12 18 - 9,3 12 — 2 ans
12,2 . 2 ans 5 -
14.6 2 — 4 — 13,2 4 5 11 12 — — au-dessous de 5 —
''■2 — — — de o ans 10 —
Voici à quel âge est survenue la mort dans 35 cas :
0 au-dessous de 6 mois.
5 entre 6 mois et 1 an.
6 — 1 an et 2 ans.
8—2 ans et 3 — 4 — 5 — i — 6 — 1 - 5 —
Dans la relation de répldcmie de riiôpilal des Enfants, en 1868, dont nous avons parlé plus haut, M. R. Blache a constaté que le maximum de fréquence fut à 3 ans, et le maximum de gravité à 2 ans. L'hôpital ne recevant pas d'enfants au-dessous de 2 ans, on ne peut s'autoriser de ce document pour les âges inférieurs.
L'âge adulte n'exclut pas absolument l'aptitude à contracter la coqueluche, on en a vu des exemples chez des personnes de tout âge, même chez des vieillards, mais ces derniers cas sont très-rares. Dans la jeunesse ou l'âge moyen de la vie, on la rencontre quelquefois.
Les auteurs en rapportent même d'assez nombreux exemples ; il est peu de praticiens qui n'aient eu l'occasion d'en observer r^uelques cas. J'en ai rencontré deux ou trois pour ma part. C'est surtout sur les jeunes mères allaitant ou soignant leurs enfants malades qu'on en a cité des exemples. Guibert, auteur de Recherches et observations pratiques sur le croup et la coqueluche, in-8, 1824, dans un mémoire inséré en 1828 dans les Archives de médecine, a rapporté plusieurs observations, entre autres celle d'une coqueluche survenue chez une demoiselle de 18 ans ; celles d'une coqueluche terminée par une bronchite aiguë, après une durée de 6 mois, chez une jeune femme de 19 ans; de coqueluches survenues chez une femme de 35 ans, chez un homme de 48 ans, précédée et accompagnée d'une pneumonie chronique; chez une femme de 58 ans, également précédée et suivie d'une bronchite chronique ; chez une femme de 62 ans, développée dans le cours d'un catarrhe pulmonaire chronique.
Indépendamment de ces faits que Guibert a recueillis dans l'espace de 2 ou 5 ans seulement, il dit avoir observé aussi que dans plusieurs autres circonstances la toux ordinaire d'un rhume ou d'une autre phlegmasie de poitrine peut revêtir pendant quelques jours l'aspect de la toux convulsive et se reproduire également par quintes, et de toux simple se transformer successivement en toux quinteuse et vice versa. Mais, en raison du peu de durée de la toux convulsive dans ces divers cas, il ne croit pas qu'on puisse alors regarder ce phénomène comme constituant une maladie spéciale, surtout dans le cours d'une autre, et lui appliquer, par conséquent, la dénomination de coqueluche.
En général, chez les adultes, le caractère spasmodique de la toux est moins accusé que chez les enfants. Elle présente bien ces expirations répétées coup sur coup, mais l'inspiration a, à un degré beaucoup moindre, le sifflement si caractéristique qu'il a chez les enfants.
Relativement aux sexes, la coqueluche paraîtrait affecter plus souvent les sujets du sexe féminin que ceux du sexe masculin. Blache avait déjà constaté cette différence. Sur son relevé de 130 enfants coquelucheux il y avait 69 filles et 61 garçons. Constant, dans un relevé de 1300 observations recueillies à l'hôpital des Enfants, dont les sujets se divisent en 900 garçons et 400 filles, a trouvé 27 cas de coqueluche sur les 900 petits garçons malades et 18 cas sur les 400 petites filles ; d'où l'on voit que la proportion de ces dernières est plus élevée.
Dans une statisticpe dressée par le docteur Kronenberg sur les malades de l'hôpital des Enfants de Moscou, en 1843, on trouve sur 182 cas de coqueluche 82 garçons et 100 fdles.
Sur les 33 cas du relevé de M. Bouclait, 21 sont relatifs à des filles et 12 seu-
leraent à des garçons. Valleix, sur 16 observations qu'il avait rassemblées, ne i-omptait que 5 sujets du sexe masculin. Sur 100 coquelucbes à l'infirmerie des Enfants, d'après West, 55,3 p. 100 eurent lieu chez des filles, 44,7 seulement chez des o-arçons. D'après ce même auteur, les filles ne seraient pas seulement plus aptes que les cfarçons à contracter cette affection, mais chezelles, celle-ci devient plus souvent mortelle que chez les garçons dans la proportion de 3 à 2. Sur les 35 cas mortels qu'il a observés, 21 eurent lieu chez des filles et 14 seulement chez des garçons. Dans l'épidémie de 1868 à l'hôpital des Enfants, la proportion des deux sexes a été la suivante : sur le chiffre total de 85 malades, compris ceux de la consultation, 48 filles et 37 garçons. Le rapport de la mortalité est différent, il pèse davantage sur les garçons : sur 26 décédés il y a eu 16 garçons et 10 filles. Sans pouvoir fixer de proportion pour les sujets adultes atteints de coqueluche, la supériorité numérique pour le sexe féminin paraît se maintenir aux périodes avancées de la vie. C'est, en effet, une affection à laquelle les personnes délicates sont en général plus prédisposées.
Prôkostic. Terminaison. La coqueluche sporadique, simple, sans complication, se termine le plus ordinairement par la guérison. Le pronostic, par conséquent, en sera presque toujours favorable. Cependant, on a eu tort de du-equela coqueluche ne tuait jamais, à moins de complication. D'abord, d'une part, tous les cas de complication ne sont pas mortels ; et d'autre part, il y a des exemples de coqueluche sans complication qui ont entrahié la mort. Pour être rares, sans doute, ces cas-là n'en méritent pas moins d'être mis en ligne de compte pour le pronostic. Enfin, il faut tenir compte de la circonstance toujours aggravante de l'épidémicité, et surtout du degré de gravité souvent trèsdifférent dans les diverses épidémies.
Dans les cas de coqueluche simple sporadique qui ont été mortels, l'issue
fatale a été amenée par la suffocation pendant l'accès. Cette cause accidentelle
de mort n'avait pas échappé; sans doute, à nos devanciers, plusieurs auteurs
l'ont mentionnée, mais plutôt comme un événement possible que comme un
événement réel; et très-peu en ont parlé pour l'avoir observée eux-mêmes. La
première observation de ce genre est celle qui a été rapportée par William
Hugues dans the Continental British médical Revieiv, traduite par le Journal
des connaissances médico-chiritrgicales (15^ année). Mais, comme on va le
voir, il y avait autre chose que ce que l'auteur a cru y voir. Il rapporte qu'un
enfant de 8 à 9 mois, affecté de coqueluche, éprouvait souvent des accès
subits et alarmants de suffocation, mais qui ne duraient que quelques minutes.
William Hugues eut d'abord la pensée que cette dyspnée était due à quelque
mucus visqueux adhérent à l'ouverture de la glotte et que ce mucus expulsé
le 'Soulagement s'ensuivrait. Cependant, l'enfant semblait marcher vers une
amélioration sensible, sa toux était très-diminuée, lorsqu'une nouvelle attaque
survint et tua le petit malade en quelques minutes. A l'ouverture du cadavre
William Hugues trouva une hypertrophie du thymus qui remplissait tout le
médiastin antérieur et comprimait les tubes bronchiques.
Quoi qu'il en soit de la valeur très-équivoque de ce fait en. lui-même, l'attention ayant été appelée sur ce genre d'accident, il en a été rapporté depuis plusieurs exemples. M. du Castel, pendant qu'il était interne à l'hôpital des Enfants, a observé plusieurs cas de mort subite au milieu d'une quinte. Le premier exemple est celui d'un enfant de 3 ans entré le 1" juillet 1871 à l'hôpital des Enfants dans le service de M. Labric. Cet enfant était atteint,
depuis 6 semaines, de coqueluche avec quintes intenses souvent accompagnées de vomissements alimentaii'es. A l'examen de la poitrine, on constatait des deux côtés l'existence de quelques râles ronflants. La sonorité était normale. Pendant trois jours les quintes furent nombreuses et violentes. L'enfant prenait du sirop de belladone et de la poudre de Dower. Le cinquième jour à la visite du matin, râles plus abondants, quelques-uns sous-crépi tants à la base. On prescrit de l'ipécacuanlia en poudre dans du sirop. Mais avant qu'on ait administré le médicament, le malade est pris d'une quinte de toux violente, au milieu de laquelle la respiration se suspend, et il meurt avec tous les signes de l'asphyxie, sans que rien dans l'examen fait le matin eût pu faire prévoir cette issue.
Dans un deuxième cas, il s'agit également d'un enfant de 3 ans entré le 7 juillet de la même année dans le même service, au quinzième jour de sa coqueluche, présentant une ecchymose de la conjonctive oculaire et une petite ulcération sub-linguale ; râles sous-crépitants, humides, assez abondants dans les deux poumons. Le malade, pendant les trois premiers jours de son séjour à l'hôpital, a eu environ une quinzaine de quintes par jour, sans vomissements. Dans la nuit du troisième au quatrième jour le petit malade a eu deux quintes très-violentes pendant lesquelles il a été menacé d'asphyxie. Le quatrième jour au matin, pendant qu'on l'examinait, la respiration s'immobilise complètement, toute la surface du corps se cyanose progressivement et atteint une coloration violacée, livide ; la face devient bouffie. Au bout d'une demi-minute, sans qu'il y ait eu de toux, une inspiration sifflante survient, la respiration se rétablit, une sueur abondante couvre tout le corps et la congestion asphyxique se dissipe rapidement. Le soir on trouve l'enfant dans le même état que les jours précédents ; il a mangé comme d'habitude. Mais dans la nuit, il est pris d'un nouvel accès de suffocation semblable au premier, et il succombe malgré tous les moyens employés pour rappeler la respiration. A l'autopsie on a trouvé quelques lésions pulmonaires, quelques points de pneumonie lobulaire, avec congestion et emphysème partiel et quelques granulations tuberculeuses miliaires, mais manifestement insuffisantes pour rendre compte de cet accès mortel de suffocation.
Le même observateur a recueilli une troisième observation semblable aux deux précédentes. Dans ce dernier cas on a noté une modification remarquable de la quinte, la suspension de la respiration entre la toux convulsive, et le sifflement inspirateur était très-prolongé et s'accompagnait de menace d'asphyxie.
Voilà trois cas dans lesquels on voit, pendant le cours d'une coqueluche, alors que rien ne faisait prévoir une semblable issue, la mort survenir brusquement au milieu d'un accès de suffocation et avec tous les caractères de l'asphyxie. Dans deux de ces cas des accès de suffocation s'étaient produits, très-différents des quintes de coqueluche ordinaire. Dans le troisième, c'est la suspension de la respiration entre les deux temps de l'accès qui a amené la mort.
Dans une autre série de faits, M. du Castel a vu se produire des accès de suffocation de même nature que les précédents, avec cette différence qu'on a pu pendant un accès obtenir le rétablissement de la respiration; mais ces enfants qui avaicDt échappé au danger imminent de l'accès ont fini par succomber dans un état comateux consécutif, interrompu par des convulsions.
L'étude des circonstances qui ont paru contribuer au développement de ces accès de suffocation a conduit M. du Castel à les attribuer à un spasme de la
elotte dans lequel domine la convulsion tonique des muscles expirateurs. Les faits que nous venons d'exposer, bien qu'heureusement rares, et qui rappellent les cas de terminaison fotale de coqueluches simples rapportés par Lancisi, parBlaud, Levrat-Perroton et Rilliet, doivent faire apporter une certaine réserve dans le pronostic, bien que dans l'immense majorité des cas la coqueluche soit en réaUté une maladie bénigne. Mais là où le pronostic devient sérieux et souvent même très-grave, c'est lors d'une imminence et à plus forte raison du développement de l'une des complications thoraciques ou céphaliques dont nous avons esquissé l'histoire. Et ce n'est pas en pleine période d'état de la maladie seulement que ces complications sont à craindre, c'est quelquefois aussi au déclin de la maladie. Enfin, le médecin ne devra pas perdre de vue non plus, dans son pronostic et dans la surveillance qu'il ne doit cesser d'exercer, les affections consécutives qui peuvent se développer après l'évolution complète en apparence de la coqueluche.
Traitement. La première proposition qu'il importe de formuler tout d'abord, sans y attacher ni une pensée de découragement ni l'idée qu'il y ait beaucoup à attendre des progrès ultérieurs de la thérapeutique sur ce point, c'est qu'il n'y a pas, à proprement parler, de remède de la coqueluche, c'est-à-dii-e d'agent ou de moyen capable d'en enrayer à son début le développement, de l'arrêter dans son évolution naturelle et d'en empêcher les manifestations symptomatiques. La coqueluche, en un mot, n'a pas encore son spécifique, si tant est qu'elle doive jamais l'avoir. Nous «.'avons ànotre disposition que des moyens d'atténuer ses symptômes, de modérer l'intensité des deux ordres principaux de phénomènes qui la constituent, de prévenir et de combattre les complications ou les suites graves qui peuvent se produire. Mais les deux éléments constitutifs principaux de la maladie, le catarrhe et le spasme, ne prédominant ni au même degré ni au même moment, il est quelquefois nécessaire de les séparer en quelque sorte dans l'ordre et la considération des indications. Ainsi, dans la pi-emière période, par exemple, on ne se trouvera qu'en face d'une simple bronchite ou trachéobronchite catarrhale à combattre, tandis que dans la deuxième période ce sera surtout l'élément spasmodique, convulsif, qui réclamera toute l'attention du praticien : aussi est-ce surtout au point de vue thérapeutique que la distinction de la maladie en périodes est justifiable et utile.
Quelques-uns des symptômes ou accidents inhérents à la coqueluche, quelques épiphénomènes, peuvent acquérir dans certains cas une prédominance telle qu'ils donnent lieu à des indications spéciales. Il en sera de même de certains accidents intercurrents.
Enfin les complications, d'où dépend plus particulièrement la gravité de l'affection, mériteront une attention toute spéciale.
L'ordre que nous allons avoir à suivre dans la revue un peu longue et fastidieuse des divers ordres de moyens destinés à remplir ces diverses indications se trouve tout naturellement établi.
Première période. Le traitement de la première période ne diffère en rien de celui de la bronchite simple. Il consiste dans l'usage des boissons ou tisanes émoUientes, mucilagineuses, et les potions pectorales et béchiques : tisane d'hysope,depolygola, de lierre terrestre ; looch blanc, juleps gommeux. Aces moyens simples on ajoutera, si les quintes de toux sont déjà d'une certaine mtensité, quelques sirops calmants, anodins, belladones ou légèrement opiacés, mais avec la circonspection qu'exige l'emploi de l'opium chez les enfants, la teinture
d'aconit à la dose de 5 à 20 ou oO gouttes au maximum, l'eau de laurier-cerise, si l'expectoration s'établit difficilement, quelques expectorants, l'ipécacuanha en tablettes, à la dose de 2 ou 5 dans la journée, ou en sirop, à la dose de 25 à 30 grammes dans une potion, ou le kermès à la dose de 5 à 15 centigrammes, en pilules ou dans un julep. Enfin on aura recours à quelques révulsifs légers, tels qu'application de ventouses sèches sur la poitrine.
Les émissions sanguines, dont on faisait autrefois un usage abusif, dans la bronchite simple comme dans la bronchite initiale de la coqueluche, sous prétexte d'inflammation, sont généralement repoussées aujourd'hui, et avec raison, du traitement de la coqueluche. Tout au plus, si l'on a affaire à des enfants pléthoriques, et chez lesquels l'élément phlegmasique soit très-prédominant, l'état fébrile intense, et une disposition congestive cérébrale imminente, pourra-t-on avoir recours à l'application de quelques sangsues ou de ventouses scarifiées, en même temps qu'à l'usage de révulsifs un peu énergiques, tels que sinapismes sur les extrémités. Mais c'est là une médication dont l'utilité est tout à fait exceptionnelle.
On sait, par ce que nous avons dit plus haut, qu'il n'est pas toujours facile de diagnostiquer une coqueluche à son début, dans sa période purement bronchique ou cataiThale, et que ce n'est guère qu'en présence d'une épidémie, ou par le fait de la présence de quelques cas de coqueluche dans le voisinage, que l'on est conduit à présumer le développement ultérieur probable de la période caractéristique de la coqueluche. Tout au plus, en l'absence de ces conditions, le caractère particulièrement intense, persistant et éclatant de la toux, avec exacerbations nocturnes, et déjà un léger degré de suffocation à chaque quinte, pourraient-ils faire naître cette présomption. Dans ce cas, existe-t-il quelque moyen de prévenir le développement de la seconde période? C'était dans ce but surtout que quelques-uns de nos devanciers, Sydenham, Stoll, Huxhapi, Gullen, Frank, entre autres, avaient préconisé l'usage des émissions sanguines répétées et des révulsifs plus ou moins énergiques. L'expérience n'a pas sanctionné cette pratique. La plupart des praticiens de nos jours, éclairés par les abus mômes qui en ont été faits, rejettent les émissions sanguines à titre de méthode préventive, convaincus qu'on n'est jamais parvenu à leur aide, pas plus que par les stimulants diffusibles, les révulsifs, vésicatoires ou frictions stibiées sur la poitrine, sinapisation énergique des extrémités, ou purgatifs drastiques, à arrêter les progrès de la coqueluche. Encore moins, comme nous allons le voir tout à l'heure, les émissions sanguines sont-elles utiles dans la période de la coqueluche confirmée. Mais s'il n'existe pas de moyens capables d'enrayer la marche de la maladie, du moins est-il nécessaire, dès le début, de combattre les états ou dispositions morbides, qu'il pourrait être dangereux de laisser subsister, en vue même de l'évolution inévitable de la nouvelle période qui va surgir. C'est ainsi que, si au début d'une coqueluche on observe déjà, chez les très-jeunes sujets, de l'anorexie, de la répulsion pour le sein de la nourrice ou pour les aliments ; si la langue est saburrale, on fera sagement, sans attendre plus longtemps, d'administrer un vomitif, une prise de poudre d'ipécacuanha à la dose de 50 à 50 centigrammes dans du sirop, que l'on fait prendre à trois ou quatre reprises, de dix en dix minutes. Ce moyen ne préviendra pas plus que les autres la manifestation de cette seconde période, mais du moins, en simplifiant l'état morbide et en réintégrant les organes digestifs dans leur fonctionnalité anormale, il mettra les petits malades en état d'en mieux supporter l'évolution.
Deuxième période. La deuxième période est déclarée. Les accès de toux
([uinteuse avec la reprise caraclcristiquc ne laissent plus de doute. On se ti^ouve eu face d'une affection qui, abstraction faite des complications possibles, et en la supposant d'une intensité moyenne ou même le plus bénigne possible, va être lon"-ue. Ici se place tout d'abord, avant de s'engager dans la longue série des moyens entre lesquels on va avoir à choisir, un précepte d'une grande importance et sur lequel nous ne saurions trop sérieusement appeler l'attention des praticiens. N'essayez pas de frapper de suite un grand coup et de chercher par des moyens violents à faire avorter la maladie et à vous opposer à son développement, vous n'y arriveriez pas plus que vous n'êtes arrivé à la prévenir, et vous courriez le risque de faire du mal sans profit et sans compensation. D'un autre côté, quelle que soit la médication que vous adoptiez ou par laquelle vous désiriez conimeacer, suivez les sages conseils donnés par MM. RiUiet et Barthez, ménagez les agents thérapeutiques, gardez-vous d'employer de suite des moyens troM actifs ou susceptibles de déprimci' d'emblée les forces, évitez surtout au début les moyens débilitants; souvenez-vous que vous allez avoir une lutte longue à soutenir et dans laquelle vous avez à réserver à la fois et les forces et la susceptibilité de votre petit malade. C'est ici surtout que doit être rejetée la médication antiphlogistique ou qu'on doit désormais en cesser l'usage, en admettant que, par exception, ou ait jugé utile d'y recourir dans la première période.
Nous mettrons au même rang que la méthode antiphlogistique, et pour les repousser également, les remèdes dits échauffants, d'uprès la méthode instituée par Chenubon dans le but de faire avorter la n)aladie, méthode dont le moindre inconvénient est de n'atteindre point son but, ainsi que celle d'un médecin de 3Iilan, qui prétendait arrêter la coqueluche à son début par des boissons à la glace et des applications également glacées sur la l'égion épigastrique. Quoique moins irrationnelle peut-être, la méthode d'Autenrieth, consistant, comme on le sait, à pratiquer des frictions avec le tartre stibié, incorporé dans une pommade quelconque, sur la région épigastrique, a été démontrée tout aussi inefficace que les précédentes pour enrayer la marche de la coqueluche.
Ces éliminations faites, nous allons nous trouver en présence d'une série inuombrable de remèdes réputés plus ou moins spécifiques et qui ont presque tous compté quelques rares succès auxquels ils ont dû une réputation éphémère, et que leurs plus nombreux insuccès ont fait rejeter bientôt pour la plupart dans l'oubh. Tels sont, entre autres, l'opium et ses diverses préparations, la jusquiame, le musc, l'asa fœtida, la ciguë, la saponaire, le narcisse des prés, la marjolaine, le mfesembryanthemum cristallinum, le gayac, la cardamine palustre, la phellandrie aquatique, le tabac, la noix vomique, le satran, la laitue vireuse, le castoréum, la gélatine, le fiel de bœuf, le phosphore, les cantharides, l'acide hydrocyanique, l'acide muriatique, le muriate de baryte, l'oxyde de zinc, le plomb, le soufre, le sulfure de potasse ; enfin, plus près de nous, la belladone, le datura, le sous-carbonate et le tartrate de fer, le café, le gui de chêne, la poudre de Dower, la cochenille, l'ambre, le tannin, le thé, le castoréum, le succin, l'ergot de seigle, le narcisse des prés ; et de nos jours, le chloroforme, le chloral, la quinine, les bromures de potassium et d'ammonium, les produits d'épuration du gaz d'éclairage, l'air comprimé, etc., etc.; sans compter les combinaisons infinies dans lesquelles on fait entrer deux, trois ou un plus grand nombre de ces divers agents associés.
De ces divers agents, dont un grand nombre aujourd'hui sont hors d'usage, il en est quelques-uns cependant qui méritent d'être conservés, et entre lesquels
BICT. ENC. XX, 24
370 LunuELUiiHt;.
on peut faire un choix utile poui' remplir quelques indications. Nous allons les reprendre tout à l'heure; mais auparavant il convient que nous parlions, non de tel ou tel médicament en particulier, mais des méthodes qui répondent réellement aux indications principales.
Disons d'ahord que, lorsqu'il s'agit d'une coqueluche tout à fait simple et bénigne, on n'a guère à se mettre en peine du choix d'une médication active. De simples soins vulgaires, secondés par une active et intelligente surveillance, suffisent souvent dans ces cas-là. Ainsi, comme le recommandaient Guersant et Blache avec leur grand sens pratique, au moment de la quinte, si les enfants sont coucliés, se hâter de les mettre sur le séant, fournir un point d'appui à leur tête en appliquant la main sur leur front ; leur faire avaler quelques gorgées d'eau fraîche ou d'une boisson adoucissante quelconque, autant que le permet la succession rapide des secousses de toux ; enfin, chez les très-jeunes enfants surtout, extraire avec le doigt les mucosités qui s'accumulent dans la bouche pendant la quinte et qu'ils ne savent ou ne peuvent pas expulser. Dans l'intervalle des quintes, .faire boire de petites quantités de l'une des infusions, tisanes ou potions béchiques, adoucissantes, qui constituent la médication commune de la première période et qui trouvent encore leur utile emploi dans celle-ci ; administrer quelques bains de pieds rendus légèrement irritants par l'addition de sel, de savon ou de potasse, ou même d'une petite quantité de farine de moutarde.
Une des premières indications qui se présentent au début d'une coqueluche d'une certaine intensité est celle des vomitifs. Plus tard peut-être l'enfant ne vomira que trop ; il vomira à chaque quinte et il faudra chercher à modérer, à prévenir même le retour de ces vomissements, qui précipiteraient le malade dans l'inanition et dans toutes ses graves conséquences. Mais, au début, l'abondance de la sécrétion muqueuse qui encombre les bronches nécessite l'usage d'un ou plusieurs vomitifs. L'expérience a démontré d'ailleurs que les vomitifs avaient, en général, pour effet d'éloigner et de diminuer les quintes. CuUen faisait des vomitifs la base du traitement de la coqueluche. Laënnec, également grand partisan des vomitifs, en conseillait l'usage tous les jours, ou au moins une fois tous les deux jours pendant une ou deux semaines ; il prescrivait l'cniétique, à raison de la facilité de le diviser en très petites doses. Il y avait peutêtre dans cette manière d'agir un peu d'exagération. Guersant et Blache, à son exemple, se bornaient à en prescrire un au début de la période convulsive et à le répéter de temps en temps les jours suivants, autant que le nécessitait l'encombrement bronchique. Blache, tout en constatant que le vomitif dont on se sert le plus communément est l'ipécacuanha, soit en poudre, soit en sirop ou en décoction, inclinait à lui préférer l'émétique, moins infidèle dans son action et plus facile à administrer. MM. Rilliet et Barthez intercalent de loin en loin un vomitif dans le traitement conlinu qui consiste pour eux dans l'un des six moyens principaux choisis dans la longue série des agents que nous avons énumérés plus haut, et sur lesquels nous aurons à revenir : le soufre, le sous-carbonate de' fer, l'oxyde de zinc, le gui de chêne, le café, le sirop d'ortie et la cochenille, faisant ainsi, de la médication vomitive, un simple auxiliaire de la médication spéciale. Trousseau considérait l'administration des vomitifs comme étant de quelque secours dans la période de début et dans la période d'état, lorsque la toux est accompagnée de menaces de suffocation ; il a vu en phisieurs circonstances qu'ils diminuaient très-notablement le nombre des quintes; n
administrait les vomitifs par dose fractionnée, quelle que fui d'ailleurs la substance employée , ce mode d'administration lui paraissant avoir l'avantage de n'aller jamais au delà du but que l'on se propose d'atteindre. L'agent vomitif auquel il donnait la préférence était le sulfate de cuivre, qu'il administrait de la manière suivante : il faisait préparer une solution de 25 à 45 centigrammes pour un enfant, d'un gramme pour un adulte, dans 100 grammes d'eau distillée, et il prescrivait de le donner par cuillerée à dessert, toutes les dix minutes, jusqu'à production du vomissement. West prescrit, même dès la première période, pour peu que la toux soit fatigante, une potion contenant de petites doses d'ipécacuanha et de vin d'antimoine avec quelques gouttes de laudanum et de teinture composée de camphre. Dès que la toux s'accompagne de beaucoup de sifflement, il fait prendre chaque soir, dans le but de diminuer ce symptôme, un vomitif à l'ipécacuanha, et même plus souvent, si cela lui paraît nécessaire. M. Bouchut considère les vomitifs comme ce qu'il y a de plus avantageux à mettre en pratique tous les deux jours pour aider à l'expectoration du mucus bronchique; et c'est à l'ipécacuanha qu'il donne la préférence. C'est aussi le vomitif auquel j'ai eu toujours recours, sans avoir eu jamais à le regretter, si je n'ai pas eu toujours à m'en louer.
Les purgatifs ont aussi quelquefois, mais beaucoup plus rarement que les vomitifs, leur indication au commencement de la période dont il s'agit. Ce n'est guère que pour combattre la constipation, assez fréquente au début de cette période, qu'ils peuvent être utiles : aussi est-ce aux simples laxatifs qu'il faut avoir recours dans cette circonstance; tels sont le sirop de roses pâles, le purgatif de prédilection de Guy-Patin, le sirop de chicorée, la manne en larmes, l'huile de ricin. Il faut exclure les purgatifs proprement dits, et à fortiori les drastiques, à titre de révulsifs, la révulsion, comme nous l'avons dit plus haut, n'atteignant point le but voulu, et l'action des drastiques ne pouvant avoir, dans ces conditions, que des inconvénients. Quelques praticiens ont conseillé le calomel, le considérant comme évacuant et antiphlogistique à la fois. Son utilité est très-contestable. Tous les purgatifs ont d'ailleurs l'inconvénient commun d'affaiblir beaucoup les petits malades, ce qu'il faut éviter par-dessus tout.
Nous arrivons aux moyens spéciaux de traitement de la coqueluche, aux prétendus spécifiques, aux remèdes proprement dits. On comprend que nous n'allons pas perdre notre temps à reprendre un à un tous les remèdes proposés. Nous ferons un choix parmi ceux qui ont été préconisés avec quelque apparence de fondement, et dont les effets ont été constatés par des observateurs sérieux. Sans acception de la classe à laquelle appartiennent les divers agents que nous allons passer en revue, toutes les classifications étant d'ailleurs arbitraires, nous commencerons par ceux qui ont été le plus anciennement mis en usage.
L'opium et ses diverses préparations avaient dû naturellement appeler l'attention des premiers praticiens qui ont eu à combattre la coqueluche. StoU et Devvees l'ont particulièrement préconisé. Henke l'a beaucoup vanté depuis. Mais on n'a pas tardé à en reconnaître les inconvénients. Déjà Storch avait blâmé l'usage de la thériaque dans cette affection. La plupart des autexu's qui ont écrit depuis sur ce sujet ne font plus mention de l'opium, ou, s'ils en parlent, c'est pour le condamner. Rosenstein n'en dit rien. Marcus s'élève fortement contre son usage. Penada n'en parle que pour constater qu'il a l'inconvénient de rendre l'expectoration difficile. Pour remédier à ces inconvénients, quelques médecins ont proposé de l'associer soit à la gomme du Sénégal, au musc, au camphre, au nitre
ou bien encore à la poudre d'ipécacuanha. J. Frank dit' avoir employé plusieurs fois la poudre de Dower, dans la([uelle l'opium entre, comme on le sait, avec ces deux dernières substances, et n'en avoir obtenu aucun résultat avantageux. Brachet (de Lyon) avoue l'avoir essayé en le variant de bien des manières, sans en avoir jamais obtenu un succès assez complet et assez soutenu pour se permettre d'en présenter aucun résultat. Edouard Smith, dans l;i Medico-chirurgical Transact. d'Edimbourg, et C.-M. Mùller, dans Journal fur Kinderkrankheiten, ont préconisé l'emploi de la morphine à petites doses et d'une manière progressive, en commençant par -^ de grain et augmentant jusqu'à j^ ou -^, jusqu'à ce qu'on ait produit un commencement de léger narcotisme. Au bout de quelques jours la toux perdait son caractère spasmodique. Berndt de Cneiswald, W. Meycr (de Mendon) et Baïé ont employé les sels de morphine par la méthode endermique. Meyer dit être parvenu, par ce moyen, à faire disparaître des coqueluches très-violentes. On a vu plus haut que West associait le laudanum à l'ipécacuanha et au vin d'antimoine. Sans doute l'opium et ses diverses préparations, administrés aux doses appropriées à l'âge des enfants, ont l'avantage de diminuer souvent le nombre et la violence des quintes; mais il ne faut pas oublier le très-grave inconvénient qu'a l'opium pour les enfants en général, par la facilité avec laquelle il tend à agir sur le cerveau. C'est cet inconvénient surtout qui en a fait généralement réduire ou modifier l'usage et qui l'a même fait abandonner par un grand nombre de praticiens pour donner la préférence à la belladone, qui, avec d'autres avantages, a aussi d'autres inconvénients que nous aurons à signaler également. On verra du reste par les formules que nous repioduisons plus loin que l'opium entre dans quelquesunes d'entre elles, associé soit à la belladone, soit à d'autres substances qui en atténuent ou en neutralisent les mauvais effets.
La belladone, recommandée par Scheffer dans les premières années de ce siècle, très-vantée à cette même époque par Wideman, Michaelis et Hufeland, qui la considère presque comme un spécifique, a eu également, peu de temps après, de chauds partisans en France, où elle en compte beaucoup encore aujourd'hui. Laënnec a considéré la belladone comme un des moyens qui contribuent le plus efficacement à calmer les quintes et à abréger la durée de la coqueluche. Guersant, Jadelot, Baron, Blache, l'ont adoptée dans leur pra tique, et, à l'exemple de Jakson qui l'a aussi employée un des premiers en Amérique, ils ont poussé la dose jusqu'à ce que le nïédicament manifestât son influence sur la pupille, ayant remarqué, comme le médecin américain, que la coqueluche ne subissait une modification appréciable que lorsque cet effet sur la pupille avait été obtenu. Cette pratique a prévalu, malgré l'opinion contraire de Wendt et de Gœlis, qui recommandent d'éviter de donner la belladone à des doses susceptibles de produire la sécheresse du gosier et les troubles de la vue, disant avoir vu la belladone, administrée à la dose nécessaire pour la manifestation de ces effets, produire des accidents cérébi'aux graves. Aussi Gœlis, et en cela MM. Trousseau et Pidoux l'ont imité, associait-il la belladone à l'opium. Bretonneau, dans la même préoccupation, de peur que l'action nécessaire ne fût dépassée, conseillait d'aborder la médication à un taux inférieur à celui qui était nécessaire pour exercer une influence favorable, et d'augmenter ensuite progressivement la dose, en la portant jusqu'au degré où un commencement d'action médicatrice se laisse apercevoir. « Dès que ce résultat est obtenu, disait-il, il suffit, généralement, de maintenir cette dose pour voir grandir ses ef-
fets. Si, pour accélc'rer les résultats, on se hâtait d'élever la dose, et surtout si on voulait les rapprocher, les multiplier dans un même jour, on pourrait être d'abord émerveillé du succès qu'on obtiendrait; mais bientôt une sécheresse incommode du gosier, un peu de trouble dans la vision, obligeraient à un'abaissement de dose qui laisserait le mal reproduit échapper à la puissance de la médication. » Voici à peu près quelle était, d'après lui, la progression à suivre suivant l'âge : Pour un enfant de 5 ans : le matin, avant le premier repas, une pilule d'un demi-centigramme; de même le jour suivant. Si aucun effet favorable ou défavorable n'est observé, le troisième jour, une pilule de 1 centigramme et une d'un demi-centigramme aux mêmes conditions ; le cinquième jour, une pilule d'un demi-centigramme ; le huitième jour, toujours dans le cas où aucun effet n'est observé, deux pilules de 1 centigramme, cette dose devant être continuée trois jours avant de songer à l'élever d'un demi-centigramme, et seulement si un peu de sécheresse dans le gosier s'était manifestée. Dans le cas contraire, augmentation de 1 centigramme, si aucune diminution de la toux, aucun éloignement des quintes, n'avaient été obtenus, tandis qu'au moment où mie diminution notable dans l'intensité et la fréquence des accès se serait manifestée, au lieu de suivre la progression indiquée, il faudrait se borner à continuer la dose à laquelle serait dû le bon résultat obtenu tout le temps qu'on verrait croître les bons effets.
Pour un enfant de 2 ans 1/2 et fort, même progression que pour celui de 5 ans. Seulement cette progression serait ralentie à partir du quatrième jour, et l'augmentation indiquée des doses ne s'effectuerait qu'à trois jours d'intervalle au lieu de deux.
Pour un enfant de 5 à 6 mois, des pilules de 2 milligrammes seraient substituées aux pilules d'un demi-centigramme, et toujours en observant les conditions qui autorisent ou qui empêchent l'augmentation.
Depuis la substitution de l'usage de l'atropine à celui de la belladone, Trousseau faisait préparer pour les enfants très-jeunes une mixture contenant 1 centigramme de sulfate neutre d'atropine pour 200 grammes d'eau distillée, de manière que 5 grammes, c'est-à-dire une cuillerée à café, de la solution, répondissent à rm quart de milligramme du sel d'atropine. Le médicament était donné d'abord à la dose d'une cuillerée à café, et successivement à des doses plus élevées, en observant exactement les règles indiquées dans l'administration de la belladone.
On a conseillé aussi l'usage d'une pommade d'extrait de belladone en friction sur h région épigastrique, sur le devant de la poitrine ou au devant du cou ; celui de cataplasmes faits avec des farines cuites dans une décoction de feuilles de belladone, de fumigations, etc.
La jusquiame a été préconisée par Hufeland, par Fischer, par Scheider. J. Fnmk dit l'avoir employée sans qu'elle lui ait jamais réussi.
La valériane a été conseillée aussi, en sa qualité d'antispasmodique ; mais nous n'avons aucune donnée précise sur ses effets.
La ciguë (extrait), préconisée par Stôrck et par Butter comme l'un des remèdes les plus propres à guérir la coqueluche, repoussée par CuUen comme n'ayant aucun avantage, paraît avoir donné quelques succès entre les mains de plusieurs médecins, notamment de Schlesinger, dans une épidémie qui régna en 1871 à Varsovie. Cette épidémie, qui avait résisté jusque-là à tous les autres remèdes, fut combattue avec avantage, d'après ce médecin, par de petites doses
d'extrait de ciguë associé à l'émétique, qui donnèrent, dit-il, des résultats aussi prompts qu'efficaces. Guersant, au rapport de Blacbe, employait avec avantage, comme sédatif, un mélange par parties égales de ciguë, de belladone et d'oxyde de zinc, en commençant par la 4ose d'un quart de grain (environ \ centigramme) de chacune de ces substances, qu'on donnait trois fois par jour, en augmentant ensuite graduellement, suivant l'effet produit. Blacbe reproche à cette dernière préparation, comme aux autres préparations d'extrait de ciaue l'inconvénient de supprimer l'expectoration.
Voxyde de zinc, seul ou associa à d'autres médicaments, comme dans la formule qui précède, a été employé par un assez grand nombre de médecins. Un de ses avantages est de n'avoir ni goût ni odeur, et de pouvoir être administré facilement aux enfants, mêlé aux boissons ordinaires et même aux aliments. On le donne généralement à la dose de 5 centigrammes toutes les trois heures pour les enfants de 1 à 3 ans, et à la dose de 10 à 15 centigrammes pour les enfants plus âgés. C'est une des médications que MM. Rilliet et Barthez ont recommandées spécialement, comme ayant l'avantage de pouvoir être continuées longtemps sans dommage. Il faut toutefois faire attention, suivant encore leur recommandation, de ne pas dépasser certaines limites dans l'augmentation progressive des doses, sous peine de voir survenir des vomissements ou de la diarrhée.
Le gui de chêne ayant été préconisé par Willis et par Baglivi contre les toux nerveuses, J. Frank résolut de le soumettre à de nouvelles épreuves pour en déterminer la valeur dans le traitement de la coqueluche. 11 n'eut l'occasion de l'employer qu'une fois, mais le succès fut si complet et si éclatant, qu'il a cru devoir engager les praticiens à le soumettre à de nouvelles expériences. Guersant et Blaihe l'ont essayé à la dose indiquée par Franck, de 12 à 15 grains (60 à 75 centigrammes), quatre fois par jour, en sirop, pour édulcorer les boissons. Ils en ont obtenu quelques succès, mais pas en assez grand nombre pour se prononcer définitivement sur sa valeur. Ce moyen a été employé depuis par Dumont (de Gand), qui en aurait obtenu des effets tellement prompts, qu'au bout de vingtquatre heures on pouvait généralement les constater. Je l'ai essayé dans Je temps, sans avoir été aussi frappé ni de la promptitude ni de la sûreté du résultat. Ce qui a pu en venir à mes oreilles depuis me porte à penser que les résultats ultérieurs ont été assez peu constants pour qu'on ne puisse le mettre positivement ni très-au-dessus ni ti'ès -au-dessous des autres moyens. J'en dirai autant du narcisse des prés, qui a eu aussi son jour de vogue.
Le musc a été fort loué par Rosenslein, par FuIIer et quelques autres. Frank le considère comme le plus sûr de tous, surtout chez les enfants doués d'une grande sensibilité et sujets au refroidissement des extrémités. Pour un enfant de deux ans, il le prescrivait à la dose de 2 grains (10 centigrammes), dans un mucilage de gomme arabique et de sirop de roses, additionné d'eau de roses. Une cuillerée à café toutes les deux heures. Le musc paraît avoir été expérimenté avec succès à Saint-Pétersbourg par M. Lefèvre.
L'asa fœtida devait naturellement être essayée aussi. Elle a été conseillée en lavements dans les cas de convulsions. Kopp l'a employée à l'apogée de la maladie, époque où, suivant lui, elle réussirait le mieux. 11 l'a administrée en potion ou en émulsion. Les docteurs Samuel, Maire (du Havre) et Berinquin, l'ont employée, d'après le conseil de Frank, en lavements, pendant la période convulsive.
Le soufre figure au premier rang des agents que MM. Rilliet et Barthez
recommandent comme pouvant être administrés longtemps sans danger. Il j^araît avoir été conseillé pour la première fois par Horst, en 1815 [Journ. cVEufeland), qui le considérait comme un spécifique. 11 l'administrait dès le début de la maladie et pendant toute sa durée. Cette médication, qui a été adoptée par Jadelot, par Cruveilhier, de qui nous l'avons tenue nous-mème, est restée en usage. On donne la fleur de soufre aux enfants de 2 à 4 ans, à la dose de 15 centigrammes, deux ou trois fois par jour, et aux enfants plus âgés à la dose de 75 centigrammes et plus, dans le même temps. On l'administre en poudre, en tablettes, dans du lait ou du sirop ou en émulsion. On peut, suivant la pratique adoptée par Kopp, lorsqu'il est nécessaire de débarrasser les bronclies des mucosités qui les engouent, l'associer avec une petite dose d'ipécacuanha.
Le café. J. Guyot, dans une communication faite à V Union médicale en {^i%, préconisait Je café à l'eau, chaud et sucré, comme le remède le plus efficace de la coqueluche. Il avait obtenu, disait-il, dans l'espace de deux à quatre jours au plus, des guérisons de coqueluches les mieux caractérisées et les plus opiniâtres. Le moyen était des plus simples. Il faisait prendre le café après chaque repas, à la dose d'une cuillerée à café à une cuillerée à dessert ou à soupe, suivant l'âge. 11 n'est pas inutile d'ajouter que chaque repas devait être composé de viandes grillées ou rôties, hachées menu pour en faciliter la mastication par les petits enfants, les fécules exclues. Blache, paraît-il, avait eu déjà recours au café, avant la communication de J. Guyot, mais avec des résultats ti'ès-divers. Ml. Rilliet et Barthez l'ont fréquemment employé depuis, et ils n'ont jamais par ce moyen, pas plus d'ailleurs que par aucun autre, jugulé la coqueluche. Ils reconnaissent toutefois pour incontestable que le café leur a rendu de précieux services en diminuant ou même en supprimant complètement les vomissements, et par conséquent en permettant aux enfants de supporter l'alimentation.
La cochenille, usitée depuis longtemps en Ecosse, proposée comme spécifique de la coqueluche par Wachlt (de Vienne), recommandée par Zimmermann, employée avec succès par Bennewitz dans une épidémie de Berlin, pai' le docteur Pavesi dans une épidémie de Candie, et par Dieudonné, a été expérimentée par Rilliet pendant l'épidémie de Genève en 1851. Au témoignage de ce médecin, ce médicament a toujours été bien supporté et n'a jamais produit d'accidents; il était administré à la dose de 50 centigrammes, à prendre dans les vingt-quatre heures, d'après une formule analogue à celle de Wachlt, que l'on trouvera plus loin. Sous l'influence de cette médication, la coqueluche a paru plus légère et plus courte : d'après Pavesi, la maladie n'aurait été ni arrêtée dans son cours, ni même abrégée dans sa durée, mais les accès auraient perdu beaucoup de leur intensité.
Le succin a été essayé comparativement au musc, au castoréum et à l'asa foRtida, par M. Danet. Tandis que ces trois derniers agents ont donné dans des proportions à peu près égales des succès et des insuccès , le succin a paru à M. Danet donner des résultats beaucoup plus prompts et plus sûrs. Les enfants qu'il a traités par ce moyen ont éprouvé du mieux dès les premières cuillerées, et quelques-uns ont guéri en quarante-huit heures. C'est à l'huils volatile de succin qu'il a eu recours.
Le sous-carbonate de fer, introduit dans la thérapeutique de la coqueluche parSteymann, expérimenté par Lombard (de Genève), réunit aux yeux de ce dernier, à une action évidente sur la durée et l'intensité de la maladie, l'avan-
tage de pouvoir être administré sans occasionner aucun effet fâcheux, ni sur l'estomac ni sur les intestins. 11 lui a même semblé que les malades, traités de cette manière, conservaient mieux leurs forces ou les regagnaient plus vite que par toute aulre méthode de traitement. Rilliet a administré ce médicament à plusieurs enfants qui l'ont très-bien supporté ; mais une seule fois il lui a paru abréger notablement la durée de la coqueluche et diminuer son intensité. Le sous-carbonate de fer est administré à la dose de 1 gramme et demi dans les vingtquatre heures, dans un looch ou dans un julep dont on donne une cuillerée toutes les deux heures. On peut substituer au sous-carbonate la plupart des autres préparations ferrugineuses. M. Barlhez s'est servi avec avantage du sirop de tartrate de fer.
Vcdun et le tannin, comme on le pense bien, ont eu aussi leur tour. Le docteur Georg. Davey a employé l'alun dissous dans de l'eau édulcorée avec le sirop de pavot rouge et additionne d'un peu d'acide sulfurique dilué. C'est le remède qui lui a paru avoir le plus d'action contre les syrxiptômes prédominants de la maladie. Durr a employé un mélange de tannin et de fleurs de benjoin sous forme pulvérulente, déjà conseillé par Geigel, de VVurtzbourg. Nous n'en connaissons pas les résultats. Gerhard de Breuning (à Yienne) a employé le tannin à la dose de 1/6'^ de grain par paquet, associé à J/12^ de grain d'acide benzoïque et d'extrait de belladone, et 3 grains de poudre de rhubarbe. Mais que conclure, par rapport au tannin, de cette association?
Le seigle ergoté a. été employé aussi, avec succès, paraît-il, par Griepenkerl, soi' plus de deux cents enfants. 11 l'a administré en poudre grossière à la dose de 1?',50 à 2 grammes, en décoction dans q. s. d'eau, avec colature 52 grammes el 48 grammes de sucre en poudre qu'il faisait prendie par cuillerée à café toutes les deux heures pour les enfants de cinq à sept ans. Pour les enfants plus jeunes, la dose était réduite à 1 gramme ou 75 centigrammes d'ergot. Mais celte médication n'avait toute son efficacité qu'au commencement de la troisième semaine de la maladie et apiès avoir lait cesser préalablement les complications lorsqu'il y en avait. 11 a remarqué que les quintes s'aggi'avent souvent pendant les premiers jours; puis au bout de cinq à dix jours elles diminuent de fréquence et disparaissent. Griepenkerl recommande expressément d'éviter pendant toute la durée du traitement les aliments qui contiennent du tannin. Ce trailement ne doit jamais ttre prolongé plus de quinze jours de suite; il faut l'interrompre au bout de ce laps de temps, sauf à le reprendre plus tard.
Le niti^ate d'argent à l'intérieur , déjà indiqué par quelques médecins allemands, a été expérimenté en 1847 par Trousseau chez un enfant de l'hôpital Necker, aux prises depuis plus d'un mois à une coqueluche très-violente, 11 lui fit la prescription suivante : Eau distillée 50 grammes, sirop 20 grammes, nitrate d'argent cristallisé 1 centigramme, à prendre par petites cuillerées à café d'heure en heure. Il en résulta une diminution du nombre et de la violence des quintes, mais sans amener une guérison complète, la coqueluche ayant persisté encore pendant quelque temps à un plus faible degré.
h'acide nitrique, préconisé par Gihb, de Londres, et par Arnoldi (de Montréal), paraît avoir été assez généralement adopté par les médecins américains. Le docteur Mac Mally (du Tennessee) s'est beaucoup loué de ses effets. Le Journal médico-chirurgical de Boston (de février 1862) contenait un article du docteur H. Holmes, dans lequel ce médecin fait un grand éloge de ce moyen. Il donne la formule suivante : Acide nitrique dilué 50 grammes, ieinl. de cardamome com-
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posée 10 "rammes, sirop simple 100 grammes, eau pure 30 grammes.
L'ammoniaque liquide a élé essayée par Levrat-Parraton, ancien médecin de riiospice de l'Antiquaille de Ljon, qui n'hésitait pas à la considérer comme un moyen très-efficace. L'ammoniaque entrait avec la cochenille, dont nous avons parlé plus haut, dans la composition d'une poudre sous le nom de poudre de Virical, et qui a joui, dans le temps, d'une certaine vogue.
L'acide cyanliydrique a été très-vanté par plusieurs médecins qui ont dit en avoir obtenu des résultats merveilleux. L'un d'eux, Fontaneilles, dit avoir guéri en (luelques jours quatre enfants de la même famille. Il en a été rendu aussi très-bon témoignage par des médecins anglais et par des médecins américains, entre autres par le docteur Edwin Altée, qui, pendant une épidémie de coqueluche qui régna à Philadelphie en 1824i, ayant fait prendre une mixture contenant de l'acide hydrocyanique à un de ses enfants atteint par l'épidémie, vit disparaître tous les symptômes de la coqueluche au bout d'une semaine de traitement. Ce succès l'ayant encouragé, il traita plus tard par ce moyen plus de deux cents enfants qui guérirent tous, les uns en quatre jours, d'autres en dix ou quinze au plus. Moins heureux qu'Edwin Altée, Guersant a vu échouer plusieurs fois ce moyen entre ses mains à l'hôpital des Enfants. Blache, reculant devant la facilité avec laquelle cet acide s'altère et surtout devant les accidents qu'il produit quelquefois, en dépit des précautions les plus minutieuses, ne l'a point employé. MM. Rilliet et Barthez ont observé la même abstention prudente. Cependant West l'emploie et s'en loue beaucoup. « Si, dit-il, le caractère paroxystique de la toux est bien marqué et les retours des quintes fréquents, mais que l'enfant, sous les autres rapports, souffre peu, on retire un giand avantage de l'acide cyanhydrique. » Il commence habituellement par une dose de Qs^OS (de l'acide cyanhydrique de la pharmacopée de Londres), toutes les quatre heures, pour un enfant de neuf mois, en augmentant proportionnellement pour les enfants plus âgés. Il lui a paru que l'influence spécifique du médicament s'exerçait d'une manière plus efficace et plus sûre en rapprochant l'administration des doses qu'en les augmentant. Aussi préfère-t-il donner une demi-dose toutes les deux heures qu'une deux fois plus forte qui ne serait pas répétée aussi souvent. Ce médicament aurait pour effet, suivant West, 'de diminuer la toux d'une manière presque immédiate. Il convient, toutefois, que dans d'autres cas, sans diminuer la toux, il manifeste son action toxique spéciale au point d'en rendre la cessation opportune.
Du reste, l'action sédative de l'acide hydrocyanique sur la toux ne dispense pas de recourir, suivant le cas, à d'autres remèdes: à l'ipécacuanha, si les voies aériennes sont encombrées de mucus ; à la poudre de Dower ou à un mélange de poudre de Dower et de ciguë, s'il y a des retours fréquents dans la nuit, etc., etc.
L'alcool. i\l. Tripier, dans une courte communication faite à l'.Academie des Sciences en 1866, dit s'être bien trouvé d'avoir donné une cuillerée d'eau-de-vie pure, ou chez les enfants une cuillerée d'eau-de-vie étendue de son volume d'eau, administrée à la lin du repas du soir. Ce moyen lui a paru permettre la digestion du dernier repas et procurer une nuit plus calme.
Le chloroforme. En 1855, un médecin de Dublin, Fleetwood Churchill, s'était bien trouvé déjà des inhalations d'éther sulfurique, lorsque, encouragé par quelques tentatives de Simpson, il eut recours au chloroforme. Vu l'impossibilité presque absolue de taire inhaler les vapeurs de chloroforme aux très-jeunes enfants qui ne sont pas en étal d'avertir de l'approche de l'accès et qui éprouvent.
d'ailleurs, une telle répulsion instinctive contre tout ce qu'on veut leur mettre dans la bouche, pendant l'accès, qu'ils se débattent avec toute l'énergie dont'ils sont capables pendant toute la durée de tentatives de ce genre, Fleetwood Churchill essaya sur des enfants raisonnables, de douze à quatorze ans et au delà. Les premiers résultats qu'il obtint furent, paraît-il, extrêmement remarquables. Chez une jeune fdle de seize ans, notamment, qui avait la coqueluche depuis un mois et de nombreux accès avec sifflement, surtout la nuit, lui ayant fait la recommandation chaque fois qu'elle sentirait venir l'accès de verser quelques gouttes de chloroforme sur un mouchoir et de le respirer, en deux jours l'accès avec sifflement avait complètement disparu, il ne restait qu'un 'peu de toux qui dispai'ut après huit ou dix jours. Il obtint un résultat semblable chez une autre jeune personne de vingt ans.
Deux ou trois années plus tard, M. Pape citait, entre autres faits, celui d'une jeune enfant (l'âge n'est pas indiqué) chez laquelle les accès de toux convulsive diminuèrent sous l'influence des vapeurs anesthésiques et la maladie se termina rapidement.
D'après West, l'inhalation du chloroforme à l'approche de chaque quinte lui aurait rendu de grands services dans des cas où le retour de chaque paroxysme de toux était le signal de l'apparition de convulsions générales ; mais, se hâte-t-il d'ajouter, il est à peine nécessaire de dire que son emploi, efficace dans ces circonstances, exige la présence constante, dans la maison du malade, de quelqu'un au courant de son administration.
L'inhalation du chloroforme a, en effet, cet inconvénient et d'antres encore qui en rendent l'application difficile ; elle a, en outre, ses dangers. Les inconvénients sont : d'une part, l'extrême difficulté de son administration aux petits enfants ; d'autre part, la facilité avec laquelle s'établit la tolérance, quand on a pu en faire l'application et la répéter plusieurs fois. Le danger, nous n'avons pas besoin de dire quel il est ; et dans le cas où l'on n'en ferait usage qu'à la dernière extrémité et alors que l'enfant est dans un état désespéré, la mort pouvant survenir d'un moment à l'autre pendant une attaque convulsive, qui oserait encourir la responsabilité d'ajouter encore à ce danger une chance nouvelle de mort ?
Toutefois, si la méthode de l'inhalation anesthésique est à peu près impossible à appliquer aux jeunes enfants, elle est possible et elle a été quelquefois utile, comme on vient de le voir, sur les adolescents et sur les adultes. Le Bulletin de thérapeutique de mars 1856 rapporte le fait d'un médecin qui, atteint d'une coqueluche contractée auprès d'un de ses petits clients, était tourmenté par des quintes de toux extrêmement fatigantes. L'inspiration des vapeurs de chloroforme pratiquée au moment o\\. il sentait venir la quinte la faisait toujours avorter, et de cette manière elle fut en quelque sorte annihilée ou réduite à des proportions insignifiantes.
Le chloroforme a été employé aussi à l'intérieur. En 1860, M. H. Roger l'a expérimenté sous cette forme ; il l'a administré dans une potion gomraeuse et a des doses croissantes, depuis 6 jusqu'à 50 gouttes. Il a paru amener, dans un certain nombre de cas, la diminution du nombre des quintes ; plus rarement, mais quelquefois cependant, une diminution simultanée de la violence des quintes, quelquefois enfin la diminution de la violence des quintes sans diminution de leur nombre. La durée de la maladie n'a pas paru abrégée d'une manière sensible. Bien que ces résultats n'aient peut-être pas répondu tout à fait
à ce qu'on eu pouvait attendre, ils n'en laissent pas moins voir un .parti utile à en tirer comme moyen de diminuer soit le nombre, soit l'intensité des accès et quelquefois l'un et l'autre {voij. la note publiée dans la Gazette médie. de Paris, 1862, par M. Jacquart (de Tourcoing), qui a recueilli les observations faites par M. 11. Rogeràl'bôpital des Enfants). M. Bouchut a donné la formule d'un sirop de chloroforme, dont il fait usage : 1 partie de chloroforme pour 7 d'alcool et 100 de sirop de sucre. Donner de 1 à 2 grammes de chloroforme par jour.
Le chloral devait avoir son tour. Dans une note insérée dans le Bulletin de thérapeutique de janvier 1870, M. Ferrand a fait connaître les résultats qu'il a obtenus de l'emploi du chloral chez trois enduits d'une même famille atteints de coqueluche grave. Ayant employé sans résultat chez le premier les vomitifs, les loochs béchiques et un looch chloroformé, dont par parenthèse il avait obtenu précédemment de bons effets chez d'autres malades, il tenta l'administration du chloral, qui fut donné simplement dans du sirop, à la dose de 2 grammes pour 150, chaque cuillerée représentant environ 25 centigrammes de chloral. Deux cuillerées furent données d'abord, une avant le dhier, la seconde le soir, puis plus tard trois. Au lieu de 3 ou 4 quintes avec vomissements qui se produisaient la nuit, il y eut un sommeil calme toute la nuit. Pendant quelques jours une quinte avait lieu au réveil ; puis elles ne tardèrent pas à disparaître complètement. La guérison fut prompte, après 10 jours de traitement et 20 jours environ de maladie. Le résultat fut à très-peu de chose près le même chez les deux autres enfants.
Le docteur Karl Lorey a rapporté dans la Deutsche Klinik (1871) les résultats qu'il a obtenus par l'emploi de l'hydrate de chloral sous la forme suivante : eau distillée 150 grammes, hydrate de chloral 5 grammes, sirop d'écorces d'oranges 15 grammes, à la dose de 1 à 3 petites cuillerées, selon l'âge de l'enfant. Il en résulte une diminution dans le nombre et dans l'intensité des quintes.
Dans une épidémie de coqueluche observée à l'hôpital de la Charité de Lyon en 1872, Chatin a employé chez 30 enfants l'hydrate de chloral et le bromure de potassium, soit seuls, soit associés (le bromure de 50 centigrammes à 2 grammes, le chloral de 1 à 2 grammes); il a constaté sur ce nombre 23 guérisons rapides. Dans les 7 autres cas, les enfants ont succombé aux complications graves de la broncho-pneumonie ou des tubercules cérébraux. Sous l'influence de cette médication, les vomissements ont cessé, le nombre et l'intensité des quintes ont sensiblement diminué et la durée totale de la maladie a été notablement abrégée.
Bromures. L'action anesthésique si remarquable du brome et des bromures sur les muqueuses bucco-palatine et pharyngienne devait naturellement indiquer leur emploi dans le traitement de la coqueluche. Les médecins anglais avaient déjà lliit usage avec avantage du bromure d'ammonium. Les docteurs Harley et Gibb, notamment, ont obtenu de bons effets sur l'élément spasmodique de la maladie, c'est-à-dire sur la toux convulsive, par l'emploi du bromure d'ammonium à la dose de 15 à 25 et 30 centigrammes dans de l'eau, 3 ou 4 fois par jour. M. Antonin de Beaufort, pendant une épidémie de coqueluche qui a sévià Chaillac (Indre) en 1867, ayant comparé les effets des diverses médications préconisées contre cette affection, a reconnu que les succès les plus rapides étaient dus à l'emploi du brome. Sur une vingtaine de malades pris à différentes périodes de la maladie, il a pu voir disparaître, dans une moyenne de 5 jours, le spasme laryngien et la maladie réduite à la simple bronchite catarrhale. Les malades n'étaient
SSO COQUELUCHE.
pas guéris, mais leur état était considérablement cliangé : plus d'anxiété, plus de vomissements, retour ou augmentation de l'appétit, augmentation des forces. Cependant, désireux de compléter cette heureuse influence, il a eu l'idée d'associer le bromure à d'autres agents capables de modifier en même temps l'état catarrhal. Apres plusieurs essain, il s'est ari^êté à l'aconit et au baume de Tolu. Il a l'ail préparer un sirop composé comme il suit : sirop au baume de Tolu 20 grammes • bromure de potassium 30 centigrammes ; alcoolature d'aconit 25 centigrammes qu'il a administré à raison de 4 cuillerées ou 80 grammes pour un adulte dans les 24 heures, de 1 cuillei'ée à café pour les enfants de 1 an, 2 cuillerées pour ceux de 2 ans, 5 pour ceux de 7 ans, 8 pour ceux de 14 ans, etc. De cette médication, aidée, suivant les circonstances, par les vomitifs ou par les toniques, M. A. de Beaufort dit avoir obtenu des résultats très-satisfaisants, et il croit avoir, dans quelques circonstances, grâce notamment à l'usage du sirop de proto-iodure de fer qu'il ajoutait à la préparation brom urée chez les enfants scrofuleux et menacés de tuberculisalion, prévenu cette grave conséquence de la coqueluche qu'il avait eu l'occasion de constater plusieurs fois auparavant.
La méthode des inhalations autres que les inhalations anesthésiques a eu aussi ses partisans. Le docteur Fieber (de Vienne) a employé l'extrait alcoolique de graines de jusquiame en inhalations. Il ne paraît pas qu'il en ait obtenu des effets très-notables, si ce n'est un peu d'assoupissement à la suite de chaque inhalation. Le docteur Steffen (de Stettin) a fait également des inhalations avec des liquides chargés de divers principes médicamenteux. Ce qui lui a paru produire l'effet le plus marqué a été la solution de tannin laudanisée ; il s'est quelquefois bien trouvé aussi d'inhalations d'huile de térébenthine. Enfin, dans ces derniers temps, le docteur Ortille (de Lille), se fondant sur les recherches de Letrerich, qui lui ont fait constater la présence d'un parasite dans la coqueluche, a eu l'idée de se servir de l'acide phénique en inhalation, déjà mis en pratique en Allemagne par Gerhard. Par ce moyen, aidé d'ailleurs de l'emploi des autres moyens indiqués, l'ipéca, la belladone ou la jusquiame, etc., il est presque toujours arrivé à abréger la durée de l'affection, qui n'a pas dépassé trois ou quatre semaines et s'est passée le plus souvent sans complications.
Les émanations des usines à gaz. Nous arrivons enfin à un moyen empirique qui, après avoir fait beaucoup de bruit pendant quelque temps, paraît être rentré aujourd'hui, comme tant d'autres, sinon dans un oubli complet, au moins dans un abandon à peu près général. En 1864, Guérard annonçait à la Société médicale des hôpitaux le bruit qui se faisait, depuis quekjue temps alors, des guérisons de coqueluche obtenues par l'inspiration des vapeurs qui se dégagent des résidus de l'épuration du gaz d'éclairage, et peu de temps après M. Coramenge donnait lecture à l'Académie de médecine d'une note sur ce mode de traitement cju'il avait mis en usage depuis quelque temps et qui lui avait donne des résultats inespérés. Chez la grande majorité des malades, disait-il, la guenson était le résultat ordinaire de ce traitement, même dans les cas où avaient échoué les médications réputées les plus efficaces. La guérison se produisait sous l'influence de ce traitement à toutes les périodes de la maladie et à tout âge. Lorsque la guérison n'était pas complète, on observait du moins une grande amélioration dans la plupart des symptômes les plus pénibles de l'affection. H suffisait, pour obtenir cette guérison, de quelques séances de deux heures de durée; il était rarement nécessaire de dépasser douze séances. Enfin, il n'y avait aucun danger, quel que fût l'âge des malades, à les soumettre à ces inhalations.
Telles étaient les pre'tentions avec lesquelles se présentait cette métlioilc. Mallieureusement l'avenir n'a pas répondu tout à fait à ce que promettait un pareil début. Dès la première communication, Blache faisait connaître qu'il avait vu deux enfants qui, à une période assez avancée de la coqueluche, avaient été onduits huit fois à l'usine à gaz pour y respirer ces émanations, et qui en avaient éprouvé tous deux une notable aggravation de leurs quintes. 11 avait, en outre, expérimenté à l'hôpital des Enfants les matières pulvérulentes provenant de ces usines, sans eu obtenir aucun résultat avantageux. M. Bcrgeron avait envoyé trois enfants aux boîtes d'épuration ; il n'avait constaté ni aggravation, ni amélioration. M. Barthez avait observé des cas qui semblaient témoigner de l'influence favorable de ces émanations, et dans lesquels la durée de la maladie avait été manifestement abrégée. Mais l'expérience personnelle lui manquait encore alors. Aujourd'hui son opinion est faite à cette égard et elle est loin d'être favorable. M. H. IJoger avait vu des enfants traités pendant quinze jours par cette méthode n'en éprouver aucune amélioration. Il l'avait expérimentée lui-même à riiôpital des Enfants, tous les petits malades qui y ont été soumis y ont répugné beaucoup, ils ont tous continué à tousser après, et ni lui ni M. Bouvier, son voisin d'hôpital, qui avait également fait des expériences, n'ont constaté chez aucun d'eux une modification appréciable dans la fréquence ou l'intensité des quintes. Dans aucun cas la durée de la maladie n'avait été abrégée.
Peu de temps après ces diverses communications, M. Oulmont, dans une letlre adressée à l'Académie de médecine, annonçait que les résultats qu'il avait constatés de concert avec M. Créquy, à l'usine à gaz de La Villette, différaient de ceux qu'avait annoncés M. Commenge. Sur 10 enfants atteints réellement de coqueluche et observés scrupuleusement, 4 avaient été notablement améliorés, mais chez 5 de ces malades la coqueluche datait de 5 à 6 semaines. Les 6 autres n'avaient éprouvé aucun bienfait de la médication. Quant à un grand nombre d'autres petits malades qui avaient été soumis à leur examen, il y en avait au moins un tiers qui n'avaient point la coqueluche, les uns avaient des bronchites simples, les autres étaient des tuberculeux.
Enfin, M. Bouchut, dans une leçon sur la coqueluche laite à l'hôpital des Enfants en 1865 et publiée dans la Gazette des hôpitaux de cette année, disait avoir vu venir à la consultation de l'hôpital un grand nombre d'enfants dont les parents déclaraient avoir dià renoncer à continuer les inhalations de la vapeur d'épuration du gaz en raison de l'aggravation que leurs enfants y avaient éprouvée. Quelques-uns de ces enfants étaient affectés de pneumonie. 11 ajoutait avoir été appelé plusieurs fjis en ville pour des pneumonies développées pendant le cours de ce traitement.
Voici, en somme, les résultats statistiques relevés par les deux médecins qui ont expérimenté cette méthode sur la plus grande échelle et qui étaient le mieux placés pour observer convenablement les effets présents de cette médication, M. Commenge, médecin de l'usine de Saint-Mandé, et M. BerthoUe, médecin de l'usine des Ternes. M. Commenge avait traité, en 5 ou 4 mois, 142 enfants, sur lesquels il y a eu 54 guérisons, 24 améliorations, 10 insuccès et 54 cas sur lesquels on n'a aucun renseignement. M. BerthoUe, dans une communication postérieure à celle deM. Commenge, dit avoir vu, en 6 mois, 901 enfants traités dans la salle d'épuration. 219 sur ces 901 malades ont été guéris, 112 ont été améliorés, et 406 ont interrompu leur traitement et n'ont pas été revus. En résumé, de celte petite enquête il résulte que la méthode empirique de
traitement de la coquelucne par les résidus de l'épuration du gaz n'est point nidillerente. Elle a eu des succès incontestables et que nous ne voulons pas niermais pour pouvoir en bien apprécier la valeur, il faudrait avoir été à même de connaître plus exactement qu'on n'a pu le faire la période de la maladie à laquelle étaient arrivés les enfants guéris ; avoir pour base d'appréciation du bénéfice obtenu, quant à la durée, une moyenne de la durée naturelle de la maladie que nous ne possédons pas, tant ce terme varie suivant une foule de circonstances que l'on connaît mal encore. D'une autre part, en admettant la réalité des guérisons, dont la proportion est encore mal connue, et selon l'évaluation approximative des médecins qui ont publié des relevés dans lesquels la proportion des prétendues guérisons serait de beaucoup inférieure à la moitié des cas, on ne conteste pas que, dans un certain nombre de cas, le résultat ait été nul. Plusieurs observateurs ont constaté une aggravation de la maladie, et, s'd m'était permis d'ajouter à leur témoignage le contingent très-faible de mon expérience personnelle à cet égard, je dirais qu'un petit nombre d'enfants que j'avais, non pas envoyés, mais laissés aller à l'usine à gaz, sur la demande de leurs parents, s'en sont mal trouvés et ont été obligés d'y renoncer. Enfin, et c'est là le point le plus grave, il y a eu plusieurs exemples d'accidents graves survenus pendant le cours du traitement. Si l'on objectait que les broncho-pneumonies dont plusieurs enfants ainsi traités ont été atteints ne doivent pas être mises sur le compte du traitement, du moins devra-t-on convenir qu'il n'a ni prévenu ni empêché, dans ces cas-là, cette grave complication.
L'inhalation des résidus de l'épuration du gaz de l'élairage n'est donc pas encore le remède tant et si vainement cherché de la coqueluche.
Quelques médecins cependant, dans la pensée qu'au milieu de ses inconvénients et même de ses dangers l'action de ces émanations pourrait encore être utilisée, à la condition de la simplifier et de la dégager de tout ce qui peut entraîner ces inconvénients et ces dangers, ont proposé : les uns, de faire transporter au domicile des malades les résidus en question et d'en entourer leur lit ou leur berceau, de manière à constituer autour d'eux, sans les déplacer, l'atmosphère artificielle qu'ils étaient obligés d'aller chercher dans les usines; d'autres, d'administrer les substances qu'ils présumaient représenter la partie principalement active des vapeurs qu'on respire dans les salles d'épuration. C'est à ce titre que le docteur Lochner, dans une épidémie qui sévit à Schwalbach en 1864, administra à ses petits malades la benzine à l'intérieur, à la dose de 10, 15, 20 gouttes et plus, en plusieurs fois, dans de l'eau ou dans une éraulsion, en même temps que, pour aider l'action interne de cette substance, il en faisait verser quelques gouttes sur le lit des malades, de manière à les envelopper dans une atmosphère analogue à celle des salles d'épuration, et il affirme en avoir retiré de très-bons effets. Le docteur Rottari, plus récemment, a employé le même moyen ; il a également administré la benzine à l'intérieur, à la dose de 10 à 20 gouttes, et la considère, pour le moment, comme le meilleur remède de la coqueluche. Nous ne connaissons pas les faits à l'appui.
Les bams a air comprimé ont été essayés à Montpellier et à Stockholm. Dans les deux premières années du fonctionnement de l'établissement medico-pneumatiquede Stockholm (1861, 1862), est-il dit dans Journal fUr Kinder... (1867), on y traita 16 malades atteints de coqueluche, parmi lesquels 15 furent complètement guéris avec une moyenne de 21 bains. Dans l'année suivante on y traita 19 coqueluches, dont 16 guérirent, la plupart en 3 ou 4 semaines. Enfin, dans
l'année 1864i, les bains d'air furent administrés à 3i malades : 29 furent guéris. En résumé, sur 69 malades traités,' 58 auraient été guéris, la plupart dans ce même intervalle de temps de 3 à 4 semaines. Des guérisons en 3 ou 4 semaines, quand on ne dit pas cà quelle phase de la maladie le traitement a été institué, n'entraînent pas l'idée d'une modification ni bien évidente ni bien prompte.
Cette observation est applicable à la plupart des médicaments ou agents que nous avons passés en revne.
La vaccination, qu'on avait d'abord conseillée, mais sans aucun résultat, à titre de moyen préventif de la coqueluche, a été proposée et tentée pour abréger la durée de la maladie, d'après cette idée que la coqueluche aurait paru moins grave et sa durée notablement abrégée, chez les sujets en évolution vaccinale. Les résultats qu'elle a donnés paraissent très-variables ; dans quelques circonstances elle aurait eu des succès très-remarquables, comme par exemple dans le fait rapporté par le docteur Boccardi. Ce médecin, pendant une épidémie de coqueluche qui faisait déjà des victimes, ayant remarqué que la maladie sévissait principalement sur les enfants en bas âge et non vaccinés, eut l'idée de tenter la vaccination. Sitôt que la vaccine eut produit ses effets ordinaires, il vit la mortalité s'arrêter, la toux prendre chez tous les malades un meilleur caractère, et la durée de la maladie, qui dépassait ordinairement quarante jours, se limiter chez beaucoup d'enfants à trois ou quatre semaines. Plusieurs médecins, en Italie et en Angleterre, ont fait la même observation. Blache a eu l'occasion de constater une fois l'heureuse influence de ce moyen sur un enfant arrivé au vingtième jour environ de la coqueluche. Mais, d'un autre côté, les tentatives dont il a été témoin à l'hôpital des Enfants sont restées tout à fait sans résultat. MM. Rilliet et Barthez ont eu une seule fois l'occasion de vacciner un enfant pendant les prodromes de la coqueluche; ils n'en ont obtenu aucun amendement. M. R. Blache, pendant l'épidémie citée plus haut, a pratiqué deux fois la vaccination sur des enfants non vaccinés antérieurement ; elle n'a eu aucune influence appréciable sur la marche de la coqueluche.
Les révulsifs. Nous avons déjà dit plus haut ce que nous pensions de l'emploi de certains révulsifs, et en particulier des frictions sfibiées comme moyen abortif de la coqueluche ; peut-on compter davantage sur leur action et sur leur efficacité, soit seuls, soit à titre d'adjuvants de la médication interne, pour modérer l'intensité des accès ou abréger le cours de la maladie? Oui, sans doute, s'il fallait s'en rapporter aux relations d'Autenrieth et de Luroth, qui auraient guéri tous ou presque tous leurs malades en un très-court espace de temps par ce seul moyen. Mais, soit qu'ils aient eu affaire à des épidémies d'un caractère particulier, ou par toute autre raison dont nous ne pouvons nous rendre compte, toujours est-il que presque tous les médecins qui ont essayé, depuis, d'employer cette méthode, sont loin d'en avoir obtenu des résultats aussi satisfaisants. Le plus souvent la coqueluche a continué à suivre sa marche ordinaire, sans en éprouver aucune modification appréciable ; dans quelques cas il y a eu une légère amélioration, mais cette amélioration a été achetée au prix de cruelles souffrances, et quelquefois même d'accidents graves. On lit dans l'un des premiers volumes du Bullelin de théi^apentiqiie que Guersant, qui avait renoncé à l'usage de ce moyen après en avoir fait l'essai, cédant un jour aux sollicitations d'un des médecins qui suivaient son service, consentit à l'essayer de nouveau. Il y eut recours chez trois enfants. Les résultats furent nuls quant à l'action thérapeutique, et chez l'un d'eux la pommade stibiée produisit de tels désordres, ulcérations profondes
et étentlues mellant le sternum et les côtes à nu, suppurations abondantes, etc., que le petit malade finit par succomber. D'autres praticiens ont observé des accidents aussi graves. Un fait rapporté par le docteur Pietri ressemble de tous points à celui que nous venons de rappeler. Blacbe raconte qu'il avait encore l'exemple de Guersant sous les yeux lorsque, ayant eu connaissance d'un travail de Robert Litlle sur l'usage de l'essence de térébentbine à l'extérieur dans le traitement de la coqueluche, il s'empressa de l'essayer. Dans deux ou trois cas il crut remarquer une diminution notable dans l'intensité des quintes; mais ses expériences à cette époque ne furent pas assez multipliées pour pouvoir en rien conclure. Ce qui paraît en être resté de plus net dans son esprit, c'est le souvenir de l'extrême incommodité résultant de l'odeur pénétrante et vive de la térébenthine ainsi employée. Les fiictions avec l'huile de croton tiglium ne lui ont donné que des résultats négatifs.
Si des frictions ou applications irritantes nous passons aux vésicatoires, nous ne voyons pas qu'on en ait obtenu de meilleurs résultats, ni qu'ils aient inspiré beaucoup plus de confiance aux médecins qui y ont eu recours. Nous parlons toujours, bien entendu, de la coqueluche simple et dans sa période convulsive, et non de ses complications ou de ses suites. En résumé, on peut dire que, de l'aveu de la généralité des médecins qui ont fait usage de la méthode révulsive, elle leur a paru plus nuisible qu'utile. Elle a, d'ailleurs, quel que soit le moyen employé, l'inconvénient d'irriter les enfants, de produire l'insomnie et souvent de provoquer un mouvement fébrile très-inopportun. Cependant il y a à cet égard une réserve à faire pour certains cas particuliers, ou certaines circonstances dans lesquelles on peut, exceptionnellement en quelque sorte, recourir à la révulsion. C'est ainsi, par exemple, que, selon la juste observation de West, les attaques de dyspnée, qui arrivent quelquefois pendant la période d'augment de la maladie, peuvent être soulagées par l'application d'un sinapisme sur la poitrine, en même temps que par l'immersion des extrémités inférieures dans un bain chaud. West dit s'être bien trouvé aussi, lorsque la toux est fréquente, dure et douloureuse, ou si en même temps qu'il y a des signes de congestion cérébrale la toux est suffocante et la reprise éteinte, d'appliquer un vésicatoire sur le cou, bien qu'en thèse générale il proscrive cet usage. Dans ce cas, il recommande qu'on ne laisse pas le vésicatoire sur la peau plus de quatre heures, et qu'on ne le fasse pas suppurer.
J'ai passé en revue, jusqu'à présent, la plus grande partie des méthodes et des moyens proposés et mis en usage dans le traitement de la période spasmodique de la coqueluche, méthodes et moyens empiriques pour la plupart, dont quelques-uns sont devenus rationnels, toutefois, par le sage esprit d'analyse qui a présidé à leur application spéciale à telle ou telle indication dominante et ont reçu la sanction de l'expérience, mais dont aucun ne peut être réputé d'une efficacité absolue et d'une propriété curative complète et constante. S'il me fallait résumer le résultat de cette longue étude et le rapprocher de ce que mon expérience personnelle a pu m'apprendre sur ce sujet, je le ferais en très-peu de termes et je dirais ; si aucun de ces nombreux médicaments n'a, en réalité, la propriété de guérir la coqueluche, c'est-à-dire de la faire avorter à son début ou d'en arrêter le développement et la marche naturelle, beaucoup d'entre eux ont donné du moins des résultats manifestement favorables en diminuant la fréquence et l'intensité des accès et peut-être même en abrégeant un peu la durée de la maladie. Parmi ces moyens figurent surtout les agents
antispasmodiques, et au premier rang je placerai, d'accord en cela avec la o^rande généralité des praticiens, la belladone. Dès que la maladie est entrée dans sa période spasmodique, l'administration de la belladone (employée prudemment et d'après les prescriptions et les formules qui seront indiquées à la fin de cet article), précédée d'un ou deux vomitifs au début, et qui devront .quelquefois êlre répétés dans la continuité du traitement, accompagnée de l'ensemble des mesures hygiéniques qu'on fera également connaître plus loin, et secondée, au besoin, par l'usage extemporané de quelques-uns des agents anesthésiques pour modérer le paroxysme des quintes, telle est la médication qui répond encore le mieux aux indications et qui présente le plus de chances de modérer, dans sa période spasmodique, et d'amener à bonne fin une coqueluche simple, d'intensité moyenne.
11 me reste, avant d'arriver aux soins que réclame la troisième période de la maladie et au traitement des épiphénomènes, des accidents et des complications de la coqueluche, à parler de quelques traitements qui ont été conçus en vue d'une théorie étiologique ou pathogénîque particulière de la coqueluche.
Étant donné la doctrine de Beau, pour qui la coqueluche, maladie épidémique et contagieuse d'ailleurs, consistant, dans la période d'état, en une inflammation de la muqueuse ([ui tapisse la région sus-glottique du larynx, et en quintes spasmodiques particulières à cette maladie, effet irritatif produit par la chute sur la glotte des gouttelettes de pus sécrétées par cette membrane enflammée, il s'ensuivait naturellement l'indication de diriger spécialement les efforts de la thérapeutique vers le point affecté. Nous ne voyons pas que Beau en ait rien induit directement par rapport au traitement. Plus logi(}ues que lui, quelques-uns des partisans de sa doctrine en ont tiré la conséquence pratique naturelle, en portant directement les moyens curatifs sur le larynx. C'est ainsi que Watson, en 1849 {Edinburg Monthly Joiirn.^ dec, et On Ihe topical Médication of the Larynx; Lond., 1854), ayant adopté les idées de Beau, eut la pensée, qu'il mit immédiatement à exécution, d'appliquer au traitement de la coqueluche la méthode déjà préconisée par Green dans les affections chroniques du larynx, la cautérisation avec la solution de nitrate d'argent. 11 appliqua le topique directement sur le larynx et la glotte, à l'aide d'une éponge fixée à une baleine ou à tout autre conducteur. L'effet immédiat était un accès de suffocation et une quinte de coqueluche, mais à la suite il se faisait une diminution dans l'intensité des accès.
Les trois observations qu'a rapportées Watson, à cette époque, se résument ainsi : dans une première, il s'agissait d'un enfant de huit ans dont la maladie était arrivée à son paroxysme. Un accès intense avait lieu tous les quarts d'heure. Une application ayant été faite, l'accès suivant fut moins fort. La deuxième observation est relative à la sœur du précédent. Chez celle-ci, la cautérisation n'eut pas un succès aussi rapide à cause d'une pneumonie lobulaire du poumon gauche, qui survint. Néanmoins, aussitôt après la guérison de la pneumonie, l'enfant revint à une parfaite santé. Dans le troisième cas, un enfant ■d'environ six ans, guéri d'une coqueluche à peu près sans traitement, avait conservé des accès de toux très-fréquents et assez intenses. Deux ou trois applications de la solution sur la glotte coupèrent court à ces accès. Nous ne voyons jusque-là qu'un fait, le premier, qui ait quelque valeur. Des observations qui sembleraient plus concluantes sont celles que le docteur Ravenhill Pearce a publiées dans the Lancet d'avril 1857. Dans 75 cas de coqueluche (32 gar-
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çons et 43 filles âgés de deux à cinq ans), il a mis en usage le traitement de Watson : toucher une fois par jour la glotte avec une éponge imbibée d'une forte solution de nitrate d'argent (1 gramme sur 30 grammes d'eau distillée). Il affirme que ce moyen lui a réussi et que non-seulement les malades ont échappé à toutes les complications, mais encore qu'ils étaient gros et gras après leur maladie. 11 faut ajouter, il est vrai, qu'en même temps qu'il pratiquait ces cautérisations , le docteur Ravenhill administrait à ses malades la mixture nitrico-acide du docteur Gibb (acide nitrique dilué, avec teinture composée de cardamome, eau et sirop). Sans accorder une importance extrême à ce dernier moyen, on peut admettre, toutefois, qu'il a pu avoir sa part dans le résultat et qu'il devient, par conséquent, difficile d'apprécier bien rigoureusement celle qui revient à la cautérisation. Nous ferons la même remarque à propos des observations qu'a rapportées plus près de nous (en 1874) M. E. Lelu, dans sa thèse, à l'appui de la méthode de la cautérisation qu'il a employée concurremment avec la belladone et le sulfate de quinine. West a essayé aussi ce mode de traitement, et voici en quels termes il l'apprécie : « Je ne puis douter, dit-il, que dans beaucoup de cas l'éponge ne pénètre effectivement dans l'intérieur de la glotte, et que par cette manœuvre, qu'elle réussisse complètement ou non, la violence de la toux, ainsi que la fréquence de son retour, soit quelquefois diminuée. Ce résultat, pourtant, n'était nullement constant; les cas les plus légers étaient ceux où le bénéfice de ce procédé était le plus apparent, tandis que,, comme on aurait peut-être dû s'y attendre, dans ceux où il y avait une dyspnée persistante ou qui étaient compliqués de bronchite, on en obtenait peu ou pas de bien. » Il faut ajouter à l'infidélité ou à l'inconstance des résultats l'extrême difficulté d'employer ce moyen chez les enfants, pour le réduire à sa juste valeur.
La théorie plus récente du rôle pathogénique attribué par M. Guéneau de Mussy à l'engorgement des ganglions bronchiques dans la production des accès et dans le spasme particulier qui les caractérise n'était pas de nature à entraîner l'indication d'une médication spéciale. M. Guéneau de Mussy traite la coqueluche à peu près comme le fait en France la généralité des praticiens. Il obéit, comme nous tous, aux indications générales qui ressortent des symptômes mêmes de la maladie. Il prescrit l'ipécacuanha au début et en renouvelle l'usage autant de fois que des poussées nouvelles de bronchite paraissent imminentes, en l'aidant par quelques légers révulsifs sur la peau ; puis il a recours aux calmants ; réunissant ceux dont l'expérience a consacré l'usage, il fait une sorte de thériaque dans laquelle il fait entrer la codéine, la belladone, l'éther, l'eau de lauriercerise, le bromure de potassium, le musc et l'eau de fleurs d'oranger ; et il y ajoute quelques frictions sur la région sternale avec une pommade belladonée. Seulement pour le régime, et en particulier pour la sortie des enfants, il se sépare un peu de la règle générale de conduite de ses confrères, à raison de l'opinion qu'il s'est faite de la nature énanthématique de la coqueluche, de la localisation de l'action morbide dans les voies aériennes supérieures et de la tendance à l'envahissement de l'appareil broncho-pulmonaire. Enfin, une seule indication spéciale ressort, à ses yeux, de l'adénopathie bronchique, c'est, dès qu'il en constate les signes, de faire des applications de teinture d'iode sur les régions ganglionnaires, alternativement en avant et en arrière ; et après deux ou trois semaines, quand l'injection gutturale a à peu près dispai'u, que les phénomènes spasmodiques dominent la scène morbide, sous l'impression du rôle
probable que joue l'engorgement des ganglions dans ces troubles d'innervation, il donne l'eau de la Bourboule.
Quel que soit d'ailleurs le traitement que l'on ait adopté en vue de combattre les phénomènes principaux de la coqueluche, quelques-uns de ses symptômes secondaires ou de ses épiphénomènes acquièrent dans quelques circonstances un degré d'intensité tel, qu'il est nécessaire de leur opposer des moyens appropriés. Il en est, enfin, qui s'élèvent à la hauteur d'accidents constituant un danger imminent de mort et l'entraînant même parfois. Tels sont, en particulier, ces accès de suffocation dont nous avons déjà parlé plus haut. 11 nous faut parler des moyens que peuvent réclamer ces divers accidents.
Traitement des accidents de la coqueluche. Quelle devra être la conduite du praticien en présence des accès de suffocation? Il est des cas, dit M. du Caste), l'auteur de l'excellente thèse sur ce sujet que nous avons déjà citée, où la suspension de la respiration n'est que momentanée et qui ne sont en quelque sorte que le premier degré de suffocation. Il suffira alors de pratiquer sur la peau quelques frictions énergiques, rendues au besoin plus excitantes par l'emploi de compresses imbibées de vinaigre ou d'un Uniment ammoniacal, pour voir disJDaraître rapidement les phénomènes spasmodiques et les menaces d'asphyxie.
Mais dans les cas où la suspension persistante de la respiration menace la vie de l'enfant, il faut recourir à une médication plus active. La respiration artificielle est le moyen qui se présente tout d'abord à l'esprit, mais pour être efficace il faut qu'elle soit prolongée longtemps. Ses premiers effets sont de provoquer des inspirations courtes, avortées, ne se produisant qu'à des intervalles éloignés. Ce n'est qu'au bout d'un temps souvent assez long que la respiration se rétablit d'une manière complète et continue.
Si la respiration artificielle est impuissante à provoquer les mouvements inspiratoires, il ne faut pas s'attarder dans des efforts infructueux ; il faut, sans hésiter, recourir à des excitants plus énergiques ; c'est le cas de faire usage du marteau de Mayor. M. du Castel assure avoir toujours vu son application sur le thorax ou sur l'abdomen provoquer des mouvements respiratoires alors que la respiration artificielle était restée impuissante. Dans quelques-unes des observations qu'il rapporte et dans lesquelles la mort n'a eu lieu que consécutivement aux accidents de suffocation, on voit, en effet, les bons résultats immédiats du marteau de Mayor. Dans l'un de ces cas, notamment, où la respiration artificielle ne provoquait aucun mouvement respiratoire, chaque application fut suivie d'inspirations saccadées, et après un quart d'heure la respiration commença à s'effectuer seule ; quelque temps après elle était redevenue libre et normale ; mais l'enfant succomba plus tard au coma. Le bénéfice, comme on voit, n'a été que très-éphémère.
Dans les circonstances où l'accès de suffocation survient à la suite d'un repas et paraît être sous la dépendance de l'état de plénitude de l'estomac, une indication naturelle se présente, c'est de provoquer le vomissement. Rosen conseillait dans ce cas de provoquer le rejet des aliments par l'introduction du doigt dans la bouche. Pourquoi pas par un vomitif? Rosen avait probablement ses raisons pour cela. Il n'était pas, sans doute, sans avoir observé ce que d'autres médecin sont observé depuis, notamment M. Labric, qui, ayant vu l'administration des vomitifs provoquer les accès de suffocation, ne les emploie qu'avec la plus grande réserve chez les enfants menacés de cet accident.
Quand un de ces accès de suffocation s'est produit, il faut en craindre et par
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conséquent chercher à en prévenir le retour. Le caractère éminemment convulsif de ces accès indique naturellement l'emploi des antispasmodiques : la belladone, le musc, l'asa fœtida, le chloral, etc. Mais ils auront déjà été pour la plupart mis en usage avant la manifestation de ces accès. Dans ce cas c'est à celui d'entre eux qui n'aurait i>as encore été employé qu'il faut donner la préférence.
Enlin des indications nouvelles peuvent surgir en raison des complications cérébrales, dont nous aurons à parler tout à l'heure.
Parmi les accidents ou les épiphénomènes de la coqueluche qui réclament toujours une attention particulière et souvent une intervention active, il nous faut mettre en deuxième ligne les vomissements qui pourraient parfois, si l'on n'y prenait garde, entraîner la mort des petits malades par inanition. Voici à cet égard les préceptes très-sages et très-pratiques que formulait Trousseau dans ses leçons cliniques. La première règle pour l'alimentation des malades est de leur donner à manger de manière qu'ils puissent garder les aliments. Ceci est toute une affaire d'expérience. 11 est, en effet, des individus qui ne vomissent que dans la journée, il faut, par conséquent, attendre le soir pour leur faire prendre leur i-epas. Lorsque les vomissements se répètent nuit et jour, il faut donner à manger aussitôt après la crise, parce qu'on est alors plus loin de celle qui suivra. Quelque répugnance que témoigne l'enfant, on doit le contraindre et lui faire prendre de préférence des aliments solides, qui sont beaucoup moins facilement rejetés que les liquides.
Un des moyens de combattre les vomissements est en même temps l'un des plus efficaces pour la sédation du spasme nerveux et l'éloignement des quintes, nous voulons parler de la belladone. Par le fait seul qu'elle éloigne habituellement les quintes, elle facilite déjà d'autant l'alimentation en laissant de plus longs intervalles de repos. De plus la belladone a la propriété de diminuer l'intensité des vomissements ou même de les arrêter. Si ce dernier effet n'était pas produit par la belladone seule, on l'obtiendrait plus facilement en l'associant avec des préparations opiacées. Trousseau conseillait, en ce cas, dès que l'enfant vient de vomir, et immédiatement avant de le faire manger, de lui donner une goutte ou même une demi-goutte de laudanum de Sydenham.
Les hémorrhagies sont rarement assez abondantes pour prendre un caractère inquiétant et nécessiter une intervention active. Cela peut arriver quelquefois cependant, ce sont particulièrement les hémorrhagies nasales qui acquièrent ce degré de gravité. On a recours, dans ce cas, aux injections de liquides astringents ou acidulés avec les acides sulfurique, nitrique ou chlorhydrique, aux applications d'eau froide sur le front ou sur la nuque. Trousseau préférait à ces divers moyens les injections faites dans le nez avec de l'eau aussi chaude que le malade peut la supporter. Si l'hémorrhagie x'ésiste à ces premiers moyens, il ne faut pas hésiter à faire le tamponnement soit avec la sonde de Belloc, soit avec les vessies de caoutchouc distendues par l'air. En même temps que l'on agit sur le siège même de l'hémorrhagie, il est bon de recourir à des révulsifs sur les extrémités inférieures, bains de pieds sinapisés, application de sinapismes, au besoin l'application de la ventouse Junod, et de faire prendre en même temps aux enfants quelques boissons acidulées, la limonade sulfurique, des potions avec l'eau de Rabel et enfin les préparations de ralhania, de gomme kino et la poudre de quinquina.
Troisième période. Quel doit être le traitement de la troisième période, c'est-à-dire de cette phase ultime de la maladie qui se place entre le moment où
a cessé la toux spasmodique, avec ses accidents concomitants habituels, la sulfocation, les vomissements, etc., et celui où le rétablissement est complet et définitif? On se rappelle que pendant cette période les malades toussent encore, mais d'une toux ordinaire, redevenue catarrhale, comme dans la première période, quelquefois cependant conservant un certain caractère d'irritation, qui, sous l'influence d'une émotion, d'une contrariété, d'une douleur, tend à lui faire reprendre facilement quelques-uns des caractères de la quinte, et que cette toux est suivie d'une expectoration muqueuse, épaisse, jaunâtre, qui n'a plus l'aspecl particulier de l'expectoration spéciale delà coqueluche dans sa période d'état. Dans cette troisième période, si elle est simple, sans fièvre, dépourvue de toute complication, c'est à peine si la thérapeutique a à intervenir ; mais il faut bien se garder cependant de se départir de toute surveillance active et de t jute précaution, tant les rechutes sont possibles et les complications tardives encore à craindre. C'est le moment, tout en continuant rigoureusement l'observation des règles hygiéniques que nous formulerons tout à l'heure, de remplacer la médication antispasmodique par les balsamiques : la gomme ammoniaque, les pastilles ouïe sirop de Tolu, l'eau de goudron; les stimulants : infusions d'hysope ou de serpolet, café; les toniques : quinquina, gentiane, Colombo, etc.; les eaux minérales, sulfureuses : Eaux-Bonnes, de Cauterets ou d'Enghien, pures ou coupées avec du lait ; les eaux arsenicales et chlorurées de la Bourboule. C'est encore dans cette période, lorsque les malades ne se rétablissent pas vite et que l'on constate la persistance d'un léger degré de bronchite, avec tendance à la chronicité ou même suspicion d'un travail lent et obscur de tuberculisation pulmonaire, qu'il peut être utile de recourir aux révulsifs, que l'on a rejetés, avec raison, en général, du traitement de la période d'état, tels que sinapismes, vésicatoires, frictions avec l'huile de croton ou l'essence de térébenthine, même la pommade stibiée, sous la réserve d'une grande modération dans son emploi et d'une scrupuleuse surveillance de ses effets. Enfin, les exutoires en permanence, vésicatoire suppurant ou cautère, peuvent quelquefois, dans ces dernières circonstances, rendre de très-grands services en conjurant le passage de la maladie à l'état chi'onique. C'est ici, enfin, que se place, si cette période semble se prolonger outre mesure, l'indication d'une saison thermale au Mont-Dore, qui, aux avantages du déplacement et de l'heureuse influence de l'altitude, joint l'action générale si favorable dans toutes les affections catarrhales chroniques ou tendant à la chronicité, que nous avons déjà signalée au mot Catarrhe.
Traitement des complications. Lorsqu'il survient une des complications graves dont nous avons tracé plus haut l'histoire, convulsions, broncho-pneumonie, méningite, tuberculisation pulmonaire, etc. , ce n'est plus à la coqueluche que l'on a affaire, mais à cette complication devenue la maladie principale, et qui doit désormais appeler toute l'attention du médecin. On ne s'attend pas à ce que nous fassions ici la thérapeutique de chacune de ces affections, qui a été faite ou sera faite en son lieu. Mais nous croyons utile cependant de présenter quelques courtes considérations, et d'indiquer quelques points particuliers de pratique en ce qui concerne la part d'influence qui revient à la maladie primitive dans le nouvel ordre de phénomènes morbides qui va se dérouler et dans l'indication des nouveaux moyens thérapeutiques à mettre en usage. La broncho-pneumonie étant sans contredit, de toutes les complications, la plus fréquente et celle qui cause le plus de morts dans les épidémies, c'est surtout celle-là que nous aurons en vue.
Et d'abord est-il possible de prévenir le développement de la broncho-pneu-
monie, que l'on peut et que l'on doit toujours prévoir dans le cours ou au terme d'une coqueluche? Ce point est d'autant plus important, que l'on connaît toute la gravité du pronostic, dans ce cas, surtout en temps d'épidémie et chez de tout jeunes enfants. Le catarrhe coqueluchial et la congestion pulmonaire, produite principalement par les quintes et le décubitus doi-sal, sont évidemment les conditions toujours menaçantes du développement de la broncho-pneumonie. C'est donc à modérer le plus possible l'intensité des quintes et à en éloigner le retour que l'on doit s'attacher pendant la période d'état de la coqueluche, pour prévenir autant que possible et conjurer cette imminence. Ce n'est pas, comme on le voit, en vue seule d'un soulagement actuel, mais plus encore en vue de leurs conséquences possibles, qu'il importe de chercher à atténuer les quintes et de ne pas se condamner à l'expectation, en présence d'un enfant qui est en proie à des quintes fortes et répétées. C'est à ce titre surtout que sont utiles tous les agents de la médication sédative, antispasmodique et anesthésique, que nous avons énumérés plus haut : la belladone, le chloroforme à l'intérieur, le chloral, etc. Le changement de position de l'enfant a, à ce point de vue aussi, sa grande utilité. Enfin, tous les moyens appropriés au traitement du catarrhe et à la désobstruction des bronches deviennent, en même temps que des moyens curatifs de l'état actuel, des moyens prophylactiques d'un état éventuel plus grave.
La broncho-pneumonie est-elle déclarée, ce dont on sera averti par la survenance de l'état fébrile avec oppression et surtout par les signes fournis par l'auscultation, qui ne permettront pas de commettre les erreurs graves que nous avons vu relever dans des ouvrages étrangers ; que la coqueluche en soit ou non modifiée, que les quintes soient ou non suspendues, ce qui varie, du reste, suivant l'époque et la période de la maladie auxquelles elle survient, c'est à combattre le nouvel ennemi qu'il faut désormais s'attacher. Nous n'avons pas à rappeler ici quels sont les agents principaux du traitement de la broncho-pneumonie des enfants ; disons seulement que ce traitement doit être un peu modifié dans quelques-uns de ses éléments, et qu'il faudra être d'autant plus sobre des émissions sanguines, si même elles étaient jugées nécessaires, et de la méthode antiphlogistique en général, et d'autant plus prompt à recourir à la médication tonique et même stimulante, qu'on aura affaire à des enfants déjà énervés et épuisés par leur maladie première.
Comme moyen pi^ophylactique des convulsions et des accidents méningitiques ou cérébraux, que pourraient faire prévoir et craindre l'état particulièrement irritable de l'enfant et la prédominance marquée des symptômes nerveux, nous croyons, à la condition toutefois qu'il n'existe pas en même temps de symptômes de phlegmasie des organes thoraciques, qu'on ferait très-utilement usage d'un moyen auquel Guersant avait fréquemment recours et dont il a retiré de bons effets : les bains tièdes, répétés jusqu'à deux fois par jour, si cela paraissait nécessaire. Blache dit avoir vu des enfants demeurer dans le bain pendant deux heures avec plaisir et sans fatigue, et les quintes de toux, incessantes avant le bain, rester suspendues tout le temps que durait l'immersion. J'ajouterai que je me suis très-bien trouvé, dans des cas de ce genre, de bains à l'eau de laitue et de tilleul.
Traitement de la coqueluche e'pidémique. Tout ce qui vient d'être dit des coqueluches graves et compliquées s'applique surtout aux épidémies, qui présentent en général ce caractère particulier de gravité constitué par la fréquence des comolications. Aussi est-ce dans ces conditions que la thérapeutique se
montre impuissante, et c'est encore dans ces mêmes conditions que les agents auxquels nous avons donné la préférence sur tous les autres ont généralement réussi à apporter quelque amendement aux symptômes dominants. Pour ne prendre des exemples que dans les épidémies les plus récentes et particulièrement dans celles dont nous avons rapporté plus haut l'histoire abrégée, voici ce que nous y voyons, en effet.
Dans l'épidémie de 1836 décrite par Constant, les moyens qui ont été le plus souvent employés dans la période spasmodique, à l'hôpital des Enfants, ont été : l'eau de laurier-cerise, le musc, les extraits de belladone, d'aconit, de ciguë, le sirop d'opium, l'oxyde de zinc, les bains tièdes. On a aussi fait usage de quelques-uns de ces moyens, dans les cas où il existait en même temps, soit une bronchite, soit une pneumonie peu étendue, ou même encore des tubercules pulmonaires. La belladone, de l'aveu de Constant, est de toutes les préparations qui ont été employées celle à laquelle la coqueluche s'est montrée le moins longtemps rebelle. Les autres substances ont bien modifié quelques symptômes, mais elles n'ont pas exercé une notable influence sur la marche de la maladie. ■Quant à la pneumonie, elle a été combattue par des saignées générales, des saignées locales pratiquées, soit à l'aide des sangsues, soit à l'aide des ventouses scarifiées', des vésicatoires et enfin des préparations antimoniées (oxyde blanc et tartre stibié). Mais on jugera du peu d'efficacité de cette médication, en général, par le chiffre de la mortalité portant à peu près exclusivement sur ces cas de complication et qui a été de i2 sur 28, chiffre total des malades observés.
Dans l'épidémie de 1868- décrite par M. R. Blache, notre confrère n'a pu que constater l'inefficacité des différents moyens qui ont été mis en usage. Les médicaments le plus habituellement usités venaient échouer en général contre les complications. La belladone et le baume de Tolu sont les seuls agents qui aient donné parfois d'assez bons résultats dans la période catarrhale. Le sulfate de quinine, le bromure de potassium, l'opium, le musc, etc., ont constamment échoué. Les vomitifs et surtout l'ipécacuanha, répétés de temps en temps, ont semblé parfois hâter l'établissement de la période catarrhale et ont été surtout utiles dans les cas où la complication bronchique n'était pas très-intense. Quant aux médications spécialement dirigées contre l'élément nerveux de la maladie, y compris la belladone, M. R. Blache déclare n'avoir même pas pu observer un seul fait qui lui ait permis de croire à une modification favorable.
Régime hygiénique et diététique. La coqueluche est sans contredit une des affections dans lesquelles les soins hygiéniques ont une plus heureuse influence. L'impression du froid, et surtout du froid humide, devant être par-dessus tout évitée, c'est de les en préserver, ainsi que des vicissitudes atmosphériques, autant que cela est possible, que l'on doit avant tout se préoccuper. Les malades, ceux surtout qui sont déjà naturellement faibles et délicats, devront momentanément porter des vêtements de flanelle sur la peau, particulièrement dans les saisons froides et humides ; et on ajoutera avec avantage, à cette précaution, l'usage de frictions sèches faites avec une brosse de flanelle, matin et soir. On a contesté récemment l'utilité de l'aération extérieure et de la sortie des enfants pendant le cours de la coqueluche, en vue des dangers du refroidissement et de la facilité avec laquelle ils sont exposés à contracter une pneumonie ou une bronchopneumonie. Il ne faut à cet égard rien exagérer. Sans doute nous ne conseillez-ions pas de faire sortir un enfant qui serait sous le coup d'une menace d'accident de ce genre, ou qui serait sujet à de petits retours fébriles. Mais
lorsque, à sa coqueluclic près, son état général est satisfaisant, nous ne voyons que de l'avantage, par les temps doux, à température sèche, à ne pas les confiner dans leur chambre et à les laisser faire de petites promenades et s'ébattre au grand air.
On a vu plus haut quelles étaient quelquefois les difficultés que l'on avait à alimenter les malades, qui, vomissant à chaque quinte, ont peu de chance de garder assez longtemps dans leur estomac les aliments de leur dernier repas pour en espérer la digestion. D'où la nécessité de recommencer immédiatement après. D'un autre côté, on a remarqué que les quintes étaient d'autant plus fréquentes que l'estomac était plus distendu. D'où encore la nécessité de multiplier et de diviser le plus possible les repas. Quant à l'alimentation elle-même, il serait superflu de dire qu'elle doit être proportionnée, en quantité comme en qualité, à l'âge des petits malades. Nous n'avons pas à entrer à cet égard dans des détails qui se trouvent ailleurs.
Nous voici en présence d'une question d'hygiène et même de thérapeutique de la coqueluche de premier ordre. Nous voulons parler du changement d'air.
« De tous les moyens propres à faire cesser la toux, lorsqu'elle n'est plus,, pour ainsi dire, entretenue que par l'effet de l'habitude, celui que nous regardons comme le plus constamment efficace, dit Blache, c'est le changement d'air. » Rien de plus vrai ; et il n'est pas de praticien qui n'ait été à même de vérifier l'exactitude de cette proposition. Le changement d'air est non-seulement le meilleur, mais souvent le seul moyen de mettre un terme à ces coqueluches qui, bien qu'ayant dépassé la période d'état proprement dite, ou du moins sa phase la plus aiguë, semblent se perpétuer indéfiniment et devoir être interminables. Et quand nous disons « changement d'air », ce n'est pas que nous entendions seulement le passage d'une atmosphère plus ou moins viciée, comme l'est généralement celle des grandes villes, dans l'atmosphère plus pure et plus vivifiante de la campagne, — ce qui assurément serait à tous égards préférable ; — c'est le fait même du changement, du passage de l'atmosphère ou du milieu dans lequel a été contractée et a évolué la coqueluche, dans une atmosphère ou un milieu autre, quel qu'il soit, c'est, en un mot, le déplacement. J"ai vu, pour ma part, des enfants en puissance de coqueluche venant, non dans ce but,,raais par suite d'un changement de résidence de leurs familles, de la campagne à Paris, trouver en arrivant dans leur nouvelle résidence une guérison qui, selon toutes les apparences, se serait fait attendre beaucoup plus longtemps dans la première. On a vu aussi, et le même fait s'est produit encore sous mes yeux, le seul déplacement d'un quartier de Paris dans un autre quartier éloigné produire le même résultat. Il est cei'tain que, si l'on a à sa disposition le choix d'une localité réunissant toutes les meilleures conditions de salubrité, jointes surtout à une température douce et un peu plus chaude que celle du lieu qu'il s'agit de fuir, ce n'en sera que mieux. Il n'est pas de plus sûr moyen d'abréger la durée de cette dernière période si souvent interminable de la coqueluche; d'assurer une bonne et franche convalescence, lorsque la maladie a été assez intense pour n'arriver à un rétablissement complet qu'en passant par cette phase transitoire; d'avancer dans tous les cas la guérison définitive, que les voyages, si l'on est dans la belle saison, ou le séjour dans une des stations méridionales de choix pendant l'hiver.
Mais ce n'est pas seulement à la fin d'une coqueluche, et dans l'unique but d'en abréger la dernière phase, que le déplacement peut être utile; c'est aussi
dans la période la plus aiguë de la maladie. Notre directeur et mon ami M. Dechambre vient de me prouver, par une allusion qu'il y a faite tout récemment dans la Gazette hebdomadaire, à l'occasion d'une petite discussion qui s'est élevée à l'Acadéniie de médecine sur un point de pathogénie de la coqueluche, qu'il n'a pas oublié un fait qui, quant à moi, ne pourra jamais sortir de ma mémoire, et qui a montré de la manière la plus évidente l'influence vraiment merveilleuse du déplacement. Il ne s'agissait pas d'une coqueluche sur le déclin, c'était la vie même de l'enfant qui déclinait. C'était cette même enfant dont j'ai déjà parlé comme présentant au plus haut degré la forme convulsive de la coqueluche, et dont chaque accès semblait devoir être le dernier, tant étaient poussées loin l'asphyxie et les convulsions qui l'accompagnaient. Sur l'avis de M. Decbambre, qui m'aidait à soigner la petite malade, et qui, comme moi, se voyait à bout de ressources, nous priâmes M. Cruveilhier de venir nous aider de ses conseils. Au vu de la malade, avec ce tact pratique et ce ton de douce autorité que lui ont connus tous ses contemporains : « Il faut, dit-il, transporter cette enfant hors Paris, n'importe où et si près que ce soit; et cela non pas demain, mais aujourd'hui, sinon je ne réponds de rien. » On comprend si la prescription fut suivie. Ce ne fut pas le lendemain, mais le jour même que je fis transporter l'enfant sur les hauteurs de Passy, à l'entrée du Bois de Boulogne, Certes, ce n'était pas loin, mais c'était en dehors de l'atmosphère parisienne proprement dite, et c'était assez. L'événement le prouva bientôt. Cette enfant, qui arrivait à Passy presque mourante, n'y était pas depuis quarante-huit heures, que déjà, les quintes étaient considérablement modifiées et dans leur fréquence et dans leur intensité; elles n'avaient déjà plus ce cai'actère asphyxique si menaçant, les vomissements et les convulsions elles-mêmes qui les accompagnaient jusque-là avaient cessé. A dater de ce moment, sous l'influence d'un bon régime alimentaire, devenu possible par la cessation des vomissements, et des pastilles soufrées, dont l'usage, commencé déjà à Paris, avait été continué, et de quelques toniques, le rétablissement s'opéra à vue d'œil et avec une extrême rapidité.
Pourrait-on espérer un résultat semblable du déplacement tout à fait au début de la coqueluche et comme méthode abortive? Je crois qu'cm s'abuserait, comme je me suis abusé moi-même. Séduit par le résultat que je viens de faire connaître, je conseillai, à la première occasion qui s'en offrit, le déplacement dès le début même de la maladie; mais loin que l'effet ait été le même, la coqueluche n'en continua pas moins à suivre son cours. Ce n'est donc toujours qu'après une certaine durée de la maladie, soit qu'elle ait déjà atteint son déclin ou qu'elle soit à son summum d'intensité, que le déplacement sera utile.
Prophylaxie. Existe-t-il une prophylaxie de la coqueluche? Un médecin de Liège, M. Davreux, croit avoir trouvé un moyen préservatif dans l'aconit associé à l'ipéca et à l'eau de laurier-cerise. Ce mélange serait ou véritablement préventif ou simplement abortif. Voici sa formule : extrait d'aconit 0s%05, eau de laurier-cerise A grammes, sirop d'ipéca 3 grammes, eau gommeuse 200 grammes. On administre cette potion, dès que l'enfant présente la toux caractéristique, à la dose d'une cuillerée à café d'heure en heure. Pour moi, je ne connais d'autre préservatif que la fuite, déjà conseillée par Rosenstein, et appuyée par J. Frank. « Que les sujets sains soient séparés des malades, dit ce dernier auteur, et les uns comme les autres écartés des sujets suspects et convalescents. » Faut-il, en vue de la contagion dont on ne connaît pas encore le subslratiiw, pousser les
choses jusqu'à se conformer aux prescriptions formulées par Penada et également reproduites par Frank, de désinfecter tous les objets, meubles, vêtements et ustensiles ou jouets quelconques suspects d'infection par le contact de l'enfant malade ? Je n'y verrais aucun inconvénient, si l'on voulait bien s'y astreindre dans les familles; mais j'avoue n'être pas absolument convaincu de leur utilité. Il n'y a lieu d'attacher également qu'une , très-faible confiance dans l'efficacité des fumigations de goudron, de poix navale, de térébenthine ou de chlorures, et je serais même disposé, pour ma]?part, à considérer ces moyens comme plus nuisibles qu'utdes, par l'irritation qu'ils produisent en général et qui provoque la toux. Quant à l'isolement et à l'éloignement du chevet ou de la chambre des malades des autres enfants et de toutes autres personnes qui seraient susceptibles de contracter la coqueluche, et surtout au retrait immédiat des écoles et autres lieux publics des enfants chez qui la coqueluche vient de se déclarer, ce sont là des préceptes élémentaires et de première importance. Nul besoin de dire qu'en temps d'épidémie surtout la surveillance à cet égard doit redoubler, et qu'il est prudent de veiller également au régime habituel des enfants ; d'éviter tout écart , tout excès dans l'alimentation ; de prévenir et d'éviter surtout les occasions de refroidissement et aussi toutes les impressions morales trop vives, qui sont autant de conditions prédisposantes susceptibles de rendre les enfants plus aptes à contracter la maladie. Brochin.