CHRISTOPHORUS DE O^ESTIS
'le Jutland, et mourut à Sora, le 26 novembre 1606. Son père était Severin Cferistiani. On le dit maître es art de Wittemberg, docteur de Bâle (1583), processeur de médecine à Copenhague, directeur du collège de Sora (1602). On raconte encore de lui une chose bien méritante, à savoir qu'il aurait introduit, le premier, l'anatomie du corps humain à Copenhague, événement si prodigieux % cette époque, que la plupart des habitants refusèrent dès lors d'avou' aucune relation avec un homme assez osé pour enfreindre un préjugé enraciné dans le pays.
On a de Christiani :
I. Enchiridlon inecUcum de cngno.tcendts curandisque extcrnis et internis humani corporis morbis, ex Vict. Trincavellii Prœlecliombm de com/jositione medlcamcntorum atqut merbis pmticidaribas confectum. ljusile;c, 1585, iii-S".— II. De comate sivc calapliora. Accessit quœslio situe pcslis morbus conlagiosus. Basil., 1583, in-4'>. — III. Disscrtalio de sanitate. Copenhague, 1590, iii-4°. A. C.
c«REST©PiiE-EX-ii£Ksa>:%'X.aBS (SAIXT-) (Eau minéralk de), niho'male, amétaUite, ferrugineuse faible, carbonique forte. Dans le département de .Saônc-et-Loii'e, dans l'arrondissement et à 24 kilomètres de Charolles, dans la commuue dont elle porte le nom, émerge une source qui a été découverte en 1851. Son eau limpide et transparente laisse déposer une couche de rouille sur les parois de sa fontaine et du ruisseau par lequel elle s'écoule. Elle n'a pas une autre odeur que celle du gaz acide carbonique, dont les bulles grosses et nombreuses la traversent sans cesse ; son goût est piquant et manifestement ferrugineux, sa température est de 15", 5 centigrade. M. Henry (Ossian) a fait son analyse chimique, dès l'année où elle a été trouvée; 1,000 grammes de son eau «■enferment les principes suivants :
Oarbonale et ciénate de fur 0,070
Bicarbonale de cliaux 0,040
— magnésie 1
— manganèse j tracei.
Sulfate de chaux 0,020
Chlorure de sodium 0,022
Silice et .ilumine 0,011
Matière organique et principe arsenical reconnu dans le dépôt .'.... tiaces.
Total des matières fixes 0,163
Gaz acide carbonique. . . . 1/2 du volume d'eau.
L'eau de Saint-Christophc-en-Brionnais est surtout employée en boisson à une dose qui n'a rien de fixe et qui varie suivant le caprice des malades. Beaucoup de personnes en coupent leur vin aux repas ; il a été même un temps où pour la rendre plus pétillante, on introduisait dans les bouteilles qui la contenaient un excès de gaz acide carbonique. On utilise aussi les eaux de cette station en bains .généi-aux, dont on coupe l'eau minérale avec une proportion convenable d'eau ordinaire chauffée. On a soin de ne jamais élever trop la température de ces bains, afin d'en augmenter l'effet excitant et tonique qu'ils doivent aux sels de fer, et surtout à la quantité de gaz que renferme cette eau. L'anémie, la chlorose, et les troubles qu'elles occasionnent, tels que les dyspepsies, les gastralgies, les dysménorrhées, les leucorrhées, les aménorrhées, etc., sont les affections qui sont le plus souvent traitées parles eaux intùs et exlrà de la source de Saint-Christophe-en-Brioimais. 4 R.
CURISiTOPUORUIS DE ®\ ESTES. VoiJ. O.NESTIS.
CHROMATES (chimie). 105
CDROIMATES. § I. Chimie. Comme il est nécessaire de rapprocher les divers chromâtes au point de vue de l'hygiène industrielle, dont il sera traité plus loin, nous les réunissons également dans la partie chimique de cet article, (.es chromâtes neutres sont tous insolubles, sauf les chromâtes alcalins. Les chromâtes acides sont tous solubles.
Chauffés avec de l'acide chlorhydriqne alcoolisé, ou bien traités par un courant de gaz acide sulfureux, les chromâtes dissous verdissent, car leur chrome est ramené à l'état de sesquioxyde ou de sesquichlorure.
Tous les chromâtes dégagent une vapeur rutilante lorsqu'on les chauli'e après les avoir mêlés avec du sel marin fondu et un peu d'acide sulfurique concentré.
Traités par l'acide chlorhydrique, à la température de l'ébuUition, ils dégagent tous du chlore.
Les chromâtes neutres sont généralement jaunes, les caromates acides sont d'un rouge orangé.
Chrornate neutre de potasse, KOCrO^. On prépare ce sel en ajoutant à une dissolution d'une quantité donnée de chrornate acide de potasse autant de cette base, sous la forme de carbonate, qu'elle contient déjà; ensuite on fait cristalliser.
Le chromate neutre de potasse est en prismes droits rhomboidaux, isomorphes avec le sulfate de potasse, d'une belle couleur jaune citron, d'une saveur Iraîche, amère, désagréable et persistante. Quand on le chauffe, il devient l'ouge, mais le refroidissement lui rend sa couleur jaune. 11 est soluble dans doux fois son poids d'eau, à 15», et il est presque insoluble dans l'alcool. Sa dissolution a la réaction alcaline. Ce sel a une faculté colorante si grande qu'il peut communiquer à 40,000 lois son poids d'eau une teinte jaune très-sensible.
Le chromate de potasse exerce une action toxique sur l'économie animale. Il est employé à la préparation des chromâtes ; il sert aux iudienneurs pour teindre les tissus en jaune à l'aide de l'acétate de plomb.
Chromate acide de potasse. Bichromate de )JO«asse. KO, 2GrO^. On se procure ce sel, eu chauffant pendant plusieurs heures deux parties de fer chromé a'éduit en poudre avec une partie de salpêtre. On reprend la masse par l'eau, on «ature la dissolution par l'acide sulfurique étendu, qui précipite la silice et l'alumine : on obtient ainsi un liquide qui donne, par l'évaporation, de beaux cristaux qu'on purifie par des cristallisations successives.
Le chromate acide de potasse se présente sous la forme de larges tables rectangulaires d'un rouge intense et dont la densité est égale à 1,98. Sa poussière est orange, sa saveur est fraîche, amère et métallique. 11 se dissout dans dix parties d'eau à 49°. 11 est fusible à une basse température, mais à la chaleur blanche il se décompose en chromate neutre, en oxygène et en sesquioxyde de •chrome. Chauffé avec de l'acide sulfurique, il dégage de l'oxygène et passe à l'état d'alun de chrome (sulfate d'oxyde de chrome et de potasse).
Lorsqu'on verse dix parties d'acide sulfurique sur neuf parties d'un mélange de 10 parties de sel marin et de 17 parties de bichromate de potasse préalablement fondu, il se dégage une vapeur rutilante qui, condensée dans un récipient entouré de glace, constitue Vacide chlorochromique (Cr0-,C1).
On attribue au bichromate de potasse des propriétés antisypbilitiques. On a observé que les ouvriers qui travaillent à sa fabrication sont exposés à des accidents particuliers, notamment à la destruction de la membi^ane muqueuse •du nez [voy. plus bas).
104 CHROMATES (emploi médical).
Chromate neutre de soude. NaO,CrO^ Même procédé de préparation que pour le sel correspondant à base de potasse. Les cristaux de ce sel, obtenus à la température de 0" renferment dix molécules d'eau et sont isomorphes avec le sulfate de soude. Ce chromate est déliquescent, fond par la chaleur de la main, et à SO" il abandonne des cristaux anhydres.
Chromate acide de soude. Bichromate de soude. NaO,2CrO\ Sel extrêmement soluble et cristallisant par évaporation sous la forme de prismes hexagonaux, nuancés d'un rouge hyacinthe.
Chromate neutre d'ammoniaque. AzH*0,CrO^. On prépare ce sel en saturant l'acide chromique par l'ammoniaque. Le chi-omate neutre d'ammoniaque cristallise sous la forme d'aiguilles jaune-citron à réaction alcaline et très-solubles.
Chromate acide d'ammoniaque. Bichromate d'ammoniaque. AzIl*0,2CrO'. On obtient ce composé en divisant en deux parties égales une quantité quelconque d'acide chromique en dissolution. Après en avoir saturé une avec de l'ammoniaque, on ajoute l'autre et on dessèche à la température ordinaire. Il se formera de gros cristaux d'un rouge grenat, inaltérables à l'air. Si on les chauffe de manière à les allumer en un point, ils continuent à brûler en donnant un oxyde vert de chrome très-volumineux (Bottger). Malaguti.
§ IL Emploi médical. Les chi'omates, à cause de leurs propriétés colorantes, sont plus employés dans les arts, surtout dans la peinture, que dans la médecine. Tous doivent à leur acide, et parfois à leur base, des propriétés toxiques dont il faut se délier ; celui qui mérite le plus d'être signalé sous ce double rapport est le chromate de plomb, vu son emploi fréquent dans la peinture et par suite l'application imprudente qu'en ont faite quelques confiseurs à la coloration de leurs produits ; Chevallier a signalé ce méfait et observé des coliques saturnines chez des individus qui avaient mangé des bonbons colorés par ce sel {voy. plus bas).
Le bichromate de potasse est le seul chromate employé en médecine.
Pharmacologie. Le bichromate de potasse est employé à l'extérieur; plus rarement à l'intérieur.
Un cristal de ce sel peut servir, comme ceux de sulfate de cuivre, pour toucher des végétations, des granulations, notamment celles des paupières.
Pulvérisé, il agit comme caustique, à la surface des plaies, sur les végétations, tumeurs, excroissances, etc.
Son emploi le plus ordinaire est en solution.