C. Son emploi en chirurgie
D. Son emploi en médecine.
E. Son mode d'action.
F. Ses succédanés.
Nous donnons à la fin de cet article une BibUographie étendue qui fait voir, par le grand nombre d'usages auxquels on l'a destiné, que sans vouloir le considérer comme une panacée universelle, on peut retirer de ce corps les plus grands avantages. Le coUodion a eu certainement, comme toutes les médications nouvelles, sa période d'engouement, mais il ne faut pas croire, comme plusieurs auteurs ontbien voulu le dire, qu'il soit tombé dans l'oubli : c'est un excellent topique et son usage restera désormais accrédité parmi nous.
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A. Historique. La découverte du collodion est de date modeine. En novembre 1846, Baudin faisait connaître à l'Académie des sciences une nouvelle substance liquide obtenue par Ménard et Florès-Domonte à Taide de la solution de la xyloïdine dans l'éther ; toutelbis, ces expérimentateurs se proposaient uniquement d'appliquer ces propriétés dissolvantes de la xyloïdine à la purification du coton-poudre. Payen répéta ces expériences et Gaudin vit de plus que la dessiccation de cette solution donne lieu à la formation àe pellicules de papier transparent ou nacré; mais là s'étaient arrêtées les recherclies de tous ces investigateurs, et c'est bien à John Parker Maynard (de Boston) que l'on doit la découverte du collodion, car lui seul en a, le premier, indiqué les propriétés adhésives.
En effet, ce jeune étudiant américain publia en avril 1848, dans Y American Journal of the Médical Sciences, une lettre adressée par lui à la Société médicale de Boston et dans laquelle il donna quelques détails sur son application en chirurgie et sur la manière de l'obtenir : « Celte solution, dit-il, sèche en quelques secondes, fournissant ainsi un moyen d'adhésion si puissant, qu'une bandelette de cuir d'un pouce de large collée à la main n'avait pu être séparée j)ar un poids de vingt livres; et ce qui est plus important encore, c'est que ni la chaleur, ni le contact des liquides n'ont de prise sur ce nouveau moyen. » Ce travail fut le sujet d'un compte rendu lu à l'Académie de médecine par Malgaigne, dans la séance du 29 août 1848.
A partir de cette époque le collodion est expérinienlé à Paris par Malgaigne et Jobert, à l.yon par Bonnet, à Edimbourg par Simpson, puissucccssiveincnl par un grand nombre de chirurgiens français et étrangers dont les noms seront mentionnés soit dans la bibliographie, soit dans le cours de cet article, à propos des observations les plus intéressantes qui ont été publiées sur l'emploi thérapeutique de ce médicament. A ce point de vue, on pourra trouver quelques détails historiques dans une bonne thèse soutenue à Strasbourg en 18G7 par de Marcailhou d'Alniéric [Emploi du collodion en chirurgie) et dans celle de A. Tartenson (th. inaug. Paris 1872 : De V emploi du collodion dans certaines maladies inflammatoires des yeux), qui passe en revue, avant d'entrer en matière, la série des médecins et cliirurgiens qui en ont fait un usage fréquent. Nous ne devons pas non plus oublier les belles et nombreuses recherches que de Robert de Latour a multipliées à son sujet depuis plus de 25 ans, et sur lesquelles nous reviendrons; enfin, l'étude que A. Drouet a faite et publiée en 1875, dans la Tribune médicale, sur le collodion considéré principalement au point de vue de la thérapeutique médicale.
B. Variétés. {Collodion ordinaire, collodion élastique riciné, collodions composés.) Le collodion ordinaire, simple, le type des collodions, est celui que nous employons habituellement et dont nous indiquerons dans les deux chapitres suivants les principales aj)plications. La première préparation, dite du Codex, à savoir :
Fulmicoton bien sec IG grammes.
Éltiei' suUurique pur 71a —
donnait un liquide dont la membrane, laissée par Tévaporation de l'éther, était sèche, cassante, adhérente, assez rélractile, irritante et qui exerçait sur les tissus une constriction très-forte. Ce fut le seul employé tout d'abord par les chirurgiens, on s'en sert même encore dans les arts ; mais à peine ce corps venait-il d'être découvert, que Soubeiran reconnut que l'addition de quelques gouttes de lin lui communiquait de la souplesse et une certaine élasticité; toutefois, c'est à de
DICT. ENC. \1\. 2
18 COLLODION (emploi thérapectique).
Robert de Latour que nous devons d'avoir démontré que ces deux propriétés, qui le rendent si précieux en Ihéi-apeulique. se trouvent surtout accrues par l'adjonction de Vliidle de ricin. La formule qu'il a proposée et qui est insérée dans le Codex a été donnée plus haut.
On peut encore avoir recours à la formule suivante :
Colloilion. 50 pramnit-s.
Téribcntliine de Venise 1,50 —
Huile de ricin 0,50 —
Le coixoDioiN ÉLASTIQUE RiciNÉ, qui, commc le précédent, doit toujours être conservé dans un flacon bien fermé, a le grand avantage de se solidifier moins vite, d'être moins rétractile, d'irriter à un degré moindre les parties sur lesquelles il est appliqué et de pouvoir s'en détacher avec plus de facilité que la première variété. Nous dirons cependant que, dans certains cas, cette diminution du pouvoir adhésif qui lui est communiquée par l'huile de ricin n'est pas à nos yeux un avantage, mais bien un inconvénient. Cap et Garot ont également imaginé un coUodion glycérine qui offre à peu près les mêmes propriétés et ils l'ont employé principalement contre les ulcères.
CoLLODiONS COMPOSÉS. L'usage du collodion est plus fréquent en Amérique que chez nous ; il y sert même d'excipient à une foule de médicaments plus ou moins actifs; de là les collodions composés dont l'importance thérapeutique est certainement en raison inverse de leur multitude. La plupart d'entre eux n'ont guère eu qu'une vogue de passage et sont aujourd'hui presque complètement tombés dans l'oubli, mais quelques-uns plus récents sont un peu meilleurs et d'un emploi plus répandu surtout en pays étrangers, aussi croyons-nous devoir les passer ici rapidement en revue soit dans leurs formules, soit dans leurs diverses applications thérapeutiques. Nous les diviserons en :
! collodion au perchlorure de fer.
— tannique.
— pneniquo.
- tanno-Jjhénico-benzoïquc.
— tanno-benzoïque.
a r. 11 >• . • . ( collodion saturnin ou martial.