CHRYSANTHÈME
comme des amandes pendant la durée de la cérémonie et paraissait les trouver '^Kt bonnes {voy. Chenilles, Insectes et Lépidoptères). A. Labouldène.
CHRTSAMMIQL^E (Acide). C'*H-(AzO*)*0*. Ce composé est un des [!roduits de l'action de l'acide azotique sur l'aloës. Pour l'obtenir sans qu'il soit mélangé à d'autres acides {abétique, aloérésinique), ou du moins qu'il s'y trouve en quantité très-prépondérante, on chauffe au bain-niaric, 8 kil. d'acide azotique à 56" Baume et un kil. d'aloës en morceaux. Quand la réaction est calmée, on ajoute encore un kil. d'acide azotique et l'on continue à chauffer, tant qu'il y a dégagement de gaz; le liquide est versé dans l'eau; l'acide se sépare en flocons qu'on lave par décantation. On obtient ainsi 40 à 50 grammes d'acide chrysammique sous la forme de paillettes brillantes d'un beau jaune doré.
Cet acide est très-peu soluble dans l'eau froide qu'il colore en pourpre, facilement soluble dans l'alcool et l'éther. Il fait explosion par la chaleur. Les sulfures alcalins en présence de la potasse le transforment en un corps bleu cristallisable {hydrochn/mmide) . L'ammoniaque le dédouble en deux amides ; la chnjsamide, C^*H"^(AzO*)^AzO- et Yacide chrysamidique. C'*H'(AzO*)*AzO*.
Les chrysammates sont peu solubles, à reflet doré verdàtre et détonent par la chaleur. Quelques-uns cristallisent facilement (Schunck. Ami. der Chem. u. Pliarm., XXXIX, i ; LXV, 235. Laurent. Comptes rendus des travaux de c/itwie, 1850, p. 165). M.
CHRTSAKILIQUE (Acide). Un des produits de l'action de la potasse sur l'indigo. ,li olution de cet acide dans la potasse est d'un jaune d'or; étaut saturée par un acide, elle laisse déposer une substance amorphe rouge sale bleuâtre, peu soluble dans l'eau, et assez soluble dans l'alcool ; saliiiée par l'oxyde de plomb ou par l'oxyde de zinc, cette substance donne naissance à des sels rouges. L'acide chrysanilique, traité par les acides, passe à l'état d'acide antliranilique [acide phénylcarbamique) . La composition de l'acide chrysanilique n'a pas été déterminée, car l'état amorphe de cette substance exclut toute garantie de pureté. Quelques chimistes pensent même que ce prétendu acide est un mélange d'isatine et d'indigo blanc (Gerhardt, Traité de chimie organique, t. m, p. 521. Fritzsche, AnnaL der Chem. u. Pharm., t. XXXIX, p. 83, 1841).
cnRYSA\'lSIQlJE (Acide). C'*H5(AzO*)''0^ Produit de l'action de l'acide azotique fumant sur l'acide nitranisique bien sec. Cet acide cristallise en petites lames rhomboïdales jaune d'or, solubles dans l'éther, surtout à chaud. Chauffé doucement, il fond et dégage ensuite des vapeurs jaunes qui se subliment. Traité par l'acide azotique il passe à l'état d'acide phénique; distillé avec du chlorure de chaux, il donne de la chloropicrine.
L'acide chrysanisique est isomère du phénate de méthyle trinitré (Cahours. Annal, de chim. et de phys., o* série, t. XXVII, p. 454). M.
cnRYSAXTHÈ.UE. Chrysanlliemum, L. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Composées et à' la division des Radiées-Sénécionidées. Les espèces de ce genre, tel que les botanistes l'ont actuellement délimité, présentent les caractères suivants : Elles ont une involucre hémisphérique, ou
DICT. ENC. XVn. 12
178 CURYSIPPE.
évasé, presque plane, dont les folioles sont imbriquées les unes sur les autresj. Les fleurs sont placées sur un réceptacle nu. Celles du disque sont hermaphrodites, tubuleuscs, marquées de cinq dents au sommet ; celles de la circonférence sont femelles, étalées en languettes et rayonnantes. Les akènes sont obconiques, marquées régulièrement de côtes sur les deux faces, sans aigrette, tantôt cou-^ ronnées d'une membrane ou d'un rebord, tantôt sans rebord. Le l'éceptacle est convexe à la maturité des fruits.
Diverses espèces de Chrysanthèmes sont des plantes d'ornement cultivées par les horticulteurs. Les seules qui aient eu quelque intérêt médical sont : ; Le Chrysanthemum Leucanthemum, L., nommé vulgairement Margiieritey. Grande Marguerite, qui fleurit de juin à septembre dans nos prairies et dans nos champs. C'est une espèce de 30 à 60 centimètres de haut, dont les feuilles inférieures sont ovales, spatulées, atténuées en pétioles, les supérieures sessiles,i oblongues, linéaires. Les capitules sont grands, à ligules blanches, entourant un disque jaune. Pans l'Archipel grec, on le mange cru, à l'ét-at jeune (Belon). En. Sibérie, au voisinage du lac Baikal, on l'administre contre la leucorrhée. ^ Le Chrysanthemum segetum, L., qui vient dans le midi de la France, aux. bords des chemins et dans les champs cultivés, est vulnéraire.
Le Chrysanthemum osiniciim, L., qu on cultive dans les jardins, et qui est originaire de la Chine, est employé dans ce pays contre les ophthalmies ; oïu expose les yeux malades à la vapeur de sa décoction.
Linné. Gênera, 966. Species plantarum, 1251.— De Candoii.e. Flore française, 3204.-^ Endlicher. Gênera plantarum. — Grenier et Godron. Flore de France. — Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II, 271. — Delon. Singularités, 60. — Rehmanx. Nouveau- Journal de médecine, V, 208. Pt.
CHRYSÉI^E. C^^H'^ On obtient ce corps à l'état de pureté en faisant passer de la benzine à travers un tube chauffé au rouge et en distillant les produits de cette réaction. Ce qui distille au-dessus de 560" est du chrysène que l'on purifi& par plusieurs dissolutions successives dans l'alcool.
Le chrysène est un corps à peine jaunâtre, insipide, inodore, insoluble dans l'eau et dans l'alcool froid, et très-peu soluhle dans l'éther. Quoiqu'il ait l'aspect amorphe, il n'est pas moins cristallisé, seulement ses cristaux sont microscopiques, ils affectent la forme de losanges aigus à arêtes courbes. Il fond à 200» et distille au-dessus de 360" (Berthelot). ^
D'après son mode de formation et certaines de ses réactions, le chrysène paraît être du phénylène, C^'H*, trois fois condensé (Berthelot. Comptes rendus^ de l'Académie, t. LXllI, p. 788, 834, 999, 1077 ; Ann. de chim. et de phys.,. (i« série, t. IX, p. 457). JI,
CHRYSIPPE. 11 y a eu dans l'antiquité plusieurs médecins et philosophesde ce nom ; les plus célèbres sont le philosophe stoïcien et Chrysippe de Cnide,, les autres ne nous sont guère connus que par des citations; le seul dont nous, ayons à dire quelques mots est donc :
Chrysippe de Cnide, qui florissait vers l'an 320 avant notre ère. C'est' surtout par les critiques que Galien fait de lui en maint passage que le nom de ce médecin est arrivé jusqu'à nous. Déjà pourtant, Pline nous avait appris que Chrysippe, avec son bavardage, avait beaucoup changé les doctrines des anciens, et que, plus tard, il n'avait pas été épargné lui-même (XXIX, 3). D'un autre côté
CHRYSOPHANIQUE, 179
nous savons par Galieii que Chrysippe avait voulu bannir de la thérapeutique la saignée et les purgatifs. Enfin, on voit dans Diogènc Laërce, qu'il fut maître d'Érasistrate, et que ce dernier reconnaissait devoir beaucoup à ses leçons (de vit. PliUoft., 1. Vn, Chrysippe). Quant aux liens qui pouvaient le rattacher à l'École cnidienne proprement dite, on ne sait rien de positif à cet égard ; quelques historiens le croient même de l'École pythagoricienne. Ce médecin avait beaucoup écrit sur les vertus des plantes et en particulier sur les vertus du chou, auquel il avait consacré un ouvrage spécial (Pline, XX, 50, 36).
Le fils de Chrysippe portait le même nom ; il fut au service d'un Ptolémée, qui le fit cruellement mettre à mort, sur une dénonciation calomnieuse.
E. Bgd.
CHRYSOBALAKIJS. Voy. IcAQUIER.
CHBYSOCOMA. L. Genre de plantes Dicotylédones de la famille des Composées, de la division des Radiées et de la tribu des Astéroidées, caractérisé de la manière suivante : Involucre hémisphérique à folioles imbriquées ; fleurs toutes tubuleuses, semblables entre elles, marquées de cinq dents, hermaphrodites; akènes oblongs, comprimés, dépourvus de côtes et surmontés d'une aigrette
poilue.
L'espèce de Chrysocoma, qui croît en France, est le Chrysocoma Linosyris, L., à feuilles linéaires, étroites, à fleurs jaunes, à fruits blanchâtres. Elle n'est pas employée en médecine. Aux Canaries, on se sert du Chrysocoma sericea. L. F., contre les maux de dents. On emploie particulièrement l'écorce et quelquefois le bois.
LwNÉ. Gênera, 957. — Species plantarum, IIIS. — Linné fils. Supplementum plantarum, 360. — Mébat et De Lens. Bict. de matière médicale, II, 273. Pl.
CHRYSOGÈXE. On tire cette substance de la paranaphtaline. Déposé de sa solution alcoolique bouillante, le chrysogène se présente sous la forme de trèspetites tables rhomboïdales extrêmement minces réunies entre elles à la manière du sel ammoniac. Lorsque ces lamelles sont en suspension dans un liquide, leur couleur est faiblement rosée avec des reflets d'un vert doré. (Fritzsche, Comptes rendus de VAcad., t. LIV, p. 910. Bull, de la Soc. chim., 1866, t. YI, p. 474 ; Répert. de chim. pure, t. IV, p. 269.)
Le chrysogène fond entre 280" et 290" en commençant à noircir et à se sublimer.
L'acide azotique l'attaque vivement en donnant naissance à une masse cristalline non encore examinée.
La propriété caractéi'istique de cet hydrocarbure est de communiquer une belle couleur jaune aux hydrocarbures incolores avec lesquels on le mélange en proportion très-faible, yoqô P^^' exemple.
Bien que l'on connaisse les proportions de carbone et d'hydrogène qui le composent, on n'a pas encore déterminé sa formule chimique. M.
CHRYSOHAR!Hli\E. Voy. HaRMALINE.
CBRYSOPHAIVIQIJE (Acide). C^°H'0^ {Acide rhubarbarique. Rhubarbarine. Rhéine. Rhiimicine. Rheumine. Rhaponticine. Acide rhéique. iaune de rhubarbe, Lapaihine). Cet acide est le principe colorant jaune de la racine de
180 CHRYSOPIIYLLUM.
rhubarbe, et ou le trouve aussi dans le lichen des murailles {Parmelia parietina). On le lire ordinairement de la racine de rhubarbe au moyen de l'alcool et de l'éther, ce dernier comme agent d'élimination. Cet acide se présente sous la forme d'aiguilles jaune doré, à éclat métallique, groupées en étoiles. 11 est peu soluble dans l'eau froide ; soluble surtout à chaud, dans l'alcool et l'éther. L'acide sulfurique concentré ainsi que la potasse liquide le dissolvent également en donnant des dissolutions rouges. L'acide azotique le colore en rouge sans le dissoudre.
La solution alcaline d'acide chrysophanique est rouge, avons-nous dit, mais à un certain point de concentration elle dépose des flocons bleus ou violets solubles en l'ouge dans l'eau et dans l'alcool.
Le chrysophanate de baryte et de plomb sont si peu stables que l'acide carbonique les décompose. (Rochleder et Heldt, Ann. der Chim. u. Pliarm., t. XLVllI, p. 12 ; ibid., t. L, p. 215 ; Doepping et Schlossberger, ibid., t. GVII, p. 324; Journ. fur prakt. Chem., t. LXXXIV, p. 456). M.
CHBYSOPHïLLUM. L. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Sapotées. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux qui habitent les régions intertropicales et qui se font remarquer par les caractères suivants. Leurs
fleurs sont hermaphrodites et formées d'un calice à 5 — plus rarement 6 par-
tite, à estivation imbriquée ; d'une corolle tubuleuse ou rotacée, à 5 ou 6 lobes imbriqués avant l'épanouissement de la fleur; de 5 à 6 étamines, opposées aux lobes de la corolle et insérées sur le tube. Il n'y a ni étamines stériles, ni appendices delà corolle. L'ovaire est ovoïde, pluriloculaire, surmonté d'un skie court et d'un stigmate obtus marqué d'autant de tubercules qu'il y a de lo'res à l'ovaire. Les ovules sont solitaires à l'angle interne de la loge et ascendants. Le fruit est une baie, qui, par avortement, devient uniloculaire ou tout au moins pauciloculaire, et qui contient une seule graine, ou un petit nombre de graines dures, subcomprimées, marquées d'un bile qui s'étend de la base jusqu'au milieu de la hauteur.
Les Chrysophyllum ont des feuilles alternes, entières, souvent couvertes à la face inférieure de poils soyeux, et marqués de nombreuses nervures transversales. Les fleurs sont petites, blanches ou jaunes. On en a décrit un assez "rand nombre d'espèces; une cinquantaine environ. Les seuls qui intéressent le médecin sont :
1° Le Chrijsophyllum Caïnito, L. C'est une espèce des Antilles, que la culture a transportée dans un certain nombre des régions tropicales. Elle produit des fruits comestibles. C'est un arbre à feuilles elliptiques, cuspidées, recouvertes à la face inférieure de poils jaune d'or ; les calices sont aussi tonienteux, couleur de rouille. La baie est sphérique, polysperme, large de trois pouces, d'une couleur jaune, verte ou bleue. La chair est terme, sucrée, rafraîchissante. L'amande est amère et émulsive.
D'autres espèces donnent des fruits comestibles. Citons entre autres : le Chrysophyllum oliviforme, Lain.,dontle fruit rappelle celui de l'olivier par la forme et les dimensions ; le Chrysophyllum philippinense, des Philippines, dont le fruit rappelle celui d'une grosse poire; le Chrysophyllum macrophyllum, Lam., dont les fruits ont une couleur jauue d'œuf; le Chrysophyllum Macoucou, Aubl., dont on mange les fruits à Cayenne.
2» Le Chrijsophyllum ylycyphlœum, Casar, plante du Brésil, à feuilles pé-
CIIUQUIRAGA. 181-
tiolées oblongues, vertes et brillantes en dessus, ternes en dessous. Le fruit est ellipsoule et glabre. C'est une espèce très-utile, dont le fruit est comestible, le bois employé dans les pays d'origine, et dont l'écorce arrive dans nos droguiers sous le nom d'écorce de Monésia, de Guaranhem ou Buranhem. Cette écorce est en morceaux plats, épais de 4 à 6 millimètres, sans couche subéreuse ou herbacée. Elle est formée presque exclusivement d'un liber brun, dur, compacte, d'une odeur peu marquée, d'une saveur très-douce, avec un arrière-goût astringent et amer. Elle contient de la Glycyrrhizine, du tannin et une matière acre, qu'on a nommée Monésine, mais qui paraît n'être autre chose que de la Saponine.
LiNNÉE. Gênera, 2C3. — Jacquin. Plantée americanœ, p. 51. — Gœrtser. De fructibu» et seminibus, II, p. "120, t. 201. — Humboldt et Bonpland. Nova Gênera americana. — TtssAC. Flore des Antilles, III, lab. 9. — Guibourt. Drogues simples, II, 6° éd., 589. — G. Plancho». Traité pratique de la détermination des drogues simples, II, 52. Pl.
cnRYSORHAi^llMll^E. C*WO*' ? Substance colorante contenue dans le nerprun des teinturiers {fruits des rhamnus, amygdalimis, oleoïdes, saxatilis), employée sous le nom de graine de Perse comme couleur jaune. On l'extrait par infusion dans l'éther des baies n'ayant pas atteint leur maturité complète.
La chrysorhamnine se présente en masses étoilées brillantes, formées d'aiguilles courtes, soyeuses, d'un beau jaune d'or et dépourvues de toute réaction. Elle est à peine soluble dans l'eau ; l'alcool ne la dissout qu'en l'altérant. Son véritable dissolvant est l'éther. La formule déduite de son analyse n'est pas encore définitivement acceptée. (R. Kane, Ann. de chim. et de phys., Z^ série» t. VIII, p. 380.) M.
CHVSOSPLEKIURI. Voy. DoniNS.
CHIJETTAS (Les). Voy. Baléares.
CHULAIV. Nom donné à une sorte de thé vert, aromatisé par les fleurs de VOlea fragrans, L. (Voy. Thé).
cni'PERl. Hernandez désigne sous ce nom un arbrisseau du Mexique, qu'il dit être employé dans le pays pour calmer les douleurs provenant de maladies vénériennes, pour guérir les affections nerveuses, et plusieurs maladies rebelles et pernicieuses. La plante a une grosse et longue racine, blanchâtre à l'extérieur, rougeâtre en dedans, d'où s'élèvent de nombreux rameaux, cylindriques, minces, lisses, portant des feuilles qui rappellent celles de l'oranger. Les fleurs sont jaunes et en étoile.
Heiisawiez. lierum medicarum Novce Hispaniœ Thésaurus, p. 120. Pl.
CllSJQL'lRAGA, Jussieu. Genre de Dicotylédones appartenant à la famille des Synanthérées, à la division des Labiatiflores et à la tribu des Mutisiacées. Ces plantes sont de petits arbrisseaux, divisés dès la base en rameaux couverts de feuilles alternes, sessiles, serrées les unes contre les autres. Les fleurs sont en capitules solitaires, terminaux; l'involucre est composé d'un grand nombre de folioles, imbriquées les unes sur les autres ; le réceptacle est plane ; les fleurs sont tubuleuses, plus courtes que l'involucre, divisées en 5 dents égales. Les étamines sont plus courtes que la corolle et formés de filets courts et de 5 larges.
182 CHYNLEN.
anthères réunies eu un tube cylindrique terminés au sommet par 5 dents. Les akènes sont tronquées au sommet et couronnées par une aigrette sessile de poils plumeux.
II n'existe que trois espèces de Chicuragua, dont l'une a été apportée du Pérou, par Joseph de Jussieu. C'est le Chuquiraga insignis, qu'on emploie dans son pays d'origine contre les fièvres.
Jussieu. Gênera, il8. — IIcmboldt et Bonpland. Plantœ œqtdnoctiales, I, 151, tab. 43. — Lamaeck. Illustrations des genres. In Encyclopédie, tab. 691. Pt.
cnURRL'S. Nom indien de la matière résineuse du cannabis saliva {voy. Cannabène, CA^'NABI^•E et Chanvue). D.
cnUTWK ou CHf riV5;i\. On a donné ce nom à une écorce amère, qui est
employée comme fébrifuge par les habitants du Bengale. On l'utilise aussi contre
le rhumatisme chronique. Elle provient d'un grand arbre du pays, qui n'est pas
suffisamment déterminé.
Wébat et De Lens. Dict. des matières méd.,U, 275. — Transact. oftlie Médical Society of
Calcutta, III. Append. 430. Pt.
CHYLE (de;:^y>ôç, suc). Voyez Digestion et Lymphatique (système). D.
CHYLIFIsRES (Vaisseaux). Ou donne le nom de chylifères ou lactés aux vaisseaux lymphatiques qui viennent de l'intestin grêle, où ils ont pour fonction d'absorber le chyle. Leur disposition a été décrite en détail à l'article Lymphatique (système), p. 420. D.
CHYJLURIE (de x^ilô;, SUC et oupov, urine). État de l'urine dans lequel ce liquide contient en émulsion des matières grasses qui ont l'apparence du chyle {voy. Urine). D.
CRYME (de x^/xôç, suc), La signification grecque de yjjuô; s'applique plus spécialement au suc provenant des viandes, tandis que celle de yjjlô; (chile), s'applique surtout au suc provenant des plantes. Cette distinction disparaît dans la langue médicale. Le chyme est la matière demi-liquide, homogène, mais de composition complexe, qu'on rencontre dans l'estomac quand la digestion stomacale est avancée {voy. Digestioin). D,
COY^XE\ (Racine de). On désigne sous le nom de racine de Chynlen une substance, qui vient de la Chine, de la Cochinchine et des Indes orientales et qui a porté dans les droguiers des noms très-variés : Racine choulin, choidine, chuline. Bouline, racine jaune, racine amère de la Chine, racine de mungo, racine de mangouste, racine de mahmiram ou de memirem, mishmee tree des Anglais.
Cette racine est de la grosseur d'une petite plume, longue de 25 millimètres environ, tortueuse. Sa couleur est d'un jaune obscur. Elle colore la salive en jaune safrané, a une saveur très-amère et n'a pas d'odeur marquée. Elle donne avec l'eai ■ n infusé jaune, amer, qui rougit par le sulfate de fer. Elle est formée d'une espi e de souche, un peu renOée, cannelée ou ondulée, munie de courtes
'Jointes épineuses, rétrécie brusquement à la partie inférieure, surmontée vers le haut d'une petite touffe de pétioles appartenant aux feuilles radicales.
D'autres échantillons sont plus gros, d'une couleur moins foncée, mais présentent d'ailleurs des caractères tout à fait semblables. On a beaucoup hésité dans la détermination de l'origine botanique de la racine de Cliynlen. Guibourt l'avait attribuée, après discussion sérieuse, à une plante de la famille des Apocynées, ïOphjjoxiloïi serpentinum, L. (Voy. Ophyoxvlon).
Mais Pei-eira a montré que la racine devait provenir d'une Renonculacée, du "eme Coptis, et la plupart des auteurs admettent à présent avec lui que le Coptis Teeta, Wall., est la plante qui donne notre racine de Chynlen. (Voy.
€0PTI>).
' GciDocRT. Drogues simples, 4» édition, II, p. 526. — PEnEinA. Materia medica, k" édit., II part. 2°, p. 19't et PharmnceiUical Journal, janvier 1862.— Wallich. Notes on ihe Drugs called Mishme Teeta and Pucha Pat. In Transaction of ihe Médical and Phrjsical Society ■of Calcutta, III, part. 1, p. 85. Pl.
CHYPRE (Géographie médicale). L'île de Chypre est, après la Sicile et la Sardaigne, la plus grande île de la Méditerranée ; elle a, d'après Unger, dans sa plus grande longueur, de Paphos au cap Saint-André 30,27 milles géographiques, et dans sa plus grande largeur, du cap Cormachiti au cap délie gatte, 12,8 milles géographiques; sa superficie est sensiblement égale à 175 milles géographiques carrés (9,496 kil. carrés). Il est digne de remarque que ces mesures sont à peu près celles qui avaient déjà été indiquées par Strabon. Elle est située entre 54» 35' 30" et 55" 41 '18" de latitude N., et 29» 55' 32" et 52" 15' 58" E. de Paris, dans le golfe formé par la mer Méditerranée entre la Syrie et l'Asie mineure, à une distance moyenne de 10 à 12 milles de la terre ferme. L'extrême irrégularité de son littoral, hérissé de caps et de dentelures lui avait fait assigner par les anciens la qualification de -/.ipàaT/i;, l'île cornue. La grande prédominance de sa longueur sur sa largeur tient à la présence d'un long prolongement situé au N.-E, et formant la presqu'île de Carpas.
Orographie, hypsométrie. Cette île, dans son ensemble, figure, par le relief de sa surface, une plaine relativement assez large, entre deux chaînes de montagnes, situées l'une au nord, l'autre au sud. Cette disposition, qui amène de la variété et de la richesse dans l'aspect du paysage, contribue aussi notablement à la diversification des conditions climatologiques, et, en résumé, à un certain adoucissement des influences météorologiques extrêmes, et par là, à la fertilité si justement vantée du sol de celte terre privilégiée.
Les deux chaînes de montagnes, qui sont, dans leur direction moyenne, presque parallèles, diffèrent par leur aspect général, par l'agencement de leurs chaînons, et surtout par leur composition géologique. La plus importante est celle du sud ; on la connaît sous la dénomination de chaîne du mont Olympe ou du Troodos. Elle occupe une grande portion de la région intérieure. Sa direction moyenne est par 0. 15» N.-E. 15» S.; ses derniers contre-forts s'étendent jusqu'à la côte occidentale de l'ilè, ils sont à peine séparés des premières hauteurs qui font partie du petit cordon montueux orienté par N. 30» 0., et formant le relief Au promontoire d'Acamante qui se termine par la pointe de Saint-Épiphane. Les monts acamantides peuvent être regardés comme une dépendance des premiers. La chaîne des monts Olympes a environ 25 lieues de longueur; elle est composée d'une série de massifs à pentes douces, au profil ordinairement ondulé, sans décliirures profondes, tandis qu'on en rencontre au contraire beaucoup
ièk
dans la chaîne septentrionale. En somme, elle est plus élevée que celle-ci, hieu que son point culminant, le Troodos (mont Olympe) n'ait que '2,007 mètres de hauteur. A l'ouest du Troodos, il n'y a guère à citer que le pic du Kicco, dont le monastère est déjà à 1,160 mètres ; dans la même chaîne, à l'est de l'Olympe, on rencontre successivement la cime de l'Adelphe (1,G59 mètres), du Mâchera (1,441 mètres) et de Stavro- Vouai ou Sainte-Croix (700 mètres). Au sud de cette région montagneuse, s'étale une longue bande de terrains de formation plus récente. Au nord, s'étend la série de plaines successives, qui se relient d'un bassin à l'auti'e à peu près sans accidents de terrain, et occupent ainsi, sans interruption, toute la largeur de l'île. Cette partie du pays est tellement basse, que les deux rives, orientale et occidentale, sont sans cesse envahies par l'eau ; il en résulte la formation de grands espaces humides ou marécageux, qui la rendent tout à fait malsaine. Son insalubrité n'a d'égale que sa fécondité, augmentée tous les jours par les petites couches de limon incessamment déposées.
Au delà de celte plaine commence la chaîne du nord, dite des monts Cérines, d'un aspect tout différent de celui que nous a offert le système du Troodos. Du côté de la mer comme au sud, les monts Cérines présentent des pentes rapides, souvent abruptes et hérissées d'escarpements ; les flancs en sont fréquemment dénudés par suite des glissements de terrain, facilités par leur forte inclinaison. Us s'étendent sur un espace de 25 lieues environ du cap Cormachiti aux environs de Gomi; à partir de ce point, ils se continuent avec une longue série de chaînons, d'une altitude médiocre, orientés par E. 30" N., et parcourant l'axe de la péninsule carpasique. Différente de la précédente par son orientation, cette chaîne s'en distingue aussi par sa composition géologique, et probablement aussi par l'époque de son soulèvement. En moyenne, ces montagnes sont moins hautes que celles du sud ; on y remarque néanmoins quelques points assez élevés,