‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 33 sur 63 · CŒUR (ANATOMIE · texte numérisé non relu

CŒUR (ANATOMIE

précédent, sur un plan un peu plus élevé, au fond d'une cavité que l'on appelle infundibulum, cavité qui se rétrécit au moment de la systole, de manière à constituer une sorte de canal que M. Marc Sée appelle canal pulmonaire, et dont les parois sont lisses {O.p., fig. 3)- L'orifice pulmonaire, plus petit que l'artère à laquelle il donne naissance, mesurerait en moyenne 72 millimètres de circonférence, d'après Bouillaud; 75, d'après Bizot; et 71 seulement, d'après Friedreicli. Il est garni de trois valvules, dites siymoïdes ou semi-lunaires, suspendues à l'entrée de l'artère pulmonaire, d'après une remarque fort ingénieuse de Winslow, comme trois nids de pigeon réunis en triangle. Ces valvules très-minces et semi-lransparenles présentent : un bord adhérent, convexe, fixé sur la zone fibreuse artérielle droite; un bord libre, droit quand on le tend, concave quand il est abandonné à lui-même, pourvu dans son milieu d'un petit nodule fort dur {nodule ou tubei-ctde d'Arantius) ; une face supérieure concave ; une face inférieure convexe et dirigée vers l'infundibulum quand les valvules s'abaissent. L'usage de ces valvules sera longuement discuté plus loin. ïa\ face de ces trois valvules, l'artère pulmonaire présente trois bosselures plus ou moins prononcées [sinus de Valsalva).

b. Oreillette. La cavité de l'oreillette droite surmonte, comme une sorte de dôme, l'orifice auriculo-vcntriculaire ; elle s prolonge, en avant et à gauche, par un cul-de-sac recourbé. Elle offre à étudier quatre parois, un cul-de-sac antérieur et l'orifice auriculo-ventriculaire droit, que nous avons déjà décrit.

La paroi antérieure, peu étendue, est convexe et lisse. La paroi postérieure, concave, fait suite à la précédente, offre quelques réticulations légères au voisinage de l'orifice auricuio-ventriculaire, mais elle est à peu près lisse dans le reste de son étendue. Elle montre, en arrière, l'embouchure de la veine cave inférieure, qui présente, sur une partie de son contour, un repli valvulaire {valvide d'Eustache) tendu obliquement de haut en bas, de droite à gauche, de la paroi postérieure à la paroi interne. Cette valvule est incapable de fermer l'entrée de la veine (piand le sang tend à refluer dans ce vaisseau. .Au-dessous et en arrière de la veine cave inférieure, tout près de la valvule auriculo-ventriculaire, se trouve l'embouchure de la grande veine coronaire, munie d'une valvule {valvule de Thébésius) qui peut l'oblitérer complètement. La paroi supérieure, lisse, concave, présente l'orifice de la veine cave inférieure entièrement dépourvu de valvule. On ne voit pas non plus, entre cet orifice et celui de la veine cave inférieui'e, le tubercule que Lower avait décrit. La paroi interne ou gauche est formée par la cloison inter-auriculaire. Elle présente la trace du trou de Botal, qui consiste en une dépression légère, blanchâtre, lisse ou un peu rugueuse à son fond {fosse ovale), entourée incomplètement d'un relief demi-circulaire, ouvert en arrière et à droite, nommé anneau de Vieussens. Au fond de la fosse ovale et denière l'anneau de Vieussens, il n'est pas rare {- des sujets, d'après Cruveilhier) de rencontrer un petit orifice ou une fente qui permet de péiiétrer dans l'oreillette gauche. Cette persistance du ti'ou de Botal ne nuit en aucune manière à la circulation, car l'anneau de Vieussens remplit le rôle d'une valvule qui s'applique sur la lame qui aurait dû fermer complètement l'orifice interauriculaire après la naissance.

On voit encore, sur cette paroi, de pelils orifices sur le compte desquels on a été longtemps incertain et qu'on a désignés selon leur importance par les noms de foramina et de foraminida. Ou Irouvc trois foramina sur la paroi interne: un premier au-dessous de l'embouchure de la veine cave supérieure ; un second

CŒUR (anatomie).

entre celui-ci et l'entrée de l'auricule ; un troisième au voisinage de l'entrée de la grande veine coronaire. Ces petits orifices se dédoublent quelquefois ; leur diamètre peut varier; mais leur disposition générale est à peu près toujours identique : insertion oblique et en entonnoir, reliel" valvulaire sur une partie de leur contour.

On s'est demandé si ces foram'ma étaient de simples culs-de-sac ou des orifices de vaisseaux. 0. Lannelongue, qui s'est occupé assez récemment de cette question.

Fig. 4. — Cavités (lu cnciir.

Section verticale perpendiculaire à la cloi>on. — I, cloison des ventricules. — V. d, ventricule droit.

V. g, ventricule gauclio. — 0. g. oreillette gauche. — Ao, aorte. — A. p. artère pulmonaire.

admet que ces orifices communiquent tous entre eux par des canaux ramifiés et anastomosés dans l'épaisseur des parois de roreillctte.

Quant aux foraminula que Yieussens et Thébésius croyaient, voir dans toutes les cavités du cœur, Lazmelogue les a trouvés dans l'oreillette droite. Leur nombre et leur siège sont variables ; on en rencontre habituellement plusieurs autour de la fosse ovale. Ils sont suivis aussi de canaux ramifiés qui peuvent communiquer avec les foramina.

Le cul-de-sac antérieur de l'oreillette a la forme triangulaire de l'auricule : il est divisé par un grand nombre de colonnes charnues du deuxième et du troisième ordre en aréoles profondes d'une disposition compliquée.

B. Cœur (lauclie. Sa position générale rappelle exactement celle du cœur droit. Nous ne ferons donc que signaler ici les différcîices que présentent le ventricule et l'oreillette gauches comparés aux parties que nous coimaissons.

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