CHEVREUL
perlures, et pourvus de deux andouillers, dont l'un se dirige en avant et est place un peu au-dessus de leur partie moyenne; et l'autre, situé plus haut encore et dirigé en arrière, tandis que l'extrémité de la perclie reste à peu près droite. Le clievreuil a la queue fort courte ; ses allures sont gracieuses, et il est pourvu d'une livrée dans le premier âge, c'est-à-dire marqué de taches blanches qui disparaissent quand l'animal devient adulte. Ses dents ne diffèrent pas de celles du cerf par la forme, mais il n'a pas, comme les mâles de cette dernière espèce, de petites canines supérieures.
Cet animal est long de l"',\^ ou l'»,20, et haut de 0"',lb environ au train de devant. Son poil épais est dur et assez cassant, roussâtre en été, et glacé de gris en hiver, avec du noir à la lèvre supérieure et du blanc à l'inférieure. Ses fesses sont blanchâtres, et les poils y sont susceptibles de se redresser de manière à former une disque circum-anal d'une assez grande étendue. Il vit par paires; se tient dans les fourrés oîi il trouve un abri plus assuré contre ses ennemis, et, en particulier, contre l'homme qui est le principal d'entre eux, préfère les lieux élevés, est vif, de mœurs douces, même pendant l'époque du rut, qui a lieu en automne. Ses bois tombent en mars après qu'il a satisfait à ce besoin, et la femelle met bas après une gestation de cinq mois et demi. La chevrette, c'est ainsi qu'on l'appelle, a deux petits, qui ne tardent pas à suivre leurs parents, et restent avec eux jusqu'à ce qu'ils soient à leur tonr capables de se reproduire.
Buffon a dit du chevreuil qu'il < peut être regardé comme une chèvre sauvage qui, ne vivant que de bois, porte des bois au lieu de cornes. » C'est une assertion qu'on ne saurait prendre à la lettre, et dans laquelle il faut voir plutôt un trait d'esprit, fort peu zoologique, d'ailleurs, qu'une de ces vues à la fois fines et philosophiques, si fréquentes dans les écrits du grand naturaliste français. Nous rappelons donc ce passage, mais sans donner à son égard aucun commentaire. Les bois du chevreuil sont de la même nature que ceux des autres cervidés, et ils n'ont rien de commun avec les parties ligneuses, que nous tirons du règne végétal.
Le chevreuil est surtout répandu dans l'Europe tempérée; on le trouve aussi dans les parties centrales de l'Asie, et il y en a jusqu'en Tartarie, puisque l'Aher [Cervus pygargus de Pallas) n'en diffère pas assez pour qu'on puisse le regarder comme en étant spécifiquement distinct. En France, il était autrefois plus répandu qu'il ne l'est de nos jours et les restes fossiles, qu'on en trouve dans les cavernes du Midi prouvent qu'il a vécu dans la région méditerranéenne, qui ne le possède plus aujourd'hui.
Les bois du chevreuil, quoique de faible dimension, sont employés comme trophées, et on cherche à les posséder encore en place sur la tête de l'animal ; ils servent aussi à différents usages industriels. La peau du chevreuil peut être utilisé comme tapis, mais c'est surtout pour sa chair qu'on chasse ce ruminant; elle constitue en effet une venaison fort estimée. P. Gerv.
CHEVREUL (Michel). Père de l'illustre chimiste de ce nom, naquit à Angers eu 1754. C'est là qu'il commença ses études médicales; reçu docteur à lieims en 1777, il revint à Angers où il fût admis l'année suivante comme maître en chirurgie; Il commença, dès lors, à se livrer avec ardeur à l'art des accouchements, et, en 1778, il l'enseignait avec le titre de professeur. Ce cours prit surtout de l'importance et une véritable valeur clinique, lorsque de l'asile des enlants trouvés, il eut été transporté à l'hôpital civil et militaire. Chevreul mourut en 1845 à l'âge de 91 ans; Ce praticien laborieu.\ et instruit ne se borna pas seulcmenty
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comme tant d'autres, à la clientèle et à renseignement, on lui doit des travaux qui attestent un jugement exact et un vrai talent d'observateur. Malgré tant de services rendus, il ne reçut qu'en 1835 la décoration de la Légion d'honneur, il avait alors 81 ans.
Voici les principales publications de Chevreul :
I. Précis de l'art des accouchemenls, en faveur des sages-femmes et des élèves en médecine. Paris, 1782, in-12, et ibid. 1826, in-12. — II. Observation de larves de moucher, sorties de l'oreille d'un enfant. In Journ. de méd. de Corvisart, t. XXVI, p. 2S5 ; 1815. — III. Du seigle ergoté comme moyen de hâter l'accouchement. In Ârch. gcn. de méd., 1"= sér., t. XII, p. 058; 1826. E. Bgd.
CHËVROTAIIV. Le chevrotain, espèce unique du genre Moschus, est un mammifère ruminant d'une taille sensiblement inférieure à celle du chevreuil, qui manque de cornes dans les deux sexes, a, dans le mâle, la mâchoire supérieure munie d'une paire de fortes canines susceptibles de lui servir de défenses, et se distingue, en outre, par la présence dans les sujets du même sexe, d'une foite glande odoriférante placée sous l'abdomen auprès du fourreau de la verge. C'est cette glande qui produit le musc [voy. ce mot), substance à la fois employée en médecine et en parfumerie.
Le chevrotain {Moschns moschiferus) , dont on distingue plusieurs variétés ])riscs à tort pour de véritables espèces par quelques auteurs, vit dans l'Asi-', depuis le Nepaul et le Thibet jusqu'en Sibérie. Les anciens ne l'ont pas connu, non plus que le produit qu'il nous fournit, mais il en est déjà question dans Aëlius, médecin grec de la fin du cinquième siècle, et dans Sérapion, naturaliste arabe du dixième. On le trouve mieux indiqué encore au commencement du quatorzième siècle, dans l'histoire du Thibet de Marco Polo. Toutefois, la véritable nature du musc fut longtemps méconnue, et aujourd'hui même, on n'en possède pas une analyse capable de donner une idée exacte de sa composition chimique, non plus que des détails de structure de la poche qui le sécrète. La science est loin cependant d'être aussi dépourvue qu'au temps où Demeuve disait, en parlant du chevrotain, que « le musc se fait du sang chauffé et bouillant de cet animal, au nombril duquel il se forme un abcès qui, étant mûr, il prend plaisir à se frotter le ventre contre les pierres et troncs des arbres pour faire ouvrir cet abcès et en faire sortir la matière. )> Les chevrotains vivent habituellement isolés; ils se tiennent de préférence sur les rochers et dans les monlagues boisées, souvent à peu de distance des glaciers ; ils sont timides et fuient la présence de l'homme qui leur fait la chasse pour se procurer la matière odorante qui leur est propre. On mange aussi leur chair qui est exempte de toute odeur lorsqu'on a enlevé la poche du musc avec soin et dépouillé de même le corps de l'animal. Le rut a lieu en novembre et décembre; les mâles se disputent alors la possession des femelles et leurs fortes canines supérieures leur fournissent des armes avec lesquelles ils se font des blessures souvent dangereuses. Les femelles mettent bas en mai ou en juin; elles ont un ou deux petits à chaque portée.
Ces animaux se nourrissent de plantes, particulièrement de feuilles d'arbousiers, de rhododendron et de vaccinier. On les prend avec des pièges ou des lacets ; dans quelques endroits on tire sur eux à coups de flèches ; c'est ce que font les Tougouses, qui emploient pour les appeler un morceau d'écorce d'arbre avec lequel ils imitent la voix des petits. Les mâles pris en hiver ont la poche sécrétrice mieux remplie que les autres.
A part ses grandes canines supérieures, le chevrotain porte-musc a la même
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dentition que la plupart des ruminants et le petit tubercule placé en dedans de ses molaires supérieures ou en dehors, aux inférieures, rappelle particulièrement les molaires des ceris. Comme ces derniers et comme les cératopliores ou bovidés, il a, en avant de la mâchoire inférieure, quatre paires de dents incisiformei dont l'externe répond à la canine des camélidés et des porciens.
h'Eydropotes inermis est un ruminant propre à la Chine, établissant une sorte de transition entre le chevrotain et les dernières espèces de cervidés. Comme ces animaux il a de fortes canines et il manque de cornes comme le premier. Le squelette du chevrotain a été décrit plusieurs fois. Rappelons seulement que les métacarpiens et les métatarsiens principaux y sont soudés sous la forme de canons comme chez les autres ruminants, et que les métacarpiens et métatarsiens portant les doigts latéraux y sont incomplets dans leur partie supérieure. Le naviculaire et le cuboïde sont soudés ensemble comme dans la plupart des autres ruminants; enfin, il y a également comme chez ces derniers, quatre divisions à l'estomac; le 'cerveau possède des circonvolutions mais elles ont leurs contours plus simples que celles des ruminants ordinaires et sont moins nombreuses. On no connaît pas la disposition du placenta.
Auprès des chevrotains à musc se placent deux autres genres, l'un propre à l'Afrique occidentale, appelé h^émosque {Hyœmoschus, Gray), l'autre de l'Asie méridionale et de ses îles qui a reçu en propre la dénomination de Tragule (3Vaguhis), que Brisson étendait aussi au porte-musc en la faisant par conséquent synonyme de Moschus. C'est à M. Gray qu'est due cette modification.
Les Tragules, dont il y a plusieurs espèces connues sous le nom de Meminna, Stanley, Napu et Kankil sont des animaux plus petits que les porte-musc, et dont la taille est comparable à celle du lièvre ; ils sont toutefois de forme différente de ce dernier ayant les membres égaux et leur aspect général peut les faire comparer au chevrotain véritable ou aux plus petites espèces de la famille des antilopes; ils présentent plusieurs particularités qui méritent d'être signalées. Ainsi les mâles manquent de la poche odorante propre au porte-musc ; les canines supérieures restent toujours plus petites que chez celui-ci ou que chez les hydropotes et les muntjacs ; les dents incisiformes sont partagées en deux groupes, inclinant l'un à droite l'autre à gauche, et qui ne se touchent pas sur la ligne médiane par le bord des deux dents internes ; l'estomac manque de feuillet et se trouve ainsi réduit à trois cavités au lieu de quatre. Les hémisphères cérébraux sont à leur tour moins riches en circonvolutions que ceux du porte-musé, et, ce qui est sans doute aussi en rapport avecle rang moins élevé que les Tragules, occupent dans la série des moschidés, ces petits animaux n'ont pas le placenta multicotylédonaire des ruminants proprement dits, mais au contraire de forme diffuse et si l'on devait attribuer à cet organe dans la classification la valeur que plusieurs auteurs lui supposent, les Tragules pourraient être retirés de la division des bisulques, ce qui est contraire aux indications fournies par la plupart de leurs autres caractères. Ajoutons que les Tragules ont non-seulement les naviculaires et les cuboïdes réunis l'un à l'autre, mais aussi aux os cunéiformes. En outre ils ont les métacarpiens et les métarsiens latéraux complets, tandis que ceux des porte-musc sont réduits à leur moitié inférieure et en forme de stylet. Leurs poils sont couchés et lisses tandis que ceux des chevrotains sont secs, redressés et cassants. Ces animaux sont de tous les mammifères ceux qui possèdent les plus petits globules sanguins. Ils ont habituellement l'aponévrose sacro-lombaire ossifiée.
L'hvémosquc {Hyœmoschits aquaiicus) offre pour principale particularité d'à-
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voiries métacarpiens principaux séparés l'un de l'autre pendant toute la vie tandis que chez les aulres ruminants ces deux os se soudent entre eux dès l'âge fœtal on au moment de la naissance pour former un canon. Leurs deux métatarsiens correspondants, se soudent au contraire comme cela a lieu dans l'ensemble des mammifères du même ordre. Cette particularité nous explique le pied d'un ruminant fossile en Europe, que l'on a d'abord attribué à la famille des cerfs et dont on fait maintenant une espèce d'hyémosque, sous le nom à'hyœmoschus crassus; c'est une disposition comparable à ce que l'on voit chez les Pécaris, porcins de petite taille propres à l'Amérique méridionale; les Hyémoschus rappellent donc sous ce rapport les pachydermes omnivores. D'autre part les Tragules sont comparables, par leurs allures, aux petites espèces du même ordre auxquelles on a donné le nom de ca'inothériums et qui sont aussi des animaux depuis longtemps détruits. D'autres moschidés, propres aux époques géologiques, et dont quelques-uns atteignaient la taille du chevreuil ou la dépassaient même, avaient de grandes canines supérieures comparables à celles des chevrotains porte-musc, et il en était parmi eux dont les mâchoires étaient pourvues de sept molaires au lieu de six. Une comparaison attentive entre les dents de ces animaux et celles des chevrotains ne permet pas de douter que les prétendues incisives externes de ces derniers ne répondent réellement à des canines; elle conduit donc, ainsi que M. Owen et moi l'avons établi, à recti/îer la formule de leur dentition donnée par les auteurs en même temps que l'examen de leurs pieds et celui de plusieurs autres de leurs organes, nous montrent que certains caractères qu'on avait crus être d'une généralité absolue, chez les ruminants, peuvent porfois manquer à des animaux appartenant à ce groupe cependant si naturel. P. Gerv.
Bibliographie.— Pallas. Spicilegia zoologica. — Bra^dt. Medkinische Zoologie. — Graï [i.-h.). Catol. British Muséum; Ungulala furcipeda. — Gervais (P.) et Van Bexeden. Zoologie médicale. — Edwards (Alph.-Milne). Recherches sur la famille des chevrotains, in-4°, 'J804. P G
CHEVROTEMEIKT. Voy. ÉgophoîUE.
CHETLËTE. Ce mot désigne une petite Arachnide de la division des Acariens ou Acarides {voy. ce mot), et constituant un genre particulier, Cheyletus, caractérisé par d'énormes palpes, formés de trois articles et terminés par un double crochet, l'interne finement pectine.
Moquin-Tandon avait décrit sous le nom d'Acaropse le Cheyletus Mericourli que j'ai fait connaître le premier et dont j'ai donné la description et la figure. Cet acarien provenait de Terre-Neuve et avait été trouvé dans la matière purulente que rendait un officier de marine atteint d'otite [voy. Acaropse).
On ne connaît encore que la larve des Cheylètes. A. Fumouze, dans sa thèse de pharmacie (Paris, 1867), a figuré celle du Cheyletus qui se trouve dans les Canthandes officmales. A. Laboulbène.
CHEYKE (Georges). Médecin écossais, né en 1671, fit ses premières études sous le célèbre iatro-mécanicien Pitcairn. Reçu docteur, à l'âge de 30 ans, il vint se fixer à Londres pour y pratiquer son art. 11 sut bientôt, par son mérite 'se créer une très-brillante position, et ses travaux en mathématiques dont il avait dû puiser le goût auprès de son premier maître, bien que vivement critiqués par le célèbre Jean Bernoulli, lui avaient valu l'honneur d'être reçu à la Société royale de Londres. En dépit de ses éci'its sur la morale, ses habitudps de débauches, ses
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excès de table avaient fortement compromis sa santé, il était devenu obèse, goutteux, asthmatique, quand il résolut de réfoi mer son genre de vie et de se mettre au régime des eaux de Bath. Grâce à la persévérance avec laquelle il continua son traitement, le succès en fut tel qu'il crut devoir en faire part au public ; telle est l'origine du traité sur la goutte et son traitement par les eaux de Bath, Suivant les errements de la doctrine mécanicienne dans laquelle il avait été élevé, Cheyne attribuait la goutte à une obstruction des petits vaisseaux par l'accumulation des sels tartreux et urinaires. Il écrivit aussi un ouvrage sur la santé, où il vante beaucoup la tempérance bien qu'il ne mit pas toujours ses principes en action ; et, en eftet, des retours à ses anciennes habitudes amenèrent quelques rechutes dont il guérit cependant, chaque fois que, rendu plus sage par la nécessité, il renonçait à ses excès. Cheyne mourut à Bath le 12 avril \ 745, h l'âge de 72 ans. De ses différents écrits, ceux qui sont relatifs à l'hygiène méritent une mention tonte spéciale, on voit que l'auteur a passé une partie de sa vie à étudier sur lui-même les conditions de la santé.
On a de lui :
I. A Nciv Theory of Acute and Slow Continued Fevers, whercin, besides t/ie Appearance, etc. Londoii, 1702, in-8», plus. édit. (1722, 24). — II. Bemarks on tivo Late Pamphlets wrilten by D' Oliphant against D. Pitcarn's the New Theory of Fevers. Edinburgh, 1702, in-8°. — III. Philosophical Principles of Natitral Religion, etc. London, 1705, in-S» , ibid., 1715, in-8°; ibid., 1736, in-8°. — IV. An Essay on the Nature and True Method of treating the Goût, together with an Account of the Nature and Qualities of the Bath Waters, etc. London. 1720, in-S", sept édit. succesives. — V. De natura fibrœ ejusgue laxce siveresolutœ morbis. Lond. 1725, in-S°. Paris, 1742, in-8°. — VI. Essay on Health and Long Life. Lond., 1725, in-8», trad. fr. Paris, 1725, in-12; Bruxelles, 1725, in-12, trad. lat. par l'auteur sous ce titre: Tractatus de infirmorum sanitatc tuenda ; vitaque producenda, etc. Lond., 1726, in-8° et Paris, 1742, in-12, 2 vol — VII. An Essay on Sickness and Health. London, 1725, in-8°. — VIII. The English Malady, or a Treatise on Nervoiis Diseases, etc. London, 1755, in-8''; Dublin, 1755, in-8°, etc.— IX. Essay on P,egimen together with five Discourses Médical, Moral a7îd Philosophical, serving, etc. Lond., 1739, in-8'>, plus. édit. — X. Natural Method of ctiring the Diseases of the Body and the Disorders of the Mind, depending of the Body, etc. Lond., 1742, in-8% trad. fr. par de La Chapelle. Paris, 1749, 2 vol. in-12.— XI. An Account ofhimself andof his Varions Cures. Lond., 1745, in-8'' ; ibid. 1755, in-S".
E. Bgd.
CHEY1VE (JoHis). Né le 3 février 1777 (?), à Leith, en Ecosse, se fit recevoir docteur à Edimbourg, en 1795. Après avoir servi, pendant quelque temps comme chirurgien dans l'artillerie, il revint à Leith oii il reçut un bon accueil du public. Son mariage avec une irlandaise le décida à s'établir à Dubhn vers 1809, et, peu après, il obtint la place de professeur de médecine pratique au collège de chirurgie, et un service à l'hôpital Meath. La confiance qu'il sut inspirer à ses confrères et au public tant par la solidité de ses connaissances que par l'aménité de son caractère lui donnèrent en peu de temps la première place dans la capitale de l'Irlande ; l'énorme extension que prit sa clientèle le força à résigner toutes ses fonctions publiques à l'exception de celle de médecin général des armées à laquelle il avait été promu en 1820. Les fatigues extrêmes que lui causait cette vie si occupée, un violent chagrin de Êimille, le décidèrent, vers 1833 à se retirer dans le Buckinghamshire ; c'est Ki qu'il succomba le 31 janvier 1856 après quelques mois de maladie.
Cheyne s'était d'abord beaucoup occupé des maladies de l'enfance, et les mémoires qu'il publia sur le croup et sur l'hydrocéphale aiguë ont eu beaucoup de succès. Dans d'intéressantes recherches sur l'apoplexie, éditées en même temps que le célèbre traité de Rochoux, il décrit avec soin les épanchements dans la
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pulpe cérébrale et dans les ventricules, et note que, dans les cas d'épancliement la surface, le sang paraît provenir d'une déchirure de la substance cérébrale ouverte à l'extérieur et non des membranes d'enveloppe. Il constate que dans les cas de paraplégie, il faut s'attendre à trouver l'extravasation à la base du cerveau ou dans le canal rachidien.
Cheyne a produit les ouvrages suivants :
I. De rachilide. Diss. inaug. Edinb., 1795, in-8°. — II. Essays on the Diseases of Cliildren with Cases and Dissections. Edinb.. 1801-1808. Ces essais comprenaient trois mémoires: 1° On Cynanche trachealis or Crot/;j, 1801 ; 1" Édit. augmentée sous le titre: The Palhology of the Membrane of the Larynx and Bronchia. Ibid., 1809, in-S» ; 2° On the Dowel Complaints, more intimately connected ivith the Biliary Sécrétion (1803) ; o" On Hydrocephalus acutus or Dropsy in the Brain '1808); il a fait paraître depuis : A second Essay on Hydrocephalus acutus. Dublin, 1815, et une 2» édition du premier mémoire. Lond., 1819, in-S», Trad. allem. par Mlller. Bremen, 1809, in-8». — III. Observ. on the Effects of Purgatives Medicines. In Edinb. Med. and Surg. J., t. IV, p. 310; 1808. — IV. Case of Broncidal Polypiis. Ibid., p. 441. — V. Cases of Apoplexy and hethargy , with Observ., etc. London, 1812, in-8°. — VI. Beport of the Hardwiche Fever Hospital. In Dubl. Hosp. Bep., t. I, p. 1 et t. H, p. 1 ; 1818. — VII. An account ofthe Rise, Progress and Décline of the Fever lately Epidémie in Ireland (avec Barker). Dublin, 1821, 2 vol. in-8°. — VIII. Beport ofthe Wiiworth Hospital, containing an Account of Dysentery, as il appeared in Dublin, etc. Ir. Dubl. Hosp. Bep., t. III, p. 1; 1822.— IX. Letler, etc., on the feigned Diseases of Soldiers. Dublin, 1820, in-8°. — X. Divers autres mémoires de moindre importance, dans divers recueils et dans la Cyclopcdia de Forbes, Twedie et Conollï, les articles : Croup, Epilepsy, Fever, Epidémie, Gastric, Laryngttis, Walcefulness. E. Bgd.