‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V 16Chapitre 2 sur 49 · CHIFFONNIERS · texte numérisé non relu

CHIFFONNIERS

pourrait le croire, et les bénéfices de la journée s'élèvent souvent à 2 fr. 50, 0 francs et même o fr. 50.

Dans CCS derniers temps, l'existence des chiffonniers a été fortement menacée; obéissant à cette tendance actuelle qui substitue partout la grande entreprise à l'effort individuel, on a proposé tout uniment de les supprimer, pour mettre à leur place des compagnies qui feraient le même service. Outre les difficultés pratiques de cette proposition, qui imposerait aux locataires des maisons certaines règlemezitations assez difficiles à réaliser, il était impossible de songer à jeter ainsi tout d'un coup, dans l'impossibilité de vivre, tant de milliers de malheureux placés déjà dans de si misérables conditions. Des sursis ont été obtenus, des mesures plus sévères ont été prises à l'égard de l'obtention des médailles, et. dans le moment actuel, la position des chiffonniers est beaucoup plus pénible que par le passé ; le rayon dans lequel s'exerce leur industrie s'est beaucoup étendu, le rendement est moins fructueux.

Les causes qui peuvent faire tomber dans une position aussi infime, sont ordinairement une extrême misère, fruit de l'ivrognerie et de la paresse, mais trèssouvent aussi d'infirmités, de mutilations, et enfin de l'âge, qui mettent tant de pauvres ouvriers hors d'état de continuer leur travail habituel. Rien de plus navrant, me disait M. Dumontey, que l'exposé des motifs sur lesquels reposent beaucoup de sollicitations, et comment refuser des gens qui demandent à vivre par un travail aussi répugnant ? On sait également qu'il existe parmi eux des individus déclassés ayant occupé des positions plus élevées, d'anciennes femmes entretenues, etc., que des circonstances diverses, mais surtout la débauche et le désordre, ont jeté dans leurs rangs; c'est surtout parmi ceux-ci que se présentent les spécimens les plus dégradés de cette industrie.

Un rapport de la commission de salubrité de l'ancien XIP arrondissement (quartier Mouffctard), publié en 1832, décrivait, comme il suit, l'état des choses dans une des rues les plus immondes de cette circonscription : « La rue Neuve- Saint-Modard est remplie de chiffonniers à demi-couverts de haillons, vivant au milieu de leurs chiffons, des os, des peaux, des savates, des vieux papiers qu'ils ramassent dans la ville; couchant sur un peu de paille, quelquefois même sur le carreau, n'ayant pas une couverture pour s'envelopper pendant la nuit. Réunis en grand nombre dans des espaces très-resserrés ; se trouvant dans le voisinage des magasins où les chiffonniers en gros conservent des tas énormes d'os et de chiffons. Cette rue est mal pavée; on y rencontre à chaque pas des excréments et des ordures {Ann. iVhyg., l''«sér., t. VII, p. 200; 1852). » Trente ans plus tard, MM. Transon et Dublanc, dans leurs recheixhes sur le commerce des chiffons dans le XIP arrondissement, parlent d'un cabinet occupé par un chiffonnier, moyennant cinq sous par jour, et qui présentait 2 mètres de large sur 3 de profondeur. « Là, entre son grabat et la fenêtre, un malheureux couvert de haillons est accroupi, fiùsant le triage des chiffons de la rue. 11 les lotit par la nature des matières; surtout il sépare avec soin ces linges toujours sales, quelquefois imprégnés d'une sanie horrible, qu'il ne pourra faire accepter de l'entrepreneur en chiffons qu'après les avoir grossièrement lavés et les avoir fait bien exactement sécher dans sa triste demeure ; mais alors cela se vend 2 sous la livre ; ce serait le plus précieux de son butin, si ce n'est qu'il a rapporté dans sa hotte des croûtes de pain souillé, des têtes de poisson et quelques affreux mélanges d'os et de chairs meurtris... Qu'on ne nous accuse pas de remuer ici toutes ces horreurs, puisque voilà des êtres humains qui s'en nour-

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lissent. )) Du reste, les auteurs reconnaissent eux-mêmes que cet état de choses est susceptible d'améliorations. « Il suffirait, disent-ils avec raison, de procurer aux chiffonniers des demeures dans lesquelles serait annexée au logement proprement dit, une chambre plus petite servant d'atelier de triage et de magasin provisoire... Ne pourrait-on pas, dans chacun des quartiers où se trouvent agglomérés mi certain nombre de chiffonniers, former un établissement spécial pour le triage et l'emmagasinage des matières recueillies par ces industriels ; en un mot, une sorte de halle. aux chiffons? Là, les entrepreneurs trouveraient à louer des magasins bien aérés, que la police surveillerait aisément; là surtout chaque famille de chiffonniers obtiendrait, à titre gratuit, la disposition exclusive d'une petite cellule pour son travail. Le ménage du chiffonnier, sa famille seraient donc, c'est là le point essentiel, absolument séparés du tas d'ordures qui est l'objet de leur industrie. » Grâce à cette institution, continuent-ils, le chiffonnier pourrait observer les règles les plus essentielles de l'hygiène, prendre en dehors de son travail un vêtement convenable. Les enfants, tenus plus proprement, ne présenteraient pas cette odeur horrible qui les fait repousser des écoles; enfin le chiffonnier lui-même, relevé à ses propres yeux, chercherait ses moyens de distraction ailleurs qu'au cabaret. Ces observations sont fort justes, on les a déjà bien des fois vérifiées ; les transformations avantageuses subies par certaines industries ont eu leur retentissement sur les ouvriers qui les exerçaient, et leurs mœurs, leur tenue, leurs habitudes en ont été singulièrement améliorées.

Tous les auteurs répètent que les chiffonniers, en raison des substances de provenance plus que suspecte avec lesquelles ils sont en contact, sont très-exposés aux maladies contagieuses, à la gale, par exemple. Cependant deux relevés, faits à quarante ans d'intervalle, montrent qu'à Saint-Louis les chiffonniers ne se présentent pas en grand nombre pour cette maladie. Ainsi Mouronval a noté seulement 4 chiffonniers sur 1,254 galeux traités en 1820; et le compte moral de l'assistance publique en compte 4 également admis au traitement externe en 1861. Benoiston, de Chàteauneuf, dans ses relevés relatifs sur l'influence des professions, sur la fréquence de la phthisie, a noté 590 chiffonniers et 237 chiffonnières entrés pour cette maladie dans les hôpitaux de Paris et faisant partie du groupe exposé aux particules végétales. Ces chiffres sont assez considérables; mais remarquons que sur les 590 chiffonniers il en est mort seulement 5, ou 0,84 sur 100, la mortalité moyenne du groupe étant 2,07, et sur les 257 femmes, 4 ou 1,68 p, 100 ont succombé, le chiffre moyen du groupe étant 2,19. Quant aux autres maladies, je ne connais pas de relevés qui montrent leur degré de fréquence. On conçoit du reste que, par le fait de leur industrie et de leurs habitudes crapuleuses et sordides, les chiffonniers doivent être exposés à une foule de maladies graves.

Réglementation. On voit, par une ordonnance de police en date du 10 juin d701, qu'il était défendu aux chiffonniers de vaguer la nuit par les rues, dans la crainte de favoriser et d'augmenter le nombre des vols ; ils ne devaient pas commencer leur travail avant la pointe du jour, à peine de 500 livres d'amende et de punition corporelle (Delamare, Traité de la police, t. Il, p. 485. Âmst., 1729, iu-fol.). Cette même ordonnance, déjà maintes fois édictée avant celle dont nous parlons, fut encore renouvelée et avec aussi peu de succès dans le courant du siècle dernier.

Aujourd'hui, les chiffonniers, pour être admis à exercer leur industrie, doi-

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vent faire une déclaration avec deux témoins, afin de constater leur identité; tout changement de domicile sera déclaré dans les vingt-quatre heures. Les chiffonniers ambulants doivent porter une plaque de cuivre donnant le numéro d'inscription et le signalement du porteur. Il leur est interdit de circuler après minuit en toute saison, avant le jour en été, et avant cinq heures du matin depuis le 1" octobre jusqu'au 1" avril. Ils ne doivent pas conserver chez eux les produits de leurs recherches, attendu l'odeur infecte qui s'en exhale [voy. Ciiiffoks (Dépôts de)]. . E. Bgd.

CHIFFONS (Dépôts de). Les émanations fétides auxquelles donnent lieu les divers produits ramasses par les chiffonniers, au milieu des plus sales immondices, ont de tout temps excité les réclamations du voisinage, et provoqué l'emploi de moyens propres à les faire disparaître, ou du moins à les atténuer notablement.

Mais d'abord quelles sont les substances accumulées dans ces dépôts, et dans quelles conditions s'y présentent-elles ? Nous l'avons dit dans l'article précédent, le chiffonnier met à p^rt et sur autant de tas distincts, les vieux papiers, les vieux chiffons de toile ou de coton, les chiffons de laine, les os, les peaux d'animaux, savates et autres débris de vêtements, enfin certains résidus alimentaires qu'il réserve souvent pour son usage; puis, les linges lavés et séchés (ils ne seraient pas reçus autrement), les papiers, les os, etc., sont portés dans les magasins des chiffonniers entrepreneurs, qui livrent ces détritus ainsi séparés aux industriels qui ont pour mission de les utiliser en les transformant en papier, en engrais, en noir animal, etc.

Il y a donc deux sortes de dépôts : les petits, chez les chiffonniers où les matières ne séjournent jamais bien longtemps et sont incessamment renouvelées, et les grande dépôts, où ils constituent de véritables magasins. C'est là surtout qu'ils présentent de sérieux inconvénients et exigent, pour ne pas devenir nuisibles, l'emploi d'un certain nombre de précautions.

Il est bien évident que ces accumulations de matières immondes, même en

petite quantité comme chez les chiffonniers, exhalent des odeurs excessivement

désagréables pour les voisins. Du reste, ces émanations ne paraissent pas bien

nuisibles pour les collecteurs de chiffons soumis, d'ailleurs, à tant de causes de

. maladies.

Dans les magasins, mais surtout dans les grands magasins, les chiffons arrivent plus ou moins mal lavés et séchés. Quand ces masses sont encore humides, il s'en échappe des gaz de décomposition plus ou moins abondants. En général, dit M. Pappenheim, la quantité de gaz exhalés des tas de chiffons dépend du mode de conservation mis en usage dans les magasins; aux caves si généralement adoptées, notamment chez nous, il préfère des hangars largement aérés. Mais ce sont surtout les masses d'os qui donnent lieu aux exhalaisons les plus insupportables et qui exigent les prescriptions les plus sévères. Si l'habitude peut émousser les sensations désagréables que produisent ces miasmes et atténuer leui's effets sur l'économie, un fait authentique et bien connu montre qu'ils peuvent donner lieu à de graves accidents. « Ollivier (d'Angers) étant allé pour visiter un magasin de chiffons tenu par le sieur Maurice, rue Saint-Germainl'Auxerrois, demanda à voir une cave voûtée sans communication avec l'air extérieur, si ce n'est par la porte d'entrée qui est ordinairement fermée, cave daus laquelle le locataire renferme les os qui lui sont apportés par les chiffonniers.

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On le conduisit clans ce lieu. II remarqua que le sol et la voûte étaient humides, et que les murs étaient d'un noir verdâtre ; que l'air dans lequel brûlait la lumière était infect et avait une odeur nauséabonde. Mais à peine fut-il au milieu de la cave, qu'il fut pris de vertige; il ressentit des nausées et des envies de vomir qui le forcèrent à s'éloigner sur-le-champ et à regagner l'entrée de la cave et l'escalier qui y conduit. Sorti de la cave, son état s'améliora; cependant il ressentit un malaise pendant le reste de la journée. Étant invité à dîner en ville, il crut cependant se trouver assez bien pour se rendre à ce dîner; il mangea même avec appétit; mais à peine le dîner était-il terminé, qu'il ressentit des pincements de ventre très-douloureux autour du nombril ; les pincements se faisaient sentir d'abord par intervalles éloignés, ensuite ils se firent ressentir davantage et d'une manière plus rapprochée : M. Ollivier fut forcé de se courber sur lui-même, de s'accroupir. Les pincements devenant plus multipliés et étant suivis d'un anéantissement général, il se fit transporter chez lui. Les secousses de la voiture n'augmentèrent pas sensiblement la douleur ; mais à peine fut-il arrivé qu'il éprouva un vomissement qui lui fit rejeter une portion des aliments qu'il avait pris. Les vomissements furent suivis de sueurs froides, de déjections liquides, de syncopes continuelles. De nouveaux vomissements donnèrent lieu à l'expulsion du reste des aliments ; ils furent suivis de nausées, de syncopes, de sueurs froides, d'évacuations liquides très-fétides. Les évacuations se succédèrent jusqu'à quinze fois, depuis sa rentrée jusqu'à cinq heures du matin ; à cette heure les sueurs froides devinrent plus abondantes; il y eut des évacuations sanguines par les selles. Les pincements de ventre n'ont pas cessé de se renouveler par intervalles, tout aussi intenses, mais moins prolongés. Le malade éprouve nn sentiment de brisure générale ; les nausées cessent, mais il y a toujours des évacuations fétides, en partie jaunâtres, en partie sanguinolentes. Ces symptômes ont persisté le 4 et le 5, et ce dernier jour il y eut encore huit évacuations alvincs sanguinolentes. Dans la soirée du 5, les pincements cessèrent de se faire ressentir; le rétablissement se fit ensuite successivement : il était complet le 10. Cependant le jeudi, M. Ollivier ayant voulu sortir, fut saisi d'un accès de fièvre qui le força de rentrer : l'accès dura douze heures {Anji. d'hyg., \^^ série, t. YII, p. 216; 1852). Ces symptômes, qui ne sont pas sans analogie avec ceux que déterminent les substances alimentaires gâtées, boudins, etc., semblent indiquer une véritable intoxication par des matières putrides.

Un inconvénient qui peut résulter du travail de fermentation dans une masse de chiffons, c'est l'inflammation spontanée de cette masse ; le fait n'est pas commun assurément, mais il n'est pas impossible. M. Chevallier en a cité un exemple. « Divers auteurs ont dit que les amas de vieux linges dans les papeteries étaient susceptibles d'éprouver la combustion spontanée ; nous avons vérifié ce fait chez un chiffonnier de la rue Neuve-Saint-Médard. Ce chiffonnier qui avait entassé des chiffons dans une espèce de cabinet obscur, était fort embarrassé d'expliquer comment le feu avait pu prendre dans son local où personne ne pénétrait que lui, et où l'on n'avait pas fait de feu depuis plus de six mois. » Cet' exemple, ajoute M. Chevallier, doit êti'e rare, car ayant visité comme membre du conseil de salubrité un très-gi'and nombre d'établissements de chiffonniers, il n'avait jamais entendu parler de semblables accidents, quoiqu'il y ait des chiffonniers à Paris qui aient des tas considérables de ces matières. Un fait constaté par l'expérimentation, c'est que des tissus imprégnés de corps gras peuvent prendre feu spontanément.

rv2 CHIFFONS (dépôts de).

Qu.iiifl les cliifTons sont bien secs, dit M. J'appenlieim, ils donnent lieu quand on les empile dans des sacs, à un dégagement de poussières irritantes qui attaquent surtout l'organe de la vue et, plus spécialement, dans les premiers temps qu'on se livre à ce travail. En Angleterre, d'après le même auteur, on emploie les chiffons de laine pour servir d'engrais. Dans ce but, on les déchire à l'aide de machines particulières, il en résulte aussi un grand développement de poussières très-déliées, renfermant, comme on peut le constater au microscope, une multitude de petits fragments lanugineux. Les ouvriers redoutent beaucoup cette poussière, et malgré leur incurie habituelle, ils ont soin de se couvrir la bouche avec un mouchoir tandis qu'ils se tiennent auprès des machines.

Mesures prophylactiques. Comme nous venons de le voir il y a deux sortes de dépôts de chiffons : les petits, le plus ordinairement dans le domicile des chifonniers et les grands magasins des entrepreneurs.

1" Les ])etks dépôts ont souvent lieu dans la chambre même du chiffonnier, et au milieu de débris infects. Le conseil d'hygiène de Paris ayant eu à visiter, cité d'Aulnay, une série de petites chambres présentant une porte et une fenêtre qui donnaient sur un même côté sur la cour, a demandé la ventilation de ces petites chambres au moyen d'un tuyau de vingt centimètres de diamètre, s'élevant de deux mètres au moins au-dessus du toit et placé sur le point le plus éloigné de la porte ; il a demandé en outre qu'on ne mît dans les chambres aucun débris capable de produire de la mauvaise odeur, que la cour fût pavée à chaux et ù ciment, avec ruisseau pour l'écoulement des eaux (Trébuchet, Rapp., etc., pour iSiO-SS).

Dans beaucoup de localités, on donne comme limites extrêmes de la quantité de chiffous qui doit être conservée dans ces petits dépôts, le chiffre do 50 kilogrammes, en interdisant le séjour prolongé des os. Le triage se ferait le soir même, et les os seraient emportés tous les jours en été et toutes les semaines en hiver. Du reste les chambi'cs et cabinets seront ventilés autant que possible par des tuyaux d'évcnt, comme nous venons de le dire. On exige en général, que les chiffonniers lavent leurs chiffons avant de les verser dans les magasins. Il leur est enjoint de faire cette opérât on à la rivière; autrement on doit prendre des mesures pour l'écoulement des eaux fétides qui en résulteraient. Ce lavage ne peut avoir lieu dans le ruisseau de la rue. On leur enjoint quelquefois d'arroser les chiffons infects avec de l'eau chlorurée. Enfin il leur est interdit d'introduire chez eux encore moins d'y conserver, des os garnis de chairs ou des peaux de lapins, de chats, de chiens ovi de rats, en vert.

2" Les dépots qui renferment de grandes quantités de chiffons appartiennent à la troisième classe des établissements incommodes et insalubres, ils montent dans la première classe quand il s'y joint de fortes accumulations d'os frais.

Quand ces magasins sont très-considérables, ils doivent, autant que possible, être placés hors des villes, ou du moins dans des quartiers éloignés des centres populeux, et surtout dans des localités isolées et faciles à aérer. D'après beaucoup de conseils d'hygiène, les chiffons de linge secs et les, papiers seront placés dans des caves voûtées mais munies d'une chemiuéc d'aération qui ne permet pas l'accumulation des miasmes ; cette cheminée présentant 0'", 45 au moins de section, les entraînera au-dessus du niveau des maisons voisines. Les chiffons de laine ont particulièrement attiré l'attention des hygiénistes eu raison des foyers permanents d'infection qu'ils peuvent constituer. Aussi exige-

t-on que la partie de la cave qui leur est dcsliuée soit forme'e d'uu compartiment en maçonnerie, avec un revêtement complet en plâtre, fermée d'une porte en tôle et munie d'une diemiiiéc partant du côté opposé à la piirte d'entrée et s'clevant à 3 mètres au moins au-dessus ies toits voisins.

Gomme nous l'avons dit, les dépôts d'os frais, qui appartiennent à la première classe et qui exhalent des odeurs infectes, étant habituellement joints aux dépôts de cliiffons, nous devons en parler ici. Autrefois, dit M. Trébuchet, les os étaient placés dans des toimeaux couverts ; mais les chairs corrompues s'attachaient aux parois des tonneaux, le nettoyage eu était très-difficile, et il s'en exhalait une odeur infecte. Âujourd'lmi on exige leur placement dans des sacs en forte toile, et ils sont transportés aux fabriques de noir animal dans CCS mêmes sacs faciles à nettoyer. Ils doivent être déposés dans des magasins pavés ou bitumés et ventilés ainsi que les boutiques et toutes les pièces de l'établissement. Des lotions chlorurées seront faites surtout pendant l'été et lors du chargement {Rapp. sur les trav. ducons. d'Iiyg. de la Seine, pour 18-49-58, Paris, in-l"). Dans le département du Nord où se trouvent Ijeaucoup île dépôts de ce genre, les os doivent être placés dans un lieu sec et couvert muni d'une cheminée d'appel, dépassant le niveau des murs voisins et placée autant que possible, à l'opposite des lieux habités. L'autorisation n'est donnée que pour des os de (iuisine entièrement desséchés, et dont le poids dans les maga:^ius ne doit jamais excéder 500 kilogrammes: Ils seront conservés dans des paniers à claires-voies de même forme et de mêmes dimensions pour permettre d'en apprécier facilement la quantité lors des visites. Cette condition des paniers à claires-voies vaut mieux que l'accumulaliou en tas : elle permet une aération plus lacile, et ou évite les mouvements imprimés aux os quand on les transporte on magasins {Happ. du cons. de salubr. du Nord, t. XI, 1853).

E. BËAUGI!A^D.

UiLLioGiiAPiiiE. — TiuNSON et DuBLANC. Observcitions sur quelques industries, et en particulier sur le euinincrce des chiffons dans le l'i" arrondissement de Paris. In Ann. d'Iiijg., 2" sér. , f. I, p. 59; 185i. — Takdieu. Art. Chiffonniers et Dépôts de chiffons. In Bict. d'hijg. publ., t. 1 et III. Paris, 1852-1851, in-8°. 5 vol. et 2» édit., ibid., 1862, iii-8°, 4 vol. — pAr^ENiiEw (L.l. Art. Lurnpenindustrie. In llandb. der Sanitâts-PoUzei, in-8°, t. II, p. 199. Berlin, 1859. — Schneider (S.). Sanitalspolizeiliehes Gutachten iiber die Lnmpenmayazine, mit, etc. In Deutsche Zlschr. fur Staatsarznk., t I, p. 87 ; 1809. — Un grand nombre de rapports dans les dilïérentes commissions d'hygiène de Paris et des départements; nous en avons cités plusieurs. E. Ggu.

ClllKASAUS (Les). Nation de l'Amérique du Nord {voij. Amérique, p. 018).

cuiLl. La république du Chili, située dans l'Amérique du Sud, se donne pour limites, au nord, le désert d'Atacama qui la sépare de la Bolivie, par le 2-4" degré de latitude méridionale ; à l'est, la ligne de faîte de la Cordillère des Andes qui la sépare de la République Argentine, en suivant à peu près le 72" degré de longitude occidentale ; à l'ouest, l'Océan pacifique et au sud le cap Horn par 55" 55' de latitude. Elle s'attribue la possession de toutes les îles situées sur la côte occidentale de Patagonie et de l'archipel de la Terre de Feu. A ce compte, sa longueur ne comprend pas moins de 52" à 33° en latitude, et sa superficie serait de 54i5,458 kiloraèlres carrés.

Nous n'avons aucune raison de contredire ces prétentions. Mais la description des possessions qu'on pourrait appeler coloniales, si elles avaient des colons,

DICT. E.NC. XVI. 3

ayant été faite à l'article Magellaniques (Terres ou contrées), t. HT, 2'' partie, nous n'avons plus à nous occuper que du territoire beaucoup plus modeste en étendue, connu de tout le monde sous le nom de Chili, ou Chilé comme l'appellent ses habitants.

Topographie. Celui-ci s'étend sur 'le revers occidental des Andes entre les 21)" et 44^ degrés de latitude australe, en y comprenant l'île de Chiloé, grande, fertile et exploitée par la famille hispano-américaine. La largeur du Chili varie de 20 à 70 lieues, sa longueur est de 500 lieues communes et sa superficie de 13,436. Son aspect est celui d'un parallélograme divisé obliquement par des groupes de hautes montagnes, et par des vallées profondes qui vont s'étageant comme les gradins d'un amphithéâtre, depuis les bordsde l'Océan jusqu'à l'arête de la Cordillère. Ces groupes de montagnes ne sont que des chaînons longitudinaux détachés de celles-ci et coupés de distance en distance par des défilés donnant écoulement aux nombreuses rivières qui vont se jeter à l'Océan après un cours très-sinueux. L'un de ces chaînons qui longe de très-près le rivage du Pacifique est séparé de son parallèle par une très-large vallée qui mérite plutôt le nom de plaine. C'est la partie la plus riche et la plus peuplée du pays.

Ce que nous venons de dire suffit à montrer que le Chili est un pays très-montagneux. LB&Cumbres (nom générique sous lequel on désigne les cimes principales, tandis qu'on réserve celui de Sierras aux échelons inférieurs delà Cordillère), les cumbres, dis-je, renferment les plus hauts pics des Andes, tels que le Tupungato (6,710 mètres) etl'Aconcagua (6,894 mètres); de sorte que le Chimborazo, en Nouvelle-Grenade, ne doit plus être considéré comme le géant des montagnes du nouveau monde. Vingt volcans rangés à la file jalonnent la frontière du Chili ; aussi est-ce l'un des pays du monde les plus éprouvés pai' les éruptions et par les tremblements déterre. Il ne se passe pas d'années sans qu'un ou plusieurs de ceux-ci ne se fassent sentir. Les temblores ou simples secousses sont plus fréquentes encore. Les principales villes ont été plusieurs fois détruites, soit en totalité, soit en partie, par les terribles convulsions souterraines qui entrouvrent le sol, le relèvent ou l'abaissent de plusieurs mètres sur une étendue plus ou moins considérable, et quelquefois définitive comme il est arrivé pour la côte du Chili, depuis TaWirm jusqu'à Valparaiso, dans une étendue déplus de 200 lieues, en 1822, 1855 et 1857.

Nous savons déjà que le pays est arrosé par un très-grand nombre de fleuveset de rivières. Il renferme aussi plusieurs lacs d'eau douce et d'eau salée. Ceux-ci sont situés, au nord, dans.les terrains marécageux de la 2one chaude, entre les^ 35° 50' et 54° 50' de latitude, et les autres au contraire au sud, dans la zone la plus fraîche et la plus arrosée, le territoire des Araucans, qu'on a nommé la Suisse américaine. Ce territoire qui s'étend de la rive gauche du Bio-Bio sous le 57* degré de latitude jusqu'au golfe d'Ancud, à l'extrémité du Chili continental, est plus favorisé de la nature que tout le reste du pays. La chaîne des Andes y revêt des caractères nouveaux et beaucoup plus riants. Elle est plus étroite, moins élevée et coupée de vallées plus nombreuses et à pentes plus adoucies. D'épaisses forêtJ dont la croissance est favorisée par l'humidité du climat, y couvrent ses roches jusque-là dépouillées de végétation. De très-nombreux ruisseaux y descendent des régions supérieures et vont former, dans la plaine étagéc, des étangs et de véritables lacs. Les plus remarquables sont ceux qui avoisinent le golfe d'Ancud ou de Chiloc. Si des bords de ce golfe on s'élève à l'Est, vers l'intérieur', on voit s'étager les trois grands lacsdcLlanquihue, de Todos-los-Santos et de Nahuehuapi.

Une colonie allemande s'est établie, sous les auspices du gouvernement chilien, sur les bords du premier. Le deuxième, séparé du précédent par le volcan d'Osorno, reçoit les eaux du Rio-Puella qui descend des glaciers du Tronador, haute montagne aux cimes couvertes de neiges éternelles et qui doit son nom au bruit produit par les avalanches qui se détachent de ses flancs glacés. Ce pic occupe le point central de la chaîne des Andes. En outre du tribut qu'il fournit au lac de Tous-les-Saints, il envoie une autre rivière vers le Nahuehuapi situé plus à l'Est, lac immense dont la connaissance est encore imparfaite et qui donne probablement naissance au Rio-Negro, de Patagonie, lequel va se jeter dans l'océan Atlantique. Tous ces lacs, propres à la navigation, offrent des anses et des ports que le commerce pourra utiliser plus tard. Mais, avantage plus précieux encore, ils forment par eux-mêmes et par les rivières qui en dépendent, un système de communication mi-partie terrestre et fluviatile, qui permet d'entrevoir un nouvel et plus facile passage de l'un à l'autre côté des Andes. La distance entre le Port- Montt, sur le golfe d'Aiicud, et le Nahuelhuapi n'est que de 57 lieues qui se font en grande partie par eau, sur les lacs et rivières inteimédiaires.

Géologie. D'après Pissis {Geologia de Chile), les Andes chiléennes « offrent les trois grandes classes de roches que l'on rencontre dans la nature. Les formations endogènes y sont représentées par les matières volcaniques, les trachytes, les syénites et les granités ; les formations exogènes par différents conglomérats, des grès, des argiles et des calcaires; enfin la série métamorphique par les porphyres stratifiés, les plâtres et un très-grand nombre d'autres roches plus on moins modifiées. La superficie de toutes ces roches s'altèi'e lentement au conlact de l'atmosphère. Les parties anguleuses s'émoussent les premières et la décomposition continuant de la circonférence au centre, produit une série de couches fendillées, concentriques, qui s'écaillent et forment la terre argileuse qui couvre presque partout les roches d'origine volcanique et les porphyres si conmiuns dans les Andes.

C'est ainsi que Pissis explique la formation de cette terre argileuse et saline qui abonde dans les Cordillères, et donne la poussière si fine et si désagréable qui se lève sous les pieds des mules et enveloppe les voyageurs d'épais nuages, même en l'absence complète de vent. Son extrême ténuité la fait ressembler à de la cendre et son goût est salin.

Les roche- métamorphiques occupent la majeure partiedu relief des Andes. « Elles pourraient èlve classées, dit Pissis, dans les roches porphyriques relativement à leur ensemble. Mais leurs caractères varient à l'infini, et offrent toutes les transitions depuis les grès feldspathiques jusqu'aux porphyres les mieux caractérisés. Les couches les moins altérées, celles qui conservent encore quelques signes de leur structure primitive, présentent des conglomérats formés de gros fragments de i-oches roulées, unies par une argile durcie, ou des grès verts composés de petits grains de feldspath liés entre eux par une pâte de cqjMeur obscure. Ces roches examinées dans une grande étendue changent souvent de caractère ; les grains feldspathiques se réunissent en petits groupes où se montrent des indices de la forme cristalline. Une matière brune homogène remplit les intervalles qu'ils laissent entre eux, et la roche <e transforme enfin en un porphyre pétro-siliceux. Les bancs composés de fragments roulés éprouvent des changements analogues et se transforment en poudingues à base porphyrique. Ces changements s'observent surtout dans le voisinage des roches syénitiques. ^)

C'est aussi là, au contact de la syénite, qu'on rencontre des cristaux d'épidote,

(le carbonate de cuivre et des agates de la plus belle teiute, de la chaux spathique et du quartz hyalin. Les calcaires anciens fossilifères se montrent çà et là dans les Andes jusque sur les plus grandes hauteurs. C'est ainsi que Martin de Jloussy a vu des ammonites recueillies sur les plateaux de la Cordillère de Copiapo. Aux environs du Tupungato, on a trouvé des gryphées caractéristiques du terrain urassique ancien. Dar\vin qui a traversé la Cordillère au passage du Portilio et à celui de la Cumbre, et qui en a donné deux coupes géologiques, dit qu'on rencontre dans la chaîne la plus occidentale, celle de Piuquenes des schistes argilocalcaires noirs qui renferment des coquilles appartenant aux genres Gryphcea, Turritella, Terebratitla et Ammonites. Ces roches sont probablement, selon lui, du même âge que les parties centrales de la série secondaire de l'Europe. Elles sont pénétrées et altérées par des dykes et par des masses énormes d'une certaine roche plutonique qui a la texture du granit ordinaire, bien qu'elle ne renferme du ([uartz que rarement, car elle est surtout composée d'albite et d'amphibole. Ou a tout lieu de supposer, selon hii, que cette roche est d'une date postérieure à celle de certaines formations tertiaires.

Étant donnée la constitution minéralogique du massif des Andes, il est facile de se faire une idée de la composition du sol des vallées qui n'est qu'un produit d'éboulement et de désagrégation des mêmes roches, et d'alluvions des rivières. Le Chili est riche en mines. On y extrait de l'or, de l'argent ; surtout du cuivre et de la houille. Le lapis-lazuli, le cristal de roche, le plomb, le nickel et le cobalt donnent lieu à un commerce de beaucoup moindre importance. Nous n'eniprunterons à la statistique chilienne que quelques chiffres pour fixer les idées sur cette branche de la richesse publique. En 1865, toutes les mines réunies employaient !io,74D mineurs et on comptait 547 hauts fourneaux rien que pour le traitement du minerai de cuivre.

Climat. Pour qui sait l'influence qu'exercent sur le climat d'un pays, indépendamment delà latitude, sa configuration, son orientation, le voisinage de la mer et des montagnes, la hauteur de celles-ci, l'altitude et l'orientation des vallées, la présence ou l'absence des lacs et des lagunes, etc., il suffit de jeter un coup d'œil sur une cai'te un peu détaillée du Chili pour reconnaître qu'il réunit tous les climats. Ce serait une tâche immense et peut-être iiTéalisable aujourd'hui que de réunir tous les climats p;irtiels, mais on peut du moins établir quelques grandes divisions qui serviront à les grouper, et dont les limites seront tracées par les conditions de latitude et d'altitude. Nous aui"ons ainsi le climat du nord, celui du sud et le climat des montagnes. Disons tout d'abord que le nord du pays est chaud jusque vers la latitude de Conception (56° lat. S.) ; et que le sud est tempéré et variable. A Santiago, capitale et centre de la République, les mois les plus chauds qui sont ceux de décembre, janvier, février, donnent une moyeniie de -t- 27» C. Les mois les plus froids (juin, juillet, août) ont une moyenne de H- 12", 5 C. En général, dans les provinces du centre, les chaleurs de l'été commencent en novembre et finissent en mai, elles sont tempérées par les vents du sud et le thermomètre flotte entre + 25 et 28» C. Rarement, il s'élève à -+- 50". De juin à octobre, règne la saison fraîche dont la moyenne est de IS" à 14"^. Les mois d'août, septembre et octobre sont ceux qui offrent la température la plu> agréable et la plus salutaire. La sécheresse est le seul inconvénient de ce beau climat; mais une abondante rosée y supplée aux pluies. De novembre en nlar^ on ne voit pas un nuage au ciel depuis la frontière septentrionale jusqu'à Conception sous le 36'^ degré, c'est-à-dire dans une zone de 500 lieues en longueur.

La piuic, la gièle, la neige et les orages sont renfermes dans la région des montagnes. C'est snrtout an nord qn'on épronve les effets de la sécheresse. Le désert d'Atacama ne reçoit pas nne goutte d'eau du ciel ni un ruisseau des arides plateaux qui le dominent, de sorte que la population n'y pourrait subsister.

Le climat du littoral offre quelque différence avec celui de l'intérieur ; les ardeurs de l'été y sont tempérées par les échanges quotidiens des brises de terre et de mer et par le courant froid de Humboldt qui remonte du sud au nord, tout le long du rivage. D'ailleurs, nous allons laisser la parole à M. Duplouy qui, ayant stationné c[uclque temps dans le port de Valparaiso, en a décrit ainsi les conditions climatériques.

« Deux saisons s'observent à Valparaiso, comme sur toute la côte du Pacifique ; sans doute elles ne se succèdent point brusquement et sont séparées par des périodes intermédiaires, qui correspondent au printemps et à l'automne de nos climats ; mais ces périodes sont trop peu tranchées pour être regardées comme des saisons propremeat dites.

« Uété ou verano dure de la fin de novembre au commencement de mai. Quelques brises du nord se font sentir au commencement et à la fin de cette saison ; mais les vents dominants sont ceux de la partie du sud, qui commencent à se manifester après 11 heures du matin, rarement avant, et cessent généralement de souffler vers 5 ou 6 heures du soir. Il n'est pas rare toutefois de les voir régner jusqu'à 9 ou 10 heures du soir, avec de violentes rafales, surtout quand ils se sont levés un peu tard.

« Il pleut très-rarement en été; la chaleur est souvent excessive pendant le jour ; mais les nuits sout ordinaiicment fraîches.

« L'hiver, ou invierno, comprend les mois de mai, juin, juillet et août ; c'est la saison des pluies et des vents du nord ; les mois de septembre et d'octobre forment une sorte de printemps, une saison de transition pendant laquelle on observe peu de pluies, des calmes fréquents et des vents très- variables, tantôt du nord au nord-est, faibles ; tantôt de fraîches brises de la partie du sud.

« Le tableau qui suit indique les moyennes météorologiques déduites des observations recueillies à la Bourse commerciale de Valparaiso, et de celles prises à bord de la Constantine pendant un séjour de huit mois environ sur rade. Les données qu'il présente sont loin d'être rigoureuses ; elles ont été recueillies à la Bourse, avec peu de méthode, depuis le 1" juillet 1855, et personne jusqu'ici ne s'était pi-éoccupé d'en tirer les moyennes. Elles peuvent néanmoins servira donner une idée assez exacte du climat de Valparaiso. Les relevés météorologiques présentent, pour l'année, les chiffres suivants : (voir le tableau p. ci-contre).

Le climat des montagnes et des vallées des Andes est en raison directe de l'altitude autant que de la latitude; mais celle-ci trace une limite bien tranchée entre le nord et le sud sous le trente-sixième degré, ainsi que je l'ai déjà dit. Au sud du trente-sixième degré, les Andes reçoivent beaucoup plus de neige que vers le nord. Cette circonstance amène un changement complet dans le climat, lequel, à partir de ce point, est d'autant plus humide qu'on avance davantage vers le sud. Les pluies et les brouillards y entretiennent une humidité abondante qui favorise une vigoureuse végétation, aussi bien dans la plaine que sur les versants des montagnes. C'est le territoire des Araucans. La limite des neiges perpétuelles va s'abaissant progressivement du nord au sud jusqu'à 3,000 mètres d'altitude. Si nous remontons au contraire du trente-sixième degré, point de partage du climat de la république, vers la frontière septentrionale, nous trouverons les

MOYENNES MÉTÉOROLOGIQUES RECUEILLIES A VALPARAISO (du 1" juillet 1855 au 1" septembre 1860).

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