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DICT. ESC. XX

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antérieures, mais encore des faisceaux qui, entrant dans la constitution du pédoncule cérébelleux supérieur, uniraient le noyau intra-ventriculaire au cervelet. Pour admettre cette disposition, Luys se fonde sur la distribution qu'il assigne aux libres des pédoncules cérébelleux supérieurs. Ces fibres, au sortir des noyaux

olivaires, s'accoleraient aux fibres c spinales ascendantes et cbemine-

raientavec elles jusqu'aux noyaux gris du corps strié.

Weynert paraît également avoir admis que certaines fibres venant du corps strié vont se jeter dans le cervelet. Mais pour cet auteur le trajet de ces fibres serait différent de celui que Luys assigne aux faisceaux qui, d'après lui, unissent le noyau caudé au cervelet. Au lieu de se jeter dans le pédoncule cérébelleux supérieur au niveau de l'olive rouge, elles accompagneraient le pédoncule cérébral jusqu'au voisinage de la protubérance où elles s'infléchiraient pour gagner les moitiés latérales du cervelet.

Iluguenin, au contraire, révoque en doute les connexions admises par Meynert entre les cellules du corps strié et les expansions cérébelleuses.

Ajoutons que Luys pense avoir pu suivre jusqu'aux grosses cellules du corps strié les tubes nerveux du pédoncule cérébral, et croit avoir surpris la continuation de ces éléments avec les prolongements de ces cellules.

On voit la distance qui sépare, sur ces différents points, les idées de Luys des descriptions plus récentes de Meynert et de Huguenin.

Noyau lenticulaire. (Dans les descriptions anciennes, le noyau lenticulaire se trouve confondu dans la même description que le noyau caudé ; mais tandis que celui-ci, plus facile à étudier et à découvrir, attire l'attention de tous les anatomistes, la forme, les rapports si importants du noyau lenticulaire sont à peine mentionnés. 11 se trouve néanmoins désigné par les noms de corpus striatum externum, Rolando; corpus striatum infernum, exterius ac anterius, Yieussens ; Jioyau extra-ventriculaire du corps strié, de la plupart des auteurs. Enfin Arnold divise le corps strié en deux portions, dont la première, le noyau caudé, nucleus caudatus, Geschwcinzter Kern, nous est déjà connue, et dont la seconde, répondant au noyau extra-ventriculaire, est désignée par Burdacli sous le nom de nucleus lentiformis, Linsenkern, noyau lenticulaire.) — Le noyau lenticulaire ne peut être découvert que par la dissection pratiquée sur des cer-

Fig. I. — Fibres directes du pédoncule allant à la substance corticale du lobe occipital, schéma d'après Huguenin.

A, Noyau caudé. — B, Noyau lenticulaire. — C, Fibres pédoncuiaires allant au corps strié. — D, Fibres directes.

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veaux durcis ou par des coupes. Il est plongé dans la masse de riiémisphère cérébral qui l'entoure, mais la situation qu'il occupe près de la base de cet hémisphère fait qu'en certains points il coniine à la partie profonde de son revêtement cortical, dont il n'est séparé, en d'autres endroits, que par une mince couche de substance blanche dont on peut aisément l'isoler (capsule externe). Enfin il est séparé des autres ganglions par la capsule interne, à travers et audessous de laquelle il se continue néanmoins avec le noyau caudé.

Lorsqu'on l'étudié sur un certain nombre de coupes horizontales, transversales et antéro-postérieures, le noyau lenticulaire apparaît sous l'aspect d'un coin ou plutôt d'un cône irrrégulier de substance grise dont la base, regardant en dehors et en avant, correspond au lobule de l'insula, dont le sommet, dirigé en dedans et en arrière, se tourne vers la couche optique et vers la lame cornée qui la borde, séparé de ces parties par l'expansion pédonculairc qui se continue avec la capsule interne. Son diamètre antéro-postérieur est le même que celui du lobule de l'insula : il est donc débordé en avant par le noyau caudé, en arrière par la couclie optique. C'est au niveau de la commissure molle (commissure grise) et, par conséquent, du bord antérieur de la couche optique, que son diamètre vertical atteint ses plus grandes dimensions.

Ce sont surtout, suivant lienle, des coupes transversales qui donnent une idée exacte de sa forme triangulaire. Â la partie postérieure de l'hémisphère, au voisinage des tubercules mamillaires, l'angle que tourne en dedans le noyau lenticulaire est obtus {voy. plus loin fig. XI, 12). Plus en avant, le diamètre vertical de cette masse grise diminue, et l'angle qu'elle présente vers la capsule interne est aigu (fig. X, 12). Puis tout à fait vers les régions antérieures, au niveau de l'extrémité de la corne frontale du ventricule latéral, cet angle s'arrondit de nouveau, et la coupe transversale, au lieu de revêtir une forme triangulaire, donne plutôt l'aspect d'une masse grise lenticulaire (Henle). On voit, d'après ce qui précède, que la direction générale du noyau lenticulaire est plutôt transversale, qu'il est situé au-dessous et en dehors des autres ganglions. Ainsi que Meyiiert le fait remarquer, il constitue, en quelque sorte, l'axe transversal autour duquel est contourné le noyau caudé.

La base du noyau lenticulaire correspond aux circonvolutions de l'insula dont elle est séparée : \° par une couche de substance blanche sous-jacente à ces circonvolutions {fasciculus uncinatus) ; 2" par une couche de substance grise, l'avant-mur [claustrum, Vormauer) ; o" par une deuxième couche de substance blanche, dont les fibres affectent une disposition parallèle, au moins en trèsgrande partie, à la surface de l'hémisphère et de l'avant-mur. Cette couche est connue sous le nom de capsule externe (fig. Il, K, AM, cap. ex).

Nous avons dit au long les raisons qui doivent faire considérer l'avant-mur comme une dépendance de la couche profonde de l'écorce cérébrale [voy. Cerveau, p. 161 et 181), et qui empêchent de le décrire avec Luys comme une couche de substance grise linéaire appartenant au corps strié, avec Arnold, comme le noyau externe du corps strié. Relevons seulement ici le fait suivant : ceux qui ont identifié l'avant-mur aux ganglions du cerveau se sont fondés sur les connexions que ces deux couches de substance grise affectent l'une avec l'autre vers la base de l'hémisphère. Ces connexions sont réelles, elles ont été reproduites dans les photographies de V Iconographie des centres nerveux de Luys, dans les planches de l'ouvrage d'anatomie de Henle (III« Ed., 2*^ Abth., fig. 187). Mais il suffit de regarder ces planches, ou mieux encore d'étudier au moyen de

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coupes cette prétendue fusion de l'avant-mur et du noyau lenticulaire, pour remarquer que celle-ci s'opère au niveau du point où le noyau lenticulaire se juxtapose à la substance corticale de l'espace perforé antérieur, à laquelle vient se confondre l'avant-mur. Sans même invoquer les caractères histologiques qui séparent ce dernier des ganglions pour le rapprocher de l'écorce, cette disposi-

Fig. II.

1,2,5, Noyau lenticulaire (globus palUdus, 2 et 3; putamen, \). — B, Portion basilaire du noyau caudé. — Iw, Écorce de l'insula. — K, fasciculus unciiiaius. — A M, Avant-mui-. — Cap. ex., Capsule externe. — Cap. in., Capsule interne. — G. A, Commissure antérieure. — H, .Nerf optique. — A, Commissure de la masse de substance grise des cavités centrales. — G, Pilier ile?cendant du trigone. — V, Substance grise du troisième ventricule. — Coi et Coe, Parties interne et extei-ne de la couclie optique. — Ne, Noyau caudé. — Fj, Fibres émanées du tapetum. — F», Fibres émanées des deux segments internes du noyau lenticulaire. — Z, ST, L, Schl., Les quatre coui;hes de la substance innominée. (Figure d'après Meynert, reproduite dans les leçons de M. Cbarcot, rédigées par M. Bourneville, à l'obligeance desquels nous en devons la communication ainsi que celle des fig. 1, III, VI, XIII, XIV.)

tion, que l'on peut aisément suivre le scalpel à la main, montre une fois de plus les rapports étroits qui unissent la couche profonde des circonvolutions cérébrales et l'avant-mur.

Quoi qu'il en soit, la capsule externe n'adhère que faiblement à la base du noyau lenticulaire, et il est facile de l'en séparer. La base du noyau lenticulaire . se présente alors sous forme d'une saillie légèrement convexe en dehors, ovale et plus allongée d'avant en arrière que haute.

La face supérieure du noyau lenticulaire est la plus étendue ; elle répond au développement de la capsule interne (fig. II, cap. in), qui la sépare du noyau caudé et de la couche optique placés au-dessus et en dedans de lui. La capsule interne est d'ailleurs traversée, surtout dans ses régions antérieure et supérieure, par de nombreux tractus de substance grise qui établissent une continuité réelle entre les noyaux intra et extra- ventriculaires du corps strié.

h' extrémité antérieure du noyau lenticulaire, volumineuse et arrondie, plonge jusque dans l'intérieur du lobe frontal du cerveau.

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Son extrémité postérieure s'atténue et vient se terminer auprès et en dehors du corps genonilié externe.

La face inférieure présente une étude beaucoup plus complexe ; presque immédiatement contiguë à la face inférieure de l'hémisphère, elle s'unit à plusieurs amas de substance grise, dont les uns doivent être considérés comme une dépendance de l'écorce cérébrale, dont les autres appartiennent au groupe des ganglions.

La tête du corps strié (noyau caudé) se recourbe, on le sait, en avant et en bas, en recouvrant les parties latérales de la commissure cérébrale antérieure. Son extrémité antérieure vient, avons-nous dit, se confondre avec la substance irise de l'espace perforé antérieur; mais précisément à ce niveau, ce même amas de substance grise est en continuité avec l'extrémité antérieure de la face inférieure du noyau lenticulaire.

Ainsi, tout à fait à la base du cerveau se trouve une accumulation très-considérable de substance grise, oij viennent se réunir et en quelque sorte se fondre l'écorce des circonvolutions d'une part, les extrémités du noyau caudé en avant et en dedans, du noyau lenticulaire plus en arrière, et la partie inférieui^e de l'avant-mur en dehors. C'est la substance grise de l'espace perforé antérieur. Mais à ce niveau même apparaissent, entre les extrémités antérieures des noyaux intra et extra-ventriculaires du corps strié, des tractus blanchâtres, qui, augmentant d'épaisseur et de nombre à mesure que l'on s'éloigne de la base du cerveau, finissent par séparer entièrement le noyau lenticulaire du noyau caudé ; ce sont les tractus les plus inférieurs et les plus antérieurs de la capsule interne.

Un autre point de l'écorce cérébrale affecte des relations avec le noyau lenticulaire. Sur des coupes transversales portant un peu en arrière de l'espace perforé antérieur, on voit au-dessous du noyau lenticulaire une masse grise, arrondie, située à l'extrémité du lobe sphénoïdal, avec le revêtement cortical duquel elle se continue et dont elle est une dépendance. C'est le noijau amijgdalien qui se confond, en outre, avec la substance grise de l'espace perforé antérieur en avant, et qui vient se mettre en contiguïté avec la face inférieure du noyau lenticulaire par sa partie la plus supérieure.

Enfin la commissure antérieure, après avoir passé au-dessous du noyau caudé, s'engage sous la face inférieure du noyau lenticulaire (fig. II, CA), dont elle traverse même une partie de l'épaisseur, pour aller se perdre dans les masses blanches du lobe sphénoïdal.

Les coupes du noyau lenticulaire, qu'elles soient dirigées transversalement ou diuis le sens horizontal, font immédiatement reconnaître que sa texture est loin d'être aussi homogène que celle du corps strié. Sans parler des nombreux tractus médullaires blanchâtres qui s'irradient de son sommet vers sa base, sa masse est divisée en trois zones [articuU, GUeder) superposées en dedans et en dehors, par deux couches de substance blanche concentriques, disposées suivant des surfaces courbes parallèles à la base de ce ganglion. Ces couches ont reçu le nom de lames médidlaires (fig. 11, 1, 2, 3).

Les deux zones internes se distinguent de la zone externe par leur couleur grisâtre beaucoup moins foncée que la sienne (Burdach a désigné les premières par le terme deglobus pallidus, la dernière par celui de putamen). Celte différence d'aspect est due à ce que la zone externe n'est traversée que par les tractus médullaires qui y prennent naissance, tandis que les deux zones internes, indé-

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pendammcnt des fibres nerveuses qui y trouvent leur origine, sont sillonnées par les tractus médullaires qui naissent de la zone externe, et surtout par ceux qui proviennent des lames -médullaires et qui s'infléchissent de dehors en dedans pour gagner la capsule interne en traversant les zones internes du noyau lenticulaire. Du reste, ce ganglion présente, comme le noyau caudé, des cellules nerveuses de grandes dimensions en quantité très-notable, et, suivant Meynert, le grand axe de ces éléments serait parallèle à la direction des tractus médullaires du noyau lenticulaire. Le nombre des cellules nerveuses et des fibres réduit à de faibles proportions la substance interstitielle qui unit ces éléments, tant dans le globus pallidus que dans la zone externe.

Quant à la provenance des fibres médullaires qui abordent le noyau lenticulaire {système de projection de premier ordre, de Meynert; système convergent supérieur, de Luys), et à la distribution dos tractus médullaires qui en proviennent ou qui le traversent {système de projection de deuxième ordre, de Meynert ; système convergent inférieur, de Luys), voici ce que permet de reconnaître un examen attentif de leurs connexions :

L'extrémité antérieure, si volumineuse, du noyau lenticulaire paraît recevoir des irradiations médullaires venant des circonvolutions du lobe frontal : ce sont les plus nombreuses. Son extrémité postérieure, amincie, se réduisant presque à un bord étroit et comme déchiqueté, est tournée vers le lobe sphénoïdal dont elle ne reçoit que des expansions en rapport avec l'exiguïté de la masse médullaire qu'elle constitue.

La base du noyau lenticulaire par son bord supérieur, ses lames médullaires par leur extrémité supérieure, se continuent avec des expansions puissantes qui naissent du lobe pariétal et viennent plonger dans la substance de ce ganglion. Enfin, de l'insula partent des fibres médullaires qui s'y rendent; mais cellesci, au lieu d'aborder la zone externe par sa convexité tournée du côté des circonvolutions de l'insula, se dirigent d'abord en haut, en suivant, d'après la description de Meynert, un trajet très-compliqué, se réfléchissent ensuite de dehors en dedans au-dessus du bord supérieur du noyau lenticulaire, se placent au côté externe des faisceaux qui constituent la capsule interne, et plongent de haut en bas dans la masse grise du ganglion (fig. II, Fa).

Les faisceaux qui partent du noyau lenticulaire pour se rendre dans les parties inférieures de l'axe nerveux vont tous gagner l'étage inféiieur {pied) du pédoncule cérébral : le plus grand nombre d'entre eux provient soit des zones mêmes du noyau lenticulaire, ils rayonnent de la base de ce ganglion à son sommet, au niveau duquel ils pénètrent dans la capsule interne ; soit des lames médullaires. Les tractus qui entrent dans la constitution de ces dernières, après un trajet plus ou moins prolongé, se réfléchissent de dehors en dedans et, traversant la masse grise du globus pallidus, vont se joindre aux précédents pour se jeter au pied du pédoncule cérébral. D'autres faisceaux, moins nombreux, situés d'abord dans les lames médullaires, les suivent jusqu'à la face inférieure du noyau lenticulaire ; là, ils se réfléchissent de dehors en dedans, ils côtoient la face inférieure du ganglion de laquelle ils émergent, croisent la partie inférieure de la capsule interne et la naissance du pédoncule cérébral, dont ils vont former les fibres les plus internes, destinées probablement à s'entre-croiser avec leurs congénères dans les régions supérieures de l'isthme, pour gagner les noyaux d'origine des premiers nerfs crâniens (fig. II, SchL). Ces faisceaux à direction transversale, qui croisent à sa partie inférieure le pied du pédoncule cérébral

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011 décrivant un trajet parallèle à la bandelette optique, forment l'étage supérieur de ce cordon si complexe par ses origines et ses connexions, qui est connu sous les noms de siibstance innommée (Reil), cVanse pédonculaire (Gratiolet), de Linsenkernschlinye (Burdacli).

Telle est la description que Meyncrt et Huguenin font des rapports qui unissent le noyau lenticulaire aux autres masses grises de l'encéphale. Nous n'avons rien à y ajouter-, après l'avoir reproduite sous toutes réserves, car les autres

Fig. m. — Disposiliou des fibres qui se rendent aux ganglions et à la capsule interne, d'après Huguenin. i\C, Noyau caudé. — CO, Couche optique. — NL, Noyau lenticulaire. — AM, Avant-mur. — CE, Capsule externe. — CI, Capsule interne. — PP, Pied du pédoncule. — CA, Corne d'Ammon. — lA, Insula. — FL, Fibres du pédoncule allant au noyau lenticulaire. — FC, Fibres du pédoncule allant au noyau caudé. — FS, Fibres du noyau lenticulaire qui vont au lobe spbénoïdal. — FM, Fibres du noyau lenticulaire qui se rendent à l'écorce. — FK, Fibres du noyau caudé cjui vont à l'écorce. — FT, Fibres do la couche optique qui vont à l'écorce. — Fibres directes du pédoncule à travers la capsule interne.

anatomistes, et notamment Luys, n'ont pas abordé cette étude avec les mêmes détails et ont confondu dans leurs recherches les relations des noyaux intra et extra-ventriculaires du corps strié.

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Que l'on jette, après ce court aperçu, un coup d'œil d'ensemble sur la disposition de ces deux ganglions. Leurs relations, que l'on peut saisir même à un examen superficiel, leur structure, leurs rapports avec les autres parties de l'encéphale, tous leurs caractères révèlent une analogie qui doit les faire confondre en une même description et qui justifie l'expression uniforme de corps striés, sous laquelle ils ont été confondus.

Le noyau caudé et le noyau lenticulaire s'unissent non-seulement par une sorte de fusion de leurs extrémités antérieures, mais par de nombreux amas de substance grise qui s'étendent de l'un à l'autre en traversant la capsule interne. Les mêmes éléments enti'ent dans leur constitution, qui se fait remarquer par sa pauvreté en névroglie. Tous deux reçoivent, de la façon la plus manifeste, des irradiations médullaires nombreuses des lobes frontal et pariétal du cerveau, des expansions plus rares des lobes inférieur et postérieur. Au contraire, leurs connexions avec l'ccorce des circonvolutions, la substance grise de l'espace perforé antérieur, le noyau amygdalien, l'avant-mur, se réduisent à une simple juxtaposition que fait encore mieux ressortir, la texture si différente des ganglions et de ces masses grises corticales.

Enfin, ces deux ganglions envoient leurs expansions centrifuges dans l'étage inférieur du pédoncule cérébral. Aussi l'expression de Meyuert, qui les désigne sous le nom de ganglions du -pied du pédoncule, est-elle parfaitement justifiée. Les corps striés intra et extra-ventriculaires ne sont néanmoins pas les seuls ganglions dont partent les faisceaux de l'étage inférieur du pédoncule cérébral. Un certain nombre de ces derniers, ceux surtout qui contribuent à former les régions moyenne et mterne des cuisses du cerveau, paraissent provenir de la substance noire de Sômmering. Aussi Meynert et Huguenin placent-ils l'étude de celle-ci à côté de la description des corps striés. Nous ne pouvons que signaler ici cette assimilation, le pédoncule cérébral et les masses grises qu'il renferme devant trouver ailleurs une mention moins sommaire.

Couches optiques. ( Thalami optici , Galien ; thalami nervorum opticormn, Willis; striata cor pora poster ior a seu crura medullœ oblongatœ, Yieussens ; collicidi nervorum opticorum, Sœmmering ; couches des nerfs ocidaires, Chaussier ; grands ganglions inférieurs du cerveau , Gall ; thalamus, Sehhûgel.)

Ce sont deux renflements, que l'on aperçoit sur le plancher des ventricules latéraux, en arrière et en dedans des noyaux caudés du corps strié, qui les embrassent par leur concavité interne; au-devant des tubercules quadrijumeaux; au-dessus du pédoncule cérébral qui s'engage sous leur face inférieure. Telles qu'on les considère lorsqu'on a ouvert les cavités ventriculaires en enlevant le corps calleux et le trigone cérébral, les couches optiques répondent assez bien à la comparaison par laquelle Burdach les assimile à une « paire de boutons qui jeposent sur les pédoncules cérébraux ». Mais si, au lieu de se borner à les étudier par leur face supérieure, on les suit d'avant en arrière, on trouve que leur disposition est beaucoup plus compliquée. Vers leur partie postérieure, elles se recourbent de haut en bas, entourent, dans cette réflexion, la partie postérieure des pédoncules cérébraux au moment oîi ceux-ci pénètrent dans l'hémisphère, et se continuent au-dessous d'eux avec l'origine des bandelettes optiques qui croisent la face inférieure des pédoncules pour venir s'unir entre elles au niveau du chiasma des nerfs optiques. Si donc l'on se figure la couche optique séparée des autres parties de l'encéphale, elle se présente comme une masse

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renflée en massue à son extrémité supérieure et antérieure, s'amincissant en arrière et en bas pour donner naissance à la bandelette optique, masse enroulée autour d'un axe que représente en réalité le pédoncule cérébral.

Au point de vue purement descriptif, la couche optique présente à étudiei' une face supérieure, yne foce interne, une extrémité supérieure et antérieure, une extrémité postérieure et inférieure, enfin une face externe dont les rapports ne peuvent être envisagés que sur des coupes, principalement sur des coupes transversales.

La face supérieure, convexe, fait partie du plancher des ventricules latéraux. Elle est donc en rapport avec la toile choroïdiennc et avec le trigone cérébral qui la recouvrent. Cette face est sillonnée d'avant en arrière, et un peu obliquement de dedans en dehors, par une dépression peu profonde où sont reçus les plexus choroïdes des ventricules latéraux. La partie de la couche optique qui est située en dehors de ce sillon présente un renflement allongé, plus prononcé vers son extrémité antérieure.

Vieussens a décrit cette saillie sous le nom de corpus album subrotundum, on la désigne encore par la dénomination de tubercule supérieur de la couche optique. {Tub. superius anterius.)

La face interne, verticale,

ne se sépare de la précédente

que par sa direction, et par la

délimitation qu'établit entre

elles le pédoncule antérieur

de la glande pinéale (fig. IV,

h, i). Cette face constitue la

majeure partie de la paroi latérale dn YPntripiilp mnvpn ''' ^"""^^^ longitudinale du chiatma. - b. Groupe inféiieur des leidie au ^eniriCUie moyen, f,bresqui vont au thalamus.- c, Corps mamiUaires.-rf, Pilier mais elle est recouverte dans antérieur du trigone.— /", Commissure antérieure. —g, Corps .- . / • . ■ stiié. — h. Couche optique. — i. Glande pinéale. — k, Tub.

ses parties antérieures et in- quadrijumeaux.

férieures par une couche de

substance grise, qui, se continuant jusqu'au tuber cinereum, est généralement

séparée de l'étude de la couche optique et décrite sous le nom de substance

grise du troisième ventricule.

Il faut mentionner ici l'union qu'établit entre la face interne des deux couches optiques une sorte de pont de substance grise ; sa coloration, sa faible consistance qui fait qu'il se déchire pour peu que les couches optiques aient de la tendance à s'écarter, l'ont fait nommer commissure molle, grise ou moyenne. Elle réunit l'extrémité antérieure de ces deux ganglions; sa coupe est ovalaire le plus souvent, et son diamètre antéro-postérieur est le plus considérable de tous (7 millimètres sur 5 de hauteur verticale). Son bord antérieur est plus épais que son bord postérieur. Vicq d'Azyr, Wenzel et Meckel ont constaté l'existence de deux commissures molles superposées ; mais son absence a été notée plus souvent que l'anomalie contraire. Meckel ne l'aurait vue manquer que trois fois ; Wenzel aurait signalé son absence dans dix cas sur soixante-six cerveaux qu'il avait examinés à ce point de vue. Mais la facilité'avec laquelle cette commissure

FiK

IV. — Origine des libres qui vont à la couche optique, suivant Huguenin.

CORPS OPTO-STRIE.

sû rompt sans laisser de traces doit mettre en garde, ainsi que le t'ait observer Ilenle, contre ce chiffre, probablement exagéré.

La substance grise du troisième ventricule est séparée de la face interne de la couche optique par un sillon antéro-postérieur, le sillon de Monro {sidcus Monroi, lleichert) . Ce sillon, qui mai'que une délimitation assez nettp entre ces deux masses grises dont la première recouvre l'extrémité inférieure de la seconde, commence à trois ou quatre millimètres au-dessus du plancher du ventricule moyen, en avant de l'orifice supérieur de l'aqueduc de Sylvius, et se poursuit d'arrière en avant sur la face latérale de cette cavité, jusqu'au trou de Monro, au niveau duquel il rencontre la bandelette demi-circulaire.

\J extrémité antérieure de la couche optique est arrondie; elle présente une largeur de seize millimètres environ (Henle). Le pédoncule antérieur de la glande pinéale {tœnia thalami optici; stria meclullaris thalami optici ; stria pinealis; obères Markhlatt des Conarium, Reichcrt) y prend naissance en se réunissant au pilier antérieur du trigone. Celui-ci contourne cette extrémité antérieure, en laissant entre elle et lui un vide qui fait communiquer le ventricule moyen avec les ventricules latéraux : c'est le trou de Monro [foramen Monroi) .

V extrémité postérieure et inférieure par laquelle la couche optique embrasse et contourne le pied du pédoncule cérébral, est plus complexe encore. En dedans du sillon qui divise en deux parties la face supérieure de la couche, et qui

c...... )JM'Z L c.,,

Fig. V. — Face inférieure de la couche optique, d'uprès Henle. C.cb, FéJoncule c^Tébral. — P. y, Pulvinar. — C.gm, Corps genouillé inlenie. — G.fjl, Corps genouiUé externe. — 11', Bundeletle optique. — C.o, Cliiasma. — S.pa, Substance perforée antérieure. — C.q', C.q^, Tubercules quadrijumeaux postérieur et antérieur. — C.cq, Pédoncule supérieur Ju cervelet. — t Section ([ui a permis de rejeter en dehors le lobe sphénoïdal dont on voit les circonvolutions internes, pour découvrir l'espace perforé. — S. t, Stria terininaiis.

loge les plexus choroïdes des ventricules latéraux, on voit la couche optique se renller et présenter une saillie qui se prononce d'autant plus que l'on se l'approche davantage de son extrémité postérieure. Celte saillie répond à la partie latérale des tubercules quadrijumeaux ; elle se termine par une sorte de tubercule arrondi qui marque l'extrême limite postérieure de la couche optique : c'est son tubercule postérieur (pulvinar, Polster). Si l'on poursuit l'étude de ce ren-

CORPS OPTO-STRIE. G9'J

ilement à la face inférieure de l'hémisphère, au-dessous du pied du pédoncule qu'il contourne, on voit qu'il s'amincit bientôt pour se terminer par un tubercule arrondi, dont le pôle opposé donne naissance à la partie externe de la bandelette optique ; c'est le corps genouUlé externe {corpus genicidatum latérale; tnberculnm posteriiis inferins, seu latérale; àiisserer gekniclder oder kniefôrmiger Kôrper ; àusserer Kniehôcker; opticus Kern des Thalamus, J. Wagner). Plus en arrière et plus en dedans, dans l'intervalle qui sépare le pulvinar des tubercules quadrijumeaux, est un autre tubercule, semblable au précédent, mais moins intimement uni à la couche optique ; la partie interne de la bandelette optique paraît en dériver pour s'accoler après un court trajet à la moitié externe au moment où elle se dégage du corps genouillé externe. C'est le corps genouUlé interne {innere lùiiehôcker ; corpus geniculalum mediale ; tuberculum posterius mediimi), que ses connexions rapprochent bien plus des tubercules quadrijumeaux que de la couche optique.

Résumant donc cette disposition très-apparente des parties découvertes de la couche optique , on peut dire que son extrémité antérieure et supérieure naît au niveau du trou de Monro, en arrière du pilier antérieur du trigone qui l'embrasse ; qu'elle se continue avec ses faces supérieure et interne, contiguës l'une avec l'autre et séparées seulement par le pédoncule de la glande pinéale: celle-ci, présentant la commissure molle, et recouverte en bas par la masse grise du troisième ventricule dont la sépare le sillon de Monro; celle-là, confinant en dehors au noyau caudé dont la séparent la lame cornée et la bandelette demi-circulaire; — ; divisée, de plus, par le vallon qui loge les plexus choroïdes des ventricules latéraux, en deux moitiés : l'une, antéro-externe, renflée, constitue le tubercule supérieur et antérieur; l'autre, interne et postérieure, le pulvinar, se recourbe en bas et en arrière pour contourner les parties latérales des tubercules quadrijumeaux et du pied du pédoncule, et se terminer à la face inférieure de celui-ci par le corps genouillé externe et l'origine de la bandelette optique.

Reste à envisager la face externe de la couche optique, par laquelle seulement ce ganglion est en rapport immédiat avec les autres parties de l'hémisphère.

Cette face, ou plutôt cette limite externe, est de toutes la plus étendue ; elle n'est nettement distincte que sur les coupes, car l'adhérence qu'elle présente aux faisceaux médullaires auxquels elle correspond, et qui pénètrent à ce niveau dans la substance même de la couche optique, empêche qu'on ne l'en sépare, sinon par une préparation très-artificielle et très-imparfaite.

Son bord supérieur correspond dans toute son étendue au corps strié dont le séparent la bandelette demi-circulaire et la lame cornée.

La plus grande partie de son développement répond à la capsule interne qui s'étend entre elle et le noyau lejîticulaire. En arrière du noyau lenticulaire, là où cesse d'exister la capsule interne, la face externe de la couthe optique correspond directement à la masse médullaire de l'hémisphère dans toute son étendue.

Enfin au niveau du point où le pédoncule cérébral s'engage sous la couche eptique, l'étage supérieur de ce pédoncule, constitué en partie par le pédoncule cérébelleux supérieur, et renfermant des masses de substance grise que nous n'avons point à décrire ici {rothe Haubenkerne, Meynert ; rothe Kerne des Tegmentum, Burdach; nucleus tegmenti, Ilenle), affecte des connexions directes avec la base de la couche optique, immédiatement en dehors de la substance grise du troisième ventricule qui recouvre ces parties.

Laissons de côté pour le moment tous les détails que comporte l'étude des

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rapports de la couche optique avec les pédoncules cérébraux et leurs dépendances, ainsi que les relations qui l'unissent à diverses parties de l'encéphale, tubeixules mamillaires et piliers antérieurs du trigone, bandelette cornée, commissure postérieure, tubercules quadrijumeaux, anse pédonculaire, etc., et considérons la manière dont est constitué ce ganglion, l'aspect qu'il présente et la texture qu'un examen attentif permet de lui reconnaître.

La couche optique présente une coloration moins foncée que celle du corps strié ; cettç différence d'aspect est due à l'existence d'une mince couche de fibres blanches qui recouvi*ent sa face supérieure en lui formant un revêtement continu connu sous le nom de stratum zonale [Gûrtelscliicht) . L'examen de coupes pratiquées sur le thalamus y révèle des masses de substance ganglionnaire d'un gris rougeâtre, séparées en un certain nombre d'amas assez peu distincts les uns des autres pour expliquer les obscurités que présente leur description et les opinions différentes que les auteurs qui se sont occupés de ce sujet ont émises sur ce point. Mais on y voit en outre de nombreuses traînées de substance médullaire qui s'irradient dans l'intérieur des masses grises qu'elle renferme; les uns, suivant un trajet ascendant d'arrière en avant et de dedans en dehors, paraissent résulter de l'épanouissement du pédoncule cérébelleux supérieur et des fibres de l'étage supérieur du pédoncule à l'intérieur de la couche optique. Ils cessent d'être visibles au niveau des noyaux de substance grise qu'elle renferme pour reparaître à sa partie antérieure dont, ils émergent pour gagner la capsule externe. D'autres faisceaux plus déliés suivent une direction perpendiculaire aux précédents et forment avec eux une sorte de réseau qui occupe surtout les zones externes du ganglion, et dont les mailles sont remplies de substance grise, ou quelquefois traversées par des fibres verticales appartenant à un autre ordre d'expansions qui viennent se rendre dans la couche optique. Nous avons donc à envisager successivement la disposition de ces amas de substance ganglionnaire dont l'ensemble constitue la couche optique, et la distribution ainsi que la provenance des faisceaux blancs qui y aboutissent.

Ces amas de substance grise ont été, de la part de Luys, l'objet d'une étude approfondie ; il les désigne sous le nom de cerdres, au nombre de quatre pour chacune des couches optiques ; leur volume varie entre celui d'un gros pois et celui d'une petite noisette. La coloration qui leur est propre est en général rougeâtre et uniforme dans des cerveaux sains ; ces caractères peuvent néanmoins présenter des variations pathologiques ou même individuelles (Luys). Ces centres, dans l'étude desquels nous allons suivre cet auteur, sont très-apparents et très-faciles à distinguer sur les magnifiques photographies qui composent son Iconographie photographique des centres nerveux. Nous renvoyons donc, à propos de chacun d'entre eux, le lecteur à l'indication précise des planches où ils sont représentés.

i° Centre antérieur [Iconographie photographique, pi. II, 6; III, 3 et XXX, 5). Il est constitué par une intumescence située au niveau de la partie la plus antérieure de la couche optique, séparé d'elle par une très-mince lame de substance blanche. Sa forme est ovoïde, son grand diamètre est dirigé obliquement de haut en bas et de dehors en dedans. Il n'est séparé de la surface du ventricule que par le stratum zonale ; en dehors il est séparé de l'extrémité renflée du corps strié par l'épanouissement des libres du tœnia semi-circulaire qui viendrait s'y jeter, suivant Luys.

2° Centre moyen {IbicL, pi. 111, 8; IV, 7; XXVllI, 4, et XXVI, 4). Contigu

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au centre précédent derrière lequel il est situé, le centre moyen se révèle par une saillie apparente à la partie moyenne de la face interne de la couche optique, au niveau de la commissure grise. C'est le plus volumineux des quatre centres ; il occupe la plus grande partie des régions interne et antéi'ieure de la couche optique, et il présente une coloration rouge très-accentuée. Sa délimitation est moins tranchée que celle du centre précédent.

5» Centre médian {Ibid., pi. XI, 9; Xll, 6; XXVII, 3 et 5', et XXVIII, 7). Profondément placé, au centre même de la couche optique, ce renflement est intermédiaire comme volume au centre moyen, situé en avant de lui, et au centre postérieur situé en arrière. Il est constitué par une petite masse blanchâtre, sphéroïdale, pisiforme. Il est situé en dehors de la partie la plus postérieure de la substance grise du troisième ventricule, un peu en avant comme niveau de la commissure postérieure, au-dessus de l'olive supérieure {noyau rouge de Stilling, Rothev Kern d. Tegmentum) à laquelle il confine, en avant et au-dessus des tubercules quadrijumeaux.

4» Centre postérieur {Ibid., pi. III, 9; VIII, 9; XX et XXV). Il constitue la saillie mamelonnée de la surlace interne et postérieure de la couche optique ; par conséquent la plus grande partie du pulvinar. Son aspect comme son volume est variable ; il est en général de consistance assez molle et mal délimité surtout du côté des tubercules quadrijumeaux supérieurs et du corps genouillé externe.

Cette distinction des masses grises de la couche optique en quati^e centres n'a pas été adoptée par Meynert et par Huguenin. Ces auteurs désignent vaguement le centre antérieur sous les noms de tubercide antérieur (Huguenin), de noyau supérieur (Meynert) de la couche optique. Ils ne font pas mention du centre moyen, étudient la substance grise du pulvinar sans la décrire comme un centre à limites précises, et se bornent à désigner comme le seul ganglion véritable de la couche optique, ce centre médian, le troisième de ceux que Luys envisage dans sa description. Et, de fait, il est certain que les centres moyen et postérieur de Luys sont d'une étude moins facile, qu'ils présentent une démarcation bien moins tranchée que le centre antérieur et que le centre médian.

La description de Meynert se rapproche néanmoins de celle de Luys en ce que le premier de ces auteurs admet que la substance grise de la couche optique, en dehors du centre médian, est divisée par une lame blanche en deux couches superposées dont la supérieure répondrait au centre médian, l'inférieure au centre postérieur de Luys. Meynert insiste d'ailleurs sur ce fait que cette séparation est une disposition purement macroscopique, et que la substance grise de la couche supérieure se continue sans subir d'interruption réelle avec ht substance grise de la couche inférieure.

Les auteurs allemands décrivent de plus deux masses grises qui dépendent de la couche optique : l'une d'elles, située un peu en dehors de la couche optique elle-même, lui constitue une sorte d'avant-raur (Meynert, in Strickefs Handb., loc. cit., p. 736) compris dans la partie la plus voisine de la capsule interne. Ce n'est qu'une partie de la substance grise 0iême de la couche optique, séparée de la masse de ce ganglion par les faisceaux médullaires qui y pénètrent en venant du lobe pariétal. L'autre noyau de substance grise, auquel Meynert et Huguenin attribuent une importance bien plus considérable, est situé au niveau des points ovi la commissure postérieure se met en rapport avec la couche optique, un peu en dedans du centre médian. On l'a désigné sous le nom de ganglion habenulœ, ganglion des Zirbelstiels. Ses dimensions, plus

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considérables chez les animaux que chez l'homme, sont très-restrenites ; il est allongé dans le sens antéro-postcrieur, ovoïde ; et il fait une saillie peu marquée à l'angle interne et supérieur de la couche optique.

Il nous reste enfin à envisager la constitution du corps genouillé externe^; sa coupe est cordiforme ou même bilobée; elle n'est pas homogène, mais la substance blanche et la substance grise y sont réparties par couches superposées qui dessinent des lignes brisées. Meynert compare cette disposition à celle du nerf optique des poissons, aplati et replié dans sa gaîne ; il pense que le corps genouillé externe est formé de deux lames blanches entourant une lame de substance grise; plissées en zigzag, ces lames présentent alternativement de la substance blanche et de la substance grise à la coupe.

Les éléments qui composent ces masses grises, sont des cellules nerveuses et des fibres, réunies par de la matière interstitielle. Les cellules nerveuses ont de 20 à 50 [>. (Luys, Meynert) de longueur sur 5 à 15 /y. de large. Elles sont le plus souvent fusiformes, et leurs prolongements protoplasmiques, multiples, se rompent avec une facilité qui rend leur étude très-difficile. On n'a pu jusqu'à présent saisir leurs connexions avec les fibres nerveuses par l'intermédiaire des prolongements axiles. Au niveau du pulvinar et dans le centre postérieur, les cellules nerveuses paraissent plus rares que partout ailleurs. Elles prennent, au contraire, des dimensions énormes (50-48 ^) dans le corps genouillé externe, et elles s'y montrent pourvues de granulations pigmentaires (Meynert). La couche optique paraît entièrement dépourvue des cellules nerveuses de dimensions moindres, que l'on trouve dans les autres ganglions du cerveau.

Les relations qui unissent la couche optique à la surface corticale de l'hémisphère, celles qui la rattachent aux parties inférieures de l'axe cérébro-spinal, sont étabhes par des faisceaux blancs dont la distribution et les connexions réelles présentent les mêmes difficultés d'observation et d'interprétation que les relations des corps striés intra et extra-ventricul aires. Pour M. Luys, toutes ou presque toutes les fibres du système convergent supérieur, c'est-à-dire toutes celles qui partent de l'écorce du cerveau, viendraient s'amortir au sein de la couche optique, qui serait ainsi l'aboutissant central des faisceaux qui procèdent du cerveau d'une part ; de ceux qui proviennent de l'axe nerveux par la moelle, le bulbe, les pédoncules cérébraux (système convergent inférieur) de l'autre.

Quelques fibres du système convergent supérieur seulement seraient destinées aux corps striés où elles ne se rendraient néanmoins qu'après avoir abordé la couche optique et s'être réfléchies, suivant un trajet spiroïde pour rentrer dans la capsule externe et pour venir se perdre dans le noyau caudé et dans le noyau lenticulaire.

Quant à la masse des fibres convergentes, elle pénètre, suivant Luys, au sein de la couche optique; de ces fibres, les unes s'épuisent par groupes au sein de petits amas de substance grise, localisés et indépendants (centres de la couche optique), qui jouent vis-à-vis d'elles le rôle de centres de réception. Les autres pénètrent plus avant et vont se répartir jusque dans la substance grise du troisième ventricule. Voici quelle est, d'après cet auteur, la provenance et la distribution des premières, qui seules nous importent :

* Pour l'étude du corps genouillé interne, nous renvoyons le lecteur à la description des tubercules quadrijumeaux dont ses connexions et son mode de développement le l'endent inséparable. Cette desciiption des tubercules quadrijumeaux sera rattachée à celle de l'isthme [voy. Isthme de l'encéphale).

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Le centre antérieur recevrait, par le pilier antérieur de la voûte, les fibres émanant de la circonvolution de l'hippocampe;

Le centre moyen se rattacherait aux circonvolutions des régions moyenne et antérieure du cerveau ;

Le centre médian serait en rapport par le système convergent supéi'ieur avec toutes les régions de la substance grise corticale ;

Le centre postérieur recevrait les expansions à la l'ois des régions les plus antérieures et des régions les plus postérieures du cerveau.

On voit que cette conception diffère essentiellement des vues qu'ont récemment émises Meynert et Huguenin; ceux-ci, dans la description qu'ils font du

Fig. VI. — Stabkranzblatt des Tlialamus, suivant Huguenin. a, Couche optique. — b. Corps strié. — c, Piliers antérieurs du trigone et commissure antérieure.

— f/, Tubercules quadrijumeaux. — f. Corne po--.térieure du ventricule latéral. — g, Corne d'Ammon.

— h, h, Groupe antérieur des fibres qui se rendent au thalamus. — i, i, Groupe latéral. — k,k, Eïpantions cérébrales des nerfs optiques de Gratiolet.

systèmeMe projection de premier ordre (système convergent supérieur deLuys), attribuent aux noyaux caudé et lenticulaire des relations nombreuses avec la surface corticale de l'hémisphère, par l'intermédiaire de fibres appartenant à la couronne rayonnante. La couche optique n'est donc, pour eux, l'aboutissant

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que d'une partie limitée des fibres qui émanent des circonvolutions ; et voici comment ils répartissent les différents faisceaux où celles-ci se rangent :

La couronne rayonnante correspond à la couche optique par un de ses feuillets, analogue à ceux qui se rendent aux noyaux caudé et lenticulaire. 11 est probable que toute l'étendue de la substance corticale, d'avant en arrière, est unie à la couche optique par ce système d'expansions. Mais au sein même de cet ordre de fibres, quelques faisceaux plus nettement isolables ressortent d'une façon marquée qui permet de saisir leurs connexions. Ces faisceaux sont au nombre de quatre ; ce sont :

1° Le groupe antérieur (fig. VI, h). Celui-ci tire son origine du lobe frontal; ses fibres se concentrent entre le noyau caudé et le noyau lenticulaire, eu constituant une notable portion des régions antérieures de la capsule interne. Elles abordent la couche optique par son extrémité antérieure, et la pénètrent comme autant de stries rayonnées. C'est peut-être la plus volumineuse des expansions qui de l'écorce cérébrale gagnent la couche optique.

2° Le groupe postérieur (fig. YI, k, k) constitue l'expansion cérébrale des nerfs optiques de Gratiolet. Pour l'étudier, il faut débarrasser la paroi externe de la corne sphénoïdale des ventricules latéraux de son revêtement épendymaire et des fibres du corps calleux qui en forment le plafond. On voit alors une série de faisceaux qui partent du pulvinar pour s'irradier en arrière et en bas; de ces faisceaux, les plus superficiels gagnent le lobe sphénoïdal, les plus profonds se recourbent en arrière pour se rendre au lobe occipital. Les premiers dériveraient, suivant Meynert, des premières circonvolutions temporo-occipi taies et du pli unciforme {Gyrus fusiformis et lingualis) ; les seconds, de la scissure des hippocampes. Mais il faut avouer que cette origine ne peut être démontrée par la dissection de cerveaux durcis et par l'examen direct, les fibres du groupe postérieur disparaissant bientôt au milieu de l'entre-ci-oisement inextricable de la substance médullaire des circonvolutions.

3° Le groupe inférieur, de tous le plus complique, n'a guère été décrit que par Meynert. Au moment où. le pied (étage inférieur) du pédoncule cérébral va se jeter au bord postérieur du noyau lenticulaire, sa face inférieure est perpendiculairement croisée par la bandelette optique. Si l'on enlève celle-ci, l'on trouve un plan de fibres qui lui sont parallèles, qui entourent, comme un hen circulaire, la terminaison du pédoncule cérébral ; il constitue Vanse pédonculaire de Gratiolet. Cette anse pédonculaire se compose elle-même d'une couclie inférieure ou superficielle qui nous est déjà connue (fig. II, Schl.) et qui dérive du noyau lenticulaire, et d'une couche supérieure immédiatement adjacente aux fibres du pédoncule qu'elle croise. Cette couche constitue le groupe inférieur des fibres afférentes à la couche optique (fig. VII, o). Elles paraissent venir de l'écorce des circonvolutions de la scissure de Sylvius; nées de celte origine, elles se dirigent en dedans, passent au-dessous du pédoncule, qu'elles croisent de dehors en dedans. Arrivées h. sa face interne, elles se recourbent de bas en haut, s'enfoncent sous la substance grise du troisième ventricule qui les recouvre, croisent le pilier antérieur du trigone en dehors duquel elles passent, et se divisent en deux plans, dont l'un reste superficiel (fig. IV, b] et se confond avec le stratwn zonale auquel la couche optique doit sa couleur blanchâtre, tandis que l'autre pénètre dans l'épaisseur de la couche optique pour se terminer dans son centime moyen.

4° Groupe supérieur. Celui-ci nous est déjà connu [voy. Cerveau). Il est

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constitué par le pilier antérieur du trigone (fig. IV, d). Ce pilier est lormé des fibres qui naissent de l'écorce de la corne d'Ammon et de la circonvolution d'hippocampe ; ces fibres se rélléchissent pour entourer dans une sorte d'enroulement en 8 de chiffre le tubercule niamillaire, et, suivant un trajet ascendant inverse au parcours descendant qu'elles avaient présenté, elles viennent aboutir au centre antérieur de la couche optique.

Nous devons signaler pourtant une opinion toute différente qui a été récemment émise sur ce point, par un auteur russe, Lebedclf. Ccltii-ci aurait pu s'assurer que les faisceaux qui entourent le tubercule mamillaire pour s'élever ensuite vers la couche optique où ils s'irradient en pinceau, proviennent, non point du trigone cérébral, mais des cordons antérieurs de la moelle. Cette manière de voir est en contradiction avec celle de tous les auteurs, et Lebedeff, jusqu'à présent, est seul à la soutenir.

Enfin nous devons parler des relations des cor\n genouillés avec l'écorce. Gratiolet avait mentionné l'existence d'un groupe de fibres qui, émanant du corps genouillé interne, se dirigeraiten dehors, puis en arrière, pour s'irradier à la substance corticale des criconvolutions occipitales. Meynert à son tour fît connaître un groupe de libres analogues aux précédentes, qui se détachent du corps genouillé externe , au-dessous de l'expansion cérébrale des nerfs optiques de

Fig. vu. —Rnpports des ganglions du cerveau entre euv et avec les pédoncules, d'après Iluguenin.

a, Pédoncule. —Z>, Origine de la bandelette optique au thalamus. — c, Corps genouillé externe. — d, Pulvinar. — f, Face inférieure du noyau lenticulaire. — g, Tête <lu noyau caudé s'unissant en }»as avec le noyau lenticulaire. — h, Chiasma. — i, Tubercules mnmillaires. — k, Pont de Varnie. — l, Pyramides.

— m, Olives. — n. Faisceau antéro-laléral.

o, Groupe inférieur des libres d'origine du thalamus, constituant la partie supérieure de l'anse iièdonculaire. ~q,q,q. Contour ponctué montrant les limites de la couche ojjtique situé

Gratiolet et un peu en dehors d'elle, et qui au-dessus du pédoncule.

vont se porter au lobe occipital. Tous ces

faisceaux semblent en connexion, avec la partie de l'écorce cérébrale qui avoi-

sine la scissure des hippocampes.

Nous ne pourrions, sans sortir des limites que nous impose notre sujet, décrire en détail la distribution et le parcours des libres qui rattachent la couche optique aux parties inférieures de l'axe cérébro-spinal. Nous devons mentionner pourtant sur ce point les résultats de quelques recherches récentes. Tout d'abord il faut faire observer que les relations des couches optiques avec les faisceaux des fibres qui gagnent les pédoncules cérébraux sont bien moins connues que celles qui unissent à l'isthme d'encéphale les ganglions que nous avons précédemment étudiés. Ce qui paraît probable, c'est que le plus o-rand nombre de ces fibres se rangent dans l'étage supérieur du pédoncule. Ce dernier, en effet, paraît, même à un examen sommaire, affecter avec la partie inférieure de la couche optique des connexions intimes. Meynert a fait observer en outi'e, en s"aidant de considérations tirées de l'anatomie comparée, que dans la série animale, le volume des ganglions est à peu près proportionnel à la masse des fibres nerveuses qui en émanent. Ainsi un corps strié, un noyau lenticulaire

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très-développés, correspondent presque toujours à un développement considérable de l'étage inférieur des pédoncules cérébraux ; de même, la masse plus ou moins considérable que présentent la couche optique et les tubercules quadrijumeaux correspond à des variations équivalentes dans celle de l'étage supérieur des pédoncules. Du reste, il paraît ressortir des recherches auxquelles nous faisons allusion que le système des fibres de la couche optique l'emporte de quantités toujours plus considérables sur celui des fibres du corps strié, à mesure qu'on examine leurs relations sur des animaux appartenant à une espèce plus inférieure, de même que le volume de la couche optique elle-même persiste malgré la diminution graduelle des hémisphères cérébraux. Forci a fort bien établi ce point dans ses recherches. Voici quelques chiffres qui font encore mieux saisir cette loi de proportionnalité :

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