‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 95 sur 98 · CHEVRE · texte numérisé non relu

CHEVRE

Tels sont les inconvénients principaux de l'emploi des postiches. Mais ceux ci peuvent en outre devenir pour la chevelure naturelle une cause prochaine de ruine etde dévastation, en lui apportant le germe d'une affection parasitaire. J'ai signalé déjà, à propos de la pathologie du cheveu, ce danger toujours possible, et dont il m'a été donné trop souvent d'observer les funestes effets.

En résumé, et c'est par là que je termine, voici les qualités que l'on doit exiger d'une chevelure artificielle: Elle doit être aussi légère que possible, facilement perméable à l'air et à la vapeur de la perspiration cutanée ; les ressorts, qui tiraillent les cheveux, les matières agglutinativcs, qui les engluent, seront absolument proscrits ; elle doit être nettoyée fréquemment et renouvelée au besoin ; enfin, il est très-impoi'tant de la retirer toutes les fois que la chose est possible, afin d'aérer et de rafraîchir la tête. Une dernière recommandation est celle-ci, que j'adresse plus particulièrement aux femmes : il faut biensegarder d'oublier que la perruque la mieux faite, la natte ou la tresse la plus belle, le chignon le moins disgracieux deviennent aussitôt ridicules s'ils ne sont pas assortis aux cheveux qu'on a perdus ou qu'on possède encore, et si, par leur teinte, leur disposition, leur forme, ils se trouvent en discordance avec le reste de la physionomie. Bazin.

CîaÈvRK. Les chèvres sont des ruminants à prolongements frontaux persistants et enveloppés d'étuis cornés comparables à ceux que présentent aussi les bœufs, les moutons et les antilopes ; ce qui a valu à la famille comprenant l'ensemble de ces animaux le nom de cératophores, auquel on substitue dans quelques cas celui de bovidés, tiré de leur principale espèce, le bœuf. Les chèvres ont les cornes prismatiques à bords tranchants, sans nodosités sur la face antérieure comme il y en a chez les bouquetins, et toujours plus ou moins divergentes, surtout dans le sexe mâle; les longues chevilles osseuses qui soutiennent ces cornes et en constituent l'axe restent en grande partie pleines, et ce n'est qu'à leur base qu'elles sont creusées de cellulosités intérieures. La partie du frontal qui les supporte est renflée en une double tubérosité osseuse qui contribue à relever en ce point la ligne du crâne, mais sans lui donner l'aspect busqué caractérisque du mouton ; dans les variétés, obtenues au moyen de la domesticité, chez lesquelles les femelles, parfois même les mâles, manquent de cornes, ces renflements frontaux existent également.

Les chèvres ont les dents en même nombre que les moutons et les bœufs ; elles en possèdent trente-deux, savoir : six paires de molaires à chaque mâchoire et quatre paires de dents incisiformes inférieures regardées, mais à tort, comme étant toutes de véritables incisives. De même que leurs correspondantes chez les autres ruminants, ces dents constituent réellement trois paires d'incisives accompagnées en dehors par une paire de canines d'une forme peu différente de la leur. Comme les autres cératophores, les chèvres manquent d'incisives et de canines supérieures, et leurs dents incisiformes inférieures sont séparées des molaires par un espace vide.

Ces ruminants ont aussi pour caractère d'avoir les poils du menton allongés et formant une sorte de barbe pendante ; ils n'ont point de fanon sous le cou à la manière des bœufs, mais quelquefois des pendeloques à la gorge, ne possèdent ni poches inguinales ni glandes interdigitales, et ont les mamelles au nombre de deux seulement. Leur corps reste maigre et leur queue est courte. Ils n'ont pas les narines entourées d'un mufle nu à la manière de celles des bœufs. Leurs pieds sont plus forts que ceux des moutons et ils ont en particulier les canons plus trapus et plus larges.

«ou CHEVRE.

Ce sont des animaux. ca|iricieiix, actifs et remuants, qui aiment les lieux élevés, gravissent les coloaux avec agilité, sont essentiellement herbivores, aiment à se nourir des feuilles des arbrisseaux, et répandent surtout dans le sexe mâle une odeur Irès-forte. Leur lait est estimé et passe pour jouir de qualités particulières. Leur ciiair est un bon aliment, et l'on emploie aussi celle des jeunes auxquels on donne le nom de chevreaux. Dans nos pays, on possède aujourd'hui moins de chèvres qu'il n'y en avait autrefois, mais il est des localités où la nature du sol leur donne un grand avantage sur le mouton, et dans plusieurs parties de l'Orient cette espèce constitue encore un des principaux bétails.

La chèvre a subi de nombreuses modifications sous l'influence de l'homme et du climat, et les variétés qu'elle présente sont aussi nombreuses que différentes les unes des autres par leurs caractères. Ciiez certaines d'entre elles, l'altération est arrivée à un état qu'on doit considérer comme étant réellement tératologique. C'est ce qui a eu lieu pour les chèvres à oreilles longues et tombantes, à chanfrein relevé, à face raccourcie, à mâchoire inférieure prolongée en ganache que l'on appelle chèvres de la haute Egypte ; on en trouve des figures dans le grand ouvrage de F. Cuvier sur les mammifères. Chez d'autres races au sujet desquelles le même auteur donne aussi des détails, la taille est sensiblement réduite ; c'est le cas des chèvres dites naines qui vivent particulièrement en Syrie et sur quelques autres ]Joints de la région méditerranéenne, ou même dans le midi de l'Afrique et dans l'hide. 11 y a des animaux de ce groupe qui sont sans cornes, et d'autres chez lesquels ces moyens de défense se sont dédoublés, ce qui leur donne alors quatre cornes. Le poil varie aussi non pas seulement pour la couleur tantôt blanche, tantôt jaune fauve ou noiiâtre, mais aussi pour la longueur et la finesse. Dans ce dernier cas, on le recherche pour la fabrication des étoffes dites en poils de chèvre qui fournisssent des tissus de qualité supérieure. Les chèvres d'Angora en Asie Mineure et celles du Cachemire ou du Thibet ont une grande réputation à cet égard.

Les variétés du genre chèvre ne se reconnaissent pas seulement aux caractères extérieurs, dont il vient d'être question; leur crâne diffère aussi d'une manière notable et il y aurait une étude curieuse à faire de ces ruminants sous ce dernier rapport.

Le nombre des vertèbres dorsales et lombaires n'est pas toujours le même.

Il y a des chèvres domestiques dans une grande partie de l'Europe, de l'Asie ou de l'Afrique, et il en a été introduit dans les autres parties du monde, où elles n'existaient pas avant que les Européens s'y fussent établis. On suppose que la souche première de ces animaux est l'œgagre, chèvre sauvage assez peu différente de certaines variétés domestiques, qui existe dans le Caucase, ainsi que dans l'Asie occidentale, et qui a peut-être vécu dans nos grandes chaînes de montagnes à une époque reculée ; mais il n'est pas certain que les chèvres ne descendent pas de plusieurs espèces distinctes, et l'on ne trouvera la clef de ce problème phylogénique que dans une connaissance approfondie des animaux encore libres appartenant au même genre qui existent en Asie. Une connaissance exacte des bouquetins (genre Ibex), ruminants de la même tribu, connus à l'état sauvage seulement, qui habitent certaines montagnes de l'Europe et de l'Asie centrale ou méridionale, jetterait aussi ime vive lumière sur ces questions, et l'on doit être reconnaissant à M. Rouhn d'avoir réuni à leur égard dans les articles Chèvre et Daim du Dictionnaire universel d'hisloire naturelle l'ensemble des documents que la science possédait lorsque ces articles ont été écrits.

Les bouquetins sont des animaux de la division des caprins, qui diffèrent dcs

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clièvres par leurs formes plus robustes, par plus de Lrièveté de la tète, par leurs cornes arquées d'avant en arrière, et habituellement marquées de fortes nodositcs sur le bord antérieur qui est plus arrondi que chez les animaux domestiques du même groupe. Il y a deux espèces de bouquetins dans la haute Egypte et en Abyssinie : le Beden {Ibex nuhianus) et le Yalie (/. valie) ; trois existent en Europe : le bouquetin de la Sierra-Nevada (7. hispanicm), celui des Pyrénées (i. pijrenaicus), qui devient de plus en plus rare dans la partie française de ces montagnes, et celui des Alpes (/. a/jjmws), maintenant presque détruit. Des animaux analogues ont autrefois vécu dans les Cévennes, sur différents pomts du plateau central et jusqu'en Belgique (7. Cebeniiarum, etc.). 11 y en a en assez grand nombre au Caucase (7. caucasiens), dans l'Himalaya (Z. himalayaniis) , et même eu Sibérie (7. sibiricus).

On attribue encore à la tribu des caprins, comme constituant deux genres â part, le Kémas ou warryato [K. holocrius) et le Jharal {Eemitragus jemlaicus). Ce sont des animaux propres aux grandes montagnes de l'Asie méridionale, les Nilglierries et l'Himalaya. Leurs cornes sont fortes, mais moins longues que celles des chèvres ou des bouquetins, arquées et à bord antéro-interne tranchant ; la surface en est plus finement annelée dans le premier que dans le second. Le Jharral a quatre mamelles au lieu de deux ; de même que le Kémas, il a les narines entourées d'un mufle, c'est-à-dire d'un espace nu et muqueux, tandis que cette partie est velue chez les chèvres et les bouquetins; à cet égard les ruminants dont il s'agit tiennent des moutons plutôt que des chèvres.

P. Gerv.

CHÈVREFEUILLE. Lonicera L. Genre de plantes Dicotylédones de la famille des Caprifoliacées. Tel que les botanistes le limitent maintenant, il comprend les Caprifolium, Xylosteon, Chamœcerasus et Peryclimenuni de Tournefort. Ce sont des arbrisseaux tantôt dressés, le plus souvent sarmenteux et volubiles, à feuilles opposées, pétiolées ou sessiles et parfois connées. Les fleurs axillaires et diversement groupées, suivant les espèces, sont souvent irrégulières. Le tube du calice est globuleux ou subglobuleux, adhérent à l'ovaire et surmonté d'un hmbe à 5 dents; la corolle est tubuleuse infundibuliforme ou campanulée; le tube est parfois gibbeux à la base ; le limbe est tantôt régulièrement divisé en 5 dents, le plus souvent disposé en deux lèvres dont la supérieure a 4 lobes, taudis que l'inférieure reste entière. Les étamines sont au nombre de 5. Le fruit est une baie succulente, à o lobes, qui, par avortement, se réduisent parfois à une seule. Les graines sont crustacées et contiennent un embryon orthotrope dans l'axe d'un albumen charnu.

Le genre Lonicera contient un certain nombre d'espèce répandues dans nos régions. Les plus intéressantes sont :

l" Le Lonicera Caprifolium L., qui croît surtout dans l'Est de la France et l'Europe centrale. C'est une espèce volubile, dont les tiges sarmenteuses portent des feuilles coriaces, glauques en dessous, suborbiculaires, entières sur les bords. Ces feuilles, pétiolées sur les rameaux stériles, sont sessiles sur les rameaux fleuris et les deux leuilles opposées se soudent même entre elles, d'autant plus qu'elles se rapprochent du sommet, et si bien qu'à l'extrémité elles forment, par leur réunion, comme une seule feuille traversée dans son milieu par la tige. Les fleurs sont verticillécs, sessiles, au milieu des feuilles supérieures perfoliées. Leur corolle a un long tube, surmonté d un limbe bilabié; elle est purpurine

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et d'une odeur douce et agréable. Les baies sont placées à côté les unes des autres sans être soudées entre elles.

On emploie les ûeurs en infusions théiformes comme béchiques et légèrement sudorifiques. On en fait un sirop.

Autrefois on employait le Lonicera Caprifolium aux mêmes usages que l'espèce suivante.

2» Lonicera Periclymenum L. Cette plante se distingue du Lonicera Caprifolium L. par la disposition et la forme de ses feuilles ovales, lancéolées, aiguës, brièvement pétiolées, dont les supérieures sont sessiles, mais jamais perfoliées. Les fleurs, d'un jaune rougeàtre, sont en tête longuement pédonculées.

Le Perichjmenum était réputé vulnéraire et ophthalmique. La décoction des feuilles était employée en gargarismes et en collyres; les baies comme dépuratives et diurétiques. D'après J. Bauhin, Rondelet employait, au seizième siècle, l'eau de Periclymenum avec la semence de lavande pour faciliter les accouchements.

3» Lonicera Xylosteum L. C'est le Xijlosteon des anciens auteurs. Cette espèce a des tiges dressées, non volubiles; des feuilles molles, velues, blanchâtres en dessous, ovales et toutes péliolées; des fleurs géminées à l'aisselle des euilles; une corolle petite, d'un blanc jaunâtre, bossue à la base, à limbe bilabié. Elle est commune dans les haies et les buissons. Les baies sont émétiques et purgatives.

4» Lonicera Alpifjena L. Cette plante est le Chamœcerasns alpijia de la plupart des auteurs du seizième siècle. Sa tige est dressée, rameuse; ses feuilles sont épaisses, très-grandes, ovales, oblongues, acuminées, brièvement pétiolées. Les fleurs, d'un blanc rcsé, sont pédonculées, géminées, à corolle bilabée. Les baies sont ovoïdes, soudées deux en une seule, de couleur rouge, semblables ainsi à une petite cerise marquée de deux points.

La plante croît dans la zone sous-alpine, dans le Jura, les Cévennes, les Alpes et les Pyjénées. Les fruits sont remplis d'un suc amer, qui excite le vomissement et purge très-violemment.

Jean Bauiiin. Ilistoria Plantarum, II, p. 106-107. — Lesiery. Dictionnaire des drogues, p. 183-229-668 et 938. — Tournefort. Instilutiones Bei herbariœ, lab. 378 et 379. — Linné. Gênera, 223. — De Gandolle. Flore française, IV, p. 270-272. — Kndlicher. Gênera, n» 3537. ^^ Grenier et Godbon. Flore de France, II, p. 8. Pl.

tH£VREUIL. Cette gracieuse espèce de ruminant fait partie de la même famille que le cerf; elle recevait des Grecs le nom de dorcas, que les naturalistes modernes ont transporté à une espèce d'antilopes, et des Romains celui de capreobis, qui lui est resté dans la nomenclature zoologique. Linné l'appelle, en effet, Cervus capreolus, et lorsque, conformément auv principes qui ont cours aujourd'hui en histoire naturelle, on a fait du chevreuil le type d'un genre distinct dans la famille des cervidés, au lieu de la réunir sous un même nom aux autres animaux de cette famille, le genre comprenant le chevreuil a été appelé Capreolus.

Le chevreuil est notre plus petite espèce de cervidés, même en comprenant dans cette liste celles qui ont existé dans nos pays pendant l'époque quaternaire ; mais ce n'est pas la plus petite de tout le groupe : le muntjac de l'Inde et les daguels ou subulos de l'Amérique méridionale, lui sont encore inférieurs sous ce rapport.

Le chevreuil dilfère, d'ailleurs, des autros ruminants à bois par la forme de ces prolongcmcnls frontaux qui sont droits, subaplatis, marqués de nombreuses

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