ITALIE
CLASSE
On voit, par ces documents, que la croissance se prolonge en Angleterre au point d'atteindre, de 17 à 18 ans, hors des centres industriels, une moyenne de 14 centimètres (Cowel); tandis qu'au même âge la moyenne ne serait que de
3,6 à Bi-Lixelles (Qaetelet), de A dans les Flandres, de 3,2 en Saxe (Zeising), de 2,9 en Italie, etc.; on voit aussi que la grande activité de la croissance est plus précoce chez les lilles que chez les garçons et qu'elle atteint son maximum, à peu près partout, entre 11 et 14 ans. Mais ce que ces tableaux mettent aussi en lumière, c'est qu'aucun des observateurs dont les chiifres sont ici reproduits n'a constaté, comme Quetelet, la régularité décroissante avec l'âge de la croissance. Les courbes de croissauce ii'oflrent aucun parallélisme entre la longueur et les espaces d'âge. Quelle est la cause de celte dissidence? Nous savons trop peu de chose sur les procédés de mensuration, sur le nombre, sur la condition des sujets mensurés, pour pouvoir le rechercher ici. Nous avons mis les documents sous les yeux du lecteur : c'est à lui à choisir; ce qui en tout cas paraît étrange, c'est qu'avec des séries individuelles extrêmement inégales on arrive à une grande régularité moyenne pour chaque âge. La croissance, d'après Quetelet, est plutôt, nous le craignons, une croissance idéale qu'une véritable crois sance moyenne. Mais si Pagliani a fait ressortir ce qu'ont de douteux les tables moyennes de l'auteur belge, il se trouve d'accord avec lui sur bien des faits particuliers. C'est ainsi que Ducpetiaux ayant relevé la taille des jeunes colons de l'établissement pénitentiaire de Ruysselèda (Flandre occid.), dont une bonne moitié sont scrofuleux ou rachitiques, entre neuf et dix-neuf ans, a trouvé qu'à chaque âge il y avait une différence énorme variant de 8 à 14 centimètres entre les jeunes colons et les individus de même âge pour toute la Belgique. {Anthropométrie, p. 191.) Pagliani a trouvé les mêmes chiffres que Ducpetiaux pour les colons d'un établissement du même genre, l'institut Bonafons ; chez les individus mal nourris, la croissance est beaucoup plus lente, mais elle se prolonge ; c'est le contraire chez les individus qui se trouvent dans de bonnes conditions ahmentaires : le développement est rapide et précoce, surtout pendant la puberté; il devient ultérieuremsnt très-minime. Mais si l'alimentation, en quantité insuffisante ou superflue, influe énormément sur la marche de la croissance, elle n'a aucune influence sur la taille linale, qui n'est réellement modifiée que selon les races et les croisements, c'est-à-dire selon l'atavisme (voy . ce mot), les croisements et l'hérédité. Pagliani a dressé des tables précieuses qui montrent encore l'influence d'un changement d î vie, c'est-à-dire du passage de la misère sociale à une aisance relative [Sopra alcuni fatiorldelio sviluppo umano, Turin, 187G). Ici les changements sont extrêmement rapides; ils modifient tout d'abord le poids du corps, puis les forces, la circonférence thoracique et enfin la taille, qui ne se ressent manifestement du changement de régime que dans la troisième année. Pour mieux montrer ces faits, l'auteur a dressé le tableau suivant qui donne la taille moyenne dans l'adolescence et la jeunesse, et dans diverses conditions ethniques et économiques ^ :
^ J'ai prié un instituteur distingué de Neuilly, M. Gardé, de vouloir bien relever la taille de 238 élèves qui fréquentent l'école communale laïque de cette ville, et voici le résumé du tableau qu'il a bien voulu me fournir.
TAILLE MOYENNE DES ENFANTS A l'ÉCOLE COMMUNALE DE NEUILLY.
6 ans 7 ans 8 ans 9 ans 10 ans 11 ans 12 ans 13 ans
(25 sujets). (iO sujets). (41 sujets). (56 sujets). (oS sujets). (58 sujets). (25 sujets). (10 sujets).
M. Steff a bien voulu me rendre le même service pour une école de Paris. En voici les
chiffres :
TABLEAU D, — (d'après pagllim.)