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ENFANTS

22 jours.

La durée moyenne du séjour à l'asile est de 23 jours.

Les entrées atteignent leur maximum pendant les mois d'août, septembre, octobre, et décroissent notablement pendant l'hiver.

Des prolongations de séjour peuvent être accordées, avec l'autorisation du ministre, aux convalescentes dont les forces ne sont pas complètement rétablies. De 1859 à 1866, il a été accordé 1,109 prolongations.

Les professions qui ont donné le plus de convalescentes sont : les domestiques, les couturières, les blanchisseuses, les lingères, les piqueuses de bottines et les fleuristes.

Voici quel est le régime alimentaire des convalescentes : Déjeuner : Bœuf bouilli (100 grammes), légumes. Dîner : Potage, viande rôtie (80 grammes),

légumes, dessert. Il y a une modification dans le régime pour les nourrices, qui reçoivent 10 grammes de plus de bœuf, et qui ont, en outre, au lieu de légumes, du macai'oni, des oeufs ou du laitage au déjeuner et du macaroni ou des pommes de terre et du dessert au dîner. Deux fois par semaine, le dimanche et le jeudi, le bœul" est remplacé par du veau.

La visite du médecin se fait tous les matins à huit heures. Les rapports médicaux constatent que les maladies les plus fréquentes sont : la fièvre typhoïde la phthisie, les bronchites, les pneumonies et les rhumatismes. Viennent ensuite la chlorose et la chloro-anémie.

Une des catégories les plus nombreuses est celle des femmes qui relèvent de couches. Elles sont envoyées, en général, des services hospitaliers où elles ont accouché, vers le septième jour ou le huitième de leur accouchement. Un grand nombre de ces femmes viennent avec leurs enfants qu'elles nourrissent. Pour les cas où, soit à cause de l'absence de lait, soit à cause de la maladie de la mère, soit pour toute autre raison, l'enfant ne prend pas le sein, on a institué une crèche placée à proximité des nourrices.

Tous les enfants qui arrivent à l'asile avec leur mère sont, sans exception, soumis à la vaccination, s'ils n'ont pas été préalablement vaccinés.

L'infirmerie compte 20 lits destinés à recevoir : les femmes qui arrivent à l'asile à un degré de convalescence assez peu avancée pour exiger encore des soins et qui ne pourraient être astreintes à la discipline commune; les convalescentes d'affections chirurgicales nécessitant des pansements soigneusement faits ; les convalescentes frappées, pendant leur séjour à l'asile, soit par une maladie intercurrente, soit par une rechute, soit par des accidents tels qu'il deviendrait dangereux de les renvoyer dans les hôpitaux de l'intérieur de Paris. Ces trois catégories de convalescentes ou plutôt de malades sont soumises au. même régime et aux mêmes soins que dans les hôpitaux.

Les admissions à l'infirmerie ont été, de 1859 à 1866, de 11,096 sur 22,504 convalescentes. La durée moyenne du séjour à l'infirmerie a été de vingt-cinq jours.

Depuis la fondation de l'asile, la mortalité a été sur les 22,504 convalescentes entrées, soit dans les galeries communes, soit dans l'infirmerie, de 76 décès, qui ont été occasionnés par les maladies suivantes : maladies du système nerveux, 1 ; maladies des organes de la respiration, 15; des organes de la circulation, 8; de la digestion, 1 ; des organes génito-urinaires, 2; de fièvres, 15; de cachexies, 12; de maladies contagieuses, 18; d'affections diverses, 4.

Les décès parmi les enfants qui accompagnent leurs mères à l'asile sont trèsnombreux. En 1861, sur 296 enfants, 54 sont morts; en 1862, 26 sur 267; en 1863, 33 sur 332. Le chiffre de la mortalité, à partir de 1864, diminue; il n'est plus que de 18 décès sur 456 enfants et de 30 sur 688 en 1865.

D'après le relevé fait par M. Chairou (alors médecin du Vésinet), pour l'aimée 1868, les accouchements, les suites de couches, fournissent de beaucoup le contingent le plus élevé. Viennent, en second lieu, les maladies des voies respiratoires, phthisies, bronchites, angines, catarrhes, emphysèmes, etc. ; puis les chloro-anémies. En quatrième lieu, les affections des voies di"^estives : embarras gastrique, diarrhées, dysenteries, entérites.

Les chiffres des fièvres typhoïdes, des fièvres éruptives et des rhumatismes, sont presque toujours à peu près les mêmes.

Enfin le nombre des malades atteints d'affections des voies génito-urinaires

a été très-considérable. Voici, du reste, les chiffres donnés par M. Chairou , sur 6,592 convalescentes :

Accouchements et suites de couches, 1,585 ; métrites et vaginites, 210 ; affections des voies urinaires, 49; des organes génitaux, 254; péritonites, 132; affections cérébrales, 35 ; paralysies, 56 ; névroses, névralgies, hystéries, épilepsies, 177; affections du cœur, 122; rhumatismes, 348; maladies des voies respiratoires, 812; pleurésies, pneumonies, 186; asphyxies, 5; affections des voies di<ïestives, 458 ; fièvres synoques, typhoïdes, 347 ; affections du foie, 34; empoisonnements, 6; fièvres intermittentes, 50 ; affections cutanées, 27; fièvres éruptives, 364; phlegmons, 80; chloro-anémies, 471 ; scrofules, 55; ténia, 5; sans diagnostic, 51 .

Sur ce chiffre de 6,592 convalescentes entrées pendant l'année 1868 à l'asile, 590 ont été traitées à l'infirmerie; sur ces 590 convalescentes entrées à l'infirmerie, il y a eu 10 décès, dont 2 subits, qui ont été produits par une péritonite, une hémorrhagie utérine, une phthisie galopante, une hémorrhagie cérébrale, une affection tuberculeuse du cerveau, une affection du cœur, un cancer de l'estomac, un érysipèle, une fausse couche et une apoplexie pulmonaire.

Asiles privés de convalescence. La charité privée a créé aussi des maisons de convalescence pour les indigents. Il existe à Paris une Société de patronage des enfants convalescents, qui est dirigée par les sœurs de Saint-Vincent de Paul, et qui recueille dans la maison de convalescence (rue de Sèvres) les enfants pauvres, relevant de maladie; on y reçoit pareillement des adultes convalescents.

Deux autres Œuvres, celle dite YOEuvre de VEnfant-Jésus (rue Dombasle, passage Eugénie), et YOEuvre du Saint-Cœur-de-Marie (rue Notre-Dame-des- Cliamps), ont une même destination; elles ont été fondées toutes deux pour les jeunes filles convalescentes. La première sert particulièrement de refuge aux enfants convalescents sortant des hôpitaux.

L'ouvroir Sainte-Marie (rue du Théâtre, à Grenelle) et la Maison protestante de convalescence pour les femmes (rue Franklin) reçoivent aussi et assistent des femmes convalescentes.

L'ouvroir Sainte-Marie a été créé par l'œuvre de patronage pour les aliénés indigents sortis guéris des asiles publics du département de la Seine, œuvre fondée par le docteur Falret père. Cette œuvre, dont le but suffisamment indiqué par son titre même est de venir en aide aux indigents qui ont été atteints d'aliénation mentale, en les suivant pas à pas dans leur nouvelle existence à la sortie des asiles de traitement, de raffermir par un patronage moral leur raison chancelante et de les protéger contre les dangers de toute sorte auxquels les expose leur position précaire, etc.

Les nouvelles accouchées qui, à tant d'égards, peuvent être considérées à juste titre comme des convalescentes, ont leurs asiles privés spéciaux. L'asile Gerando (rueBlomet), dirigé par les sœurs de. Marie-Joseph, recueillent gratuitement les filles mères convalescentes de seize à vingt-six ans, dont les enfants sont placés en nourrice ou laissés à la charge de l'administration hospitalière ; elles y sont soignées pendant un temps qui n'excède pas trois mois, et assistées après leur rétablissement. Cet asile contient 55 lits.

Enfin deux maisons de convalescence, pour les enfants de Paris, ont été fondées, l'une pour les garçons, à la Roche-Guyon, par le comte Georges de la Rochefoucauld; l'autre pour les filles, à Épinay, dans une villa donnée par la

230 CONVALESCENCE (bibliographie).

baronne de Montour, par les médecins de l'hôpital des Enfants et de l'hôpital Sainte-Eugénie.

Asiles de convalescence de Lyon. A Lyon il existe un asile public de convalescence, pour les hommes, désigné sous le nom d'Asile Sainte-Eugénie. Cet établissement, fondé sur l'initiative et par la munificence de l'impératrice Eugénie, qui a donné 200 000 francs pour l'achat du château de Longchêne, a été ouvert le 27 mai 1867. Il est situé à 6 kilomètres de Lyon, sur la commune de Saint-Genis-Laval. Sur la proposition des chirurgiens et des médecins, les convalescents pauvres, sortant de l'Hôtel-Dieu ou de l'hôpital de la Croix-Rousse, y sont conduits, quand ils le désirent, pour achever leur guérison. Ils peuvent y être reçus au nombre de 100, l'asile contenant 100 lits. Les pensionnaires ont non-seulement la jouissance de la promenade de cette vaste et belle propriété, mais ils sont admis à y travailler, selon l'état de leurs forces, à la culture. Le service médical de cet établissement est confié à un médecin assisté de deux internes.

II n'existe, à Lyon, aucun établissement semblable, organisé administz'ativement, pour les femmes. Les femmes sortant convalescentes des hôpitaux n'ont pour ressource qu'une maison entretenue par la charité privée et tenue par des sœurs. C'est par l'intermédiaire bénévole des sœurs de l'hospice ou de l'hôpital où il pratique que chaque chef de service peut faire passer ses convalescentes dans cette maison. Brocuin.

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CO]\IVALLA]MARII\E. YolJ. GoNVALLARINE.

COI\I\'ALLARÉTIl\'E. Voy. CoNVALLARINE.

COniVALliARlA. Genre de plantes monocotylédones, de la famille des Asparaginées, dans lequel Linné faisait entrer à la fois le Muguet de mai et le Sceau de Salomon. Les botanistes actuels, revenus à l'idée de Tournefort, séparent maintenant ces deux plantes et en font les types de deux genres distincts : Convallaria et Polygonatum {voy. Muguet). Pl.

coivVALLARii\E. Principe extrait du sceau de Salomon. Formule de Walz : (]34jj62Qii Cristaux prismatiques rectangulaires, de saveur amère, peu solubles dans l'eau. Bouillie avec les acides, la convallarine se décompose en sucre et en convallarétine : on a retiré des eaux-mères fournies par la préparai ion delà convallarine une substance amère à laquelle on a donné le nom de convallamarine et qui, par l'action des acides et des alcalis, donne de petits cristaux de convallamarétine. D.

COl\lVOLVl3l.ACÉES. Famille de plantes dicotylédones, caractérisée de la manière suivante : Fleurs hermaphrodites, régulières ; calice à 5 sépales, sur 4, 2 ou 3 séries, souvent accrescent après l'antbèse. Corolle hypo^yne, o-araopétale, campanulée, infundibuliforme ou presque en coupe, à limbe le plus souvent entier, plus rarement à 5 lobes, plane ou à 5 plis, à préfloraison tordue. Cinq étamines. Ovaire souvent entouré à la base d'un disque charnu, à 2 ou

CONVOLVULINOLIQUE. 233

A lo<Jes plus ou moins complètes, uni ou biovulées. Fruit capsukire, à 2 ou 4 loo-es renfermant 1 ou 2 graines ; tantôt indéhiscent, tantôt s'ouvrant en valves lonoitudinales laissant les cloisons en places, ou parfois en pyxide. Graines contenant dans un albumen mince et mucilagineux, un embryon plus ou moins courbé à cotylédons foliacés ou nuls dans certaines plantes parasites comme les

Cuscutes.

La famille des Convolvulacées est très-intéressante au point de vue médical. Les plantes qui y rentrent contiennent la plupart un suc gommo-résineux, qui leur donne des propriétés purgatives remanjuables : tels sont les Jalaps, le Turbith, la Scammonée, etc. Ce suc est renfermé dans des cellules de grosses dimensions, qui se rangent les unes au-dessus des autres, et dont les cloisons de séparation disparaissent parfois de manière à former des sortes de vaisseaux laticifères larges et courts. On voit ces cellules se ranger par séries régulières dans les racines des principales plantes purgatives et particulièrement dans les tubérosités du Jalap.

A côté des espèces médicinales se placent quelques plantes alimentaires : la Patate, par exemple {Batatas edulis) {voy. Patate), et un Convolvulus à racine odorante, gorgée d'huile essentielle; c'est le bois de Rose des Canaries.

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co.woLVULiiVE. RHODËORÉTii\E OU JALAPIIVE. La résine du Jalap tubéreux est formée de deux résines, l'une soluble, l'autre insoluble dans l'étlier, cette dernière constitue la convolvuline. On fait digérer la résine de Jalap dans de l'éther, on fait dissoudre le j'ésidu dans un peu d'alcool, el on précipite la solution par de l'éther. Cette opération doit être répétée à plusieurs reprises pour obtenir un produit pur.

La convolvuline est une substance blanche, semblable à de la gomme arabique, sans odeur ni saveur. A la température de 100'' elle se ramollit et se laisse alors tirer en fils. A 150° elle fond en un liquide jaunâtre, au-dessus de 155" elle commence déjà à se décomposer. Elle est à peu près insoluble dans l'eau, insoluble dans l'éther, et très-soluble dans l'alcool. La solution alcoolique rougit légèrement le tournesol.

La convolvuline se dissout, surtout à chaud, dans l'ammoniaque, la potasse, la soude et l'eau de baryte. La convolvuline absorbe alors 5 atomes d'eau et se transforme en acide convolvuliqne ou rhodéorétenique.

La convolvuline est facilement soluble dans l'acide acétique. L'action de l'acide sulfurique sur celte substance est caractéristique. Si on la délaye dans de l'acide sulfurique concentré, elle s'y dissout, et la solution prend au bout d'un quart-d'heure une'belle couleur rouge amarante. Si on étend cette solution avec de l'eau, il s'en sépare une huile brunâtre qui constitue l'acide convolvulinique {voy. ce mot) ou rhodéorétinolique, doué d'une odeur très-agréable ; la liqueur renferme alors de la glycose. La convolvuline est donc un glycoside.

La convolvuline constitue le principe purgatif de la racine de Jalap, elle agit énergiquement, même à la dose de quelques centigrammes. Lutz.

COlMVOLVULlxoLiQUE (Acide). C'est cet acide qui prend naissance par le dédoublement de la convolvuline ou de l'acide convolvulique sous l'influence des acides dilués ou de l'émulsine.

254 CONVOLVULIQUE.

On fait dissoudre 3 parties d'acide convolvulique dans 50 parties d'eau, on porte à l'ébullition, et on y ajoute un mélange de 2 parties d'acide sulfurique et de 20 parties d'eau ; sous l'influence de l'acide sulfurique, l'acide convolvulique se dédouble en glycose qui reste en dissolution, et en acide convolvulinolique qui se sépare sous forme de gouttelettes huileuses qui se précipitent peu à peu ; une partie cependant en reste en dissolution dans la liqueur acide, et s'en sépare, par le refroidissement, sous forme de fines aiguilles. La matière huileuse se prend, par le refroidissement, en une masse butyreuse que l'on débarrasse par des lavages de l'acide sulfurique qu'elle renferme.

Pour obtenir cet acide à l'état cristallisé, on le fait dissoudre dans de l'eau distillée bouillante, par le refroidissement de la solution on l'obtient sous la forme d'aiguilles microscopiques, complètement incolores. Il est inodore et possède une saveur acre et amère ; il est soluble dans l'eau bouillante et dans l'alcool, moins soluble dans l'éther. Soumis à l'action de la chaleur, il se ramollit à 25" et fond à 45" en une huile jaunâtre. La masse fondue communique à l'eau une odeur particulière rappelant celle du fruit du caroubier. L'acide sulfurique concentré lui communique une teinte rouge amarante. Nous avons vu que la convolvuline et l'acide convolvulique prennent la même teinte sous l'influenee de l'acide sulfurique.

L'acide convolvulinolique déplace l'acide carbonique des carbonates alcalins. Les convolvulinolates alcalins sont très-solubles dans l'eau, les sels des métaux proprement dits sont généralement insolubles, on les obtient par double décomposition.

En résumé, la convolvuline C^^H^^O^^ sous l'influence des solutions alcalines absorbe .5 éq. d'eau et se change en acide convolvulique.

(;62fjoojj52 , 3Ho = C^^H^^O'^^ .

Convolvuline. Eau. Acide

convolvulique.

Sous l'influence de l'acide sulfurique, l'acide convolvulique absorbe 8 éq. d'eau et se dédouble en glycose et en acide convolvulinolique.

C62H530^5 + 8H0 =: O'IV'O' + 5 {G'm'W)

Acide Eau. .Acide Glucose.

Convolvulique. Convolvulinolique.

LuTZ.

COMVOLVUOQUE OU RHODÉORÉTIQUE (Acide). En faisant dissoudre la convolvuline dans une lessive alcaline chaude, elle absorbe trois atomes d'eau et se transforme en acide convolvulique qui reste combiné à l'alcali. On introduit la convolvuline dans de l'eau de baryte, et l'on porte à l'ébullilion, en agitant fréquemment, jusqu'à la dissolution de la matière. On laisse refroidir, et ou précipite la baryte par la quantité d'acide sulfurique (strictement nécessaire. On filtre et on évapore la liqueur au bain-marie.

L'acide convolvulique est une substance blanche, soluble dans l'eau et dans l'alcool, insoluble dans Kéther, fort hygrométrique. La solution aqueuse possède une forte réaction acide. 11 se ramollit à 100", entre en fusion à 120" et se décompose à une température plus élevée. Il est soluble dans l'acide acétique, présente avec l'acide sulfurique les mêmes réactions, et donne les mêmes produits que la convulvine, avec laquelle il présente beaucoup de rapports.

L'acide convolvulique forme avec les oxydes métalliques des sels qui sont

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