CIRILLO
particiilièremeut occupé de botanique, goût qui semble avoir été héréditaire dans celte famille. On a de lui un ouvrage intitulé : De plantarum et anima- Hum proprietale. Roma;, 1590, in-S".
Cirillo (NiccoLo). Né à Grumo, près de Naples, en 1C71. Élève de Tozzi, il succéda à son maître, en 1 705, dans la chaire de philosophie et de médecine, mais il l'abandonna pour celle de physique à l'Université de iXaples; enfin, en 1717, il fut nommé premier professeur de médecine, position qu'il occupa jusqu'à l'époque de sa mort, arrivée en 1734. Sa renommée s'était tellement répandue hors des limites de son pays, que l'Université de Turin lui fit des offres trèsavantageuses pour l'attirer dans son sein, offres qu'il refusa généreusement. Il avait, en 1718, obtenu l'insigne honneur d'être admis comme membre de la célèbre Société royale de Londres, sous la présidence du grand Newton. Dans les notes de son édition d'Ettmuller, qui, par parenthèse, lui suscitèrent une polémique assez vive avec le fils du célèbre professeur de Leipsick, il se déclare ennemi de la polypharmacie, et vante beaucoup la simplicité dans le traitement des maladies ; il était surtout très-partisan de l'usage de l'eau froide, il a même écrit un livre sur ce sujet. Enfin, dans son amour pour la botanique, il avait fondé dans sa propre demeure un jardin botanique qui l'emportait sur tous les autres de Naples. On cite de lui :
I. Mich. EUinulcvi opcra omnia in V Tomos distribula ; edit. Noviss., Lugdim^nsi locuphlior, etc. acccus. notce, consilia, dissertationes Nie. ùjrilli. Neapoli, 1728, in-fol. — II. De rcclo fncjidœ in fcbribus ttsu. In Pkiloph. Transact., t. XXXVI, p. 142; 1729.
E. Bgd.
Cirillo (DoMESico) était de la môme famille que le précédent ; il naquit, en 1754 (en 17")9, suivant Renzi), à Grumo, dans la terre de Labour. Son goût l'entraîna de bonne heure vers l'étude des sciences et particulièrement de la médecine. Il était encore très-jeune quand il obtint au concours la chaire de botanique que la mort de Pedillo avait laissé vacante. Un peu plus tard, ayant accompagné en Finance lady Walpole, il se lia avec les savants les plus illustres que possédât alors Paris, le physicien Nollet, Buffon, d'Alembcrt et surtout Diderot. Étant ensuite allé à Londres, il suivit les leçons de Guillaume Ilunter et comme son parent dont nous venons de retracer la biographie, il fut agrégea la Société royale de Londres. Cirillo étant revenu à Naples, passa successivement p; r les chaires de médecine pratique et de médecine théorique, puis l'Académie des sciences et belles-lettres de Naples se l'adjoignit en qualité de pensionnaire ( 1 799). Cirillo se livrait avec un zèle soutenu aux recherches scientifiques et aux soins de sa profession quand les grands mouvements politiques qui bouleversèrent l'Euiope à la fin du siècle dernier, vinrent l'arracher à ses paisibles occupations pour le jeter dans l'arène sanglante des révolutions. Championnet entré à Naples le 23 janvier 1 799 y avait établi la République parthénopéenne. Cirillo dont la réputation était alors à son apogée, fut nommée membre de la Commission législative, dont il devint bientôt le président. Ses elforls pour l'apaisement des partis et le bonheur de son pays allaient être couronnés de succès quand la retraite des Français entraîna la chute du gouvei'nement républicain. Le roi Ferdinand rentra à Naples, altéré de vengeance et livra aux supplices tous ceux qui s'étaient prononcés contre lui. Cirillo, se croyant couvert par une capitulation, s'était embarqué pour la France; on l'arracha du vaisseau qui le portait et malgré les efforts de Nelson et de W. Ilamilton auxquels le roi devait sa couromie, il fut conduit à l'échafaud. On lui avait, il est vrai, promis sa grâce, mais il lui fallait
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renier ses principes et implorer la miséricorde du bourreau de Naples. Cirillo préféra la mort qu'il subit en véritable martyr de la liberté, le 29 octobre 1799. On doit à Cirillo un grand nombre de travaux importants ; des recherclies hygiéniques très-intéressantes sur les tanneries dont il démontra l'innocuité, des plans de réforme pour les hôpitaux et les prisons, qui présentaient alors le plus hideux spectacle, un Traité sur les affections syphilitiques qui a mérité les honneurs d'une traduction française, et enfin de beaux travaux sur la botanique, science qui avait conservé toutes ses prédilections.
Voici l'indication de ses principaux écrits :
l. Ad botanicas inslitutiones inliodudio. NapoIi(?); Ibid., ilU, in-4». — II. Fundamenta bolanica sive phUosophiœ botanicœ expticalio. Ibid. (?), et 3' édit., Iliiil., 1787, in-8*, 2vol.— III. De essodialibus nonnullarum planlarum charatteribus. Ibid., 1784, iii-8°.
— IV. Nosologiœ melhodkœ rudimcnta. Ibid., 1780, \i\-%' .— ^ . Osservazioni praliclie intorno alla lue vencrea. Ihid., 1783, in-S» ; Veiiezia, 1786, in-8»; trail. a leni. par D^h.niî, Leipzig, 1790. iii-8°; trad. franc, par AuuEiiT. Paris, 1803, ii)-8°. —VI. lii/lessionl inturno alla qualita délie acque adoperate per la concia de' cuoi. NDpoli,n85, in-8° et Ibid., 1786, in-8'*.
— VII. Laprigiune e l'ospedale (dise. acad.'). Nizzia,n87, in-8». — VIII. Planlarum rariorum regni ncapoliCani cum lab. œn. Neapoli, (ascic. I, II, Neap., 1788-93, in-l'ol. — IX. Enlomologia Neapolilana, spécimen I, ibid. 1787, pi. 12. — X. Melodo di amminislrarc la poivere del doit. James. Ibid., 1794, in-4°, etc. E. Bud.
CIRITA CIRITAMARI. On donne ces noms à un arbrisseau, qui croît dans le Malabar, et dont on emploie les feuilles en infusion, contre diverses maladies: la syphilis, la manie, la frénésie. On applique les feuilles en cataplasmes sur les bubons ; et on frotte les parties atteintes de goutte avec l'huile dans laquelle on a fait cuire la racine.
Mérat et De Less. Dictionnaire de matière médicale, II, 295. — Dictionnaire de médecine de l'Encyclopédie. Pl.
CiROAi. Nom vulgaire d'une très-petite espèce d'arachnide de la famille des acariens, VAcarus slro Linné ; Tyroghjphus siro, ou cirOy des auteurs modernes.
La synonymie de cette espèce est très-embrouillée : c'est le Ciron du fromage {Acarus casei antiqui et Acarus farinœ Geoffroy; Acarus farinœ De Geer ; Mite du fromage Lyonet, etc.) {voy. Mite).
Ce n'est point le Ciron de la gale [Acarus scabiei De Geer ; Sarcoptes scabiei Latreille).
Le Giron se trouve abondamment dans le vieux fromage, la farine avariée, etc.
A. Laboulbène.
c iRRniPÈDES. Voy. Cibripèdes.
CIRRHOSE (Envisagée au point de vue de l'anatomie pathologique et de la pathologie générales). DÉFiNiiioîi. Le mot de cirrhose (de y-if>ôo;, Jaune) employé d'abord exclusivement pour désigner certains foies granuleux, durs et le plus souvent de couleur jaune-roux, a été ensuite appliqué, par extension, à des altérations du poumon, des reins et de la rote qui se rapprochent de la cirrhose hépatique par le phénomène essentiel, qui est l'épaississement de la charpente fibreuse de ces organes, mais qui en diffèrent absolument par la couleur aussi bien que par les caractères analomiques propres à chacun d'eux. Si nous comparons ici dans un article général ces différentes lésions du toie, de la rate, des reins et du poumon, nous faisons tout d'abord cette restriction que le motdecir-
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rhose appliqué à la rate, au rein et au poumon, est mauvais en ce sens que la couleur jaune ne s'y observe jamais. Il convient aussi d'ajouter que cette même dénomination n'est guère meilleure pour le foie, car le foie cirrhose peut-être rouge, verdàtre ou de couleur grise. La couleur, en un mot, est un phénomène peu important et qui tient non pas au fait anatomique essentiel m à la lésion commune à ces divers organes, mais seulement à la plus ou moins grande quantité de bile et de graisse qui infdtre les cellules hépatiques.
Au lieu d'employer le terme cirrhose, on devrait se servir du mot inflammation interstitielle et dire hépatite interstitielle, splénite interstitielle, néphrite interstitielle, pneumonie interstitielle. Mais il est difficile de remplacer entièrement les dénominations acceptées partout et qui nous viennent d'une époque où les lésions, pour la première fois bien décrites à l'œil nu et comparées aux symptômes, étaient caractérisées précisément par leur aspect et par leurs qualités physiques, tandis qu'aujourd'hui ces mêmes lésions sont classées et dénommées en vertu de leur structure histologique. Pris dans son acception anatomique, comme synonyme d'intlammation interstitielle, le mot cirrhose aurait la même acception que celui de sclérose. Mais ce dernier terme est plus spécialement employé dans les lésions du tissu nerveux dont nous ne nous occuperons pas ici.
Ces l'éserves faites, nous définirons la cirrhose comme une inflammation interstitielle caractérisée par la formation nouvelle de tissu conjonctif embryonnaire ou adulte dans la charpente fibreuse des organes, accompagnée d'une induration fibreuse avec hypertrophie, ou atropine, d'un état granuleux pour ce qui concerne le foie et le rein, et de lésions diverses du parenchyme -propre des organes. Nous avons surtout en vue la cirrhose du foie qui servira de type à notre description et à laquelle nous compai'erons, chemin faisant, celle du rein et des autres organes.
Historique. Bien que Morgagni ait vu des foies granuleux, on peut dire que la maladie a été décrite uniquement dans notre siècle. Bichat, dans certains passages de son anatomie générale, la désigne assez nettement, mais bien moins cependant que dans son dernier cours sur l'anatomie pathologique, recueilli par P.-A. Béclard et publié par Boisseau. En parlant du foie (page 188), il dit: « La dimimdion de volume se remarque aussi dans le foie sans affection organique. Elle accompagne quelquefois une hydropisie ascite, qui, refoulant ce viscère vers le diaphragme, l'aplatit considérablement. » Plus loin, en décrivant les granulations du foie, il donne rapidement les caractères très-reconnaissables delà cirrhose.
« Les granulations du foie se trouvent assez souvent sur des sujets hydropiques ou extrêmement maigres, mais chez lesquels il n'existe aucune désorganisation apparente. Quand on incise ce viscère, on le trouve plein d'une infinilédc granulations rapprochées qui lui donnent l'aspect du granit. Cet état ne se complique jamais du volume extraordinaire du foie; au contraire il diminue et double sa densité comme sa résistance, ce qui fait qu'il n'est plus élastique, mais se rompt au lieu de s'étendre. Quelle est la nature de ces granulations? On ne la connaît point : tantôt elles sont grises, tantôt elles sont rougcâtres, tantôt elles semblent colorées par la bile : on ignore également les signes qui les dénotent dans l'état de vie » (page 190).
Il nous a semblé intéressant de reproduire ce passage qui établit bien nette-
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ment queBichat connaissait la cirrhose hépatique et de rendre à l'illustre auteur de l'anatomie générale ce qui lui appartient dans l'histoire de cette maladie.
Laennec est le premier qui en ait donné une description complète et qui lui ait imposé son nom, nom malheureux, ainsi que nous venons de le dire, car il exprime seulement la coloration du foie en pareil cas, coloration qui n'est pas ■constante et qui se montre dans d'autres lésions de l'organe, en particulier dans la dé^^énérescence graisseuse. Mais l'idée générale de Laennec sur les cirrhoses ' était encore plus insoutenable ; c'était pour lui des productions accidentelles sans analogues dans l'économie, des néoformations en quelque sorte parasitaires qu'il rapprochait des sq\iirrhes et des encéphaloïdes ; aussi supposait-il queces productions accidentelles pouvaient se développer dans d'autres organes que le foie.
Boulland (1826) et M. Andral (1829) n'eurent pas de peine à réfuter l'opinion de Laennec et à prouver que la cirrhose consistait en une altération de la substance même du foie. Seulement, à cette époque, la structure des lobules hépatiques était un livre fermé, et la théorie de la cirrhose donnée par eux se ressentit de l'ignorance où Ton était alors touchant l'anatomie du foie. Pour Boulland, les masses jaune fauve de la cirrhose n'étaient autre chose que les granulatiovis sécrétoires se désorganisant graduellement par l'effet de l'oblitération ■du lacis vasculaire et de l'obstacle à la circulation hépatique qui en résulte. M. Andral admettait dans le foie l'existence de deux substances, l'une rougcàtre, où se ramifie le système capillaire de l'organe, l'autre blanche ou jaunàirc qui lui semblait surtout destinée à la sécrétion biliaire. C'est cette dernière qui, pour M. Andral s'hypertrophiait et constituait les grains jaunes de la cirrhose. En même temps, la subtance rouge pouvait s'altérer, perdre sa couleur et devenir trèspâle ou même d'un vert olive. L'atrophie, l'état fibreux coïncidant avec l'ascite ■étaient les conséquences ultimes de cet état. On le voit, ces données anafomo-paihologiques bien incomplètes étaient basées sur le seul fait de la coloration des îlots glandulaires et n'ont aujourd'hui qu'une valeur historique. On sait en effet que les variations de la couleur rouge de l'îlot sont uniquement en rapport avec la réplétion des vaisseaux sanguins ; on sait que la partie centrale des îlots est â-ouge toutes les fois que le cœur droit est engorgé de sang noir qui stagne alors <lans les capillaires les plus voisins de la veine centrale de l'îlot ou branche intraiobulaire de la veine sus-hépatique. La couleur blanche ou grise que présentent souvent les îlots à leur circonférence est due à l'accumulation de la graisse dans les cellules hépatiques les plus voisines des branches interlobulaires de la veine porte. Cette dégénérescence graisseuse des îlots peut être générale ou même se limiter à la partie centrale de l'îlot comme cela a lieu dans .a lactation (de Syjiély). Dans ce cas, c'est la périphérie de l'îlot qui est rouge, tandis que son •centre est gi'is. La couleur jaune est due, soit à une infiltration graisseuse plus ■considérable, soit à la présence du pigment biliaire dans les cellules, et la couleur verdùtre reconnaît pour cause la stagnation delà bile dans les canaux intralobulaires et dans les cellules hépatiques. Une foule de circonstances physiolo- ,giques ou pathologiques font varier la couleur de l'îlot et la distinction des deux substances dans le foie ne peut se soutenir en face des données histologiques qui jious montrent cet organe composé de lobules ou îlots au contact les uns des autres, isolés par une très-petite quantité de tissu conjonctif appartenant a la •capsule de Glisson, qui accompagne les vaisseaux interlobulaires (veine porte, .artère hépatique et canaux biliaires).
La structure du lobule lui-même est homogène, c'est-à-dire qu'il est partout
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composé par les réseaux de cellules séparées les unes des autres par les capillaires sanguins et par les plus petits canaux biliaires. La différence de couleur des îlots hépatiques ne peut, à l'état normal, être due qu'à des variations de la circulation, et non à des éléments ou à des substances différentes.
Bien que M. Andral eût signalé une transformation celluleuse de la substance rouge du foie, on n'avait pas vu et indiqué nettement la lésion anatomique caractéristique de la cirrhose jusqu'à Kiernan. Ce dernier a démontré que la cirrhose consistait essentiellement dans l'atrophie partielle des lobules liée à l'hypertrophie du tissu cellulaire {Philosophical Transactions, 1855). Ilallman de Berlin arriva au même résultat, et les conclusions de ses travaux ont été vérifiés par tous les anatomo-pathologistes de ce temps ; Mûller, Rokitansky, Cruveilhier, Glugc, Carswell. Les observations de Requin montrèrent l'existence d'une cirrhose hyperlrophique ; celles de Monneret complétèrent l'élude clinique de la maladie. M. Gublcr donnait dans sa thèse d'agrégation (1 855) l'analyse et la critique complètes des travaux antérieurs et l'état actuel de la science en y ajoutant des détails nouveaux. M. Gubler admettait trois périodes dans le travail morbide de la cirrbose : 1" Au début, congestion active, infiltration plastique de la sul)stance vasculeuse rouge, augmentation de volume du foie ; 2" organisation en tissu cellulo-fibreux de la lymphe plastique déposée dans les interstices de la substance rouge ; hypertrophie de la charpente fibreuse de la glande, compression des vaisseaux sanguins ; 5° rétraction du tissu fibreux, compression plus efficace des vaisseaux sanguins, atrophie générale mais irrégulière en ce qui concerne les lobul(;s dont quelques-uns s'hypertrophiant, peuvent atteindre jusqu'au volume d'un petit grain de raisin.
Depuis cette époque jusqu'à ces dernières années, l'anatomie pathologique de la cirrhose a suivi les progrès de l'histologie normale, de la pathologie générale et de la physiologie.
En même temps que KôUiker, Andrejevié, Eberth, Mac-Gillavry, Hering, etc., complétaient l'étude histologique du foie, l'anatomie pathologique générale sous l'impulsion de Yirchow ouvrait une voie nouvelle à l'étude des lésions du foie. Les traités d'anatomie pathologique tels que ceux de Forster, de Rindfleich, de Klebs enregistraient des descriptions de la cirrhose avec des détails plus précis.
Les articles publiés dans le traité de Frérichs sur la cirrhose, ceux de M. Lancereauxdans son atlas d'anatomie pathologique et dans l'article Alcooli>me du dictionnaire encyclopédique, deux notes, l'une de M. Hayem, l'autre de moi insérées récemment dans les archives de physiologie donnaient l'état actuel de la science ou le résultat de recherches nouvelles.
Les belles recherches de M. Sappey sur les veines portes accessoires, et sur les courants veineux qui s'établissent dans la cirrhose expliquaient la possibilité de la circulation du sang de la veine porte dans cette maladie.
Telle est, esquissée à grands traits, l'historique de la cirrhose du foie qui date à peine du commencement du siècle et qui a servi à provoquer les recherches sur l'état analogue des autres organes dans les inflammations chroniques.
On a étudié d'abord la pneumonie chronique et l'induration du poumon qui succède à des processus divers; soit, ce qui est très-rare, à la pneumonie aiguë» soit aux lésions tuberculeuses anciennes ou qui accompagnent les dilatations bi'onchiques. Les mémoires et observations de Gorrigan, de Cruveilhier, de Chomel, de MM. Barth, Bouillaud, de Rokitansky, Raymond, Monneret, etc., la
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thèse d'agrégation de M. Charcot sur la pneumonie chronique sont les premiers travaux qui eut servi de base aux recherches et aux descriptions histologiques bien connues aujourd'hui touchant la pneumonie interstitielle. Les traités récents d'anatomie pathologique, celui de Foister, de Reindlleisch, l'étudient dans tous ses détails, et nous en avons donné un aperçu dans le traité de la phthisie pulmonaire fait en commun avec M. Hérard.
La néphrite granuleuse avec atrophie et induration du rein accompagnée ou non d'albuminurie a été aussi, depuis les premières découvertes de Hright, le sujet d'un nombre considérable de monographies et d'interprétations diverses de la part de leurs auteurs. Ces derniers se partagent particulièrement en ce qui touche les rapports de la néphrite interstitielle accompagnée d'albuminurie avec la néphrite parenchymateuse en deux camps bien tranchés: les uns avec Reinhardt, Yirchow et Frerichs regardant la néphrite interstitielle comme le dernier degré de la néphrite parenchymateuse, les autres soutenant au contraire, avec la plupart des auteurs anglais, avec Traube et Klebs en Allemagne, avec MM. Lécorché, Charcot et Kelsch en France, que la néphrite interstitielle est une variété distincte de la maladie de Bright aussi bien à ses débuts qu'à sa terminaison. Nous n'insistons pas davantage sur l'historique de cette affection car nous devons y revenir plus longuement à propos de son anatomie pathologique.
Les inflammations interstitielles du foie, du poumon, du rein, celle delà rate qui s'observe dans la cachexie palustre, sont certainement les plus importantes à «tudier au point de vue de la pathologie. C'est sur elles seulement que portera cet article ; mais il ne faudrait pas en conclure que les autres organes possédant une charpente de tissu fibreux, échappent à l'inflammation chronique qui se traduit par un épaississement de ce tissu : les ganglions lymphatiques bronchiques présentent au contraire les mêmes lésions que la rate dans une série de maladies chroniques du poumon et des bronches; les testicules présentent les mêmes formations de tissu embryonnaire ou fibreux que le foie ou les reins dans la syphilis et dans l'inflammation chronique ; les ovaires sont souvent le siège d'une induration fibreuse; les muqueuses elles-mêmes, celles de l'estomac notamment, n'en sont pas ind^mes. Voyez les articles Estomac, Ovaire, Testicule.
Anatomie pathologiqde des cirrhoses. La cirrhose considérée comme une inflammation interstitielle chronique est caractérisée par l'épaississement du tissu conjonctif qui accompagne les vaisseaux, et qui constitue la trame fibreuse des organes. Les éléments de nouvelle formation qui donnent lieu à cet épaisissement sont ceux du tissu conjonctif embryonnaire ou adulte. D'une façon générale, on peut dire que lorsque le processus est récent, aigu ou subaigu, les cellules rondes analogues aux globules lymphatiques interposées aux fibres préexistantes (corpuscules embryonnaires ou embryo-plastiques), y dominent. Lorsque la lésion est ancienne, le tissu conjonctif nouveau est organisé et fibrillairc. Les f;ellules prennent alors une forme aplatie. Cependant on peut voir des îlots de cellules embryonnaires dans une hépatite interstitielle qui dure depuis plusieurs •années (Ilaycm). Le tissu conjonctif présente dans la série des cas presque tous différents les uns des autres, tout au moins par des nuances minimes, des états également très-variés. La durée de la maladie, presque toujours très-longue, son degré, son intensité dissemblables, la différence des causes pathologiques, les complications diverses et l'état très-varié des vaisseaux, des altérations concomitantes du parenchyme de l'organe, font, que son anatomie patholo-
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gique présente les variations les plus grandes à l'œil nu et au microscope. On ne doit par conséquent pas s'attendre à trouver à l'autopsie des lésions identiques à un type invariable. Il en est de cette affection comme de la plupart des maladies subaiguiis ou chroniques qui n'ont jamais un type uniforme comparable, par exemple, à l'anatomie pathologique de la pneumonie aiguë. Non-seulement la cirrhose d'un organe diffère de celle des autres organes, mais dans l'un , d'eux, dans le foie, par exemple, nous trouverons toutes les nuances possibles comme intensité, depuis l'hépatite interstitielle qu'on pourrait à peine prévoir à l'œil nu, jusqu'à celle qui a remplacé par du tissu conjonctif la plus grande partie des îlots hépatiques. Nous avons surtout à faire ressortir, dans cet article, les caractères communs ; mais nous ne pouvons y parvenir sans entrer aussi dans l'énumération et la description succinctes des différentes variétés de la cirrhose de chaque organe, et c'est ce que nous allons faire en commençant par le foie.
Dans le foie, l'hépatite interstitielle peut être très-peu accentuée et, par cela même, peu importante, lorsqu'elle est secondaire à une autre lésion du foie ou à une maladie générale. \i\\e est partielle ou générale.
Toute lésion locale, toute tumeur, mais plus particulièrement les tumeurs contituées par un tissu analogue au tissu libreux, déterminent dans leur voisinage un épaississement fibreux ou une inflammation subaiguë des cloisons intcriobulaires du foie. C'est un fait constant, par exemple, autour des gommes syphilitiques, autour des tubercules, des abcès, autour de la capsule fibreuse adventice des kystes hydatides, autour des angiomes caverneux, etc. Lorsque le foie est le siège d'une éruption de ces tubercules miliaires, si petits qu'ils échappent à l'œil nu, chaque nodule tuberculeux naît dans le tissu conjonctif pcrilobulairc, si mince à l'état normal qu'on le niait il y a trente ans, et, autour de chaque nodule, ce tissu est enilammé et présente des éléments embryonnaires et des cellules tuméfiées. Si les tubercules miliau'es sont très-nombreux, on aura devant les yeux une hépatite inlerslitielle presque généralisée. On peut comparer cà cette lésion du foie celle qu'on observe chez les enfants syphilitiques. Là, en effet, les petits grains miliaires décrits par M. Gubler peuvent être comparés à autant de petites gommes miliaires. La syphilis des enfants peut aussi se caractériser par un épaississement uniforme du tissu conjonctif périlobulai,re, et même intralobulairc ainsi que nous en avons observé plusieurs faits avec M. Ranvier.
Qu'une inflammation subaiguë ou chronique porte sur l'ensemble ou sur la plus grande partie des canaux biliaires ou vasculaires qui se ramifient dans le foie, et on aura presque constamment en même temps une inflammation de la môme nature dans le tissu conjonctif voisin de ces canaux, c'est-à-dire une hépatite subaiguë ou chronique interlobulaire. C'est ce qui arrive parfois dans l'affection calculeuse liée à l'inflammation des canaux biliaires ; c'est ce qu'on voit aussi dans la pyléphlébyte.
J'ai eu l'occasion d'observer récemment l'hépatite interstitielle à un degré extrêmement atténué dans deux cas de mélanémie due à la cachexie palustre. Ces deux spécimens de foie pigmenté provenaient du service de M. Obedcnaro, médecin de l'hôpital des Enfants, à Bucharest. Dans tous les deux, le sang de la veine porte charriait des globules blancs contenant du pigment noir. Dans l'un, la paroi des branches intcriobulaires de la veine porte était épaissie, la tunique externe surtout, et là, on voyait des cellules plates ou étoilées du tissu conjonctif contenant du pigment noir. Le tissu conjonctif de la capsule de Glisson autour des lobules était presque partout i^lus marqué qu'à l'état normal et présentait aussi
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du pigment. Dans le second cas, toutes les branches de la veine porte étaient entourées d'une zone de tissu embryonnaire contenant du pigment dans quelquesunes de ses cellules. Il en résultait que, sur une section duioie, on avait de petits îlots riches en cellules rondes, au milieu desquels se trouvait une section d'une veinule. Ce sont là des exemples très-nets d'hépatite interstitielle à un trèsfaible degré et limitée autour des divisions du principal vaisseau sanguin. On peut, sans témérité, hasarder pour expliquer ces cas, l'hypothèse d'une irritation des parois vasculaires par le pigment charrié dans le sang, irritation qui s'est transmise parvoie de voisinage au tissu cellulaire voisin. On peut penser aussi que les corpuscules embryonnaires pigmentés qui existaient dans ce tissu n'étaient autres que des globules blancs pigmentés, sortis de l'intéiienr des vaisseaux.
Dans les exemples qui précèdent, l'hépatite interstitielle est peu intense, h peine appréciable, qu'elle soit généralisée ou partielle et, en tout cas, elle est secondaire à une autre lésion, ce qui diminue son importance. Mais il n'en est pas de même des séries de faits qu'il nous reste à décrire, et qui constituent alors la lésion dominante ou primitive. Ce sont les cirrhoses vraies, presque toujours dues à l'alcoolisme ou à la syphilis, quelquefois à la cachexie paludéenne.
Là, en effet, sous l'inthience de congestions répétées du foie, et suivant toute probabilité, par suite de l'irritation causée par le passage de l'alcool dans les rameaux de la veine-porte pendant la digestion, il survient un état inflammatoire permanent du tissu conjonctif en contact avec les parois vasculaires. Autour des vaisseaux interlobulaires, sous l'aspect d'îlots, de ligures prismatiques ou de traînées, suivant que la section est perpendiculaire ou parallèle à la direction des vaisseaux, on voit des amas de cellules rondes, analogues aux globules blancs du sang, situées entre les fibrilles du tissu conjonctif de la capsule de Glisson. Tel est le début de l'altération qui prend, suivant les cas, les formes les plus variées.
Il est difficile de croire, en effet, que tous les foies cirrhoses suivent une marche analogue et régulière dans leurs lésions. L'observation anatomique se refuse à cette hypothèse : on trouve, en effet, à l'autopsie de malades ayant succombé à une cirrhose, tantôt un foie de volume ordinaire et lisse à sa surface dans lequel le tissu conjonctif enflammé est caractérisé par l'abondance de petites cellules rondes (tissu embryonnaire), et ce tissu entoure assez régulièrement les lobules : la surface du foie est alors lisse [hepatilis ijlabra de Klebs). D'autres fois, avec cet état du tissu conjonctif, le foie est extrêmement hypertrophié, et sa surface est également lisse (cirrhose hypertrophique) . L'hyperti'ophie peut être due, soit à la grande abondance du tissu embryonnaire, soit à des dégénérescences des cellules hépatiques, et en particulier, à l'accumulation de la graisse en abondance dans chacune d'elles. Dans de pareils foies, on peut trouver des parties, de véritables îlots, où domine le tissu embryonnaire (Ilayem) au milieu d'un tissu conjonctif plus dense et plus ancien. Dans d'autres exemples on aura affaire à un foie très-hypertrophié et granuleux à sa surface, présentant un épaississement de la capsule de Glisson formé par du tissu conjonctif adulte et fibreux, ainsi que j'ai eu l'occasion d'en observer plusieurs exemples.
Dans une série d'autres faits, on trouvera le foie de volume normal ou plus ou moins atrophié et granuleux à sa surface et sur une section. Le tissu conjonctif est alors fibreux et régulièi-ement disposé autour des acini. Ce sont, à proprement parler, ces derniers faits qui ont servi de point de départ à la description classique de la cirrhose, que la mort soit survenue par les progrès de la lésion
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hépatique ou par une de ses nombreuses complications (hémorrhagies nasales et intestinales, péritonites, pneumonie, maladie du cœur, etc.). Le volume, la forme du foie, la nature et la distribution du tissu conjonctif nouveau sont, comme on ie voit, très-différents. Qu'on y ajoute les variations de couleur et de dégénérescence des cellules hépatiques, tantôt graisseuses, tantôt infiltrées de pigment sanguin ou biliaire, quelquefois en dégénérescence amyloïde ; qu'on tienne compte de l'état également très-varié des vaisseaux sanguins et biliaires, et l'on aura une idée approximative des variations de l'état du foie dans les hépatites interstitielles.
Pourrait-on dire qu'il s'agit de différents stades d'un même processus, et que le foie hypertrophié d'abord et lisse, devient plus tard granuleux par suite de la rétraction du tissu embryonnaire d'abord puis fibreux, qui agit à cet effet comme un tissu cicatriciel ? Il est certain qu'on a pu suivre cliniquement des malades chez qui le foie, très-hypertrophié d'abord, s'est atrophié ensuite peu à peu <in même temps que la cirrhose très-caractérisée suivait son cours habituel ; mais d'un autre côté on a vu des foies cirrhotiques rester hypertrophiés pendant une durée de plusieurs années jusqu'au moment de la mort où l'autopsie faisait constater les caractères de la cirrhose hypcrtrophique. Si, d'une façon générale, on peut avancer que le tissu conjonctif épaissi et embryonnaire au début de la cirrhose devient fibreux et rétractilc à sa terminaison, il y a cependant de nombreuses exceptions, ce tissu pouvant être encore partiellement embryonnaire, l<ien que la cirrhose ait duré plusieurs années.
Peut-on rapporter ces variations à l'intensité d'action plus ou moins grande de la cause morbide, à sa durée, à sa continuité, aux différences individuelles qui font que tel sujet aura plus de prédisposition que tel autre aux maladies du foie? Ce sont là des hypothèses assez plausibles, car la cirrhose est toujours préparée de longue main par une hygiène spéciale et par une série d'accidents qui ont modifié tout l'organisme : chaque malade s'est fait par son genre de vie antérieur une constitution propre tout artificielle, et lorsque la cirrhose débute, il n'est pas étonnant qu'elle suive dans sa lente évolution et dans chaque cas particulier une marche diftérente, qu'elle présente des complications souvent imprévues. La même variation se reproduit dans beaucoup de maladies chroniques. Aussi, tout en rangeant les faits précédemment énumérés sous la dénomination commune d'hépatite interstitielle ou cirrhose, et en reconnaissant que la lésion peut être caractérisée à son début par du tissu embryonnaire qui devient fibreux et se rétracte plus tard, nous n'en décrirons pas moins comme variétés anatomiques le foie cirrhose à surface lisse, la cirrhose hi/pertrophique, et l'atrophie granuleuse ou cirrhose atrophique.
Foie cirrhose à surface lisse. Le (oie peut avoir conservé son volume normal ainsi que sa iorme ; sa surface est lisse ; sur une section on voit différents aspects suivant les cas ; tantôt il est au premier abord uniformément coloré en jaune brun, ou bien il présente des points jaunâtres, ou gris, ou bien la périphérie des lobules montre des tramées rougeùtres qui deviennent semi-transparentes après le lavage. La résistance qu'il oppose à l'ongle, lorsqu'on essaye de le déchirer, est variable : tantôt il résiste, tantôt il se laisse assez facilement déchirer. Ces diflérences s'expliquent aisément par 1 examen microscopique. En examinant au microscope des préparations assez minces, on reconnaît que les espaces prismatiques qui séparent les lobules ou même toute la zone cellulaire de la capsule de Glisson périlobulaire sont épaissis et montrent des cellules l'ondes embryonnaires. Lorsque le processus est récent, ainsi que cela s'observe chez les enfants nouveau-
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nés syphilitiques ou chez les adultes dans les cas de mort déterminés par une cause étrangère au foie, ce tissu périlobulaire est peu résistant, parce qu'il est surtout composé d'éléments cellulaires, et parce qu'il contient peu de fibres. C'est pour cela qu'il se laisse facilement déchirer avec l'ongle. Nous avons, M. Ranvier et moi, examiné, plusieurs faits de ce genre chez les enfants, et nous avons même vu le tissu embryonnaire suivre dans l'intérieur même de l'ilot les capillaires de la veine porte entre les cellules hépatiques. Il y avait alors une hépatite diffuse envahissant à un certain degré les îlots aussi bien que le tissu intcrlobulaire. Dans la forme du foie syphilitique décrite par M. Gubler (hépatite interstitielle miliairc), les petits grains semi-transparents ou jaunes qu'on voit à l'œil nu sont constitués par des amas de petites cellules embryonnaires : ce sont de petits nodules gommeux. Souvent on observe sur le foie des enfants nouveau-nés une apparence analogue qui est due simplement à de la dégénérescence graisseuse des cellules hépatiques.
Le foie cirrhose à surface lisse observé chez les adultes, qu'il soit ou non hypertrophié, est le plus souvent induré et difficile à déchirer avec l'ongle. Cela tient à ce que le tissu conjonctif nouveau qui sépare les lobules et qui les dissocie plus ou moins régulièrement, est en grande partie dense, constitué par une trame fibrillaire solide. Tandis que le tissu fragile de la cirrhose récente est embryonnaire, c'est-à-dire qu'il est constitué par des vaisseaux à parois se rapprochant de ceux du fœtus, et qu'il est formé de cellules rondes au milieu d'une substance fibrillaire molle, le tissu de la cirrhose ancienne présente une substance fibreuse dense, composée de fibres parallèles rapprochées les unes des autres, ou d'un réseau de lamelles et de fibres. Entre les fibres très-rapprochées existent des cellules plates, mais souvent aussi on voit une assez grande quantité de cellules rondes analogues aux globules lymphatiques, ne possédant qu'un seul noyau, et situées soit entre les fibres, soit dans les espaces arrondis, ovoïdes ou allongés qui laissent entre elles les fibres disposées en réseau (Hayem). Dans ce tissu dense, les vaisseaux sanguins appartenant aux branches interlobulaircs de la veine-porte sont perméables et creusés de telle façon que le tissu scléreux se confond avec leur paroi. Ainsi composé, ce tissu est très-abondant dans la cirrhose hypertrophique ; il entoure plus ou moins régulièrement les îlots hépatiques, de telle sorte que, sur une section, on voit entre ces îlots de larges bandes de ce tissu. Les îlots eux-mêmes sont assez souvent dissociés par lui, et il empiète sur le parenchyme cellulaire, soit au bord des îlots où l'on peut constater des cellules ou des groupes de quelques cellules hépatiques séparées du reste de l'îlot, soit au milieu même de l'îlot. Il suit le plus ordinairement alors le trajet des capillaires infralobulaires et par compression il détermine une atrophie avec aplatissement des cellules hépatiques dont les réseaux sont amincis et granuleux. D'autres fois un îlot est divisé par une ou deux bandes assez épaisses de tissu fibreux, et alors les groupes de cellules hépatiques qui restent prennent la forme de petits îlots sphériques. Dans l'un des faits rapportés par M. Hayem, le tissu nouveau montrait des nodules de cellules embryonnaires ; dans un autre, il affectait une forme très-irrégulière au pourtour comme au sein des îlots hépatiques.
Dans la cirrhose hypertrophique, le foie est souvent lisse, particulièrement dans les observations où son volume est le plus considérable, mais, dans d'autres cas, il est plus ou moins irrégulier, lobule ou granuleux à sa surface. Ainsi, dans la seconde observation de Requin qui, le premier, a attiré l'attention sur l'hyper-