Paris, 1850, iii-'18. — JJebcr die Schâdliclikelt des Rauchs der Coaksôfen in sanitâtspolizeilicher Beziehung. GutaclUen, elc, in Casiier's Vierteljahrschr., t. IV, p. 118 ; 1853. — Combustion de lu fumée, produite par les appareils à vapeur (ordonnance de Police du 11 novembre 1854). lu Ann. d'Iiijg., 2° série, t III p. 224; 1855. — Chenot. Sur une distinction à établir entre les fumées seulement incommodes et les fumées véritablement nuisibles. In Compt. rend. Acad. des se., t. XL, p. 838 • 1855. — Instruction du Conseil d'hygiène publique concernant la combustion de la fumée In Ann. d'hyg., 2° sér., t. V, p. '219; 1856. — Pour les divers appareils fumivores proposes à cette époque ; appareil de Duméry, in Compt. rend. acad. des se, t. XL, p. 93i ; 1855. —

— App. de Roques et Dancy. Ibid., t. XLV, p. 377 ; 1857 ; App. de FoNTANAi. Ibid. p. G91. — De Bosquillon. Bullet. de la Soc. d'encouragem. ; 1855, etc., etc. — Gillard. Chauffage de Paris à bon marché. Paris, 1850, in-4°. — Du même. Chauffage et éclairage par le gaz lAatine. Réponse, etc. Ibid., 1856, in-i». — Hugueny ^Ch.). Traité élémentaire et iJratique du chauffage au gaz. Paris, 1857, in-8°, pi. 1. Pettenkofeu (M.). Mittkeilungen in Bclreffder Ofenheizungen. \n Aerztl. Verem zu Mûnchen, 1857-58 et Bayer, ârztl. Intell. Blatl, n° 13.

— Gdérard (A.). Sur les explosions des appareils à eau employés jmir chauffer 'les édifices publics ou particuliers. \n Ann. d'hyg., 2'>sér., t. IX, p. 380; 1858. — Peclet. Traité de la chaleur considérée dans ses applications, 3« édit. Paris, 1860-61, in-8°, 3 vol. — CnANCELOt DiAcoN. Sur le chauffcigc ttu gaz dans les laboratoires de chimie [l\ém 'de l'Acad des se. de Montp.). Montp. et Paris, 1861,in-8°, pi. — Lœiimam (E.-F.). Einige hijgienisch'e Bemerkungen ûber Gazbeleuchtiing , Ofenhcizung, etc., in Wohnzimmern. In Ilenke's Zeitschrift, t. LXXXV, 1863. — Bermiahdi. Die Luflcirculationsheizung. Eine Darstellunq etc Eilenburg, 1864, in-8". — Calvert. Be la fumée des maisons et de celles des fabriques In Journ. de chim. méd., 5= série, t. II, p. 6G8 ; 1866. - Geneste. Notice sur les appareils thermo-conservateurs pour le chauffage des écoles, casernes, gares, etc. Paris, 1866. — JoLY (Ch.). Traité pratique du chauffage et de la distribution des eaux dans les habitations particulières. Pans, 1869, in-8% fig-. — Du même. Du chauffage des magnaneries et des lieux publics de réunion [Journal de l'agricult.). Paris, 1870, in-8°. — Gallard. Art Chauffaqe In I\ouv. Dictionnaire de médec. prat., t. VII, 1867. — Voir en outre : Les Brevets expirés'. les Annales des arts et manufactures ; les Bullet. de la Soc. d'encouragem. ; le Recueil des machines approuvées par l'Académie (anc. Acad. des se), etc.

Question de l'insalubrilé des poêles en fonte. — Carret. Sur l'apparition d'une nouvelle espèce d épidémie en Savoie. In Compt. rend. Acad. des se., t. LX, p. 793- 1865 —Du même. Addit. à la note précédente. Ibid., LXI, p. 417, 1865.— Du même. Du chauffage des magnaneries par la tôle, comme moyen déjuger, etc. Ibid., t. LXVI, p. 808; 1868 — Du MÊME. Mémoire sur l'insalubrité des jwéles en fonte. Chambéry, 1869, in-8°' — Michaux Réponse à la note de M. Carret. In Compt. rend. Acad. des se, t. LX, p. 966; 1865 —Du MÊME. Les poêles en fonte exercent-ils, etc. Ibid., t. LXVI, p, 271 ; 1868. — Boissière Note relative à l' insalubrité des poêles en fonte. Ibid., p. 3i6. - Decaisne. Fièvre typhoïde se développant à la suite d'une intoxication lente, etc. In Gaz. des hôp., 1868.- Lontin Note sur la cause des funestes effets, elc. In Compt. rend. Acad. des se] t. LXVI p 816 •'

1868. — MoniN (le général). De l'insalubrité des poêles en fonte. Ibid., t. LXVIII.'p 1006-

1869. — CouLiER. Note sur les poêles en fonte. In Bull. Acad. de méd., t. XXXIII p 722- 1869 et Vernois. Rapport sur le mémoire précédent. Ibid., t. XXXIV, p. 16; 1869.' '

È. Bgd.

CHAUFFEURS. Il y a ici une grande distinction à faire entre les ouvriers occupés au chauffage des machines dans des espaces confinés comme dans les manufactures et surtout dans les vaisseaux, et ceux qui travaillent au grand air sur les locomotives des chemins de fer.

1» Chauffeurs travaillant dans des espaces confinés. On comprend comjjien ils doivent avoir à souffrir de la chaleur, surtout si la durée de leur séjour auprès des foyers excède plusieurs heures, surtout pendant les chaudes journées de 1 été et dans les pays tropicaux. Sur les grands bàîiments la durée du travail est par quart de hmt heures avec huit heures de repos entre chaque reprise, mais dans les petits vaisseaux, chaque quart est de quatre heures avec seulement quatre heures d'intervalle. La température qui est ordinairement de 40° à 50", monte quelquefois jusqu'à 60°, 70 et même 75». Dans ces cas on relaye toutes les heures, on a vu alors des hommes tomber avec des phénomènes de congestion

cérébrale, injection de la face, parole embarrassée, obtusion de rintelligence, battements des artères temporales, respiration stertoreuse. Le retour de pareils accidents a, dans certains cas, obligé d'interrompre les feux (Bourel-Roncière). En général les cbauffeurs sont, à leur travail, à peine vêtus, n'ayant quelquefois qu'un simple pantalon de toile ; le plus grand danger de leur profession est alors le passage rapide à l'air extérieur, particulièrement pendant l'hiver ou dans les latitudes froides, sans avoir la précaution de se couvrir convenablement. Ajoutons enfin que leur alimentation n'est pas toujours en rapport avec les causes d'épuisement auxquelles ils sont exposés, et ne renferme pas assez de substances animales.

Les déperditions par les sueurs sont incessantes, de là une soif ardente que, malgré toutes les recommandations, ils s'obstinent à satisfaire en ingérant d'énormes quantités d'eau froide, d'oii résultent de graves inconvénients, comme nous allons le voir.

Leur aspect est remarquable par l'état anémique qu'ils accusent, et qui leur est commun avec tous ceux qui sont exposés à une température très-élevée. Pâleur mate de la face, maigreur extrême, avec développement des systèmes musculaire et veineux.

Les maludies qu'on observe le plus souvent chez eux, sont celles de l'appareil digestif et qui résultent surtout de l'abondante quantité d'eau qu'ils absorbent et des brusques refroidissements; de là un état dyspeptique, mais surtout une diarrhée qui a été décrite avec soin par le docteur Renault. Il y a d'abord de l'abattement, un sentiment de faiblesse, puis des frissons; surviennent des selles liquides qui amènent du soulagement; cet état dure de deux à quatre ou cinq jours au plus, s'accompagnant rarement de coliques. La gnérison en est rapide et facile et n'exige guère que du repos. La colique sèche, sur l'origine de laquelle les médecins de la marine sont si partagés d'opinion, affecte particulièrement les (chauffeurs, et M. Bourel-Roncière fait observer, en faveur de ceux qui voient là une intoxication saturnine, que le plomb, comme enduit, entre dans une forte proportion dans l'aménagement des machines, dans les mastics; que l'eau dont ib s'abreuvent largement et qui provient des appareils distillatoires peut renfermer une certaine proportion de métal, de même que les vases d'étain non pur dont ils se

servent.

Après les voies digestives, c'est l'appareil respiratoire qni présente les désordres les plus fréquents. L'hématose est, en général, imparfaite; de là une gène habituelle de la respiration, et, sous l'influence des alternatives de température et des arrêts de la transpiration, on voit souvent se développer des angines, des bronchites, des pleurésies, des pneumonies plus ou moins graves. La phthisie est assez commune parmi eux et prend une marche promptement funeste sous l'influence des causes que nous venons de signaler.

Les conjonctivites sont très-fréquentes chez les chauffeurs : elles sont souvent suivies d'un affaiblissement de la vue, qui est, en général, peu nette; enfui M. Bourel-Roncière a vu plusieurs fois, chez eux, de véritables héméralopies. Les bruits de la machine, quelque désagréables et retentissants qu'ils soient, n'ont pas de conséquences bien appréciables, on finit bientôt par s'y habituer. On observe as?ez souvent des éruptions cutanées, diverses, particulièrement des aflections pustuleuses et papiileuses, mais on a surtout remarqué la fréquence des furoncles. Nous avons déjà parlé des congestions cérébrales Wsques dans les cas où les chauffeurs sont soumis à une température très-élevée ; cet état pathologique se

montre également par le fait de leur exposition permanente aux foyers des machines. Parmi les troubles propres à l'appareil locomoteur, on peut citer les courbatures, mais plus spécialement les alfections rhumatismales dues aux imprudences de ces ouvriers.

Les médecins de la marine ont signalé la singulière aptitude des chauffeurs à contracter les affections épidémiques ou endémiques des localités dans lesquelles ils se trouvent, en particulier dans les pays chauds. Les fièvres pernicieuses, biheuses, et, par-dessus tout, la fièvre jaune, sévissent sur eux avec une violence tout à fait exceptionnelle.

Parmi les accidents auxquels ils sont exposés, on peut citer, en première lio^ne les brûlures plus ou moins considérables, quelquefois très-graves, mortelles même, par la vapeur, surtout dans les cas de rupture des chaudières, dont les éclats peuvent en outre leur faire des blessures très-sérieuses ou même les tuer sur place; on n'en a malheureusement que trop d'exemples. M. Bourel-Roncière a publié l'observation très-intéressante de l'asphyxie de deux chauffeurs qui étaient descendus dans une chaudière, pour la nettoyer, près d'un mois après l'extinction des feux. Cette chaudière avait été maintenue exactement fermée et comme on était alors dans l'hiver, un poêle avait été presque continuellement allume dans la chambre de la machine : il s'était évidemment opéré une fermentation putride dans les résidus d'eau de mer restés dans la chaudière, 11 y a donc là des précautions d'aération à prendre avant de descendre par le trou d'homme 2° Chauffeurs travaillant au grand air. Nous n'avons pas à entrer ici dans des détails très-étendus, la question trouvera mieux sa place au mot Chemins de FER (hygiène publique et professionnelle). Les chauffeurs attachés aux locomotives ne subissent pas seulement l'influence toujours si favorable du «rand air mais on peut dire qu'ils sont soumis en permanence à un courant qui^coiistitué une sorte de douche d'air, suivant l'expression de M. Soulé. Que cette action ait quelques inconvénients, c'est ce que nous allons voir, mais les avantages sont incontestables, surtout si l'on compare la situation des ouvriers qui nous occupent actuellement à celle des ouvriers dont nous venons de parler. Et, en effet, les chauffeurs de chemins de fer ont une apparence vigoureuse, leur teint prend une coloration bronzée, leur musculature est bien accusée. On a remarqué que les ouvriers qui sortent des ateliers d'ajustage pour monter sur les machines perdent leur teinte anémique, et que leur constitution s'améliore rapidement.

Nous avons discuté ailleurs (voij. Chemins de fer) les différentes causes de maladies attribuées par quelques personnes aux mécaniciens et chauffeurs, nous n'avons pas à nous en occuper.

Remarquons seulement que la chaleur est ici fortement atténuée par les courants i'air. Les accidents sont des contusions plus ou moins graves, des brûlures en général peu intenses, causées par les tubes bouilleurs ou la vapeur elle-même enfin les blessures qui peuvent suivre les chocs, les rencontres qui atteignent alors et les employés et les voyageurs, mais dont ils sont les premières victimes!

La prophylaxie propre à combattre les désordres que nous avons si-^nalés surtout pour la première catégorie des chauffeurs, consiste dans des soins extrêmes de propreté, à éviter les refroidissements, ce à quoi on peut parvenir par l'emploi de la flanelle, qui devrait être donnée réglementairement. L'abus de l'eau froide serait conjuré par la boisson hygiénique que les administrations privées et celle de la manne mettent à la disposition de leurs employés, mais auxquels ceux-ci préfèrent mallieureusement l'eau froide. Voici la boisson qui a été proposée par Bisson

510 CIIAULAGE.

et employée sur la ligne d'Orléans et sur beaucoup de bâtiments de l'État : infusion de café, 1,500 grammes; cau-Je-vie ou rbum, également 1 ,500 grammes ; sucre ou cassonade, de 500 à 750 grammes, pour 50 lilres d'eau. Cette boisson est surtout utile en mer par les latitudes cbaudes. E. buAUGRAND.

BiBUDGivAPHiE. - Rena.lt. Mémoire sur une enterorrhée muqueuse des chauffeurs aides- " , ,. , n „.„-j ,\oji\ t 111 B. 187. — QuEEsiELEuc. ConsideratioDi.

rSxS^^i^s^ les chauffeurs à lord des navires rf.^a^ Th. de Montpellier, 1862 n» 69 - Bo.nEL-RoNaÈ.E (P.). Considérations sur les eomhtwns hygiéniques desmecZièiens et des ehauffeurs à bord des navires à vapeur de Vhlat. Th. de Montp lb64, ,,0^1 DuTPOUL^ Des modifiealions introduites dans Vhygibne navale par l application Lfa i'" n« navigation' l. Ballet, de l'Aead. de niéd.. t. XXIX, p. 513; 1863-64. Et pour les chauffeurs de chemins de fer, voy. Chemins de fer. h. Ugd.

CHAUFOIJRMERS. Voy. Chaux (fours à).

CHAULAGE. Opération qui consiste à mélanger de la chaux (ou d'autres corps avant une action analogue) au blé destiné à l'ensemencement.

Le but de cette opération est la destruction des spores de champignons parasites qui adhèrent au grain et germent avec lui. Ces spores sont fixés, soit dans le repli carpellaire du bîé, soit entre les poils qui forment la brosse {voy. l'article Blé). Les corps. qui servent au chaulage doivent réunir les conditions suivantes :

1» Atteindre les spores et détrniie leur vitalité;

2° Ne pas entraver la germination du grain;

3° Ne pas contenir de poison actif pour l'homme, de manière à n'avon- a redouter ni les accidents, ni les crimes par empoisonnement.

Un "rand nombre de substances ont été proposées pour remplir toutes ces indications'' depuis l'époque où Tillet (1755) s'en est occupé le premier. L'expérience démontre que les plus efficaces sont constituées par un mélange de sulfate de cuivre ou de soude associé à la chaux. On peut également mêler cette dernière au sel marin La chaux seule ou l'arsenic ont une efficacité bien moindre. D'après ces données il est clair qu'on doit proscrire pour cet emploi l'arsemc à cause des accidents qui accompagnent son emploi, et le sulfate de cuivre qui est absorbe et se retrouve dans le grain. C'est donc en dernière analyse à la chaux, au sulfate de soude et au sel marin qu'il faut avoir recours. Voici le meilleur procédé, suivant

Mathieu de Dombasle : , . v. j. t^- »

On fait dissoudre 8 kilogrammes de sulfate de soude par hectolitre d eau. D autre part, on se procure de la chaux déhtée. On répand un hectolitre de froment dans une pièce carrelée ou dallée, et on l'arrose avec la solution en l'agitant a la pelle. 11 ne faut pas que le liquide soit en assez grande quantité pour s'écouler hors du tas de blé. Dès que les grains sont mouillés, on saupoudre avec 2 kilogrammes de chaux en brassant vivement. La préparation est terminée, et n'a duré que quelques minutes. Le grain paraît sensiblement sec, et se conserve en tas sans s'altérer pendant la durée des semailles. Ce procédé peut s'appliquer à toutes les semences. Il ne faut pas confondre le chaulage proprement dit avec le pralinnge ou l'emploi des eaux végétatives. Dans le pralinage, on se propose, non de détruire les spores mais d'entourer la graine d'une couche de substances fertilisantes qw, au lieu dê.se trouver répandues au hasard dans la terre, sont ainsi placées à la portée de la jeune plante. Le procédé consiste à faire adhérer à la graine un mélange pâteux d'urine, d'argile, de guano, etc. Cette méthode hâte la végétation pendant les premiers jours.

CHAUMETON. 571

Les eaux végétatives sont destinées à activer la végétation de manière à diminuer le temps nécessaire à l'évolution complète du végétal. Le nombre des recettes de ces eaux, depuis celle de Van-IIelmont qui augmentait, dit-on, prodigieusement la fécondité des graines, est considérable. En général, ce sont des solutions de nitre et de sels ammoniacaux qui présentent l'azote sous une foime que la plante peut assimiler. Arthur Young aiait de nombreuses expériences sur ces préparations* {Expériences d'agriculture, t. XII, p. 59), dont quelques unes ont joui d'une grande réputation. La plus célèbre a été celle de l'abbé Vallement. Elle contenait des excréments de cheval, bœuf, mouton, pigeon; des cendres, du vin, et du salpêtre. Les plantes, arrosées convenablement avec cette mixture, doivent certainement se mieux développer; mais l'immersion préalable des semences ne pioduit pas d'effets. « II est facile de comprendre, dit Gasparin {Cours d'agriculture, ¥ édit., t. III, p. 480), que l'embryon ne peut absorber de nourriture avant sa germination; que, pendant la germination, il la trouve condensée en quantité plus que suffisante dans la semence. C'est donc après le développement du germe qu'il est surtout important de mettre les matières nutritives à la portée de la jeune plante. » p q

CHJtVLlAC (Guy de). Yoy. Guy de Chauliac.

CDAULMOO«iRA (RoxB., fl. ind., 111, 855). Synonyme de Gynocardia

(Pangiées).

CHAIIMETOIV (François-Pieure) , né à Chouzé-sur-Loire, le 20 septembre \ 115 mort à Paris, le 10 août 1819. Fils d'un chirmgien peu fortuné, Chaumeloii vint à Pans étudier la médecine, et il s'adonna principalement à l'histoire naturelle. Lorsque la conscription l'appela sous les drapeaux, il fut désigné comme chirurgien militaire ; mais une extrême sensibilité ne lui permit pas de suivre cette carrière, et ifentra à l'hôpital du Val-de-Grâce comme pharmacien. Ayant eu l'occasion de visiter l'Italie, Chaumeton y prit un goût très-prononcé pour la littérature et la bibliographie; il devint très-habile sur le grec, et recueillit une masse considérable de documents précieux. Malheureusement un incendie détruisit, et sa bibliothèque, et toutes les notes qu'il avait recueillies avec tant de peine! Cette perte et la perte bien plus sensible encore d'une épouse adorée réagirent vivement sur son esprit; il devint chagrin, morose, inquiet, injuste. Nommé médecin près des armées de Hollande, il prit le bonnet de docteur à Strasbourg, en 1805, et parcourut avec nos soldats la Hollande, la Prusse, l'Autriche, etc., touillant partout les bibliothèques et recueillant des matériaux divers. Le mauvais état de sa santé l'obligea à quitter le service militaire, et il revint se fixer définitivement à Paris. Le libraire Panckoucke projetait alors la publication du Dictionnaire des sciences médicales, il chargea Chaimieton, dont l'érudition était bien connue, de diri-^er cette vaste entreprise et de rédiger particulièrement les articles de matière médicale et de bibliographie. En même temps il publiait, dans le Magasin encyclopédique, dans la Bibliothèque médicale, dans le Journal universel des science'^ médicales, etc., des articles bibliographiques et critiques remarquables à plus d un titre. Il est certain que la plupart de ces articles portent l'empreinte du naturel sévère, morose, presque querelleur de Chaumeton ; il est rarement injuste, mais ,1 est toujours d'une sévérité excessive, et, quand il trouve devant lui, ou 1 une de ces nullités servies uniquement par la camaraderie, ou l'un de ces charlatans qu. spéculent sur la bêtise humaine, il est sans pitié et sa critique emporte 1.

572 CIIÂUMOIST (eau minérale de).

pièce. En agissant de la sorte, même avec plus de modération que ne le faisait notre auteur, on sert la vérité et la science, mais ou se fait de nombreux et violents ennemis; c'est ce qui arriva à Cliaumeton, que ceux qu'il avait démasqués poursuivirent jusque par delà le tombeau. Nous avons déjà dit que sa santé était fort mauvaise, il était presque toujours malade, ce qui explique sa misanthropie et doit faire excuser quelques-unes de ses attaques les plus violentes. Quand on fit son autopsie, ou trouva « un épanchement de sérosité au crâne et dans le péricarde; le cœur était volumineux, les plèvres adhérentes, les poumons tuberculeux, l'estom.ic et les intestins enflammés. »

Outre de nombreux articles dans les journaux, que nous avons cités, Chaumeton a publié :

I. Essai médical sur les sympathies, dédié aux mânes de son épouse chérie. Paris, 1803, in-S». — II. Essai d'entomologie médicale, dissertation inaugurale. Strasbourg. 1805. — 111. Flore médicale, décrite par F.-P. Cliaumeton, peinte par Mad. Panckoucke et P.-J.-F Turpin. Paris, 1814 et 1815. A partir de la lettre G, cet ouvrage important a été continué par MM. Chaniberel et l'oiret. — IV. Des notices bibliographiques dans le Journal universel des sciences médicales, et des l^ottces biographiques sur Th. Denmann, Menubet, J.-T. Walter, IJ. liuTH, etc. H. Mr.

cnAUMETTE (.\ntoike), en latin, Chalmeteus. Vergézac est une petite locahté du département de la Ilaule-Loire, canton de Loudes (ancien Yclay). C'est là que naquit, au commencement du seizième siècle, ce chirurgien fort distingué, que Rondelet unicè amavil, et que Sapoita et Jacques Sjlvius tenaient pareillement en grande estime. Astruc {De morbis venereis, in-'i", 1740; t. II; p. 763) fait grand cas de Cliaumette. L'ouvrage de ce dernier (quoique sa rédaction semble être (oinbée de la plume de Fontanus), eut un énorme succès, et on en compte près de trente éditions ; il a été traduit en français (1571, in-12) ; en hollandais (1641, in-12); en italien (1605, in-S"). Cet espèce de manuel de chirurgie, ne contient presque rien qui appartienne en propre à Chaumelte, mais il est précis, écrit avec beaucoup de clarté, et a servi longtemps de vade mecum. pour les étudiants. Il porte ce titre :

Enchiridion chirurgtcum externorum morborum remédia, tum universalia, tumparticularia, brevissimè complcclens ; quibus morbi venerei curandi methodus probatissima accedit, Paris. 1560, in-S", première édition. A, C.

CBAUMOIVT (Eau MINÉRALE de), athermole, amétallite, ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans le département de Maine-et-Loire, dans l'arrondissement de Baugé, émerge une source, connue sous le nom de fontaine Roidllée. Son eau est claire, transparente et limpide lorsqu'elle est en repos; mais elle se trouble et tient en suspension des parcelles de rouille lorsqu'on l'agite ; les parois intérieures de son bassin sont tapissées d'une couche notable d'une substance jaunâtre, ocracée. Elle est traversée, à intervalles irréguliers et éloignés, par des bulles gazeuses d'un assez gros volume. Sa température est de 12^,3 centigrade. MM. Ménière et Godefroy ont trouvé dans 1,000 grammes de cette eau les principes suivants :

Bicarbonate de magnésie 0,042

— chaux 0,025

— fer 0,017

— magnésie tracps.

Sulfate de chaux O.OiO

— alumine 0,008

Chlorure de sodium 0,150

A reporter 0,282

ClIAUSSIER. 575

Report 0,282

Chlorure de calcium 0,058

— magnésium 0,010

Silice 0,017

Matière organique 0,033

Total des iHATiÈnES fixes 0,400

L'eau minérale de la fontaine Rouillée de Chaumont est employée en boisson seulement par les liabitants du voisinage qui en usent sans métliode dans toutes leurs afi'ections dont la débilité est le symptôme prédominant. Les jeunes sujets, et surtout les jeunes filles chlorotiques, sont ceux qui fréquentent le plus la source ferrugineuse de Chaumont du département de Maine-et-Loire, A. R.

CH4VSSE A FILTRER. La chausse est une sorte de sac d'étoffe de laine, de forme conique, dont on se sert pour filtrer certaines liqueurs trop denses pour passer au filtre de papier. L'ouverture de la chausse est évasée et attachée autour d'une corde en fer suspendue en l'air ; son fond se termine en pointe. Dans l'intérieur, vers le sommet du cône, est fixé un anneau de ruban auquel une corde fixe est attachée. Quand la liltration Innguit, on soulève avec lenteur, au moyen de la corde, la portion inlérieure de la chausse, de manière à ramener le liquide vers les parties plus élevées dont les parois ne sont pas obstruées par le dépôt de particules étrangères. Cet appareil portait autrefois le nom de Manche ou Chausse d'Hippocrate {voy. Sirops). T. G.

cnAUSSE-TRAPPE. Voy. CENTAURÉE.

CHAVSSIER (François), né à Dijon, le 2 juillet 1746, mort à Paris, le 19 juin 1828. Un des médecins les plus distingués de ce siècle, Chaussier a passé la première partie de sa vie à Dijon; la dernière, à Paris. On a peu de renseignements sur ses premières années ; après avoir passé quelque temps à l'hôpital de Dijon, il vint à Paris, où il se fit remarquer par son ardeur au travail ; et bientôt Sabatier le choisit pour son prosecteur. A peine reçu docteur, il retourne se fixer dans sa ville natale, où il acquiert rapidement une grande notoriété. Il est successivement nommé médecin des prisons, médecin de l'hôpital et expert auprès des tribunaux. En 1780, les états de Bourgogne le nomment professeur d'anatomie, et l'Académie de Dijon le reçoit dans son sein et en fait bientôt son secrétaire perpétuel. Pendant cette période de sa vie, Chaussier consolida sa réputation par un grand nombre de travaux, sinon très-importants, au moins fort utiles. Nous remarquerons : un mémoire intéressant sur l'épiploon; un travail, en collaboration avec Enaux*, sur la rage, le virus de la vipère et le charbon; un mémoire sur l'eau froide; des consultations remarquables demt'decine légale, etc., etc. En 1794, lorsque la Convention décida la réorganisation des Écoles de médecine, ou, comme on disait alors, des Écoles de santé, Fourcioy appela Chaussier à Paris et le chargea d'être son collaborateur dans cette œuvre importante. A part quelques modifications dues à Foiircroy ce fut Chaussier qui rédigea en entier le rapport lu à la Convention le 7 irimaire an III, et dont presque toutes les idées furent adoptées. Chaussier retourna à Dijon, mais il lut immédiatement rappelé à Paris et nommé professeur d'anatomie et de physiologie dans cette même école qu'il venait, en quelque sorte, de fonder. Dans les années suivantes, il fut successivement nommé médecin de l'École polytechnique, médecin en chef de l'hospice de la Maternité et président des jurys médicaux pour la circonscription de la

hH CUAUSSIER.

Faculté ih Purls. La rcpulallon de Cliausner était immense et ji;stement mcriléc ; il avait touché à presque tous les points de la science : anatoniic, médecine, cliirnrgi^ médecine légale, accoucliemenls, et prouvé que, sur tous les points, il était un homme vraiment supérieur. Malgré tous ses titres, le professeur Cliaussier fut révoqué en 1822, à la suite du petit coup d'Étut tenté par la Reslauralion contre la Faculté ; cette mesure le remplit de chagrin, et, presque aussitôt, il fut frappé d'une attaque d'apoplexie. Il se remit cependant, mais sa santé resta chancelante, et ses dernières aimées furent affligées par plusieurs maladies graves. Mais, même au milieu de ses douleurs, Ghaussier conserva son goiît pour le travail et un courage qui ne se démentit pas un seul instant. Il était membre de l'Académie des sciences, de l'Académie de médecine et d'un très-grand nombre d'autres sociétés savantes.

Ghaussier était un savant du premier ordre, mais un très-médiocre professeur, non pas que ses leçons ne fussent pleines d'intérêt, mais il les débitait extrêmement mal et dans un langage presque trivial; c'était un praticien fort liabile et, comme on dit vulgairement, un homme de ressources. Il a beaucoup écrit, et cependant il n'y a pas, dans toute son œuvre, un seul travail de longue haleine. Malgré cela, cette œuvre tout entière mérite d'être conservée et consultée ; il n'y a pas un seul mémoire, pas une observation, pas même un discours où l'on ne trouve quelque aperçu neuf et intéressant, quelque réflexion profonde, quelque chose à apprendre et à méditer. Ses Tables sijnoptiq^ies, son ouvrage le plus important, mériteront toujours l'attention des médecins et prouveront quelle était la méthode, la clarté de ce remarquable esprit. Il poussa peut-être à l'excès ces deux grandes qualilés qui lui firent chercher et pi'oposer une nouvelle nomenclature de la science biologique ; tous ses essais ne furent pas heureux, cependant une grande partie de sa nomenclature anatomique a été conservée, et, selon nous, il est fâcheux qu'elle n'ait pas été conservée tout entière. Ses travaux de médecine légale sont frappés au coin d'une grande science, d'une grande perspicacité, d'une attention profonde et sagace, et portent en maints endroits l'empreinte d'un grand cœur et d'un véritable homme de bien.

On a de Ghaussier :

I. Description de l' Aérostat de l'Académie de Dijon, par MM. de Morveait, Chaiissicr et Bertrand. Dijon, 1784, iii-8°. — II. Méthode de traiter les morsures des animaux enragés, et de la vipère; suivie d'un précis sur la pustule maligne, par MM. Enaux et Ghaussier. Ibid., 1785, in-12 ; trad. allemande. Berlin, 1786, ln-8». — III. Consultation médico-légale sur une accusation d'infanticide. Ibid., 1785, in-4°. — IV. Observation sur la tnanicre de transplanter tes mûriers blancs, instructions sur la manière de semer le grain de mûrier; imprimées par ordre des Etats de Bourgogne. Ibid.. 1786, in-8°. — V. Exposition sommaire des muscles, sinvant la classification et la nomenclature méthodiques adoptées au cours d'anatomie de Dijon. Ibid., 1789, in-8°. Paris, an V (1797), in-4°. — YI. Mémoire sur quelques abus dans la constitution des corps et collèges de chirurgie, et particulièrement sur l'abus des droits, jwérogatives et privilèges attachés à la place de premier chirurgien du foi. Dijon, 1789, in-8°. — VII. Observations chiriirgico-légales sur un point important de la jurispriidetice criminelle; lues à la séance publique de l'Acad. de Dijon, le 20 décembre 1787. Dijon et Paris, 1790, in-8». — VIII. Observations sur quelques abus dans le service des officiers dé santé militaires aux régiments et aux hôpitaux militaires. Dijon, 179D, jn-S". — IX. Instruction sur l'usage des remèdes que le déparlement de la CÔte-d'Or envoie dans les campagnes. Dijon, 1792, in-S". — X. Tables synoptiques : 1° Plan général des divisions et subdivisons principales d'un cours d'anatomie. Ibid., 5" édit., sous ce titre : Plan et division d'un cours de zoonomie; 2° des solides organiques; 5° des humeurs ou fluides animaux ; 4° de la force vitale ; 5° du squelette ; 6» des membres ; 7° des artères ; 8» des veines; 9° des lymphatiques; 10° des nerfs; 11° du nerf trisplanchniquc ; 12" des viscères ; 1^° des fonctions en général ; 14° de la digestion; i^' phénomènes cadavériques 16° de l'ouverture des cadavres ; 17° mesures relatives à l'étude et à la pratique des accow

chements; 18° accouchements ; l'a" séméiotique générale, l"part.,<Ze la sauté; 20° deuxième part., (le la maladie; 21° des méthodes nosologigues , 22° des blessures; 2> de la névralgie; 24° des hernies, suivant la nomenclature analomique ; 25° de la lithotomie et de la lilhoimjlie. Paris, 1799-1826, format atlantique. La plupart de ces tables synoptiques ont eu trois

ou quatre éditions. — XI. Découverte de la vaccine et de l'inoculation. Ibid., 1801, in-8'\

XII. Discours prononcés aux séances publigues de la Maternité, en 1805, 180C, 1807, 1808... 1815, etc. — XIII. Exposition sommaire de la structure et des différentes parties de l'encéphale ou cerveau. Paris, 1807 (1800), in-8», G pi. — XIV. Recueil des programmes des opérations chimiques et pharmaceutiques qui ont été exécutées aux jurys médicaux rfel809. 1810, 2 cah., in-4». — XV. ConsuUalion médico-légale sur une accusation d'empoisonnement par le sublimé corrosif, ou muriate de mercure suroxijdé; suivies d'une notice sur

les moyens de reconnaître et de constater l'existence de ce poison. Ibid., 1811, in-8°.

XVI. Médecine légale, ou considérations médico-légales sur l'infanticide ; sur la manière de procéder à l'ouverture des cadavres, spécialement dans les cas de visites judiciaires; sur les érosions et perforations spontaîiées de l'estomac, sur l ecchymose, la sugillation, la contusion, meurtrissure. Ibid., 1809, in-8°. Ces mémoires originaux et fort remarquables portent les signatures de Lecieux, Renard, Laisné et Piieux, mais ils sont, sans contestation possible, l'œuvre de Chaussier. — XVII. Recueil anatomique à l'usage des jeunes gens qui se destinent à l'élude de la chirurgie, de la médecine, de la peinture et de la sculpture, Ibid. ,, 1820, in-4% pi.; 2° édit., sous ce titre : Planches anatomiques à l'usage, etc., par Dutem-re.' Ibid., 1825, in-4''. — XVIII. Considérations sur les convulsions qui attaquent les femmes enceintes. Ibid., 1825, in-8°. — XIX. Quelques considérations sur les soins qu'il convient de donner aux femmes pendant Vaccouclœmcnt. Ibid., 1824, in-8°. — XX. Recueil des mémoires, consultations et rapports sur des objets de médecine légale. Ibid./ 1824, in-8°, avec plancb. — XXI. Mémoire médico-légal sur la viabilité de l'enfant tiaissant. Ibid., 1826, in-8°, 44 pag.

Chaussier est, en outre, l'auteur d'un grand nombre de mémoires insérés dans les journaux Ecientiflques du temps, et de plusieurs dissertations inaugurales; il a collaboré à l'Encyclopédie méthodique; au Dictionnaire des sciences 7nédicalcs et à la Riographie universelle.

H. Mr.

CHAUSSURES (Hygiène). 'Les chaussures sont le vêtement des pieds et souvent du bas de la jambe, qui sert à protéger les extrémités inférieures contre les aspérités du sol.

Historique. Suivant Balduin ou Baudoin qui, en raison de son origine (il était fils d'un cordonnier), s'est cru obligé d'écrire un livre très-curieux et très-savant sur cette question, l'invention de la chaussure devrait remonter à Adam et peutêtre bien à Dieu même, car, dit-il, Dieu, après avoir chassé nos premiers parents du Paradis terrestre, leur ayant donné des vêtements de peaux de bêtes, il y joignit certainement de quoi couvrir leurs pieds, afm de leur rendre moins pénible la marche sur une terre d'où il venait de faire sortir des ronces et des chardons. *. Sans remonter aussi haut, nous ferons remarquer que chez beaucoup de peuples sauvages, on a rencontré des chaussures ; les monuments des anciens mexicains nous montrent des personnages dont les pieds sont revêtus d'espèces de sandales. Mais, en général, ce n'est guère que dans l'extrême nord que l'on trouve ce genre de vêtements, chez les Esquimaux, les Lapons; on connaît les longs patins dont se servent ces peuples pour glisser plus facilement sur la neige glacée qui couvre leurs immenses plaines ; d'un autre côté, les peuples primitifs à intelligence inférieure, tels que les Fuégiens, bien qu'habitant un pays rigoureux, nous sont représentés par les voyageurs, comme n'étant revêtus que de peaux de bêtes dont ils se font des espèces de manteaux, les jambes et les pieds sont absolument à découvert. Dans les zones tempérées ou chaudes, l'usage de marcher nu-pieds a été longtemps généralement adopté, sauf pour les voyages ou les courses dans des localités abruptes et escarpées.

Si l'on examine les nombreux documents qui ont été publiés sur cette question^ on voit que, depuis l'antiquité, on peut reconnaître trois sortes de chaussures qui

se sont transmises jusqu'à nous avec une infinie variété de modifications clans leur forme, leur tissu et la disposition des pièces qui les constituent.

1» Une simple semelle en bois, en cuir épais ou en corde tressée, attacK'ée sur le pied p:ir des courroies, plus ou moins larges, plus ou moins épaisses, placées transversalement ou entrelacées de mille manières différentes. Ce sont les sa)idales, les soles {solece), les caligœ (usitées par les soldats romains et dont la semelle était garnie de gros clous) etc., etc. La sandale, véritable type primitif, n'est guère usitée chez nous, que dans quelques ordres religieux. C'est à ce genre que se rapporte le cothurne, dont nous devons dite quelques mots. Le cotburne était la chaussure des héros, des monarques et des dieux dans les représentations théâtrales. Attachés sur le pied et le bas de la jambe par des bandelettes de pourpre, rehaussées d'orel de pierres précieuses, ils avaient des semelles très-épaisses, hautes de plusieurs centimètres, destinées à grandir beaucoup le personnage. Les femmes turqiies ont porté des espèces de cothurnes soutenus par deux montants, et assez semblables à des petits bancs. Quant aux femmes vénitiennes elles ont, au quinzième et au seizième siècle, porté de véritables échasses quelquefois hautes d'un mètre, comme le dit Nilant dans ses notes sur Balduin « Ut non defuerint qui altiliidinem trium pedum siiperarint, id qiiod Venetiis degenti non semel videre contùjit'. r> Ce qui faisait dire plaisamment à Scaliger que les dames, en se couchant, laissaient avec leur chaussure, la moitié de leur taille.

2" Semelle avec le pied couvert. C'est ce que nous comprenons aujourd'hui sous le terme générique desoidier. Ou en complaît, dans l'antiquité, plusieurs représentants dont l'empeigne s'avançait plus ou moins loin sur le pied: l'extrémité en était arrondie, carrée, quelquefois même terminée en pointe [Calcei repandi, unciati). Aux quatorzième et seizième Siècles, on vit reparaître sous le nom de souliers ii hpoulaine (bec de poule), ces grandes pointes dont quelquesunes étaient tellement allongées, que les élégants étaient obligés de les rattacher au genou par une chahiette d'or ou d'argent. Le soulier a été longtemps en Europe la chaussure la plus ordinaire.

3» Bottes, bottines. Ici, non-seulement le pied mais la jambe est enveloppée en totalité ou en partie par une lige ferme et résistante ou molle, souple et s'adaptant à la forme des parties. Les lieuses .houzeaux du moyen cage étaient des bottes fortes et élevées que portaient surtout les cavaliers, pour se préserver du froid et de l'humidité, et les voyageurs pour se garantir contre l'eau et la boue dans les terrains inondés. On connaît les bottes molles à large évasement, eu forme d'entonnoir, (lue portaient les seigneurs au dix-seplième siècle et qu'ils remplissaient souvent de flots de dentelles. On connaît enfin les hautes bottes dites à l'écuyere, remontant jusqu'au-dessus du genou, échancrée en arrière pour permettre la flexion de la jambe sur la cuisse, et dont se servent, encore aujourd'hui, les

cavaliers. . .

Effets des chaussubes mal conformées. C'est surtout par sa .orme, sa rigidité, la disposition des talons et de la semelk nue la chaussure agit sur le pied d'une manière favorable ou désavantageuse, k La chaussure actuelle, dit Camper, ne sert, dès notre enfance, qu'à déformer les orteils, et à donner des cors aux pieds, ce qui rend notre marche non-seulement désagréable, mais très-souvent impossible; effet néces>aire de l'ineptie de nos cordonniers. Nous plaignons, avec raison, le sort des femmes chinoises, à qui, par un usage barbare, on disloque les pieds, 'et nous nous soumettons de gaieté de cœur, et depuis nombre de siècles, à une gêne qui n'est pas moins cruelle. »

Relati> ement à la longueur du soulier, Camper fait observer que les cordonniers ont une très-mauvaise habitude, c'est de prendre la mesure exacte de la longueur du pied.; or, celui-ci représente une voûte qui, dans un effort pour soulever un fardeau et dans la marche, s'abaisse plus ou moins, et l'allongement du pied en est la conséquence nécessaire. Si la chaussure a été faite sur une mesure prise le pied étant au repos, celui-ci sera arrêté dans son allongement d'une manière très-douloureuse, les orteils seront refoulés en arrière et déformés. Enfui, quand on porte des talons un peu hauts, le pied tend à glisser en avant et le même inconvénient se présente. Camper estime que la longueur en plus de la semelle devrait être de un douzième de celle de l'organe qu'il s'agit de protéger.

Mais c'est surtout par leurs dimensions transversales et par leur forme à leur extrémité antérieure, que les souliers peuvent occasionner de graves désordres dans la configuration des parties. Le plus ordinairement, la mode veut que l'extrémité du soulier soit en pointe plus ou moins arrondie, comme si le troisième orteil était le plus grand, et que la longueur des autres diminuât en se rapprochant des deux bords latéraux du pied, à peu près, comme c'est le cas pour la main. Mais il n'en est pas ainsi, le plus rapide coup d'œil jeté sur ces parties fait voir que le gros orteil est ordinairement un peu plus grand que le second, tandis que les trois autres appendices vont diminuant de longueur jusqu'au cinquième qui est le plus court. On prévoit dès lors quels désordres doivent amener les chaussures en pointe, llsontété indiqués plutôt que décrits parles auteurs qui se sont occupés de cette question. M. Broca, le premier, est entré dans de minutieax détails sur cette importante question; nous reproduirons ici les résultats de ses recherches. Suivant lui, la solidité et le rapprochement des os du métatarse, empêche une déformation de la part des pressions latérales, mais il n'en est pas de même pour les appendices mobiles qui constituent lés orteils ; ce sont eux qui subissent des déplacements proportionnels au degré de pression qu'ils ont éprouvée. Si elle est modérée, les orteils se rapprochent et restent sur le même plan ; plus forte, elle amène le chevauchement des orteils les uns sur les autres, et ils se disposent pour ainsidire en deux couches, l'une dorsale, l'autre plantaire! Le plus souvent, la couche dorsale est constituée par les deuxième et quatrième orteils les trois autres constituant la couche plantaire. Presque toutes les autres combinaisons sont possibles, quelquefois même le premier orteil constitue à lui seul la couche plantaire.

Les orteils ne restant pas sur le mÊme plan, leurs extrémités onguéales sont rapprochées de la ligne médiane du pied. Ce sont surtout les orteils extrêmes, c'està-dh-e le premier et le cinquième qui sont ainsi déviés, le premier orteil, en' particulier, présentant un bras de levier plus long et donnant prise aux pressions latérales, subit un renversement en dehors très-considérabla. La première phalange se porte sur le côté externe de la tête du métatarsien et cesse de recouvrir le côté interne de cette tête, de telle sorte que l'extrémité antérieure du métatarsien paraît hypertrophiée et soulève fortemeut la peau. Celle-ci comprimée entre la chaussure et le plan osseux subjacent, devient le siège d'une petite tumeur qu'on désigne sous le nom d'oignon. Mais tandis que la phalange s'incline en dehors, l'extrémité antérieure du premier métatarsien se porte, au contraire, en dedans, il en résulte un élargissement manifeste de l'extrémité antérieure de la région métatarsienne. La tête métatarsienne devient donc de plusen plus saillante sous la peau, etl'angle ouvert en dehors, qui résulte de la rencontre du gros orteil avec le métatarsien, devient aussi de moins en moins obtus. Cet angle peut même se rapprocher

DICT ENC. XV. 27

578 CIIÂUSSURLS.

inflcfinimentde l'angle droit. Ce n'est pas tout, le premier métatarsien subit trèssouvent unmouvemcnt de rotation autour de son axe, et il peut arriver que le bord supérieur de cet os devienne interne , tandis que sa face interne devient supérieure.

On comprend que ces modifications dans le squelette amènent des modificationg dans les rapports des tendons, et dans l'action des muscles du gros orteil. Ainsi le tendon de l'extenseur propre, courbé par suite de l'angle que forme l'articulation métatarso-phalangienne, tend à se redresser, passe sur l'espace interosseux et devient abducteur, il contribue alors à exagérer la difformité, en tirant le gros orteil en dehors et en arrière, des changements analogues ont lieu du côté de la plantedu pied, le fléchisseur propre finit aussi par devenir abducteur, etc.

En général, les chaussures couvertes qui embrassent tout le pied, retiennent le premier métatarsien ; les chaussures découvertes qui n'étreignent que la portion digitale du pied permettent, au contraire, au premier métatarsien de se porter en dedans. Les chaussures de femmes favorisent beaucoup la déviation latérale des orteils, aussi la plupart des pièces anatomiques recueillies par M. Broca ont-elles été prises sur des femmes.

On voit combien de pareilles altérations doivent être pénibles et gênantes pendant la marche, sans compter les cors, durillons, œils de perdrix, etc., qui en sont la conséquence.

Ici se place la disposition des talons qui, lorsqu'ils sont trop hauts, figurent au rang des plus sérieux inconvénients que puissent présenter les chaussures. Camper avait signalé avec beaucoup d'insistance les dangers de cette déplorable mode qui reparaît aujourd'hui, cette élévation du talon incliné obliquement en avant avecun sommet beaucoup plus étroit que la base a, pour cet effet, d'enlever toute sûreté, toute facilité à la marche, et même à la station debout, surtout sur un plan incliné, le corps est projeté en avant et exige des efforts de redressement très-pénibles, en même temps que pour lemaintenir en équilibre pendant la progression, il faut se livrer à des mouvements forcés et douloureux. L'articulation du pied avec la jambe est affaiblie par la tension à laquelle elle est soumise. La base de sustentation étant fortement rétrécie, le pied ne se posant que par son extrémité et la surface étroite du talon, les chutes, les entorses, et même des luxations peuvent avoir lieu. Camper pensait que cet usage pouvait amener à la longue un raccourcissement des muscles gastro-cnémiens et soléaire, d'oii une tension très-douloureuse au mollet quand on faisait usage de souUers plats.

Les chaussures ne sont pas faites seulement pour protéger le pied contre les aspérités du soi, mais encore pour le défendre contre le froid et l'humidité; de là l'emploi des bottes montantes et même fourrées dans les temps et les pays froids. Cependant, un hygiéniste éminent, récemment enlevé à la science, le docteur Fleury, s'est élevé contre les inconvénients des chaussures trop chaudes, surtout dans nos climats. Elles ont pour conséquence de ramollir l'épiderme et de rendre la peau plus sensible à l'action du froid. Il a vu des goutteux auxquels il suffisait de porter des chaussettes de laine pendant quelques heures, de se couvrir les pieds d'un édredon pendant la nuit, pour faire naître immédiatement des accès ; lôs personnes, continue-t-il, qui ont habituellement les pieds Iroids, trouveront dans l'exercice, les lotions et les douches froides, un moyen de se réchauffer plus efficace que les bas de laine et les chaussures fourrées [Cours dliyy. l. 553).

La matière dont est formé le soulier peut aussi exercer une notable intluence ; Un cuir trop dur, trop rigide amènera une compression douloureuse pendant la

Chaussure normale. Le seul moyen de remédier aux inconvénients .i oraves que nous venons de signaler, c'est d'adapter exactement la chaussure à la forme naturelle de a partie qu'elle doit recouvrir ; jusqu'ici on a fait le contraire et nous savons a quel prix. Meyer qui s'est beaucoup préoccupé de cette question, a posé les principes suivants : quand les deux pieds, supposés non déformés, placés siiî un même plan et les talons joints, se touchent par leur bord interne, les deux -ros orteils sont tout à fait parallèles, et restent en contact presque jusqu'à leurs ex'trémites Des souliers construits d'après ce type et placés dans la même situation, doivent être également en contact dans leur tiers antérieur environ. Or les souliers faits d après les modes ordinaires s'écartent toujours l'un de l'autre à leurs extrémités, et plus l'angle qu'ils forment est considérable, plus leur construction doit être regardée comme défectueuse et nuisible pour le pied. On pourrait peutêtre objecter que cette chaussure normale utile dans l'enfance et la jeunesse ne remédierait pas aux difformités déjà existantes chez les adultes ; c'est une erreur quand 1 âge n'est pas trop avancé, quand des ankyloses n'ont pas soudé les parties dans les positions vicieuses qu'elles occupent, le pied placé dans un soulier bien fait reprend peu a peu, sinon complètement, du moins en grande partie, sa confignra .on normale, au grand avantage de la facilité de la marche. Rien n'empêche cl ailleurs de procéder d une manière progressive. Voici d'après Meyer quatre figures au trait qui représentent le pied normal

Fig. 1.

Fig. 4.

Quant à la longueur, elle doit excéder, nous l'avons dit, celle du pied d'un douzième environ ; et la largeur de la semelle doit être partout exactement celle du pied.

^ Dans un ouvrage rédigé par un artiste suédois et que malheureusement nous n'avons pu nous procurer, mais dont notre savant collaborateur, M Fonssnnrives a donné l'analyse {Gaz. hebd., 1870, p. 82), l'auteur propose de prendre la mesure de la manière suivante : M. Nystrow veut que cette mesure soit prise sur le pied nu, le bas suflisant pour maintenir une direction vicieuse ou exagérée du

cros orteil; une ligne verticale est tracée sur une feuille de papier, les deux pieds nus sont apposés de telle sorte que l'articulation métatarso-pliîdiingienne dn pouce, et la partie interne des deux talons viennent y affleurer , on trace au crayon l'ellipse intermédiaire, et deux autres lignes parallèles à la première sont menées tann^entiellement à la partie saillante des cinquièmes métatarsiens. On a ainsi la forme et les dimensions de la semelle, dont l'extrémité interne doit offrir un angle mousse, arrondi, destiné à loger aisément le gros orteil.

La disposition du talon mérite également une attention particulière , il doit être plat et lar^e, haut tout au plus de deux centimètres. Camper aurait voulu que la lione de gravité de la jambe passât exactement parle centre du talon, de manière à assurer la solidité de la marche.

Relativement à la matière a mettre en œuvre, la semelle est en cuir battu bien ferme, bien résistant ; quelques auteurs (Dowie) l'auraient voulu flexible, mais bien certainement la solidité y eût perdu, sans compter qu'un cuir mou est ordinairement perméable aux liquides et s'imbibe facilement à l'humidité. Peutêtre vaudrait-il mieux, comme on l'a proposé, parer la semelle en deux parties qui seraient unies par un cuir souple, sorte d'articulation qui permettrait quelques mouvements de flexion et d'extension.

On peut, dans les mauvais temps, faire usage d'une semelle en liège ou en toute autre substance imperméable. La partie qui recouvre le pied ou empeigne est en cuir de différentes quahlés suivant le but que l'on se propose, quelquefois en soie ou en tissu de laine pour les chaussures de femme et pour l'été. Mais quelle que soit sa force, le cuir nedoit pas être dur, ni rigide, il en résulterait desfroissements douloureux et des écorchures pendant la marche.

Des différentes sortes de chaussures. 1" La sandale, qui ne convientgnère que dans les pays chauds, où elle a pris naissan(î6, ne doit pas nous occuper ici, à cause du peu d'usage que l'on en fait.

2° Le soulier est formé de deux pièces principales, l'empeigne qui recouvre le pied, s'étendant plus ou moins haut sur la face dorsale, et le quartier qui protège l'articulation tibio-tarsienne sur les parties latérales et postérieure.Cette chaussureest

encore aujourd'hui très-usitée particulièrement chez les hommes, et dans l'armée; faited'uncuir mince et recouvrant le pied jusqu'au milieu delà face dorsale seulement c'est l'escarpin ; il convient très-bien pendant la belle saison, il rend la marche légère et facile, mais il ne permet pas la progre.ssiou sur un sol inégal et raboteux et, enfin, il est décidément mauvais parles temps froids et humides. Gomme chaussure des soldats, le soulier a été, de la part des chirurgiens militaires, l'objet de critiques sérieuses, portant spécialement sur certaines dispositions. M. Lèques, note d'abord les inconvénients résultant de la dureté du cuir, les excoriations des pieds aussi légères qu'elles soient, après avoir été seulement douloureuses, pourront amener des aflections plus graves, telles que lephlegmo^ et l'engorgement des extrémités inférieures. Ces excoriations s'observent surtout au niveau du cou-de-pied et immédiatement au-dessous de la malléole externe. Elles sont produites dans le premier cas par les deux angles que forme le soulier des deux côtés de la fente qui supporte les lacets, ces deux angles exerçant un frottement répété à chaque flexion du pied sur la jambe; dans le second, par le bord libre du quartier du soulier qui appuie d'une manièieiiicessantesur la saillie constituéeparlamalléole. Ces lésions assez communes chez les jeunes soldats pour figurer dans la proportion à\in tiers dans les exemptions de service qui leur sont accordées, peuvent s'ulcérer quand elles sont négligées et demander quelquefois un temps assez long pour guérir. Le

«oldat rompu au service évHe ces accidents, par un moyen fort simple : il amincit le bord libre du quartier du soulier, l'échancre au niveau de la cheville et coupe les deux angles dont nous avons parlé. Pourquoi cette modification si simple, ne deviendrait-elle pas, dit M. Lèques, une forme réglementaire? Il voudrait aussi que • le cuir tout en étant aussi fort eût un peu plus de souplesse. Il ne faut pas oublier que le soldat n'a pas de chaussettes qui protège la peau contre les frottements qu'elle éprouve et qu'elle y est d'autant plus sensible qu'elle se trouve ramollie par la transpiration. Un complément très-utile du soulier chez le soldat, le chasseur, etc., c'est la guêtre en cuir, bouclée sur le côté et recouvrant le pied, mais il faut que cet appendice soil convenablement disposé de manière à empêcher l'entrée de l'eau ou de la boue dans la chaussure. Pour plus de délails sur la chaussure des soldats, voy. Militaire (hygiène), â-» sér., t. VII, p. 767 et suivantes, où les travaux de M. Tourainne sur cette question sont judicieusement appréciés par notre collaborateur.

3° Boites et bottines. Pendant plusieurs siècles les boites n'ont guère été usitées que pour monter à cheval ; c'est seulement vers l'époque de la Révolution qu'elles sont devenues d'un usage à peu près général pour la marche, portées d'abord par-dessus le pantalon, boites à revers ou à la hussarde, elles ont été ensuite cachées dessous. C'est une très-bonne chaussure pour les mauvais (emps, mais à la condition que le cuir de l'empeigne et de la tige en sera souple et que Ja jonction du pied avec la jambe ne sera pas étranglée. La bottine tend, depuis quelques années à se substituer à la botte, munie d'une semelle épaisse et formée d'un cuir résistant, avec des élastiques sur les côtés ; ces chaussures sont très-bonnes pour l'hiver, et celles en peau mince ou en cuir verni sont avantageusement portées, pendant l'été. Cependant, par les grandes chaleurs, les souliers sont préférables, surtout pour les personnes qui transpirent facilement des pieds. Les bottines lacées sur le cou-de-pied compriment quelquefois cette partie d'une manière douloureuse, comme le font les bottes trop étroites à la naissance de la tige, il en résulte alors des dilatalions veineuses et des engorgements du pied.

Nous n'avons rien à dire, des pantoufles, simples ou fourrées, suivant la saison, et la susceptilité au froid, que l'on porte dans les appartements. Le pied se repose là de la gêne, qu'il éprouve souvent dans les chaussures de marche.

Une très-bonne chose c'est l'emploi, dans les temps de pluie, des galoches, socques, souliers de dessus en caoutchouc, qui préservent très-bien de l'humidité; mais socques et galoches doivent être à talons plats. Dans les gelées ou peut mettre par-dessus la chaussure des chaussons de lisière avec semelle de buffle, qui empêchent les glissades.

A la campagne les sabots sont d'une grande utilité, le bois ne se laisse pas traverser par l'humidité, mais leur inflexibilité les rend douloureux surtout pour les personnes qui n'en ont pas l'habitude, il est nécessaire de mettre des chaussons de feutre pour entretenir la chaleur et amortir la pression du bois; les paysans les remplissent de paille. Dans les pluies abondantes l'eau peut pénétrer dans" le sabot par les côtés nécessairement béants ; ils ont aussi l'inconvénient de se char<rer de mottes de terre, surtout quand le sol est argileux et de rendre alors la marche très-pénible.

Marche prolongée. Marche nu-pieds. Il nous reste maintenant à examiner la marche prolongée avec les chaussures, ce qui nous conduira à dire quelques mots de la m:xvch& nu-pieds , dont il n'est guère question dans les traités d'hygiène. Nous prendrons particulièrement ici pour guide les intéressantes observations pu-

Lliées par le docteur Phœbus, ces observations portent surtout sur les soldats en campagne et c'est là, en effet, un point très-important.

L'échaulfement, les lésions produites par les frottements contre un cuir dur et épais, sont encore aggravés par le poids que porte le soldat et qui fait que le pied presse davantage contre le soulier, et par les longues traites; si l'on pouvait scinder la marche en petites fractions avec des intervalles, pendant lesquels on pourrait rafraîchir les pieds, ces lésions qui forcent tant déjeunes soldats à rester eu arrière, seraient évitées.

Chaque soldat devrait être muni de chaussures suffisamment molles et souples, du moins en campagne et pendant les longues marches, mais, dit Phœbus, la chaussure la plus douce, la moins douloureuse, la mieux appropriée à rexercice du piéton, c'est l'air. Celui qui marche nu-pieds est bien moins exposé aux accidents signalés plus haut, il y a plus, les premiers symptômes de ces accidents, s'amendent quand on marche, le pied étant entièrement débarrassé de toute pression. Ici se présente une assez curieuse observation de Rousseau, que je crois utile de rappeler : « Pourquoi laut-il que mon élève soit forcé d'avoir toujours les pieds dans une peau de bœuf? Quel mal y aurait-il que la sienne propre put, au besoin lui servir de semelle? 11 est clair qu'en cette partie, la délicatesse de la peau, ne peut jamais êlre utile à rien et peut souvent beaucoup nuire. Éveillés à minuit, au cœur de l'hiver, par l'ennemi dans leur ville, les Genevois trouvèrent plus tôt leurs fusils que leurs souliers. Si nul d'eux n'avait su marcher nu-pieds, qui sait si Genève n'eut pas été prise? {Emile, II). »

Cette habitude est-elle donc au total si difficile à acquérir? Beaucoup de personnes et même des médecins pensent qu'il faut pour cela un long apprentissage et un épaississèment progressif de l'épiderme de la plante des pieds ; suivant Phœbus, c'est une erreur, on peut, dans un temps très-court, s'accoutumer à marcher nu-pieds dans la poussière des routes ordinaires ; les chemins hérissés de pointes et de cailloux, qui empêcheraient absolument ce mode de progression, sont de véritables exceptions.

Pour en revenir aux souliers, on amortira autant que possible à défaut de bas ou de chaussettes, les frottements pénibles à l'aide de chiffons assez épais pour les atténuer. On pourra aussi enduire les pieds avec du suif, de préférence à la graisse.

Il est très-important de maintenir les pieds irais, surtout quand on fait usage de souliers. Il faudrait alors se laver les pieds, toutes les deux heures environ, avec de l'eau fraîche. On devra donc permettre aux soldats, quand ils passeront auprès d'une eau courante ou même stagnante, de s'y arrêter autant qu'il sera nécessaire pour se déchausser, mettre les pieds dans l'eau pendant une minute environ, c'est-à-dire jusqu'à ce que la sensation de chaleur ou de brûlure ait disparu, et de se rechausser. Il est bon, dans les locaUtés habitées, de se procurer des vases pleins d'eau pour cet usage. En général, une simple affusion, un lavage rapide seraient insuffisants. 11 faut que le reiroidissement soit complet et efUcace. Ce refroidissement n'est nullement à craindre, même lorsque les pieds à la sortie de la. chaussure sont baignés de sueur. Les expériences chaque jour répétées de l'hydrothérapie moderne l'ont amplement démontré. L'immersion complète soulage d'une manière extraordinaire, ranime l'activité non-seulement dans les pieds, mais encore dans les membres inférieurs, on pourrait même dire dans tous le corps. Ce sont là évidemment des conseils d'une très-réelle importance et que l'hygiène doit prendre eu considération, comme complément de ce que l'on dit habituellement sur les chaussures. E. Beaugrasd.

Page 1