‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.19Chapitre 1 sur 48 · LIBRAIRE DE L ACADEMIE DE MÉDECINE · texte numérisé non relu

LIBRAIRE DE L ACADEMIE DE MÉDECINE

B(juli»aril Saint-Germain, en face de l'École de IKdecine

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COLLETIA. Genre de plantes dicotylédones, de la famille des Uliainnacées, établi par Commerson, d'après A.-L. de Jussieu (Gen., 380). Il a donné son nom à une tribu ou série de cette famille {Collétiées) , et primitivement il la constituait à lui seul; mais nous verrons qu'il a été ultérieurement démembré. Aujourd'hui, les Colletia sont des Rhamnacées à fleurs régulières, herma{)hrodites, et dont le périanthe est souvent simple, pétaloïde, de couleur blanche, avec la forme d'un tube ou d'une clochette allongée, simulant une corolle gamopétale. Sa base est cupuliforme, tapissée intérieurement d'un disque et supportant le gynécée, tandis que son sommet est découpé en quatre ou cincj lobes, triangulaires et valvaires (qui seuls peut-être représentent le calice, tout ce qui est plus bas appartenant à un tube réceptaculaire). Dans les sinus des lobes s'insèrent, dans quelques espèces, un môme nombre de pétales, petits, en cuilleron, et autant d'étamines oppositipétales, formées chacune d'un filet court et d'une anthère biloculaire, introrse, incluse ou un peu exserte, déhiscente par deuv fentes longitudinales qui peuvent devenir confluentes au sommet. Le disque cupuliforme, parfois peu développé, a plus fréquemment un bord supérieur incurvé ou involuté et formant une sorte de couronne autour du gynécée. L'ovaire est formé d'un ovaire dont la portion inférieure seulement est adnée à la coupe réceptaculaire. Il est construit comme celui des Rhammis, avec un seul ovule ascendant dans chaque loge, et il devient un fruit déhiscent, accompagné à sa base de la cupule réceptaculaire. La graine est aussi celle des Nerpruns. Les Colletia sont américains ; ils habitent surtout les régions occidentales, tempérées et froides de l'Amérique du Sud. Leur port est tout à fait spécial. Ce sont des arbustes aphylles, ou bien quand ils ont réellement des feuilles, cellesci ne sont représentées, la plupart du temps, que par de petites écailles. Elles sont décussées, comme les rameaux axillaires, et ceux-ci prennent souvent la forme d'épines, ou à peu près coniques, ou, plus souvent, largement triangulaires et aplaties dans le sens vertical. Les fleurs, axillaires, solitaires ou en cymes paucittores, sont situées au-dessous de ces rameaux spinescents. Comme

DICT. ENC- XIX 1

2 GOLLIDINE.

nous l'avons dit jiliis haut, un grand nombre de jilantes présentant ces caractères de végétation ont été, depuis un petit nombre d'années, reparties dans plusieurs genres secondaires qu'il y aurait peut-être avantage à ne considérer désormais que comme des sections ou sous-genres du genre Colletia. Dans les vrais Colletia, le péricarpe, d'abord légèrement drupacé, iinit pnr se séparer en trois coques monospermes, déhiscentes elles-mêmes en deux valves. Il en est de même dans les Discaria, qui habitent l'Amérique du Sud, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ; mais leur disque s'applique en forme de cupule sur le fond du périanthe, et leurs rameaux, opposés et épineux, sont articulés. On a nommé Retanilla certains Colletia du Pérou et du Chili, épineux, aphylles, dont le disque i^emonte en s'atténuant sur la face intérieure du périanthe et dont le fruit est drupacé, indéhiscent, avec un noyau à une, deux ou trois loges mono- S})ermes. Les espèces démembrées pour former les deux genres Talguenea el Trevoa ont aussi un fruit drupacé, mais elles portent des feuilles membraneuses et ordinairement assez développées. Elles croissent dans l'Amérique méridion;d('. Dans les Talguenea, la feuille est quinquénerve à la base, et le fruit est renfermé dans la cupule réceptaculaire. Dans les Trevoa, la feuille est trincrve. et la drupe est supérieurement exserte. Dans l'un et dans l'autre, d'ailleurs, il n'y a à la base du sac calicinal aucun épaississement glanduleux constituani mi (hstine distinct.

Le Colletia spinosa. (juchjucfois cultivé chez nous, passe, au Brésil et au (jhili, pour un bon purgatif. C'est avec son bois qu'on prépare une teinture évacuante, vantée contre les fièvres intermittentes et désignée sous le nom de Estratto alcoholico de quina. Le C cruciata Gill. et Hook. [Condalia paradoxa SpREJNG.), le C. ferox Rich. et le C. Cruzerillo Bert. sont prescrits aussi comme purgatifs par les médecins chiliens, et c'est aussi de leur bois qu'on fait usage. Le Colletia Ephedra de Ventenat, dont on a fait le Retanilla Ephedra Ad. Br., et le C. obcordata Vem., qui est devenu le Retanilla obcordata Ad. Br.. sont recherchés au Chili comme toniques et astringents. Le Trevoa trinervis MiERs, qui devrait peut-être ne pas être séparé du genre Colletia, passe au Chili pour guérir les blessures et les abcès. Le C. Toumatou de la Nouvelle- Zélande, qui est devenu le Discaria Toumatou Rl. et le Notophœna Toumatou MiERS, a des épines acérées qui servaient aux indigènes d'aiguilles à tatouer.

H. Bn.

Lamabck, Illustr., f. 129. — Poir., Dict. enc, Suppl., II, 311. — DC, Prodrom.,\\, 28. — Ad. Brongn., Tlùse R/iamn., 58, t. 5. — Endl., Gen. plant., n. 5730. — Miebs, in Ann. Nat. Hist., ser. 3, V, 203 ; Contrib. to Bot., I, 251, t. 34-5f). — Méh. et Del., Dict. Mat. mécL, VII, 196. — RosENTH., Synops. plant, diaph., 805. — Benth. et J. Hooker, Gen. plant., I, 383, n. 28. — H. Bâillon, Hist. des plantes, VI, 6], 70, 73, 89.

COLLÉTlll%!E. Principe mal défini, tiré du Colletia spinosa. D.

COLLlBERTS. Anciens habitants des marais du Bas-Poitou {voy. Cagots).

COLLIDII^E. Composition : C^H^Az. Alcaloïde isomère de la xylidine, extrait de l'huile de Dippel. Elle se trouve dans les portions bouillant entre 171-174 degrés, en mélange avec de l'aniline. Ce mélange est traité par l'acide nitrique concentré que détruit l'aniline ; on ajoute de l'eau et on frotte sur un papier mouillé pour séparer la nitrobenzine ; le liquide aqueux acide est saturé par la potasse et distillé ; la collidine passe avec les vapeurs d'eau.

liout à 179" ; incolore, odeur forle, aromatique et agréable ;

Densité = 0,921 ; insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther.

La coUidine forme avec les acides des sels solubles déliquescents difficilcmeut cristallisables. Le cbloroplatinate est bien cristallisé.

On trouve aussi un peu de collidine dans le goudron de bouille et la guinolinine brute.

Andebson. Aiin. derCfiemie uiiil Pharm., t. XCIY, p. 258. Schutz.

COLLIERIS ORTHOPÉDIQUES. Ce sont des bandages ou afjpaieil.s jiiécaiiiques qui entourent le cou en manière de cravate. Ils sont destinés à maintenir la direction et la situation normales de la tète et du cou, et à ramener ce;^ parties dans leur situation naturelle, lorsqu'elles s'en sont écartées. Tantôt ils laissent les mouvements à peu près libres, tantôt ils ont en même temjts pour office d'immobiliser les vertèbres, ou bien, au contraire, de rétablir leur mouvement devenu trop limité.

Deux conditions principales déterminent le mode de construction de ces Ijandages ou macliines : 1" le sens de l'inclinaison cervicale (jiii existe ou (|ui leml à se produire; 2" l'absence ou la présence d'un obstacle au redressement du cou.

La l'orme du cou, la saillie du crâne et de la ntàclioire intérieure au delà de sa circonférence, les points d'appui fournis par les éjiaules, la région dorsale et le liaut du tliorax, se prêtent l'ort bien à l'ajjplication de bandages ou ajipareils circulaires. Cependant, les inconvénients de la pression du larynx, de la Iraciiée artère et des autres organes délicats de la région antérieure du cou, la gêne de la circulation de la tète par une compression prolongée des vaisseaux sanguins, et surtout des veines, les douleurs et les autres ell'ets l'àcbeux résultani de la compression des nerfs sous-cutanés, nombreux dans toute cette région, la présence de diverses saillies osseuses sur lesquelles la peau peut facilement être excoriée, créent autant de difficultés qui limitent l'effort que l'on peut exercer à l'aide de ces moyens mécaniques, ainsi que les résultats que l'on obtient par leur emploi.

On peut distinguer deux sortes de colliers orthopédiques, les uns étant seulement des colliers de soutien , les autres , en outre , des colliers de redi'essement.

L Colliers de soutien. Dans une inclinaison de la tête et du cou en avant» qui ne dépend que de l'habitude, d'une sorte de négligence à contracter les muscles extenseurs , il est souvent utile de tenir le menton relevé et le c&u dirigé dans le sens de l'extension à l'aide de quelque bandage, afin de créer une habitude de contraction plus active. Il peut suffire, dans les cas les plus simp'les, d'entourer le cou d'une cravate ou mieux d'un col-cravate un peu rigide et plus haut en avant qu'en arrière. On peut encore, chez les jeunes filles, se servir d'une sorte de fichu ou guimpe terminé par un col droit et fortement empesé, dont les pointes, placées sous le menton, avertissent le sujet de relever la tête,, chaque fois qu'il les rencontre en baissant le menton. On garnit quelquefois,, dans le même but, le haut des supports de crins fermes et droits, ou même de pointes métalliques mousses, à l'instar du bouquet d'épines traditionnel dont les mères menacent souvent leurs filles , lorsqu'elles ont un maintien trop, négligé.

Andry soutenait le menton avec une pièce ouatée qui entourait le cou et s'at-

4 COLLIERS .ORTHiOPEDIQUES.

tachait vers la nuque à l'aide de deux rubans. Cette sorte de mentonnière portait en avant deux fils d'archal verticaux disposés en zigzag, et dont l'extrémité inférieure était appuyée sur le haut du corset, à 7 ou 8 centimètres au-dessous de l'extrémité interne des clavicules. Pour baisser la tète, le sujet devait vaincre la résistance du fil métallique, qui repoussait le menton en haut, comme l'aurait fait une main étrangère. Ce bandage, imaginé par un maître de danse célèbre à Pai'is, vers le milieu du siècle dernier, est conseillé dans la Chirurgie de Boyer, sans indication d'origine.

Mellet recommande un collier fait sur le même principe ; seulement les lils d'archal en zigzag sont remplacés par des ressorts en spirale pareils à ceux qui donnaient autrefois l'élasticité aux bretelles. Ces ressorts s'appuient inférieui'ement sur une plaque de fer ou de cuivre, fixée sur le sternum, et, en haut, supportent une autre plaque de métal ou de cuir qui tient à une mentonnière. Mellet reconnaît que ce collier gêne les mouvements de la tête et de la mâchoire, que chez les jeunes enfants il se dérange facilement; aussi, lorsque l'on peut piendre un point d'appui sur la tète, au moyen d'un bandeau ou d'un bonnet, préfère-t-il placer les ressorts en arrière, de manière à relever la tète en la tirant par son sommet. Dans ce cas, les ressorts agissent par leur rétraction et. constituent de véritables muscles artificiels, semblables à ceux que Duchenne (de Boulogne) applique aux membres paralysés.

11 faut, avec Mellet, distinguer ces bandages élastiques de ceux qui, comme les cols inflexibles en métal, en cuir bouilli, en gutta-percha ou en feutre durci, agissent d'une manière fixe et invariable. Les uns et les autres peuA'ent satisfaire à des indications diverses. Nous décrirons plus loin un collier élastique de M. Hippolyte Martin, qui appartient encore au premier de ces deux ordres de bandages.

Andry en indique un autre, qui se rapporte plutôt au second ordre. C'est un simple ruban un peu large qu'on applique au devant du cou, et dont les deux bouts, ramenés en arrière, sont fixés à la hauteur des omoplates. Ce collier, quelque peu perfectionné, est encore en usage et rend des services fréquents. 11 faut seulement se garder de vouloir en faire un agent énergique, capable de vaincre une résistance sérieuse qui rcsultei^ait de l'état des organes ou de la volonté même de l'individu. Si l'on seri-ait trop ce bandage, la suffocation, des congestions à la tète, le gonflement de la glande thyroïde, Ibrceraient bientôt de renoncer à son usage. Ce collier doit être lâche quand la tête est convenablement située, son office est surtout de causer quelque gêne lorsque la tête est trop penchée, et d'exciter par là l'action de la volonté. C'est un caractère commun à presque tous ces bandages de soutien, d'être moins des moyens coercitifs que des avertissements que la volonté doit écouter, dans tous les cas, bien entendu, où les articulations sont libres et les muscles en état de les mouvoir.

L'attache postérieure du ruban d'Andry à la région dorsale est une addition souvent nécessaire dans l'emploi des autres colliers. Sans cette attache postérieure, il peut arriver que le cou reste penché en avant, malgré le soulèvement du menton, qui ne produit alors d'autre effet qu'un renversement disgracieux de la tète en arrière. On diminue, dans ce cas, la pression exercée sur le devant du cou, en faisant agir le collier sur le devant du menton, qu'il embrasse de manière à le repousser en arrière.

Au lieu de prendre le point d'appui à la région dorsale, on peut aussi repousser le cou et. la mâchoire d'avant en arrière, en prenant un point fixe sur

le sternum, au moyen d'une tige métallique rigide, fixée dans le corset comme un husc, et appuyant en haut sur le devant du collier ou taisant corps avec lui. Levacher de la Feutrie a décrit et représenté un collier de cette espèce, qui était en usage de son temps. II se compose d'une tige et d'un demi-cercle de fer prolongé par deux rubans. La tige est une lame large d'un travers de doigt, courbée sur le plat pour se mouler sur la convexité de la poitrine du sujet, et assez longue pour embrasser, dans son extrémité intérieure, qui est bil'urquée, le bord supérieur du corset de baleine que l'on faisait 'alors porter aux enfants ; l'extrémité supérieure de cette tige est solidement rivée au demi-cercle métallique, qui est large de 5 centimètres environ et bien matelassé ; les rubans doivent être assez longs pour compléter le tour du cou avec le demi-cercle et pour se nouer sur la nuque. Conmie la convexité de la tige se dirige d'avant en arrière, le collier saisit de lui-même le cou qu'il tend à replacer dans la verticale.

On oppose des moyens fort analogues aux inclinaisons latérales, lorsqu'elles sont de la même nature que les inclinaisons antérieures dont il vient d'être question. Il faut seulement alors que le collier ait sa plus grande élévation du côté vers lequel la tête penche. On le fixe, au besoin, du côté opposé, par des liens attaches sous l'aisselle ou sur le côté correspondant du tronc. Andry conseille, dans ce cas, ce qu'il appelle un domino, sorte de camail construit en carton et assez solidement assujetti sur les épaules pour ne pas être déplacé par les mouvements de la tête et du cou, qui peuvent tourner facilement. Un des côtés de ce domino est garni en dedans d'une étoffe rude, et l'autre, au contraire, d'une étoffe douce comme le satin et le velours; le côté rude sera celui vers lequel on voudra empêcher l'enfant de pencher la tête.

Lorsque ce bandage est insuffisant, Andry recommande de tirer la tête, à l'aide d'une bande, du côté opposé à celui vers lequel elle penche. Cette bande est fixée intérieurement autour de l'épaule correspondante, et progressivement tendue, sans exercer aucune violence.

Mellet a remplacé l'action de la bande par celle des ressorts en spirale dont nous avons déjà parlé, et qu'il applique, dans ce cas, du côte de la convexité cervicale.

Sauf la matière employée, le domino d'Andry ressemble tout h fait à la pèlerine en cuir moulé dont l'usage est aujourd'hui très-répandu.

Ce collier-pèlerine en cuir moulé, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, est destiné non-seulement à maintenir la tète dans une bonne position, mais encore à diminuer la pression supportée par les vertèbres, et à mettre obstacle au mouvement de ces dernières, à imniobiliser, autant que cela est possible, la région cervicale du rachis. On l'emploie particulièrement dans les affections des vertèbres cervicales.

Muni de pièces auxquelles il sert de point d'appui, le bandage en cuir moulé fait la base de quelques colliers de redressement.

IL Colliers de redressement. Ce sont des appareils généralement, en tout ou en partie, métalliques, qui, par divers mécanismes, tendent à imprimer au cou et à la tète un mouvement contraire à celui qui a déterminé leur inclinaison permanente dans certains états pathologiques des muscles ou des articulations cervicales, et quelquefois, en même temps, des premiers et des secondes.

11 y a trois choses à considérer dans les colliers de redressement : 1° leur point d'appui inférieur; 2'^ les pièces qui saisissent la tête et qui la foi-cent

■d'obéir au mouvement de l'appareil et de conserver la position à laquelle elle a^été amenée; 5" la puissance qui produit ce mouvement.

Une pièce matelassée, appuyée sur le haut du tronc, à la base du cou, tantôt dépassant peu la région cervicale, tantôt moulée sur le dessus des épaules, sur une partie du plan antérieur et du plan postérieur du thorax , fournit à ces appareils un point fixe assez solide, malgré la mobilité des épaules et les mouvements du sternum et des côtes dans l'acte de la respiration. On a soin d'éviter que ces mouvements inspiratoires soient gênés d'une manière notable par la pression de cette partie de l'appareil, surtout si les poumons ou les conduits aériens présentent quelque susceptibilité pathologique. II y a quelque avantage, sous ce rapport, à construire cette pièce du collier avec le cuir moulé, au lieu de se servir de plaques métalliques, dont le poids s'ajoute à la pression déterminée par les résistances que l'appareil a à surmonter.

Ce point d'appui inférieur, en raison de son étendue, de la direction presque horizontale des régions scapulaires supérieures, est très-propre à résister efficacement à un effort qui s'exerce de haut en bas, comme cela a lieu dans l'inclinaison de la tète en avant. Il offre encore assez de fixité dans l'inclinaison en arrière ou d'un côté à l'autre. Il n'en est pas de même lorsqu'on veut vaincre un effoi't qui tend à produire la rotation de la tète sur l'axis et des vertèbres icervicales les unes sur. les autres. Pour peu que cet effort seit prononcé, le j>oinl d'appui cède, la j)ièce inférieure glisse malgré les liens qui se fixent autour des épaules, et l'appareil tourne dans le même sens que la tète, au lieu de l'entraîner dans une direction opposée. Il faut alors des appareils plus étendus, il faut un autre genre d'appareils, qui a reçu le nom de minerve [voij. ce mot). Nous rangeons parmi les minei'ves le collier de Chesher, décrit par Shaw, et l'appareil de Ad. Richard, dont il sera question ailleurs.

La partie supérieure des colliers de redressement, celle qui saisit la tète, est composée d'une ou plusieurs plaques ou pelotes, appuyées sous la mâchoire inférieure, sur ses faces latérales, sur le menton, aux régions mastoïdiennes, aux tempes, à l'occiput, selon le sens dans lequel la tète doit être portée. Ici encore, si la résistance est un peu forte, et surtout s'il s'agit de produire la rotation, on peut être arrêté par de nouvelles difficultés. D'une part, la sensibilité des parties peut empêcher de porter les pressions aussi loin qu'il le faudrait en pareil cas; d'un autre côté, la forme aiTondie de la tête l'expose à glisser sous les pelotes, et à échapper ainsi à l'action de l'appareil. Il faut alors d'autres liens, des bandeaux, des courroies en fronde, que ne comporte guère l'usage des simples colliers.

La puissance qui fait agir l'appareil est constituée par les tiges, les vis, les éerous, les coulisses et autres mécanismes qui unissent les pièces supérieures et inférieures, ou qui déterminent la situation des premières à l'égard des secondes. Cette puissance n'aurait, pour ainsi dire, pas de limites, si elle n'était bornée et par l'insuffisance des points d'appui, et par les obstacles que l'on rencontre •du côté de la tète. Son action doit toujours être telle qu'on puisse la graduer lentement à volonté. En général, pour la faire agir, on ne prend pas la tête dans sa position vicieuse, en la redressant ensuite par la seule force de l'appareil. 11 est ordinairement préférable, surtout dans les cas difficiles, de produire d'abord lentement, avec les mains, un certain degré de redressement qu'on maintient ensuite par l'application du collier.

Dans le torticolis causé par la rétraction musculaire, telle que celle du sterne-

mastoïilien, la ténotomie est le remède par excellence; les colliers ne servent, après l'opération, (pi"à détruire quelques l'ésistances secondaires, s'il en existe, et à écarter, à une distance sulïisante, les deux extrémités du muscle divisé jusqu'à la lin du travail de réparation. Dielïenbach se contentait, pour produiie cet eifet, de mettre un simple col de carton très-élevé du côté où il avait pratiqué la section. Nous croyons plus sur d'employer un collier mécanique, soit que son mécanisme se borne à incliner fortement la tète du coté opposé au sens de son inclinaison primitive, soit qu'il tourne en morne temps la face du côté du sterno-mastoïdien divisé.

Le torticolis articulaire, lorsqu'il est exempt de complication grave du côlé des os, cède ordinairement au redressement répété, exécuté avec les mains pendant un plus ou moins grand nombre de jours. Les colliers secondent ce ivsultat, étant appliqués dans les intervalles des séances, et ils peuvent aussi, dans certains cas, constituer la partie essentielle du traitement.

De quelques colliers en particulier. A. Collier en cuir moulé (lig. 1). Il est formé par une large pièce de cuir, qui embrasse le cou et couvre la paille supérieure du buste : il est lacé derrière et présente une ouverture A au niveau du larynx. Deux courroies sous-axillaires ce, s'altacliant en avant, maintiennent rap[)areil en place. Pour conserver au cuir la forme que le moulage lui a donnée, on le garnit de nervures d'acier qui suivent le contour du bord supérieur, descendent sur les côtés de l'ouverture antérieure, et, se recourbant ensuite à angle droit, se dirigent borizontalcmcnt vers les épaules. Lors(|u'il est nécessaiiv d'augmenter l'élévation de la tête, on place sous la mâclioire inférieure un bourrelet qui emboîte le bord supérieiudu collier ; si la tète ne doit être élevée que d'un côté, on se borne à garnir le bord correspondant de l'appareil ; on donne de ce côté plus de hautem- au cuir.

B. Collier élastique (THippohjte Martin. Il est formé de deux plaques de tôle mince recouverte d'étoffe, l'une supérieure, l'autre inférieure, réunies par des ressorts d'acier, et attachées derrière par un cordon. La première est une mentonnière qui embrasse le bord du maxillaire inférieur, l'autre s'ap])uie sur la partie supérieure de la poitrine et sur les épaules, dont elle a la forme ; de chaque côté du cou, en arrière des apophyses mastoïdes, ces plaques sont reliées entre elles par des ressorts verticaux cintrés, à convexité postérieure, et assez souples pour permettre aux muscles antérieurs du cou d'abaisser la tète. Ce petit appareil est maintenu eu place par des cordons fixés aux ressorts, et qui, après s'être croisés derrière le cou, s'attachent soit au corset, sftit autour de la taille.

Un autre modèle de collier, du même fabricant, est formé d'une large bande de cuir qui embrasse le menton, le cou, le haut du thorax et les épaules, et qui s'attache par derrière, comme le précédent. Au cou, on a ménagé une grande ou ver-

Fig I.

tui'e horizontale pour laisser le larynx et les vaisseaux libres de toute pression. Le cuir est soutenu par un seul ressort d'acier vertical et placé en avant, qui suit le contour du menton, du cou et du sternum. Cet appareil a beaucoup moins de résistance que le précédent, aussi ne convient-il que dans les cas où les muscles de la région cervicale postérieure ont conservé une grande partie de leur énergie, et où il s'agit seulement de lutter contre une mauvaise tenue de la tète par suite de négligence.

G. Colliers métalliques non élastiques. Ces appareils s'appuient sur la partie supérieure de la poitrine et du dos, à l'aide de plaques de tôle matelassées, et prennent la tète entre deux demi-cercles métalliques, pour la diriger et la maintenir dans une position déterminée. Tel est le collier modèle Charrière

La partie inférieui'e de ce collier est formée de deux pièces articulées en airièi'e par une charnière, et unies en avant par une courroie. Les deux demicercles qui constituent la partie supérieure de l'appareil sont conformés de manière à s'adapter contre le bord de la mâchoire et les apophyses mastoïdes; ils sont reliés ù la pèlerine d'appui par quatre montants en fer placés par couple de chaque côté du cou ; on peut les élever ou les abaisser, les avancer ou les reculer, les incliner ou les redresser à volonté, ce qui permet d'incliner et de tourner la tête selon le sens de la déviation pathologique. Pour produire ces

Fi". 2.

Fis-

différents effets, chacun des supports présente un mécanisme assez compliqué ; Il est constitué par une tige glissant, au moyen d'un écrou, au centre d'une colonne à coulisse et taraudée ; l'extrémité supérieure de cette tige est unie à la plaque des demi-cercles par une articulation à boule, et peut ainsi agir isolément sur un des points du demi-cercle. Les deux supports d'un même côté sont réunis entre eux, à leur extrémité inférieure, par une bande métallique courbe et étroite, qui glisse horizontalement dans une coulisse creusée sur le bord de la plaque d'appui; des vis de pression fixent ces supports au point voulu.

Malgré tout ce que la disposition de ces montants offre d'ingénieux, ce collier agit faiblement contre certains torticolis permanents. Nous nous sommes expliqués plus haut sur les causes qui rendent insuffisants les simples colliers, lorsqu'ils ont à vaincre une forte résistance provenant soit des muscles, soit des articulations.

D. Collier en cuir moulé formé de deux parties. Ce genre d'appareil se compose de deux pièces distinctes réunies par des crémaillères ou par une articulation à genouillère. Dans le modèle Mathieu (fig. 5), une large pèlerine en

COLLIERS ORTHOPEDIQUES. 9

cuir d'un seul mozceau, ouverte derrière et fermée par un lacet, embrasse la base du cou, les épaules et le sommet du thorax en avant et en arrière; une autre pièce de cuir est moulée sur le maxillaire inférieur, les apophyses mastoïdes, la nuque et la moitié supérieure du cou. Ces deux parties sont reliées par quatre crémaillères A, destinées à les écarter ou à les rapprocher tantôt également des deux côtés, tantôt plus d'un côté que de l'autre, suivant les indications. Dans les cas oii la rotation est surtout nécessaire, on remplace les montants à crémaillère par une genouillère qu'on fixe derrière le cou, sur la pèlerine de cuir, ce qui permet de tourner la tête et de l'incliner en même temps sur l'un ou l'autre côté.

E. Appareil de redressement de Bonnet. Bonnet a surtout cherché à obteniil'inclinaison et la rotation de la tète dans le sens opposé à, celui de la déviation. 11 prend son point d'appui à l'aide de deux plaques de tôle matelassées, et il saisit la tète entre deux pelotes ovalaires mobiles, dont l'une s'applique sur le menton et l'autre sur l'apophyse mastoïde. Ces pelotes sont fixées à l'extrémité d'une longue vis horizontale, qui traverse la partie supérieure du support en l'or placé de chaque côté de la tête et rivé sur les plaques thoraciques. (aUte disposition permet d'avancer ou de reculer les pelotes à volonté. S'il s'agit, par exemple, d'une rétraction du sterno-mastoïdien gauche, l'une de ces pelotes devra presser sur le côté droit du menton, l'autre au-dessus de l'apophyse mastoïde gauche. On les place de manière que le menton regarde à gauche et ([ue la tête soit renversée à droite. Malgré les précautions prises par Bonnet, il nous paraît légitime de craindre, avec Gaujot, que les points de pression ne présentent pas une étendue suffisante pour agir avec une certaine énergie, et que l'effet produit ne soit pas assez puissant pour amener le résultat annoncé par l'auteur.

Collier de Nuck. Pour compléter ce que nous venons de dire des différentes espèces de colliers orthopédiques, il nous reste à parler d'une machine inventée par Nùck, et qui est connue sous le nom de collier de Nûck. Elle a été faite à l'origine pour redresser le torticolis musculaire ; mais depuis elle a été appliquée par d'autres au traitement de toutes les déviations de la colonne vertébrale.

Cette machine est composée d'un arc et d'un large collier. L'arc , cintré en forme de ter à cheval, doit embrasser la tête sans la toucher; il est en fer forgé, suffisamment épais pour résister à l'action du poids du corps. Les extrémités de l'arc sont réunies par deux pièces de futaine, larges de 7 à 8 centimètres, trèsepaisses et bien rembourrées avec de la laine ou du colon. Ces sortes de cordes portent, en deux points de leur longueur, des rubans assez longs pour pouvoir être noués par une rosette. Au sommet de l'arc se trouve un fort crochet, capable de supporter le poids du corps. On attache à ce crochet une corde qui passe dans une poulie fixée au plafond.

Lorsque le sujet a placé la tête entre les deux pièces de futaine, de manière que l une d'elles porte sous le menton et l'autre sous l'occiput, on resserre ces dernières avec les rubans qu'elles portent et qui passent de chaque côté du cou. On hisse ensuite doucement l'enfant jusqu'à ce qu'il ait perdu pied ; on l'amuse dans cette situation, où on le laisse autant qu'il peut la supporter sans souffrir. On répète cet exercice plusieurs fois dans la journée, et on y laisse l'enfant chaque jour un peu plus longtemps, au fur et à mesure qu'il s'y habitue. Dans les premiers jours, l'enfant restait à peine suspendu pendant une minute ; quelques mois après, il paraîtrait qu'il pouvait y rester 12 minutes au moins.

10 COLLINEAC.

Delpecli L'iiiployait uii proccdc aiuilogue à celui de Nùck, comme moyen de roconnaître le degré d'extensibilité du rachis dans la scoliose.

Aujourd'hui , le collier de Nûck est employé par certains gymnastes suédoallemands, pour combattre la scoliose. A cet effet, ils soulèvent l'entant par la tète, jusqu'à ce qu'il ne touche plus le sol que par l'extrémité des orteils, et ils le font marcher dans cette attitude. Dans ce cas, la poulie du plafond glisse sur une corde tendue à quelques mètres au-dessus du sol.

Un collier qui a quelque analogie avec celui de Nùck sert à produire l'extension dans les lits orthopédiques [voy. ce mot).

H. Bouv/ER et Pierre Boulan».

COLI.IERS (Pharmacie), On regardait autrefois comme propres à prévenir Jes convulsions chez les enfants et à faciliter la dentition, et l'on appelait pour cela anodins, des colliers d'ivoire, d'os, de dents d'animaux ou de diverses autres matières auxquels on donnait la forme de perles.

Le collier de Morand se compose d'une cravate de coton cardé sur laquelle on a répandu parties égales de sel ammoniac, de sel commun et de poudre d'épongé calcinée. On recouvre le tout d'une mousseline piquée en losanges. Cette sorte de sachet-cravate s'applique sur les goitres et les tumeurs froides du cou. D.

COIiLIGVAJjt. On connaît doux plantes de ce nom [CoUiguay de Molina et CoUigoy du P. Fouillée). Toutes deux sont des Euphorhiacées chiliennes. L'une est V Adenopeltis Colliguaya de Bertero, commun dans les provinces méridionales du Chili et dont le suc est acre, légèrement laiteux. L'autre, plus connue, est le Colliguaya odorifera de Molina [Hist. Chili, 129), plante comjnune dans les plaines du Chili, jusqu'à la base des Andes, et également réputée vénéneuse , irritante. Aussi le bétail meurt, dit-on, quand il a brouté ses feuilles. Son bois brûlé répand, à ce qu'on rapporte, une odeur agréable de roses. On en peut, dit-on, faire des fumigations stimulantes. L'albumen des graines est riche en huile qu'on pourrait sans doute utiliser, et la plante croîtrait bien dans le midi de l'Europe ou l'Algérie. Ces deux plantes ont été rapportées pai" nous comme sections au grand genre Excœcaria dans lequel elles se distinguent par l'appauvrissement ou même la disparition complète du périanthe dans les fleurs de l'un ou de l'autre sexe. H. Bn.

Feiiillée. plant, medic, III, CO. — I^osenth., Syn. plant, diaphor., 819. — Mer. et Del., Dicl. Mat. inéd., II, 364. — H. Bâillon, Et. gén. du gr. des Euphorbiacées, 552, 554. t. 7 ;" Hist. des plantes, V, 133, 135, flg. 212, 213.

COLLliv (Henry-Joseph). Médecin allemand, né à Vienne, en 1731, mort en 1784. Successeur d'Antoine Stœrck, à l'hôpital civil de sa patrie, il a publié, à l'imitation de son illustre devancier, les deux ouvrages thérapeutiques et cliniques suivants :

I. Compendii cenluriœ medicce pars III, contbiens medicamenta in morbis, solidi et fluidi corrigentia. Vienne, 1760, in-4°. — II. ^osocomii civici Pazmanniani annus medicus tertius, sive observationes circa morbos acutos et chronicos. Vienne, 1764-1781, in-S", six parties.

COLLl]\'EAU (Jean-Charles), né à Chàlillou-sur-hidre, en 1781, étudia d'abord la médecine à Angers, puis il se rendit à Paris et se fit recevoir docteur en 1808; nommé quelque temps après médecin de la prison de Saint-Lazare, à la

COLLINSONIA. 11

place de son maître Didic, comme celui-ci était mort sans fortune, laissant plusieurs enfants, Collineau les adopta et les soutint par son travail; sa répulaliuii, malgré sa rare modestie et sa réserve, s'était assez répandue pour que l'Académie de médecine l'admît, en 1823, au nombre de ses membres. Cette même année, la Société de médecine avait couronné un excellent travail de lui, sm- la (jucstion alors si controversée de l'existence des fièvres essentielles; l'autour n'avait pas hésité à la résoudre par l'affirmative. Collineau n'était pas seulonienl un excellent praticien, mais encore un homme d'une solide instruction, coiiiine il en donnait chaque jour la preuve dans les rapports dont on le chargeait à l'Académie de médecine et dans lesquels, avec une extrême bienveillance dans la forme, il savait montrer un jugement droit et sévère. La })liysiologie intellectuelle lui doit un excellent travail sur l'enteiidemeul humain. Suivant l'honimc dans toutes les phases de son existence, il montre le développement successif de ses facultés intellectuelles, cherchant toujours à mettre les principes de la métaphysique en rapport avec ceux de la physiologie. Collineau mouriil le 14aoîitl860, à l'âge de 79 ans; il était chevalier de la Légion d'Iioimein depuis 1835.

On a de lui :

I. Essf/i sur la roiif/eoir. Th. de Paris, 180S, ii" i. — U. Pciil-on mcllrc en rloulc l'n istence des fièvres esseiilielles? Paris, IX'25, iii-8°. — 111. Sur l'absorption par tes vaisseaux sanguins et lijmphaliques. — IV. Analyse de Vcnlendement humain d'après l'ordre dans lequel se manifeslcnt, se développent et s'opèrent les niouvetnents sensitifs, udelhrtnrls, affectifs et moraux. Taris, 18i3, iii-8°. — V. A rAcadémie de médecine; comniuiiicatioiis : sur la prééminence de la vue (1858) ; sur le principe Icf/islateur de la parole (18Ô'J); sur l'identité du typhus et delà fièvre typhoïde (1845); sur la nomenclature médicale (1855) ; des rapports Irés-remarqués : sur le scorbut à la maison centrale de Clairvaux (1841); sur l'aliénation mentale (1845) ; sur la folie dans le réyime pénitentiaire (1847) ; sur les fèvres essentielles (1849); sur diverses questions de philosophie médicale, etc., etc.

coLLi:\ilQLE. Acide, syn. ac. coUique (voir ce mot).

COLLIIKS. Nom d'un certain nombre de médecins anglais, parmi lesquels :

Collins (Samuel), fit ses études médicales à Padoue, et fut reçu docteur à Cambridge. Il devint ensuite membre du collège des médecins d'Oxford en 1659 et alla s'établir à Saint-Pétersbourg. Après plusieurs années de séjour eu Russie, il revint en Angleterre, fut nommé membre du collège des médecins de Londres et peu de temps après médecin de la reine. Il est l'auteur d'un ouvrage d'anatomie comparée, important pour l'époque, et dans lequel on trouve quelques bonnes observations d'anatomie pathologique. Cet ouvrage, oublié aujourd'hui, a pour tilre :

Systema anatomicum of the Body of Man, Birds, Beasts, Fishes, with his Diseuses, Cases and Cures. Londres, 1685, 2 vol. in-fol., et pi. A. D.

COLLINSOIVIA. Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Labiées. Ce groupe, établi par Linnée, comprend un petit nombre d'espèces i&k 7), de l'Amérique boréale, dont la plus connue et la seule intéressante au point de vue de ses propriétés médicales est le Collinsonia canadensis L. Cette belle plante croît dans les régions américaines, depuis le Canada jusqu'à la Horide. Ses tiges droites, tétragones, de un à deux pieds de hauteur, portent de grandes feuilles, opposées, brièvement pétiolées, tantôt atténuées, tantôt en cœur

12 COLLIQUATION.

à la base, dentées en scie sur les bords, glabres et ridées sur les faces. Lee fleurs sont jaunes, nombreuses, rangées en une panicule làcbe, peu rameuse, de forme pyramidale. Le calice monosépale est court, et porte cinq dents inégales ; la corolle est infundibuliforme, beaucoup plus longue que le calice, à lèvre supérieure presque nulle, divisée en quatre dents; à lèvre inférieure, frangée, découpée en nombreuses lanières capillaires. Les élamines sont au nombre de deux, bien développées, exsertes, les deux autres étamines étant représentées par de simples rudiments ou manquant complètement.

Cette espèce jouit, dans les pays où elle croît, d'une réputation, qu'indiquent bien les noms divers qu'on lui a donnés. On l'a appelée guérit-tout, racine à la gravelle [gruvel-root) ; enfin, la désignation d'herbe du cheval {horse-weed) et de baume du cheval (horse-balme) indique que ses propriétés ont été également utilisées dans lu médecine vétérinaire. Elle est tonique, astringente et diurétique ; aussi l'a-t-on employée dans les affections calculeuses de la vessie, et dans les cas d'hydropisie. Ses propriétés toniques la font utiliser dans le cas de fièvres malignes, dans les maladies d'épuisement ; son astringence fait qu'on eu applique les feuilles sur les coups et les meurtrissures.

A l'intérieur on la prescrit surtout en infusion : prise en substance elle provoque des vomissements.

Les Collinsonia scabriuscula Ait. (C. Scabra Pers.) et C. anisata Pursh., qui viennent dans les mêmes régions, sont des espèces voisines, et qui ont très-probablement des propriétés analogues.

LiNNÉE, Gênera, 17. — Species, p. 39. — Hortus cliffoHlanus. 14, tab. 5. — Bentham, Ijubialce, p. 357 et in Prodromus DeCandolle,XII, p. 252. — Mérat et De Lens. Dictionnaire de 7nat. méd.,]l,56i. Pl.

COLLIOURE (Eau minérale de). Protothermale, bicarbonatée ferrugineuse, carbonique faible. Dans le département des Pyrénées-Orientales, dans l'arrondissement de Céret, est un clief-lieu de canton à 27 kilomètres à l'est de Cérel, sur la mer iMéditerranée, et un petit port peuplé de 3,300 habitants, qui a une école d'hydrographie. Collioure, Caucoliberis ou Caucoliberum, a des fabriques où l'on travaille l'écorce du chène-liége et un commerce de laines, de sardines et de thons ; mais ses vins, dont quelques-uns sont connus sous les noms de Collioure, Grenache et Rancio, l'ont rendu plus célèbre que ses eaux minérales. Une source pourtant émerge à la base du fort Saint-Elme ; son eau est claire et transparente, lorsqu'on écarte la pellicule- irisée qui la recouvre; elle laisse déposer aussi une couche épaisse de l'ouille qui tapisse les parois internes de son bassin. Elle n'a pas d'odeur ; sa saveur est franchement ferrugineuse et peu agréable; des bulles gazeuses grosses et rares viennent s'épanouir à sa surface, sa température est de 17° centigrade. Cette eau n'a jamais été complètement analysée et elle est peu employée. Quelques personnes seulement affectées d'anémie, de chlorose ou d'états pathologiques qui en proviennent, boivent pendant un temps indéterminé, tous les matins, quelques verres de l'eau de la fontaine du fort Saint-Elme ; souvent aussi elles en coupent le vin qu'elles boivent au repas.

BiBiioGBAi'HiE. — Anglada. Traité des eaux minérales des Pyrénées-Orientales.

COLLI<jlJATl©i\ (de coUiquare, se fondre, se dissoudre, se liquéfier). Ce mot, qui équivaut à celui de fusion [fusio), a i^eçu des applications diverses. On l'a entendu de la fluidité des humeurs, principalement du sang. La liquéfaction

COLLODION (chimie et pharmacie). 13

trop grande du sang, par suite de la chaleur et de reffervescence de ses parties, donnait lieu à la fièvre collirjuative. 11 s'est dit aussi de la trop grande proportion des liumeurs, amenant la mollesse et la contabescence des parties solides. Les selles colliquatives, les sueurs colliquatives sont celles qui, étant d'une extrême abondance, semblent liées à un état de décomposition générale de l'oro-anisme. On appelle enfin colliqualion la simple fonte de parties solides se résolvant en humeur, comme dans la fonte d'un abcès. D.

COLLIQUE. Acide, syn. ac. collinique. Composition : 0^11*0*. Cet acide a été découvert par Froehde parmi les pioduits d'oxydation des substances albuininoides et de la gélatine, sous l'inlluence du bichromate de potasse et de l'acide sulfuiique étendu. Lorsque la réaction est terminée, on neutralise la liqueur par le carbonate de soude, on distille pour chasser les produits volatils. Le liquide restant est concentré à un petit volume et traité par l'acide sull'urique qui détermine la séparation d'un mélange d'acides benzoïque et coUique ; l'acide benzoïque est séparé de l'acide coUique au moyen de l'eau bouillante, qui dissout le premier et laisse le second sous forme d'une masse fondue qui se solidifie par le refroidissement en cristaux radiés.

Acide fort, de saveur acide ; très-peu soluble, même à cliaud, dans l'eau ; fusible à 97 degrés ; sublimable et brûlant avec une flamme fuligineuse.

Dans l'oxydatiou de l'albumine, il se forme également une huile volatile à odeur de cannelle tft dont l'oxydation ultérieure fournit de l'acide coUique. Cette huile serait l'aldéhyde coUique C°I1*0.

Froehde. Joiirn. fur praktisclie Chem., t. LXXX, p. 5i4. Schutz.

COLLODIOIV. § I. Chimie et Pharmacie. On donne le nom de collodion à un médicament fluide, incolore, plus ou moins épais, que l'on prépare on faisant dissoudre de la pyroxyline ou fulmicoton dans un mélange en })roporlions convenables d'alcool et d'éther.

Le collodion a été introduit dans la thérapeutique par M. Maynard, de Boston. Etendu à plusieurs couches sur la peau, le collodion laisse, après l'évaporation de l'alcool et de l'éther, une pellicule imperméable très-adhésive, résistant à l'eau et à l'alcool. Comme il se contracte assez fortement, ce qui est souvent un inconvénient, on ne l'emploie le plus ordinairement qu'additioimé d'huile de ricin, sous le nom de collodion élastique. Les propriétés adhésives que possède le collodion sont mises à profit dans le traitement de diverses affections chirurgicales. On s'en sert aussi pour réunir les plaies, arrêter le sang qui s'écoule des piqûres de sangsues, pour combattre les engelures, le rhumatisme articulaire aigu, l'érysipèle, la variole, la péritonite, le zona, etc. On l'étend au moyen d'un pinceau sur la partie malade.

La pyroxyline, qui forme la base du collodion, a été découverte en 1847, par Schœnbein. Elle résulte de la réaction de l'acide nitrique très-concentré sur la cellulose qui constitue la fibre du coton. Elle est constituée par un mélange de cellulose dinitrée C'm%kzO''fO^° et de cellulose trinitrée C'-'W{XzO'fO">. La pyroxyline a l'apparence du coton même, cependant elle est moins flexible, moins douce au toucher ; de plus elle possède souvent une faible teinte jaunâtre. EUe est douée d'une inflammabilité redoutable ; elle détone et brûle sans laisser aucun résidu solide ; les produits de sa combustion sont tous gazeux et constitués par un mélange d'acide carbonique, d'oxyde de carbone, de bioxyde d'azote, de

14 COLLODION (cuijiil et pharmacie).

gaz inflammables et de vapeur d'eau. Cette substance prend feu à des températures qui diffèrent suivant la méthode employée pour sa préparation, et quelquefois même, ce qu'il importe de noter, elle s'enflamme à des températures qui n'atteignent pas 100 degrés. Conservée pendant un certain temps, elle peut subir une décomposition lente, pendant laquelle ses éléments donnent naissance à une matière azotée de consistance gommeuse et à de l'acide oxalique.

La pyroxyline est insoluble dans le chloroforme, les huiles grasses, l'acide acétique et dans la solution cupro-ammoniacale de Scliweizer, laquelle dissout, comme on le sait, la cellulose. L'eau, l'alcool absolu, l'étber sulfurique pur sont également sans action sur elle, cependant le mélange de ces li(iuides en proportions convenables jouit de la propriété de la dissoudre d'une manière trèsiiotable; c'est cette solution, plus ou moins visqueuse, qui a reçu, comme nous^ l'avons dit, le nom de collodion.

Le collodion possède des propriétés adhésives qui ont été mises à profit dans le traitement de diverses maladies , mais pour obtenir un collodion médicinal ré[iondant aux conditions diverses de continuité dans l'enduit qu'il laisse sur les tissus, de solidité suffisante de la couche de pyroxyline et d'homogénéité de la solution éthéro-alcoolique, il importe d'abord de préparer convenablement la base du médicament, c'est-à-dire la pyroxyline. Deux procédés peuvent être mis en usage, et le choix que l'on fait de l'un d'eux est seulement dicté parla quantité [dus ou moins grande de la matière à traiter.

Le premier procédé convient à la préparation de petites quantités de pyroxyline. Pour le mettre à exécution, on prend : nitrate de potasse pulvérisé, 1000 grammes ; acide sulfurique à 1,84 de densité, 2000 grammes ; coton sec cardé, 400 grammes ; on mélange l'acide et le sel dans une terrine en grès vernissé, et l'on y plonge le coton. On le foule avec une baguette de verre, et on l'agite de manière à favoriser l'imbibition du coton et la réaction du liquide. Après 10 à

15 minutes de contact, on retire le fulmicoton, et on le projette dans une grande quantité d'eau froide ; on le sort de cette eau sans expression, et l'on renouvelle plusieurs fois ces lavages jusqu'à ce que le liquide cesse de présenter une réaction acide. La pyroxyline est alors égouttée et placée sur des claies pour subir la dessication à l'air libre. Il ne faut jamais recourir à la température de l'étuve, car au-dessous de 100" la pyroxyline peut quelquefois s'enflammer. La principale condition de réussite par ce procédé est de n'opérer que sur les quantités indiquées ci-dessus, car si on agissait sur des proportions plus fortes, la réaction serait plus vive, et on pourrait changer la solubilité du produit.

Le second procédé est celui du Codex de 1866. Il consiste dans le traitement du coton par un mélange d'acide sulfurique à 1 ,84 et d'acide nitrique à 1 ,40. Les conditions essentielles pour réussir sont d'employer du coton séché à -h 100", un acide sulfurique marquant i,84 au densimètreet un acide nitriqne à 1,40. Pour opérer, on prend lOdO grammes d'acide sulfurique à 1,84; 500 grammes d'acide nitrique à 1,40; 55 grammes de coton séché à -+- 100». On verse l'acide sulfurique dans l'acide nitrique, et on laisse refroidir le mélange jusqu'à la température de 30" environ ; cette opération peut être faite dans un vase de verre à large orifice. On introduit le coton par petites portions, afin d'éviter un trop grand dégagement de chaleur. On abandonne le tout pendant 24, 56 ou 48 heures, selon que la température sera voisine de 55", de 25 ou de ib" centigrades. Après ce temps, on retire la pyroxyline, et on la lave avec soin pour lui

COLLODIÛN (chimie et i'hap.jiacil;). 15

enlever jusqu'à la dernière trace d'acide, el on sèche avec les précautions précitées.

La pyroxyline doit être conservée à l'abri de l'humidité pour éviter la transformation que nous avons indiquée plus haut.

Pour préparer le collodioii avec la pyroxyline ainsi ohlcnuo le Coder donne la formule suivante :

Pyroxyline ou fulmicoton 7 gr;iinmes.

Éther à 0,7-20 64

Alcool à 90" C 2-2 —

Huile de ricin ' —

On fait dissoudre le fulmicoton dans le mélange d'éthcr et d'alcool, on ajoute ensuite l'huile de ricin. L'addition de l'huile de ricin est faite pour donner au collodion" l'élasticité qu'il doit posséder pour les besoins de la médecine.

M. Regnauld, le savant directeur de la Pharmacie centrale, a présenté sur le collodion des observations très-importantes, et que nous devons mentionner. Le collodion employé dans les services chirurgicaux des hôpitaux de Paris ne contient de l'huile de ricin que dans le cas d'une prescription spéciale du im'decin. La solution éthéro-alcoolique de pyroxyline laisse sur la peau un enduit qui adhère assez fortement ; celui-ci préserve les tissus du contact de l'air et est employé dans les pansements, tantôt seul, tantôt étendu à la surface d'une bandelette de toile. Lorsque le collodion est destiné au pansement de plaies béantes, on recherche en lui la propriété de se rétracter par dessication, car il tend, en resserrant les bords de la plaie, à hâter la cicatrisation. Dans ce cas il importe d'avoir recours au collodion pur non additionné d'huile de ricin. Si l'on veut préserver les parties du contact de l'air, la rétraction du collodion est plus nuisible qu'utile, c'est alors qu'on peut ajouter une substance qui laisse à l'enduit de pyroxyline une certaine flexibilité. La quantité de pyroxyline par rapport au liquide dissolvant paraît trop forte h. M. Regnauld dans la formule du Codex. Le collodion adopté par les chirurgiens des hôpitaux est formé de la manière suivante :

Pyroxyline ^t

Éther à 0,720 75

Alcool à 90» C 20

II contient -^ de son poids de pyroxyline au lieu de ys (foi'mule du Codex) ; aussi est-il très-fluide et s'étend-il avec facilité. Pour quelques cas rares et sur prescriptions spéciales, on porte la dose de 5 à 6 grammes, ce qui donne le rapport ~ pour le cas où l'on a besoin d'un collodion très-visqueux ; jamais l'occasion ne s'est présentée de dépasser cette limite.

Le collodion élastique, c'est-à-dire le collodion avec addition de yô d'huile de ricin, comme le conseille Soubeiran, ou avec yï comme le prescrit le Codex, est préféré quand il ne s'agit que de couvrir les téguments ; on peut l'étendre avec un pinceau en couche assez épaisse pour qu'elle résiste au frottement. Afin de rendre la couche bien adhérente, il est indispensable de sécher la partie avant de faire l'application ; nous n'avons pas besoin de dire que cette précaution est également nécessaire lorsqu'on se sert de collodion simple.

On a cherché à remplacer, dans la pratique, le collodion, soit par une solution de gutta-percha dans l'éther, soit par une solution de gomme laque dans l'alcool à 95° , mais les tentatives qui ont été faites pour introduire ces topiques dans la matière médicale sont jusqu'à présent restées sans succès.

Le collodion est quelquefois employé pour servir de véhicule à des préparations

16 COLLODIOJN (emploi thérapeutique).

médicamenteuses plus ou moins actives. L'obtention de ces médicaments ne présente aucune difficulté. Nous allons indiquer seulement les formules les plus usuelles, parce que, dans le chapitre suivant, on traitera avec des développepements particuliers des préparations qu'ont fait naître sujccessivement les besoins de l'art chirurgical.

CoUodion cantharidal. Ce médicament s'obtient en mélangeant une partie d'éther cantharidal et une partie de coUodion.

En enduisant la peau avec deux couches de coUodion cantharidal, le vésicatoire se produit en quelques heures.

CoUodion iodé. Iode 0^'",40 ; coUodion, 10 grammes.

CoUodion iodoformé. lodoforme, 5 gram. ; coUodion élastique, 1 00 grammes.

On l'applique à l'aide d'un pinceau, pour combattre les douleurs goutteuses et rhumatismales.

CoUodion au tannin. Tannin, 10 grammes; coUodion l'iciné, 50 grammes. Employé comme slyptique, liémoslatique, etc. L'appliquer avec un pinceau.

CoUodion caustique. CoUodion, 30 grammes; sublimé corrosif,! gramme; on fait dissoudre.

CoUodion ferrugineux. Perchlorure de fer liquide à 30 degrés, 10 grammes; coUodion élastique, 50 grammes. 11 a une couleur d'ocre et dépose avec le temps.

Les photographes ont remplacé depuis longtemps l'albumine par le coUodion, pour le tirage des épreuves négatives. T. Gobley.

COIiLODIOX. §11. Emploi thérapeutique, ht CoUodion [solution élhérée de fulmicoton ou pyroxyUne), est un liquide de consistance sirupeuse, affectant parfois celle d'une gelée analogue au cosmétique connu sous le nom de Bandoline, blanchâtre ou opalin et de couleur très-légèrement ambrée, exhalant une forte odeur d'éther, d'une saveur fi-aîche et laissant déposer sur les surfaces où il est étalé une pellicule mince, transparente et imperméable à l'air. Ce liquide, dont la thérapeutique s'est enrichie depuis une trentaine d'années à peine, est employé dans les arts, l'industrie et même l'agriculture ; en chirurgie, nous nous en servons souvent et surtout comme adhésif et agglutinatif ; de plus, quel- (jues praticiens ont voulu, depuis quelques années, en étendre l'application à un certain nombre d' affections médicales.

Nous passerons successivement en revue :

A. L'historique du coUodion.

B. Ses variétés.

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