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qui, par le fait de leur altitude, se refroidissent considérablement en hiver et sont en parties cou^vertes de neiges. La surface de la mer et les régions supérieures se refroidissent beaucoup moins, il en résulte donc un appel d'air et un courant constant dirigé du nord au sud, c'est-à-dire de la Tartarie vers la mer; ce courant refroidissant balaye tout le nord de la Chine et y détermine un notable abaissement de température. En été, il s'établit un courant inverse ; les steppes de Tartarie et les provinces du nord de la Chine, privées de végétation et de cours d'eau, s'échauffent plus que la mer, il en résulte un ensemble de conditions absolumenl, opposées à celles de l'hiver.
Si l'on jette en effet les yeux sur le tableau C, l'on voit que, pendant les mois de décembre, janvier, la direction du vent est en général nord, nord-ouest, nordest, tandis qu'elle est constamment sud, sud-ouest ou sud-est pendant les mois de juin, juillet et août.
Un fait assez remarquable dans le nord de la Chine est l'élévation de la température au soleil, fait bien plus important peut-être pour la végétation que la température moyenne de l'année. Nous voyons le thermomètre monter en été a + 65°, -+-64° au soleil pendant le mois de juillet, et rarement descendre en hiver audessous de -h 35°, il en résulte, à cette saison, des phénomènes assez singuliers : le thermomètre marquant par exemple — 10° à l'ombre, puis quelques pas plus loin -h 55° dans un endroit exposé au soleil, soit 45° de différence. Ces différences sont moins marquées en été, mais elles sont encore très-notables et peuvent être expliquées par la grande pureté de l'air pendant l'hiver, l'absence de tous nuages, de toute brume venant arrêter l'action des rayons calorifiques.
Il ne pleut, en effet, jamais en hiver ; à peine tombe-t-il quelques rares flocons de neige, et les pluies n'apparaissent réellement qu'en juin pour se terminer d'une façon presque absolue en octobre; aussi, pendant la période de sécheresse, l'absence d'humidité est-elle extrême, et ne voit-on pas sur les végétaux la rosée du matin, indice de présence de vapeur d'eau dans l'atmosphère. En été, les pluies sont abondantes, mais de courte durée; elles accompagnent des orages qui eux-mêmes ne sont pas très-fréquents; remarquons qu'à Pékin, il ne tombe annuellement que 60 centimètres d'eau, ce qui est infiniment moins que dans les régions tempérées de l'Europe.
La pression atmosphérique suit une marche à peu près constante, elle baisse avec les vents de S. et S.-O en été, monte au contraire avec ceux de N. et N.-E., ces oscillations diverses sont minimes en général, car rai'ement est-il observé 10 à 15 millimètres de différence en vingt-quatre heures.
Le climat de Pékin est à peu près celui de toute la province du pe-tchély ; Tien-Tsin n'étant éloigné de la mer que de dix lieues, présente une température moyenne un peu moins élevée peut-être, elle serait de 13°, 8 d'après nos observations, tandis que celle de Pékin serait de 14°; cette différence est due à la température de l'été, moins élevée à Tien-Tsin qu'à Pékin, car le froid eif hiver est le même dans ces deux stations. Dans le Chan-si et dans une partie du Chan-toung le caractère d'excessivité du climat se montre dans toute sa force : toutes les rivières sont gelées à une grande profondeur et, dans le golfe du Pe-tchély, toute la région des bas-fonds s'étendant jusqu'à huit ou dix milles des côtes, est également prise, elle peut supporter des traîneaux; la couche de glace y atteint facilement soixante centimètres et même un mètre.
Dans le nord de la Chine, les saisons sont nettement tranchées. Vers novembre toute végétation s'arrête ; tout est mort dès les premières gelées ; puis
commence cet liiver exliaorJinaire, pendant Icqncl le soleil ne se voile jamais et darde ses rayons au travers d'une atmosphère où l'on n'aperçoit aucun nuage. Pendant ce temps, le vent du nord ne cesse de souffler et amène du fond de la Tartarie une poussière froide qui couvre tous les objets, pénètre dans les moindres orifices et finit par devenir un véritable tourment. Le sol lui-même, se desséchant déplus en plus, déjà sablonneux par lui-même, se transforme en une poussière fine que le vent soulève en tourbillons. Vers les mois de mars et avril, les vents du désert sont parfois tellement chargés de sable que la lumière du soleil ne pénètre ([ue difficilement, et que toute l'atmosphère prend une teinte rougeâtre; c'est absolument le sirocco d'Afrique, moins la chaleur. Ces tempêtes de poussière se présentent une vingtaine de fois par an.
En avril, la chaleur succédant brusquement au froid, commence à devenir excessive, mais la végétation n'a pas encore pris sou esssor, tout est en suspens jusqu'au mois de mai, pendant lequel viennent les premières pluies, qui ne s'établissent définitivement qu'en juin; tout se met alors en mouvement, les plantes annuelles acquièrent des dimensions inconnues en Europe et, en quelques mois, la végétation prend un aspect vraiment tropical. L'homme ne traverse pas impunément de pareilles variations, sans que sa santé en soit profondément troublée ; nous verrons plus loin, que sans être aussi dangereux que le climat de la Chine méridionale, celui du nord ne laisse pas que de retentir péniblement sur les Européens nouvellement arrivés.
On pourrait résumer ainsi qu'il suit le climat du nord de la Chine : excessivitc de température, chaleur tropicale en été, froid très-vif en hiver, pluies abondantes et vents du sud pendant cinq mois de l'été, sécheresse absolue, vents du nord et poussière pendant le reste de l'aimée.
Le climat de Tché-fou, situé par û7»o2' de latitude, à l'extrémité du promontoire du Chan-toung, devrait être classé dans la catégorie des climats chauds, caria moyenne annuelle y est de + 15°, 7, et cependant dans la province du Chan-toung le thermomètre reste au-dessous de zéro pendant tout l'hiver; seul, le port de ïché-fou, abrité des vents du nord par une haute montagne, encaissé dans une petite vallée exposée aux rayons du soleil, jouit d'une température presque exceptionnelle; c'est à peine si un seul mois de l'année, celui de janvier présente une température moyenne inférieure à — l». Les moyennes de l'été et les extrêmes de cette saison sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux de Tien-Tsin ou de Pékin, mais la sécheresse y est beaucoup moindre et, à tous égards, le climat plus sain et plus agréable. Pendant les grandes chaleurs, une brise de mer régulière vient, à partir de dix heures du matin, rafraîchir la vallée et rendre la température véritablement très-supportable.
Le climat de Tche-fou est donc un climat un peu spécial ; en effet, si l'on quitte la côte pour se diriger vers l'ouest, si l'on remonte le cours du fleuve Jaune jusque dans le Chen-si, on trouve dans toute celte immense vallée du Hoang-Ho un climat beaucoup plus chaud en été et relativement assez froid en hiver ; les bords du fleuve sont fréquemment couverts de brouillards, qui s'étendent au loin sur ces plaines souvent inondées, presque toujours marécageuses et y entretiennent, pendant la nuit surtout, une température assez basse.
Si l'on se dirige pins à l'ouest encore dans le Chen-si et le Kan-sou, l'on
arrive aux régions montagneuses, et dès lors le climat devient de plus en plus
rude et prend le type du climat pyrénéen avec lequel il a beaucoup d'analogie.
En ce qui concerne spécialement la Chine, nous i-egarderious volontiers la
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