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Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18

CLÉMEMT (Julien). Célèbre accoucheur du dix-septième siècle ; il était né à Arles vers 1650, et après avoir commencé ses études médicales dans son pays, il vint à Paris, où, suivant l'usage du temps, il entra comme serviteur chez Jacques Lefèvre, accoucheur qui jouissait alors d'une grande réputation. Reçu maître en chirurgie, il épousa la fille de son patron ; et bientôt sa réputation d'habileté prit une telle extension que Fagon l'introduisit à la cour où il accoucha la dauphine et plusieurs princesses et dames du plus haut rang. Mais il est sur tout célèbre dans l'histoire anecdotique du temps, pour avoir accouché mystérieusement Mademoiselle de La Vallière, dans une maison isolée où elle se tenait le visage couvert d'un voile, et où lui-même avait été introduit les yeux bandés. Mais cette légende est manifestement erronée puisque Clément est né en 1650, et que le premier accouchement de Mademoiselle de Lavallière eut lieu vers 1664! Enl711,le roiluiaccorda des lettres de noblesse avecinjonctionformelle de ne pas abandonner pour cela un art où il s'était rendu si nécessaire. Cet habile praticien mourut le 7 octobre 1729. Clément, quoi qu'il n'ait rien écrit, a joui d'une telle renommée et occupé une place si marquée dans la science obstétricale de l'époque que nous n'avons pas cru devoir le passer sous silence. Il méritait au moins une mention pour avoir laissé un successeur tel quePuzos son élève. E. Bgd.

CLEMEl\lTIlVO (Clémente) était né à Amelia, dans le duché de Spolete, et florissait à la fin du quinzième et dans la première moitié du seizième siècle. Il avait fait ses études médicales à Padoue et pratiquait avec beaucoup d'éclat la médecine à Rome où il remplissait les fonctions de médecin du pape Léon X. Bien qu'entaché de crédulité à l'endroit de l'astrologie, et qu'à l'exemple de beaucoup de ses contemporains, il se soit efforcé d'établir une relation entre les principaux organes du corps et les astres (planètes ou constellations), il montra d'un autre côté des vues pratiques assez judicieuses. 11 combattit énergiquement l'uroscopie, si fort à la mode de son temps ; dans le

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fièvres aiguës, il avait recours aux rafraîchissants, même appliqués en topiques,

sur la région du cœur, pour en modérer la chaleur. 11 a publié les deux ouvrages

suivants :

I. Clemeniia mediciiiœ sine de pvœceptis medicince et arte medica. Romae, 1512, iii-fol. — II. Lucubrationes in quihas niliil est quod non sit exartis usu quodque non fil tam probatafide tradilum, qiiam, etc. Basilese, 1535, in-fol, E. Bcd.

CLEOME (L.). Genre de plantes, de la famille des Capparidacécs, tribu des Cléomées, dont les fleurs ont un calice formé de quatre sépales, libres ou unis inférieurement. Plus intérieurement, leur réceptacle porte une corolle de quatre pétales alternes, libres, tordus ou imbriqués dans le bouton. L'androcée est formé de quatre étamincs, alternes avec les pétales, ou, plus souvent, de six étamines, dont deux sont latérales, deux antérieures et deux postérieures. Elles ont un filet libre, et une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Entre l'androcée et le périanthe, le réceptacle présente une surface gonflée en disque glanduleux, tantôt d'une façon uniforme, tantôt dans l'intervalle des pieds des pétales. L'ovaire, libre et supère, est sessile on stipité; il est étroit, allongé, surmonté d'un style court, terminé par une dilatation plus ou moins aplatie, chargée de papilles stigmatiques. Dans la loge unique de l'ovaire, se trouvent deux placentas pariétaux, qui supportent un nombre indéfini d'ovules, incomplètement campylotropes, disposés sur deux ou plusieurs rangées. Le fruit est une capsule, com-te ou plus souvent allongée et étroite, siliquiformc, s'ouvrant, à la malurité, par deux valves membraneuses. Celles-ci se séparent des placentas linéaires, qui supportent de nombreuses graines réniformes, renfermant sous leurs téguments un embryon charnu qu'enveloppe parfois i:n albumen charnu. Les Cleoine sont des herbes ou des sous-arbrisseaux, glabres ou glanduleux, à feuilles alternes, simples ou composées, avec des folioles digitées, entières ou dentelées. Leurs fleurs sont solitaires ou plus souvent disposées en grappes terminales.

Ces plantes, qui ont tant d'affinités avec les Câpriers par leur organisation florale, ont aussi des propriétés tout à fait analogues et qui rappellent beaucoup celles des Crucifères; ce sont des espèces à saveur piquante, stimulantes, apéritives, artiscorbutiques, diurétiques, mais quelquefois jusqu'à l'àcreté, et il y en même qui sont brûlantes et vésicantes. Elles sont à peu près inconnues dans les pays tempérés, mais fort employées dans les l'égions chaudes où elles croissent en abondance. Le C. pentaplujlla L. {Gyncmdropsis pentaphylla DC), espèce qui a été observée dans la plupart des pays tropicaux et qu'on cultive quelquefois dans nos jardins, sert d'antiscorbutique, au même titre que les Cressons et les Cochléarias, dont il a toutes les pro[)riétés. On emploie à Saint-Domingue, connue artiscorbutique et diurétique, le C. triphylla L. [Gynandropsis triphylla DC), espèce annuelle qui est aussi cultivée. Le C. viscosa L. [Polanisia qraveolens Rafin.) a des graines piquantes et digestives, comme celles delà Moutarde dont elles ont tout à lait la saveur. Aussi les emploie-t-on comme condiment en Amérique. Celte plante sert topiquement au traitement des otites. Dans l'Inde, on préconise comme vermifuges et même comme épispastiques les C. fel'ma et icosandra L. On indique ce dernier comme remède spécial du Yer solitaire. Aublet dit qu'une espèce de la Guyane, le C. fnitescens, est aussi irritante que les cantharidcs. Les C- polygama et spinosa sont, dit-on, balsamiques et stomachiques. Le C. prnriens, du Brésil, a des poils irritants, employés comme sternutatoires. On cite encore comme plantes médicinales: les C.i>îU'»îamii Wight cl knîi.Jiepta-

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