‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 2 sur 63 · CLERC · texte numérisé non relu

CLERC

■phylla L. (C. Erucago Mill.) et pohjgama L., de l'Amérique méridionale, espèces

stomachiques, stimulantes; le C gigantea, du même pays, stimulant et rubéfiant;

le C monophyllah., de l'Inde, qu'on substitue à la moutarde ; le C. aspera

K(E\., usité à Ceylan et au Malabar contre les hémorrhagies nasales ; le C. orni-

thopodioïdes L. qui, dans l'Asie mineure, est aussi recherché comme stimulant

■et digestif. Il y a des Cleome alimentaires. Le C. speciosa H. B. K. (Gynan-

dropsis speciosa DC.) s'emploie comme légume au Pérou. A Dongalah, le C. pen-

taplujUa se mange comme herbe potagère, sous le nom de Brèdes puantes. On

substitue parfois dans les salades ses fleurs à celles des capucines. En un mot

les Cleome ont à peu près les vertus de nos Crucifères, mais quelquefois avec

une bien plus grande énergie. H. Bn.

T., Imliliit, 231, t. 116 [Sinapistrum), n° 4985. — L., Gen., n° 820. — J., Gen., 2iô. — DC, Prodr., I, 328. — Endl., Gen. — IIosenth., Syn. planl. diaph., 647. — BENiri. et tlooK., Gen., I, 103, 968. — Eiciii.., in Mart. FI. bras., Cappar., 2G4. — 11. Baili.on, Hisl. des pi., m, 145, 171, 173, fig. 106-173,

CLÉOPATRE. Sous le nom de Cléopàtre, ou connaissait dans l'antiquité, un traité des Cosmétiques, souvent cité par Galien; et dans son Gynécée, Wolff a publié un ouvrage sur les maladies des femmes qu'il attribue à Cléopàtre, mais sans en l'aire autrement connaître l'origine. Nous avons examiné cette question avec détails dans l'article Médecins (femmes), auquel nous ne pouvons que renvoyer le lecteur. E. Bgd.

CLERC (Le). Voy. Le Clerc.

CLERC (Nicolas-Gabriel). Littérateur et médecin distingué du dernier siècle, membre des académies de Saint Pétersbourg, de Besançon et de Rouen, naquit à Baume-les-Dames , en Franche-Comté, le 6 octobre 1726. Suivant l'exemple donné par beaucoup de membres de sa famille, il se voua à la médecine •et servit d'abord en Allemagne à la suite des armées. Là, il s'occupa avec zèle des améliorations à introduire dans le régime des hôpitaux militaires. Appelé en Piussie en 1 759, par l'impératrice Elisabeth, après quelques voyages avec le général Rasoumofskoi, refusant les offres avantageuses qui lui étaient faites, il revint «n France au bout de trois ans, et après avoir pendant quelque temps rempli les fonctions de médecin du duc d'Orléans, il retourna en Russie, où il occupa de hautes positions. D'après les instructions qui lui avaient été données à la Cour de France, il rassembla les matéi'iaux d'une histoire de l'empire russe alors très-peu connu eu Europe. Les résultats de ces études furent publiés sous le titre : Histoire de la Russie ancienne et moderne, Paris, 1785-94, 6 vol. in-4» avec atlasin-fol. 11 quitta de nouveau la Russie en 1777, et fut nommé président d'une Commission chargée de réformer les nombreux abus qui s'étaient introduits dans les hôpitaux, mais des intrigues de cour, des changements dans le ministère firent abandonner les travaux déjà entrepris. Les récompenses qu'il en retira furent des lettres de noblesse avec une pension de 6000 livres et le changement de sou nom qu'il écrivit dès lors Le Clerc.

Privé de ressources par la révolution, il languit à Versaiiles où il s'était retiré €t mourut le 50 décembre 1795. Ce médecin laborieux et instruit a beaucoup écrit, nous ne citerons de lui que les ouvrages relatifs à notre art.

I. Mémoire sur la goutte. Paris, 1750, in-12. — II. Diss. de hydrophohia, 1700. in-i». — III. Mediciis veri amalor ad apcUuieœ artis atuinnos. Moscou, 1764, in-8°. — IV. Moyen de prévenir la contagion et d'y remédier, et Histoire des maladies épidcmiques, qui ont

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rrgiié en Ukraine, en 1760. Moscou. — V. Essai sur les maladies contaaieuses du bétail avec les moyens de les prévenir et d'y remédier efficacement. Paris, 1760. in-12. — VI. Histoire naturelle de V homme, considéré dans l'état de maladie, ou la médecine rappelée à sa première simpUcité. l'nris, 1707, in-8°, 2 vol. — VIL. De la contagion, de sa nature, de ses effets, de ses profjrcs et des moyens les jAiis sûrs, etc. Sl-Pétersbourg; 4771, in-8°. — VIII. Education pliysique et morale des deux sexes pour les rendre aussi utiles aux autres qu'à eux-mêmes (trad. du russe). Besançon, 1777, in-4% lig. — IX. Les maladies du cœur et de l'esprit. Paris, 1793, in-8°, 2 vol. E. Bgu.

CLERMOXT (Ch.) Cil latin Claramontius. Médecin anglais qui vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On ignore les circonstances de sa vie. Mais il mérite d'être mentionné pour avoir mis en pratique les grands principes formulés par Hippocrate dans le fameux traité De aère, aquis et locis. Clermont, l'un des premiers nous a donné une topographie de l'Angleterre, formant un tout petit volume de 180 pages, et dans laquelle à travers une érudition un pou prétentieuse, alors très en vogue, on trouve beaucoup de faits intéressants et judicieusement exposés dans l'ordre même institué parle père delà médecine.

Voici le titre de cet ouvrage :

De aère, solo et aquis Angliœ ; deque morbis Anglorum vernaculis ; necnon observationes medicce cambrobritannicœ ratiocinatione et curandi methodo illustratœ. Lond., 1072, in-12.

E. Bgd.

CLERMOXT-FERRAlVD (Eaux MINÉRALES de), protof/ierma/es ou hypothermales, poh/metallites ou ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Chef-lieu du département du Puy-de-Dôme, n'est point, à proprement parler, une station minérale, car ses sources n'attirent pas les nombreux malades qui ne font que les visiter en se rendant aux eaux thermales de l'Auvergne. Les eaux de Glermont-Ferrand ne sont employées en thérapeutique que par les médecins de cette ville, et si leurs vertus curatives ne méritent pas qu'on leur prête une attention spéciale, les autres usages auxquels elles conviennent peuvent intéresser le naturaliste et le médecin. Clermont possède trois sources principales, mais chaque sondage fait découvrir l'eau minérale. Les sources de Glermont- Ferrand sont connues par les noms de source Saint-Alyre, de source de Jaude et de source de Sainte-Claire. La source des Roches, tout près du faubourg, a été décrite en particulier, voy. Les Roches.

1» Source Saint-AUjre. Cette source dans le voisinage de laquelle coule la petite rivière la Tirelaine, est la plus renommée de Clermout-Ferrand ; aussi les étrangers s'en font-ils un but obligé de promenade. A son point d'émergence qui se trouve au coin de la rue des Chats et de la rue Saint-Arthème, dans le faubourg Saint-Alyre, cette eau est reçue dans une auge de pierre de Volvic, dont les parois en contact avec l'eau sont recouvertes par un enduit jaunâtre, ocracé, assez épais, malgré les fréquents nettoyages auxquels il assujettit. A la surface de l'eau et au point où elle s'arrête, des conferves vertes se sont développées et l'entourent d'un cordon de deux centimètres de hauteur, un conduit circulaire de bois de cinq centimètres de diamètre conduit l'eau à un bâtiment situé dans le jardin à vingt-quatre mètres environ. Là s'opèrent les incrustations dans deux pièces garnies chacune de cinquante-trois rayons formés par des planches mobiles en amphithéâtre, espacées en général de dix centimètres, que l'on rapproche ou que l'on éloigne suivant la forme ou le volume des objets à incruster. L'eau du filet principal de la source, amenée à la partie supérieure du bâtiment, s'engage dans des conduits spéciaux d'où elle ne sort que par filets déliés et même goutte à goutte, pour tomber sur les gradins isolés qui

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supportent les fruits, les animaux empaillés, les paniers en osier tressé, les moules à figurines et à entailles pour camées et médailles, etc, etc., que l'on veut incruster ou reproduire en relief. Le dépôt qui s'y atlaclie est, au bout d'un temps plus ou moins long, suivant la dimension des objets, d'un blanc jaunâtre foi'mé en grande partie de carbonate de cliaux coloré par une petite quantité de fer bydroxydé qui se modèle exactement sur tous les corps constamment mouillés par l'eau minérale. Le fdet principal de cette source coulait d'abord au niveau du sol ; mais des dépôts succesifs ont formé une sorte de monticule, et l'eau a produit une masse de travertin qui passe sur la rivière de Tiretaine et porte le nom de pont de pierre. Ce n'est qu'à une assez grande distance du pont de pierre que l'eau reparaît à la surface de la terre. Cette masse d'environ quatre-vingt mètres de longueur, élevée de six mètres au-dessus de l'eau de la Tiretaine, commence à Deui- de tcj'ie à son extrémité la plus rapprocbée de la source, et a l'aspect d'un mur augmentant de bauteur et d'épaisseur à mesure que l'on s'éloigne du point de départ. Le sommet s'élargit aussi graduellement et l'on y remarque encore une espèce de sillon par où s'écoulaient sans doute les eaux qui ont produit cette éminence. L'eau du iilet principal de la source de Saint-Alyre est lim[)idc, claire et transpai-ente avec une odeur ferrugineuse marquée: sa saveur à la fois lixivielle et martiale est assez désagréable et rappelle celle de la Grande-Grille de Vichy. Elle est difficile à digérer quoique gazeuse, et les bulles qui viennent de temps en temps à sa surface, recueillies sous un verre, éteignent les corps en combustion. Cette eau rougit instantanément le papier de tournesol, qui reprend bientôt sa couleur bleue au contact de l'air. Sa température est de 23", 5 centigrade, celle de l'air extérieur étant de 30" centigrade. Le filet principal de la source de Saint-Alyre a un débit de 34,560 litres d'eau en vingt-quatre heures; sa densité est de 1,0016. Il existe une deuxième origine à cette source beaucoup moins considérable qui ne fournit que 11,520 litres en vingt-quatre heures. 11 appartient à un autre propriétaire qui a fait construire un établissement de bains dont l'eau est chauffée à la vapeur. 11 est composé de vingt-sept cabinets ; cinq sont à deux baignoires, deux sont réservés pour les grandes douches. Les baignoires sont de bois et, à cause des incrustations, elles devraient être de fonte émaillée. Nous donnons l'analyse de l'eau de la source Saint-Alyre avec celle des sources de Jaude et de Sainte-Glaire. L'eau de la source Saint-Alyre était autrefois employée en boisson, mais elle ne sert plus aujourd'hui qu'en bains et en douches. « Elle est prescrite alors contre les manifestations scrofuleuses, le rhumatisme et la chlorose. » Chevallier, Essai sur les eaux minérales de Clermonl, 1855, p. 9.

2" Source de Jaude. Un hangar en planches ouvert de tous côtés abrite le bassin de pieiTe dans lequel est versée par un tuyau de plomb, l'eau de la source de Jaude dont le trop-plein se rend dans le ruisseau de la rue de la Garelot (place des Eaux-de-Jaude). Un dépôt ocracé, évidemment ferrugineux, recouvre les parois intérieui-es de la fontaine et les pierres du ruisseau mouillées par l'eau minérale. On voit que l'installation de cette source, captée de l'autre côté de la route, à deux cent-cinquante mètres environ de la fontaine, est assez peu confortable. La ville loue à un menuisier dont l'habitation est voisine, et moyennant une redevance annuelle de 200 francs, cette fontaine située sur le bord de la route de Royat ou de Saint-Mart, à gauche et à cent mètres de la barrière, de Jaude. L'exploitation de cette source consiste dans la perception de

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cinq centimes par personne venant boire la quantité d'eau qui lui convient avec la faculté d'en emporter un litre. Il est curieux de voir tout ce monde, parmi lequel se trouvent des enfants, profiter du droit qu'il a acheté et ingérer des doses énormes, séparées seulement par le temps que mettent les verres à se remplir. L'eau de Jaude est claire, limpide et transparente, incolore et sans odeur. Son jet coule avec des intermittences continues, occasioimées par le gaz: qu'elle contient, et dont la quantité est notamment plus considérable après un intervalle de trente minutes environ. Son goût est aigrelet, ferrugineux, mais nullement désagréable. Elle rougit le papier bleu de tournesol qui ne tarde pas à reprendre à l'air sa couleiu' première. La température étant de 26° centigrade, celle de l'eau de la source de Jaude est de 22», 2 centigrade; sa densité est de i,0014. Son analyse chimique se trouve au tableau qui suit la description de la source Sainte-Claire. Les eaux de la fontaine de Jaude sont employées à l'intérieur par les habitants de la ville ; mais quelques-uns en font usage avec répugnance, bien que le médecin les leur conseille. Ils craignent qu'il ne se forme des pierres dans leur cslomac comme dans le jardin de Saint- Alyre. « La dose des eaux de Jaude, dit M. le docteur Nivet, est de deux à six verres le matin à jeun. Quand elles sont bien supportées, on peut en faire usage aux repas, en ayant soin de les mélanger avec un peu de vin rouge. Ce mélange doit èlre bu aussitôt qu'il est préparé car, au bout de quelques minutes, il prend mie couleur violette peu appélissantc. Ces eaux sont administrées avec succès dans la chlorose et ses diverses complications, l'anémie, l'embarras gastrique, la dyspepsie non compliquée de gastrite, la leucorrhée atonique et les phlegmasies chroniques et invétérées de l'urèthre et de la vessie » [Dictionnaire des eaux minérales du département du Piiy de-Dôme, 1846, p. 71).

5° Source Sainte-Claire. Le griffon de la grande source de la rue de Sainte- Claire émerge dans le quartier de Fontgiève et de Sainte-Claire. On y rencontre plusieurs sources plus ou moins abondantes, peu utilisées et qui paraissent communiquer entre elles. La source principale a son point d'émergence dans l'enclos de l'ancien couvent de Sainte-Claire. Cette eau a les mêmes propriétés physiques etchimiques que celles des deux sources précédentes; seulement sa température est do 22"* centigrade et sa densité de 1,001 6. 11 y avait autrefois un petit établissement de bains construit sur le griffon de la grande source Sainte-Claire, mais il n'existe plus aujourd'hui. L'analyse chimique des sources de Clermont-Ferrand a été faite, en 1 862, par M. Jules Lefortqui a trouvé dans 1 ,000 grammes de l'eau de chacune d'elles les principes suivants :

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