DICT. ESC. XIX. 'T
54 COLLODION (emploi thérapeutique).
quide e&t promené sur toute la longueur de la peau de la paupière, en ayant soiii> (f y comprendre les cils trichiasés ; cette couche doit avoir de huit à dix millimètres de hauteur. Par suite du racornissement de la peau, le bord palpébral se retourne en dehors et est maintenu dans cette position par les nouvelles couchesdont on lait l'application tous les deux ou trois jours, à mesure que la masse du collodion s'écaille et se fendille. Le même auteur conseille aussi d'y avoir recours après l'opération (ïanchijloblepharon pour produire un entropion artificiel : une mince couche cotonneuse, imbibée de cet enduit, est bien maintenue au niveau du point où les brides ont été l'éséquées jusqu'à complète cicatrisation.
Le Médical Times et le Schwezerisches Archiv. fiir OphlhalmoJogie d'Arlt,. Dondei-s et Graëfe, I^'' vol., i"''^ partie, p. 182, ont consigné le résultat d'expériences faites par les professeurs Rau et Winn et dans lesquelles ils ont employé le collodion comme palliatif dans l'entropion.
Enfin, on trouvera dans la Gaz. méd. de Strasbourg (1855) deux observations d^entropions produits par la contraction trop forte del'orbiculaire et redressés par la même méthode : elles sont dues au professeur Stœber qui les range dans la variété dite par enroulement se produisant surtout chez les vieillards à peau ilasque après la kératotomie. Nous avons tout récemment traité aussi à la Salpètrière et avec succès, par l'application de bandelettes coUodionnées, une vieille femme opérée de cataracte et chez laquelle l'enroulement de la paupière inférieure gauche était porté à un degré très-avancé. Stœber pense de plus que ce n'est pas la nouvelle direction imprimée aux cils qui guérit l'entropion, mais bien l'astriction exercée sur la peau palpébrale, et il ne croit pas qu'on puisse arriver au même résultat, surtout aussi vite, en fixant les cils avec du diachylon. En résumé nous croyons que dans bien des cas d'entropion ce moyeu ne peut être tout au plus que palliatif.
Hairion {loc, cit.) l'a mis en usage chez deux malades affectés d'ectropion des paupières inférieures survenu à la suite d'ophthalmie purulente aiguë. Trois applications, concurremment avec la cautérisation des paupières, suffirent aies maintenir en bonne position et à obtenir un redressement complet et permanent. Le professeur Gosselin, pour éviter la production ultérieure d'ectropion accidentel, lors d'une plaie de la paupière inférieure, fait glisser fortement les téguments du côté correspondant de la face, et, les refoulant de bas en haut, les maintient, à l'aide de bandelettes coUodionnées, dans cette position assez longtemps pour que le tissu de cicatrice, ayant épuisé son action rétractile, ne produise pas un renversement de la paupière en dehors.
5" Usages du collodion purement mécaniques. Nous ne ferons guère que citer pour mémoire l'application que sir Gorrigan {the Dublin Quarterly Journal, février 1850) a fait du collodion, comme moyen d'occlusion du prépuce, pour le traitement de Y incontinence d'urine dans V enfance et la jeunesse. Le procédé est du reste simple : le prépuce étant attiré et soulevé, on dépose dans la concavité produite ainsi du collodion, qui par sa dessiccation obture l'orifice du prépuce et empêche l'issue de l'urine. Cette méthode est basée sur un principe que nous ne saurions admettre au moins d'une façon complète, à savoir que l'incontinence tiendrait plutôt au défaut d'accoUement des parois uréthrales qu'à l'action des fibres musculaires de la vessie ; de plus elle nous semble présenter de véritables inconvénients, entre autres la dilatation considérable de la loo^e préputio-glandaire par suite de l'accumulation de l'urine. Lauteur ne cite, dureste.. qu'un cas à l'appui de ce nouveau procédé.
LULLUKIUA' (emploi TiiÉKAi'iiUTiguii). 5^
Le collodiou peut, comme tout autre agglutinatif, servir à fixer sur diverses [laities du corps des objets de pansemeut, à remplacer même au besoin l'usage- (les compresses et des baudes, et à prévenir la fusion des causlicpies dont il limite l'action, principalement quand on en fait usage à la ligure, au nez, à la face interne des lèvres, etc. Malgaigne, en 1848, l'avait déjà utilisé pour lixer les bords des rondelles d'agaric destinées à recouvrir la pâte du Frère Côme qu'il avait appliquée sur une ulcération cancéi-euse du pavillon de l'oreille. Le mèrae but aconduit Yoillemier à employer cet enduit, mauvais conducteur de la cbaleur. pour circonscrire l'action du fer rouge, éviter le rayonnement si intense du calorique, et par suite les brûlures qui en sont l'inévitable cojiséquence, lorsqu'on veut porter le cautère actuel sur des parties du corps extrêmement limitées,, telles que l'anus (bémorrboïdes), le col de l'utérus (ulcérations et epitbelioma), la langue, etc. Voici comment il procède : après avoir convenablement essuyé les surfaces cutanées ou muqueuses que doit atteindre le cautère, Je chirurgien les recouvre, à l'aide d'un pinceau, de plusieurs couches de collodion dont il a. le soin, de peur d'inflammation del'éther, d'attendre la parfaite dessiccation; iJ, 'pratique alors sa cautérisation qui détermine sur le collodion un godet calciné par où il réintroduit le fer autant de fois qu'il le juge convenable et qui le guide en quelque sorte dans son opération. La cautérisation terminée (Tartensnn, loc. cit.), on laisse le collodion en place. Son action constriclivc, quoique |»eu prononcée, sert encore à diminuer l'abord des liquides dansles tissus. Il est,, jiour ainsi dire, inutile de recouvrir les parties de linges mouillés : les douleurssont presque nulles.
Nous avons vu, ily a quelques années, à Necker, le docteur Gurtis, alors interne de Guyon, utiliser le collodion pour fixer certaines courbures données aux bougies uréthrales en gomme élastique ; le fait a été déjà consigne dans le Journal rfeméd. et de ch. prat. de ÏSl'i, p. 64, et mérite d'être mentionné, car il a sa petite valeur. Curtis a eu l'heureuse idée de prendre une bougie soit tortillée, soit courbée, selon le besoin, et de la plonger dans le collodion ; une lois retirée du flacon et le collodion desséché sur la bougie, celte dernière garde la forme qu'on lui a primitivement imprimée ; un autre avantage inhérent à ce procédé c'est que la couche de collodion qui recouvre ces bougies ne paraît pas altérée d'unefaçon sensible par l'urine • on pourrait donc s'en servir de préférence pour lessondes à demeure.
Nous ne faisons que mentionner cette invention assez bizarre, mais bien peu' utile, qui consiste à entourer les pilules de collodiou ou à en faire des capsules destinées à renfermer divers médicaments liquides à saveur désagréable. Sourisseau de Kaiserberg semble en avoir eu l'idée le premier en 1848, et maloré VsLÏûrmaiiion de Durden {Dublin Médical press, 1849) qui vante l'efficacité de ce moyen, nous le croyons aujourd'hui complètement tonibé dans l'oubli.
Enfin, bien que le fait ne rentre pas dans notre sujet, nous signalerons en raison de son application pratique en agriculture, mais sans vouloir en juger la valeur, ïemploi du collodion pour la multiplication des plantes par bouture. Ce procédé, qui est dû à Low, consiste [Monit. scientif., 1859) à tremper dans ce liquide l'extrémité inférieure delà bouture. La blessure faite avec la serpette se couvre ainsi d'une couche très-mince d'un enduit qui la préserve de l'humiité surabondante ainsi que de l'action nuisible de l'air, et en assure, dit l'auteur, la reprise d'une façon plus prompte et plus facile. Il est également trè^utile pour la greffe des arbres fruitiers.
•'*5 COLLODION (emploi thérapeutique).
D. Emploi du collodios en médecine. C'est à de Robert deLatour que revient l'incontestable mérite d'avoir clierché à démontrer l'efficacité du collodion dans bon nombre d'affections du domaine médical, surtout celles d'origine inflammatoire. Nous reviendrons, en parlant du mode d'action du collodion, sur son ingénieuse doctrine qui rattache au point de vue physiologique l'inflammation à la chaleur animale, mais qui cependant est loin d'avoir reçu une sanction universelle. Nous voulons nous borner, pour le moment, à faire connaître les applications aussi nombreuses sinon plus nombreuses qu'en chirurgie, mais toutefois bien plus discutables, que ce corps isolant a reçues dans la pathologie interne. C'est le 1 1 mars i 850 que de Robert de Latour se faisant le champion du collodion, communique une note sur une Nouvelle méthode de traitement des inflammations qui se développent à la surface du corps, furoncle, anthrax phlegmon, érysipèle, pustules varioliqucs, herpès, zona, etc., dans laquelle il conseille de les attaquer par cet enduit imperméable, destiné à soustraire au contact de l'air les parties malades. Aussi voyons-nous, à partir de celte époque, un grand nombre de médecins expérimenter avec des résultats fort différents l'usage du collodion dans les affections cutanées, dans Vérysipèle, dans cer- ' taines inflammations, et surtout dans la péritonite, dans les manifestations de la goutte et du rhumatisme, dans certaines affections nerveuses. Un mot sur chacune de ces applications.
Affections cutanées. Érysipèle. Wilson, le premier [Lancet. novemb. 1848), employa cet enduit comme moyen de traitement dans les maladies de la peau, et en particulier dans le lupus simple et dans diverses variétés A' impétigo. Spengler, en 1850, tenta aussi quelques essais avec cet agent, également pour les impétigo, le lichen agrius, ïherpès labialis, l'eczéma chronique des jambes, et dit en avoir recueilli certains avantages. D'autres en firent usage dans Vacnc, le lupus à forme rongeante, les diverses variétés d'herpès, etc. Toutefois Devergie et d'autres dermatologistes qui ont repris toutes ces expériences, n'eu ont pas obtenu des résultats assez satisfaisants pour pouvoir ériger l'emploi du collodion, dans les dermatoses, en méthode de thérapeutique vraiment efficace.
L'action de cet enduit sur les pustules varioliques est un peu moins contestable. Nous avons déjà dit, en parlant des collodions composés, l'usage qu'on avait voulu faire de la variété mercurielle, comme abortif de ces pustules. D'autre part, Âran, Valleix, de Robert de Latour, Brindejonc deMamers[(i^;. médic., 1855, p. 179), etc., ont pu, avec le collodion simple, prévenir les cicatrices eu hâtant la dessiccation, et de temps à autre nous lisons dans nos feuilles périodiques une tentative de ce genre, mais ce n'est pas encore là un mode de traitement classique, il ne serait même pas sans danger si on venait à recouvrir une notable portion du corps avec l'enduit : c'est du reste au visage qu'on se borne eu oénéral à en restreindre l'application.
Le zona a été aussi traité de cette manière et avec quelque apparence de succès parFenger (de Copenhague) et Ossieur de Bruxelles {Ab. méd., 1861, p. 412), par Lubanski [Un méd., 1875, p. HO), par de Robert de Latour et par Devergie {voy. Collodions coiiposiîs), mais c'est surtout Vérysipèle dont on a cherché à arrêter la marche envahissante par les badigeonnages pratiqués avec ce topique imperméable. Les thèses, mémoires, observations qui ont été publiés dans la science sur ce sujet sont innombrables, et nous aurons "ardedeles <hiumérer. Cependant plusieurs travaux méritent d'être mentionnés, e^c'est à eux surtout que nous voulons nous adresser sans juger toutefois d'une 'façon défini-
COLLODION (emploi thérapeutique). 37
tive la question en faveur de l'usage du collodion dans la thérapeutique d'une affection qui, il faut bien le dire aujourd'hui, ne peut guère être combattue directement par aucun moyen spécifique.
Dans son travail de 1853, de Robert de Latour publie une statistique dans laquelle vingt-huit cas d'érysipcle entre autres (li'onc, membres, face, spontanés et traumatiques; services de Briquet à la Charité, de Nélaton aux Cliniques) ont été la plupart subjugués en quelques heures, tous se terminant par une guérison rapide; l'auteur ajoute encore : « Je puis signaler aujourd'hui plusieurs centaines d'érysipèles, fébriles, tous promptement éteints par l'enduit imperméable. »
Blache, Vénot en recommandent l'emploi dans l'érysipèle du sein. Fourcault, Freer, Aran, Trousseau, Nélaton, Spengler, Christen, Piachaud (de Genève) préconisent tour à tour cette méthode dans certains cas isolés où la plupart d'entre eux disent en avoir obtenu de bons résultats, et Rouget (de Pontarlier), dans une thèse soutenue à Strasbourg en 1854, résume tous ces travaux et se monirc ardent défenseur de ce moyen de traitement ; cependant, ce premier engouement ne tarde pas à se dissiper et, à partir de cette époque, ce n'est que de loin ou loin que nous voyons les chefs de service y recourir, et pendant une période de plus de quinze années nous n'avons guère à enregistrer (pie quelques observations d'un intérêt assez secondaire, dues soit à Serre (de Muret), soit à licnoist (de Neuville-en-Poitou). Puis on en reprend l'usage : de nouveaux succès viennent s'ajouter aux premiers et de nombreuses observations, prises dans le service de Broca à l'hôpital Saint-Antoine et rapportées dans la thèse inaugurale de Pelit(1868) , tendent de nouveau à prouver la réelle efficacité de ce moyen et sa supériorité sur les autres modes de traitement. Malheureusement, toutes ces obsei'vations ne mentionnent que des succès et les revers ne sont pas publiés; or, combien d'érysipèles n'ont-ils pas été traités par le collodion et dont la marche envahissante n'a pas été entravée. Comment alors arriver à formuler un jugement équitable sans avoir de terme de comparaison? C'est complètement impossible.
De Robert de Latour recommande, on le sait, dans l'application du collodion, d'avoir soin de couvrir non-seulement la plaque érysipélatcuse elle-même, mais un peu de tissu sain circonférenciel et de surveiller l'enduit de manière à le consolider lorsqu'il cède sur quelques points. Broca, Lubanski, Vidal, Bourdon, Féréol ont conseillé un mode d'application qui diffère du précédent ; au lieu de recouvrir tous les téguments envahis parla maladie, ce qui n'est pas sans inconvénient, surtout s'ils sont très-minces comme aux paupières, ces praticiens se contentent d'appliquer une couche de collodion (zone de deux ou trois pouces tout autour de la plaque érysipélateuse {enceinte collodionnée], en ayant soin de laisser un intervalle de quelques millimètres de peau saine entre le liséré morbide et le bord de l'enduit. Toutefois Féréol (Soc. med., 1875) ne saurait recommander ce moyen dans tous les exemples et en particulier dans l'érysipèle du cuir chevelu, sur lequel l'enduit constitue une visière fort incommode, trèsdiflicile et douloureuse à enlever et qui n'a pas, dans tous les cas, arrêté la marche de l'affection, l'érysipèle ayant passé au-dessous de cette cravate collodionnée et s'étant étendu aux tissus sains.
Nous ne pouvons donc pas actuellement conclure en faveur de cette méthode, car bien desobservations qui ont été relatées sur ce sujet ne nous semblent pas avoir la valeur que veulent bien leur prêter leurs auteurs ; ne voyons-nous pas
(lu reste cerUiiuséiysipèles soit des membres, soit surtout de la ïace, avorter pour ainsi dire spontanément ?
Rappelons, en terminant ce qui touche aux affections cutanées, l'emploi du ■ collodion mercuriel contre les taches consécutives à la syphilis {voy. Coî.dodions composés) et la formule d'un collodion antéphélique d'origine étrangère qui est mentionné .dans le Bulletin ge'n. de titér., 50 oct. 1875, mais dont nous ne connaissons pas du tout la valeur : il serait, dit-on, employé pour faire disparaître ies taches du visage et en voici la composition :
Sulfo-jibiinale ilc zinc 1
Colloilion 13
Essence de cili'on 1
\lcool pur '
Affections inflammatoires. Péritonite, etc. Ce que nous venons de dire à propos lie l'érysipèle, s'applique également et même encore davantage à l'usage qu'on a voulu faire du même enduit dans le traitement de certaines inflammations du domaine médical, entre autres les bronchites rebelles (de Béarnais), et •dont on peut retrouver les détails dans la thèse de Léon Coze soutenue à la Faculté de Strasbourg en 1854, et dans le mémoire de Drouel. Quoi qu'il en soit, ■nous ferons bon marché de son emploi dans hpleurésie, les inflammations du foie (Fourcault), la fièvre typhoïde, le typhus, la dysenterie, la cholérine, le choléra (Coze, Drouet), voire même la fièvre jaune et la jseste/Nous voulons seulement aious arrêter un instant sur l'action de ce topique dans la périlonile et la métro- •épritonite. Depuis 1859, de Robert de Latour en a obtenu d'excellents effets en maintes circonstances, et Dohrn (de Marbourg), Benoist (de Neuville en-Poitou), iDrouet, etc., ont publié des succès qui touchent presque au merveilleux. Peu compétent en cette matière, nous nous abstiendrons de formuler un jugement et, avec le premier de ces praticiens, je dirai que j'ignore complètement si les mêmes «uccès peuvent être obtenus dans nos hôpitaux spéciaux, là où les affections puerpérales acquièrent incontestablement un degré de gravité qui parait jusqu'à ce jour avoir déjoué toute thérapeutique. Qu'il me soit seulement permis d'en douter. Rhumatisme, goutte. Affections nerveuses, etc. Les mêmes auteurs l'ont (également préconisé dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu : on .trouvera dans la Gazette desHôp., 1862, le résumé d'un mémoire que Prévault a ■^u à la Société de médecine de Tours et dans lequel il relate avec quelques faits ies bons résultats qu'il en a obtenus en pareil cas et aussi dans plusieurs exemples d'hydarthrose du genou et de l'articulation tibio-tarsienne. De Beauvais l'a également employé avec succès en pareil cas. De Robert de Latour, qui en a été le ipromoteur depuis longtemps, fait pourtant au sujet de l'arthrite rhumatismale .([uelques sages réserves auxquelles nous nous associons bien volontiers : « Loin de ^moi, dit-il, la prétention de subjuger ainsi en un ou deux jours tous les l'humatismes polyarticulaires aigus, mais je puis affirmer au moins qu'avec l'enduit ^j)erméable, tous ces paroxysmes s'accomplissent, sinon sans souffrance, au monis Tsans que la douleur parvienne à un haut degré de gravité. )> Il a appliqué aussi cette même médication au traitement de la goutte, surtout pendant les accès aigus ; la douleur, la rougeur et le gonflement ont paru s'amender rapidement par 1 l'application de cet enduit : dans les cas de cette nature on peut certainement utiliser avec quelque avantage l'emploi du collodion.
Nous ne reviendrons pas sur l'usage qu'on en a fait dans les douleurs névralgiques, nous nous sommes déjà expliqué à ce sujet en parlant des coUodions com-
COLLODION (emploi THKRAPEurniUE). 59
posés ; quant à la valeur de ses applications dans les vomissements nerveux fiOze), les vomissements sympathiques de la grossesse, les attaques d'hystérie, les coliqms néphrétiques, les coliques de plomb, les coliques hépatiques (Marchai, deCalvi), Vasplryxie, l'insolation, elc., etc., nous ne saurions l'admettre d'une façon définitive, foute de preuves suffisantes à l'appui. Enfin, 0. Rapin [Journ. de méd. et de chir. pratiq., 8 septembre 1870, p. 405) a été amené par iinalogie à prescrire contre les nausées et Jes vomissements que provoque le va-elvientde Y escarpolette, de même que dans le mal de mer, comme (Jo/c l'avait fait avant lui, l'application sur l'épigastre d'un plastron d'ouate préalablement j'ecouverte de collodion élastique. Ce plastron, qui doit s'étendre de l'appendice xyphoïde à l'ombilic, est laissé en place jusqu'à ce qu'il tombe, ou renouvelé si ii;on adbésion s'est trouvée incomplète. Toutefois l'auteur, qui avoue lui-même qu'il n'a pas encore de statistique qui établisse scientifiquement l'utilité de ce moyen de combattre le mal de mer, ajoute que plusieurs personnes qui, sur son <»vis, y ont eu recours, ont eu certainement à s'en louer; nous lui laissons, bien entendu, l'entière responsabilité de cette opiuion.
E. Mode d'action du collodion. Nous voyons donc que (ont on tenant compte •des exagérations bien pardonnables auxquelles se sont laissé entraîner les auteurs qui ont fréquemment employé le collodion, et en faisant même une part assez large à ces cxag^érations, nous devons reconnaUi-e, dis-je, que ses nonibreuses applications en médecine et sui'tout en cliirnrgie ont été suivies de succès incontestables qui nous permettent de regarder, dans bien des cas, cet agent comme un -des plus précieux dont nous puissions faire usage en thérapeutique.
Mais quel est son mode d'action? Ne devons-nous y voir qu'un effet mécanique sur les tissus qu'il recouvre immédiatement, ou bien réellement une modification physiologique imprimée par son contact isolant aux organes superficiels et même profonds. C'est ce qu'il nous reste à examiner brièvement.
Agent de réfrigération. Et d'abord, la première sensation déterminée par cet enduit sur les tissus sains ou enllammés est celle du froid; elle est due évidemment à l'évaporalion de l'éther qui entre dans la composition de ce corps, mais elle ne dure que peu de temps (cinq à dix minutes, suivant Piachaud, de Genève, Arch. de méd., p. 21, ISo'i), et est d'autant plus forte que la couche isole et entoure des parties d'un volume peu considérable (nez, oreille, doigt) ; cet abaissement de température, sauf dans ce dernier cas, ne dépasserait pas 4 à ô" (de Robert de Latour). Nous pouvons donc dire que le collodion est un agent de réfrigération passagère.
De plus, par son élasticité, par ses propriétés adhésives, par sa ténacité, son impénétrabilité et sa dureté, ce corps peut jouer les rôles de colligateur, de protecteur, d'isolant, d'agglutinatif, d'agent obturant et d'inamovibilité, comme le prouvent les nombreux exemples que nous avons cités.
Agent constricteur etcompressif. Par sa rétractilité, que l'on peut certainement diminuer en modifiant la composition de cet enduit, le collodion est réelileinent constricteur et produit, il n'y a pas de doute à cet égard, la compression des parties sur lesquelles on l'applique. Il suffit, dit Guyon (loc. cit.), pour s'en convaincre, de tremper l'extrémité de l'index dans du collodion et de laisser la couche liquide se dessécher ; si l'immersion a été répétée plusieurs fois de façon a donner à cette couche une certaine épaisseur, la compression produite sur le •doigt est telle que la peau devient hientôt complètement exsangue et qu'il en resuite une sensation insupportable d'engourdis-oment et de constriction. —
40 COLLODION (li.MpLoi tiiérapeutioue).
Velpeau lui accorde bien un rôle antiplilogistique, surtout dans les phlegmasies superficielles aiguës des membres, mais ce rôle il l'attribue exclusivement à la compression exercée par ce corps et à laquelle e'chappent presque toujours les organes profonds. C'est encore l'opinion soutenue par Broca (Th. Petit, loc. cit.) et même parla majorité des médecins et des chirurgiens de notre époque. Ce dernier professeur, qui l'emploie en couche circulaire tout autour du point enflammé, pense qu'en se desséchant il se rétracte, et que par ce seul fait il détermine sur les limites du mal un véritable étranglement qui a pour effet de diminuer le calibre des vaisseaux sanguins ou lymphatiques et d'arrêter, par cela même, l'acheminement des principes morbifiqucs.
Collodion envisagé comme antiphlogi^tique. ■ Médication isolante. Une autremanière d'envisager l'action du collodion repose, je ne dirai pas sur une théorie de date récente, car le savant et consciencieux praticien qui s'en est fait le zélé défenseur l'a imaginé dès 1834, mais sur une théorie fort ingénieuse qui, bien quelle se trouve en complet désaccord avec les idées accréditées parmi nous sur le mécanisme de la circulation capillaire et ne soit, par conséquent, adoptée que par le petit nombre, n'en mérite pas moins de fixer un instant notre attention.
La chaleur animale est la force dynamique de la circidation capillaire. Telleest la base fondamentale sur laquelle de Robert de Latour établit sa doctrine, découlant directement de la découverte de Fourcault, qui fait diminuer la températin-e d'un animal à sang chaud, jusqu'à ce que mort s'ensuive, en lui couvrant le corps d'un enduit imperméable. Nous ne jugeons pas cette théorie, nous nous ]>ornons à l'esquisser. C'est l'afflux plus ou moins considérable du sang qui engendre la calorification, disent nos physiologistes modernes ; c'est au contraire, dit de Robert de Latour, la calorilication qui donne lieu à l'activité circulatoire et, si elle est exagérée, à l'inflammation; Vêlement essentiel initial de Vinflammation n'étant autre chose que Vascension locale du calorique, pour la combattre, il faut diminuer la production exagérée de ce dernier, et puisque le contact immédiat de l'air sur les tissus vivants est absolument indispensable à la pi'oduction de la chaleur animale, il suffit de supprimer le contact de la peau avec le milieu ambiant pour voir s'ameuder les troubles inflammatoires.
Telle est en quelques mots la théorie de médication isolante qui a conduit de Robert de Latour à choisir le collodion à cause de son imperméabilité la plusabsolue et à l'appliquer dans les inflammations tant médicales que chirurgicales. Cet enduit agit, selon lui, non pas comme un agent compressif, mais comme un corps parfaitement isolant, il n'a en vue que la suppression du contact de l'air ; aussi veille-t-il à ce qu'il ne se produise pas dans la couche appliquée la moindre crevasse, la plus petite fissure. Si cette méthode échoue si souvent sur les érysipèles de la face, par exemple, c'est parce qu'en raison des inégalités de la région, et à cause des orifices naturels sans cesse en contact avec l'air, il n'est pas possible d'obtenir l'isolement complet de la partie enfiammée.
La compression est, dit-il, ce qu'il redoute le plus au monde dans l'emploi du collodion et c'est pour cela qu'il a cherché par des modifications apportées à la composition de cet enduit et surtout par l'adjonction d'huile de ricin, à luis faire perdre sa grande rétractilité et à le rendre plus souple et plus malléable. Une des preuves que de Robert de Latour avance pour démontrer l'action non compressive du collodion est que, appliqué sur la tête, cet enduit conjure l'inflammation qui sévit au-dessous de la voûte incompressible du crâne, aussi bien que l'inflammation éclatée à la surface du corps. I/aufeur cite cinq succès-
COLLODION (emploi thérapeutique). Ai
à l'appui de son assertion ; trois de ces cas, vraiment remarquables, ont ctô relatés à la fin de l'année dernière dans ÏUtiion médicale : l'un est relatif à des accidents cérébraux intenses, suite de fièvre typhoïde (Chairou), les deux autres (Lannelongue, Morel) ont trait à une inflammation traumatiqne de l'encéphale. Ainsi, non-seulement ce praticien croit à l'eflicacité du collodion comme agent isolant dans les inflammations superficielles, mais encore et surtout d'après ce qu'il m'a dit lui-même et d'après ses nombreuses publications, dans celles des organes profonds.
Sans rechercher ce qu'il y a de vrai ou de douteux dans cette théorie physiologique, nous ne devons voir ici que les faits, et loin de contester d'aussi beaux résultats, nous croyons qu'ils sont de nature à engager à de nouvelles expérimentations, car c'est le contrôle d'observations plus nombreuses qui pourra seul nous permettre de porter un jugement définitif sur la valeur réelle d'une méthode que nous sommes bien loin de condamner.
F. Succédanés du collodion. 11 serait certainement difficile de trouver, pour la plupart des applications chirurgicales, un liquide qui puisse remplir les conditions nécessaires aussi bien que le collodion ; mais quand il s'agit de couvrir simplement les téguments d'un enduit, d'obtenir on un mot la médication isolante, toute solution imperméable susceptible de se soldifier à l'air, d'adhérer au derme sans l'offenser et capable de se détacher sans trop de peine peut remplacer le collodion. C'est ainsi que de Robert de Latour qui, avant la découverte de ce dernier corps, s'était servi comme agent isolant d'une solution de gomme saupoudrée avec de l'amadou en poudre, vient encore d'employer avec succès dans un cas d'érysipèle très-grave de la tête, la même solution revêtue Ae farine [Un. méd., 1875).
Simpson (l/n. méd., 1848, n" 108) a fait quelques expéi'iences sur les solutions de viscine, de dextrine, de gutta-percha et de caoutchouc : mais toutes ces solutions, au point de vue de leurs qualités, sont inférieures à celles de la poudrecolon; ainsi celle de gutta-percha dans le chloroforme constitue une couche adhésive qui reste assez solide pendant un jour ou deux, mais qui finit par se recroqueviller sur ses bords comme le taffetas d'Angleterre. 11 en est de même, à plus forte raison, de la dissolution du caoutchouc dans le bisulfure de carbone, l'éther et le chloroforme.
Lemoine a cependant préparé im collodion à la glu et au caoutchouc qui a paru pouvoir remplacer le collodion dans certains cas avec les mêmes avantages.
En 1851 [Journal de pharm. et de c/umie), Meller adonné, dans le répertoire de Buchner, la formule d'un mélange qu'il regarde comme un véritable succédané du collodion. On fait dissoudre dans de l'esprit-de-vin très-fortement rectifié de la laque en écaille pidvérisée : cette solution, parle refroidissement, prend une consistance demi-solide et conmie gélatineuse ; étendue sur un morceau de linge ou de talfetas, et appliquée sur la peau, elle semble assumer les propriétés et les avantages du collodion. C'est un enduit imperméable à l'air, à 1 eau, à l'huile, même aux humeurs et sécrétions organiques. 11 n'est pas irritant bien qu'il adhère parfaitement au derme. L'auteur dit qu'il peut rendre service dans les plaies et remplacer la dextrine dans le traitement des fractures pour la confection d'appareils inamovibles.
Pans une note adressée à l'Académie des sciences (5 janvier 1855), Fourcault dit que dans le cas où les chirurgiens, éloignés des grands centres de population, ne pourraient pas se procurer du collodion convenablement préparé, ils
'42 COLLODION (bibliographie).
pourraient le remplacer par de Vargile plastique doiil il a tait un fréqueiiL usage dans ses expe'riences sur les animaux. Cette substance, adhérant à la peau, servirait à la lois d'enduit et de moyen contentif dans les fractures, moyennant h précaution de prévenir le dessécliemenl de cette couche argileuse en l'environnant d'un linge imbibe d'eau froide.
P. Miall, chirurgien de l'intirmerie de Bradfort {British Med. Journal, 7 nov. 1874), applique dans diverses maladies, plutôt comme astringent que comme styptique, une très-forte solution de tannin (tannin, 1 once; eau, 0 drachmes) qui est, selon lui, l'un des meilleurs pansements pour les plaies, supérieur au collodion, moins irritant que le styptic colloïd. Comme moyen d'occlusion, il pourrait servir de succédané au collodion, car a])pliqué à l'aide d'une brosse il donne, après dessiccation, une pellicule qui protège de l'air et calme la douleur.
Entin, Th. Sutton {Bull. gén. de th., 30 août 1863) a préparé un collodion
sans et lier, qu'il désigne sous le nom d'alkolène (solution de pyroxyline dans
l'alcool), mais qui n'a pas reçu d'applications nombreuses en thérapeutique.
Gillette.
BiBLiOGRArniE. — Joux PARKEii-MAYNAUD (de lioston). ÀDiericciu Journal of Ihc Mediail Science, .Vviùl 1848. — Maynabd. Du collodion ou solution rl/térée de colon-poudre et de son emploi en chirurgie. Tn Bévue médico-chirurg., p. 104, IS'iS. — Malgaigne. Sur la composition et l'emploi chirurgical du collodion. In Reçue mcdico-cliirurgicalc, p. 149, 18i8. — Du jiÊME. Note sur le collodion. lu Un. vicd., n° 100, 1848. — Mialue. Lettre sur le collodion In Un. med., n" 107, 1848. — Soudeiran. Lettre mr le collodion. In Un. méd., ii»108, 1848. — Nélaton. Amputation de la jambe, emploi du collodion. In Gaz. des hôpit. et in Abeille médic, p. '224, 1848. — Yvonnkau fils (de Biais). Sur l'emploi du collodion (fractures). In Un. med., n" 150, 1848. — Soup.isseau de Kniserherg. Le coton-poudre et le tollodion, feuilles et capsules de collodion. In Abeille médic, p. 2i4, 1848. — Mazier. Collodion ■mppléant les points de suture. In Acad. méd., 0 nov. 1819. — Lambert. Observations sur le traitement des brûlures par le collodion. In Gaz. méd. de Lyon et Revue médico-chirurg., p. 168, 1849. — Lesueuh, de Vimoutiebs. Emploi du collodion dans l'opération du bec-delièvre. In Revue médico-chir., p. 'i8'<, 18 i9. — Mitchell. Traitement des ulcérations du col utérin par ta solution du coton-poudre. In Dublin Medic. Press et Journal des conn. médic. pratixj. et Abeille médicale, p. 205, 1849. — lli-cii. Sur le collodion cantharidal. In Med. Zeit. Rus.<ilauds. In Gaz. des hôpitaux, p. 290, 1849. — Bouvier. Application du collodion au pansement des vésicatoires volants. \n Abeille médic, p. 7, 1849. — Hairiox. Mémoire sur l'application du collodion dans le traitement des maladies oculaires. In Académie de méd. de Belgique, 27 janvier 1849. — Dubdex. Du collodion pour entourer les pilules. In Dublin médical l'rcss et Abeille médic, p. 282, 1849. — De Rocebt de Latoub. Nouvelle méthode de traitement des inflammations qui se développent à la surface du corps. In Acad. des sciences et Arch. génér. de médecine, p. 493, 1850. — .\ran. Essais thérapeutiques faits avec le chloroforme et le collodion dans plusieurs affections cutanées. In Soc. médic. dea hôpit., 25 sept. 1850. — Deval (Ch.). Du collodion dans le traitement de quelques maladies oculaires. In Un. méd., n" 41, 1850. — Florent-Ccnier. Emploi du collodion pour déterminer un ectropion artificiel dans le traitement de la synéchie oculo-palpcbralc et de quelques altérations de la conjonctive des paupières. In Ann. d'oculistique et Abeille médic, p. 514, 1850.— Stroiil. Emploi du collodion dans la carie dentaire. In Gaz. méd. de Strasbourg et Abeille médic, p. 257, 1850. - Spexgler (L.). De l'emploi du collodion dans les affections de la peau, in Un. méd., n» 41, 1851. — Gassier (de Marseille). Emploi du collodion contre les bourrelets liémorrhoïdaux . In Bulletin de thérap. et Abeille incdic . , p. 1G8, 1851.— Meller. Succédané du collodion [laque en écailles dans l'alcool). In Journal de pharmacie et de chimie et Abeille médic, p. 295, 1851.— Baimbald. Des différents moyens de réunion des plates. Tlièse de Montpellier, 1851. — Peruix. Sur l'utilité jn-atique du collodion vésicant. In Un. méd., n" 71, 1852. — Deciiange. De l'emploi du collodion dans le trailemenl de Vorchite. In Arch. belges de méd. milit , 1852. Chiiisiev. De la valeur du collodion dans le Irailemcut de l'éiysipèlc. In Vierteljahrsschrift fur prakt. Ueilkunde, Bd. IV, 1852. — Dl-rant. De l'emploi du collodion dans le traitement des varices. In Arch. belges de méd. milit., 1852. — Gi-ÉRARD. Névralgie occupant les deux côtés de la face, guérie par le collodion. In Gaz. des hôpit., oct. 1852. — De Bobert de Latour. De la chaleur animcde comme principe de l'inflammation et de l'emploi des induits imperméables, Paris, 1855. — Dd même. Péritonite suraiguë liée à la rupture d'un abcès ovarique, traitée avec succès par l'enduil
COLLODION (uiBLIOGRAPHIli). 4')
impeniicabtc. In .icad. mcd., 18 octobre 1853. — AriAx. [)u collodioii fenuçinicux el de son emploi. In Hcvue medico-chir. et Abeille inédic, p. '.'10, 18")3. — Coste. Du collodion dans les brûlures. In Journ. de mcd. de Bordeaux et Pu-vue (lier, iiird.-cliir., 185.". — Spencleh. Traitement de r engorgement de la mamelle à l'aide du collodion. la Deutsclie Kiinik et Abeille mcdic , p. '25 i, 1853. — Dawaxt. Bu collodion lérébenlhiné contre les plaies cl les excoriations des cavaliers. In Rev. Ihcr. mcd.-chir., 1855, et Are/dves belges. — DôncvcER. Collodion contre les érections blennorrhagiques. In Annales de Boulers. d'après le Mcdic. Central- Zeitnng et Revue thcrap. mcdic. -chirurg., 1855. — Auge. Étiiciisation accidentelle par le collodion chez un enfant de 15 jours après l opération du bec-de-lièvrc. In Revue de Ihérap. méd.-chir., p. 465, 1855. — De I'iobeiit de Latopii. Sur l'emploi du collodion. In Cnion méd., n" 61, 185i. — Boxnafo^t. Traitement des orchites par le collodion. In Acad. deméd., 2 mai, et discussion du 9 mai 185i. — Vénot. Emploi du collodion dans rorchile. \n Union mcdic, n° 7(!, 1854. — Ricord. Traitement des rpididtimitcs et des orcintcs par le collodion. In Union mcdic, w" 110, 1854. — Costes. ^olc sur les bons effets du collodion pour combattre les orchites. In Journal de médecine de Bordeaux el Un. mcd., ir^Sj et 58, 1854. — AiiMAND. Observations pour servira l'étude de Vemploi du collodion dans le traitement de l'orchite blennorrhagicjue aiguë. In Moniteur des itôpitaux, p. 925, 1854. — Stlecht (L.). De l'emploi du collodion dans l'orchite aiguë. In Un. méd., n" 67, 1854. — Ahan. De l'application du collodion sur le col utérin comme mogen d'obtenir la cicatrisation des ulcérations superficielles. In Bull, tliér., t. I, p. 54, 18.")i. — Ricnr.r. Observation d'orcliitc traitée par le collodion, suivie d'atroces douleurs et de dénudation du derme. In Un. méd., w" 60, 1854. — Costes. Avantages de l'emploi du collodion dans les inflammations commençantes. In Journal de médecine de Bordeaux, 1854. — Rouget (A., de Pontarlier). Emploi du ■collodion dans Térgsipèlc Tliése de Strasbourg', 1854. — At.iv. Traitement des variées, du varicocéle et des tumeurs sanguines ou Igmphaligues par le collodion. In Moniteur des Jiôpit., 1854. — IIacke de Saubau. Emploi du collodion caustique dans lesnœvi malerni. In Journal de méd. de Bruxelles, 1855. — JIalhv. Ilydrocèle congénitale guérie par l'emploi du €ollodion. In Rev. thér. méd.-chir., 1855, et Vierteljahrsschrift fi'ir die praktisehr Ihillittudc. — RonoLFi. Traitement de la fistule salivaire par le collodion. In Journ. de méd. de Bruxelles, 1854; Gaz. méd. et Bev. thér. méd.-chir., 1855. — Seiihe pe Mlhet. l'Iilité thérapeutique du collodion, fluxion mammaire, érysipclc traumaliquc, phlegmon de l'aine, panaris, ulcère delà face. In Abeille méd'ic, p. 91, 1855. — Drindejonc (de Mamers). Variole, cicatrices, collodion. \n Abeille mcdic, p. 179, 1855. — SrŒBEfi. Enlropion traité par le collodion. \nGaz. méd. de Strasbourg, 1855. — Batten (W.). Traitement de l'cntrôpion par le collodion. In The Lancet, 1855. — De l'emploi du coUodion dans les fractures. In Union médicale, n" 145, p. 572, 1S56. — I'hadieb. Application du lollodion dans la hernie ombilicale des enfants. In Gazette hebdom. et Abeille médic, p. 196, 1856. — Meweilleux. Emploi du collodion comme adjuvant de la suture. In Moniteur des hôpitaux, p. 518, 1856. — Collodion dans les brûlures. In Acad. des se, 1856. — Emploi du collodion dans certains cas d'enlrop'ion. In Gazette mcdic. de Strasbourg et Revue de tliérap. méd.-chir., 1856. — GiLLEBEiiT Dheucourt. Collodion contre les engelures et les gerçures. In Revue médic. et Bévue de thér. méd.-chir., 1856. — François d'Abueville. Excision de l'os maxillaire supérieur pour atteindre un polgjie volumineux s'insérant à la base du crâne, suture sèche de VisiGNÉ. In Bull, de l'Acad. mcd., \" déc. 1857. — Moiumoxt. De l'occlusion palpébrale au moyen du collodion. in Journ. de méd., de chir. et de pliarm.. 1857. — Goyband d'Aix. De l emploi du collodion comme moyen de réunion des plaies, p. 77!^, 789. avec fig. In Gazette medic, 1858. — Emploi du collodion pour faire .millir les bouts de seins plats et peu développés. In Revue de thér. méd.-chir., 1858. — Fourgniaud. De la sous-cutanisalion des plaies par la réunion collodionnée. Th. inaug., 1859 . — De Robert de Latour. Métro-péritonite puerpérale, guérie par l'application d'une couche de collodion sur l'abdomen. In Un. méd. et Abeille médicale, p. 61, 1859.— Wetzlar. Emploi du collodion dans le traitement des engelures. In Journ de méd. et de chir. prat. et Journal de médecine de Bruxelles, imïïel 1859. — SwAiN. Collodion riciné contre les brûlures. Iti Un. méd., p. 3-27, 1859. — Eiow. Emploi du collodion pour la multiplication des plantes par boutures. In Revue de tliérap. méd.-chir., 1859. — Braixard (de Chicago;. De l'application topique du collodion dans le irattement du nœuus. In American Journal of fhe Med. Sciences, 1859. — Martin- (Stan.). Piqûres de sangsues et collodion. In Bullet. de tliérap. et Abeille médic, p. 126, 1S60. — Fenger (de CopenliaiTiie). Traitement abortif du zona par le collodion. In Abeille médicale, p. 412, 1861. — De Robert de Latour. Phlegmatia alba dotcns. combattue et pronij temcnt subjuguée par une couche de collodion. In Union mcd. et Abeille médicale, p. 20. 1801. — DuRANDON. Fistule salivaire, guérie en 1849. In Abeille médic, p. 295, 1862.— Prévault. De l'emploi du collodion élastique dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu. In Soc. méd. de Tours et Gaz. des lidpit., 1862. — Collodion au perchlorure de fer. In Journal d'Anvers et Abeille médicale, p. 295, 1S65. — Sl-iton (Th.). Préparation de l'Alko-
44 COLLOÏDE.
Icnc, nouveau collodion sans éther. In Bull, gêner, de thcràpeuL, p. fl, oOaoutlSOo. — Benoist de Neuville (en Poitou). Essai sur la médication isolante ou traitement desinflam- 7nations en général par les enduits imperméables, mémoire lu à In Société de médecine de Poitiers. In Abeille méd., p. 388 et suivantes, 1864. — Devemie. Sur remploi du collodion^ mercuriel comme traitement abortif du zona. In Bull, de thérap., t. LXVII, p. 19, lo"^- — GiovANM ri.Nxo (de Padoue). Du collodion dans h traitement des condylomes. In But I. de thérap., t. LXVII, p. 560. — Dunnet Spanton De l'usage du collodion dans les cas de hernies du cerveau. In The Lancet, mai 1864. — Ciniselli. Appareil au collodion dans les fractures de cuisse. In Ann. iiniv. de »««/., juillet 1864, et Dict. deGarnier, p. 219,186o. — Dohr\ (de Marbourg). Traitement de la péritonite par le collodion. In Gaz. hebd. de med.et de chirurg. et Bullel. de thér., t. LXIX, p. 519, 1805. — Du collodion morphine. In Gaz. des hôpil., p. 93, 1865. — Caminiti. Collodion morphine. In Journal de cliinne médic. elAbedle médicale, 1805.— GnïNFELi (de Montpellier). Traitement curatif du cephalœmalome par le collodion. In Revue méd. ei Abeille méd.,^. 202, 1866. — Leclebc (V.). Du collodion mercuriel contre les taches consécutives à la syphilis. In Abeille médic, p. 57, 1800. — De Mar- CAiLHou ii'Almeuic. Emploi du collodion en chirurgie. Th. de Strasbourg, 2" série, p. 42-980, 1867. — VoiLi.EMiER. Emploi du collodion pour circonscrire l'action du fer rouge. In Journal de médec. et de chirurg. praf., juillet 1868. — Sahazin (Ch.). Art. Collodion. In Nouv. Dict. de médec. et de chir.prat., t. VIII, 1868. — Piqûres d'insectes. Piqûre de mouche à forme grave, irrigations froides, collodion. In Journal de méd. etdechir. pratiques, août 1868. — Petit, bu collodion dans l'énjsipèle. Tli. inaug., Paris, 1868. — Bertkano (Adolphe). Étude sur les fractures compliquées et de leur traitement par l'occlusion collodionnce. Th. inaug., Paris, 1809.— De Robeiit de Latolii. Valeur du collodion contre la péritonite, par M. Douaud. In Union méd. de la Gironde, lettre in Union mcd., p. 447 et 049, 1869. — CARiuÈnE (E.). Le Collodion préparé et le vernis dans les combustions accidentelles. In Union méd., p. 591,
1869. — De Robert de Latour. Collodion élastique dans le traitement de la pleurésie aiguë. In Abeille médic, p. 557, 1869. — Pavesi (Carlo). Collodion hémostatique. In Un. médic, p. 56, 1870. — RiciiAiiDso:*. CoUodon stijptiquc. In The Lancet, 1809; Journ. de médec et chir. pratique, t. XL, p. 99, 1809, et Dictionn. annuel des progrès, etc., de Garmer, p. 125,
1870. — Rapin- (Oscar). Application du collodion sur l'épigastre pour combattre le mal de mer. In Journ. de méd. et de chir. prat., sept. 1870. — Dkouet. Collodion r/ciné dans le traitement du choléra, la fièvre typhoïde, Vérysipèle, la colique de plomb, les attaques d'hystérie. In Acad. des se, 1871. — Tartensox. De l'emploi du collodion dans le traitement de certaines maladies inflammatoires des yeux. Thèse inaug., Paris, 1872. — Erijsipèle, efficacité et mode d'emploi du collodion. In Abeille médic et Bullet. génér. de thér.
1872. — Delà ouate collodionnée dans le pansement du bec-de-lièvre. In Gazette des hôpitaux, n° 66, p. 522, 1872. — Collodion comme moyen de suture dans les plaies. In Journal de médecine et de chirurgie prat., 1872. — Curtis et Guyon. Utilité du collodion pour fixer certaines courbures données aux bougies. In Journal de méd. et de chir. pratiques, p. 60, lévrier 1872. — Biioca. Erysipèle, efficacité et mode d'emploi du collodion. In Journal de médec. et de chir. j^rat., mai 1872. — Engelures traitées par le collodion. \n Journal de médec et de chir. pratiques (table analytique), 2" série, p. 181, lcS72. — Dumas (de Letignan. Gard). Appareil collodionné pour les fractures de côtes. In Montpellier médic, sept. 1871, et Bull. gén. thér., mars 1872. — Féréol. Note sur la nature et le traitement de l'érysipèle. In Soc. méd. des hôp., et Un. méd., 27 mars 1873. — Belloc. Métro-péritonite, application de collodion riciné, guérison. In Soc. méd. de l'Orne et France médic, 27 sept. 1875. — Méhu. Collodion à l'acide phénique, slyptique, à l'arnica, aux canlharides. \n Arch. gén. méd., t. I, p. 514, 1873. — Drouet (Arsène). Étude sur le collodion, considéré principalement au point de vue de la thérapeutique médicale. In Tribune médicale, n" 250 à 256.
1873. — Oré. Collodion dans les fractures, évidement des os, p. 79, 1874. — Empoisonnement par le collodion cantharidé. In Revue des sciences méd. de IIayem, t. III, p. 292, 1874.
— De Rouert de Latour. De la médication isolante, ses procédés pratiques, sa vertu thérapeutique, sa raison physiologique. In Un. méd., 21 sept., 7 oct., 18 nov., 14 et 23 déc. 1875.
— HiLL. Collodion hémostatique, acide tannique, acide bcnzoique, baume du Pérou, pansement des plaies de taille périnéale par le D' Mallez, G. Hôpit., 1875. — Libanski. Le collodion contre l'érysipèle. In Union médicale, n» 85, 1875. — Collodion ar.téphélique [sulfophénate de zinc). In Pharmaceutische Zeitschrift fiir Russiand, 1" février 1875, et Bullet. g. de thérap., 50 oct. 1875. — Léclïer (H). Emploi de la créosote collcdionnée dans les douleurs produites par la carie dentaire. In Un. méd., 11 novembi'e 1875. — Lardier. Emploi du collodion dans les douleurs produites par la carie. In Union médicale, n" 129, 50 oct. 1875. Gi.
COLLOÏDE. Pathologie. (Qui ressemble à de la colle). Cette expression a été appliquée par Bayle et Laënnec à des tuiiieurs ayant l'aspect gélatinifoime de
\j\J LiLi \JXU Lj.
la colle ; ces tumeurs ont été également désignées sous le nom de tumeurs gélatiniformes, cancers colloïdes, cancer ou dégénérescence alcolaire et gclaliniforme de Cruveilhier ; la plupart de ces tumeurs rentrent dans les groupes trèsvariables des carcinomes, elles sont dilliciles à distinguer des myxomes avec lesquels elles ont été confondues [ooy. article Myxome).
Actuellement la dénomination de colloïde ne désigne pas une espèce particulière de tumeurs, mais un mode de dégénérescence des éléments ou des tissus ([ui se rencontre dans des conditions très-variables ; en effet, au point de vue liistologique, on trouve cette dégénérescence colloïde dans les organes et les tissus les plus divers, dans les muqueuses, les cartilages, les épithéliums, les glandes lymphatiques, la thyroïde, les reins, l'ovaire, les glandes du luhc di"estif, les kystes synoviaux, les gahies tendineuses, tantôt comme une modification liée à un âge avancé (dégénérescence colloïde des cartilages), tantôt dans des hypertrophies simples (goitres) ; ou bien elle envahit des tumeurs bénignes, comme des adénomes, ceux de l'ovaire en particulier, les transformant en kystes, sans leur communiquer aucun caractère de malignité, ou bien elle envahit des tumeurs qui offrent tous les divers degrés de malignité, comme par exenqjle les épithéliomes et les carcinomes colloïdes. On a assigné à cette dégénérescence un si grand nombre de causes et de lieux de manifestation, qu'on peut dire qu'elle a été observée dans tous les organes, dans tous les tissus, et enfin dans bijilupart des éléments anatomiques. En effet, outre les éléments des tissus dits de substance conjonctive et des épithéliums on a considéré comme pouvant être atteints de dégénérescence colloïde les fibrilles musculaires (Cornil et Ranvier), les éléments du tissu nerveux (Muller) , la substance intermédiaire du tissu lamineux dans les tumeurs embryoplastiques (Robin). Cependant, il serait fort difficile de donner une définition de la dégénérescence colloïde corres|)ondant à la nature même de la dégénérescence qu'ont voulu désigner les auteurs qui l'ont plus particulièrement décrite, et il faudrait pour ainsi dire reproduire autant de définitions que d'auteurs. Nous nous bornerons à indiquer les principales. Suivant M. Robin, l'aspect colloïde ou colloïdal « est' dû au dépôt d'une substance amorphe, homogène, très-transparente ou demi-transparente, tremblotante, parsemée ou non de granulations moléculaires entre les éléments anatomiques caractéristiques du tissu morbide que cette matière amorphe tient ainsi écartés» {Diclionnaire de médecme, iSlô, p. 328). Cornil et Ranvier décrivent en même temps les infiltrations muqueuse et colloïde sans établir de distinction réelle entre les deux modes de transformations des éléments; d'ailleurs, pour Cornil et Ranvier, la dégénérescence cireuse des muscles et même l'infiltration dite fibrineuse des cellules épithéliales des pseudo-membranes diphthéritiques sont des transformations analogues à l'infiltration colloïde ou muqueuse ; cette étendue donnée à la dégénérescence colloïde ne permet pas une définition précise.
Virchow en séparant les myxomes des tumeurs à aspect gélatiniforme ou colloïde, a singulièrement diminué l'importance de la dégénérescence colloïde. Pour lui la substance colloïde se rencontre dans les tumeurs de la thyroïde qui ont été nommées goitres colloïdes ; elle est toutefois distincte de la substance qui donne à la gelée de Wharton, au corps vitré, les caractères du tissu muqueux [voy. Myxome).
« Ce colloïde, dit Virchow, est une substance gélatineuse jaunâtre ou d'un gris pâle, transparente, souvent presque complètement incolore, un peu filante et
46 CULLUlUJi.
visqueuse, se laissant en général assez facilement écraser entre les doigts, et se présentant souvent sous la forme de granulations très-petites et claires. Au microscope, elle est, soit tout à fait amorphe et homogène, soit amorphe et légèremont granulée ; cependant elle renferme quelquefois des cellules ou des granulations » [Pathologie des tumeurs, trad. Aronsohn, t. 111, p. 199). Pour \irchow, cette substance fait partie des matières gélatiniformes dérivées de matières albuminoïdes. 11 a pu, en effet, produire des corps gélatineux, en faisant agir le chlorure de sodium sur des liquides renfermant un albuminate de soude, et, en particulier, il a obtenu des granulations colloïdes, enfaisant agir le chlorure de sodium et la soude sur du sérum de cheval.
Riiidlleisch a considéré la dégénérescence colloïde à un point de vue plus général. C'est ainsi qu'il l'a classée parmi les métamorphoses involutives; les caractères qu'elle présente sont d'ordre chimique et d'ordre histologique: la dégénérescence colloïde est caractérisée par la présence « d'un composé chimique qui se distingue de la substance muqueuse par son indifférence pour les réactifs, entre autres, l'acide acétique, et par sa composition élémentaire qui le rapproche des corps protéiques sulfurés. » Les caractères histologiques sont tirés de l'aspect de la substance et du processus même de la dégénérescence colloïde. La substance colloïde se présente sous forme de globules transparents, incolores brillants, comparables à des gouttelettes graisseuses. Le processus est d'abord comparable à celui de la dégénérescence graisseuse, mais son caractère principal, suivant Rindfleisch, est d'être au début au moins une métamorphose cellulaire. En effet, les globules colloïdes envahissant le protoplasma de la cellule en atrophient le noyau et tout le contenu, ils se substituent à l'élément anatomique, les éléments voisins également envahis se confondent, les substances fondamentales ou intermédiaires des tissus sont elles-mêmes ou envahies ou écartées par la substance colloïde, et celle-ci suivant la texture des divers organes produit des masses alvéolaires ou kystiques, plus ou moins étendues, mais présentant l'aspect colloïde. Il est difficile alors de savoir quelle part relative ont prise les éléments ouïes substances intermédiaires à la dégénérescence, et dans les tumeurs telles que les épithéliomes, les sarcomes, les carcinomes, il est encore moins aisé de distinguer avec précision l'origine ou le siège initial de cette substance colloïde. 11 résulte de ces opinions contradictoires sur la nature et les caractères de la substance ou de la dégénérescence colloïde, qu'elle est trèsdifficile à distinguer de certaines métamorphoses que présentent les éléments anatomiques ; il faut donc ou bien confondre ensemble l'infiltration des éléments anatomiques ou des tissus par des substances gélatineuse, séreuse, muqueuse, colloïde dans un seul processus caractérisé par des métamorphoses de substances protéiques, jusqu'ici mal définies, ou bien réserver le nom de colloïde à la dégénérescence spéciale du corps thyroïde ; ces deux définitions de la dégénérescence colloïde, qui n'ont rien de commun que « l'aspect semblable à de la colle, « ne sont pas suffisantes pour permettre d'éviter la confusion que ce terme a introduite dans la dénomination des tumeurs; c'est pourquoi, à notre avis, il serait préférable d'abandonner ce terme de colloïde, jusqu'à ce qu'on ait pu déterminer avec précision le processus ou les modifications de tissu ou d'éléments auxquels il a été appliqué. A. Hénocque.
Bibliographie. — Yibchow. Pathologie des tumeurs. — Robin. Article Colloïde du Dictionn.
de médecine. — Cobnil et Ranvier. Manuel d'histologie pathologique, p. 44. Rindfleisch.
Traité d' histologie pathologique, p. 58, 1875. — Schrant. Arch. f. physiologische lleilkunde.
t. IX, 1856. — ScHULTZE. Archiv f. pathologische Analoinie, t. XL, p. 502, 1867. — Schereb. Wûrzbwger mediz. Zeitschrift, Bd. VII, Heli 1, p. 6, 1860. A. II.
COLLOMB (Barthélémy). Ce membre de la profession ne nous est connu que par une notice que lui a consacrée Dezeimcris, qui en fait un professeur au Collège de chirurgie de Lyon, et un membre de l'Académie des sciences, belleslettres et arts de cette ville, où il exerçait son art avec distinction vers la fin du dernier siècle. On lui doit un gros volume de 544 pages , format in-S", impiimé à Lyon, et portant ce titre : Œuvres médico-chirurgicales, contenant des observations et dissertatùms sur diverses parties de la médecine et de la chirurgie. C'est un recueil de discours académiques, de mémoiies et d'observations, dans lequel l'auteur n'est pas assez sobre d'explications qui reposent généralement sur des hypothèses ridicules. Néanmoins, on y trouvera des faits cliniques intéressants, entre autres: une grossesse tubaire qui dura quinze mois, au bout desquels l'enfant, en partie pulréfié, fut extrait par l'opération césarienne ; un accouchement imprévu chez une femme de 48 ans, qui depuis 22 ans n'avait plus ses règles ; une surdité produite par la formation d'un calcul dans chaque conduit auditif ; quatre exemples de ponctions de la vessie par le rectum, suivies de guérison; exemple curieux d'une tumeur anévrysmalc à la face dorsale de la langue, formée par une des branches de l'artère linguale, ouverture du sac, guérison ; extroversion de la vessie chez un homme âgé de 35 ans, etc. A. C.
COLLOPnORA. Genre de plantes dicotylédones, qu'on rapporte avec quelques doutes à la famille des Apocynées. Il n'est représenté que par une espèce, peu connue encore, qui croît dans le Brésil, sur les bords du Rio-Nogio, et que Marlius a signalée sous le nom de Collopliora ittilis. C'est un arbre à feuilles opposées, à fleurs en corymbe, dont la corolle hypogyne est tubuleuse, hypocratérimorphe, divisée en cinq lobes. Le fruit est une baie globuleuse, uniloculaire. La plante est intéressante par le suc laiteux et épais qu'elle renferme.
Martius. Diichner's Repertorium der Pharmacie, 1828. — Férussac. Bulletin des sciences naturelles , \xns\t\' 1831, p. 04. — Endlicher. Gênera Planlarum, n° 5570. — De Candolle. Prodromus, VI 11, 522. Pl.
COLLUTOIRES (de colluere, de cum avec, et de luere, laver). On donne le nom de collutoires à des médicaments le plus souvent d'une consistance de miel et dont on se sert pour combattre, plus spécialement, les affections des gencives et de la bouche. Le borate de soude, l'alun, quelques acides font surtout partie des collutoires. Nous allons donner les formules de ceux qui sont le plus employés.
Collutoire au borax (Trousseau). Borate de soude en poudre, 15 grammes; sirop de sucre, 500 grammes. On mêle.
Une cuillerée à café 7, 8, et 20 fois par jour, en ayant soin de ne pas boire immédiatement. Contre le catarrhe laryngé.
Collutoire borate. Borate de soude en poudre, 5 grammes ; miel blanc, 50 grammes. On mêle. Contre les aphthes.
Collutoire borate. Borate de soude pulvérisé, 5 grammes ; miel blanc, 30 grammes. Pour être appliqué à la surface des muqueuses atteintes de muguet.
Collutoire borate. Borate de soude pulvérisé, 20 grammes ; miel blanc, 20 grammes. Employé comme le précédent.
Collutoire contre le muguet (Gubler). Borate de soude pulvérisé 10 grammes; ean, 200 grammes.