MOYENNE ANNUELLE DE
PniXTEMPj. ÉTÉ. AUTOMNE. HIVER.
Londres 8%0 lo°,5 9%G 3°,1
O.lcssa 7°,6 21°,1 lU-.i - "^".ï»
De même aussi, Toulon et Madrid qui ont une moycaiic annuelle de 14", 5 ont les températures moyennes saisonnières suivantes :
MOYENNE ANNUELLE DE 14'',ô.
PIllNTEMPS; ÉTÉ. AUTOMNE HIVER.
Toulon n'A 23»,4 l'I" ''>''-l
Madrid 15-,2 2-)-,5 16°,9 C°,9
Ainsi donc Londres a un printemps et un hiver plus cliaud qu'Odessa et cette ville a un été plus chaud et un hiver plus froid. Le climat d'Odessa est donc plus excessif que celui de Londres. L'écart entre la saison la plus froide et la saison la plus chaude est en effet pour Odessa de 25", 6, et pour Londres de 12»,5 seulement.
Tout à fait dans l'extrême Nord, ces différences des températures moyennes saisonnières s'effacent encore plus, ainsi au cap Nord, point le plus septentrional du continent européen, dont la latitude dépasse 70°, et qui a une moyenne annuelle (le-i-lo, M. Ch. Martins a noté comme moyennes saisonnières les chiffres suivants:
Hiver — 8° I Été 4-6»
Printemp.s —5° | Aulomne -H 2»
De même au Spitzherg, qui est situé entre 76'^, 5" et 80°, 50 de latitude et dont la température moyenne est de — 8°, 6, les moyennes saisonnières déduites des moyennes mensuelles relatées par le même savant, peuvent être ainsi représentées:
Hiver — 16»,9 1 Été -h 2°,2
l'rintemiJs — 5°,1 | Automne — 12°, 6
Il n'y a donc au Spitzherg que 19"'^ de différence entre l'hiver et l'été {voy. Cil. Martins, Du Spitzherg au Sahara. Étapes d'un naturaliste, Paris, 4866,
Il conviendrait, à mon avis, dans la comjiaraison de deux climats, de ne jamais omettre cet élément que j'appellerai Vécart saisonnier et qui donne une idée utile de la façon dont la température est répartie entre les saisons.
Les isothères (de itroi; égal, Oipoi; été) sont toujours, cela se conçoit, plus horéalcs que les isothermes du même degré. Ainsi l'isotherme de 15° rasant obliquement le nord de l'Espagne, la partie pyrénéenne et méditerranéenne de la France, le nord de l'Italie et allant aboutir au golfe de Lépante, l'isothère de ce degré, traverse l'Irlande, l'Ecosse, la Norwége, la Suède et passe non loin de Sai;it-Pétersbourg.
De même aussi les isochimènes (de Igo; égal, yjiuuv hiver) sont toujours au sud des isothermes du même degré. C'est ce que l'on constate en comparant l'isotherme de H- 10° qui traverse l'Angleterre méridionale, la Prusse et va, en s'infléchissant vers le sud, gagner le N. de la mer Noire et de la Caspienne, à l'isochimcne de -H 10""^ qui rencontrcl'lispagnc versle cap Ortcgal, la traverse obliquement, arrive aux Baléares, touche le S. de la Sardaigne et traversant la pointe méridionale de l'Italie et la Grèce, va aboutira Chypre.
Les isoères (de io-o; égal sa.p ou -cpo; printemps) n'ont pas encore été tracées ; ea relevant les moyeimes vernales semblables (je considère comme semblables
celles qui diffèrent de moins d'un degré), j'ai pu nie rendre compte de l'irrégularité de ces isoères comparées aux isotliernics, aux isollières et aux isochimèues. Ainsi l'isoère de + 10°^ passe par Falniouth, Cherbourg, Paris, Jlacon, Ch;\lons-sur-Manie, Strasbourg, Carlsruhe, Manbeim, Trêves, Vienne, etc.
Les isométopores (de iaoç égal, et uETOTrwpov automne) ne concordent pas mieux avec les isothermes. J'ai tracé l'isométopore de 4- 10° c. Elle traverse Londres, Aix-la-Chapelle, Amsterdam, Trêves, Genève, Lausanne, Vienne, Sébastopol, etc. Cette isométopore, plus sud mais peu distante de l'isotherme de 10", se trouve entre elle et l'isoère du même degré qui est un peu plus sud.
En somme, en allant du N. au S., nous trouvons l'isochimène, l'isothère, l'isoère et l'isométopore de 4- 10" c.
C'en est assez, sans doute, pour démontrer que ces diverses courbes thermiques, quand on veut leur faire embrasser des étendues considérables, se croisent dans un fouillis inextricable qui rend impossible toute description. Leur valeur, très-réelle pour des points rapprochés, est donc méchocre pour des points distants et le médecin ne saurait demander à ces indications plus qu'elles ne peuvent lui donner.
5" La moijerine des mois donne une idée assez exacte du régime de la température d'un climat. EiJe est établie pour chacun d'eux, par la somme des moyennes journalières divisée par 50.
Je donnerai quelques exemples : Menton, qui a une moyenne annuelle de 1 6 ', 1 , offre les moyennes mensuelles qui suivent, relevées d'une période de dix ans: janvier 9", 5; février 9 ',5; mars 11°, 6; avril 14°, 6; mai 17", 8; juin 21", 6; juillet 24»,1; août 24",1 ; septembre 20", 8 ; octobre 17",9; novembre 12", 2 ; décembre 9", 5. On voit que décembre, janvier et février ont des moyennes mensuelles semblables ; qu'il en est de même de juillet et août.
L'étude des maxima et des minima de chaque mois donne une idée du degré de constance de la température du mois, laquelle est en raison inverse de l'étendue des oscillations représentées par ces chiffres ; l'amplitude des oscillations entre les maxima et les minima des différents mois comparés entre eux sous ce rapport donne une idée de l'uniformité ou de la variabilité des températures saisonnières.
Je prendi-ai pour exemples plusieurs climats qui ont été bien étudiés météorologiquement. A Pau, l'amplitude des oscillations dans chaque mois, relevées sur une période de dix ans, de 1854 à 1864, a fourni à M. de Valcourt les résultats suivants:
Janvier 21°
Février 19°,1
Mars 20%6
Avril. 20°.5
Mai 21°,2
Juin 22°,"
Juillet 20°
Août 20»„5
Septembre \^°,1
Oclolire. 20'',a
Novemlire 19°, 7
Décembre 19°, 1
La moyenne de l'amplitude de ces oscillations mensuelles a été, pour toute l'année, de 20°, 4 ; calculée seulement pour les trois premiers mois de l'année météorologique, elle donne pour moyenne 19°,4.
Cette même moyenne calculée pour Cannes, donne 16", 6 pour toute l'année, et 15", o pour les mois d'hiver seulement.
Le climat de Nice présente 19", 4 pour moyenne des oscillations mensuelles entre les minima et les maxima des douze mois, et \h'"^,l si on n'envisage, à ce point de vue» que les écarts thermologiques des mois d'hiver.
Ou a riiabitude d'envisager la température moyenne des mois à deux autres points de vue : 1" mois maximum et mois minimum de l'année ; 2° mois maximum et mois minimum de cliaque saison.
Le mois qui a le maximum et le minimum de moyenne thermique n est pas le même pour tous les climats. En relevant les mois les plus chauds et les plus froids dans le tableau dressé par Boudin, avec les documents de Mahlmann, ceux de Dove, et les siens propres (Boudin, Op. cit., t. l, p. 247), j'ai trouvé que sur 375 localités, janvier était 336 fois le mois le plus froid ; décembre qui vient ensuite, n'est le plus froid que dans 32 localités; viennent ensuite février, novembre et octobre. On peut donc dire que 9 fois sur 10, janvier est le mois le plus froid. En faisant le même relevé pour le mois le plus chaud, j'ai trouvé que sur 425 localités examinées à ce point de vue, 538 attribuaient h juillet la moyenne mensuelle la plus haute; viennent ensuite août (60 fois), juin (12), septembre (6), oclobre(2).
Les météorologistes anglais nomment oscillation annuelle [yearly fluctuation) l'écan qui existe entre la température moyenne du mois le plus chaud et celle du mois le plus froid. Cet écart varie suivant les climats. Ainsi Montpellier dont la moyenne annuelle est de + 1 5", 58 a une température moyenne de janvier représentée par H- 5",? et une température moyenne de juillet par 22", 9. L'écart est donc de 18 ,6. Il est pour Milan de 23",12;pour Toulouse de 27°2; pour Venise de 25^,7; pour Fau de 20°, 4; pour Alger de I2'',59 seulement; pour Paris de 21°; pour Vienne de 19''3 ; pour Londres de 14", 2 ; pour Amstersdam de 17", 2; pour Copenhague de 15", 7; pour Riekavick de H", 4; pour Moscou de 9°, 2, etc. Ces chiffres montrent que les écarts des maxima mensuels ont plus d'amplitude dans la zone méditerranéenne de l'Europe que dans les latitudes plus hautes. On pourrait constater le même fait pour les latitudes plus basses. Madrid, par exemple, n'a, entre son mois le plus chaud et son mois le plus froid, qu'un écart de -(- 17»; le Caire un écart de 16°, 5. Dans la zone intertropicale cet écart est encore bien moindre ; ainsi, à la Jamaïque, il est représenté par 6°'' seulement, à la Trinité par 3"'', 5. à Bombay par 12°^: à Poonah par [o^^ \ à Madras par 12°''; à Calcutta par -h 19°''; à Bengalore par 29°^. La localité de l'Inde qui a le plus grand écart entre le mois le plus chaud (juin) et le mois le plus froid (janvier), Peshaw mesure cet écart par 39°'' ou 3", 53 centigrades.
L'écart qui sépare les moyennes d'un mois de celui qui le précède et de celui qui le suit présente aussi un certain intérêt. Je ne citerai que Montpellier et Paris pour ne pas snrcharger de chiffres un article qui, par sa nature même ne saurait être d'une lecture très-attrayante; à Montpellier la moyenne de janvier ne diffère de celle de février que par 1",5 ; entre février et mars il y a 2", 6 d'écart ; entre mars et avril 3», 9 ; entre avril et mai 6°, 7 ; entre mai et juin 2«,7; entre juin et juillet 4°,2 ; entre juillet et août 0»,4 ; entre août et septembre 5°,7 ; entre septembre et octobre 4°, 7 ; entre octobre et novembre 5°, 9; entre novembre et décembre 2", 6.
Si nous représentons, en deux séries parallèles, ces écarts des mois voisins pour Montpellier, Paris et Menton nous aurons :
Montpellior 1",;i 2%6 7,',^ C',7 'z',! 4",27 b'.i 3°,7 4°,2 5-,9 2°,6
Paiis 1°,6 0»,-2 4",5 4» ,5 5»,8 \-,h 1«,4 0°,'2 '>• 4" 5 4'''6
Meiiloii 0»,2 2m 3" 3°,2 5»,8 5",îi 0" 4' ,7 5"!
Si l'on additionne tous ces écarts des mois entre eux pour ces trois climats, ou trouve qu'ils sont représentés : pour Montpellier par 38%4; pour Paris par 22"8;
et pour Menton par 54», 6. A ne juger que par ce seul clément, Paris a donc un climat plus constant que Menton et que Moulpellier.
Si de l'étude des écarts existant entre les moyennes des mois contigus, nous passons à celle des écarts maxima et miuima du même mois, nous aurons une idée de la variabilité de la température de cliacmi d'eux.
Le tableau suivant compare, à ce point de vue, le climat de Nice et de Pau :
LOCAtlTES
Nice. . .
Tau, . . .
wi
ri°,;i
tj
tj
ca
2ci°,2
A Nice comme à Pau le mois le plus variable, comme température, serait donc mai, et le plus constant serait juillet pour Nice, et février pour Pau.
Il serait utile de faire pour tons les climats, mais surtout pour ceux qui servent de refuges aux malades, lui relevé semblable à celui que je viens de faire pour Pau et pour Nice ; mais les cléments d'un semblable travail n'existent pas quant à présent, cr cetle lacune, qui coïncide avec tant d'autres, fait regretter que des recherclies dii inétéorologie inéclicale d'ensemble, opérées sur un plan imiforme et dingéos par une impulsion centrale, n'aient été ni exécutés, ni conçus.
Tirons des cbiffres précités, cette conclusion que, dans les stations hibernales du Midi de la France, il existe des oscillations de température qui sont mesurées, pour cbaque mois, par près de 20 degrés, el qu'on ne saurait pallier cet inconvénient par une attention trop assidue à sortir aux beures les plus favorables et à compenser ces vicissitudes thermologiques par des moditications apportées dans le costume.
4" Les variations nijcthémérales de la température, c'est-à-dire la façon dont se répartit la chaleur moyenne de la journée entre ses deux parties : le jour cl la nuit, ont été incomplètement étndiées. 11 faudrait, pour chaque jour de chaque mois, calculer la moyenne diurne, le maximum et le minimum diurnes et, faiie les mêmes recherches pour la nuit, en prenant pour limites du jour et de la nuit, la présence du soleil au-dessus ou au-dessous de Thorizou du lieu.
Si j'admets volontiers que la séquestration des malades la nuit, dans des chambres chaudes, les affranchit, dans une certaine mesure, de ru'.lluence de la température extérieure, et que celte circonstance diminue l'intérêt de cetle étude thermique de la nuit dans les différents mois et les différeiiles saisons, je lerai ressortir, par contre, l'importance de l'élude thermique des diverses périodes (lu jour, an point de vue dês exercices au grand air.
Il conviend) ait. pour cette étude, de diviser le jour en quatre périodes horaires, auxquelles je propose de doiuier les désigiîalions et, les limites suivantes : 1'^ du lever du soleil à onze beures (période matinale) ; 2" de onze beures à deux heures (période méridienne) ; o'^ de deux beiues à cinq heures (période prévcspéraie) ; 4" de cin(i heures an coucher du soleil (période vespérale).
Pour la nuit, je propose d'établir aussi quatre périodes : 1" période créiusciilaire (une heuie avant le coucher du soleil el une heure après) : 2 ■ [lériode prémcsonyclienne (de u^cro; et vuS minuit) (de une heure après le coucher du soleil
à minuit) ; 3° période mésonyctienne (de minuit à trois heures) ; 4" période aurorale (de trois heures du matin au lever du soleil.
Quand des recherches établissant la température moyenne de chacune de ces périodes du nycthémère (relevée de celle de cliacune des heures qui la constituent) auront été faites, on pourra calculer, avec précision, les chances de température que les malades rencontreront aux diverses heures, dans tel mois de telles saison de telle localité, et on en déduira des règles d'hygiène d'une grande importance pratique. En attendant, je ne puis signaler que des recherches et des résultats isolés.
L'amplitude des variations horaires de la chaleur diurne varie suivant les localités et aussi suivant les mois de l'année. Les tableaux synoptiques des températures d'hiver insérés à la fin de l'ouvrage de Yalcourt, nous montrent ce double fait pour Cannes. Les moyennes de la température prises le matin, à midi et à trois heures donnent les chiffres suivants :
jiF.UF THOIS
IIEl-RES. MIDt. IIEL'KIÎS.
Décembre 4°,8S S°,S1 9%24
Janviei- 4°,0I 8",19 9',46
Février 3'>.24 10°, 06 10°,76
Pour Nice on a noté, aux diverses périodes de la journée, les moyennes suivantes dans les trois mois d'hiver :
LEVEll DEUX COCCIIEtV