DE LA FONTAINE
SAULCÉE. JAILLISSANTE.
Chlorure de sodium 1,050 0,600
Bicarbonate de soude 0,926 0,6-20
— chaux 0,7ô2 0,513
— potasse 0,290 0,-260
— magnésie 0,280 0,190
Sulfate de soude j ^ ^
— chaux I
Silice et silicates, alumine, phosphate Icrreus,
sesquioxydede fer{peu) et matière organique. 0,075 0,080
Araéniate de soude . , indiqué. indiqué.
Total des matières fixes 5,475 2,563
Gaz acide caibunique libre 2gi-.098 lgr.6'20
L'exposé de cette analyse montre que des deux sources de Coudes, celle de la Saulcée est à la fois plus minéralisée et plus gazeuse ; son eau a presque la même composition élémentaire que celles de la source chaude de Royat, des sources de Chabetout, de Vic-sur-Cère, de GhaLeauneuf et de Médague {voij. ces mots) .
11 est fâcheux qu'il n'y ait point à Coudes d'établissement minéral, car des eaux contenant à la fois par litre 2 grammes 228 de bicarbonates alcalins, plus d'un gramme de chlorure de sodium et 2 grammes 98 de gaz acide carbonique libre, seraient certainement très-utilement employées dans une foule d'affections et de diathèses que nous avons étudiées et que nous étudierons en traitant des eaux d'Ems, de Royat, de Saint-Nectaire, pour ne parler que des principales.
On a le tort de ne pas exporter encore les eaux de Coudes, dont le gaz acide carbonique en excès rendrait si facile le transport et la conservation. A. R.
Bibliographie. — Nivet (V.). Dictionnaire des eaux minérales du département du Puy-de- Dôme, Clermont-Ferrand, 1846. — Ossian Henry. Rapport sur l'eau minérale de deux sources découvertes à Coudes [Puy-de-Dôme). In Bulletin de l'Académie de médecine, t. XXIV, p. 861, 1859. A. R.
COUDRIER [Corylus). Un des genres de la famille des Cuprifères (ou Corylacées, de zépuç, casque). Il est plus connu sous le nom de Noisetier. {Voy. Noisetier.) D.
COUEiXKE DU SAXG. Voy. Sang.
coi'EPl, COIJEPIA, COL'PI. Aublft, dans son Histoire des plantes de la Guyane française (II, 699, t. 280), a décrit le Coupi de la Guyane, arbre dont le bois est dur, d'un blanc jaunâtre et dont le fruit se vend sur les marchés. Ce fruit a un noyau ovoïde, très-dur, renfermant une amande qui se mange comme les cerneaux. L'embryon mûr fournit une huile qui a les mêmes qualités que l'huile d'amandes. Cet arbre est une Rosacée, de la série des Chrysobalanées, y Acioa guianensis (Yoy. Histoire des plantes, I, 437, fig. 502^. Il ne faut pas le confondre, comme on l'a fait souvent (Mér. et Del., Dict. Mat. méd., II, 453j, avec le Couepi du même pays et du même auteur (519, t. 207), qui a une amande amère et dont l'écorce sert aux Galibis à faire cuire leurs poteries. Ce dernier est aussi une Rosacée-Chrysobalanée, mais il appartient au genre Couepia [Hist. des plantes, I, 435). II. Bn.
COUI, COLIS. On donne en Amérique ces noms aux fruits du Calebassier {Crescentia Cujete L.), dont on se sert pour faire des récipients, comme chez nous des diverses sortes de gourde {voy. Calebassier). Pl.
COEILLARD (JosEPii). Souvent désigné sous le nom de Covillard, sans doute par le changement fréquent de Vu en v dans la manière d'écrire de son temps. Celait un chirurgien très-habile et très-instruit qui vivait dans la première moitié du dix-septième siècle et exerçait à Montélimart en Dauphiné, Sa réputation était très-grande et justifiée par les observations véritablement curieuses contenues dans les écrits qu'il nous a laissés, et qui renferment beaucoup de cas de taille, opération dans laquelle il excellait.
En voici un exemple très-curieux. Dans un cas où la pierre était trop grosse pour être tirée de la vessie, « il me convint, dit-il, de la rompre, et je la tirai en deux pièces qui pesèrent six onces et demie. » Il note, d'après les auteurs, que les pierres trop grosses n'ont pu être extraites pendant la vie. « L'unique moyen de trouver quelque sûreté pour la survie consiste à tâcher de briser lu pierre ou la rompre en divers fragments dans la vessie; encore faut-il que cela se pratique avec fort peu de violence, car autrement la partie contenante lésée ne peut supporter de tels efforts (obs. Y) ». Quant à la manière d'opérer cette rupture, il nous apprend, dans son Chirurgien opérateur, qu'il faut employer le bec-de-corbin dentelé, ou les tenettes incisoires, si cela faire se peut sans offenser ni meurtrir la vessie (Lyon, 1640, p. 103).
Il a laissé :
L Le chirurgien operateur. Lyon, IGtO, in-12. Ibid., 1643, in-12. — H. Observations inlra-chiriirgiqiies, ]>leines de remarques curieuses et événements singuliers. Lyon, 1dj9, in-S", etStrasb., 1791, avec annot. nombr. par Tiiomassin. E- Bgd.
COULEUR. Les sensations lumineuses que nous sommes susceptibles d'éprouver se distinguent les unes des autres par divers caractères au nombre desquels il faut placer la couleur, caractère qui n'est pas susceptible d une définition et que nous pouvons spécifier seulement en faisant connaître les conditions dans lesquelles on l'éprouve généralement : c'est ainsi que nous du'ons que le rouge est la couleur des métaux chauffés qui commencent à parvenir a l'incandescence, que le vert est la couleur la plus habituelle des feuilles des végétaux, etc. Le spectre solaire nous fournit également des éléments de comparaison excellents mais insuffisants comme nous le dirons ultérieurement.
Il convient d'ailleurs de remarquer que la sensation étant subjective, nonseulement il n'est pas possible de savoir si deux personnes placées dans les mêmes conditions éprouvent la même sensation, voient à proprement parler la même couleur, mais il est prouvé par de nombreuses observations que des différences de couleur appréciées par certaines persaimes ne sont nullement sensibles pour d'autres : quelquefois les divergences d'appréciation ne portent que sur des nuances, mais il arrive assez fréquemment qu'elles sont considérables. La question, au point de vue subjectif, a dû être traitée complètement aux mots Chromatopseudoi-sie et Rétine, alin de rendre plus saisissable l'action des rayons lumineux sur les éléments anatomiques, et plus intelligible l'explication de l'anomalie visuelle qui constitue la chromatopseudopsie. Nous n'avons pas à y revenir et nous nous occuperons seulement des conditions objectives dans lesquelles se produisent les couleurs telles qu'on les distingue généralement.
Lorsqu'on décompose, par l'action d'un prisme, un faisceau de lumière émanant du soleil, d'une lumière électrique, d'un chalumeau à gaz oxhydrique, on obtient le spectre solaire formé d'une inflnité de couleurs comprises enti-e le rouge et le violet, et passant de l'une à l'autre par degrés insensibles. Ces couleurs ont été groupées, arbitrairement en sept zones qui ont reçu les noms connus : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Cluicune des couleurs est simple, en ce que le faisceau correspondant passant à travers un prisme ne subit qu'une déviation sans élargissement, sans modification de coloration ; chacune d'elles produit sur l'œil, en général, une sensation distincte des autres. Pour ces couleurs simples, il y a relation invariable entre la nature de la couleur et l'indice deréfrangibilité correspondant pour le prisme employé, ou, ce qui revient au même, entre la coloration et la longueur d'ondulation correspondante.
Si maintenant on mélange ces couleurs simples soit avec du blanc, soit avec du noir ou du gris, soit avec plusieurs autres couleurs simples en proportions variables suivant divers procédés [voy. Rétine), on obtient une série de nuances qui peuvent être ou n'être pas distinctes pour l'œil, qui ne peuvent être caractérisées objectivement par aucune spécification unique, mais seulement par la détermination du nombre, de la nature et des proportions des couleurs simples qui ont servi à constituer la nuance considérée. Deux mélanges très-divers peuvent d'ailleurs donner une même sensation au point de vue de la coloration ; il arrive également qu'un mélange convenablement choisi produise, au point de vue de la coloration, le même effet qu'une couleur simple.
Le mélange des couleurs simples pouvant d'ailleurs s'effectuer en nombre quelconque et suivant toutes les proportions, on conçoit qu'il n'y a pas de nomenclature possible, qu'il faut se borner à un certain nombre de types arbitraires auxquels on rapportera plus ou moins complètement les diverses couleurs ou nuances qu'il s'agira de définir. C'est à M. Chevreul qu'on doit d'avoir établi une série de types qui ont rendu déjà de grands services à tous égards ; il faut reconnaître cependant que sa classification, que nous allons reproduire, est empirique, arbitraire.
M. Chevreul désigne « par ions d'une couleur les diverses modifications que cette valeur prise à son maximum d'intensité est susceptible de recevoir de la part du blanc qui en abaisse le ton, ou du noir qui le rehausse ».
« Le mot gamme s'applique à l'ensemble des tons d'une couleur ainsi modifiée )).
« Le mot nuances d'une couleur sera exclusivement appliqué aux modifications que cette couleur reçoit de l'addition d'une petite quantité d'une autre' » .
La construction employée par M. Chevreul pour se représenter toutes les modifications qu'il a désignées sous les noms de tons et nuances des couleurs est la suivante [De la loi du contraste simultané des couleurs et de ses applications, Paris, 1839, p. 89). Ayant tracé deux circonférences concentriques de rayon il mène, d'une part, un certain nombre de rayons équidistants, 72, par exemple, et d'autre part, un certain nombre de circonférences intercalaires, 20, formant ainsi liM cases distinctes, divisées en 72 rangées rectilignes et 20 séries circulaires.
Dans trois rangées également inclinées, distantes, par conséquent, de 120", se trouveront trois gammes correspondant aux divers tons des couleurs rouge, jaune et bleue; cbaque ton pur d'une de ces gammes, chaque ton normal se trouvera à la circonférence extérieure et les diverses cases plus voisines du centre dans la même rangée contiendront 20 tons de cette couleur, c'est-à-dire des mélanges de cette couleur avec des proportions croissantes de blanc.
Dans les rangées situées à égales distances des précédentes, à 60" de chacune d'elles, on place des gammes constituées de la même manière et correspondant à l'orangé, au vert et au violet; puis, dans chacune des rangées intermédiaires, on place une série de gammes disposées de manière que les variations de ton sur la circonférence extérieure soient aussi uniformes que possible. On aura ainsi constitué un tableau comprenant à la circonférence extérieure les 72 tons purs variant progressivement et tel que dans chaque rangée rectiligne on trouve 20 tons différents provenant du mélange du ton pur situé à la circonférence extérieure avec des quantités croissantes de blanc.
Abandonnant la construction hémisphérique de M. Chevreul, irréalisable dans la pratique, nous pouvons concevoir que l'on construise 10 tableaux semblables contenant les couleurs précédentes auxquelles on aurait mélangé successivement des proportions croissantes de noir dans le rapport 1, 2, 3 .... 10, de telle sorte que le dixième tableau serait entièrement noir et serait sans intérêt : il resterait en tout 10 tableaux, ce qui donne 14,400 tons et nuances distincts. Si donc on possède un certain nombre d'exemplaires identiques de ces tableaux, il sera toujours possible de caractériser une nuance quelconque en l'identifiant à l'une de ces 14,400 ou en indiquant celles entre lesquelles elle se trouve comprise.
Il est incontestable que la classification des couleurs a été un réel progrès puisqu'elle tendait à introduire une méthode dans un sujet qui, auparavant, n'en comportait pas. Il faut reconnaître cependant qu'elle ne résolvait pas la question puisque, en réalité, et sauf quelques cas particuliers, elle n'a jamais été employée dans la pratique. Il n'est pas difficile d'ailleurs de voir les raisons de cet abandon : cette classification est artificielle. Rien, en effet, ne fait connaître ce que l'on appelle le bleu, le jaune, le rouge francs ; rien ne spécifie comment doivent être obtenus les tons francs intermédiaires entre ces couleurs principales ; de même rien n'apprend comment il faut mélanger le blanc et le noir pour obtenir les différents tons d'une même gamme ou les diverses nuances correspondantes. La classification étant artificielle, on n'est jamais sur de la reproduire identiquement ; les cercles chromatiques ne sont comparables que s'ils ont été construits sur un modèle unique, et même alors, on n'est pas
toujours assuré que les colorations ne changeront pas avec le temps. C'est la possibilité de construire à volonté des appareils, des instruments de mesure donnant des indications comparables qui amène leur diffusion, leur utilité. Croit-on que l'emploi des thermomètres se serait généralisé, si, comme le pensaient les premiers constructeurs, il fallait s'astreindre à ce qu'ils eussent exactement les mêmes dimensions et continssent les mêmes quantités de liquide ?
Le spectre solaire est un terme de comparaison dont les éléments sont invariables ou du moins varient avec une telle lenteur que les changements sont inappréciables ; c'est sur des comparaisons photométriques avec les couleurs des radiations de réirangibilité déterminée du spectre solaire que doit s'appuyer une classification rationnelle des couleurs. La question est certainement complexe, et vraisemblablement il conviendra d'introduire des idées nouvelles pour exprimer le rapport d'intensité de deux couleurs distinctes, rapport que ne peut donner la photométrie, puisque la comparaison des intensités lumineuses ne peut se faire directement que si les lumières ont la même coloration. Il faut imaginer une méthode d'analyse des couleurs complexes et faire pour les colorations ce qui a été fait pour les sons. Ce n'est qu'alors qu'il sera possible de classer méthodiquement les couleurs et que l'on pourra reproduire, toujours et partout, autrement que par une identification souvent impossible, une nuance déterminée dont on connaîtra lal'ormule.
Nous n'avons point à nous occuper ici des relations qui peuvent exister entre les variations de composition des faisceaux lumineux et les différences de sensations auxquelles ils donnent lieu ; ces relations sont, dans une certaine mesure, indiquées dans d'autres articles : nous avons seulement à clierchcr la cause objective de la couleur des corps, c'est-à-dire à chercher pourquoi un corps donné, placé dans des conditions déterminées, envoie à notre œil un faisceau de lumière de composition bien définie, soit simple, soit constituée par un mélange de lumières simples dans des proportions invariables.
Les faisceaux colorés qui parviennent à notre œil émanent de corps lumineux et leur coloration dépend des conditions dans lesquelles se trouvent ces corps aussi bien que des modifications que le faisceau a pu subir dans son trajet ; nous aurons à étudier successivement ces diverses causes, c'est-à-dire que nous devrons nous occuper successivement des corps lumineux et des corps colorés.
1. Corps lumineux. Si nous laissons de côté certains corps susceptibles de donner des sensations lumineuses, mais non pas d'être utilisés à l'éclairement, comme les étoiles et les planètes, les corps phosphorescents, et certains corps organisés ou vivants, les sources de lumière sont le soleil et les corps divers portés à l'incandescence soit par la combustion, soit par le passage de courants électriques ; on sait d'ailleurs, sans que nous ayons à insister, que vraisemblablement la lumière solaire est également due à des actions chimiques.
La lumière solaire qui sert de type, de terme de comparaison, est ce que l'on appelle la lumière blanche : elle est constituée comme on le sait {voij. Chroma- TopsEUDOPSiE, Radiations) par une série de radiations d'intensité déterminée et comprise entre des longueurs d'ondes de 0,00042306 à 0,000620 de millimètre. Les flammes du gaz d'éclairage, de l'huile, du pétrole, des bougies, etc., diffèrent peu comme effet de la lumière solaire : elles sont composées d'une manière analogue, comprennent les mêmes couleurs simples à peu près dans les mêmes proportions, ce dont on s'assure en analysant à l'aide d'un prisme des faisceaux lumineux émanés de ces sources. On obtient des spectres dans lesquels
les diverses couleurs simples occupent les mêmes espaces que dans le spectre solaire, les intensités n'étant pas absolument les mêmes. Les différences sont plus grandes pour la lumière électrique, mais pas assez cependant pour qu'elle cesse d'être considérée comme blanche, en général. Les corps en combustion ne sont pas les seuls qui donnent de la lumière blanche : les corps portés à l'incandescence, soit sous l'influence directe de la chaleur, soit sous l'action de l'électricité, peuvent donner également de la lumière blanche qui présente la même composition que la lumière solaire.
Mais les diverses flammes ou même les diverses parties d'une flamme ne présentent pas une égale coloration : la coloration dépend de la nature des corps constituant la llammc aussi bien que de l'action chimique qui s'y passe. Il suflit d'introduire dans une flamme certains sels métalliques pour que la coloration se manifeste aussitôt : l'eftét est surtout très-net si l'on opère avec des ûamçies chaudes et peu éclairantes par elles-mêmes comme celles de la lampe à alcool ou des brûleurs Bunsen. Le même effet se produit si l'on met le sel en dissolution dans l'alcool ; c'est ainsi que l'on peut obtenir les colorations suivantes :
Rougo. . . . Sels Je strontium, de lithium. Jaune .... Sels de Sodium.
C'est également en mélangeant divers sels ou des poussières métalliques à la poudre que l'on obtient les colorations variées des artifices.
11 est facile de se rendre compte de la composition physique des faisceaux lumineux ainsi colorés en les analysant à l'aide d'un prisme. On reconnaît alors qu'au lieu d'un spectre continu, on obtient une série limitée de bandes lumineuses séparées par des intervalles obscurs ou à peu près ; la coloration du faisceau provient du mélange des lumières simples correspondant à ces bandes ayant chacune une coloration particulière et une intensité propre {voy. Radiations). La coloration de la flamme peut être caractéristique et servir à reconnaître immédiatement la nature d'un sel déterminé : en tout cas, cette détermination est possible par l'analyse spectrale faite à l'aide d'un prisme {voy. SpECTROScofiEJ.
11 peut être utile, dans certaines conditions, de pouvoir employer des faisceaux de coloration déterminée. Indépendamment des procédés dus à l'absorption que nous signalerons, on peut se servir des flammes colorées comme nous venons de le dire ; ou bien on peut, après avoir décomposé un faisceau de lumière blanche par un prisme, isoler soit une couleur simple à l'aide d'écrans convenablement disposés, soit plusieurs couleurs qui mélangées ensuite donneront une couleur complexe : le procédé qu'il convient d'employer dans ce cas est celui qui a élé indiqué par Foucault et que nous allons exposer d'après ce savant comme elle a été expérimentée en 1849 dans une des leçons faites à la Sorbonne par M. Fouille t.
On prend pour source lumineuse l'image linéaire du soleil formée par une lentille cylindrique c à court foyer (fig. 1 ) ; les rayons se rendent en divergeant sur une lentille simple L, faisant fonction de collimateur, et tombent ensuite parallèlement sur un prisme P en flint très-blanc et très-pur. D est un diaphragme placé sur le trajet du faisceau réfracté et dont l'ouverture laisse voir une partie de la surface du prisme ; puis vient un objectif achromatique 0 à large surface et placé à une distance OD plus grande que sa distance focale principale. Les rayons dispersés qui tombent sur cet objectif donnent un spectre réel trèsnet vr au foyer principal de l'objectif. Mais, en passant au niveau du dia-
phragme D, le faisceau est encore complètement blanc, car ce diaphragme élimine de part et d'autre les portions dispersées, en sorte qu'à une distance 01 égale à celle du foyer conjugué de D, se forme une image également blanche de l'ouverture du diaphragme formée par la recomposition des mêmes rayons qui, à une moindre distance, se disposent en spectre.
Comme le spectre vr peut être obtenu très-net, on est à même de limiter par des obstacles ou par des fentes de dimensions variables les rayons simples
Fis- 1-
que l'on veut laisser passer et le résultat de leur composition se produit en teinte plate dans l'image unifoi'me I reçue sur un écran.
Ce procédé qui permet d'éclairer un espace donné soit avec une lumière simple si on ne laisse passer en vr que les rayons correspondant à une couleur déterminée, soit un mélange de plusieurs couleurs, donne d'excellents résultats à la condition que le diaphragme D ait une ouverture assez rétrécie pour n'admettre à passer que la partie moyenne qui n'a pas encore subi de décomposition et que l'objectif 0 soit assez grand pour recevoir la totalité des rayons dispersés qui ont traversé le diaphragme.
II. Corps colorés. Les corps colorés sont ceux qui n'émettent pas de lumière par eux-mêmes et qui ne peuvent être visibles que lorsqu'ils sont éclairés, lorsqu'ils reçoivent la lumière de corps lumineux. La lumière qui les IVappe et qui, après avoir subi diverses modifications, arrive à l'œil nous donne non-seulement l'idée de la forme, des dimensions, mais nous fait également éprouver la sensation de la couleur.
Un premier point sur lequel il est indispensable d'insister c'est qu'un corps déterminé ne possède pas une couleur propre, c'est à-dire qu'il ne nous donne pas nécessairement toujours la même sensation de coloration. La coloration dépend non-seulement du corps, mais aussi de la source de lumière à laquelle il est exposé, de la composition du faisceau lumineux qui le frappe. C'est un fait signalé depuis longtemps que certaines étoffes colorées paraissent entièrement différentes suivant qu'elles sont éclairées par un faisceau solaire ou par des lumières artificielles : les corps éclairés seulement par une flamme d'alcool salé, flamme sensiblement monochromatique, semblent avoir perdu presque toute coloration et ne présentent que des parties jaunes et des parties noires. De même, et c'est là un fait sur lequel nous reviendrons, un corps que l'on place successivement dans les diverses parties d'un spectre varie de coloration suivant la zone