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COMTE

qu'il rend dans les officines et chez les malades, il peut encore, avec une précision suffisante, trouver son application dans certaines opérations d'analyse chimique. C'est ainsi qu'on l'applique pour le dosage de la glycose dans les urines, de la chaux dans les eaux séléniteuses, etc. T. Gobley.

COî»lPTOl\lA. Groupe de plantes autrefois regardé comme un genre distinct, réuni maintenant par les botanistes aux Myrica {voy. ce motK

COMTE (Joseph-Achille). Cet homme distingué, ce zélé valgarisateur des sciences naturelles, et dont presque tous les ouvrages ont été conçus dans le but d'instruire la jeunesse et les gens du monde, est né à Grenoble le 29 septembre 1802. 11 vint l'aire ses études médicales à Paris, devint môme interne dans un de nos grands hôpitaux (1823), mais ne poussa pas plus loin, croyonsnous, ses aspirations dans la carrière. Il préféra l'instruction de la jeunesse à la pratique des malades, obtint une place de professeur d'histoire naturelle au collège Gharlemagne, occupa la présidence à la Société des gens de lettres, et remplit les fonctions de chef de bureau au ministère de l'instruction publique. La révolution de 1848 brisa pour quelque temps sa carrière. Les talents véritables d'Achille Comte, son activité, son zèle, éveillèrent de nouveau l'attention du gouvernement, et il obtint, à l'École préparatoire à l'enseignement supérieur de Nantes, la place de directeur, qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivée dans le commencement de l'année 1866. Le Journal de l' instruction publique annonce qu'il fut remplacé dans ce poste important par M. Bobierre, professeur de chimie, le 12 février 1866.

Achille Comte avait épousé Aglaé de Bouconville, veuve du fameux Jean-Louis Laya, l'auteur de VAnii des Lois, comédie en cinq actes et en vers, représentée pour la première fois, sur le Théâtre-Français, le 2 janvier 1793, et qui faillit faire conduire son auteur à l'écbafaud. Mme Comte s'est elle-même fait connaître dans la République des Lellres par plusieurs ouvrages de science et de littérature: Éloge de madame de Sévigné ; Hist. natur. à Vusage des femmes; Hist. natur. racontée à la jeunesse ; plusieurs comédies, entre autres. Madame de Lucenne ; Mon ami Babolin, le veuvage, etc.

Les ouvrages d'Achille Comte, dont plusieurs ont eu un grand nombre d'éditions, portent ces titres :

I. Circulation du sang dam le fœtus. Paris, 1827, in-fol., avec une pi. — II. Recherches analomo-plujsiol. relatives à la prépondérance du bras droit sur le bras gauche. Pans, I82S, in-8°, avec pi. — III. Règne animal de Cuvier disposé en tableaux méthodiques. Paris, 1852-1841, 91 tableaux sur grand colombier, représentant environ 5000 figures. —

IV. Physiologie pour les collèges et les gens du monde, expliquée sur onze planches à l'atde de figures découpées et superposées. Paris, li<3i, in-4«, avec 10 pi. ; 4= édit., 1841, ii^-^°-^

V. Cahiers cl hist. nat. à l'usage des collèges et des écoles normales primaires. Paris, 1836- 1845, in-12. — \'I. Atlas méthodique des cartes d'hlst. nat., ou introduction à toutes les zoologies. Paris, 1838, in-4°, (en collnb. avec M. Milne-Edwards). — VII. Buffon. Hislnat. des oiseaux, suivie d'un exposé de l'art de les préparer et de les conserver, et précédée d'une introduction. Keepsake illustré de 150 dessins, par Victor Adam. Paris, 1859, in-8»; 6= édit.. Paris, 1845, in-8°. — VIII. Organisation et phijsiologie de l'homme, expliquées a l'aide de figures coloriées, découpées, et superposées. Paris, 1841, in-S" ; avec un atlas, in-4°. 1850, in-i"'. — IX. Traité complet d'hist- nat. Paris, 1844-45, in-12 (ouvrage non terminé).

— X. Lectures choisies sur les sciences. Paris, 1853, in-8°. — XI. Musée d'hist. nat. conipretiant la géologie, la zoologie, la botanique. Paris, 1854, in-8°, avec 5i) grav. coloriées.

— XII. Notions sanitaires sur les végétaux dangereux. Nantes, 1862, in-4°, 3 pi. color. — XIII. BuFFos. Œuvres complètes, avec les suites. Paris, 1846, 6 vol. in-S", avec 161 pi. et un portrait. A. C.

CONCHOS (les). o70

COIVAHII. Aublet a décrit, dans ses Plantes de la Guyane (II, 927, t. 554), sous le nom de 6. brasiliensis, une plante de la Guyane, du Venezuela, du Pérou et du Brésil septentrional, qui sert à enivrer le poisson et qui, peut-être, est dangereuse pour l'homme. C'est un Phyllanthus. Le nom de Conami s'applique d'ailleurs à Cayenne à toutes les plantes avec lesquelles on empoisonne les rivières, notamment le Bailliera aspera Aubl. II- Bn.

COIKAKITHERA. Ruiz et Pavon. Genre de plantes Monocotylédones, rapproché du groupe des Liliacées. Caractérisé par ses fleurs, dont le périgone est composé de 6 pièces réfléchies, et dont les 6 étamines ont, au-dessus d'un court fdct, dejongues anthères, conniventes en cône et s'ouvrant chacune au sommet par uu pore commun aux 2 loges, ce groupe ne contient qu'une seule espèce un peu intéressante; c'est le Conantkera hifolia R. et P. Cette plante, qui vient dans le Chili, aux environs de La Conception, porte à sa base un bulbe solide, en forme de gourde, à la partie inférieure duquel se détachent de nombreuses racines. Ce bulbe est mangé cuit ou cru par les habitants du pays.

FEniLLÉE. Plantes médicales, III, 8. — Ruiz et Pavox. Flora Peruviana, III, p 68, pi. 51. — Endlicheu. Gênera Plantarum, 1156. I'l.

COlVARlum. C'est la glande pinéale [voy. Cerveau).

CO\c.4R!%EAll (Station mariiNE de). Dans le département du Finistère, dans l'arrondissement et à 19 kilomètres au sud-est de Quimper, est un cheflieu de canton et un petit port sur la baie qui lui a donné son nom, dont les 2000 habitants sont presque tous occupés à la pèche et à la préparation des sardines.

Les bains de mer de Concarneau ne sont encore suivis que par les bretons des départements voisins et par quelques touristes que la beauté du pays et de la plage séduisent en même temps que les mœurs honnêtes et simples d'une population au milieu de laquelle ils trouvent une vie calme et facile, exempte ■des exigences de quelques-unes de nos stations marines. A. R.

CO;vCA§>i§.4Tlo:v ou quassatioiv. Opération qui consiste à réduire des substances sèches en fragments, en les pilant dans un mortier ou en les frappant avec uu marteau. Quelques auteurs rangent à tort dans cette opération le broiement par la meule, la quassation (de quatere) étant proprement l'action de frapper. D.

COi\CHES. Voy. La Pyronée.

CoxcHiFÉRESt. Ce sont les mollusques à coquille bivalve, autrement appelés Lamellibranches; ils forment une classe parmi ces animaux {voy. Mollusques). P. Geky.

CONCHIOLIIVE. Substance retirée de la coquille de certains mollusques (Frémy) : elle est analogue à la kératine et à l'épidermose. D.

COl\lCHO§» (Les). Race mexicaine, habitant le Chihuahua {voy. Mexique, p. 491). D.

580 CONCOMBRE (botanique).

COIKCOMBRE. Cucumis. § I. Botanique. Genre de plantes dicolylédones, appartenant à la famille des Cucurbitacées, auquel M. îNaudin, dans son étude spéciale sur ce groupe, donne les caractères suivants : Plantes herbacées, munies de vrilles, à feuilles palmatilobées ou profondément divisées, à fleurs jaunes monoïques, parfois dioïques par avoi'tement. Les fleurs mâles solitaires ou fasciculées à l'aisselle des feuilles ont un calice tubuleux, campanule ; une corolle à cinq pétales ; trois étamines libres, dont deux à anthères biloculaires, la troisième à anthère uniloculaire : le conneclif de ces anthères est prolongé au-dessus des loges en un appendice papilleux bilobé ou bifide. Les fleurs femelles sont solitaires ; elles portent un stigmate obtus, spliéi"oïde. Les fruits sont une péponide, à semences ovales, plus ou moins comprimées, le plus souvent sans bourrelet tout autour.

Les espèces de Cucumis sont répandues spontanément dans les régions chaudes de pz'esque tout le globe et on en cultive fréquemment quelques-unes dans les contrées tempérées. Les plus importants comme plante comestibles ou médicinales sont : le Concombre {Cucumis saiivus L.) et le Melon {Cucumis melo L.).

i° La première de ces plantes paraît originaire des régions tropicales de l'Asie ; mais elle s'est répandue de bonne heure par la culture. On ne peut guère douter que les Grecs et les Romains ne la connussent et de nos jours, elle est cultivée dans tous les pays chauds ou tempérés du globe. C'est une plante annuelle, à tiges anguleuses, rudes; à feuilles palmatilobées, à trois à cinq lobes aigus ou acuminés: les fruits sont oblongs, obscurément trigoncs ou cylindroïdes, à chair blanche, ferme, succulente.

On distingue un certain nombre de variétés de Concombre. La plus connue est le Concombre long ordinaire à fruits cylindriques, lisses , d'un jaune-orange terne, plus ou moins allongés ; ils peuvent atteindre 40 centimètres de longueur. Le Concombre blanc, qu'on cultive aussi assez fréquemment à Paris, a ■des fruits blancs, plus gros et proportionnellement plus courts.

Une forme qui n'existe pas dans nos cultures, mais qu'il serait avantageux d'y inti'oduire, est le Concombre du Sick Kim. Les fruits en sont de la forme et des dimensions des melons de Cavaillon; la chair en est blanche et très bonne. C'est un excellent légume que les Indiens mangent indifféremment cuit ou cru.

Les cornichons sont une variété de concombres à fruits verts, hérissé et à chair ferme. On les cueille dans leur jeunesse et on les confit au vinaigre pour les usages culinaires.

2" La seconde espèce importante de Cucumis est \e Melon {Cucumis Melo L.). La plante est annuelle, toute hérissée ou hispide. Ses rejets, obcuréraent anguleux, portent des feuilles cordées à la base, tantôt réniformes, tantôt divisées en 8 à 9 lobes arrondis ; les ovaires sont puboscents ; les fruits, très-variables de dimensions et de forme, ont le plus souvent une chair douce et sucrée, dans quelques formes seulement un peu amère.

Le Melon serait, d'après M. Naudin, originaire des Indes-Orientales, et se serait répandu par la culture dans presque tous les pays chauds et tempérés. 11 est probable que les Anciens connaissaient déjà quelques-unes des formes de l'espèce, mais les variétés les plus estimées, celle qu'on cultive de préférence dans nos potagers, ne sont venues que plus tard, à une époque qu'on a pu le plus souvent déterminer d'une manière assez précise. Ces variétés sont nombreuses, et nous ne mentionnerons ici que les principales, les plus utiles ou les plus curieuses, en suivant pour cela les précieuses indications de M. Naudin.

CONCOMBRE (botanique). 38i

a. Tout d'abord, signalons les Melons Cantaloups, les meilleurs de tous, ceux qui donnent dans les cultures les résultats les plus constants et les plus satisfaisants. Leurs fruits sont de première grandeur, quelques-uns pouvant peser jus- (ju'ù 25 à 30 kilogrammes; ils sont ovoïdes, oblongs, ou sphéroïdaux ; la peau est lisse et verruqueuse, mais jamais réticulée. La chair est épaisse, d'un rouge orangé, fine, fondante et sucrée. Les Cantaloups; Prescott, le Cantaloup commun et le Moscatello, à chair parfumée, sont les formes les plus estimées de cette variété. Les Cantaloups nous sont venus en Europe de l'Arménie, apportés par des moines, dans la seconde moitié du seizième siècle, et cultivés aux environs de Rome, dans un château des papes du nom de Cantaluppi.

b. Les Melons brodés, à peau couverte d'un réseau en relief, ont pour type le Melon maraîcher proprement dit, nommé aussi Gros morin ou Tête de Maure. C'est un sphéroïde, un peu déprimé d'avant en arrière, sans côtes, couvert d'une réticulation grosse et serrée ; à chair épaisse, d'un bel orangé, filandreuse, mais très-fondante. Autrefois très-cultivé, ce melon paraît céder actuellement la place aux Cantaloups, qui trompent beaucoup moins par leur bonne qualité l'attente du cultivateur. 11 faut placer à côté les Melons de Coulommiers, de Gardanne ou à' Avignon, cultivés surtout dans le Midi et qui présentent souvent des côtes plates.

c. Les Melons sucrins, à chair le plus souvent blanc'ae ou verdâtre, d'un parfum doux et pénétrant, d'une saveur sucrée. Les boimes qualités, les Sucrins proprement dits, sont très-fins et très-fondants.

d. Les Melons d'hiver ou Melons sans odeur, remarquables par le peu d'arôme de leur chair, communément blanche ou verdâtre, sont surtout cultivés dans le Midi de l'Europe et en Afrique. Le plus beau représentant du type est le Melon d'hiver de Provence ou Melon de Cavaillon. il est ovoïde sans côtes, de grosseur moyenne, sa peau est lisse ou un peu réticulée par quelques gerçures, de couleur vert-foncé. La chair est ferme, blanche ou verdâtre, très-fondante et très-sucrée.

Les variétés précédentes sont les seules qui aient un intérêt pour les cultures. D'autres sont curieuses, mais ne méritent pas de nous arrêter. Tels sont les Melons serpents, remarquables par l'allongement parfois extraordinaire de leurs fruits: les Melons Dudaïm {Cucumis Dudaïm L.), venus de Perse, et qui ont toujours un ai"ome très-marqué et un arrière-goùt désagréable qui les rend peu mangeables ; on les cultive cependant dans la Perse, l'Egypte et le Nord de l'Afrique; enfin les Melons sauvages soit des Indes Orientales, soit d'Afrique, dans les parties supérieures de la vallée du Nil.

Les semences du melon portent le nom de petites semences froides ; et ren trent à ce titre dans les pharmacies. Elles sont ovales, allongées, très-aplaties, longues de 12 millimètres environ sur 6 millimètres de large. Elles n'ont pas de bourrelet sur leurs bords, qui restent minces, et sont marqués à l'extrémité rétrécie par la cicatrice du hile. On emploie souvent à la place des semences de melon celles de concombre, qui présentent d'ailleurs les mêmes caractères.

Parmi les autres espèces de Cucumis, nous citerons sans y insister :

Le Cucumis Anguria L., espèce américaine, des Antilles et de la Nouvelle- Grenade, dont les fruits ont la peau recouverte de nombreux aiguillons, et la chair analogue à celle de nos concombres. On les mange cuits ou crus dans leur pays d'origine.

Le Cucumis Figarei Delile, espèce à racine vivace, très-variable par la forme des feuilles, à fruits couverts d'aiguillons ou de pustules, remplis d'une pulpe amère. Les racines de cette espèce ont été un moment préconisées contre la rage,

382 CONCOMBRE (emploi médical).

mais elles n'ont en réalité d'antres propriétés que d'être un purgatif drastique, comme les autres Cucurbitacées à suc amer.

Le Cnciimis Conomon Thunb., dont on mange les fruits au Japon et doat on fabrique une espèce; et le Cucumis Chute L. ou Adellavji de Forskal, qui vient en Egypte, rentrent pour M. Naudin dans le Cticiimis Melo. Enfin le Cucumis ColocynthisL. ou Coloquinte, est un Citrullns et sera étudié à l'article Pastègue, qui est le nom vulgaire du genre {Voy. Pastèque).

LiNNiîE. Gênera, 1479. — Species, 4436 et 1437. — ErfDLiciiER. Gênera Plantarum, n» 5152. — De Candolle. Prodromus, III, 300. — Naudin. Espèces et variétés rf« genre Cucumis. In Annales des sciences médicales, 4» série, XI, 4. — Bentham et IIooker. Gênera Plantarum, p. 826. — Prosper alpin. JEgijptiaca, tab. 40. — Forskal. Flora œgyptiaco-arabica, p. 168.

Pl.

COIVCOMBRE. § II. Emploi médical. 1. CoNCOMBRE CULTIVÉ. Broma-

TOi.oGiE. Propriétés THÉRAPEUTIQUES. L'usage alimentaire du fruit des diverses variétés du concombre cultivé remonte très-loin. Un certain nombre d'auteurs anciens, grecs ou latins, parlent de ses qualités nutritives et hygiéniques. Hippocrate le considère comme de digestion difficile, mangé cru et froid, et lui attribue des propriétés rafraîchissantes et divu^étiques. « Cucumeres crudi, frigidi, œgreque concoquuntur ; matiiri vero urinam et alvum déjiciunt, verum flatus excitant. » Aristote et Théophraste mentionnent son nom, sans étudier beaucoup le concombre ; Celse le range parmi les aliments de mauvais suc, c'est-à-dire faisant de mauvaises humeurs ; Pline et Columelle donnent des indications sur sa culture et rapportent que l'empereur Tibère l'aimait avec passion, en mangeait chaque jour en toute saison, grâce à l'habileté de ses jardiniers, fort experts dans l'art de faire venir des primeurs. « Cucumis, mira voluptale Tiberio Principi expetitus. » (Pline, Lib. XIX, cap. nxiii).

Je passe sur ces curiosités historiques qui n'ont qu'une médiocre valeur. En effet, le terme cucumis, que l'on trouve dans les auteurs que nous citons, pouvait s'appliquer à différents fruits de la famille des cucui'bitacées : melon, courge, pastèque, aussi bien qu'au cucumis sativus, notre concombre vulgaire.

La composition du concombre n'a pas été donnée, au moins que je sache, d'une façon complète. Ce fruit renferme une forte proportion d'eau, de l'albumine végétale, une matière celluleuse, des sels, etc. On n'a pu jusqu'à présent isoler le principe aromatique qui lui donne son odeur caractéristique. Piesse, cependant, a constaté qu'il était soluble dans l'alcool, car en distillant ce liquide sur de la pulpe de concombre frais, il a obtenu un esprit ayant l'arôme de ce fruit.

Je ne dirai que quelques mots des propriétés organoleptiques principales du concombre. Tout le monde connaît sa chair blanche, d'une saveur fade, d'une oàeuv sui generis, qui passe à juste titre pour être de digestion difficile, et peu nourrissante. C'est néanmoins un condiment agréable quand sa saveur fade est relevée par un assaisonnement approprié, haut en goût : par le vinaigre, le sel et le poivre.

L'art culinaire sait en tirer bon parti, l'offrant cru, en salade, aux estomacs robustes ; cuit, farci ou en ragoûts gras ou maigres, à ceux moins bien doués sous le rapport des forces digestives.

Le concombre jeune ou le concombre nain conservés dans le vinaigre deviendront les vulgaires cornichons, servis sur nos tables à titre de condiments. Les cornichons excitent l'appétit un peu languissant et stimulent secondairement

CONCOMBRE (emploi médical). 385

les fonctions digestives. Leur usage modéré rend de bons services aux sujets affectés de dyspepsie atonique ; l'abus, au contraire, de ces condiments peut troubler profondément et affaiblir les forces digestives, même chez les personnes bien portantes.

Le concombre est plus usité comme aliment dans les climats chauds que dans les climats tempérés ou froids ; les Orientaux, par exemple, en font une grande consommation.

Les variétés de concombre employées dans l'alimentation sont assez nombreuses. Je citerai les suivantes : G. serpent, C. flexuosus; G. papengaie, C. aciitangnhis, très-estimé en Orient : C. arada, C. anguria, mangé à la Jamaïque ; G. délicieux, C. dellciosus, d'une chair délicate et parfumée, très-goûté des Portugais ; G. d'Arabie, C prophetarum, très-apprécié par les Turcs ou d'autres peuples orientaux pour sa chair fort rafraîchissante ; G. de Perse, C. Dudaïm, à pulpe molle, un peu fade et d'une odeur agréable.

Les applicalions médicales an. concombre ne sont pas nombreuses. Les parties utilisées sont la pulpe et les semences.

Les graines étaient anciennement considérées comme diurétiques et laxatives. Hippocrate nous a donné à ce sujet une observation d'une justesse et d'une précision que nous ne saurions trop admirer. Dans la graine, dit-il, il faut distinguer, au point de vue des propriétés, l'écorce et l'amande. La première est relâchante, la seconde incrassante. Macérée dans l'eau, la graine purge encore faiblement, et elle incrasse davantage ; et, si on la laisse rancir, elle devient caustique : Cuciimeris semen urinam magis , quant alvum movet ; implet autem et incrassat. Alvo quidem secedit, propter exterius putamen; carne vero implet et incrassat. Lotumvero alvum minus dejicit, incrassat autem et explet magis; humectât vero eturit, quia pingue et oleosiim.

Il y a là une finesse d'analyse vraiment étonnante, qui montre combien était grand l'esprit de pénétration d'Hippocrate, appliqué même aux faits de détails et d'une importance secondaire,

Pline recommande les semences pilées, mélangées à du cumin et bues dans du vin, contre la toux; dans du lait de femme, contre la dysenterie; dans de l'hydromel, contre les affections du foie; dans du vin doux, comme moyen de produire la diurèse ; et en lavement, pour combattre la colique néphrétique.

Les graines de concombre faisaient partie, dans l'ancienne matière médicale, des quatre semences froides majeures, avec celles du melon, de la citrouille et de la courge.

Aujourd'hui on ne prescrit plus jamais ni les semences froides ni les graines de concombre. G'est peut-être à tort. Sans croire aux vertus attribuées par Pline aux dernières, on est en droit de dire qu'elles sont actives dans une certaine mesure, et pourraient offrir au thérapeutiste d'utiles ressources dans la médecine des pauvres, pour faire préparer à bon marché des émulsions diurétiques, calmantes, ou laxatives.

L'analyse chimique n'a pas fourni l'énumération qualitative et quantitative des substances qui entrent dans leur composition. C'est une lacune à combler.

La chair du concombre a été dotée de propriétés antiaphrodisiaques. Hermolaùs conseillait de la faire manger aux jeunes femmes occupées à tisser, pour réprimer la fougue des passions erotiques, plus habituelles chez elles : « Texens pallium midier cucumerem devoret. » Nous croyons peu à cette vertu du con-

584 CONCOMBRE (emploi médical).

combre ; l'abus qu'on en fait en Orient, concurremment aux plaisirs vénériens, ne paraît pas justifier l'assertion d'Hermolaûs.

Réduite en pulpe la chair du concombre sert à faire des cataplasmes, utiles contre certaines dermatoses démangeantes, ou bien propres à calmer les inflammations et les irritations de la peau. Ces cataplasmes n'ont d'ailleurs aucune propriété spéciale et ne sont pas meilleurs que ceux que l'on prépare avec les fécules de riz, de blé, etc., aussi ne sont-ils guère usités.

Le suc ou jus de concombre a plus d'applications ; il entre dans un certain nombre de préparations conseillées surtout pour les soins de la toilette. Les formules indiquées sont nombreuses ; nous allons reproduire les principales.

La pommade de concombres est un cosmétique encore très-employé aujourd'hui. Le Codex mentionne la préparation que voici :

Axonge 1000 grammes.

Graisse de veau 600 —

Baume de tolu 2 —

Eau dislillée de rose 10 lilres.

Suc de toncomlu'es 1200 grammes.

Faites fondre les graisses à la chaleur du bain-raarie, en y ajoutant le baume de tolu, préalablement dissous dans un peu d'alcool, puis l'eau de rose. Lorsque la graisse se sera éclaircie, décantez-la et versez-la dans une bassine étamée.

Ajoutez alors le premier tiers du suc de concombres, en ayant soin de remuer continuellement pendant quatre heures ; retirez ce suc et mettez le second tiers, puis le troisième de la même manière.

Séparez la graisse du liquide; faites-la fondre au bain-marie, et après quelques heures de repos, enlevez l'écume. Retirez la pommade, que vous coulerez dans des pots pour la conserver à la cave.

Pour terminer cette pommade, faites-la ramollir, sans la liquéfier entièrement, dans une bassine étamée; battez-la avec une spatule de bois, jusqu'à ce (ju'elle soit devenue assez légère pour que sou volume soit presque double.

Je trouve dans l'ouvrage de Piessc et Réveil les formules suivantes :

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