‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 14 sur 63 · CLOT · texte numérisé non relu

CLOT

quiiia, ses épigrammes, sa version rhytlimée des apliorismes d'IIippocrate, celle

<lii De tuendâ valetudine de Cclsc, les corrections qu'il a apportées au poëme

<rA[!olloiiius Collactius : Le combat de David avec Goliath. Ces ouvrages portent

ces tities :

1. Pétri ApolUni Collalini carmen de duello DavuUs et Goliœ, cmendatum atque illuslrcUuni. Tubin^ue, 1702, 111-4° — II. Carmen de cortice Periiviano, remedio variolarum proj)hijlaclico val.'le Itinitando. Leyde, 17(15, jn-i°. — III. Medicnmentinn non tto).\jxp/i(itov scd ixu-jyo'jnTO-j, révélai, cleghque laliins decaulat Jtinus Irœnœns Solisciis. Iltreilil. I7S3, ifi-8». — IV. A. Corneld Celsi de tuenda sanïlatc volumcn, elcgis lulinh expressam; sub jicitiir ipse Celsi contextus, parlim e lihis, jmrtim ex inqcnio emendaliis, cuni vnrietaie lectimis lommianœ, Hudenianœ, krausianœ, tarcjanœ, et valartianœ. Tubiiig-iie, 1785, in-8°. — V. Hippocralis Aphorisini elegis latinis rcddili. Tubiiigue, 1780, iii-S". — ^l. Epigrammaluin in Mxyeipo-j, medicum Franco furlanum, decas., 1787, 111-4°.

Closs (Charles-Frédéric). Fils du précédent, né en d7G8, et mort le 10 mai 1795, avait tenu une chaire extraordinaire de médecine à Tubingue. Il a laissé plusieurs ouvrages, écrits, presque tous, en allemand, et dont les principaux sont :

I. Alj/iandlung ûber die Kranliheiten der Knochen. Tubing., \10'<, in-8». — IF. Abhandl. ûbcr die Durchbolirung des Bruxlbeinn. Marburg, 179 >, in-8». — III. Aninerluingen ûber die Lehre von der Empfnidlichkeit und Reizbarkeit der Tlieile. Tubinjjcii, 171)5, iii-8°.

Cï.OT (Antoine-Barthélémy), dit Clot-Bf.y, né à Grenoble le 7 novembi'c 1793. Bien que né dans une position plus que modeste, poussé par une ardeur incroyable pour le travail et soutenu par quelques personnes qu'intéressait sa situation, le jeune Clôt arriva par concours à se faire admettre comme chirurgien interne à l'Hôtel-Dieu de Marseille, et chef des travaux anatomiques de l'école secondaire de cette ville. Cette situation lui permit de se fiùre recevoir docteur en médecine (1820) et docteur en chirurgie (1825) à la faculté de Montpellier. Puis il s'établit à Marseille pour y exercer la chirurgie. C'était l'époque oîi Méhémet-Ali, vice-roi d'Egypte, s'efforçait de relever ce pays jadis si florissant, à l'aide des sciences et des hommes de l'Europe ; Clôt, alors dans une position assez précaire, accepta avec empressement les offres qui lui étaient faites par les agents du paclia et partit vers 1825 avec le titre de chirurgien en chef des armées. Il eut bientôt conquis la confiance de Méhémet, qui se connaissait en hommes, et il put réaliser les plans qu'il avait conçus. Craignant l'opposition de quelques personnages haut placés, il fonda d'abord un conseil supérieur de santé, dans lequel il eut l'iiabileté de fliire entrer ceux dont il craignait l'opposition, et qui dès lors se virent obligés de le soutenir. Malgré toutes les difiicultés d'une telle entreprise, il organisa l'Hôpital-École d'Abou-Zabel, à quelques lieues du Caire, et là, secondé par des professeurs de différentes nations, allemands, italiens, français, il entr-eprit un enseignement complet de la médecine. Cette œuvre avait excité au plus haut point l'indignation des fanatiques musulmans, ennemis, comme ceux de toutes les re'igions, des progrès et des lumières. Clôt faillit même payer de sa vie son dévouement à la science. Un jour, au milieu d'une démonstration d'anatomie, un élève le frappa de son poignard ; heureusement le coup mal dirigé glissa siu' les côtes et ne fit qu'une blessure insignifiante. Il avait également établi une école d'instruction médicale pour les femmes qui étudiaient l'obstétrique et les maladies de leur sexe. En 1851, le zèle et les services de Clôt furent récompensés par le titre de bey avec le rang de colonel, et quelques années plus tard celui de général. On le

'14'2 LLiUWJiO.

vit à Paris, en 1852, lorsqu'il amena une douzaine déjeunes Arabes qui devaient compléter en France leur instruction dans les sciences médicales, afin de contribuer à les répandre dans leur pays. A la mort de Méhémet-Ali, en 1849, Clot-Bey revint pour se fixer à Marseille, mais, en i856, il dut retourner en Egypte pour réorganiser les institutions qu'il avait créées et qu'avait laissé dépérir le stupide Abbas-Pacha, dernier représentant de l'esprit rétrograde dans ce pays. Rentré enfin dans sa patrie, Clot-Bey jouit encore quelques années du repos qu'il avait si bien mérité et mourut le 28 août 1868. Il avait le titre d'inspecteur bonoraire du service médical en Egypte; il était commandeur de l'ordre lie la Légion d'bonncur, décoré d'une foule d'ordres étrangers, membre de la plupart des sociétés savantes de l'Europe.

Pendant la durée de son service en Egypte, Clôt eut l'occasion de pratiquer la plupart des grandes opérations de la cbirurgie; témoin de la terrible peste de 1855, il n'bésita pas à se ranger avec Aubert et quelques autres du parti de la non-contagion et de l'inutilité des Quarantaines, surtout telles qu'elles étaient alors entendues et pratiquées.

Ou a de lui les ouvrages suivants :

I. rtrchevc/'cs et observations sur le sphiùlis ou inflammation de la moelle épiuière. Th. de Moutp., I8.0, n" 54 — II. Considcralions sur les abus et les dangers de la manœuvre instrumentale dans l'art des accouchements 'lli. de Moiitp., 1823, n° 5. — III. Compte rendu des travaux de l'Ecole de médecine, d'Abou-Zabel cl exposé de la conduite, etc. Marseille, 1830-52, in-8°. — IV. Aperçu général sur l'Egypte. Paris, 1840. in-8°, 2 vol. — V. De la peste observée en Egypte Paris, 1!<40, in-S" — VI. Compte rendu de létal de l'enseignement médical et du service de santé en Egyp'e. 1849, iii-S". — VII. Coup d'œil sur la peste et les quarantaines. Paris, ls51, in-8°. — VIII. Méhcmet-AU, vice-roi d' Egyp'e. Marseille, 1802, in-8°. — IX. Derniers mots sur la contagion de la peste. Marseille, 1800, in-8». — X. Suite de brocluires sur dillérents sujets de médecine et de chii'vu-gie (sur les maladies des yeux, sur Je dragoiieau, sur les calculs vésicaux et sur dilférentes opérations pratiquées en E&ypte), puLdiées à Marseille en 1830. E, Ccu.

CLOTUO. Voij. Araignées.

CLOU (Pathologie). Voy. Furoncle.

CLOU DE GIROFLE. Voij, Gimoflier.

CLOtS FCMAl^TS. La formule des clous fumants a été donnée à l'article 'Benjoin (p. 79). [Voij. aussi Fumigations.) - D.

CLOL'S MATRICES. Les fruits du giroflier portent quelquefois dans le commerce le noiU' de clous matrices.

CLOL'TIERS (Hygiène). Voy. Fer.

CLOI'ISSES. Voy. Claumsîes.

CLOWES (William). On ne trouve rien, dit Aikin, sur la personne de ce cbirurgien éminent qui tlorissait dans la seconde moitié du seizième siècle, que ce qu'il nous en apprend lui-même, dans ses différents ouvrages. Élève de Georges Kcble, Clowes fut d'abord cbirurgien de marine, il remplissait cette fonction en 1570; revenu en Angleterre on le trouve fixé ù Londres en 1575, et

CLUBIONE. 145

ii sut alors se faire dans la pratique une réputation qui le porta à la position de cliirurgien des hôpitaux Saint-Barthélémy et du Christ. De là, il lut appelé en 1586, par le comte de Leycester, commandant de l'expédition anglaise dans les Pays-Bas, pour être mis à la tète du service de santé de l'armée. Enfin, on voit qu'il fut un des chirurgiens de la reine. On ignore l'époque précise de sa mort, cependant on peut affirmer qu'elle est antérieure à 1631 ; en effet, à cette date, Alex. Read, dans une leçon, parle de lui, comme d'un homme déjà mort : « Maître Clowes, dit-il, qui pendant sa vie était un des membres les plus illustres de notre compaguie... »

Clowes a laissé deux ouvrages principaux qui justifient l'estime que faisaient de lui ses contemporains. Dans le premier qui est relatif aux maladies vénériennes, il déplore la fréquence de cette affection en Angleterre, fréquence telle que dans l'espace de cinq ans il a pu en traiter un millier de cas à l'hôpital Saint- Barthélémy. Sa méthode habituelle de traitement était l'emploi des frictions mercurielles poussées jusqu'à salivation et associées aux sudorifiques, il vante aussi beaucoup l'emploi du turbith minéral et du mercure diaphorétique. Dans son traité sur les brûlures par la poudre à canon et par les armes à feu, et qui renferme un grand nombre de faits et de remarques qui lui sont propres, il accorde surtout sa confiance aux topiques émollients. Un cas de fracture connninutive des deux jambes qu'il est parvenu à guérir sans amputation, montre qu'il connaissait très-bien le prix de la chirurgie conservatrice. Une chose assez singulière c'est que, dans les amputations des membres, il n'avait pas recours à la ligature des artères, déjà pourtant bien connue de son temps, mais seulement aux poudres absorbantes et astringentes appliquées à l'aide de plumasseaux de charpie et d'étoupes maintenues par un bandage compressif. Haller cite, en outre, un traité du même auteur concernant la scrofule et dans lequel il cite un cas de guérison chez un individu touché par la reine Elisabeth.

Voici ce qui nous reste de cet homme distingué, remarquons que les titi'es diffèrent quelque peu suivant les éditions.

T. A short Profttahh Tiealise touchincj the Cure of the Diseuse called Morhus gallicus by Unctions. To which is added an Account of the Nature ( ffjuicksilver, by G. Baker. Londùn, 1575, inl2 ; 6° édit-, 1037, in-4°. — II. A provcd Practice for AU Youncj Chirurcjians, conccrning Bumincjs with Gun-Powdcr and Wounds made with Gunshot, Sword, Halbards, etc. Lond., "1588, iu-8°, plus. édit. — III. Right Fructfull and Approved Treaiise of the Struma. Lond., 1602. E. Bgd.

CLIjBIOXE (-/.),yw se distinguer, et êiwvaw faire violence). Genre d'araignées établi par Walckenaer, réputées venimeuses, très-abondantes dans les parcs, les jardins, et qui pendant tout l'été revêtent de leurs toiles, ou de leurs coques blanches les arbres, les murs et même les habitations.

Les cai-actères des Clubiones se tii'ent de la position des yeux disposés en deux lignes rapprochées sur le devant du céphalothorax, les yeux intermédiaires de la ligne supérieure sont plus écartés que ceux de l'antérieure et plus rapprochés des latéraux qu'ils ne le sont entre eux. Les mandibules sont verticales, pouvant se porter facilement en avant; les pattes-mâchoires ont des coxopodites étroits, allongés, écartés, à extrémité dilatée, n'enclavant pas la lèvre ; celle-ci allongée, ovalaire, dilatée au milieu ; pattes fortes ; six filières allongées.

Les (Clubiones sont des araignées à teintes claires, fauves ou brunes, dont l'abdomen est soyeux et velouté; elles construisent des coques, ou cellules, de soie très-blanche dont elles s'éloignent pour chasser leur proie. Très-voisines

H4 CLUSiii.

des Brasses dont elles ne diffèrent que par la bouche, elles se rapprochent aussi de la Scgestrie perfide [voij. ÂRAicNÉrs).

Les espèces les plus communes sont : la Clubione soyeuse [Chihionaholosericea Latr.), à céphalothorax et pattes d'un jaune blanchâtre avec l'abdomen gris et velouté, à reflets soyeux, argentés. Elle est extrêmement répandue autour de Paris. Quand on l'inquiète, elle sort de sa coque, se laisse tomber, sans se suspendre à un fd, reste d'abord immobile, puis s'échappe vivement et construit une autre demeure. Le cocon des œufs fait en juillet est peu garni de soie, les œufs forment de petites saillies. — La Cluhione amaranthe (C. amarantha Latr.), presque aussi commune que la précédente, ne s'en distingue que par son abdomen d'une couleur rougeàlre. Ces deux espèces qui pénètrent souvent dans les cocons d'autres araignées pour sucer leurs œufs, ont pour ennemis une espèce d'ichneumon {Pimpla Fairmairei Laboulb.) dont j'ai fait connaître les métamorphoses et dont la larve est pourvue de pseudopodes dorsaux {voij. Annales de la Société entom. de France, 1858, p. 797, planche 17, n» II).

Le venin des Clubiones a été expérimenté par Dugès, j'ai déjà rapporté que cet auteur s'était fait piquer un bras par la Clubione nourrice, émettant une goutte de venin, et qu'il n'en était résulté rien de grave {voy. t. V du Dictionnaire, V" série, p. 781). Ces araignées ne sont donc pas redoutables pour l'homme {voy. Araignées). A. Laiîoulisè.ne.

CFXPES. Famille de poissons raalacoptérygieus voisins des salmoncs mais à dents plus petites et dépourvus de nageoire adipeuse et dont le ventre est le plus souvent tranchant. Elle comprend un grand nondire d'espèces pour la plupart exclusivement marines et dont quelques-unes seulement vivent alternativement dans les eaux salées et dans les eaux douces. A la première catégorie appartiennent les harengs, les sardmes, les anchois, etc.; les aloses font partie de la seconde. Toutes les clupes sont des animaux alimentaires et plusieurs sont l'objet d'une pêche très-active. Les melettes {voy. ce mol), dont il existe une espèce vénéneuse dans les parages de la Nouvelle-Calédonie, appartiennent aussi à cette famille. P. Gerv.

criJSSA. L. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Gattiferes, et formant le centre de la tribu des Clusiées. Les plantes de ce groupe sont des arbres ou des arbrisseaux de l'Amérique tropicale, remplis d'un suc résineux; leurs feuilles sont opposées, coriaces, marquées d'une nervure médiane, sans nervures lal;éralcs bien évidentes. Les fleurs uniscxuées, placées à l'exlrémité des rameaux, sont tantôt grandes et en pelit nondjre, tantôt petites et en panicules. Elles ont un calice à quatre ou cinq sépales ; une corolle à quatre à huit pétales. Les fleurs mâles ont un nombre d'étamincs indéfini, et parfois mais non toujours, un rudiment d'ovaires au milieu. Les fleurs femelles ont des staminodes, qui remplacent les élamines fertiles et un ovaire à plusieurs loges pluriovulées. Les fruits sont des capsules polyspermes, épaisses, coriaces ou charnues, à déhiscence septicide. Les graines sont entourées d'un arillode charnu, et contiennent un gros embryon, formé d'une radicule très-développce et de tout petits cotylédons.

La résine qui découle de certains Clusia est employée dans les pays d'origine, soit en guise de goudron, soit comme vulnéraire. Le Clusia rosea, qui croît aux Antilles, où il porte le nom de Figuier maudit, donne le suc résineux jau-

CLUYTIA. lia

nàtre non-seulement de sa tige, mais aussi d'un coips globuleux, qui se trouve au centre de ses grandes fleurs. Ce corps, qu'on a pris pour un radiment d'ovaires, n'est pas autre cliose, qu'une masse d'étamincs stériles. La résiue sert à panser les chevaux. Le Cliisia alba L., espèce encore mal déterminée, qui vient à la Martinique et à la Guadeloupe, donne un produit analogue.

LtN.NÉE. Gênera, 1154. — Plumiei;. Gênera, p. 21. — De Candille. Prodromus, t. 55S. — ExDLiCHER. Gênera, n" 5i38. — Punciion et Tiuana. Mémoire sur la famille des Gultifcrcs. In Annal, sciences naturelles, i" série, XHI, 204. — Centham et Hookeu. Gênera, l, 170. — -Mérat et De Le.ns. Dictionnaire de matière médicale, II, 320.

CLUslLS. Yoy. Lesclose.

CLDTIE. Voy. Cluytia.

CLUïT ou CLUTIUS (Les deux).

Ciuyt (Théodoue-Augeu), florissait en Hollande dans le dernier quart du seizième siècle. C'était un pharmacien de Leyde, fort habih:; en entomologie et en botanique, cl qui eut la direction du Jardin botani(|ue, fondé dans cette ville en 1577. On ignore l'époque de sa mort, et l'on n'est pas plus avancé touchant les particularités de sa vie. Nous lui connaissons les deux ouvrages suivants :

1. Sprccckinghevon de Di/en {Discours sur les abeilles). Leydo, 1597, in-!i°. — II. Van de Byen, haer vonderliche oorsprung, natur, eij gens c/tap. Leyde, 1598, in-S», etc., etc.

Cluyt (AuGEFi), fils du précédent, hérita de son père un goi'tt décidé pour l'étude des plantes ; aussi lui succéda-t-il dans la place d'intendant du Jardin de Leyde. Linné a honoré la mémoire de ce savant homme en donnant son nom à un genre (Clutia), de la famille des Euphorbiacées. On rapporte que Âuger Cluyt ayant, dans un de ses voyages, atteint les côtes d'Afrique, fut trois fois dépouillé de ce qu'il possédait, et privé même de sa liberté par les Barbaresques. Il a laissé :

I. Cahute, siw disseriatio lapidis nephrilici, seu jaspidis viridis, a quibusdam callois dicti, naturam, ^n'opriclales, et operationes exliibens, quam sermonc latine recensât Guiliclmus Guil. F. Lauremberg. Rostock, 1G27, in-12. — II. Opuscula duo singalaria: i" De Nucc mcdica; 2° De Uemerobio. sive Epliemero Disecla, et Majali Verme. Amst., 1634, 111-4°.

CLl]\T14 (Martyn., ex Lindl., Bot. Rég., i. 779). Genre de plantes de la famille des Euphorbiacées, dont les fleurs ont une grande analogie avec celles du groupe des Phylleuthées auquel on les a rapportées jusqu'à nous, quoique leurs loges ovariennes soient uniovulées. Les véritables Cluytia, dont le C. pulchella L. , arbuste du Cap, souvent cultivé dans les jardins botaniques, est le type le plus connu, n'ont pas de propriétés médicinales ; mais on a, à tort, attribué à ce genre plusieurs plantes utiles, notammeut les Croton, qui produisent la Cascacarille. Ainsi, le Cluytia Cascarilla L. est le Croton Cascarilla des Antilles. Le Cluytia Eluteria est le Croton Eluteria qui donne VÉcorce eleulérienne, c'està-dire la plus grande partie de la Cascarille officinale. Le Cluytia collina de Roxburgh {IH. Coromand., II, 37, t. 169 ; FI. ind.,\\\, 732) et le C. patule du même auteur sont des Hephorbiacées à loges biovulées. Leur écorce et leur fruit passent pour vénéneux. Leur bois, dur et rougeàtre, est employé à divers usages. M. J. Lépine, qui a envoyé les capsules de cette plante au Musée des Colonies françaises, les signale comme «médicament tonique». C'est VAdoumn des

DicT. ENc. xvm. 10

146 LiMiunuffl.

indigènes. Le C. /ja/m/c Wall., qui sert aux mêmes usages, n'est qu'une forme de la même espèce. M. Mueller d"Argovie en a fait un Lebidieropsis. four nous, ces plantes doivent rentrer dans le grand genre Amanoa {Hist. des jdantes, V, 256). H. Bn.

CLYMENUM. On trouve dans Dioscoride sous le nom de zVJj/svov, la description d'une plante, dont la tige carrée porte des feuilles semblables à celles du plantain, et des sortes de fruits vésiculeux recourbés. L'auteur la dit astringente et employée contre les crachements de sang.

Linnée a donné le nom à une espèce de Lathyrus, qu'il croit répondre à la plante des anciens, et cette opinion est admise par la plupart des auteurs, et entre autres par Sprengel. Columna avait cru y reconnaître un Scorpiurus.

DiosconiDE. Maleria medica, livre IV, cliap. 13. — Linnée. Species Plantarum, 1032.— Sprengel. Historia Rei herbariœ, I, 183. Pl.

CLTPEOLA. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Crucilcres, et dont une seule espèce, le Clypeola Jonthlaspi L., a quelque intérêt. C'est une petite plante de 5 à 15 centimètres, dont les tiges couvertes de poils brillants, étoiles, portent de toutes petites feuilles oblongues, entières, blanches argentées, et des fleurs jaunes, très-petites, disposées en grappes grêles. Les fruits qui sont caractéristiques, sont des silicules orbiculaires, plates, comprimées, bordées d'une aîle, et contiennent dans leur loge unique une seule graine aiTondie, comprimée, suspendue à un funicule latéral.

La plante vient dans le midi de l'Europe. Elle a été employée comme acre, incisive et antiscorbutique.

Linnée, Gênera, 807. — Species, 910. — De Candolle. Flore française, IV, C90. — Grenier et GuDiio.v. Flore de France, 1, 120. — Mérat et De Lens. II, 520. I'l.

CLYStOiR. Voy. Lavement (histrumentation) . D.

CLYSOPOmPE. Clysoir muni d'une petite pompe à jet continu, et qui sert à la fois pour lavements et pour injections vaginales.

CLTSTÈRE. Voy. Lavemekt.

ciVEOROi>[. Matthiole a figuré, croit-on, dans ses Commentaria, leDapIme Cneorum, L., sous le nom de Thymelœa. Or pour Dioscoride, Thymelea et Cneorum sont synonymes. H. J^^.

CKEORUIH (L.). Genre de plante,, dont la place dans la classification naturelle a été l'objet de quelques controverses, et qui a été rapporté aux Zygophyllées, aux Rhamnés, aux Siniaroubées, etc. Nous en avons fait récemment, dans notre Histoire des plcmtes, le type d'une série ou tribu de la Famille des Rutacées Les Cneorum. ont des fleurs régulières, hermaphrodites, à quatre ou, plus fréquemment, à trois parties. Dans ce dernier cas, leur réceptacle convexe porte d'abord trois sépales, unis intérieurement dans une légère étendue et qui cessent de bonne heure de se toucher dans le bouton, puis trois pétales alternes, plus longs, imbriqués ou rarement tordus dans la préfloraison.

Plus haut, le réceptacle s'épaissit en un disque glanduleux, en bas duquel se voient trois ^épi'essions alternipétal :s dans lesquelles s'insèrent les étamincs,

CNEORUM. Ul

formées chacune d'un filet libre, subulé, et d'une anthère biloculaire, introrse, déhiscente par deux fentes longitudinales. Le gynécée, porté par le sommet du réceptacle, se compose d'un ovaire à trois loges oppositipétales ; séparées par de profonds sillons dorsaux ; surmonté d'un style dressé et dilaté supérieurement en trois lobes stigmatifères. Dans l'angle interne de chaque loge se voient deux ovules descendants, campylotropes, à micropyle supérieur et extérieur, séparés tardivement l'un de l'autre par une fausse cloison incomplète et oblique. Le fruit est une drupe tricoque, dont le mésocarpe, peu épais, recouvre trois noyaux osseux, souvent partagés par une fausse cloison ligneuse (transversale ou oblique et complète ou incomplète), en21ogettes superposées, dont chacune renferme une graine obliquement descendante, repliée sur elle-même en fer-à-cheval, et dont les téguments recouvre un albumen charnu. Son axe est occupé par un embryon arqué, en croc, à cotylédons étroits et allongés, semi-cylindriques, incombrants, et à radicule cylindrique supère. Les deux espèces de Cneorum connues sont des arbustes de petite taille, plus ou moins amers, inermes, glabres ou velus (leurs poils sont dans ce cas insérés par le milieu de leur longueur), à feuilles alternes, simples, entières, articulées à la base, non ponctuées ou seulement glanduleuses vers les bords. Leurs fleurs sont axillaires, solitaires ou disposées en cymes pauciflores, avec un pédoncule conné dans une étendue variable avec la feuille axillante, et des pédicelles articulés. Elles habitent la région méditerranéenne et les îles de la côte africaine boréo-occidentale.

L'espèce employée dans l'Europe méridionale et notamment en Provence, est le C. tricoccum L. {Spec. plant., 49), petit arbuste touffu et rameux, à feuilles persistantes, cultivé dans nos jardins, oîi il ne passe souvent l'hiver qu'à la faveur d'un abri. C. Bauhin et Tournefort l'appelaient Chamelœa tricoccos, et SCS noms vulgaires sont chez nous: Camélée, Petit olivier, Garoupe. Ses tiges, hautes de plus d'un demi-mètre, sont délicates, mais si ramifiées, qu'on peut en faire des fagots, qui, près de Narbonne, servent à chauffer le four. Les feuilles rappellent en petit celles de l'Olivier, mais elles sont d'un vei't bien plus foncé, plus glabres et lisses, luisantes en dessus. Les fleurs sont petites et jaunes. Le fruit est formé de trois (plus rarement de deux ou quatre) drupes, qui à la maturité, se séparent les unes des autres ; leur mésocarpe est d'abord d'un vert foncé, plus tard d'un beau rouge. C'est une plante acre, à saveur brûlante ; elle purge énergiquement, agissant comme un diastique, irrite les muqueuses, la peau, peut servir à rubélier et même comme vésicant. Mais il est probable qu'elle n'est pas si active qu'on l'a cru, quand on l'a confondue (ce qui est arrivé plus d'une fois), avec le Garou, auquel on l'a, dit-on, substituée. Plusieurs Daphne portaient, en effet, chez les anciens le même nom de Cneorum que la plante qui nous occupe maintenant. Le mot de Garoupe a aussi, de nos jours, amené plus d'une confusion. Néanmoins, le C. tricoccum est un médicament énergique et qu'il ne faut manier qu'avec précaution. Rondelet l'a préconisé comme hydragogue. On appliquait de son temps sur l'abdomen des hydropiques des cataplasmes de feuille de Garoupe. Il en résultait une forte révulsion, dont on profitait aussi dans les cas de paralysies, d'apoplexies, dans certaines affections cérébi'ales, formes de folie, etc. Ou a donné à l'intérieur les feuilles pulvérisées et le suc exprimé de ces feuilles, ou bien une teinture vineuse préparée avec les rameaux feuilles. Gilibert a vu la poudre, associée à un mucilage, afin de ne pas trop irriter la muqueuse intestinale, guérir des accidents vénériens jusque-là rebelles à bien d'autres médications. On conseille aujourd'hui

ti n 1 ti u o

la poudre des feuilles, à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme 50, en aug. mentant progressivement Jusqu'à 2, 4 et 6 grammes. Le suc extrait, puis épaissi, se donne à la dose de 2 à 10 grammes. On considère les préparations diverses de cette plante comme un médicament altérant, diurétique. Biett (in Dtct. des se. rnédicW, 520), dit que les feuilles constituent un des meilleurs rubéfiants connus. Fourcroy (in Ejicjjd. mélh., IV, 528), dit qu'on en a beaucoup abandonné l'usage intérieur, parce que c'est un purgatif trop violent. « J'ajouterai, dit à ce propos Cazin {Trait, prat. des pi. médic. indicj., éd. 3, 258), que cette pratique s'est conservée traditionellement dans la médecine populaire, et que nos docteurs anodins, pour me servir de l'expression de Gilibert, ont vu plus d'une fois des hydropiques, doucement et infructueusement traités par eux, guérir en quelques jours au moyen d'un violent purgatif administré par un guérisseur de campagne. » 11 y a toutefois une chose à faire remarquer ; c'est qu'on a bien souvent parlé des propriétés très-énergiques du Cneorurn, et qu'il y a encore là quelque point douteux à éclaircir, puisque Loiseleur, qui l'a expérimenté, le considère comme un purgatif doux. Dans ses Recherches et observations sur les propriétés purgatives de plantes indigènes, il établit qu'à « la dose de deux à huit gros », les feuilles sèches n'ont produit que quatre selles au plus.

Le C. pulverulentum Vert., des îles Canaries est employé comme succédané du Quinquina. H- ^^■

L., Gen. pi , n" 48. — Lamk. In Dict. Enc. mét/i., I, 568 ; Snppl., II. 46 ; Illustr., t. 27- DC, Prodrom., II, 85. — Exdl., Gen. plant., 11° 59ji. — MiiRAT et Delens. Dict. Mat. méd., II, 321. — Dentm. etlIooK., Gen. plant., I, 311, 11° \\. — liosExrn., Sijnops plant, diaph., 809. — GnicN. et GoDR. FI. de Fr., 1, 541. — H. Bâillon. Hist. des plantes, IV, 414, 445, 505, liy. 493-496.

CKESTRAIV, Cl^ESTUM. Plante employée par Hippocrate et qu'on croit, disent Mérat et Delens [Dict. Mat. me'd,. Il, 321) être le Cneorumtricoccum, L.

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