BOILEAU
Le buse de nos jours, quoique beaucoup plus doux que ceux de l'ancien temps, devrait être banni des corsets employés comme simple vêtement et réservé pour les indications particulières que les corsets orthopédiques sont appelés à remplir. Le mieux serait de continuer après la première jeunesse l'emploi des élastiques formant le devant du corset et soutenus par des baleines latérales,
étroites et minces ; mais le besoin qu'éprouvent la plupart des femmes d'ouvrir leurs corsets par devant, surtout depuis que les corsages des robes ne sont ouverts que dans ce sens, les oblige presque toujours à avoir une espèce de buse partagé en deux moitiés qui se fixent l'i^ne à l'autre. On doit au moins recommander, dans ce cas, d'employer le mécanisme le plus léger possible, de manière que les deux moitiés du buse n'aient guère plus de volume que les baleines dont nous venons de parler. On rend leurs inconvénients encore moins sensibles en plaçant en dehors de chacune de ces moitiés la bande élastique qui constitue avec elle la disposition que nous avons décrite sous le nom de demi-bouteille.
L'application journalière du corset, quoique très-simple, doit se faire suivant certaines règles. Lorsqu'on en a entouré le tronc, on engage successivement dans les œillets de droite et de gauche le lacet fixé à l'une de ses extrémités, à la supérieure ou à l'inférieure, suivant qu'on lace de haut en bas ou de bas en haut. Le laçage de' haut en bas offre cet avantage que le corset est moins exposé à remonter que quand on commence par le bas. Néanmoins il vaut mieux, en général, procéder de bas en haut pour les corsets qui entourent les hanches et qui y m-ennent leur point d'appui, comme les corsets orthopédiques.
Apï^ avoir d'abord laissé les bords du corset assez écartés et les tours du lacet très-lâches, on le resserre peu à peu en s'y prenant à plusieurs fois sans jamais y mettre de force. On reconnaît qu'il est suffisamment serré quand il est partout modérément tendu de manière qu'on puisse aisément former un pli avec les doigts et passer la main sous le haut et le bas du corset et même jusque sous sa partie moyenne quand l'épigastre est légèrement rétracté. Si la mesure a été bien prise, il reste entre les deux bords du corset un intervalle d'environ cinq centimètres dans le milieu et un peu plus en haut et en bas. Oh s'assure, d'ailleurs, que le léger degré de constriction produit ne donne lieu à aucun malaise, qu'il laisse la respiration bien libre, et que rien n'est changé dans l'étendue et dans le nombre des inspirations.
Les corsets qui sont tout à la fois lacés en arrière et ouverts par devant s'appliquent plus simplement encore. Le lacet étant passé d'avance, on place le corset d'arrière en avant, comme on ferait d'une simple ceinture, et on l'attache en un instant, quel que soit son mode de fermeture. Il reste seulement à le resserrer graduellement, comme dans le cas précédent, si on a laissé le lacet très-lâche. . Mais les femmes qui ont contracté la bonne habitude de le serrer très -peu se dispensent avec raison de cette dernière opération. Elles mettent le lacet d'avance, au point que l'usage leur a fait connaître, et n'en ferment pas moins le corset par devant avec une extrême facilité.
Il est clair que, lorsqu'on resserre par derrière les corsets ouverts devant, on peut, comme avec ceux qui ne s'ouvrent qu'en arrière, trop serrer le lacet et exercer une constriction nuisible ; le lacet élastique présente l'avantage de rendre cet abus très-diflicile, parce qu'il cède et s'allonge quand on le tire avec excès.
En avançant en âge, la plupart des femmes font un usage de plus en plus modéré du corset. Quelquefois même, suivant la remai-que de Winslow et de Portai, elles négligent trop son emploi, après en avoir longtemps abusé st s'en être fait, par l'habitude, un véritable besoin. On doit alors les engager à continuer l'usage de ce vêtement sans trop affaiblir son action, afin de prévenir quelque courbure de l'épine.
Il est prudent, pendant la grossesse, de supprimer les corsets ou, tout au moins, de les réduire à leur plus simple expression. Nous avons dit dans la première partie de cet article comment on les a heureusement modifiés pour cette circonstance. On prend des précautions analogues à la suite des couches et pendant la lactation.
Il n'est pas moins nécessaire de supprimer ou de simplifier beaucoup le corset dans toutes les affections qui peuvent être aggravées par la moindre gène des mouvements du thorax et de l'abdomen, ou par la pression continue de leurs parois. La simple prédisposition à quelque affection de ce genre, telle que l'hémoptysie, les palpitations, la gastralgie, les vomissements, la colique hépathique, l'entéralgie, les douleurs utérines, etc., doit engager à surveiller l'effet des corsets et faire prendre, au besoin, les précautions propres à prévenir les accidents qu'As pouri'aient produire,
Tout médecin sait, d'ailleurs, et le vulgaire lui-même n'ignore pas, que la première chose à faire quand une femme est prise subitement d'accidents qui troublent l'action des viscères intérieurs, c'est de desserrer ou de détacher entièrement son corset, afin de rendre aux organes toute leur liberté ou au moins d'être assuré que ce vêtement n'apporte aucun obstacle au rétablissement des fonctions. L'usage très-répandu des corsets ouverts devant et munis d'une fermeture très-simple rend aujourd'hui cette petite manœuvre des plus promptes et des plus faciles.
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§ II. Orthopédîe. CoRSETs ORTHOPÉDIQUES. On désigne souvent sous le nom de corset orthopédique tous les bandages, machines ou appareils portatifs, destinés à prévenir ou à corriger les difformités du tronc, particulièrement celles qui dépendent des déviations de la colonne vertébrale. 11 nous parait plus convenable de diviser ces appareils en deux classes. La première comprend ceux qui s'éloignent le plus des corsets ordinaires par leur forme et leur manière d'agir; la seconde, ceux qui ressemblent tout à fait à ce vêtement. Nous avons
parlé des premiers à l'article Ceintures ; nous n'avons donc à nous occuper ici que des seconds, auxquels convient spécialement la dénomination placée en tête de cet ailicle.
I. Forme spéciale des corsets orthopédiques. Les corps à baleines d'autrefois étaient, à plusieurs égards, de véritables corscls ortbopédiq\ies : aussi ne Yoyait-on pas en eux un simple vêtement, et les employait-on comme un moyen esthétique, que l'on croyait propre à produire, dans le jeune âge, des formes plus gracieuses et plus agréables à l'œil, à peu près comme certaines peuplades sauvages pensent rendre leurs enfants plus beaux en leur déformant le crâne avec des bandages. Dans les déformations du tronc, les praticiens et les auteurs les plus recommandables, tels que Fabrice de Hilden, Platlner, Audry, Winslow, Ludwig, Portai, conseillaient l'usage des corps, même lorsqu'ils les proscrivaient dans toute autre circonstance, et nos corsets orthopédiques modernes ne sont, à vrai dire, le plus souvent qu'un perfectionnement des cuirasses baleinées de nos aïeux.
Les corsets d'étoffe, qui font communément la base de cette sorte de bandages, doivent être plus longs que les corsets ordinaires, tels qu'on les a portés depuis un certain nombre d'années. En bas, il faut qu'ils entourent les hanches et la partie postérieure du bassin, qui leur fournissent leur point d'appui. On les fixe au besoin, dans ce sens, avec des cordons attachés aux bas ou avec des sous-cuisses. En haut et en an'ière, ils doivent monter jusque vers la partie supérieure des épaules, qu'ils embrassent, en général, par de larges épaulettes. La forme de sablier, justifiée d'ailleurs, ainsi que nous l'avons dit, par l'évasement naturel du torse à ses deux extrémités chez les jeunes filles, est moins marquée dans ces corsets que dans les autres, parce qu'ils ne doivent pas se mouler aussi exactement sur la taille, que nous supposons défectueuse. Ils s'ouvrent et se lacent le plus souvent en arrière, et quelquefois en même temps par devant comme les corsets simples. Pour les garçons, on les ouvre souvent en avant, oii Ton met, pour plus de commodité, des boucles au lieu de lacet. 11 est fréquemment utile, surtout chez les très-jeunes sujets, d'interrompre, dans un ou plusieurs points, la continuité de la toile de coutil, en comblant ces vides avec des bandes longitudinales de tissu de caoutchouc, afin de donner ])lus d'élasticité à l'appareil. Quelques praticiens ont même construit tout le Ijandage en tissu élastique. C'est ce qu'a fait M. le docteur Duchenne (de Boulogne) dans le corset de son invention, que nous avons fait connaître à l'article Ceintures, et qui aurait aussi bien pu figurer dans celui-ci, parce qu'il participe des deux genres d'appareils. Ailleurs, au contraire, on a substitué à l'étoffe souple du corset, soit dans une de ses moitiés seulement (Jorg), soit dans sa totalité (A. Paré, M. Mathieu), des substances plus ou moins rigides, à peu près inflexibles; nous reviendrons sur ce point.
II. Pièces solides des corsets orthopédiques. Ce qui distingue essentiellement les corsets orthopédiques des corsets ordinaires, ce sont les pièces solides que l'on ajoute aux premiers, et qui manquent ou sont réduites à des proportions insignifiantes dans les seconds, quand ils ne dépassent pas leur but.
L'acier plus ou moins trempé, le cuir plus ou moins fort, sont les principales matières employées dans la confection de ces pièces. On a renoncé au bois, qui est trop dur, et Ton fait peu usage des baleines, qui se défoiunent trop promptement. La gutta-percha, le grillage en fil de fer recuit, auquel on avait déjà eu
recours dans le siècle dernier, ont des inconvénients qui en restreignent beaucoup l'emploi.
Il est généralement peu utile de multiplier ces pièces à l'excès, comme on le faisait dans la construction des anciens corps à baleines, et comme Magny le faisait encore dans son corps élastique, où il mettait jusqu'à cinquante ressorts d'acier et même davantage. Il nous paraît également superflu de baleiner le corset dans toute sa circonférence, comme les corsets de toilette nommés mille baleines, dont nous avons parlé ailleurs.
Cette disposition n'a d'autre effet que de donner à tout le bandage une certaine rigidité, sans le rendre plus propre à remplir des indications spéciales. Ce n'est guère que sur les omoplates qu'il est presque toujours bon de soutenir l'étoffe par une rangée de petites baleines obliques, plus ou moins rapprocliées les unes des autres. Le nombre de ces pièces solides varie, du reste, de même que leur forme et leur situation, suivant le but que l'on se propose.
a. Plaques et buses postérieurs. Ne s'agit-il, par exemple, que de soutenir une épine trop souple, menacée de voussure dorsale, il peut suffire de placer sous le corset, le long du dos, une plaque dorsale, légère, quoique résistante, étroite à la hauteur des lombes, large vis-à-vis des omoplates, sur lesquelles elle repose, et garnie, à sa face antérieure, d'un coussinet mince, un peu bombé, de manière à s'adapter à la concavité de la région moyenne du dos. Au besoin, on ajoute au coi'set des épaulcttes détachées, qui secondent l'effet de la plaque en retenant les épaules en arrière, à la manière du bandage en huit de chiffre dont il est fait mention au traitement de la cyphose, article Rachis (déviations du) p. 531. Les extrémités de ces épaulettes, après avoir été ci^oisées derrière le dos, sont ramenées sur les côtés du corset, où elles se fixent. C'est une sorte de bandage très-usite'e, qui est même souvent utile sans la plaque dorsale. On retient en même temps le corset par en bas, quand on a à lutter contre une élévation habituelle des épaules.
Le même corset fournit encore un point fixe aux colliers, souvent nécessaires dans la voussure ou excurvation dorsale, notamment à celui qui consiste en une simple bande de velours placée au devant du cou, et dont les extrémités, d'abord réunies par derrière, descendent ensuite séparément le long du dos et vont s'attacher à droite et à gauche de la laçure du corset.
La voussure ou excurvation des lombes réclame, dans certains cas, l'emploi d'une plaque analogue à la plaque dorsale, dont nous venons de parler. Renfermée dans le corset, de même que cette dernière, elle n'en diffère qu'en ce qu'elle est placée plus bas et en ce que c'est sa partie inférieure, convenablement rembourrée, qui doit appuyer sur la convexité du rachis. Fabrice de Ililden (Centurie, Y obs., 67), l'apporte avoir traité avec succès, par ce moyen, une forte courbure lombaii^e postérieure, chez un enfant très-jeune.
Les plaques dorsales ou lombaires sont quelquefois remplacées avec avantage par deux ressorts d'acier, en forme de buse, peu flexibles, fixés, à droite et à gauche, dans des gaines du corset, à peu de distance des apophyses épineuses, et garnis, au besoin, de coussinets vis-à-vis des points qu'ils doivent repousser en avant. Dans le mal vertébral de Pott en particulier, cette disposition est préférable, parce qu'elle n'expose pas la peau, comme les plaques, à s'ulcérer par l'effet de la pression sur le sommet des apophyses épineuses, soulevées par suite de l'affaissement des corps vertébraux. Il est même bon, dans ce cas, de ne pas lacer le corset sur ces apophyses et de le fermer par deux laçures latérales, de
7Ci CORSET.
chaque côté d'une bande d'étoffe médiane, de la largeur du rachis, afin de mieux mettre les téguments à l'abri des excoriations. Si les apophyses sont trèssaillantes, on adoucit la pression de la bande médiane elle-même en substituant à la toile de coutil un tissu élastique, très-extensible, dans toute l'étendue de la gibbosité. Dans quelques cas, au contraire, on exerce sur cette dernière une douce compression au moyen de la pièce médiane, sous laquelle on fixe un léger coussinet ou une pelote à air en caoutchouc.
Lorsqu'il y a lieu, dans la cambrure exagérée des lombes, de recourir à l'usage d'un corset orthopédique, on emploie encore la plaque dorso-lombaire ou les ressorts postéro-latéraux. Seulement on retourne leur courbure, de manière que, appuyés près de leurs extrémités sur la région du dos et sur le sacrum, ils restent écartés des vertèbres dans leur milieu, et tendent à les ramener en arrière par la pression que le corset, attiré par ces pièces, exerce sur la partie antéro-inférieure du tronc.
b. Buse antérieur. Au lieu de soutenir la colonne vertébrale à sa partie postérieure, on peut opposer èi sa flexion en avant un support appliqué au plan antérieur du tronc. Le plus usité, dans ce sens, est le buse proprement dit, dont l'origine paraît plus ancienne que celle des corsets; car, dans sa comédie des Oiseaux, Aristophane fait allusion à un certain poète d'Athènes, qui, 'pour se tenir le corps droit, portait sous sa ceinture une planchette de tilleul, et l'empereur Antonin usait du même moyen, au rapport de Gapitolinus : « Cum esset longiis et senex incurvareturque, dit l'historien latin, tiliaceis tabulis in peclore positis fasciabatur, ut reclus incederet. » Un passage de Montaigne (Essais, c. 49, liv. I) nous apprend que, de son temps, les hommes portaient des buses sans corset, dans le devant de leurs pourpoints. Les buses n'ont guère été employés depuis que dans les corps ou dans les corsets; mais il serait facile, en cas de besoin, de les introduire, comme autrefois, dans toute autre partie de l'habillement.
Nous n'avons pas à revenir ici sur la forme, les dimensions variables de ces bues d'acier, sur leurs divers degrés de force ou de souplesse, sur la manière dont ils sont fixés au corset et au milieu de la face antérieure du tronc ; tout cela est déjà connu de nos lecteurs. Ils savent également que, lorsque le corse s'ouvre par devant, le buse est habituellement formé de deux moitiés latérales distinctes, qui se séparent et se réunissent, par un mécanisme simple, pour l'ouverture et la fermeture du bandage.
Ce buse antéro-médian des anciens corps et des corsets modernes a été vivement blâmé par beaucoup d'auteurs. Franck de Franckenau a pris cette critique du buse ou, comme il l'appelle, de la planchette, pour sujet d'une dissertation ex professa, publiée, en 1676, sous forme de thèse, et réimprimée, en 1722, dans les Satirœ medicœ du professeur de Heidelberg. On accuse le buse de comprimer trop fortement le sternum, l'épigastre et le bas-ventre, de gêner la respiration, de déterminer des affections pulmonaires et cardiaques, de troubler les digestions, de nuire aux fonctions de l'utérus, et même à l'enfant pendant la gestation.
Ces mauvais effets, il faut le dire, ne se sont guère produits que par une constriction excessive des corsets et une pression exagérée du buse, ou bien par son emploi intempestif, comme dans le cas de grossesse. Nous ne saurions voir là un motif de rejeter l'usage bien dirigé de ce moyen. Nous pensons, avec tous les hygiénistes modernes, que l'on doit bannir le buse de l'habillement des
jeunes filles qui se développent régulièrement, mais nous en réclamons formellement l'emploi pour les cas qui sont du ressort de l'orthopédie.
Il y a néanmoins des distinctions à établir dans cette dernière catégorie de cas. Ainsi, on supprime le buse dans les corsets orthopédiques des jeunes enfants ; on met à sa place, seulement pour tendre l'étoffe, deux minces baguettes en acier ou en baleine, séparées par une bande de tissu élastique. La même disposition convient souvent chez les sujets un peu plus âgés, quand ils sont très-délicats, d'une santé faible ou d'une grande maigreur, ou lorsqu'ils sont sujets à quelque souffrance dans le voisinage des parties sur lesquelles porte le buse.
L'emploi de ce support n'est d'ailleurs indiqué que dans deux circonstances : i° s'il existe, soit dans la cyphose, soit dans la scoliose, une tendance incessante à la flexion en avant, qui ne puisse être vaincue par la seule action musculaire ; 2" si le buse est nécessaire à l'action du corset en fournissant un point d'appui aux autres pièces du bandage. La force de ce support doit être en rapport avec celle de la flexion, ainsi qu'avec la susceptibilité individuelle. Trop dur, il blesse ; trop faible, il perd toute son action, et peut même causer plus de gène en se repliant trop facilement du côté de l'épigastre. En procédant, s'il le faut, par degrés, on habitue peu à peu les sujets à supporter la force nécessaire. On règle la pression du buse avec le lacet du dos, qui ne doit jamais être serré au point de la rendre insupportable. 11 faut, suivant une recommandation déjà faite par Andry, que l'on puisse toujours passer la main entre le buse et le devant de la poitrine.
Pour adoucir la pression du sternum, on garnit le buse, au besoin, avec une étoffe molle et un peu épaisse ou avec un léger coussinet. Il est essentiel de suivre attentivement, surtout dans les premiers temps de son application, les effets de ce genre de support, afin de le modifier ou de le supprimer à temps, s'il y a lieu. Autant qu'il se peut, l'usage de ce moyen ne doit être que temporaire ; on supprime définitivement le buse ou on le réduit considérablement, dès que les ligaments et les muscles sont en état d'y suppléer.
Ce buse antérieur peut constituer l'unique ou le principal moyen d'action du corset contre la flexion en avant ; mais il est fréquemment aussi associé à la plaque ou aux buses postérieurs dont il seconde l'effet dans diverses excurvations.
c. Tuteurs et buses latéraux. Les pièces solides, placées sur les côtés des corsets orthopédiques, reçoivent plus spécialement le nom de tuteurs. Ce sont des supports tout à fait analogues aux tuteurs des ceintures orthopédiques, si ce n'est qu'ils sont, en général, plus légers et plus faibles, et que l'étoffe à laquelle ils sont attachés leur fournit un point d'appui moins fixe que le cuir ou l'acier des ceintures. On en met, suivant les cas, de chaque côté ou d'un seul. Quand il y en a deux, ce qui est le plus ordinaire, on les fait de la môme longueur, ou on leur donne une hauteur inégale. Ils peuvent relever une épaule basse, résister quelque peu à la flexion exagérée du tronc en avant ou en arrière au moyen des croissants axillaires, soulager le rachis d'une partie du poids des épaules, et s'opposer, quoique imparfaitement, à certaines flexions latérales vicieuses ; mais toutes ces propriétés se retrouvent, avec un peu plus de puissance, dans les ceintures à tuteurs, comme on l'a vu ailleurs {voy. Ceintures). Aussi ne leur préfère-t-on les coz'sets à tuteurs que chez les enfants très-jeunes, chez les jeunes filles très-délicates, ou bien par de simples motifs de toilette.
Ce que nous avons dit, à l'article Ceinture (page 456), des inconvénients à éviter dans l'emploi des tuteurs, s'applique naturellement aux corsets munis de ce genre de supports.
Les pièces latérales du corset ont plus d'importance à un autre point de vue : c'est lorsqu'on les emploie pour exercer des pressions, des répulsions latérales contre les courbures de la scoliose.
Jôrg avait imaginé, au commencement de ce siècle, une sorte de corset composé de deux moitiés latérales, de nature très-différente. Supposé que le rachis décrivît une courbure dorsale ou dorso-lombaire, unique, ou principale, à convexité droite, la moitié gauche du bandage était en bois recouvert en peau et entourait, comme une gouttière, le côté déprimé jusque vers la ligne médiane. Ce large tuteur, appuyé sur la hanche, soulevait l'épaule basse, fixée sur lui par une épauletle bouclée par devant, et restait écarté par un vide de la concavité latérale du tronc. Une large bande élastique, occupant l'espace compris entre le dessous du sein et le niveau de la crête iliaque, formait l'autre moitié du corset. Elle était solidement fixée, en arrière, au bord de la gouttière de bois, sur laquelle on l'attachait, en avant, au moyen de boucles. Contournée sur le côté saillant ou gibbeux, elle tendait évidemment à le déprimer, à faire ressortir le côté opposé et à repousser vers la ligne médiane les vertèbres qui s'en étaient éloignées (Jôrg, Ueber die Verkrûmmungen, etc., p. 108).
Les corsets à tuteurs de nos jours fournissent un moyen plus simple et plus doiix de réaliser la pensée de Jôrg. A l'article Rachis (déviations du), p. 651, nous avons parlé d'un corset qui remplit ce but, et qui nous a été souvent utile chez les enfants. L'un des tuteurs, plus fort et plus droit, y tient lieu de la demi-cuirasse de bois de Jôrg. Sa bande élastique y est remplacée par le corset lui-même, en partie élastique, et surtout par une bande transversale qu'il porte, et qui va s'attacher sur le tuteur. L'effet produit est le même qu'avec l'appareil de Jôrg. On trouvera plus loin, page 769, la description et le dessin du corset que nous venons de mentionner.
Après l'enfance, plus tôt ou plus tard, selon la force des sujets, la nature et le degré de la déviation, on opère la pression des deux côtés, avec les tuteurs eux-mêmes, qui sont toujours, dans ce cas des buses ou ressorts aplatis, renfermés dans l'épaisseur du corset, ordinairement dépourvus de croissant axillaire, et agissant bien moins de bas en haut, comme supports, que dans le sens horizontal, par la pression d'une de leurs faces sur l'un ou l'autre côté du tronc.
11 suftit quelquefois d'un seul de ces ressorts à droite et à gauche ; mais on est le plus souvent obligé d'en mettre deux de chaque côté ; l'un est directement latéral, l'autre plutôt postéro-latéral. Ceux du côté concave de la courbure sont plus forts et plus raides, ceux du côté de la convexité plus souples et plus arqués. Il en résulte que, quand on lace le corset, les premiers l'ésistent à la traction dans leur partie moyenne, qui reste écartée du creux de la taille, tandis que les seconds sont attirés par cette traction, dans leur milieu contre le côté bombé, où ils exercent une pression tendant à le déprimer et à le repousser vers la ligne médiane.
On modifie un peu cette disposition dans les cas où la partie inférieure du tronc commence à s'incliner dans le sens de la convexité de la courbure dorsale principale. On donne alors plus de force aux ressorts qui appuient sur cette convexité, en même temps qu'on diminue la pression de la partie supérieure des ressoi'ts opposés, qui, s'ils l'emportaient sur les premiers, favoriseraient l'incli-
liaison latérale du tronc. 11 n'est pas toujours facile de parer à ce dernier inconvénient, parce que, si les ressorts du côté concave sont trop affaiblis, ils fléchissent et compriment les parties déprimées, ce qu'il faut éviter à tout prix. La chose est encore plus difficile, lorsque l'inclinaison s'est établie d'une manière permanente. On place, dans ce cas, sous le haut des ressorts, du côté creux, d'autres ressorts transversaux, courbes, dont la convexité soulève les premiers, et que l'on tient eux-mêmes écartés du creux à leur extrémité interne, avec des barrettes, petites lames d'acier rigides, appuyées, par un bout, sur la gibbosité, où le corset les fixe, et tendant, par l'autre, à éloigner du corps le côté opposé du bandage. Ce procédé est utile , dans les gibbosités incurables , pour empêcher la pression 'nuisible ties buses latéraux , aussi bien que celle des coussins qui dissimulent les vides de la taille; mais ce moyen est insuftisant pour permettre d'agir sur le côté opposé, de manière à diminuer l'inclinaison ; les barrettes cèdent elles-mêmes, ainsi que les ressorts transversaux, si l'on veut faire appuyer un peu fortement les ressorts placés du côté de la convexité. Ajoutons que, de même que dans les ceintures orthopédiques, la partie inférieure du bandage, encore moins fixe que ces ceintures, ne peut être assez solidement assujettie autour du bassin pour résister à l'effort du tronc qui entraîne de côté sa partie supérieure, et pour forcer le buste à reprendre l'aplomb. Une petite bande oblique, que l'on coud sur le corset vis-à-vis de la gibbosité, et qu'on attache iiiférieurement de l'autre côté de la laçure, est un adjuvant qui est loin de résoudre la difficulté, même avec l'addition d'une jarretière tenant au corset, ou d'un sous-cuisse.
Les ressorts latéi^aux sont disposés un peu différemment dans les courbures doubles, égales au dos et aux lombes. Que l'on suppose, comme c'est le plus ordinaire , que la convexité dorsale soit à droite et la convexité lombaire à gauche. On place, du côté droit, des ressorts plus fermes et presque rectilignes, et, du côté gauche, des ressorts un peu souples et assez fortement courbés dans leurs deux tiei^s inférieurs, de sorte que, le corset étant lacé, les ressorts droits appuient, dans le haut, sur les côtes saillantes, répondant à la convexité dorsale, et les gauches sur la convexité lombaire ; ni les uns ni les autres n'exercent de pression au niveau de la concavité des courbures. On a soin d'équilibrer cette double répulsion latérale, afin de ne pas s'exposer à incliner le tronc dans l'un ou l'autre sens. Ici, chaque pression trouve un point d'appui dans la pression opposée; et du moment que leur effet est égal, on n'a pas à craindre que l'une soit neutralisée par l'autre, comme lorsqu'il s'agit de lutter contre une incli- , naison latérale dominante.
Quand la courbure lombaire gauche est plus forte que la dorsale droite, on fait appuyer davantage les ressorts du côté gauche, en leur donnant plus de force et plus de courbure ; mais il faut veiller à ce que cette augmentation de pression aux lombes ne soit pas telle qu'elle puisse donner lieu à l'inclinaison du tronc à droite et à l'accroissement de la courbure dorsale.
En retournant les termes, on appliquera aisément ce que nous venons de dire des déviations les plus communes aux courbures, moins fréquentes, qui présentent une direction opposée.
La pression des buses latéraux est, en général, bien supportée ; il est d'ailleurs facile de la modérer, de la régler, de la graduer, en serrant plus ou moins le lacet. Une forte constriction n'est pas nécessaire à l'action de ces ressorts, parce que leur élasticité réagit pour peu qu'elle soit mise en jeu, et l'on échappe
ainsi généralement aux inconvénients des corsets trop serrés. Néanmoins, on doit être attentif aux effets de cette pression; on veillera, en outre, à ce qu'elle soit convenablement exercée, à ce que les buses soient posés bien à plat; à ce qu'ils ne refoulent pas trop fortement, à la hauteur du flanc, la paroi molle de l'abdomen et les viscères sous-jacents ; à ce qu'ils ne portent pas sur des parties osseuses saillantes, situées immédiatement sous la peau. Chez quelques sujets maigres et nerveux, pour qui ces pressions peuvent être une cause de douleurs plus ou moins vives, on garnit les ressorts plus mollement et on affaiblit leur action autant que le permet le but qu'ils sont appelés à remplir.
Le buse antérieur accompagne presque toujouis les ressorts latéraux. On leur associe souvent aussi des buses postérieurs, que l'on dispose à peu près de la même manière que les postéro-latéraux. L'un d'eux appuie sur l'épaule soulevée par la gibbosité.
On a quelquefois placé en guise de tuteur, du côté rentrant d'une courbure latérale, un cuir fort, cambré, de manière à bien s'adapter à l'espace qu'il occupe entre la hanche et le creux de l'aisselle. Cette sorte de plaque latérale, embrassant un côté du tronc, se met sous un corset ordinaire, un peu long, qui la maintient en place. Ce bandage simple peut être utilisé quand on ne peut pas se procurer aisément un corset à tuteur bien fait.
On a encore construit avec le cuir cambré \m large plastron postérieur, appuyé sur le bassin, recourbé sur les deux côtés du tronc et formant ainsi une demicuirasse, qui couvre toute la région du dos et fait à la fois l'office de plaque dorsale et de double tuteur latéral. Celte pièce, fixée par un corset simple, comme la précédente, ne devrait également être employée qu'à défaut d'instrument plus parfait. Nous en dirons autant de quelques autres plastrons analogues, tels que la demi-cuirasse que l'on construit avec un bandage solidifiable, appliqué sur un moule en plâtre de la partie postérieure du tronc.
d. Corsets-cuirasses. On a fait plus; on n'a pas ci'aint d'emprisonner toute la circonférence du tronc dans un moule tout à fait inflexible, pour l'obliger de l'éprendre sa forme en comprimant ses parties saillantes. Cette conception remonte à l'enfance de l'art. A. Paré a conseillé l'emploi de ce moyen. « Pour réparer et cacher tel vice (la courbure de l'épine), dit l'illustre chirurgien, on leur fera porter les corcelets de fer deslié, lesquels seront trouez, afin qu'ils ne poisent pas tant, et seront si bien appropriez et embourréz, qu'ils ne blesseront aucunement.... » (A. Paré, OEuvres, liv. XXllI, chap. viii). L'auteur donne la figure de cette cuirasse de fer délié, avec la légende : Corcelet pour dresser un corps tortu. Et notre bon Paré ne se demande pas ce que deviendront sous cette carapace la respiration, la digestion, la circulation, etc.; il lui suffit que le patient ne soit pas blessé!
De nos jours, uu habile fabricant d'instruments de chirurgie a construit une cuirasse analogue, en substituant au métal une substance moins dure, le cuir moulé, c'est-à-dire cambré sur un buste en plâtre obtenu par le moulage du tronc. On trouvera plus loin la description et la figure de deux bandages de ce genre. M. Mathieu a d'abord proposé spécialement ce corset de cuir pour immobiliser les vertèbres dans le mal de Pott; il peut, en effet, rendre quelques services sous ce rapport, bien que l'on doive, en général, lui préférer des appareils moins gênants. On se gardera bien, en tout cas, de le laisser aux malades la nuit. Appliquée à la scoliose, cette enveloppe uniforme, sorte d'étui fort peu flexible, agit à la manière des anciens corps à baleines, rigides dans toutes
leurs parties, et présente les mêmes avantages et les mêmes inconvénients. Nous ne ferons que mentionner en passant les corsets circulaires construits avec des pièces de linge imprégnées de matières solidifiables, enveloppes rigides comparables aux cuirasses en cuir moulé, mais d'un emploi moins facile.
m. Des corsets orthopédiques dans les difformités incurables. Les corsets employés comme palliatifs dans les difformités incurables, particulièrement chez les femmes, ne diffèrent de ceux qui servent au traitement des déviations moins avancées, qu'en ce qu'on leur donne moins d'action, des pressions un peu fortes étant ici sans but et ne pouvant que devenir incommodes. On s'attache principalement, dans la construction de ces corsets, à étayer le tronc dans le sens vertical comme dans le sens horizontal, en même temps qu'on s'efforce de dissimuler la difformité, en donnant aux formes apparentes toute la régularité possible. Ce second point, purement esthétique, est presque exclusivement confié au talent de l'artiste. Le rôle du médecin se borne à s'assurer que la taille est convenablement soutenue, que les creux ne supportent pas de pression capable de favoriser les progrès de la déformation, et que les organes ne souffrent, ni du poids du corset, ni de la chaleur qu'il entretient, ni de la compression qu'il exerce. Pendant la grossesse, il faut, en général, supprimer ces corsets de soutien et les remplacer par les corsets légers, appropriés à l'état de gestation. On supplée, au besoin, à l'emploi des supports par le décubitus pendant une partie du jour, par l'usage fréquent d'appuis pour le dos et les membres supérieurs, par des efforts musculaires modérés, mais soutenus, pour conserver un bon maintien, t^i pourtant l'état de la femme devait s'aggraver par la suppression de tout support sous les vêtements, on pourrait en placer, au moins pendant une partie de la grossesse, en arrière et sur les côtés, en évitant soigneusement de comprimer les régions latérales et antérieure de l'abdomen. 11 serait d'ailleurs facile de restreindre l'usage de ce moyen au petit nombre d'heures du jour où il serait le plus nécessaire.
IV. Description de quelques corsets orthopédiques en particulier. Comme exemples de l'application de ces vues générales sur les corsets orthopédiques, nous décrirons, en particulier, les bandages suivants :
Corset avec bande transversale pour la scoliose chez les jeunes sujets (fig. 1). Ce bandage, fabriqué par la maison Martin sur les indications de l'un de nous, se lace derrière, et se compose de deux demi-corsets joints en avant par une pièce d'un tissu très-peu extensible. Il est garni de buses d'acier postérieurs a, b, c, et de tuteurs latéraux, d, d'd", que réunit une bande transversale E.
Ces tuteurs sont des lames d'acier de 20 millimètres et soigneusement rembourrées qui descendent jusqu'aux grands trochanters ; ils se terminent en haut par une crosse FF', garnie de caoutchouc qui doit s'arrêter un peu au-dessous de l'aisselle pour ne pas soulever l'épaule. Le demi-corset qui correspond à la convexité de la courbure principale, supposée à gauche, ne porte en arrière qu'un seul buse d'acier assez souple c, et sur le côté, un tuteur très-flexible d. L'autre demi-corset, celui qui répond à la concavité de la courbure, est au contraire garni de deux buses postérieurs forts a, b, et d'un tuteur latéral rigide, d'd".
Le bandage, à l'aide du lacet et surtout de la bande transversale, a pour but d'exercer une traction sur le sommet de la courbure principale en prenant un point d'appui sur les lames métalliques qui se ti'ouvent situées du côté de la
MOT. ENC XX. 4'J
concavité de la courbure. On comprend dès lors qu'il doive se composer de deux moitiés offrant des résistances inégales.
Corset à barrettes de Ducresson. Ce corset est généralement employé dans le service orthopédique des hôpitaux de Paris. Il se compose d'un corset ordinaire warni eu arrière de plusieurs bandes d'acier, dont les unes sont verticales et les autres transversales, de deux tuteurs latéraux surmontés de crosses axillaires et d'épaulières bouclées sur le côté, en avant du tuteur correspondant ; il est fermé derrière à l'aide d'un lacet.
Les deux côtés du dos sont parfaitement symétriques : chacun d'eux porte cinq ressorts verticaux de J 2 millimètres de largeur sur 2 millimètres d'épaisseur, et d'autres ressorts transversaux appelés barrettes, larges de 20 millimètres environ, dont quelques-uns se prolongent sous les aciers du côté opposé pour les tenir écartés du corps («o?/. fig. 2, B,C). Le nombre et la place de ces barrettes varient
Fis. 1.
suivant l'espèce de la déviation. Pour une scoliose dorsale droite et lombaire o^auche, on fixe deux barrettes sur le côté droit du corset au niveau de la courbure supérieure, et sur le côté gauche, deux autres barrettes correspondant à la courbure inférieure : s'il n'y avait qu'une seule courbure dorsale, on pourrait réduire à deux le nombre de ces barrettes. Ainsi que nous l'avons déjà dit, ces dernières ont pour effet de soulever les ressorts verticaux au niveau des concavités. Les épaulières, les crosses axillaii'es et les tuteurs latéraux, larges de 5 centimètres, qui les supportent, sont semblables à ceux que nous avons déjà décrits. Ce corset doit descendre très-bas et emboîter parfaitement les hanches.
Corset contentif Bienaimé Duvoir (fig. 2). Ce corset, lacé devant et derrière, se compose de lames d'acier dont les unes sont placées le long du dos et les autres sont disposées transversalement ; de tuteurs latéraux à supports mobiles, et de deux courroies obliques.
Les deux côtés du dos sont syméti'iqueraent garnis de huit ressorts verti-
eaux, A, A, larges de 1 centimètre environ, et cintrés comme s'ils devaient être appliqués sur un sujet bien conformé, de sorte que posés sur un dos dévié, ils n'en pressent que les parties saillantes, laissant libres les concavités. Pour atteindre plus complètement ce but, deux ressorts, B, C, plus larges que les précédents, sont placés borizontalement à la hauteur des omoplates, et sont solidement fixés, par une de leurs extrémités, sur la face antérieure des ressorts du côté opposé, ainsi que l'indiquent les points. Les tuteurs latéraux D, D, sont larges et épais ;ils emboîtent exactement les hanches et sont surmontés de crosses, EE, destinées à soutenir les membres thoraciques. Enfin, des bandes obli- «ques, appliquées sur les faces antérieure et postérieure, complètent l'appareil ordinaire pour les déviations légères. Ainsi, dans le cas d'une double déviation dorsale à droite et lombaire à gauclie, la bande F, va, en arrière, de l'épaule droite à la hanche gauche qu'elle contourne pour se fixer en avant, par un bouton métallique, comme la bande antérieure G le fait en arrière de la hanche droite. Cette bande antérieure est attachée en haut au-ilessous du sein gauche.
Lorsqu'il existe une courbure principale, la dorsale par exemple, on place à son niveau une plaque de cuir battu qui embrasse la convexité. S'il y a deux courbures, on agit de même pour chacune d'elles. Dans ces cas, les bandes obliques deviennent un adjuvant très-utile, car elles rendent permanente la pression des plaques sur la saillie des côtes.
Corset orthopédique Moncourt et Pradel. Ce corset est formé en avant des pièces d'étoffe du corset ordinaire avec buse et élastique. II porte, en arrière, des ressorts verticaux juxtaposés soutenus par d'autres ressorts transversaux, et sur les côtés, des buses métalliques rigides, suriuontés d'un demi-croissant qui embrasse l'épaule. Ce bandage qui est ouvert derrière est complété par des épaulières.
Les ressorts, au nombre de huit ou douze, ont de l'i h lA millimètres de large sur 3 ou 4 d'épaisseur, et occupent toute la région dorsale. Ils sont destinés à soutenir le rachis et à masquer la difformité. A cet effet, ils s'appliquent exactement sur les convexités vertébro-costales et sont, au contraire, maintenus à distance au niveau des parties concaves. Leur action est augmentée par deux ressorts-leviers transversaux (barrettes), fixés à la face antérieure des aciers correspondant à la saillie, et qui se prolongent sur ceux du côté opposé pour les soulever. Les buses ou tuteurs latéraux, munis d'un système de rallonges, prennent exactemeut la forme des hanches, s'élèvent verticalement jusqu'aux aisselles où ils sont terminés par un croissant garni d'une couche épaisse de caoutchouc recouvert de peau ; ce croissant se prolonge par une courroie qui, après avoir entouré le moignon de l'épaule, s'attache en avant au tuteur correspondant.
Ce corset peut être utilisé contre la cyphose à l'aide d'une addition très-simple. On fixe vers le milieu des tuteurs latéraux un ressort vertical de champ, large de 3 centimètres environ, qui est tordu sur lui-même au-dessous de l'aisselle, et se termine par une pelotte mince, au niveau des premières côtes, en dedans du moignon de l'épaule. Ces pelotes portent des courroies qui passent sur les épaules, se croisent derrière le dos et vont s'attacher aux buses latéraux.
Dans cet appareil, la puissance est appliquée en avant des épaules, et le point d'appui se trouve placé sur la partie dorsale inférieure du corset où le ramènent les aciers verticaux postérieurs.
Corset redresseur Goddé, Aubry-Series, pour les déviations légères sans inclinaison de l'axe du rachis. Ce bandage est formé de deux moitiés latérales distinctes , réunies en^avant, soit par un buse à agrafes, soit par des pattes à œillets ou par des boucles, et en arrière, par un lacet; en baut, il est complété par des épaulières.
La disposition de ces deux moitiés varie suivant qu'il y a une ou deux courbures. Dans le cas le plus simple et le plus ordinaire, celui d'une courbure dorsale à convexité droite, la moitié correspondante de l'appareil porte, en arrière et sur les cotés, des ressorts verticaux très-roides dont le nombre varie de deux à trois suivant le sujet. Leur largeur est de 15 millimètres, à l'exception de celui du milieu du dos qui n'en a que 8, et leur épaisseur, de un millimètre et demi. Le demi -corset gaucbe pi'ésente le même nombre de bases, semblablement situés, mais un peu moins forts que ceux du côté droit, qui doivent résister à la force par laquelle le racbis est entraîné bors de la verticale. Les buses s'arrêtent, en baut, à la moitié de l'omoplate et à quelques centimètres audessous de l'aisselle; en bas, ils emboîtent les banches et descendent aussi bas que possible, sans gêner la marcbe. La partie dorsale du bandage est prolongée par des épaulières larges en arrière, étroites en avant, qui se fixent, à l'aide d'une agrafe , en debors des goussets. En bas, au niveau des banches, on coud des pattes en coutil portant plusieurs boutons pour attacher les bas.
Fis. 3.
Fis- 4.
Corset Goddé- Aubry-Series, pour les scolioses à deux courbures à peu près égales et légères, sans inclinaison dominante (fig. 3). Lorsqu'il existe deux courbures à peu près égales et légères, par exemple une dorsale à droite et ime lombaire ou lombo-dorsale à gaucbe, les deux demi-corsets offrent une disposition différente : celui de droite présente trois ou quatre buses verticaux, dont un ou deux postérieurs et deux latéraux. Ces buses sont formés de deux lames d'acier d'égale épaisseur et superposées, ce qui les rend très-résistants. Le demi-corset gauche a aussi le même nombre de buses, mais ils sont simples en épaisseur et fortement cintrés A en sens inverse de la courbure rachi-
dienne inférieure, supposée être ici convexe à gauche ; de sorte que, le bandage étant présenté sur le corps, l'arc formé par les buses et celui de la colonne se correspondent par leur convexité. La courbure des aciers ne s'efface qu'en partie par la traction du lacet ; le métal, qui tend à reprendre sa forme, exerce une pression sur le milieu de l'arc osseux et le repousse vers la ligne médiane.
Appareils moulés. Cuirasse en cuir troué de Mathieu (fig. 4). Cet appareil se compose de deux valves ou demi-cuirasses en cuir, l'une antérieure, l'autre postérieure, soutenues à l'extérieur par des nervures d'acier, et par deux tuteurs latéraux ou béquillons.
Les demi-cuirasses, réunies sur les côtés à l'aide d'un lacet, sont faites avec du cuir de vache de 2 ou 5 millimètres d'épaisseur, cambré avec beaucoup de soin sur le moule du sujet, et criblé d'un grand nombre de trous de 5 ou 6 millimètres de diamètre, afin de laisser pénétrer l'air ; pour les jeunes filles, on découpe souvent le cuir au niveau des seins. Les tuteurs latéraux ou béquillons, placés dans une coulisse formée par deux des nei'vures latérales, portent un ressort en spirale surmonté d'un croissant dont l'extrémité antérieure est prolongée par une longue courroie qui contourne l'épaule, croise, à la région dorsale, la courroie du côté opposé et va se fixer au-dessous de la coulisse correspondant à ce dernier.
Lorsqu'il s'agit d'un mal de Pott, on ménage, au niveau de la gibbosité, un vide que l'on recouvre d'un tissu de caoutchouc.
Pour un cas de scoliose , il faut modifier le moule en plâtre, c'est-à-dire diminuer les saillies et les creux ; on obtient ainsi une pression plus forte sur les premières et on* conserve mieux les secondes. Dans quelques circonstances assez rares, on ajoute, au niveau des convexités, des pelotes à air ou à eau, en caoutchouc capitonné.
La fabrication de cet appareil comporte certains détails qu'il nous paraît utile de faire connaître. 11 faut d'abord, pendant le moulage, faire tenir le sujet le plus droit possible ; ensuite il est très-important de faire sécher complètement le plâtre avant d'y appliquer le cuir. Ce dernier doit être, au préalable, ramolli par un séjour de plusieurs heures dans l'eau froide , et en le frappant contre un corps dur; on le place ensuite sur le plâtre, où on le cambre avec la main, de manière à le faire adliérer exactement sur tous les points, et on fait disparaître avec un brunissoir en buis les petits plis qui se sont formés ; on fixe enfin ce cuir à l'aide de clous placés aux extrémités et au centre des dépressions, puis on le laisse sécher sur le moule pendant vingt-quatre heures ; après ce délai, on peut essayer les valves sur le sujet; on arrête alors leurs dimensions et on régularise leurs contours. S'il est nécessaire de modifier quelque partie de la cuirasse, on la replace sur le plâtre que l'on a préalablement retouché, et ensuite on mouille le cuir au niveau des parties retouchées, pour lui en faire prendre la nouvelle forme.
Lorsque le cuir est convenablement ajusté, on trace sur le sujet le trajet des nervures, d'après la forme de la déviation; mais elles doivent toujours, à la périphérie et au centre, constituer un système de supports concentriques réunis par des rayons, ainsi qu'on le voit sur la figure n° 4. Ces nervures sont découpées dans une même plaque d'acier et d'une seule pièce ; on les maintient en place à l'aide de petits rivets en goutte de suif. Pour terminer l'appareil, on le double d'une peau d'agneau et on perce les trous. Appareil amidonné de Kuhnpour le mal de Pott. Il consiste en un plastron
postérieur solide et complété en avant par un demi-corset. Pour confectionner ce plastron, il est nécessaire d'avoir un moulage très-exact des parties postérieure et latérales du dos depuis le bas delà région cervicale jusqu'à deux centimètres environ au-dessous des crêtes iliaques. Lorsque le plâtre est parfaitement sec, on applique sur lui une peau de chamois ou de basane légèrement humectée que l'on a soin de faire adhérer sur tous les points; des bandes, des lames de carton mince ou de papier amidonnées sont successivement superposées à cette peau, jusqu'à ce qu'on ait formé une couche de 3 millimètres ; on recouvre le tout d'une pièce de coutil, et on fixe le plastron sur le plâtre à l'aide de quelques tours de bande très-serrés, puis on laisse sécher. Malgré le corset qui fixe l'appareil contre le corps, il s'en écarterait à la partie supérieure, si on n'ajoutait pas des épaulières mobiles croisées au devant de la poitrine, et qui remédient à cet inconvénient.
Corset en cuir moulé destiné aux courbures dorsales principales dun degré très-avancé et arjant conservé mie grande flexibilité (fig. 5,6,7). L'un de nous (voy. Gazette des hôpitaux, 1875, p. 86G) a fait construire dernièrement par
Fis. 5.
Fis. 6.
M. Mathieu l'appareil représenté figm^e 7, pour un cas de scoliose de ce genre chez un jeune homme de 17 ans.
La courbure dorsale convexe à gauche (fig. 5), avait une flèche de 10 centimèti'es, et le tliorax, considérablement déformé, présentait une forte gibbosité en arrière, et une autre un peu moins prononcée en avant. En outre, par suite d'une paralysie remontant à la première enfance, il existait une atrophie des fessiers, et d'une partie des muscles antérieurs de la cuisse. La marche n'était possible qu'avec une béquille placée sous l'épaule gauche, ce qui avait le grave inconvénient de rejeter le haut du corps sur la hanche droite, et d'augmenter la flexion rachidienne latérale. L'angle inférieur de l'omoplate droite se trouvait alors à o centimètres de la crête iliaque, ainsi qu'on le voit sur la figure 5 qui représente le sujet debout. Cette difformité exerçait une influence fâcheuse sur la respiration et sur la circulation : les lèvres étaient légèrement cyanosées, et
il se produisait assez souvent, surtout pendant l'été, des épitaxis qu'il était difficile d'arrêter.
Le thorax ne présentait que deux points d'appui résistants; l'un situé au niveau du sommet de la gibbosité postéro-gauclie, et l'autre, sur l'angle des trois ou quatre premières côtes droites dont la convexité était sensiblement exagérée en arrière. En pressant de bas en haut sur ces dernières avec une main, tandis que l'autre main appliquée sur la saiUie postéro-gauche offrait une résistance proportionnée, on pouvait diminuer considérablement l'inclinaison de la coloune, placer les épaules au même niveau, élever la stature et raccourcir la llèche de l'arc dorsal. On ramenait ainsi le buste à ce qu'il était pendant le décubitus (fig. 6).
L'appareil orthopédique que nous allons décrire (fig. 7), agit de la même manière que les mains et dans les mêmes points. Il est en cuir moulé d'un seul morceau, garni de deux lames d'acier BO,M, et porte une crémaillère F ; il couvre le tiers supérieur du dos, la face latérale gauche du ti'onc, et forme, en bas, une large ceinture qui embrasse le bassin et le ventre. 11 n'a ni plaque thoracique, ni béquillons, ni crosses ; il laisse libre la partie antérieure et supérieure du thorax. L'appareil est maintenu appliqué coulre le corps par deux petites bandes de cuir très-souple qui contournent les épaules, et par une courroie qui, fixée en haut, au bord axillaire droit de la partie dorsale du cuir, se dirige obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, et va s'attacher inférieurement à la ceinture.
Des deux lames d'acier, l'une, M, a 2 centimètres de largeur sur o millimètres d'épaisseur ; elle entoure le bassin et conserve au cuir la forme que le moulage lui a donnée. L'autre, BO, large de 12 millimètres sur 2 d'épaisseur, est fixée en 0 sur la lame pelvienne; elle s'élève verticalement jusqu'au-dessus de la gibbosité postéro-gauche, suit les contours du cuir et se termine à une plaque de tôle D, disposée de manière à ne pas gêner l'angle inférieur de l'omoplate droite lorsque le bras est abaissé (fig. 5). L'extrémité supérieure de la crémaillère F y est fixée en D, et l'extrémité inférieure est solidement attachée en G sur la lame pelvienne.
Il est facile de comprendre que l'appareil ainsi disposé agit sur le haut du tronc par l'arc métallique BO et par la crémaillère F, à la manière d'un levier du deuxième genre dont la puissance serait appliquée en D, la résistance en H et le point d'appui en 0.
La figure 7 montre exactement l'effet produit par l'appareil. On voit que l'action des mains se trouve remplacée mécaniquement, et que le ledressement opéré par le décubitus horizontal (fig. 6) est suffisamment maintenu pendant la station verticale.
Pour rendre la marche plus facile, on a placé le membre inférieur droit dans un appareil où l'action des muscles extenseurs de la jambe a été remplacée par une
force élastique, ce qui a permis de supprimer la béquille. Le montant externe (le cet appareil est fixé, en haut, sur la lame de la ceinture pelvienne au point N, et, comme l'extrémité inférieure est prise dans la chaussure, il résulte de cette disposition que le point d'appui 0 se trouve reporté sur le sol.
Après une année de l'usage de cet appareil, l'état général était devenu excellent, et la colonne avait perdu la plus grande partie de sa flexibilité.
V. Appréciation générale des corsets orthopédiques. Les effets des corsets orthopédiques doivent être considérés : l" dans les flexions simples ; 2" dans les déformations du rachis ; 5° dans le mal vertébral de Pott.
a. Lorsque les simples flexions en avant, en arrière ou de côté, ne sont pas la conséquence forcée d'une cause pathologique ou d'un besoin d'équilibration, et que l'intégrité de la force musculaire permet d'attribuer ces positions du tronc à la seule influence d'une habitude vicieuse, les corsets redresseurs tendent à détruire cette dernière, à créer une habitude opposée, et sont très-utilement associés aux exercices employés dans le même but. Seulement, pour en tirer tout l'avantage possible, il faut faire en sorte que le sujet ne reste pas entièrement passif dans leur emploi, qu'il n'abandonne pas incessamment tout le poids des parties au support qu'on leur fournit ; le corset doit plutôt lui servir d'avertissement pour mettre ses muscles en action, que d'appui constant, qui les dispense d'agir. Il faut aussi, dès qu'on le peut, simplifier le bandage, chez les filles, et le supprimer chez les garçons. C'est faute de s'être conformées à ces règles simples, que quelques femmes ressentent une fatigue et des douleurs dorso-lombaires, ou même se courbent en divers sens, suivant la remarque qu'en a déjà faite Portai (Mémoire Acad. Se., 1772), quand elles veulent quitter, dans l'âge adulte, des corsets un peu trop rigides, qu'elles ont portés toute leur vie.
Si la flexion est accompagnée de faiblesse musculaire, les corsets appropriés sont encore plus nécessaires. Tant que les ressources de l'art ou les efforts de la nature zie sont pas parvenus à rendre aux muscles leur vigueur, les corsets suppléent jusqu'à un certain point à leur défaut d'action et, dans une certaine mesure, s'opposent à leur distension, maintiennent les articulations et préviennent les déformations osseuses. Quand Pénergie musculaire a reparu, on supprime les supports ou, si la flexion persiste par suite de l'habitude contractée, on se conduit comme dans le premier cas que nous avons supposé.
b. Les corsets ne peuvent rien contre les déformations des vertèbres qui produisent les déviations permanentes du rachis ; mais ils sont souvent utiles pour combattre le relâchement ligamenteux et les flexions qui s'ajoutent, dans ce cas, aux inclinaisons du rachis, et qui préparent les progrès de la déformation. Nous retraçons à l'article Rachis les indications de leur emploi dans cette circonstance, et les résultats qu'on peut en espérer.
Malgré l'exemple de Fabrice de Ililden, nous ne conseillerions pas d'une manière générale, dans la cyphose des petits enfants, ordinairement rachitique, le bandage à plaque de pression appliquée sur la convexité lombaire. La position horizontale est un moyen bien préférable à cet âge tendre ; cependant, si, par une raison quelconque, on ne pouvait l'employer avec assez de suite, et si la déformation du thorax n'était pas de nature à contre-indiquer la moindre compression du tronc, on ferait porter à l'enfant, principalement pend'^nt ses heures de lever, un corset à s\ipports légers, muni vis-à-vis des vertèbres saillantes d'une pelote de pression douce, sans plaque métallique.
CORTES (les deux). 777
c. Elayer le rachis pendant la station, dans le mal de Pott, quand il n'y a pas lieu de tenir les malades continuellement couchés, est une des conditions nécessaires pour que la guérison s'effectue avec le moins de difformité possible. Les ceintures et les corsets orthopédiques remplissent cette indication. Les ceintures fournissent, en général, des supports plus puissants. Les corsets conviennent particulièrement dans les cas les moins graves, dans ceux où la lésion des vertèbres est peu profonde, la gibbosité peu prononcée, ou bien lorsque cette lésion paraît approcher de la guérison et que le rachis a déjà repris une certaine solidité. Il faut, dans ce dernier cas, en continuer longtemps l'usage ; car le mal vertébral a des retours singuliers, et sa cure ne peut être regardée comme définitive qu'après un plus ou moins grand nombre d'années.
Bouvier et Pierre Bouland.
Yoir pour la bibliographie l'article Ceintures oiiTiiopÉDiQUES.
CORTE (Barthélémy). Plus connu sous le nom latinisé de Curtius. Ce savant naquit à Milan en 1666, et mourut dans la même ville, le J7 janvier 1738. Tous les biographes qui en ont parlé le représentent comme un homme trèspieux, traitant gratuitement les malades pauvres, leur donnant même une partie de son bien, et ayant poussé l'ascétisme religieux jusqu'à avoir fait maigre une grande partie de sa vie. Ses écrits médicaux, philosophiques et historiques, dénotent, du reste, un homme d'une valeur réelle; il a cherché à déterminer l'âge auquel le fœtus reçoit l'âme raisonnable; il s'est montré partisan de la saignée dans les maladies aiguës ; il a soulevé la question de savoir si la peste doit sa cause à l'air ou à des vermisseaux; il a tenté de découvrir le miasme qui engendre les affections épidémiques; il a, enfin, laissé sur la médecine en Italie, depuis l'école de Salerne jusqu'en 1715, une notice que l'on consulte encore aujourd'hui, et qui a été enrichie d'additions par L. A. Cotta et J. de Silonis. Au reste, voici les titres des ouvrages laissés par Barthélémy Corte :
I. Leilera nella quale si dinola da quai tempo probabilmetUc s'infotide nel felo anima ragionevole. Milan, 1702, in-8°. — II. Riflessioni sopra alcune opposizioni addulte contro del falasso. Milan, 1713, in-S". — III. Osservazioni sopra la relatione (alla del stio opuscule intitolato : Riflessioni... Milan, 1714, in-8°. — IV. Lettera intorno alV aria et vermicuoli se cagioni délia peste. Milan, 1720, in-8°. — V. Lettera apologetica intorno a gli effluvii, si organici, o inorganici cagioni délia peste. Milan, 1721, in-S". — VI. Isotizie istoriche intorno a' medici scrittori Milanesi, e a' principali retrovamenti falti in medicitia dagV llaliani... Milaiio, 1718, in-4''. A. C.
CORTE DE PALA,. Vo]]. CoNESSI Bark.
CORTÉPIKIITAI^I^IQUE (Acide). Acide découvert par Kawalier dans l'écorce du pin [Pinus sylvestris). Desséché dans le vide, il se présente sous la forme d'une poudre i^ouge vif, ayant pour formule C*H"'0*. Sa solution aqueuse colore les sels ferriques en vert foncé. L. Hn.
CORTES (Les Deux).
Certes (Gerommo) . Naturaliste espagnol très-distingué du dix-septième siècle;
est cité par Morejon, quoiqu'il ne fût pas médecin. On a de lui :
I. Tratado de animales terrestres y volatiles y sus propiedades. Valencia, 1613, in-8"> ; 2= édit., ibid., 1615, in-S" ; 3» édit., ibid., 1672, in-8°; 4» édit., ibid., 1678, in-8°. — II. Be la fisonomia natural y varios secretos de la naturaleza. Cordoba, 1601 ; Alcala de Henares, 1612 ; Barcelona, 1645. — III. Divers ouvrages d'astrologie et de mathématiques.