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abondantes pendant l'iiiveniage, sont moins souvent accompagnées d'orages. L'atmosphère y est moinschargée d'électricité ; mais les vents sont, au contraire, bien plus prononcés que dans la basse Cochinchine. La thermométrie présente des différences très-notables : la chaleur baisse graduellement pendant la saison sèche, et le climat ne présente plus cette élévation constante de température, ces écarts considérables entre les e.ïtrèmes, que nous avons signalés dans le sud de la péninsule. Cette saison sèche est, en effet, dans tout le Laos, une véritable saison fraîche, comme cela a lieu en général dans les climats inter tropicaux. Pendant les mois de novembre, décembre, janvier et février, la moyenne tlierniométriiiue ne dépasse jamais 25"; mais pendant la saison des pluies, la température s'élève autant qu'en Cochinchine, et 1 on observe même des maxima supérieurs à ceux de Saigon.
Dans la haute Cochinchine ou Cochinchine annamite, la climatologie est à peu près la même. Avec la mousson du sud-ouest, seulement, les pluies qui se trouvent arrêtées par la chaîne de montagnes qui descend du Thibet tombent en plus grande abondance sur les parties élevées que dans la plaine. La chaleur est intolérable pendant les mois de juin, de juillet et d'août, hormis dans les endroits rafraîchis par la brise de mer. Dans les mois de décembre, janvier et février, la mousson du nord-est amène de petites pluies froides qui, passant sur tout le littoral, viennent mourir sur la partie montagneuse et entretiemient dans ces contrées un hiver relatif.
Flore. La flore de la Cochinchine a été faite dans la deuxième moitié du di.v-luii'ièmc siècle par J. de Loureiro, naturaliste portugais; et la seconde édition de son ouvrage publiée à Berlin en 1783, revue et annotée par Wildenow, est le seul monument que l'on ait possédé sur la matière jusqu'à nos jours. Ce n'était là du reste qu'un essai; et sur près de 1,200 espèces de plantes que l'on
COCllINCIIINE.
•y trouve décrites, la plupart, il faut le dire, appartiennent plus spécialement au Tonkin et au sud de la Chine.
C'est aux travaux de deux naturalistes français, MM. L. Pierre, directeur du jardin botanique de Saigon et C. Tliorel, médecin de la marine, que nous devons aujourd'hui l'étude à peu près complète de la Flore du bassin du Cambodge. Plus de 5000 espèces ont été recueillies ou décrites par eux, et l'on peut juger par là de la richesse de la végétation dans ces contrées.
Toutefois, dans la basse Cochinchine, celle-ci ne répond pas à l'idée que l'on se f.iit de la végétation tropicale. Dans les plaines basses le plus souvent inondées d'eau saumâtrc, et si riches en rizières, qui composent une grande partie du territoire, la végétation est pauvre en espèces. Le long des fleuves et des arroyos régnent les palétuviers (Rhizophorées); le palmier d'eau {Nipa fructicans Liun.), dont les palmes servent aux Annamites pour faire les toits et même les parois de leur case ; l'acanthe à feuille de houx [Acanthus ilicifolius Linn.) ; un figuier de petite taille {Ficus indica Loureiro) ; un arbrisseau du genre cerbera {Apocynées). En arrière des rizières dans les plaines marécageuses, les graminées, les joncées se déroulent en vastes nappes verdoyantes et monotones, au milieu desquelles s'élèvent çà et là quelques rares banyans [Ficus religiosa Linn.) et des Casuarinas aux formes élancées. Puis viennent les forêts si riches en essences de toute espèce, et qui presque toujours confinent à des pâturages étendus et à de nombreuses clairières.
Le haut Cambodge et le Laos inférieur sont les contrées de l'indo Chine où la végétation est la plus considérable. Dans les nombreuses petites vallées de la Cochinchine annamite, la flore des terrains alluvionnaires et sablonneux est identique à celle du sud de la Péninsule.
Nous allons donner ici, d'après Thorel, le dénombrement des familles végétales, de la vallée du Mé-Kong ; ensuite au lieu de nous perdre dans une énumération fastidieuse et incohéi-ente des principales plantes utiles, nous les rangeions dans des cadres spéciaux, d'après leur valeur agricole, industrielle ou médicale, en plaçant à côté d'elles le nom des contrées dans lesquelles on les rencontre plus spécialement.