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CORPS GRAS

Les corps gras doivent iHre conservés dans un endroit frais, et autant que possible à l'abri du contact de l'air. Ils absorbent roxygcue de l'air, s'épaississent et prennent une saveur et une odeur désagréables ; on dit alors qu'ils ont ranci, et il faut les rejeter de l'usage médical. Ils doivent être renouvelés souvent. Les huiles liquides se conservent dans des vases qui ferment exactement. Les huiles solides se conservent bien en les coulant dans des fioles à médecine que l'on remplit entièrement et où elles se solidifient; on bouche ces fioles, et on les place dans la cave. Ce procédé, qui réussit bien, a été indiqué par Henri et Guibourt.

Nous avons dit que les corps gras sont composés de plusieurs principes gras, parmi lesquels trois surtout constituent la plupart des corps gras, soit d'origine végétale, soit d'origine animale, l'oléine, la margarine et la stéarine. Il résulte des travaux analytiques de M. Chevreul ([ue ces corps gras sont des éthers de la glycérine, qui ont reçu, depuis quelques années, le nom particulier de gli/cérides. Dans ses recherchos sur la synthèse des corps gras, M. Berthelot a démontré ({ue les huiles et les graisses naturelles sont des mélanges en proportions diverses des éthers saturés de glycérine, et que, lors de leur saponification, ils donnent, pour une molécule de cet alcool triatomique, trois molécules d'un acide monobasique. Dans les huiles ot les graisses employées comme véhicules ordinaires de la pharmacie (huiles d'olive, d'amandes, d'œillette, axouge et suif), la partie ll(|uide est formée par la trioléine, et la partie solide par la tristéarine, la trlmargarine (Berthelot) ou tripalmitine (lleintz).

L'oléine ou trioléine ne commence à se solidifier que vers — A°. Pure, elle est incolore, inodore et insipide; sa densité est comprise entre 0,90 et 0,92. Elle est insoluble dans l'eau et peu soluhle dans l'alcool, surtout à la température ordinaire. L'éther sulfurique la dissout presque en toutes proportions. Au contact de l'air, l'oléine absorbe lentement l'oxygène; soumise à l'action de la chaleur dans un appareil distillatoire, elle se vaporise en partie seulement, tandis que la masse se décompose en hydrocarbures gazeux ou liquides, en acide sébacique et en acroléine. L'acide hyponitrique la transforme en élaîdine. L'acide sulfurique donne de l'acide sulfoléique et de l'acide sulfoglycérique.

La stéarine ou tristéarine abonde dans certaines graisses, et particulièrement dans les suifs de mouton et de bœuf. Elle cristallise de ses dissolutions alcooliques ou éthérées sous la forme de petites lames nacrées brillantes. Lorsqu'elle a été fondue, elle se solidifie par le refroidissement en une masse incolore et homogène qui n'offre aucune apparence cristalline. Les auteurs ne sont pas il'accord sur le point de fusion de cette substance ; les uns lui assignent -H 64°, les autres un point de fusion transitoire à-f- 55", et un autre définitif à -f- 71°. L'alcool ne dissout sensiblement la stéarine qu'à la température de i'ébullition, et l'abandonne presque totalement à la température ordinaire ; l'éther bouillant la dissout en grande proportion et n'en conserve à -f- 15° que 1/225 de son poids.

La margarine ou trimargarine (Berthelot) ou tripalmitine (Heintz) existe dans la plupart des graisses et des huiles; elle est cristalline, incolore et inodore. Cette substance fond vers 60°, et lorsqu'elle est liquiéfiée, se solidifie seulement à 46°. L'alcool froid la dissout à peine, mais l'alcool et l'éther bouillants la dissolvent en grande quantité.

Les corps précédents composent, comme nous l'avons déjà dit, la majeure partie des graisses végétales et animales; leur union, en proportions différentes, est

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la cause de la consistance variable de ces produits. En refroidissant les corps gras et en les soumettant à la presse, on parvient à séparer assez exactement la partie fluide de la partie solide.

Les principaux corps gras usités en pharmacie sont les huiles d'amandes douces, de lin, d'olive, d'œillette, de noix, de chènevis, etc.; et parmi les graisses solides, l'axonge, le beurre de cacao, le suif, etc. T. Gobley.

CORPS DE niGnnoRE. Voy. Testicules.

CORPS iA'i\'om:vÉ (Giraldès). Voy. Corps de Wolff, III. CORPS JAIJ!\E. Voy. Fécondation et Menstruation. CORPS MYRTÏFORJIE. Voy. VagIIN.

CORPS OPTO-STRlÉ (CoRPS STRIÉ, CoucHE OPTIQUE). Les hémisphères cérébraux représentent, ainsi que Gratiolet l'a fait observer, deux bourses de substance grise, ouvertes en dedans et en bas. Au niveau de l'orifice qu'ils présentent, l'écoi'ce se termine par un bord net et tranché et laisse pénétrer dans l'intérieur de la bourse corticale le pédoncule cérébral. Celui-ci ne se continue pas directement avec la matière médullaire qui aboutit à la face interne ou profonde du revêtement cortical de l'hémisphère en formant la couronne rayonnante de Reil : des noyaux volumineux de substance grise, placés sur le trajet des expansions pédonculaires, sont autant de masses d' interruption où se jettent les faisceaux qui constituent les pédoncules et desquelles partent les irradiations médullaires qui vont se rendre à l'écorce du cerveau. Ces noyaux ont reçu le nom de ganglions du cerveau.

Il ressort de cette notion générale, d'une part que les faisceaux des pédoncules cérébraux qui s'étalent en éventail à leur entrée dans l'hémisphère sont interrompus dans leur parcours par ces amas de substance grise, et que ceuxci, d'autre part, marquant en quelque sorte une étape entre les expansions médullaires de la couronne de Pieil et les pédoncules cérébraux, occupent dans l'encéphale une situation intermédiaire entre les couches corticales, dont ils sont séparés par ces expansions médullaires, et la substance grise de la protubérance, du' bulbe et de la moelle à laquelle les rattachent les faisceaux des pédoncules cérébraux.

Cette double règle n'est pas sans exceptions; ainsi l'on peut considérer comme certain aujourd'hui que divers faisceaux blancs de l'hémisplière pénètrent dans le pédoncule cérébral sans avoir traversé les masses ganglionnaires du cerveau. L'on sait également qu'en un point, il est vrai très-limité, les noyaux gris connus sous le nom de ganglions confinent tout au moins à l'écorce des circonvolutions cérébrales.

Lorsqu'on ouvre le ventricule latéral du cerveau et que l'on examine sa paroi inférieure, en d'autres termes son plancher, on voit, dit Foville, se renfler, contournées de la région supérieure dans la région inférieure de ses cavités, deux éminences considérables inscrites l'une dans l'autre et formant une seule masse par leur union. La plus interne de ces éminences est appelée couche optique; l'externe, corps strié. La partie supérieure du pédoncule cérébral, que l'on nomme aussi son étage supérieur ou sa calotte [llirnschenkelhaube, tegmentuni), aboutit au renflement interne et postérieur qui la coiffe en quelque sorte

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et où elle paraît se terminer. Le renflement antérieur et externe ceint et limite la base du cône pédonculaire , base à laquelle on a donné le nom d'étage inférieur {crusta, pied du pédoncule, pes, Hirnschenkelfuss). L'on sait que les deux étages des pédoncules sont séparés par la substance noire de Sômmering.

Ainsi considérés dans leur ensemble, la couche optique et le corps strié représentent deux noyaux arrondis en massue, présentant en avant leur extrémité renflée. Le corps strié, antérieur, supérieur et externe, embrasse par la concavité de son bord interne le grosse extrémité de la couche optique. L'une et l'autre reçoivent par leur partie inférieure les expansions pédonculaires, dont les supérieures [tegmentum) abordent immédiatement la couche optique pour y disparaître, tandis que les inférieures, continuant leur trajet au-dessous et en dehors de la couche optique pour former en partie la capsule interne, vont se jeter au corps strié.

La partie externe de ces ganglions se continue avec les masses blanches qui remplissent la cavité delà bourse médullaire de rhémisj)hère. Knfm le canal circumpédonculaire (ventricule latéral et ventricule moyen réunis) environne d'arrière en avant l'extrémité postérieure, puis la face supérieure, puis la face interne de ces ganglions qui sont libres dans sa cavité.

Mais cette vue sommaire que donne l'inspection du plancher du ventricule latéral ne peut donner une idée du nombre, des rapports et de la disposition exacte de ces ganglions : il faut y joindre l'étude de coupes pratiquées suivant divers plans, soit de coupés frontales (transversales et verticales) ou sagittales (anléro-postérieures), enfin de coupes horizontales.

On voit alors qu'en dehors de l'éventail pédonculaire, sur un niveau inférieur à celui de la couche optique et du corps strié, se trouve un troisième ganglion de forme pyramidale, dont la base répond à l'insula de Reil, dont le sommet confine à la capsule interne et à l'extrême limite des expansions pédonculaires. C'est le noyau lenticulaire, qui, plongé en entier dans la masse de l'hémisphère, ne peut être découvert que par les coupes qui la divisent.

Ces trois ganglions sont séparés les uns des autres par une couche de substance blanche qui se continue en arrière et en bas avec le pied du pédoncule cérébral, sépare la couche optique, puis le corps strié du noyau lenticulaire, et paraît se jeter en avant dans la couronne rayonnante. C'est à cette couche de substance blanche que l'on donne le nom de capsule interne. Son étude est inséparable de celle des ganglions du cerveau.

Mais l'isolement des ganglions du cerveau n'est qu'apparent. Sur plusieurs points ils se continuent l'un avec l'autre, soit par une sorte de fusion de la substance grise qui les constitue, soit par des îlots ou des traînées de même matière, disséminés dans l'intérieur de la capsule interne et du pédoncule cérébral. Il n'est pas moins nécessaire d'étudier séparément leur configuration, leur texture et leurs rapports, pour réunir ensuite ces données par une vue d'ensemble que nous fournissent les coupes de cette région importanle où l'isthme de l'encéphale se joint au cerveau proprement dit.

Ajoutons que les auteurs modernes ont rangé parmi les ganglions du cerveau certaines masses de substance grise idont nous n'aurons pas à faire ici la description. Tels sont les tubercules quadrijumeaux que Meynert considère comme des ganglions de l'étage supérieur des pédoncules ; la substance grise du troisième ventricule (elle sera étudiée à propos des vemricules du cerveau) qu'il

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place avec le corps strié et le noyau lenticulaire parmi les ganglions de l'étage inférieur. On a encore classé parmi les ganglions du cerveau deux amas de substance grise qui nous sont déjà connus, Vavant-mur et le noyau amygdalien ; nous avons exposé ailleurs les raisons qui doivent faire séparer leur étude do celle des ganglions pour la rattacher à la description de l'écorce du cerveau. {Voy. Cerveau.)

Corps strié. [Corpora striata, ^Villis ; corps cannelés, Winslow ; anteriores medullœ oblongatœ processus, seu striata corpora superna anteriora, Yieussens; couche des nerfs etkmoïdaux, Cliaussier ; grands ganglions supérieurs du cerveau, Gall ; eminentia striata; Streifenhiigel ; noyau intra-ventriculaire du C. S.; nucleus caudatus, noyau caudé, Geschwânzterkem, Arnold.) L'étude de ce ganglion présente peu de difficultés-. On sait qu'il suffit d'ouvrir le ventricule latéral pour le découvrir presque en totalité et se faire une juste idée de ses rapports.

Il a la forme d'une virgule (Charcot), ou d'une pyramide dont la grosse extrémité est dirigée en avant et en dedans, dont la queue se tourne en haut et en dehors.

Sa face supérieure se présente d'abord. Elle se renfle d'arrière en avant sur l:i partie interne, puis sur la moitié antérieure du plancher de la corne frontale du ventricule latéral. Elle est recouverte par l'épendyme ventriculaire et parcourue par des veines très-apparentes qui vont se rendre dans la toile choroïdienne.

Sa face inférieure, dirigée en dehors, répond à la capsule interne qui la sépare du noyau lenticulaire. Pour l'isoler, il faut détruire de nojnbreux faisceaux de fibres qui pénètrent dans l'épaisseur du corps strié en venant de la capsule interne.

Son bord externe, situé à l'extrême limite de la cavité ventriculaire, répond aux fibres du corps calleux, à l'endroit où celles-ci pénètreut dans les masses blanches de la couronne rayonnante.

Son bord interne est marqué par un sillon où l'on observe la bandelette demicirculaire et la lame cornée. Ce bord embrasse par sa concavité la convexité que présente la face externe de la couche optique.

L'extrémité postérieure du noyau caudé s'effile en forme de pointe ou de queue; elle se termine en dehors d'un renflement considérable que nous décrirons bientôt sous le nom de pulvinar de la couche optique.

L'extrémité antérieure seule présente des counexious un peu plus complexes. Dix'igée en avant, en dedans et en bas, elle accompagne jusqu'à son extrême limite la corne antérieure du ventricule latéral. Sa partie la plus antérieure, arrondie, est en rapport avec la masse blanche du centre ovale qui répond aux circonvolutions du lobe frontal.

Elle est embrassée en outre par la réflexion du corps calleux qui constitue le genou de cet organe. Cette exti^émité, à laquelle on pourrait donner le nom de tête du noyau caudé se rapproche de la base du cerveau et elle arrive même au contact de l'écorce au niveau de l'espace perforé antérieur : toutefois elle n'affleure pas à la surface de l'hémisphère; elle est toujours recouverte par uue mince couche de substance corticale dont on peut suivre la continuité avec l'écorce du lobe olfactif, d'une part, avec celle de la circonvolution d'hippocampe, de l'autre, grâce à la disposition de la névroglie et des cellules nerveuses (Meynert). L'extrémité antérieure du corps strié est en rapport en

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dedans avec le septum hcidum sur la face externe duquel sa substance grise se prolonge jusqu'à 7 ou 8 millimètres de hauteur en lui formant un revèteaient que l'on désigne parfois sous le nom de noyau ou ganglion du septum lucidum.

Enfm l'extrémité antérieure du noyau caudé vient se fondre avec la substance grise de la zone la plus interne du noyau lenticulaire (lig. IX). Cette jonction des noyaux iutra et extra-ventriculaire se fait vers la base de l'hémisphère, au-dessous de la partie antérieure de la capsule interne qui les sépare.

Considéré dans son ensemble, dit Meynert, le noyau caudé présente une courbure concentrique à celle de l'hémisphère ; cette inflexion s'opère autour d'un axe transversal que représente en réalité le noyau lenticulaire.

La coîipe du corps strié offre à l'examen à l'œil nu une coloration grise parfaitement uniforme. Cette apparence homogène résulte de sa texture qui se présente en tous les points avec les mêmes caractères.

Les éléments nerveux qui le constituent sont plongés dans une matière interstitielle qui ne diffère en rien de la névroglie de la substance corticale de l'hémisphère. On y trouve un nombre assez considérable d'éléments dépourvus de protoplasma, de noyaux de névroglie.

Quant aux éléments nerveux, ils se composent de fibres nerveuses et de cellules : les fibres que l'on rencontre surtout au niveau du bord concave et dans tous les points où les faisceaux blancs abordent le noyau caudé, sont pourvues ou non de myéline. Leurs connexions avec les éléments cellulaires sont encore inconnues.

Ceax-ci peuvent, suivant Huguenin, se rattacher à trois formes différentes. On trouverait :

a Des cellules ganglionnaires multipolaires, présentant un diamètre de 50 i^. au moins, fortement pigmentées et pourvues d'un noyau. On ne sait rien encore de certain sur la constitution fibrillaire de leur protoplasma et de leurs prolongements, non plus que sur leur prolongement axile {Axen-cylinderfortsatz). — On voit qu'à cet égard l'étude des ganglions du cerveau est bien moins avancée que celle de l'écorce élucidée par les travaux récents d'un grand nombre d'auteurs {voy. Butzke. Studien ûher den feineren Bau der Grossldrnrinde, in Archiv f. Psychiatrie und Nervenkrankheiten, 111*^ vol.. 5'^ fasc, p. 575-600, 1873. — Gerlach. Ueber die Stnictur der grauen Substanz der menschlichen Grosshirns, in Centralbl. f. d. med. Wissenschnften, n°4, p. 273, 1872. — . E. RiNDFLEiscH. ZuT Kemituiss der Nervenendigung in der Hirnrinde, id., p. 277. — G. Golgi. Contribuzione alla fina anatomia degli organi centrali del sislema nervoso, in Rivista clinica, S. X. 8, p. 98, iiov. 1871. — F. BoLL. Zur Histologie und Histogenèse der nervusen Centralorgane, in Arch. f. Psych. und Nervenkranhheiten, et Centralblatt, n*^^ 15 et 14, 1875. — Voy. aussi Revue des Sciences médicales, I, p. 2, 5, 6 et 12, et II, p. 5, et l'article Cerveau) .

b Des cellules plus petites et multipolaires comme les précédentes ; comme elles aussi elles renferment souvent du pigment et elles présentent des prolongements ramifiés. On ne leur connaît pas de prolongement de cylindre-axe. — Elles ont 15 p. environ de diamètre.

c De toutes petites cellules, qui sont manifestement de nature nerveuse et qu'il ne faut pas confondre avec les noyaux de la névroglie ; elles n'ont que de

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5 à 10 f^t de diamètre et l'on ne sait rien de leurs prolongements et de leurs connexions.

Malgré l'opinion émise par Meynert, que de ces cellules parlent des fibres que l'on pourrait suivre soit au cervelet soit aux cordons de la moelle, on ne possède aucune donnée certaine sur les relations des fibres et des cellules du corps strié.

Henle a décrit autour des éléments nerveux et spécialement des cellules nerveuses du corps strié, de vastes lacunes renfermant des granulations plus ou moins nombreuses agglomérées autour d'un noyau unique qui finissait par se transformer lui-même en cellule nerveuse. Il est probable que cette apparence ne tient qu'à un artifice de préparation, et qu'Henle a été victime de l'erreur qui avait fait décrire à Obersteiner des fentes et des espaces lymphatiques autour des éléments nerveux situés en d'autres points des masses grises qui entrent dans la constitution du névraxe.

La partie inférieure de l'extrémité antérieure du noyau caudé, au niveau du point où elle est contiguë à la substance perforée antérieure, se distingue néanmoins du reste de ce ganglion : 1 " par l'accumulation de cellules nerveuses de petites dimensions; 2» par l'existence de grains extrêmement fins (6 j;.), agglomérés et réunis en masses serrées. Ces éléments que l'on ne rencontre que dans l'écorce du lobe olfactif, semblent indiquer des rapports étroits entre cette circonscription de l'hémisphère et la masse de substance grise qui vient d'être mentionnée et que l'on décrit en général comme une dépendance de la tête du noyau caudé.

11 reste, après cet aperçu des rapports du noyau caudé et de sa texture, à envisager ses connexions avec les différents points des centres nerveux. Ce ganglion, de même que les autres masses grises centrales de l'hémisphère, reçoit, et ce fait est hors de doute, des irradiations médullaires qui partent de l'écorce de l'hémisphère, tandis que d'autres faisceaux de fibres nerveuses en partent pour gagner le pédoncule cérébral. Luys d'une part, Meynert à Vienne et Hugucnin à Zurich de l'autre, se sont appliqués à préciser ces relations, mais les résultats auxquels ils sont arrivés diffèrent par un grand nombre de points essentiels, et l'exposé de leurs recherches présente encore plus d'hypothèses que de faits.

{° Les fibres qui unissent l'écorce du cerveau au noyau caudé peuvent, suivant Meynert, se répartir en quatre groupes ; ce sont :

a Des faisceaux irradiés qui proviennent de toute la longueur de la convexité de l'hémisphère. Ces faisceaux se rendent à toute la longueur du noyau caudé, de sa tête à sa queue. Tirent-ils seulement leur origine de la 5^ circouvolutioii fondamentale, ainsi que paraît l'indiquer la dissection d'un cerveau durci dans l'alcool? C'est ce que l'on ne saurait affirmer, car l 'entre-croisement inextricable des fibres du corps calleux avec celles de la coui'onne rayonnante empêche de poursuivre le trajet de ces feuillets médullaires au delà du voisinage immédiat du corps strié. Quoi qu'il en soit, ce système de fibres aborde le noyau caudé par son bord externe convexe, et la prépondérance de volume que présente l'extrémité antérieure de ce ganglion peut faire supposer que c'est du lobe frontal du cerveau que procèdent le plus grand nombre des fibres de la couronne rayonnante qui se rendent au corps strié (Huguenin).

b L'écorce du lobe olfactif est rattachée par des faisceaux blancs au corps strié. Cette connexion qui a surtout été signalée par Meynert et Huguenin sur

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(les animaux à lobe olfactif développé, aurait besoin, suivant Huguenin, d'être confirmée par des recherches nouvelles.

c 11 en serait de même des rapports admis par Meynert entre la lame cornée et la tète du noyau caudé. Cette mince bandelette, qui paraît tirer son origine soit du noyau amygdalien, soit du revêtement cortical de la poinle du lobe sphénoïdal qui lui est sous-jacent, chemine dans le sillon intermédiaire à la couche optique et au corps strié ^our se perdre dans la partie la plus antérieure du corps strié. Mais cette disposition, comme la précédente, exige pour être admise une vérification anatomique qui lui fait encore défaut.

d Enfin la substance grise du septutn bicidum serait reliée par le faisceau médullaire que l'on décrit sous le nom de pédoncule du septiim bicidum à la tête du noyau caudé près de sa base.

Pour Luys, au contraire, la majeure partie des faisceaux médullaires qui partent des différents points de la périphérie corticale, vont aboutir à la couche optique. Quelques-uns, seulement, en proportion bien moindre, ne font que s'accoler successivement aux régions externe et inférieure de ce ganglion ; puis après avoir décrit un trajet spiroïde plus ou moins étendu, de haut en bas et de dedans en dehors, ils se réfléchissent brusquement sur eux-mêmes, au niveau du sillon de séparation de la couche optique et du corps strié ; on les voit en dernière analyse se distribuer sous forme de fibrilles grisâtres et incurvées au sein de la substance grise du corps strié, qu'ils relient de la sorte à la périphérie corticale.

Ces divergences d'opinions tiennent à la grande difficulté des constatations anatomiques précises, quand il s'agit de reconnaître la distribution, les rapports, et le parcours de chacun des faisceaux nerveux qui constituent l'inextricable entre-croisement de la masse médullaire de l'hémisphère.

On les retrouve, quand il s'agit d'apprécier les connexions qui unissent le noyau caudé au pédoncule cérébral et par son intermédiaire aux régions inférieures du névraxe.

2° Les faisceaux nerveux qui partent du corps strié pour gagner le pédoncule cérébral, constituent une partie importante de l'étage inférieur de ce dernier. Voici comment Meynert et Huguenin décrivent leur disposition.

Le bord externe du noyau caudé peut être considéré comme son pôle central^ celui qui reçoit les irradiations corticales destinées à ce ganglion. Son bord interne représente son pâle périphérique, au niveau duquel se détachent les tractus nerveux qui vont se rendre au pédoncule cérébral. De la concavité de ce bord partent des faisceaux, disposés en éventail, qui traversent le plan supérieur des fibres de la capsule interne, à la constitution de laquelle ils prennent part (fîg. I, c). Ils se dirigent obliquement en bas et en arrière, passent entre le noyau caudé et le noyau lenticulaire, puis entre ce dernier et la couche optique et vont gagner la partie du pédoncule cérébral sous-jacente à la substance noire de Sômmering, c'est-à-dire l'étage inférieur, le pied du pédoncule.

Meynert décrit encore un faisceau de fibres dont le trajet plus compliqué est parallèle à la bandelette optique au niveau du point où celle-ci coupe obliquement la direction du pédoncule cérébral. Ce faisceau, naissant de la pointe du noyau caudé, émerge du bord externe du pied du pédoncule pour croiser sa face inférieure et se confondre avec les fibres les plus internes du pédoncule.

Suivant Luys, du corps strié partiraient non-seulement des expansions qui, traversant le pédoncule cérébral, iraient se continuer avec les libres spinales

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