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COAGULATION

Les achaines qui succèdent aux fleurs sont cylindriques, marquées de cotes trèstines, surmontées d'un disque cpigyne, à bord membraneux, régulièrement denté et d'une aigrette caduque, double ; l'extérieure formée de'dix soiec raides, allongées, denticulées; l'intérieure, d'un môme nombre de soies, alternes avec les précédentes, mais beaucoup plus courtes.

La plante intéressante du genre Cnicus est le Chardon hénit (Cniciis henedictus L., Centaurea henedicta L., Calcitrapa lamiiiosa Lam.). C'est une espèce de la région méditerranéenne, oti on la rencontre dans les champs. La plante est annuelle, haute de 20 à 40 centimètres, à tige dressée, laineuse, très-rameuse. Les feuilles sont oblongucs, sinuées, dentées, ou sinuées pcnnalifides, coriaces, d'un vert pâle, pubescenles; les inférieures pétiolécs, les caulinaires sessiles et un peu décurrentes. Les capitules sont grands, remarquables par le développement des bractées inférieures de l'involucre, foliacées, ovaleslancéolées, dépassant le capitvJe. Les fleurs sont jaunes et les akènes fauves, placés sur un réceptacle, garnis de très-longs poils, qui se détachent à la maturité, tout d'une pièce, avec une calotte séparée du réceptacle.

Toute la plante a nue saveur amère, et est employée à cause de celte propriété (pour l'usage médical, voy. Chardon Bémt).

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Sprengel. Ilistoria Rei herbariœ, 1, p. 47. Pi..

CKïDiUM GRAKUM OU Cocca Gnidia. On donne ce nom aux fruits du Garou ou Dajihne Gnidium {voy. Gahou).

CIVIQUIER. Nom vulgaire de deux Brésillets de la section Gidlandina, les Cœsalpinea Boiiduc et Bomlucella {voy. Bonduc, vol. X, p. 65). IL B.\.

CXOPF (Les deu.\).

Cnopf (Jean-Jacqoes), naquit à Vienne, le 2 janvier 1660. Tl fit ses études à {Edenbourg, en Hongrie, et fut reçu docteur à Altdorf. Membre du collège des médecins d'Augsbourg (1687), médecin pensionné à Biberach, puis à Ilersbruck; il mourut le 7 novembre 1759, laissant ces trois dissertations:

I. De corpore kumano. Piatisboiine, 168l>, in-4°. — II. De odoramcnlis et suffimcntis. Altdorf, 1080. in-4°. — III. Dcpicâ. Altdorf, 1087, in-4°.

Cnopf (Curistophe-Maximiuen). Fils du précédent; né à Herbnick , le 17 août 1705. Il suivit les leçons de Baier, de Jantke, de Schulze, fut i-eçu docteur à Altdorf, devint membre du collège des médecins de Nuremberg, et mourut dans le courant de l'année 1765. On lui doit:

I. Spécimen animadvcrsianum plujsico-medicorum in loca quœdam ^ovi Teslamcnli. Altdorl, 1728, in-4». — II. Disserlatio de podagrâ retrocedente. Altdorf, 1728, 'm-¥.

COAGULj^TIOîV. La coagulation est, comme le disent avec raison Littré et Robin, « le fait du passage d'une substance non cristallisable, naturellement liquide ou demi-liquide, à l'état demi-solide ou solide », et non le retour d'une substance dissoute à son état solide primitif. D.

l^tJ COALTAR.

COALTAR. Le coaltar est un goudron de houille, son nom est un mot

anglais francisé qui signifie littéralement houille-goudron, et se prononce côltar.

Le coaltar est noir, semi-fluide, il a l'aspect du goudron ordinaire fourni par la combustion des conifères. Son odeur est désagréable. On le trouve parmi les produits semi-liquides de la distillation de la houille. Les usines à gaz en préparent des quantités considérables qu'on cherche à utiliser de toutes les façons. Depuis longtemps l'industrie a su tirer parti de ses propriétés antiputrides.

La composition du coaltar est assez complexe. Les chimistes sont parvenus a retirer de ce mélange les nombreux composés définis suivants : 1 " substances acides: acides phénique et rosalique; 2" substances alcalines : aniline, quinoléine, pyrrhosc, cryplidine, collidine, lukidine, pékinine, picoline, pyridine, parvoline ; 3" substances neutres : benzine, naphtaline, paranaphtaline, toluène, cumène, chryscne, pyrène. On y trouve encore des carbures d'hydrogène, homologues du gaz oléfîant, tels que le propylène et le butylène. Enfin, cette liste déjà si longue n'est certainement pas complète, et, sans aucun doute, deviendra plus considérable par la suite. Parmi toutes ces substances, celle qui joue le rôle principal dans l'emploi médical du coaltar, par ses propriétés désinfectantes et anti-putrides, c'est l'acide phénique.

Le coaltar, dans l'usage qu'on en fait en thérapeutique, le seul que nous ayons à rechercher ici, n'a été appliqué qu'à l'extérieur. Son emploi en chirurgie a été proposé, en 1859, par MM. Corne et Demeaux; M. Corne était vétérinaire, M. Demeaux, chirurgien. Une question de priorité fut bien vile soulevée, comme il arrive communément à propos de toutes les découvertes; Velpeau l'a résolue en disant que si le mélange de plâtre et de coaltar, ou d'autres mélanges analogues éiaient déjà connus et utilisés comme désinfectants dans l'industrie, c'est M. Demeaux qui a eu le premier la pensée de les appliquer à la pratique chirurgicale.

Ces messieurs présentèrent à l'Académie des sciences, séance du 18 juillet 1 859, une note sur la désinfection et le pansement des plaies. La question traitée dans cette courte note, et les résultats promis parurent assez importants pour qu'une commission fût immédiatement chargée de contrôler les faits annoncés; elle fut composée de MM. Chevreul, Velpeau et J. Cloquet.

Yoici le résumé de la note de MM. Demeaux et Ed. Corne : présentation à l'Académie des l'ésultats d'expérimentations nombreuses et variées faites eu commun, dans la pratique privée de M. Demeaux, et à l'hôpital de la Charité dans les salles du professeur Velpeau. Des plaies gangreneuses, des ulcères, etc., fournissant une suppuration abondante et fétide, ont élé favorablement modifiés, et débarrassés de leur mauvaise odeur, par l'action delà substance désiniectaiitc, soumise au jugement de la savante société.

Cette substance est composée de plâtre en poudre et de coaltar, dans la proportion de 100 parties de plâtre pour 1 à 3 de coaltar.

Le mélange des deux substances s'opère facilement à l'aide d'un mortier ou de tout autre moyen mécanique approprié au but. En délayant avec de l'huile d'olive une certaine quantité de poudre préparée d'après la formule ci-dessus, on obtient un produit dont la consistance, qui est celle d'une pâte molle, reste la même, presque indéfiniment, tant qu'il est déposé dans imvase.

L'application peut être immédiate ou médiate suivant les cas ; elle ne produit aucune douleur, elle a une action délersive et une influence favorable à la. cicatrisation.

Ce mode de pansement a la double propriété de désinfecter le pus et les autres produits morbides, et de les absorber. Cette dernière circonstance est d'une importance majeure, car elle dispense d'employer la charpie. Telle était la présentation de MM. Corne et Demeaux.

Velpeau se montra partisan de ce nouveau mode de pansement, qu'il expérimenta dans son service. Dans la séance du 25 juillet il rendit compte des résultats obtenus. Chez quatre malades, des plaies de mauvaise nature, plaie du sein avec ulcération de la peau, abcès de la mamelle avec eschares des téguments, cancer ulcéré occupant le côté gauche de la poitrine et de l'aisselle, plaie contuse de la main avec mortification presque complète de l'un des doigts, furent pansées avec ce topique, soit en poudi^e, soit en pommade ; sous son influence, la suppuration diminua et perdit de son odeur, et en même temps les surfaces malades furent détergées, sans qu'il en résultât ni douleur, ni accident particulier.

De son côté, à l'école d'Alfort, M. Bouley ayant expérimenté le mélange désinfectant de MM. Corne et Demeaux, n'avait qu'à s'applaudir des résultats obtenus, conformes à ceux que M. Yelpeau faisait connaître à l'Académie des sciences. Certaines plaies très-infectes, plaies du garrot et de la région parotidienne, en particulier, étaient devenues inodores, et tendaient à la cicatrisation sous l'influence de l'application de ce topique.

Les succès annoncés paraissaient assez beaux. Cependant la conclusion modeste et réservée de Volpeau, praticien trop expérimenté pour ne pas être prudent, n'était pas en rapport avec les termes satisfaits do sa communication. La voici : « On peut donc dès à présent affirmer que cette matière est de nature à rendre quelques services d<ms le pansement de certaines plaies, et que, peut-être, il serait bon de la signaler aux médecins et chirurgiens qui prodiguent actuellement leurs soins aux ti'op nombreux blessés de l'armée d'Italie. »

Le temps et l'observation se sont chargés de démontrer que Velpeau, avec sa sagesse habituelle, avait eu raison de ne pas s'aventurer dans des promesses trop flatteuses et trop absolues, qu'aurait cependant pu justifier l'engouement de la première heure.

Avant d'aller plus loin dans l'étude du mélange de plâtre et de coaltar, au point de vue thérapeutique, disons de quelle manière on expliquait et interprétait le mode ds son action.

Le plâtre était considéré comme une poudre à peu près inerte, n'ayant d'autre effet que d'absorber les liquides des plaies, et aussi de tenir en suspension l'agent réellement actif du mélange, le coaltar. Quant à celui-ci, il était pour les uns un agent désinfectant proprement dit, c'est-à-dire décomposant les matières putrides, les réduisant à l'état de substances neutres, annihilant leur action délétère ; pour les autres, c'était un corps qui en déplaçait un autre, mais ne le détruisait pas ; l'odeur du coaltar masquait l'odeur du pus, mais ne la supprimait pas. M. Chevreul entreprit sur ce sujet des expériences qui consistèrent à ajouter à des quantités déterminées de matières putrides, une quantité déterminée aussi du mélange désinfectant. Il reconnut la propriété réellement désinfectante du mélange de MM. Corne et Demeaux, ayant observé qu'il atténue l'odeur des matières en putréfaction, ajoutant toutefois que cet effet est en partie dii à l'action du coaltar agissant comme corps odorant. M. Renaut répéta des expériences analogues à celles de M. Chevreul, et arriva à des conclusions identiques mais plus catégoriques ; il constata que le mélange expérimenté enlevait

en peu d'inslants aux matières putrides ou gangreneuses leur odeur infecte, et que l'action désinleclanlc était due au coallai' seul.

Yelpcau fut très-affirniatif, et sans entier dans des considérations cliinii(jiies qui n'étaient pas de son ressort, disait-il, il aftirma avec autorité que le mélange de plâtre et de coaltar, appliqué à des matières putrides, détruit ou fait disparaître l'odeur autrement que par simple substitution, car l'odeur de bitume donnée ensuite par le produit n'est point du tout en proportion du phénomène disparu.

Au cours des expériences, des observations et des discussions auxquelles prirent part, entre autres MM. Dumas et Payen, on reconnut que le nouvel agent proposé par MM. Corne et Demeaux avait une efficacité réelle, soit en empèrliant la formation des fermeufs de putréfaction, soit en arrêtant ou en ralentissant les progrès de la fermentation putride. Dans un mémoire sur les applications du coaltar, le docteur Lcmaire allribuc le pouvoir désinfectant de cette Substance à sou action sur les germes de la fermentation ; ce serait eu détruisant ces germes sur place, au moment où ils sont déposés sur la plaie par l'air ambiant, que le coaltar empêcherait le développement de la fermentation putride.

Du reste, on connaissait depuis longtemps les propriétés antiseptiques du goudron. M. Clievreul rappela que le docteur Georges Berkeley, évêque de Cloyne, dans un livre publié en 1744, recommande l'usage de l'eau de goudron, qu'il considère comme anti-putride. M. Siret, pharmacien à Meaux, M. Bayard et d'autres avaient préconisé depuis plus de quinze ans l'emploi du goudron, comme désinfectant, quand MM. Corne et Demeaux firent leur présentation à l'Académie des sciences. On ne manqua pas de rappeler ces faits, car à propos de toutes les inventions, de pareilles questions sont soulevées, de vieux documents sont exhumés, tout cela, dans le but trop humain pour qu'il nous étonne, de diminuer le mérite des inventeurs ; mais le plus souvent, comme dans e cas qui nous occupe, le bon sens et la saine appréciation font justice des rumeurs et des clameurs j-alouses.

Rarement inventeurs eurent une meilleure fortune que MM. Corne et Demeaux; c'est Velpeau qui se chargea de signaler et de patronner leur découverte, et le maréchal Vaillant lui fit une renommée étendue et rapide en recommandant de l'utiliser pour les blessés de l'armée d'Italie. M. Cuvellier, médecin en chef des hôpitaux de Milan, d'après les instructions qu'il avait reçues, lit appliquer le topi(|uc Corne à un certain nombre de blessés présentant des plaies dégénérées et ré|)andaiit une odeur infecte ; il paraît que le résultat obtenu fut satisfaisant.

Les deux rapports succints que le médecin en chef des hôpitaux de Milan adressa au maréchal Vaillant, et que celui-ci communiqua à l'Académie des sciences, ne renferment que des généralités, et s'ils ont pu contenter l'esprit bienveillant d'un maréchal prévenu, ils ne constituent pas un document scientilique dans lequel on puisse trouver des indications précises et certaines. Il y est dit, sans observations à l'appui, que sous l'inlluence de cette préparation et d'un bon régime, les plaies, d'abord désinfectées, se sont ensuite modifiées, et que l'aspect de la plupart d'entre elles s'est amélioré en peu de jours. Au moment où M. Cuvellier écrivait ce rapport, l'expérimentation en était seulement au treizième jour ; il ne pouvait guère en tirer des conclusions suffisamment motivées. Je ne sache pas qu'il ait publié d'autres documents sur ce sujet.

Il ne paraît pas que beaucoup de chels de service aient suivi l'impulsion donnée par Velpeau, aient été convaincus par sa parole, car les journaux de

COàLTAR. 155

îoéflecine de raiméc 1859 ne renferment presque pas d'observations de l'emploi du mélange Corne dans les divers hôpitaux de Paris et de laprovinee. Les pansements faits avec les poudres sont toujours» compliqués, et dans l'application du pansement, et surtout dans la levée de l'appareil. De plus, le choix du plaire comme absorbant n'était pas un choix heureux. Pour absorber les liquides, il faut des substances qui s'imprègnent, qui s'imbibent, et même qui agissent par le phénomène de la capillarité, de telle façon que les liquides inertes ou putrides arrivent à être renfermés dans les pièces de pansement et non dans les tissus où siègent les plaies. Le plâtre ne présente pas ces conditions, car il durcit au contact des liquides et devient imperméable.

M. Bonnafont, médecin principal à l'Hôtel des Invalides, expérimenta la poudre de coaltar et plâtre, en se mettant dans les conditions les plus sévères d'exactitude et de rigueur cliniques. Ses observations, prises durant une période de trente-deux jours, étaient suffisantes pour permettre de formuler un jugement sur ce mélange : il reconnut que cette poudre a la propriété incontestable de détruire ou de masquer l'odeur qui s'exhale des plaies ; elle ne possède que peu ou point de propriétés absorbantes -, la couche de poudi'e qui se trouve immédiatement en rapport avec la plaie s'imbibe et durcit bien vite. M. Bonnafont croit, contraii'ement à l'opinion émise et soutenue à l'Académie des sciences, que l'odeur du pus n'est pas détruite, mais seulement masquée par celle du coaltar; ces deux odeurs ne seraient, suivant lui, que juxtaposées. Le manuel des pansements est singulièrement compliqué par l'usage de cette poudre, longue à appliquer, difficile à enlever ; de plus, son imperméabilité causant la stagnation du pus sur la plaie oblige à des pansements fréquents. Quant à l'action de ce topique sur des surfaces ulcérées et blafardes elle est incontestablement salutaire : mais il est difficile d'assurer qu'elle soit supérieure à celle des poudres simples ou composées, employées depuis longtemps dans les mêmes cas.

Voilà quelles étaient les conclusions de M. Bonnafont ; conclusions sages, résultant d'observations bien prises, ayant le mérite de replacer à un niveau moyen, en très-bon rang toutefois, un médicament que des prétentions exagérées avaient voulu porter en tête de la thérapeutique chirurgicale.

Le docteur Bertherand, dans une lettre publiée par la Gazette médicale de l'Algérie, énonce sur la poudre Corne-Demeaux;, une opinion conforme, à celle exprimée par M. Bonnafont.

Est-ce à dire que le coaltar soit une substance inerte? Non, sans doute, et pour mon compte je le considère comme un agent précieux que j'emploie souvent dans ma pratique ; du reste, l'usage qu'on fait aujourd'hui de l'acide phénique, auquel le coaltar doit ses propriétés, est le meilleur argument en faveur de son efficacité. Mais son mélange avec du plâtre rendait son emploi difficile, et nuisait à son action, pour les raisons que nous avons dites. M. Demeaux dut reconnaître lui-même la justesse des observations qu'on lui fit à ce sujet, et il remplaça le plâtre par de lu farine. {Acad. de med., 29 novembre, 1859, lettre de M. Demeaux).

Cela ne suffisait pas ; avec les topiques pulvérulents il n'y a pas de pansements simples, et la simplicité dans les pansements est d'un avantage tel, qu'il faut pour la compenser la pi-omesse et l'assurance de résultats remarquablement heureux; les inventeurs devraient se le tenir pour dit. Pour obtenir du coallar les bons effets qu'il pouvait produire, et pour vulgariser son usage avantageux, il élait nécessaire de modifier la forme sous laquelle on l'employait. M. LeBeuf,

phavmacien de 1" classe, à Bayonne, eut l'idée d'unir le coaltar à la saponino extraite de l'écorce de quillaja saponaria, dans la proportion de 1,000 grammes de coaltar pour 2,400 grammes de teinture alcoolique de saponine; il obtint ainsi une combinaison fort active qui sert à faire une émulsion saponinée. En ajoutant 100 grammes de cet alcoolat à 400 grammes d'eau de fontaine, on obtient une émulsion facile à manier, dont on peut se servir pour des lavages ou des injections, et en application sur les plaies ou les ulcères.

M. le professeur Legouest s'est arrêté à la préparation suivante, qu'il doit à l'obligeance de M. Goulier, pharmacien principal : coaltar 2 grammes, alcool à 50», 1 litre. On emploie cette liqueur mêlée d'eau en proportions variables ; en général, un litre d'alcool de coaltar suffit à coaltariser dix litres d'eau. M. Legouest a remarqué que dans un grand nombre de circonstances, ce topique a modifié rapidement l'abondance et la qualité de la suppuration.

Je reviens à la préparation de M. Le Beuf ; elle constitue un topique au coaltar infiniment supérieur au mélange plâtré de Corne et D émaux, et son usage, qui est assez répandu aujourd'hui, serait, sans doute, plus habituel si l'acide phénique n'avait pas été découvert. Quelques chirurgiens s'en servent toujours. M. le docteur Beau, de Toulon [Archives de médecine navale, 1875, t. XIX), médecin en chef de la marine, professeur de clinique et de pathologie chirurgicales à Brest, dans un remarquable mémoire sur le traitement des plaies, constate les bons résidtats qu'il a obtenus de l'application des pansements anti-septiques par le coaltar et le charbon, et l'émulsion au coaltar saponine. Les détails de la pratique de cet habile clinicien doivent nous arrêter un instant. Il procède de la façon suivante : la plaie, accidentelle ou chirurgicale, est d'abord détergée avec soin; les corps étrangers, les esquilles, les caillots, les détritus, sont enlevés minutieusement ; on la saupoudre alors d'une poudre composée de quatre parties de charbon de bois léger et d'une partie de coaltar ; c'est le mélange recommandé par le docteur Herpin, de Metz; puis on le recouvre d'une couche épaisse de charpie, préalablement pénétrée de la poudre au charbon coaltaré; par dessus la charpie on étale des compresses faites d'un linge épais, tomenteux et à larges mailles ; toutes ces pièces de pansements sont maintenues par une petite bande ou une compresse longuette ; alors on les arrose largement et très-abondamment avec l'émulsion au coaltar saponine, de telle sorte que toutes les parties de l'appareil soient complètement imbibées ; l'émulsion doit êlre à une température un peu supérieure à celle du coi'ps. Quand tout cela est fait on enveloppe le pansement tout entier d'une toile imperméable.

Le docteur Beau se loue beaucoup de l'emploi de ce pansement au coaltar, qu'il a adopté depuis plus de dix ans, et qu'il applique à toutes les plaies, accidentelles ou chirurgicales, ainsi qu'aux plaies d'amputations ; il le considère comme un excellent préservatif des accidents infectieux des plaies, et il lui attribue une bonne partie des succès de sa pratique.

II l'a aussi employé dans les cas de pourriture d'hôpital. M. Beau considère cette terrible complication des plaies comme une végétation cryptogamique, constituée par des microphytes se multipliant à la surface d'une plaie. En raison de cette opinion, il applique le pansement au coaltar sur les plaies atteintes de pourriture d'hôpital, afin de détruire les germes parasites et d'empêcher leur développement. Cependant, le chiruigien de Brest a reconnu (|iiole coaltar est impuissant contre la pourriture d'hôpital confirmée, mais il serait assez actif pour la prévenir souvent, et pour s'opposer ù son cxlension après

que des agents plus énergiques, tels que le fer rouge et le perclilorure de fer, auront détruit sur place les parties envahies. Quand les tissus malades ont été profondément modifiés par l'application du feu ou du perchlorure de fer, la plaie est recouverte du pansement au coaltar, et isolée par l'application de la toile imperméable; placée dans ces conditions la plaie serait à l'abri, le plus souvent, d'une nouvelle poussée de pourriture d'hôpital. Les résultats heureux obtenus par ce traitement, dans certains cas, paraissent confirmer sa valeur. Déjà, en 1860, le docteur Jacquemont avait adressé à l'Académie des sciences un mémoire sur l'emploi du coaltar dans le traitement de la pourriture d'hôpital, et lui aussi avait constaté les bons effets produits par cet agent thérapeutique.

11 est très-difficile, et tous les médecins le savent, de connaître la véritable valeur d'un médicament nouveau comme d'une méthode de traitement nouvelle ; et l'on ne peut guère s'en rapporter au dire des inventeurs qui s'abusent ingénument de la meilleure foi du monde. Souvent un mode de pansement nouveau réussit pour une toute autre raison que celle que s'imagine son inventeur, et dont il ne se doute pas ; il réussit, non pas à cause des vertus du topique employé, mais à cause du soin qu'on apporte à l'appliquer. Quand un inventeur panse une plaie avec son topique précieux, ce n'est pas tant la plaie qu'il soigne, mais, sans qu'il s'en rende compte, c'est son topique lui-même ; et le malade bénéficie alors de la recherche des soins qui lui sont donnés, tout en attribuant sa guérison à un baume bien innocent. Qui de nous n'a vu des faits analogues se passer à propos de certaines fractures traitées et maintenues à l'aide d'appareils nouveaux, ou réputés tels ?

A toutes les époques on a vu des chirurgiens chercher à soustraire les plaies au contact de l'air ambiant, sous la seule inspiration de leur observation clinique ; mais depuis que les recherches des savants, entre autres MM. Pasteur, Pouchet, Joly, etc., ont démontré la présence dans l'air d'une foule de paiiicules organisées, dont les évolutions sur un terrain favorable conduisent au phénomène de la fermentation, c'est dans ces petits corps qu'on a cherché les causes des altérations du pus. Ce n'est plus par lui-même que l'air a une propriété nocive, mais c'est par la présence des animalcules qu'il charrie. Il s'agit de défendre les plaies contre l'abord ou l'action de ces animalcules, ce qu'on réalise d'une part en abritant les plaips autant qu'il est possible, d'autre part en faisant périr, eu détruisant l<;s germes dont on n'a pas pu empêcher l'approche. C'est d'après ces vues qu'ont été constituées les méthodes de pansements par occlusion, et de pansements antiseptiques. Le coaltar représente un bon agent des pansements antiseptiques.

Il résulte de l'observation des faits que le coaltar exerce sur les plaies une action détersive et désinfectante ; son application ne cause le plus souvent aucmie douleur appréciable, et dans certains cas il a paru favoriser la cicatrisation. 11 peut rendre de bons services dans tous les cas de plaies exhalant une mauvaise odeur, résultant soit de leur nature, soit des conditions dans lesquelles elles se trouvent, telles que plaies gangreneuses, certaines plaies ou lésions osseuses, cancers ulcérés, plaies anfractueuses ou des cavités closes dans lesquelles le pus s'accumule et séjourne ; il peut être employé en applications topiques et en injections. On peut aussi s'en servir dans les plaies chirurgicales ou autres, pour réaliser, comme nous l'avons déjà dit, les conditions de ce qu'on appelle les pansements antiseptiques. Mais le coaltar n'est pas une panacée, un

de ces remèdes r.niversels, qui n'ont jamais été découverts que par les charlatans. Appliquer le même remède à toutes les plaies serait fiare de mauvaise chirurgie ; il en est du pansement des plaies comme du choix d'un procédé opératoire, il rentre dans la loi commune qui régit les actes d'une saine pratique; la recherche et la connaissance des indications.

Il n'a été question dans cette étude que de l'emploi du coaltar en chirurg-e ; je dois ajouter incidemment et d'une manière très-générale, qu'en sa qualité de désinfectant il peut être utilisé par les arts, l'industrie, et l'hygiène publique ou privée. Les naturalistes et les anatomistes s'en sont servis pour la conservation des animaux et des pièces anatomiques, pour la préservation des colleclioiis d'enlomologic ; de même ils l'ont utilisé pour préserver leurs mains et leurs inslruinents d'atieintes fâcheuses et répugnantes, dans leurs recherches et travaux d'amphithéâtre. Dans les autopsies, dans les exhumations, le coaltar a été employé avec avantage. Il a été proposé pour la désinfection des fosses d'aisance. L'industrie a appliqué ses propriétés à la conservation des bois de charpente, de terrassement, et de toutes les pièces de bois exposées à pourrir.

Servier.

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COBALT. Co OU Cb. Métal isolé par Brandt, en 1753. Ses principaux minerais sont l'arséniure CoAs {cobalt arsenical, smattine) ; le sulfo-arséniure CoAs,CoS^ {cobalt gris, cobaltine). On le trouve aussi dans les météorites associé au nickel.

Le meilleur procédé pour l'obtenir pur consiste à porter à une très-haute

température, dans un creuset de chaux, l'oxalate de protoxyde de cobalt (H. DeviUe).

Le cobalt est d'un gris clair d'acier, tirant faiblement sur le rouge; poli, il approche, par son aspect, de l'argent; sa cassure est grenue; il est passablement dur et peu malléable au rouge. L'arsenic et le manganèse le rendent fragile. Son point de fusion est intermédiaire entre ceux du fer et de l'or. Sa ténacité est supérieure à celle du 1er. Sa densité est comprise entre 8,5 et 8,7. Son équivalent est 29,5, ou la moitié de son poids atomique 59. Pour l'ensemble de ses propriétés chimiques, il appartient au groupe des métaux dits magnésiens {magnésium, cobalt, nickel, zinc, cadmium, manganèse, fer, cuivre).

Ce métal se combine avec l'oxygène en fournissant cinq oxydes, dont deux salins ou intermédiaires, et un acide. En voici la liste :

Protoxyde CoO.

Sesquioxyde Co^O'.

Oxydes intermédiaires. CoO,C-0^ ) i ,•

- - (coo)wr'^^''^^^^'^"^^'

Acide cobaltique. . . . Co0^2.

Le protoxyde étant le mieux connu et le plus employé, mérite plus que les autres de fixer l'attention.

Protoxyde de cobalt. CoO. En fondant un mélange composé de carbonate de soude, de soufre et de minerai {smaltine ou coballine), on obtient un culot de sulfure de cobalt, et une scorie de sulfoarséniate de soude, que l'on élimine au moyen de l'eau ; le culot est traité par l'acide sulfurique étendu et converti de cette manière en sulfate de cobalt ; celui-ci dissous dans l'eau et mêlé à un alcali, laissera déposer le protoxyde.

Cet oxyde à l'état d'hydrate, c'est-à-dire à l'état oîi il se trouve lorsqu'il est séparé d'une de ses dissolutions salines par un alcali, a une couleur bleulavande ; par la calcination en vase clos il devient anhydre, et prend l'aspect d'une poudre vert-olive. Si on le calcine à l'air, il noircit, absorbe de l'oxygène, et augmente par conséquent de poids. C'est ainsi qu'il devient oxyde salin (CoO,Co^O'') et tel qu'on le trouve dans le commerce. M. Genth l'a obtenu en octaèdres microscopiques noirs et brillants.

Le protoxyde de cobalt, sous l'influence d'une température très-élevée, émet quelques vapeurs ; calciné avec de l'alumine, il forme une couleur bleue remarquable par sa beauté et par sa fixité.

Il existe peu de substances douées d'une faculté colorante aussi énergique que l'oxyde de cobalt. Une très-faible quantité de cet oxyde suffit pour colorer une niasse considérable de borax, de verre, ou d'un fondant quelconque. Il est jinncipalement employé à la fabrication du snialt qui sous le nom d'azur, sert à rendre plus agréable à l'œil la blancheur des tissus et du papier, et sert comme couleur bleue dans la fabrication des papiers peints et dans la décoration des poteries.

Protochloruue de cobalt. CoCl. Lorsqu'on attaque le protoxyde de cobalt ou son carbonate, avec de l'acide chlorhydrique, on obtient une liqueur qui, par l'évaporation, fournit des cristaux rouge-groseille, non déliquescents, qui appartiennent au type clino-rhombique, et renferment six équivalents d'eau (Marignac, Mém. de la Soc. de phys. et d'histoire naturelle de Genève, t. XIV, p. 216). Chauffés dans un tube, ces cristaux se déshydratent et deviennent

158 LUJiALl.

bleus. Par le refroidissement, ils absorbent l'eau que la chaleur leur avait fait perdre et redeviennent rouges. La dissolution aqueuse de ce chlorure est rouge cramoisi ; mélangée avec de l'acide chlorhydrique concentré ou avec de l'acide sulfurique, elle devient bleue d'autant plus facilement qu'on la chauffe ; elle devient bleue également si on la concentre par évaporation. Cette propriété fait d'une dissolution de chlorure de cobalt une véritable encre sympathique. En traçant, en effet, sur du papier des caractères avec une pareille dissolution assez étendue d'eau, on aura une écriture qui sera invisible ; mais si on la chauffe les caractères deviendront bleus et par conséquent visibles ; en se refroidissant ils redeviendront invisibles grâce' à l'humidité de l'air qui les ramènera à la teinte faiblement rouge.

On peut se procurer du chlorure de cobalt anhydre quand on dirige un courant de chlore à travers un tube chaud contenant du cobalt en poudre. La combinaison se fait avec dégagement de lumière, et des écailles bleues se forment par sublimation.

Pkrchlorure de cobalt. Sesquichlonire de cobalt. Chlorure cobaltique. Co^CP. Lorsqu'on dissout à froid l'hydrate de sesquioxyde de cobalt dans de l'acide chlorhydrique on obtient une dissolution brune de perchlorure de cobalt, peu stable, iucristallisable et prompte à se décomposer par la chaleur. Le sesquichlorure ou perchlorure de cobalt est, dans ce cas, ramené à l'état de protochlorure avec dégagement de chlore.

Azotate de protoxyde de cobalt. CoO,AzO* -+- 6Aq. On obtient ce sel en dissolvant le métal, son protoxyde anhydre ou hydraté ou son carbonate dans l'acide azotique. La dissolution de ce sel, concentrée par évaporation dans le vide, donne des cristaux d'un beau rouge cramoisi en tables rhomboïdales obliques; ses cristaux sont déliquescents dans l'air humide, fondent au-dessous de 100° dans leur eau de cristallisation et, une fois devenus anhydres, leur masse, de violette qu'elle était, devient verte. L'azotate de cobalt peut servir d'encre sympathique.

Sulfate de protoxyde de cobalt. CoO,SO^-h7 Aq. On prépare directement ce sel en neutralisant l'acide sulfurique par le protoxyde de cobalt ou par son carbonate, et l'on concentre la dissolution à la température ordinaire. Préparé dans ces conditions, le sulfate de cobalt est cristallisé en prismes rouges clinorhombiques. (Marignac, Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. nat. de Genève, t. XIV, p. 246.)

Le sulfate de cobalt est efflorescent, insoluble dans l'alcool, soluble dans vingt-quatre parties d'eau froide. 11 peut supporter une assez forte calcination sans être décomposé.

Caractères chimiques des sels de cobalt. Tous les sels de cobalt sont colorés en rouge, en violet ou en lilas.

Leurs dissolutions, traitées par les alcalis fixes, donnent lieu à un dépôt bleuviolet d'oxyde de cobalt hydraté. Si elles sont acides, l'ammoniaque les fait virer au brun-acajou sans y déterminer de précipité.

L'acide sulfhydrique ne trouble pas les dissolutions cobaltiques acides; il donne lieu à un dépôt de sulfure de cobalt si elles sont neutres, mais la quantité de ce sulfure est loin de représenter la totalité du cobalt dissous.

Les phosphates et les arséniates solubles, introduits dans les dissolutions cobaltiques neutres, donnent lieu, les premiers à un dépôt bleu de phosphate de cobalt, les seconds, à un dépôt rose d'arséniate de la même base.

Le chalumeau est le réactif le plus sûr pour reconnaître les composés de

jcobalt, car le fondant pyrognostique se colore en bleu d'une manière persistante,

quelque petite que soit la quantité de cobalt contenue dans la matière essayée.

Malagdti.

COBALT (Emploi médical). Action toxique et physiologique des sels de Cobalt. Les composés de Cobalt n'ont pas jusqu'à présent été employés en thérapeutique, mais un certain nombre d'expériences prouvent qu'ils sont toxiques.

Suivant Husemann, les effets toxiques du Cobalt seraient dus à l'arsenic mélangé à ce corps, les recherches de Rabuteau, puis celles de Siégen, démontrent que les sels de Cobalt ont, par eux-mêmes, une action spéciale sur les muscles et sur le muscle cardiaque.

M. Rabuteau, dans sa Thèse, intitulée : Etude expérimentale sur les effets physiologiques des fluorures et des composés métalliques en général (Thèses de Paris, 1867), rapporte les résultats d'expériences, faites par lui, sur l'action des sels de Cobalt ; ayant fait prendre à un chien, pendant quelques jours de suite, •de l'acétate de Cobalt, il a observé des vomissements, symptômes produits d'ailleurs par la plupart des composés métalliques, tels que ceux de zinc, de cuivre, etc. ; cependant la majeure partie du sel administré a été conservée et la santé de l'animal n'a pas paru troublée.

11 résulte de cette expérience que le cobalt est un métal relativement peu actif, et d'ailleurs le poids atomique du cobalt est à peu près égal à celui du fer ou du manganèse.

M. Siegen (In Sitzung-bericht der niderrh. Gesund., in Bonn, 1873, p. 100) a fait plusieurs expériences avec le nitrate et le chlorure de Cobalt. Ces composés avaient été débarrassés des moindres traces d'arsenic. Suivant M. Siegen, les sels de Cobalt sont toxiques pour une grenouille à la dose de 0,01 ; en injection hypodermique pour le lapin, la dose toxique en trois heures serait de 50 centigrammes ; c'est pour cet observateur un poison cardiaque, parce qu'il diminue rapidement de moitié ou du quart les battements cardiaques ; le cœur, dans les cas toxiques, s'arrête en diastole.

Suivant M. Rabuteau, l'acétate de Cobalt, injecté à haute dose, arrête le cœur, mais, contrairement à M. Siegen, M. Rabuteau considère les sels de Cobalt non pas comme des poisons cardiaques, mais comme des poisons musculaires ; d'après les expériences dont les résultats ont été communiqués, le 5 juin 1875, à la Société de biologie, M. Rabuteau croit pouvoir conclure que si le cœur s'arrête sous l'influence des sels de Cobalt, c'est que cet organe est paralysé au même titre que les autres muscles, et plus rapidement que ces derniers. Toutefois l'action des sels de Cobalt sur les muscles n'est pas aussi intense que celle des composés de baryum, de strontium et de cuivre. Suivant M. Rabuteau, les sels de Cobalt paraissent agir sur les nerfs moteurs dont ils paralyseraient les extrémités, tandis qu'ils ne modifient pas la sensibilité. A. Henocque.

COBALTAMIIVES. On désigne par ce nom générique les sels de protoxyde de cobalt associés avec plusieurs molécules d'ammoniaque. Ils sont cristallisés, lorsque leurs dissolutions ont été concentrées à l'abri de l'air. Ces composés soumis à des actions oxydantes, en y comprenant celle de l'air, passent à l'état de sels aramoniés à base de sesquioxyde de cobalt, présentant des formes et des caractères très-variés.

100 COBAYE

COBAYE. Les cobayes, vulgairement appelé cochons d'Inde, sont de pelifs maniniil'ères rongeurs appartenant à la laniille des cabiais et qui ont, par conséquent, les caractères propres à ces animaux. Leurs molaires, au nombre de quatre paires à chaque mâchoire, comme le sont aussi celles des autres caviadés, tels que le capivare, l'agouti, le mara et le kérodon, sont en double v et inversement disposées en haut et en bas. Leurs incisives sont lisses. Ils ont un grand Irou sous-avbiiairc qui reçoit le faisceau antérieur du masseter, en même temps qu'il donne passage au rameau de la cinquième paire qui le traverse seul dans beaucoup d'autres espèces; leur museau est velu; leurs oreilles sont aplaties et subanguleuses en arrière ; ils ont le corps ramassé, manquent de queue et ont les pieds plantigrades, les antérieurs à quatre doigts, les postérieurs à trois. Le pelage des cobayes est composé de soies faibles, fasciculées à leur insertion ; il manque de bourre.

Ces animaux nous sont venus de l'Amérique méridionale, particulièrement du Pérou où il en existe plusieurs espèces sauvages connues sous le nom d'aperea. Ceux que nous possédons appartiennent à une race qui était déjà domestique quand les Européens les ont apportés et leur pelage ainsi qu'on peut le voir par les tapisseries, les peintures ou les descriptions du temps, avait dès lors éprouvé l'altération tenant à la fois de l'albinisme, du mélasme et de l'érythrisme, qui les rend tricolores; leur pelage est, en effet, en partie blanc, noir et rouge et ces couleurs sont réparties par grandes plaques irrégulièrement distribuées à la surface du corps.

Les cobayes sont de petite taille. L'absence de bourre au-dessous de leurs poils soyeux les rend incapables de s'acclimater chez nous ; aussi ne les élève-t-on qu'à la condition de les protéger contre le froid. Ils sont essentiellement herbivores et leur ca?cum est considérable.

Ces rongeurs portent longtemps, plus de soixante jours ; aussi leurs petits sont-ils capables de marcher lorsqu'ils viennent au monde et, quoiqu'ils tètent pendant quelque temps, ils peuvent manger seuls aussitôt après leur naissance et ils onl, dès lors, perdu leurs dents de lait. Les femelles peuvent recevoir le mâle aussitôt après avoir mis bas et les deux sexes sont de bonne heure aptes à la reproduction. A cinq ou six semaines, ils sont en' état de s'accoupler. Leur ardeur, l'état de polygamie dans lequel on les tient habituellement et le grand nombre de petits que les femelles adultes ont à chaque portée rendent leur multiplication très-facile pour peu qu'on les tienne dans des endroits abrités et sains ; aussi Buffon a-t-il écrit qu'avec un seul couple de cochons d'Inde, on pourrait avoir un millier de ces animaux dans un an ; assertion sans doute exagérée, mais qui donne une idée de la fécondité de ces rongeurs, qui, à chaque portée, peuvent avoir, lorsqu'ils sont adultes, jusqu'à dix et douze petits.

Les cochons d'Inde sont instinctifs, par essence; aucun signe ne relève en eux la moindre intelligence. Manger, engendrer ou dormir, ce sont là leurs seuls besoins. Ces animaux vivent cependant en société ; dans lu marche ils se suivent à la file, trottant l'un après l'autre, derrière le chef de leur petite colonne, en opérant à sa suite tous les détours qu'il lui plaît d'exécuter. La sécrétion de leur poche anale est sans doute ce qui les guide dans ce cas.

On mange quelquefois ces animaux; mais c'est surtout par les services qu'ils rendent aux physiologistes pour les expériences auxquelles leur apathie, la facilité avec laquelle on se les procure et leur petite taille se prêtent si bien qu'on les recherche, ou encore pour l'amusement qu'ils procurent aux enfants à

COCA (botanique). ici

cause de leur caractère inoftensif et de rindiflërcnce avec laquelle ils se laissent manier. P- Giîrv.

COBB4IV. Ray désigne sous ce nom un arbuste de Sumatra, dont l'écorce est d'un jaune safran, le fruit de la grosseur d'une pomme et rafraîchissant, la noix de la grosseur d'une aveline, renfermant un noyau amer. L'huile qu'on en retire est employée dans les douleurs du foie et de la rate, et utilisée aussi en liniment contre la goutte. L'arbre laisse découler une résine qu'on emploie dans les mêmes maladies, après l'avoir fait dissoudre dans l'huile.

Ray. Hisloria plantarum, p. 1518. — Mérat et De Lens. Dictionnaire matière médicale, II, p. 525. Pl.

COBRA. î>I CAPELI.O. Nom donné par les Portugais à un serpent trèsvenimeux de l'Inde {Naja iripudians), connu sous les noms vulgaires de Serpent à lunettes et Serpent à coiffe, de Serpent à chaperon, de Serpent couronné.

Les Naja ont la propriété d'écarter leurs premières paires de côtes et de dilater ainsi la partie antérieure de leur corps. Les charmeurs de serpents de l'Inde et de l'Kgyple ont, depuis l'antiquité, montré en public les CoZra ou Naja, à cause de leur robe variée, de Fexpansioii singulière de leur cou, mais après leur avoir enlevé ordinairement les dents à venin.

Le Naja haje d'Egypte n'est pas le Cobra di capello exclusivement indien. Le Naja est, du reste, l'Aspic des anciens auteurs et c'est à cette espèce que Cléopâtre eut recours pour se donner la mort {voij. Aspic et Naja).

A. LABOULBÎiiNE

COCA. § I. Botanique. Plante du genre Erythroxylon (L.), quelquefois nommée Cocàier et dont la place dans la classification a été longtemps controversée. Pendant longtemps, on avait trouvé commode d'en faire une famille des Érythroxylées ou Érythroxylacées, qui ne contenait que lui. Plus tard, quand on connut le genre Aneiilophiis qui fut jugé digne de prendre place dans le même groupe naturel que les Cocaïers, on s'aperçut que, par l'intermédiaire /le VAneuloplius, les Erythroxylon affectaient des rapports étroits avec les Lins. On en fit alors le type d'une tribu des Erythroxylées dans la famille des Linacées. Les Erythroxylon ont des fleurs régulières et hermaphrodites. Leur réceptacle convexe porte cinq sépales libres ou unis tout à fait à la base, disposés dans le bouton en préfloraison quinconciale (ou presque valvaire dans un petit nombre d'espèces) et un même nombre de pétales alternes, caducs, imbriqués ou tordus dans le bouton et présentant sur leur face interne ou supérieure un appendice de forme et de dimensions très- variables, ordinairement partagé en deux lobes latéraux et symétriques. Les étamines sont au nombre de dix, superposées, cinq aux sépales et cin([ aux pétales, toutes unies entre elles inlérieuremcnt en un tube court dont se dégagent les dix filets, surmontés chacun d'une anthère biloculaire, inlrorse^ déhiscente par deux fentes longitudinales, versatiles et devenant, par suite, souvent extrorses lors de l'anthère; position qu'elles occupent primitivement dans certaines espèces. Le gynécée, libre et supère, est formé d'un ovaire presque toujours à trois loges, dont deux postérieures, surmonté d'un style à trois branches renflées au sommet en une tête ou massue stigmalifère. 11 n'y a généralement qu'une loge fertile, l'antérieure; les deux autres demeurant, dans ce cas, vides, petites, stériles. Dans la loge fertile se voient un seul, ou rarement

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