CORNOUILLER
CORKIEB. Voy. Cornouiller. Pl.
CORXiiVE. La substance retirée par Geiger de l'extrait 'aqueux de la racine de Cornouiller à fleurs, et appelée par lui Cornine ou acide Comique, cristallise en aiguilles étoilées. Elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool, mais peu soluble dans l'éther. Sa saveur est amère. D.
CORNOUILLER. Comus. Genre de plantes Dicotylédones, que Jussieu avait placé dans la famille des Caprifoliacées, mais dont les botanistes actuels, suivant en cela de Candolle, ont fait le type d'une famille distincte, sous le nom de Cornées.
Les Cornouillers présentent comme caractères : un calice à tube adhérent à l'ovaire, surmonté de quatre dents qui représentent le limbe ; quatre pétales à estivation valvaire ; quatre étamines ; un ovaire surmonté d'un seul style. Le fruit est un drupe, couronné par les dents du calice, et dont le noyau contient deux, rarement trois loges. Une graine, solitaire dans chaque loge et pendante, contient, sous ses enveloppes, un albumen charnu entourant un embryon droit qui occupe toute la longueur de la graine.
Les Cornus sont des arbrisseaux ou des arbres, rarement des plantes herbacées, dont les feuilles sont le plus souvent opposées. Les fleurs, de couleur blanche ou jaune, sont disposées en tête ou en ombelles et munies alors, audessous de l'inflorescence, d'un involucre coloré, ou bien en corymbe et sans involucre. Les espèces de ce groupe sont répandues dans les contrées chaudes et tempérées de l'hémisphère boréal. Celles qui peuvent intéresser le médecin sont les suivantes :
1° Le Cornouiller mâle ou simplement Cornouiller [Cornus mas L.). C'est un arbrisseau ou un petit arbre à branches grisâtres, à rameaux pubescents portant des feuilles opposées, brièvement pétiolées, elliptiques acuminées. Les fleurs, qui paraissent avant les feuilles, sont jaunes, disposées huit ou dix en ombelles simples, munies d'un involucre à quatre folioles concaves. Le fruit est un drupe ovoïde ou elliptique, ayant environ 2 centimètres de long, rouge à maturité.
Le Cornouiller habite l'Europe centrale et méridionale, et l'Asie jusqu'au Japon. On mange son fruit mùr : il est acidulé et astringent. On l'employait chez les anciens pour arrêter les cours de ventre et on en faisait diverses préparations (robs, conserves). Le bois est dur, tenace, d'un grain fin et susceptible d'un beau poli : on en fait des roues de moulin, des manches d'outil. Quant à l'écorce, on lui a attribué des propriétés astringentes et même fébrifuges (décoction de 60 grammes envii'on par litre).
2" Le Cornouiller à fleurs [Cornus florida L.) est une espèce de l'Amérique du Nord, depuis la Caroline jusqu'au Canada. 11 a des feuilles ovales acuminées, des fleurs jaunes en ombelles venant après les feuilles ; des drupes ovoïdes rouges, moitié moins volumineux que ceux de notre Cornouiller. Ces fruits ont une amertume assez marquée, on en fait une liqueur en les laissant infuser dans l'eau-de-vie. Mais la partie la plus intéressante de la plante est l'écorce, qui est à la fois astringente et très-amère, et qu'on a employée fréquemment comme fébrifuge, en guise d'écorce de quinquina. On en a retiré un alcaloïde, qu'on a nommé Cornine. Les indigènes de l'Amérique emploient aussi l'infusion des fleurs dans les fièvres intermittentes et la colique venteuse.
5» Le Cornus sericea L'Hérit. vient dans les mêmes régions, et son écorce est employée de la même façon. C'est une espèce à rameaux lanugineux, por-
598 CORNUTIA.
tant des leiiilles ovales, couvertes à la face inférieure de poils soyeux couleur de rouille ; les fleurs sont en corymbe.
¥ Le Cornus circinnata L'Hérit., qui croît le long des fleuves de l'Amérique du Nord, depuis la Virginie jusqu'au Canada, est une espèce à rameaux verraqueux, à feuilles orbiculaires acuminées, rudes, blanches, tomenteuses à la l'ace inférieure. L'écorce est, comme les précédentes, amère et astringente, et employée contre la diarrhée et les lièvres intermittentes.
5° Le Cornus alba L., des mêmes régions, est remarquable par ses fruits d'un blanc de lait, semi-transparents. L'écorce est aussi astringente.
6" A côté de ces espèces américaines, et dans la même section des Cornouillers à fleurs en corymbe , se trouve le Cornouiller sanguin {Cornus sanguinea L.), aussi nommé Savignon, qui vient abondamment dans nos haies, et qui se trouve répandu dans presque toute l'Eui'ope et dans l'Asie moyenne et septentrionale. C'est un arbrisseau à jets d'un rouge sanguin, à feuilles opposées, ■ovales acuminées, à nervures convergentes. Les fleurs sont blanches ; les fruits, de la grosseur d'un pois, sont noirs, ponctués de blanc à maturité. Ces fruits sont amers, non comestibles, mais ils contiennent une assez forte proportion (le tiers environ de leur poids) d'ime huile qu'on mange dans quelques régions, mais qui n'est guère employée que pour brûler ou pour la fabrication des savons.
Le Cornus chilensis Molina n'appartient pas à ce genre, ni même à la famille; c'est V Aristotelia Macqui des auteurs modernes {voy. Aristotelia).
Matthiole. Commentaires de Dioscoride, II, 119. — Tournefort. Institutiones Bei herhariœ, 641, tab. 410. — Linné. Gênera, 149. Species, 171. — De Candolle. Prodromus, IV, m. — Duhamel. Traité des Arbres. Édit. Loiseleur-Deslongchamps, II, 149. — Margleron. Atiîiales de Chimie, XXXYIII, 174. — Murion. Journal de Pharmacie (1824), X, 298. — ■Grenier et Godron. Flore de France, II, 2. — Guieourt. Drogues simples, 7' édit., III, 196.
Pl.
CORIVUE. On donne le nom de Cornue à un vase de verre ou de terre, de porcelaine ou de métal, ayant une forme ovoïde spéciale. A sa partie supérieure et latérale existe un tuyau d'abord très-large qui va en se rétrécissant vers son extrémité. Dans une cornue on distingue trois parties qui reçoivent des noms différents : la Panse, la Voûte et le Col. La panse est la partie globuleuse et renflée dans laquelle sont disposées les matières à distiller ; elle répond par ses usages à la cucurbite. La voûte et le col remplissent les mêmes fonctions que le chapiteau de l'alambic.
La distillation à la cornue ne diffère pas essentiellement de la distillation à l'alambic, les alambics modernes étant de véritables cornues composées de deux pièces séparables [voy. Distillation). T. G.
COR^ViS. Voy. Cormier.
CORIMUTIA Plumier. Genres de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Verbénacées. Une seule espèce présente quelque intérêt, c'est le Cornutia pyramidata L., qui croît dans les Antilles et aussi sur les côtes du Mexique, dans la baie de Campêclie. C'est un arbrisseau à rameaux grisâtres, quadrangulaires, cà feuilles opposées, à pétioles décurrents, elliptiques ou ovales, atténuées aux deux extrémités, molles et blanchâtres au-dessous. Les fleurs en panicules terminales sont d'un bleu assez agréable ; elles ont un calice à quatre dents ; une corolle, plus longue que le calice, à limbe inégal à quatre divisions ;
CORONILLE. 599
quatre étamines''didynames dont les deux longues saillantes. Le fruit est un petit drupe à une seule semence.
On le trouve désigné dans certains auteurs sous le nom d'Agnanthe.
Le Cornutia pyramidata L. porte le nom de Bois des Savanes. On l'emploie dans la teinture en jaune.
Plumier. Gênera, 52. — Linniî. Horlus clif for fiâmes, 319. — Lamabck. Eucyclopédie. Illusirations des genres, tab. 541. — Endlicher. Gênera plantarum, n" 3714. — De Candolle. Prodromus, XI, 680. Pi..
COROMAIVDEL (CÔTE de). Voy. IIlNDOUSTAN.
COROÎV4 IMPERIALIS. Nom du Fritillaria imperialis L. [voy. Fritit,l.ure). Pl.
COROIVA SOLIS. Nom du Grand Soleil, Helianthus annuus L. {voy. \\\lianthe). Pl,
c:ORO^A TERRESTRIS. Nom donné au Lierre terrestre ou Glechoma hederacea L. [voy. Glechoma). Pi,.
COROIX'AIRE DU CŒUR (Artère et Veun'e). Les artères coronaires naissent de l'aorte à son' origine. Les veines coronaires se jettent dans roreilJelle droite par un seul orifice. Ces vaisseaux sont décrits à l'article Cœor. D.
COROIVAIRE LABIAI^E. Voy. Maxillaire externe et Lèvres.
CORO:maire (Plexus). Voy. Sympathique.
COROXAIRE STOnAcniQUE. Une des branches du tronc cœliaque [voy. CœuAQUE (Tron'c)].
COROXAli (Os) (de /.op'Jiii-t], partie recourbée). Synonyme d'os frontal («oy.
Crane).
COROXDE. Nom donné à la Cannelle et à ses nombreuses variétés dans l'ilo de Ceylan (iJoy. Cannelle). Pl.
COROXILI.A. {Voy. Coronille).
COROIVILLE. Coronilla Neck. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Légumineuses-Papilionacées. Les caractères de ce groupe sont surtout tirés du fruit, qui est une gousse articulée, cylindrique, marquée de deux, quatre ou six angles, droite ou presque droite. Chacun des articles contient une seule graine, oblongue ou ovale. La tige, le plus souvent ligneuse, porte des feuilles alternes, imparipennées ou plus rarement trifoliolées. Les fleurs, groupées en plus ou moins grand nombre sur un pédoncule commun, sont papilionacées et ont une cai"ènc acuminée et munie d'un rostre. Les étamines sont diadelphes.
Les Coronilles sont des plantes de nos pays, dont quelques espèces seulement ont été employées en médecine. Ce sont surtout ;
1° Le Coronilla Emenis L., le Colutea scorpioides des auteurs de la Renaissance, qu'on rencontre dans le midi de la France, depuis Bordeaux, Toulouse et les Pyrénées, jusqu'en Provence, et dans l'est jusque dans l'Alsace et la Lorraine. C'est un arbrisseau de 50 centimètres à 1 mètre 1/2 de hauteur, à tige