‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.19Chapitre 3 sur 48 · Collodions vesicants .L · texte numérisé non relu

Collodions vesicants .L

I — canlharide.

, ^ ,, 1- . ( collodion au bichlorure de mercure.

' 4. Collodions caii^linucs !

' ( — créosote.

l collodion morphine.

:5. Collodion^ scdalifs ( — aconité 1 ,, , , .

' - vératriné } '°"- «"e^thesique.

collodion térébenthine.

— à l'arnica.

— à la strbine.

— au capricum.

'6. Collodions irritants et stimulants. . / — au poivre noir.

— au benjoin.

— au baume du Pérou.

— iodé.

— à riodoforme.

1« Collodions hémostatiques, styptiques et antiseptiques. En 1 865, le Journal 4' Anvers donna la formule d'un collodion au perchlorure de fer (collodion, six parties; perchlorure de fer cristallisé, une partie) qui serait, dit-il, un bon hémostatique contre les coupures, les morsures de sangsues, etc. Il est d'un rouge jaunâtre, limpide, et, appliqué sur la peau, il y détermine une pellicule jaune <]ui conserve une grande élasticité; toutefois, le perchlorure de 1er exigerait

LULLUUlUiN (EMPLOI thérapeutique). 1 U

pour sa dissolution quelques soins, car il se développe une clialeur qui, si elle €st poussée trop loin, provoque bientôt l'ébullition du collodion ; quels sont les soins dont veut parler l'auteur de la note ? Il n'en dit pas un mot ; du reste les détails donnés au sujet de cette variété ne sont pas suffisants pour que nous puissions dès à présent en apprécier la valeur.

Le docteur Richardson donna, en 1869 (in the Lancet) le nom de collodion styptique à ini mélange de xyloïdine et de tannin, dissous dans l'éther, qu'il avait désigné auparavant, en 1865, sous celui d'éther hémostatique. Il emploie ce mélange en même temps comme hémostatique et désinfectant dans le pansement des plaies et des ulcères (Dict. annuel des progrès des sciences et institut, méd., 1870, p. 127); contre les hémorrhagies il lui pai'aît être supérieur à l'eau de Pagliari : ainsi, employé contre une hémorrliagie survenue pendant la résection d'une partie osseuse frappée de nécrose, par Sydney Chater, il l'arrêta en moins de vingt secondes, ce que n'avait pu faire la ligature. 11 paraît être de plus très antiseptique puisque, en l'appliquant sur les plaies, W. Adams a pu en guérir les deux tiers par première intention sans la moindre fétidité. Ce collodion pur est étendu à l'aide d'un pinceau, et mélangé avec l'éther il s'emploie avec le pulvérisateur.

Comme collodion hémostatique, le docteur Carlo l'avesi (Un. méd. IN 7(1. p. 36), en emploie encore une variété dont voici la formule :

Collodion oflicinal 100 grammes.

Î phonique 10 —

lannique S —

benzo'iqiie 3 —

Ce collodion est de couleur bnmàtre, adhère plus fortement aux tissus (jue le collodion ordinaire ; il coagulerait instautanément le sang et le blanc d'oeuf : on l'applique soit au moyen d'un pinceau, soit à l'aide de bandelettes que l'on imprègne du liquide.

Cette dernière variété est à peu près l'analogue de celle que Hill, de Royal FreeHospital, emploie pour badigeonner les surfaces osseuses à la suite des résections et dont voici la composition :

Collodion 80 grammes.

... 1 tannique i

Acides i 1, - ( ~- I

( benzoïque > aa 4 —

Baume du Pérou )

Ce chirurgien attribue à ce topique l'absence d'homorrhagie fournie par les vacuoles du tissu spongieux. Mallez (note lue au congrès de Bruxelles et Gaz. deshôpit.iSlo, p. 1059), a utilisé aussiles propriétés styptiques du collodion de Hill dans le pansement des plaies de taille périnéale, et de la manière suivante : aussitôt que le cystotome est retiré et avant d'introduire les tenettes, pour peu que l'écoulement du sang paraisse anormal, ou après l'extraction du calcul si l'hémorrhagie n'est pas à redouter, il glisse dans la plaie un bâtonnet muni de ouate trempée dans ce collodion, et comme on a pris soin de garnir également de ouate l'autre extrémité du bâtonnet, il suffit de le retourner pour renouveler la même petite opéi-ation par l'autre bout. On laisse la ouate collodionnée une minute dans la plaie et on profite de ce temps, si besoin est, c'est-à-dire si le sang ne s'arrête pas complètement, pour donner avec l'injecteur un lavement d'eau froide. Le collodion agit ici comme enduit élastique, constricteur et protecteur, peut-être comme réfrigérant.

Enfin, on pourra consulter dans les Arch. gén. de méd., 1875, t. 1, p. 514,

20 COLLODIOA (emploi iuérapeutique).

diverses formules indiquées par le docteur 31éhu et ayant rapport aux collodions styptiques à l'acide phénique et à l'acide tannique, dans lesquels le baume du Canada entre pour une certaine part.

2» Collodions astringents. Les collodions tanniques peuvent aussi rentrer dans ce groupe, mais il renferme surtout le collodion saturnin ou martial dont Hannon (de Bruxelles) donne, dans la Presse médicale belge {Revue médico.-chir. , p. 413, 1854), le mode de préparation en versant trente grammes de collodion ordinaire goutte à goutte dans une solution concentrée d'acétate de plomb neutre faite à chaud dans l'alcool ; on obtient ainsi un liquide trouble, opaque, blanc, qui se sépare en deux couches au bout de quelques jours, mais que l'agitation rend homogène. Ce praticien l'a, dit-il, employé comme astringent, résolutif et répercussif dans les inflammations e'njsipélateuses dépendant d'une cause externe, dans les brûlures, les contusions, les entorses et diverses solutions de continuité. Il conseille de recouvrir la couche de collodion saturnin d'une seconde couche de collodion simple ; il prétend, enfin, qu'il serait de nature à remplacer avec succès l'acétate de plomb pulvérisé dans certaines affections de la conjonctive, mais il ne dit pas conmienl.

Le même auteur a essayé également et avec un bon résultat cette variété de collodion dans les varices ne datant que de quelques années; mais il n'a pas été aussi heureux pour celles qui sont anciennes, en raison du relâchement considérable des tissus.

Quant au collodion ferrugineux qu'Aran (parties égales de collodion et de teinture éthérée de perchlorure de fer ou teinture de Bestuchef) a employé soit dans Vérysipèle, soit dans d'autres affections de la peau, au lieu de n'y voir qu'une simple action astringente ce médecin a pensé, mais à tort, qu'il jouissait d'une action toute spéciale peut-être antiphlogistique [Bull, thérap. 1855), sur le& tissus. Il est un peu plus souple, plus résistant, plus adhésif que le collodion ordinaire, mais il n'exerce pas une constriction aussi forte.

3° Collodions ve'sicants. A côté du collodion sinapisé (collodion 15 grammes,, essence de moutarde 3 grammes) destiné à être appliqué sur la peau pour y produire une vésication et qui n'est qu'une mauvaise préparation, se trouve le collodion cantharidé qii\ est infiniment meilleur et que je m'étonne de ne pas voir employer plus souvent dans la pratique, car il est très-commode, moins coûteux que le vésicatoire ordinaire et se conserve, dans des flacons bien bouchés, sanssubir aucune altération. C'est en 1X49 qu'il a été imaginé par un pharmacien de Saint-Pétersbourg, du nom de Hisch, en déplaçant 100 grammes de cantharides pulvérisées par 150 grammes d'élher sulfurique et 20 grammes d'acide acétique. Dans la liqueur saturée de cantharidine obtenue, on fait dissoudre 1s'',ûO de cotonpoudre par 60 grammes de teinture. Ce collodion épispastique est étalé à l'aide d'un pinceau sur le point du corps où on veut produire la vésication ; cette Qcrnière est peu douloureuse, rapide, car il suffit de quelques heures pour la déterminer, et exactement limitée à la surface enduite. Par la rapidité de son action, ceite substance a moins de chance d'agir d'une manière fâcheuse sur la vessie et, comme l'a très-bien dit M. Perrin, dans une discussion qui a eu lieu à ce sujet à la Société médico-pratique (avril 1852), on a là un moyen précieux d'appliquer la vésication chez les enfants, chez les fous, chez les malades en délire, etc., tous malades chez lesquels il est presque impossible de maintenir en place les vésicatoires ordinaires, à l'aide des banda"-es les mieux appliqués.

, COLLODION (kmploi thérapeutique). 21

Œttinger, de Munich {Abeille méd. 1850, p. 222) en a préparé un autre en prenant parties égales de teinture éthéréede cantharides et de collodion ; un des motifs qui l'ont déterminé à modifier le procédé de Hisch c'est que la préparation de ce dernier agit trop fortement pour les entants et que la dose de cantliaridine qui y est contenue ne peut ni augmenter ni diminuer, ce que l'on peut toujours faire p.ir l'addition convenable de collodion.

On devra avoir soin, non-seulement de boucher hermétiquement le flacon, mais aussi de l'étiqueter avec soin pour éviter la confusion possible avec d'autres substances liquides, comme cela a eu lieu dans une observation due au docteur Ernest Schwerin, de Berlin, rapportée dans la Revue des sciences medic. de Hayem (t. III, l^'fasc. 1874) et intitulé : empoisonnement jyar le collodion cantharidé; la malade guérit.

i° Collodions caustiques. Le collodion au bichlorure de mercure peut être, selon la dose à laquelle on emploie le sublimé, ou simplement abortif de certaines éruptions ou bien un caustique proprement dit.

Dans le premier cas, Debout et Devcrgie ont préconisé (mais ce traiicment n'est guère employé aujourd'hui que par un petit nond)re de médecins) l'un touti'e lespushdes î<arioliques, l'auti-e contre le zona, un mélange de 20 ou 50 grammes de collodion avec 0,50 de deutochlorure de mercure. Plus récemment Delioux de Savignac {Bull.de the'rnp. 1870) est revenu sur cette méthode qu'il recommande avec une confiance qui n'est pas partagée malheureusement par toul le monde ; il en a éprouvé, dit-il, l'efficacité dans plusieurs centaines de cas, mais il n'applique jamais le collodion que sur la face et laisse l'exanthème se produire sur tout le reste du corps. Enfin, V. Leclerc {Ab, méd. 1866, p. 34) en emploie un autre un peu plus fort (15 grammes de collodion pour 0,50 de sublimé) contre les taches consécutives à la syphilis.

Dans le second cas, ayant pour but la destruction plus ou moins rapide d'une tumeur, on doit employer une quantité de sel de mercure plus considérable. Cependant, Giovanni Finco, de Padoue, a pu, dit-il, détruire en seize jours plus de soixante condylomes de Vanm avec un mélange de 0,25 de bichlorure dans 52 grammes de collodion riciné. Macke de Saurau [Journal de Bruxelles, 1855), pour produire une cautérisation circonscrite, ayant pour but de détruire soit une production végétante, soit une tumeur te'langiectasique emploie depuis plusieurs années 50 grammes de collodion élastique pour 4 grammes de bichlorure; l'application est facile, elle se fait avec un petit pinceau en poils de vache, afin de bien limiter son cercle d'action aux parties affectées. L'eschare se détache après trois à six jours et jamais il n'a observé de phénomènes d'intoxication. Son usage est surtout indiqué pour les enfants très-pétulants chez lesquels les autres caustiques ne sauraient être maintenus en place ou lorsque ceux-ci sont exposés à être souillés par les urines ou par les matières fécales.

Collodion créosote. W. Adams, dans le Med. Times de 1869, a pensé que dans le but de modifier certaines plaies de mauvaise nature on pouvait mélanger la créosote au collodion et dans une lettre adressée à la rédaction de Y Union médicale au 11 novembre 1875, H. Lécuyer en a signalé l'emploi et l'efficacité dans les douleurs produites par la carie dentaire : Il mélange, comme son beau-père le fait depuis plus de quinze ans, une partie de créosote avec trois parties de collodion médicinal, et après agitation le mélange se prend en gelée. Cette gelée est appliquée à l'endroit précis du mal et n'a pas l'inconvénient de se répandre de tous les côtés et de cautériser les parties environnantes. La ca-

iià COLLODION (emploi thérapeutique).

vite de la dent ayant été desséchée, "un petit morceau de cette gelée est placé sur la carie et par-dessus on met un petit tampon de ouate.

Quelque temps avant la publication de la note de Lécuyer, Lardier {Un. méd., SOoctobre 1 875), en avait envoyé une autre touchant V emploi du collodion simple dans les douleurs produites par la carie dentaire. Ce topique isole la cavité cariée du contact de l'air extérieur, et outre la légère causticité du collodion, l'éther en s'évaporant anesthésie les rameaux nerveux. 11 faut avoir soin de bien dessécher la cavité de la dent avant d'y laisser tomber une à deux gouttes de ce liquide, sans quoi il ne contracterait pas d'adhérences assez solides. C'est un usage qui peut certainement dans certains cas trouver son utilité.

5° Collodions sédatifs. La morphine, l'aconitine, la vératrine ont été associées au collodion, soit isolément, soit plusieurs ensemble, dans le but de calmer les névralgies ou les douleurs quelquefois si rebelles qui sont consécutives au zona. Caminiti, chirurgien de l'hôpital de Messine, aindiqué en 1865 un verni!^ (collodion (élastique 30 gi-ammes, liydrochlorate de morphine i gramme), qui, étendu avec un pinceau, est recouvert d'une feuille de taffetas gommé. Ce vernis reste quinze à vingt jours en place et tombe tout seul. Bourdon, au lieu de 1 gramme, ne met que 50 centigrammes d'hydrochlorate morphine, et fait usage de ce topique en badigeonnages sur les vésicules du zona qui disparaissent au bout de huit jours : il ne les ouvre pas préalablement.

Nous ne connaissons pas la valeur du collodion aconité (1 gramme pour 30 grammes). 11 en est de même de celui auquel le Practitioner de 1875 donne le titre pompeux de Collodion anesthésique , qui s'emploie en cinq ou six couches dans les névralgies superficielles et dont voici la formule :

Hydrure d'amylo 30 grammes.

Collodion 30 —

Aconitine 0,05 —

Vératrine 0,ôO —

6" Collodions stimulants. Ce sont surtout les praticiens d'Amérique qui ont expérimenté {Arch. gén. de méd., 1875. Méhu) les collodions à la poudre d'arnica, à la Sabine, au poivre noir, au capricum, au benjoin et au baume du Pérou, mais nous ne pouvons aujourd'hui en apprécier la valeur réelle. Le collodion àl'iodoforme paraît avoir rendu quelques sei'vices pour calmer les douleurs des phthisiques ; quant à l'iode (collodion 10 grammes, iode 40 grammes), il échappe à l'action contentive de l'enduit fulmi-éthéré, ce qui est un inconvénient pour les usages auxquels Aran a voulu le destiner. Pour terminer cette énumération déjà trop longue, mais que nous avons cru devoir donner afin d'être complet, nous dirons que Dawant (de Louvain) a fait connaître dans les Archives belges de 1855 les avantages qu'il a retirés de l'emploi du collodion térébenthine (^ de térébenthine) dans les plaies simples et surtout les excoriations auxquelles sont sujettes les recrues dans les régiments de cavalerie. Ce mélange, selon lui, est plus souple, extensible et n'a pas l'inconvénient de tirailler la peau^ comme le fait le collodion ordinaire.

Enfin Gillebert-Dhercourt {Revue méd. et Rev. de th. méd.-chir., 1856, p. 656) emploie la variété suivante :

Collodion 30 grammes.

Térébenthine de Venise 12 —

Huile de ricin 6 —

dans le traitement des engelures sèches ou ulcérées, en l'appliquant sur les doigts avec mi pinceau : il renouvelle l'enduit autant de fois qu'il est nécessaire pour

COLLODION (emploi thérapeutique). 25

établir l'abi'i du contact de l'air et jusqu'à ce que l'engelure soit entièrement

i^uerie.

G. Emploi DU collodion en chirurgie. En se desséchant à l'air libre le collodion, s'il est étalé en surface, donne naissance à une membrane mince, légère et transparente, inerte et sans propriété irritante, insoluble dans l'eau, souple et rétractile, adhérente aux tissus sous-jacents (pourvu qu'ils ne soient ni gras ni Immides) sur lesquels elle exerce une constriction plus ou moins énergique, imperméable et dont la ténacité est si grande que le sang, la suppuration et l'humidité même des cataplasmes, tout en la diminuant, ne la l'ont pas cesser d'une façon complète.

Toutefois, son imperméabilité n'est pas aussi absolue qu'on veut bien le dire, comme l'ont prouvé les expériences [Ab. méd., 1848, p. 264) de J. Sourisseau de Kaisersberg, qui, en fixant au bout d'un tube en verre une feuille de collodion et en y versant une petite quantité d'eau, a vu suinter cette dernière au travers de la membrane.

Il est donc tout natui'el qu'on ait cherché à utiliser les remarquables propriétés de ce corps pour les besoins de la chirurgie : aussi en a-t-on fait, depuis qu'il a été découvert, les applications les plus nombreuses et les plus diverses^ bien entendu avec des résultats qui varient beaucoup dans la valeur de leur efficacité réelle.

Mode d'application. Son mode d'application est du reste des plus simples. Uu bien on se contente d'étendre le liquide sans aucun intermédiaire sur la surface malade avec un pinceau [badigeonnage] , il faut par conséquent dans ce cas que le collodion ne soit ni trop liquide ni trop épais ; ou bien on lui donne comme support des morceaux de baudruche que l'on peut plier successivement en plusieurs doubles, ou des fragments de batiste. D'autres fois on emploie V ouate collodionnée ou les bandelettes de linge ou de gaze collodionnées. Ces différentes manières de l'employer varient du reste avec la lésion pour laquelle on veut faire usage de l'enduit fulmi-éthéré. De plus on peut, à l'exemple de Yerneuil,. Broca, Guyon, etc., pratiquer l'irrigation continue ou appliquer divers pansements réfrigérants par-dessus la couche collodionnée qui protège la blessure. Nous^ en étudierons brièvement le mode d'application :

i" Dans les solutions de continuité comprenant les plaies, les ulcères, les fistules, les brûlures, les lésions des os;

2° Dans certaines affectio.ns vascclaires et diverses tuîieors;

5" Dans certaines affections inflammatoires ;

4" Dans les maladies des yeux ;

5" Dans ses usages purement mécaniques.

i" Emploi du collodion dans les solutions de continuité des parties molles- ET DU squelette. Plaics. Si la solution de continuité est peu considérable et ne consiste qu'en une simple piqûre ou en une petite plaie superlicielle et de médiocre étendue (plaie de la saignée, écorchures, excoriations, coupures), il suffit, pour la mettre à l'abri du contact de l'air et obtenir une réunion immédiate, d'étendre directement le collodion sur elle après en avoir affronté les lèvres jusqu'à parfaite coaptation. Stan, Martin {Bull, dethérap. 4860) l'a employé pour fermer les piqûres de sangsues, et de Robert de Latour contre la piqûre des guêpes [Journal de méd. et de ch. prat., 4868) ; dans ce dernier cas le principal but que se propose ce praticien est d'enrayer l'inflammation qui ne tarderait pas à se manifester. On l'a aussi conseillé [Ab. méd. 1865,.

24 COLLODION (emploi thérapeutique).

p. 258) contre les excoriations produites par l'incontinence d'urine sur les grandes lèvres (cette application nous semblerait bien douloureuse et irritante) et surtout mélangé à la térébenthine contre les excoriations des cavaliers [Revue thér. méd.-cli., 1853), contre les gerçures du sein, des doigts, etc.

On s'en sert encore comme moyen de réunion immédiate ou même secondaire, dans les solutions de continuité plus étendues et plus profondes, accidentelles ou chirurgicales, dans les autoplaslies , etc., mais en ayant soin de donner au collodion un support : ouale, brins de charpie, bandelettes de linge, de gaze ou de coton. (Rapprochement pour une déchirure du périnée, Gomstock de Wi'entham).

Ce mode de pansement des plaies, si avantageux et si répandu de nos jours, est connu sous le nom de suture collodionne'e, suture sèche. Cependant Goyrand d'Aix [Soc. de chir., 1858, t. IX, p. 169), au lieu de se servir de bandelettes de toile imbibées de collodion, préfère recouvrir simplement les deux lèvres de la plaie, préalablement rapprochées, d'une couche épaisse, continue et uniforme, qu'il étale sur la peau avec un pinceau, dans une étendue de plusieurs millimètres, des deux côtés de la solution de continuité. Mais c'est surtout pour les plaies ayant peu de tendance à l'écartement qu'il emploie cette méthode. Quoi qu'il en soit, la première condition de réussite est d'éviter autant que possible de porter directement le liquide fulnii-éthéré sur la plaie elle-même, car il en résiilte une douleur vive et inutile, parfois même une inflammation et une suppuration dont on voulait précisément éviter le développement : aussi est-ce surtout sur les bords de la solution de la continuité que l'on doit agir pour exercer les tractions. Tel est le principe général sur lequel reposent (avec des modifications propres à chacune des inventions) les sutures coUodionnées qui ont été successivement mises en pratique par Mazier, Lesueur, Goyrand d'Aix et Vésigné.

Le 9 novembre 1849, Mazier, médecin de l'hospice de l'Aigle (Orne), envoya à l'Académie de médecine deux observations dans lesquelles il avait employé' avec succès le collodion pour suppléer à des points de suture. Dans l'un de ces cas il s'agissait d'une amputation du sein, dans l'autre d'une plaie de la face produite chez un enfant par un coup de corne de vache : mais ce n'est qu'en 1851 qu'il décrivit dans les Annales de la Soc. méd. d'émulation de Flandie le procédé qui porte son nom et qui consiste, après avoir fixé au moyen de collodion les extrémités de deux bandelettes de toile (colligateurs) parallèlement à chacun des bords et à une certaine distance, à en rapprocher à volonté les deux autres chefs libres au moyen d'un fil cju'une aiguille fait passer alternativement de l'un à l'autre à la manière d'un lacet de corset. Ces deux chefs sont rapprochés suffisamment'pour que les lèvres de la solution de continuité viennent se placer en parfaite juxtaposition.

En 1849 également {Revue méd. -dur. de Malgaigne, p. 288), Lesueur, de Vimoutiers (Orne), après avoir fait l'opération du bec de lièvre, et pratiqué la suture entortillée comme d'ordinaire, employait un bandage collodionné ingénieux, destiné à maintenir la coaptation et qui pourrait s'appliquer du reste à certaines plaies d'autres régions du corps ; en voici le résumé : A un décimètre environ de l'une des extrémités d'une bande d'un mètre de longueur sur trois centimètres de largeur, il fait deux boutonnières parallèles et régulièrement espacées qui partagent, en cette partie, la bande en trois bandelettes égales, d'une longueur de six oentimètres ; à l'extromité d'une seconde bande semblable à la première, il pratique une fente médiane d'u '^ longueur de seize centimètres. Les deux

COLLODION (emploi thérapeutique), 25

chefs qui en résultent sont jjassés chacun dans chaque boutonnière de la première liande, puis leurs bords formés par la fente inédianc sont rajustés et cousus dans une longueur de dix centimètres, à partir de leur extrémité libre, il enduit fortement de collodion le bout le plus court de chaque bande à partir du croisement et la colle rapidement sur la joue de chaque côté parallèlement et au niveau d'une ligne qui prolongerait la ligne de la bouche en arrière. Il tire ensuite en sens opposé et dans une direction bien parallèle aux bords des lèvres les deux longs chefs des bandes restés libres et les fixe sur le bonnet de l'opéré.

Goyrand d'Aix (loc. cit.) apporta quelques modifications à la sulure sèche, mais le princi|)e était le même. Au lieu de rapprocher les extrémités libres des colligateurs, dont le nombre varie selon l'élendue de la plaie, avec une série d'anses de fil comme le fait Mazier, il se contente de les nouer ensemble et par paire ; de plus leurs extrémités collodionnées vont adhérer fortement sur deux autres bandelettes, disposées en T avec les premières, et qui, imprégnées également de collodion, se trouvent collées parallèlement à la solution de continuité et à une ceiiaine distance des bords : en serrant chacun des nœuds ou en le desserrant on peut augmenter la juxtaposition des lèvres de la blessure ou bien au contraire en produire le relâchement. Ce mode de sulure, (jui offre du reste, comme le précédent, certaines analogies avec le bandage aucieimement employé pour la réunion des plaies en travers, lui a parfaitement réussi dans un cas de gangrène du scrotum avec dénudation des deux testicules, dans lequel il obtint la réunion en quelques jours.

Raiinbaux vante aussi, en 1851, l'emploi du collodion dans la réunion des plaies.

La méthode de Vésigné (1 861 ) est analogue à celles de Mazier et de Goyrand : des bandelettes de linge sont collodionnées et fixées par une de leurs extrémités sur la peau en dehors de la ])laie : à leur extrémité libre se trouve allaèhée, perpendiculairement aux bords, une épingle que l'on réunit à celle du coté opposé avec un fil, de façon à exercer une traction sur les lèvres de la solution de continuité, c'est là une suture entortillée médiate.

Broca, après avoir retiré les sutures d'argent chez les opérés de bec de lièvre, utilise aussi le collodion pour soutenir les deux côtés de la lèvre et s'opposer aux tiraillements qui sont la conséquence naturelle des cris de l'enfant : pour cela faire il enduit de ce liquide un petit plumasseau de oualc qu'il applique sur la lèvre en forme de moustache.

Dans la Gazette médicale Ae Toulouse de 1863, Auge publie une observation lort curieuse dans laquelle on voit le collodion produire chez un enfant de quinze jours et après l'opération du bec de lièvre, une éthérisation accidentelle : elle montre combien il faut peu d'éther pour provoquer le sommeil et l'insensibilité chez un nouveau-né : une simple bandelette de toile enduite de collodion et appliquée sur la lèvre supérieure suffit à déterminer cette anesthésie complète chez l'enfant, qui était parfaitement éveillé auparavant.

C'est après avoir enlevé les sutures (épingles, fils métalliques) pratiquées à la suite d'ovariotomie, que Kœberlé dispose transversalement et de distance en distance de petits faisceaux de charpie ou de coton, tordus et imbibés de collodion, qui maintiennent bien au contact les lèvres de la plaie et favorisent la réunion immédiate.

Denucé, au contraire [Bordeaux médical et Journal deméd. et de chir.pral..

26 COLLODIOA (emploi thérapeutique).

juillet 1872, p. 515), applique le collodion, comme adjuvant de la suture dans les plaies, le jour même de l'opéiation : les épingles sont retirées au bout de vingtquatre heures. De cette manière les bords de la solution de continuité se maintiennent en juxtaposition depuis le moment du pansement jusqu'à 1 entière cicatrisation, et de plaie exposée à l'air libre elle se trouve transformée en plaie sous-cutanée.

On a, du reste, utilisé la puissance de ce moyen de réunion et l'imperméabilité dont jouit cette substance pour l'employer dans le pansement par occlusion. On pourra à cet égard consulter deux thèses de la Faculté de Paris qui ont été soutenues, l'une, en 1859, sur la sous-cutanéisation des plaies par la réunion collodionne'e, de Fourgniaud, l'autre phis récente, de Gravilesco (1808), sur le pansement par occlusion.

Nélatou est le premier qui ait tenté l'emploi du collodion dans le pansement des amputations (Gaz. hôp., 1848). Il coupe les fils des ligatures au ras des nœuds, rapproche transversalement les lèvres delà plaie, et maintient les lambeaux en contact par des baudelettes de linge sur lesquelles il vient d'étendre avec un pinceau de charpie une couche épaisse de collodion. Au bout de deux à trois minutes, la plaie est complètement couverte et protégée par ce bandage agglutinalif'qui, oulre ses propriétés adliésives, a encore l'avantage de donner aux pièces d'appareil une dureté à peu près analogue à celle du bandage dcx- Iriné. Enfin Dudon, après avoir observé de près à Strasbourg la pratique de Kœberlé, eu a fait aussi l'application ù l'hôpital Saint-André de Bordeaux, spécialement dans les amputations. — Nous ne reviendrons pas sur l'emploi des collodions hémostatiques dans le pansement des plaies.

Ulcères. Les applications du collodion, dans le traitement des ulcères, sont peu nombreuses; cependant nous voyons employer cet agent, dès 1849, par Mitchell pour les ulcérations du col utérin (deux ou trois couches) avec ou san? cautérisation préalable, et même pour la vaginite sans ulcération, puis par Aran {Bull. gén. de thér., 1854) pour les mêmes lésions, et par Dreyfus dans le pansement des ulcérations du sacrum, en 1852 (en 1849, Piorry, Legrand, Goyrand d'Aix s'en servaient avec avantage pour les eschares au sacrum, suite de fièvre typhoïde) ; il a été utilisé pour le pansement de vésicatoires qui n'ont point de tendance à sécher, par Soubrier, pour certains ulcères de la face, enfin par Alquié [Clin. chir. de F Hôtel-Dieu de Moiitpellier, t. I. p. 555), pour les ulcères, suites d'abcès, afin de les soustraire au contact de l'air et à des pansements répétés. Le collodion paraît à ce dernier auteur propre à activer la cicatrisation de ces ulcères; nous n'oserions pas cependant, jusqu'à plus ample informé, nous montrer trop favorable à ce genre de traitement. L. Spengler (Un. méd. 1851, p. 167) rapporte aussi un cas de guérison obtenue à l'aide du collodion pour un ulcère variqueux rebelle à tout autre traitement tant externe qu'interne, ainsi qu'un cas d'amélioration obtenue par le même moyen dans une ulcération cancéreuse de la face. Fnfin, en 1851, H. Larrey annonçait à la Société de chirurgie que Meynier (d'Ornans) avait imaginé une heureuse application du collodion à la thérapeutique de \'o7igle incarné. Cette méthode, qui a réussi quatre fois sur cinq entre les mains de Larrey et qui est des plus simples, consiste à écarter le bourrelet ulcéré et à verser entre lui et leboi^d de l'ongle quelques gouttes de ce liquide qui se dessèche et se solidifie promptement ; les parties malades restant écartées l'une de l'autre, la cicatrisation a lieu. — Les collodions composés rendent peut-être plus de services que le collodion ordinaire dans le pansement des ulcères.

UiSj

COLLUDlUA (emploi thérapeutique). 27

* Fistules. C'est pour les fistules de la cavité buccale qu'on en a le plus souvent

"?' fait usage. Ainsi Yvonneau {Un. méd. 1848, n» 136) publie une très-belle obser-

'* vation de perforation de la paroi buccale à la suite d'abcès dans laquelle le collo-

' dion lui a rendu un immense service, et Durandon {Ab. méd., 1802, p. 295) dit

f* qu'il a guéri rapidement, en 1849, un officier du génie atteint d'une fistule sali-

vaire gaucbe à la suite d'un coup de feu qui avait traversé les deux joues, brisé

** plusieurs dents et intéressé la voûte palatine, par l'application du collodion, avec

"* la précaution de lui recommander de rester couche sur la joue du côté opposé

*'^ pour que la salive pût s'écouler facilement dans la bouche. D'autre part, Ro-

'"''* doliî publie dans \e Journal de Bruxelles de 1854 [Gaz. méd. de 1855) le fait

I'*' d'un homme de vingt-huit ans, opéré d'un kyste placé sur le milieu du canal de

Sténon, et chez lequel la fistule salivaire qui en résulta fut complètement guérie

par l'emploi du collodion. Par sa simplicité plutôt que par les quelques succès

"** dont elle a été suivie, cette méthode me semble au moins de nature a être tentée

'''* avant tout autre procédé plus compliqué.

m Brûlures. Le collodion a été fréquemment employé dans le trailcmenl des

*"i brûlures. Déjà, en 1849, Bouvier (Ab. méd., p. 7) avait essayé avec succès l'ap-

'"< plication du collodion au pansement des vésicatoires volants. Une fois l'emplàlri'

^'« cantharidé enlevé et la phlyclène incisée, il étend le collodion à l'aide d'un pin-

itefc ceau de blaireau sur toute sa surface. Cette couche qui doit être mince n'a d'au-

pnlf^ tre but que d'empêcher l'oraillure de l'épidcrme pendant la durée de travail de

Isif cicatrisation; aussi les malades, dit-il, peuvent se passer de pansements et subir

^k le contact des vêtements. C'est peut-être cette application première du collodion

qui a fait penser à l'usage de cet agent dans les brûlures. V. Lambert [Revue méd.-

èm.i ch. de Malgaigne, 1849, p. 168) cite, à cet égard, plusieurs exemples des heu-

si,ï reux effets de cet agent qu'il a empruntés au service de Valette (llôlel-Dieu de

m%i Lyon); dans ces cas, le collodion y est employé en nature répandu à la surface des

iiii|«l! brûlures à la manière d'un vernis ; sa transparence met à même de surveiller

iiijliji l'état des parties sous-jacentes et il a semblé à l'observateur que les cicatrices

iiij,ij!i formées au-dessous de l'emplâtre étaient remarquablement régulières. Le collo-

ilelifc dion en général tombe de lui-même.

jiiljÉ Coste rapporte aussi [Journal méd. de Bordeaux et Revue de thér. méd.-ch.

|ii|iii)l) 1855, p. 576) une bonne observation dans laquelle il dit l'avoir employé chez un

|(;ji{j,s enfant de huit mois, dont le thorax, l'abdomen et les cuisses avaient été brûlés par

siiji^ une tasse de lait bouillant. Le résultat satisfaisant qu'il en a obtenu lui fait dire :

jfjili (( On ne peut se donner une idée de la promptitude et de l'excellent effet du

jjjlrjï « ciillodion dans la brûlure. Nous ne saurions trop recommander ce moyen. »

I7|njf» De Robert de Latour (Lettre à VVn. Méd., 1854) en a aussi recueilli de bons effets

fMnj» •^"62 le docteur Roger (de l'Orne) , qui avait subi sous un jet volumineux de vapeur

^It une forte brûlure au bras droit : pour empêcher le membre d'être soumis à la

0t compression qui tenait au gonflement inflammatoire, il appliqua aussi des cata-

jiajl plasmes pour ramollir le collodion.

0 Ou trouve dans Ihe Bristish Med. Journal et Un. Méd., 15 nov. 1859, trois

jjjj,^ observations de brûlures au deuxième et au troisième degré, traitées avantageuse-

Iciféd 'ïiPnt par l'application de collodion riciné (une partie d'huile pour deux de collo-

gê dion). L'auteur, Svvain, renouvelle la couche d'enduit deux ou trois fois par jour

l'ig; jusqu'à l'établissement de la suppuration, puis il applique des cataplasmes pour

,fii(l déterger les surfaces suppurantes et panse au Uniment oléo-calcaire jusqu'à cica-

^ trisation complète. Le collodion, qui mitigé les émanations désagréables des brû-

28 COLLODION (emploi thérapeutiqde).

lures, en calme ordinairement les douleurs en quelques instants, et dans tous les cas où il a été employé à Kings Collège Hospital, les eschares ont paru être beaucoup moins profondes que d'habitude.

Des résultats analogues ont été encore obtenus par Bonnet, Valette (de Lyon), Rapp (de Bamberg).

Les coUodions composés à l'extrait de Saturne (llannon) ou au tannin (Aubré, Acad. des sciences, 7 avril 1856) ont été également employés avec quelque avantage.

Fractures. On fait usage du collodion dans les fractures avec plaies, comme moyen d'occlusion et dans les solutions de continuité ordinaires comme moyen contentif; disons par avance que c'est surtout dans le premier de ces deux cas qu'il nous semble indiqué, car il présente parfois des inconvénients réels quand on veut l'utiliser dans la confection de certains appareils inamovibles. Cependant Malgaignes'en est servi pour fixer les doigts, la main, le pied dans une position stable.

Moyen d'occlusion. Valette (baudruche collodionnée, trois ou quatre couches) , Oré (mousseline collodionnée en couches superposées), Gosselin (bandelettes de linge collodionnées et imbriquées en cuirasse), Guyon (nuages de ouate collodionnée), etc., ont obtenu de ce mode de pansement des résultats fort remarquables dont on retrouvera les détails circonstanciés dans la thèse de V. Lambert (Montpellier, 1850) et surtout dans celle qu'un élève de Verneuil, Ad. Bertrand, a soutenue en 18G9 [Études sur les fractures compliquées et leur traitement par V occlusion collodionnée).

La combinaison du collodion et de la ouate, adoptée par Guyon, et que nous lui avons vu employer bien souvent, depuis quelques années, à riiôpital Necker, nous semble être surtout un excellent moyen d'occlusion : pour qu'il soit parfait et puisse résister à l'action des cataplasmes prolongés, aux lavages et même aux grands bains, cet amalgame doit être fait de la manière la plus intime ; pour cela, dit Guyon [Éléments de chir. cliniq. 1873, p. 510), la plaie et les téguments voisins sont imprégnés de collodion. On y dépose une mince pellicule d'ouate que l'on incorpore au collodion. On passe une seconde couche de collodion; on met une nouvelle pellicule d'ouate, et l'on continue de la sorte jusqu'à ce que l'on ait constitué une croûte artificielle, épaisse de quelques millimètres. Plus les particules d'ouate sont légères, mieux se fait l'analgame et plus grande est la solidité de l'occlusion.

Moyen contentif. Dumas, de Lédignan (Gard), a employé avec succès, pour le traitement des fractures de côtes [Bull. yen. de thérap., 1872, p. 281) un appareil fort simple composé de pièces de tarlatane superposées, appliquées sur le thorax et imprégnées du liquide fulmi-éthéré : il est convaincu que l'appareil coUodionné est appelé à rendre de vrais services pour les fractures du thorax, côtes et même sternum, mais qu'il doit être, dit-il, rejeté pour tous les autres cas. Il ne croit pas qu'il puisse servir pour la confection des appareils circulaires, parce que, par suite de la grande adhésion de ce corps, de sa résistance et de son inextensibilité, ces appareils s'opposeraient à la tuméfaclion inflammatoire et produiraient, par conséquent, des phénomènes d'étraulîlement.

Une bonne manière d'éviter cet inconvénient, qui est incontestable, serait de l'employer en gouttière, comme l'ont fait Robert, pour une fracture du bras, et Malgaigne [Revue médico.-chir., 1848, p. 514) pour un broiement des

UUljLiUJJlUiX (EMPLOI THERAPEUIIQUE). 29

trois derniers métacarpiens de la main gauche ; et sans partager l'entliousiasme que Wendrykowski professe (Allg. med. Cenlral-Zeitung, d856, n» 62) pour l'emploi du collodion dans les fractures, nous pensons qu'il sera utilisé avec avantage dans certains cas, surtout chez les enfants, et dans la province, où le chirurgien peut toujours avoir dans sa trousse dix ou vingt grammes de cotonpoudre, avec lequel il prépare presque instantanément sa solution aggiuliuative. Ainsi Yvonneau fds (de Blois) en a fait usage {Un. méd., 1848, n» 156) chez un enfant pour une fracture des deux os de l'avant-hras, et certains accoucheurs l'ont aussi applique aux solutions de continuité des membres sur les enfants nouveau-nés ; enfin, Giniselli {Dict. annuel des progrès des se. et inslilutions méd. 1865, pour l'année 1864) a fait usage pour les fractures de cuisse chez les très-jeunes enfants des attelles de bois collodionnées appliquées directement sur la peau après la réduction des fragments et maintenues par des cordons également imprégnés de collodion, sans aucune autre pièce de linge. Toutes les parties intermédiaires (et c'est là pour nous le mauvais côté de cet ajipared) sont badigeonnées avec le liquide afin de les protéger contre l'urine et les matières fécales.

2" Emploi lu collodion dans certaines affections vasculaires et diverses TUSiEuris. Nous avons vu que Hannon (de Bruxelles) avait préconisé le collodion saturné contre les varices; c'est le collodion simple que E. Alix (Moniteur des Hôp., p. 922, 1854) recommande dans le trailemenl de cette affeclion, comme l'avait fait Durand, deux ans auparavant, dans les Arch. belges de méd. milit.; à mesure que le collodion se dessèche, les varices diminuent, puis s'effacenl, mais l'efi'et n'est malheureusement que palliatif et ce n'est là qu'un bon moyen de compression. Cependant Alix dit que d'autres observations lui ont dcmonlré que le collodion, appliqué avec persistance pendant un temps suffisant, ïdïi résoudre les tumeurs variqueuses où. le sang s'est coagulé; nous n'avons pas d'expérience personnelle à cet égard pour juger la question. U l'a employé également pour le varicocèle et diverses autres tumeurs sanguines, mais il ne cite pas d'observation à l'appui.

On l'a aussi employé comme moyen de protection, afin d'empêcher les l'roissements et les chocs extérieurs, toujours nuisibles, sur les tumeurs anévrysmales (Ab. méd., 1849, p. 241) ; comme compressif et m(Tdificateur dans le traitement des nœvi materni, à l'état simple (Brainard, de Chicago), ou à l'état composé (Macke de Saurau, collodion composé au sublimé); contre des condylomes, par Giovanni Finco, de Padoue, comme nous l'avons dit en parlant des coUodions caustiques* contre les bourrelets hémorrhoïdaux, par Gassier de Marseille {Bull, tkér., 1851). Dans ces cas, l'application en est très-douloureuse et on doit éviter d'appliquer la couche du topique au centre de la tumeur afin de ne pas mettre obstacle à l'expulsion des matières alvines.

Dumas, professeur d'accouchement à Montpellier, et Grynfelt, agrégé de la même faculté, en ont aussi obtenu de bous résultats dans le traitement du céphalœmatome {Revue méd.^ 1866, et Ab. méd.., même année, p. 262) : ils se servent du collodion riciué ; c'est un moyen facile, mais est-il bien réellement efficace? Nous savons en effet que le céphalsematome guérit presque toujours par les seuls efforts de la nature et qu'il est le plus souvent dangereux d'y toucher. 11 en est de même de l'observation intitulée : lujdrocèle congénitale guérie par l'emploi du collodion, et publiée par Malik en 1855. Enfin, Pradier [Gaz. hebd. 1856) a appliqué le collodion contre la hernie ombilicale des enfants, mais ces observa-

50 COLLODION (emploi thérapeutique).

lions lie nous semblent pas non plus avoir gi'ande valeur, car, pourvu que l'on fasse une compression méthodique et longtemps soutenue, la hernie ombilicale (le la jeune enfance arrive presque toujours à une guérisou parfaite. De Beauvais l'a employé avec succès dans deux cas semblables. Son usage nous paraîtrait mieux approprié à la hernie du cerveau, au méningocèle (Dunnet Spanton, the Lancet 1864); Giraldès l'a du reste utilisé aussi après les ponctions capillaires du spina-bifida et du méningocèle des enfants qu'il pratique à l'aide d'une grosse épingle.

5° Emploi du collodioin dans certaines affections inflammatoires. Bon nombre de praticiens ont obtenu par le coUodion des effets avantageux, mais qu'à notre avis on a voulu un peu trop généraliser, dans diverses inflammations commençantes du tégument, 'de ses annexes et des tissus sous-jacents; ainsi on en a préconisé successivement l'emploi pour le panaris, le furoncle, Vanthrax et les différentes variétés de phlegmon, la phlébite et la phlegmatia alba dolens. Dans le chapitre suivant nous traiterons de son application, si répandue surtout il y a quelques années, dans Vérysipèle.

C'est principalement au début, c'est-à-dire comme méthode abortive, que de Robert de Latour (De la chaleur animale comme principe de ri7iflammation et de V emploi des enduits imperméables, Paris 1 853), Coste [Journal méd. , Bordeaux 1854), et bien d'autres depuis l'ont utilisé dans le traitement des affections précédentes. « J'ai vu de véritables anthrax, dit le premier de ces expérimentateurs, conjurés ainsi tout à coup ; des anthrax dont les dimensions dépassaient dix centimètres, et qui, livrés aux ressources ordinaires de l'art, n'eussent assurément borné leurs ravages qu'au prix de profondes incisions et de cruelles souffrances.» Voilà d(Sjà un effet bien surprenant, de l'emploi du liquide fulmi-éthéré et que nous rapportons sous toutes réserves, mais nous n'hésitons pas à rejeter complètement l'assertion émise par Rémy (de Châtillon-sur-Marne) dansl'^^. méd. 1855, p. 91 , et formulée de la façon suivante : « En se contentant seulement de badigeonner le doigt une ou deux fois avec le collodion, on guéj'it presque instantanément le panaris, quel que soit son degré plus ou moins avancé. » Ce sont des exagérations évidentes, dont nous devons faire justice et sur lesquelles nous ne woulons pas insister plus longtemps {voij. plus loin, p. 40).

Yelpeau {Arch. yen., t. XI, 1'^ série, p. 192) considère le collodion comme un jiioyen des plus efficaces contre les inflammations aiguës des membres; mais cela, lorsque la phlegmasie reste bornée à la couche sous-cutanée et aux téguments, qu'elle est en nappe et non réunie en noyaux phlegmoneux, lorsqu'elle est enfin superficielle.

On l'a employé encore, surtout comme moyen protecteur, dans les irritations et fendillements du derme (Fourcault, Ac. se, 3 janvier 1853) dans les engelures (Coste, Gillebert-Dliercourt, Wetzlar), dans les gerçures des mains qui, revêtues de ce vernis, peuvent supporter impunément l'action répétée de l'eau froide et même de l'eau chaude, dans celles des pieds des laveuses et d'autres personnes qui, par état, doivent exposer fréquemment ces parties du corps au contact de l'humidité, dans les crevasses de la base du mamelon (Stoltz, Yelpeau, Fuster, Anselmier, Bouchut) ; cette dernière application du liquide fulmi-étheré, qui avait élédéjà, en 1848, conseillée à la Maternité d'Edimbourg par Simpson,;i le grand avantage de ne pas obliger d'interrompre l'allaitement des nourrices. En outre, s'il est appliqué tout autour du mamelon dans une largeur de quatre centimètres {Med. Zeitung Russland's, 1858), la compression produite par la

CULLOJJION (emploi thérapeutique). 51

contraction de cette substance adhésive fait saillir le mamelon, mais il faut avoir soin de laisser tout autour du mamelon treize millimètres de l'aréole non recouverts de collodion. Ce moyen peut rendre service. Enfin, Fuster en a étendu aussi l'usage à la fissure anale.

Inflammations parenchymateuses (ganglions, mamelles, testicules). Se fondant sur les bons résultats obtenus par ses devanciers, Tournié {Un. méd. 10 octobre 1874) a employé cet agent, et avec succès, comme révulsif et anti- .phlo"istique, dans huit cas à! adénites aiguës cervicales chez des enfants ; mais ce n'est que dans la forme aiguë que ce traitement est efficace ; lorsque l'engoroerneut glandulaire a une forme chronique et que les glandes sont dures, indolentes, sans chaleur à la peau, en un mot qu'elles réunissent les caraclères jbien accentués de la chronicité, on ne peut pas, selon cet auteur, compter sur l'action favorable du collodion ; il en est de même si les glandes sont déjà abcé- •dées : dans ce cas le pus n'est pas résorbé. Les conclusions adoptées par ce praticien nous paraissent très-sages et nous les adoptons complètement.

Dans V engorgement laiteux de la mamelle, le collodion nous paraît devoir ■aussi présenter quelques avantages pourvu qu'il soit appliqué avant le développement de toute suppuration : il a été mis en usage, en ce cas, par Evans, Spengler et Benoist, de Neuville, en Poitou (Essai sur la médication isolante ou traitement des inflammations, en général, par les enduits imperméables. — Ab. méd. 1864, p. 388). C'est moins comme agent anti|thlogisti(pie (pie comme mode de compression que ce liquide donne de bons effets : il garantit les parties ■de l'action de l'air, tout en les laissant accessibles à l'oeil du médecin, et déplus n'a pas l'inconvénient de comprimer tout le thorax. Serre, de Muret [Journal de médecine de Toulouse, 1855) l'a également employé dans le même but. Dans un cas d'oreillons graves, de Beauvais l'a vu appliquer avec avantage par Tardieu.

Quant au traitement des orchite? aiguës par le collodion, dont on a beaucoup iparlé il y a une trentaine d'années, il présente dans les résultats obtenus par les chirurgiens des différences très-grandes. Ainsi, Bonnafont qui, après Dechange, a été le promoteur de cette méthode, venait, à la séance du 2 mai 1854, lire à l'Académie de médecine un mémoire dans lequel, sur cinquante-six cas observés, il aurait eu cinquante-six succès obtenus d'une façon complète en deux ou trois jours ; la guérison fut rapide surtout dans les orchites traumatiques. Stlecht,de Strasbourg (Un. méd. 1854, n° 67), publie une observation tendant à confirmer l'opinion précédente et dit que le professeur Strohl pourrait en ajouter plusieurs autres tirées de sa pratique particulière. Coste, de Bordeaux [Union médicale, 1854, n" 58), s'en montre aussi extrêmement partisan, et Armand, médecin des vénériens à l'hôpital militaire du Boule, après avoir relaté dans le Moniteur des hôpitaux de 1854, p. 923, sept nouvelles observations favorables à ce genre do thérapeutique, s'écrie avec enthousiasme : «Nous avons, dès aujourd'hui, la conviction que le collodion restera comme ajfewi /ie'mçî/e dans la curation de l'orchite blennorrhagique. » Malheureusement cette conviction, un peu prématurée, n'a pas reçu une entière justification dans les nouvelles tentatives faites par les chirurgiens qui ont suivi. En effet, Venot, chirurgien en chef de l'hospice Saint-Jean de Bordeaux, ne trouve à la même époque que mécomptes sur l'emploi du collodion (emploi du collodion dans l'orchite. Un. méd., n" 76, 1854). Ricord vient aussi exposer à l'Académie de médecine (9 mai 1854) le bilan de ses expériences personnelles et arrive à des conclusions bien en désaccord avec ce

32 COLLODION (emploi thérapeutique).

qu'avait obtenu Bonaafont, à savoir: 1" que l'applicalion du collodion a t'té suivie, dans tous les cas, de douleurs violentes; 2» que la maladie n'a nullement paru enrayée dans sa marche, car la durée, dans tous les cas, a été de quinze à vingt jours. Robert, Velpeau (même séance) ne s'en montrent guère partisans, mais cependant ce dernier chirurgien ci'oit que ce moyen peut avoir de l'utilité dans un certain nombre de cas. II remarqua, entre autres phénomènes, que lorsqu'on enveloppe les bourses et l'organe malade dans un étui de collodion étendu jusqu'à l'anneau inguinal, si la partie supérieure de cette gaîne reste plus étroite que le fond où est logé le testicule, tout va bien. Mais si cette partie supérieure cède et s'écarte, le testicule est violemment repoussé vers l'orifice externe du canal inguinal, au niveau duquel il subit une compression douloureuse. En résumé, ce professeur dit que le collodion, dans le traitement des épididymites, vaut autant, mais non mieux que beaucoup d'autres moyens ; il peut être dangereux quelquefois, mais c'est aux praticiens de distinguer les cas où il peut convenir et ceux où il serait nuisible.

Enfin, Richet relate {Un. médic, 20 mai 1 854) une observation d'orchite traitée par le collodion, suivie d'atroces douleurs et de dénudation dn derme Qi qui est bien peu favorable à l'emploi de cette méthode thérapeutique. Nous avons pu tout récemment juger à l'iiùpital Saint-Antoine des effets de l'application du collodion sur les bourses non pas pour l'orchite blennorrhagique, mais pour divers traumatiques de cette région, et nous sommes convaincu que ce liquide produit tonjourii une douleur assez vive et y détermine souvent des gerçures, des excoriations et des fissures qui rendent cette application parfois insupportable aux malades. Je ne sache pas, du reste, que cette méthode de traitement de l'orchite soit employée par un grand nombre de chirurgiens de nos jours, et pour notre part nous ne saurions la recommander. De Robert de Latour a employé le collodion avec succès en badigeonnages sur le crâne, dans plusieurs cas d'inflammation du cerveau ou de ses membranes {Un. méd., 1875).

Doringer a rapporté enfin dans les i?m. de la Flandre occident. (Ab. méd., 1853, p. 132) l'observation d'une application assez curieuse et assez efficace contre les érections blennorrhagiques.

¥ Emploi do collodion dans les affectioxs di;s yeux. Les services rendus par le collodion dans la thérapeutique oculaire sont très-nombreux, et l'expérimentation clinique n'a pas laissé que de démontrer d'une façon péremptoire les grands avantages que l'on pouvait parfois retirer de l'emploi de cet agent précieux en ophthalmologie, grâce à sa puissance adhésiveet i-étractile. — Les auteurs sont presque unanimes à cet égard. — C'est Hairion, professeur d'ophthalmoloiïie à l'université de Louvain, qui a attiré sur ce point l'attention des praticieiis par des essais commencés en novembre 1848, et qu'il a consignés dans un mémoire lu par lui le 27 janvier 1849 à l'Académie de médecine de Belgique {Annales d'ocidistique, t. XXI, p. 57).

Ou bien on produit l'occlusion des deuv paupières, ou bien on agit isolément sur l'un ou l'autre de ces deux voiles musculo-membraneux, pour chercher à en corriger la direction vicieuse et celle des cils correspondants.

Dans le premier cas (occlusion) on emploie le collodion de différentes bçons. — Hairion applique sur la fente palpébrale, au moyen d'un pinceau de poils.de blaireau trempé dans le collodion, une couche légère de cette substaïue; Deval {Traité du mal. des yeux, 1862, et Un. méd., 1850, n» 41) qui avait d'abord employé le même procédé à l'aide du pinceau connu chez les marchands

t-ULLUJUlUlN (EMPLOI THÉRAPEUTIQUE). 33

(le couleurs sous le nom de brosse plate, préfère aujourd'hui effectuer celte occlusiouoculaire avec une simple petite bandelette tailladée sur les bords et enduite de collodion : il l'applique sur toute la continuité des bords palpébraux, si ce n'est dans un court espace vers la caroncule, afin de ménager une voie libre à l'écoulement des larmes. Barrier (de Lyon), cité par Tarteiison {loc. cit.), colla sur les deux paupières, au moyen de bandelettes enduites de ce liquide, des iil avec lesquels il fait une rosette pour rapprocher les paupières l'une de l'autre. Ce procédé est avantageux en ce sens que le collodion ne peut s'insinuer dans l'œil entre les paupières, ce qui a lieu parfois quand il est directement appli([uc sur les bords palpébraux et qu'un écartement de ces derniers s'effectue avant J;i dessiccation complète de l'enduit : déplus, cette méthode permet de visiter l'affection pour laquelle a été faite l'occlusion, et de débarrasser l'œil des mucosités et du pus qui y séjournent, et dont Gunier redoute le contact prolongé avec le bulbe visuel ; on n'a en effet qu'à délier les fils et, après vérification, ou les lie de nouveau pour rapprocher les deux paupières.

[je malade accuse tout d'abord, par suite de l'évaporation de l'élher, une sensation de froid assez désagréable et quelquefois douloureuse, mais qui se calme rapidement. Quand on veut enlever ce petit appareil, il suffit dépasser à plusieurs i-eprises sur la couche sèche un pinceau imbibé d'éther.

Cette occlusion palpébrale collodionnée convient aux ophthalmies catarrhales 41 la conjonctivite aphtlieuse, à Vhyperémie (forme chronique) de la conjonctivite palpébrale, mais surtout aux in/laminations de la cornée [kératite vasculaire ..plastique, panniforme, kératites consécutives à des granulations palpébrales, ulcérations de la coi-née avec menace de staphylome (Cunier)], à Vhyperémie des .papilles conjonciivales. Grâce à l'immobilité produite par le collodion, les frottements si funestes des voiles palpébraux sur le bulbe oculaire n'a plus lieu, et, par -suite de phénomènes réflexes, on voit disparaître lu piiotophohie et diminuer la vascularisation. — D'après Tartenson, cet emploi du collodion devra être rejeté dans le traitement des blépharo-conjonctivites des enfants et d'une façon "-énérale dans celui de toutes les inflammations aiguës de l'œil.

Mohimout, Valette, Barrier, chirurgiens à l'Hôtel-Dieu de Lyon, en ont fait aussi très-avantageusement usage pour maintenir l'œil fermé après ropération de la cataracte. C'est là un mode d'application que nous ne saurions préconiser -car les ébranlements qu'on sera inévitablement forcé de faire subir aux paupières pour enlever la couche d'enduit ne manqueront pas d'être funestes au succès dé cette opération. Or, on sait combien les suites d'une kératotomie doivent être I l'objet d'une surveillance incessante : il vaut beaucoup mieux avoir recours à un pansement facile à enlever, c'est-à-dire à l'occlusion temporaire par les bandelettes de taffetas.

Dans le second cas (action du collodion sur l'une des deux paupières seule- •ment), nous voyons Hairion se servir du liquide fulmi-ithéré dans Ventropion, le trichiasis et districhiasis : il renverse les cils en dehors et les fixe à la paupière au moyen de cette substance; il pense même, mais c'est là une exagération, que dans la plupart des cas ce moyen bien simple est susceptible de remplacer les opérations palliatives ou radicales mises en usage jusqu'ici contre ces maladies. Un an après, Florent Gunier l'emploie également pour la même affection, et Balten, cité par Marcailhou d'Almeric, en fait usage pour ïentropion chronique. Deval publie aussi des cas d'entropions spasmodiques, traités avec succès par le collodion. Voici quel est son procédé : un pinceau imbibé du li-

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